Explications de mots, d’expressions commençant par les lettres D et E

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Dédicace (Fête de la)

Instituée par Judas Macchabée en décembre 165 av.J.-C., la fête de la Dédicace commémorait la purification du temple de Jérusalem après sa profanation par Antiochus Epiphane, exactement trois ans auparavant. Ce roi païen avait dévalisé le temple et érigé une statue de Jupiter dans le lieu très saint. Il avait même sacrifié un porc sur l’autel du temple. La fête était célébrée vers la fin du moins de décembre, deux mois après la fête des Tabernacles (Jean 7, 14). L’évangile selon Jean (10, 22) rapporte la présence de Jésus à cette fête. Elle durait huit jours et des lampes étaient allumées dans chaque foyer. Aujourd’hui elle a donné lieu à la fête des lumières, appelée Hanukkah.

Délivrance (La corne de)

Elle rappelle Jér. 50, 34, où la puissance de Dieu est mise au service du peuple pour le délivrer. Elle est liée à une personne : Christ. La corne d’un animal était utilisée pour l’onction (1 Sam. 16, 13) qui symbolise d’une part la faveur divine qui reposait sur la personne ointe (Ps. 89, 20), et d’autre part la puissance qui lui était conférée en vertu du sacrifice (Ps. 89, 19). Cette onction est à distinguer de celle de Luc 7, 38 , Matt. 6, 17 , Jac. 5, 14, où elle est un simple rafraîchissement.

Démons ou divinités

Le terme utilisé dans Act. 17, 18 est couramment employé dans les écrits grecs pour désigner les divinités païennes sans qu’il soit pris en mauvaise part. Par ailleurs, la Bible nous révèle qu’en elle-même, l’idole n’est rien, mais que chaque idole a un “démon” qui lui est associé et qui pousse à l’idolâtrie (1 Cor. 10, 19, 20). Le mot se trouve plus de cinquante fois dans le N.T. pour désigner les esprits mauvais qui sont des anges déchus (2 Pi. 2, 4 ; Jude 6). Tombés avec Satan, le chef des démons (Matt. 9, 34), ils sont ses agents maléfiques qui sèment l’erreur chez les hommes et cherchent à séduire les croyants (1 Tim. 4, 1). Ils peuvent posséder un homme (Luc 13, 16). La Bible nous met solennellement en garde contre leurs agissements et leurs enseignements et nous demande une séparation totale de l’idolâtrie (1 Cor. 10, 20, 21).

Dieu (Le) des armées

L’expression “Dieu des armées” montre que, dans la pensée de Dieu, son peuple devait conquérir le pays de son héritage. Certes, Dieu va le lui donner, car il le lui a promis, mais il faut qu’Israël combatte pour l’obtenir et pour cela, qu’il estime que ce “bon pays” vaut bien la peine qu’on lutte pour en prendre possession. “J’ai fait sortir vos armées du pays d’Egypte” (Ex. 12, 17), dit l’Eternel. Au début du livre des Nombres, les hommes propres au service militaire sont comptés “selon leurs armées” (Nom. 1, 2- 3); puis les fils d’Israël campent chacun près de sa bannière autour de la tente d’assignation ; ils sont encore dénombrés “selon leurs armées” sous leurs bannières. Ils ne devaient pas oublier que l’Eternel était, en fait, leur bannière, celui qui les conduisait à la victoire (Ex. 17, 15). Cependant Israël, vite infidèle et incrédule, n’a jamais pris possession de la totalité du pays de la promesse. Cela n’aura lieu que sous la conduite de Christ, le roi de gloire. Remarquons encore que dans les Psaumes, le titre de “Dieu des armées” est employé surtout par les fidèles, pour implorer la délivrance d’Israël ; alors que les prophètes (Jérémie, Osée, Amos) l’utilisent davantage en relation avec la responsabilité d’Israël et le gouvernement de Dieu à son égard.

Dispensation – Economie

En grec comme en français le mot “économie” désigne initialement l’administration ordonnée des affaires d’une maison privée, puis d’un établissement quelconque (voyez en français : l’économat). C’est ce sens premier qui est utilisé en Luc 12, 42 et Luc 16, 1-8, où le substantif et le verbe associés peuvent être rendus par : économe, intendant ; respectivement gérer, administrer.
Dans les deux langues le mot a pris divers sens par extension, en particulier celui d’arrangement (des parties d’un ensemble), distribution, conduite. Dans ce sens, en français, le mot est synonyme de “dispensation” (conduite, administration). Notons que dans cet emploi ces deux synonymes sont, en français, vieillis ou hors d’usage.
Nous employons néanmoins dans le commentaire l’un ou l’autre de ces deux mots, spécifiquement quand c’est Dieu qui est l’administrateur de ses propres pensées et desseins dans ses relations et voies envers l’homme. C’est le sens en Eph. 1, 10 et Eph. 3, 9 où la version J.N. Darby le rend par administration. Dans le premier cas il s’agit de “la plénitude des temps”, c’est-à-dire le résultat final des voies de Dieu en gouvernement, autrement dit du millenium où Christ, roi, héritera de tout. Dans le second cas il s’agit du temps présent, où l’Eglise se forme selon un propos “établi dans le christ Jésus”.
Dans l’épître aux Hébreux d’autre part, l’économie future, sous le nom de nouvelle ou meilleure alliance, est mise en contraste avec l’ancienne alliance qui est la loi de Sinaï : l’ancienne économie. De fait, nous pouvons distinguer dans l’Ecriture sept économies différentes, sépares par des événements qu’elle relate.
C’est ainsi que la chute d’Adam et Eve, par laquelle l’homme a acquis la conscience (Gen. 3, 22), sépare la dispensation de l’innocence (1) de celle de la conscience (2). Les hommes ayant fait taire la voix de leur conscience (Gen. 6, 12), “le déluge vint et les emporta tous” (Matt. 24, 39). Dieu introduit alors une alliance (Gen. 9, 11) avec Noé et sa descendance : l’homme a un gouvernement (3) pour le contenir (Gen. 9, 6) ; il rend culte à Dieu, qui garantit par l’arc-en-ciel qu’il n’y aura plus de déluge. Cette dispensation à son tour doit se terminer par un jugement de Dieu (confusion des langues à Babel) sur l’homme qui voulait se faire un nom (Gen. 11, 4). Dieu cependant ne veut pas rester sans relations avec l’homme et il appelle Abraham hors de l’idolâtrie, en lui faisant une promesse (4) sans condition (Gen. 12, 1-3). Sa descendance, le peuple d’Israël, aura des relations privilégiées avec Dieu ; pour les autres “en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable” (Act. 10, 35). Lorsque Dieu “se souvient” de sa promesse, il délivre son peuple d’Egypte et il renouvelle sa promesse, rappelant son “alliance” (Ex. 19, 5). Mais le peuple préfère des commandements (Ex. 19, 8) et Dieu le fait entrer dans l’alliance de la loi (5), joug qu’ils n’ont jamais pu porter (Act. 15, 10). Ce joug ne pouvait être enlevé que par la vie et la mort du Seigneur Jésus : la loi condamnait le pécheur à mort ; lui a “annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile” de la grâce (6) (2 Tim. 1, 10). L’économie de la loi était caduque à cause de la défaillance répétée du peuple, mais non pas toutefois les promesses, antérieures de quatre cent trente ans (Gal. 3, 17). Ainsi, sur la base de la miséricorde, le Seigneur Jésus est venu chez les siens (Jean 1, 11) pour publier “l’an agréable du Seigneur” (Luc 4, 18-21). Mais cette présentation du Messie a été récusée par le peuple. L’économie de la promesse est aussi interrompue. Elle reprendra son cours après la “consommation du siècle” (Matt. 24, 3), dans le “siècle à venir” (Eph. 1, 21) ; l’évangile du royaume sera prêché puis le règne de justice de Christ établi ; c’est le millenium (7), la dernière économie, celle de la “plénitude des temps” (Eph. 1, 10).
On voit que cette succession d’économies est marquée par l’échec apparent de chacune successivement, par la faute de l’homme. Cependant Dieu n’est jamais pris au dépourvu, si nous pouvons dire ainsi, et sa gloire, sa sagesse et sa grâce se révèlent d’une façon nouvelle lors de l’introduction d’une nouvelle dispensation. Cet exercice de sa miséricorde est rendu possible par l’œuvre expiatoire et rédemptrice du Seigneur Jésus Christ à la croix. Ce moment-là est donc central. Le moment final est celui où tout est réuni dans le Christ, chef sur toute chose, l’histoire de l’homme étant pour ainsi dire enfin achevée pour laisser place à Christ seul – non pas seul toutefois car accompagné de son épouse céleste et entouré de son peuple terrestre.
On comprend que reconnaître l’existence de plusieurs économies est une grande aide pour saisir les textes et prophéties s’occupant des périodes de transition ou annonçant une économie future (le siècle à venir) sans tenir compte de dispensations intermédiaires, comme dans l’évangile selon Matthieu par exemple.

Discipline (La)

La discipline comprend l’ensemble des soins que Dieu donne aux siens pour les former à sa propre sainteté. C’est la prérogative de l’amour. Elle s’exerce de la part de Dieu ou du Seigneur, directement ou à travers les croyants, d’une manière individuelle ou collective.
Le premier caractère de la maison de Dieu est la sainteté (Ps. 93, 5 ; Hab. 1, 13 ; Ps. 101, 7). Dieu est lumière ; il est saint et invite tous ses enfants à vivre dans la sainteté (Lév. 19, 2 ; 1 Pi. 1, 15). Christ est chef sur sa maison (Héb. 3, 6), et il demeure “le saint, le véritable” (Apoc. 3, 7).  Mais Dieu est aussi amour et il invite tous ses enfants à marcher dans l’amour (Eph. 5, 1). L’Ecriture distingue sept formes ou étapes successives de discipline, qui doivent toutes s’exercer dans le profond sentiment de la sainteté et de l’amour de Dieu. La discipline revêt une forme paternelle, fraternelle ou ecclésiastique. Enfin, elle peut être préventive (pour éviter une chute) ou corrective (pour nous relever lorsque nous sommes tombés).

– 1. Discipline paternelle
Dieu le Père lui-même nous discipline tous pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté (Héb. 12, 10). Mais il peut demander aux siens d’exercer de sa part ce service à l’égard des autres. Objets de la grâce de Dieu, nous pouvons ainsi nous approcher de notre frère surpris par quelque faute dans un esprit de douceur (Gal. 6, 1). C’est là un service individuel
Cette discipline paternelle, toujours exercée dans une attitude de grâce, peut aussi s’adresser à plusieurs. Paul engageait Timothée, malgré sa jeunesse, à accomplir un tel service (1 Tim. 5, 1- 2 ; 2 Tim. 4, 2).

– 2. Discipline fraternelle
Tant que les croyants sont sur la terre, des difficultés surgiront entre eux. L’Ecriture montre comment en pratique les régler pour maintenir la paix et l’harmonie parmi les saints. La majorité des cas devraient se régler dans le secret, sans être portés à la connaissance de tous. Le chemin d’un croyant vers celui qui a péché contre lui pour le “gagner” est présenté par le Seigneur lui-même (Matt. 18, 15-17). Trois étapes sont définies, avant d’en arriver à une action de l’assemblée.
A l’inverse, celui qui est conscient d’avoir péché à l’égard de son frère est invité aussi à régler l’affaire (Matt. 5, 23).

– 3. Discipline collective en face du désordre
L’ordre et la paix dans une assemblée peuvent être troublés par certains qui sont “déréglés” ou qui “marchent dans le désordre” (1 Thes. 5, 14 ; 2 Thes. 3, 6). Les croyants sont invités collectivement à s’exhorter l’un l’autre (Rom. 15, 14), en s’occupant particulièrement de celui qui cause du trouble.
Il faut se retirer de celui qui marche dans le désordre, et s’abstenir de relations fraternelles avec celui qui ne se soumet pas à l’enseignement de l’Ecriture (2 Thes. 3, 14). Il ne s’agit pas ici d’exclusion, mais de soins d’amour destinés à toucher la conscience et gagner le cœur de ceux qui causent du trouble.

– 4. Répréhension publique
L’apôtre Paul donne l’instruction à Timothée et à Tite de reprendre publiquement (c’est-à-dire dans l’assemblée) ceux qui pèchent (1 Tim. 5, 20 ; Tite 2, 15). C’est ce que Paul lui-même a fait à l’égard de Pierre à Antioche (Gal. 2, 11), malgré la profonde affection qui liait ces deux serviteurs du Seigneur.

– 5. Conduite vis-à-vis de l’homme sectaire (hérétique) ou de ceux qui causent des divisions
Certains peuvent se lever dans les assemblées pour attirer les croyants après eux, en les détournant de Christ. C’est une source de divisions et d’occasions de chute (Tite 3, 10 ; Rom. 16, 17-18). La Parole nous montre comment agir vis-à-vis d’eux: il faut d’abord les surveiller, puis les rejeter s’ils négligent tous les avertissements.

– 6. Discipline du silence
Un frère dont l’action charnelle n’édifie pas ou cause même du trouble, peut être prié par l’assemblée de ne pas exercer de service public pour un temps. En effet, toute activité dans l’assemblée doit être pour la gloire de Dieu et l’édification des saints (1 Cor. 14, 12,33,40 ; 1 Pi. 4, 11). L’assemblée est le dernier lieu où la chair doit avoir la liberté d’agir (Gal. 5, 13). La discipline du silence peut être nécessaire vis-à-vis de ceux qui perdraient de vue l’autorité du Seigneur dans l’assemblée et le bien des siens (1 Tim. 1, 3 ; Tite 1, 10-11). Des instructions spéciales étaient données à la famille sacerdotale et à ceux qui portaient les vases de l’Eternel (Lév. 21, 16-23 ; Es. 52, 11). L’application spirituelle pour nous demeure : Que chaque serviteur veille ainsi sur lui-même pour être capable de servir utilement ses frères!

– 7. Discipline ecclésiastique
C’est la forme extrême de discipline, lorsque toutes les autres ont failli.
L’assemblée a la responsabilité de juger le mal au milieu d’elle : “Vous, ne jugez-vous pas ceux de dedans ? Mais ceux de dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous-mêmes” (1 Cor. 5, 12-13). La Parole emploie les images du levain ou de la lèpre (Lév. 13) pour caractériser le mal (moral ou doctrinal), et celui qui en est souillé. L’assemblée tout entière ne peut se purifier qu’en menant deuil et en s’identifiant avec le mal. Ainsi, spirituellement, l’assemblée chrétienne réalise ce que Moïse avait dit à Aaron, à la mort de ses deux fils : “manger le sacrifice pour le péché dans un lieu saint” (Lév. 10, 17).
Le coupable est exclu et toute communion avec ses frères et sœurs est interrompue, en particulier à la table du Seigneur. Cette discipline a pour but la purification de l’assemblée devant Dieu (1 Cor. 5, 7 ; 2 Cor. 7, 11) ; elle fera prendre conscience au coupable de la gravité de son péché pour l’amener à s’en repentir et à l’abandonner.
Toutefois, n’oublions jamais que pendant le temps de la grâce, aucune situation n’est sans espoir ; mais la grâce de Dieu seule peut toucher un cœur.

Dons de grâce (Les)

Quatre textes dans le N.T. établissent l’enseignement général concernant les dons de grâce : 1 Cor. 12 ; Eph. 4, 7-16 ; Rom. 12, 3-8  et 1 Pi. 4, 10-11.
– 1 Cor. 12, 4-10, 28-30 : L’apôtre présente les dons accordés par le Saint Esprit et leur utilité dans le corps de Christ. Il s’agit ici de la vie actuelle du corps sur la terre, et non pas de la manière dont il est formé. Aussi, le don d’évangéliste n’est-il pas cité.
– Eph. 4, 7-16 : Ce texte insiste sur les caractères de celui qui donne, c’est-à-dire Christ, et montre que les dons appartiennent à celui qui les a reçus, qu’ils ont un caractère permanent et qu’ils sont à la disposition de l’assemblée pour son édification. Comme dans toute l’épître, le corps est vu dans son union avec la Tête, Christ glorifié dans le ciel.
– Rom. 12, 4-8 : Dieu donne à la fois tous les dons, et la capacité à chacun de les exercer. L’accent est mis ici sur l’état spirituel de celui qui a reçu le don : engagement total pour Christ et son service, absence d’une haute pensée de soi-même. Ce sont des dons qui s’exercent dans la vie quotidienne du chrétien.
– 1 Pi. 4, 10-11 : Le but des dons : que personne ne manque de la grâce de Dieu et que Dieu soit glorifié.

Doxologie

On appelle ainsi les exclamations de louange qui se retrouvent tout au long des épîtres, et qui mentionnent presque toutes la gloire de Dieu ou de Christ. D’où leur nom de “doxologie”, qui signifie litt.: parole de gloire. On pourra considérer avec profit les quatorze passages qui ont donné lieu à ces “actions de gloire”: Rom. 11, 36 ; 16, 27 ; Gal. 1, 5 ; Eph. 3, 21 ; Phil. 4, 20 ; 1 Tim. 1, 17 ; 6, 16 ; 2 Tim. 4, 18 ; Héb. 13, 21 ; 1 Pi. 4, 11 ; 5, 11 ; 2 Pi. 3, 18 ; Jude 24,25 ; Apoc. 1, 6.

Ecrits (Les) de Salomon

Dieu a utilisé des hommes de niveau intellectuel ou social très différent pour être ses instruments dans la rédaction de sa Parole. Salomon reçut de Dieu “de la sagesse et une très grande intelligence” (1 Rois 4, 29). Il l’utilisa et “il proféra trois mille proverbes, et ses cantiques furent au nombre de mille et cinq” (1 Rois 4, 32).
De tout ce que Salomon a dit ou écrit, le canon inspiré ne retient que :
– le psaume 127,
– les Proverbes (en partie),
– l’Ecclésiaste,
– le Cantique des cantiques.
Les trois derniers écrits forment en quelque sorte une trilogie que l’on peut considérer sous divers angles :

– Un développement spirituel croissant :
L’Ecclésiaste présente l’homme “sous le soleil”, sans révélation particulière de la part de Dieu et conclut par : “Crains Dieu”. Les Proverbes nous montrent le fils de la sagesse, en relation avec Dieu (mentionné sous son nom d’alliance, “l’Eternel”), qui reçoit de lui l’instruction pour marcher dans ce monde. Le Cantique des cantiques va beaucoup plus loin et présente en figure la communion et la relation d’amour entre une âme et son “époux”, le Seigneur Jésus Christ pour nous chrétiens.

– Le déclin personnel de Salomon
Le Cantique des cantiques peut être vu comme le livre de la jeunesse de Salomon, celui de ses affections encore vives pour son Seigneur. Les Proverbes sont le livre de la maturité, celui d’un homme qui a vécu dans le monde et qui peut en indiquer les pièges et donner des instructions utiles à ses descendants. L’Ecclésiaste sonne tristement comme le constat désabusé fait à la fin d’une vie où l’on a tout essayé des joies du monde et où l’on doit reconnaître que “tout est vanité”.
Il semble cependant que Salomon a trouvé la repentance à la fin de sa vie puisqu’il a voulu nous communiquer le résumé de ses expériences afin que nous soyons gardés de les répéter.

– L’analogie avec le tabernacle
Ces trois livres présentent une certaine analogie avec les trois parties du tabernacle :
– L’Ecclésiaste fait penser au parvis, seul lieu “sous le soleil”, lieu de rassemblement du peuple (comp. Ex. 29, 43 ; Ecc. 12, 9).
– Les Proverbes correspondent au lieu saint où brillait la lumière du chandelier, tout comme les instructions de ce livre sont une lumière pour nous guider dans notre conduite devant Dieu et devant ce monde.
– Le Cantique des cantiques introduit dans le lieu de l’adoration et de la communion la plus profonde, ce qui le rapproche du “saint des saints”.
Ces livres sont d’un grand intérêt pour notre vie pratique, tant pour notre communion avec le Seigneur que pour notre marche dans le monde. Prenons garde à ne pas suivre l’ordre décroissant de Salomon mais plutôt l’ordre inverse, celui d’un croyant qui apprend é connaître Dieu de mieux en mieux, pour jouir toujours plus pleinement de son amour.

Election

Le mot signifie “choix” et se trouve 7 fois dans le texte original du Nouveau Testament. Dans le texte grec (comme dans la version J.N. Darby) il s’agit des passages suivants : Act. 9, 15 ; Rom. 9, 11 ; Rom. 11, 5 ; Rom. 11, 7 ; Rom. 11, 28 ; 1 Thes. 1, 4 ; 2 Pi. 1, 10. Des mots de même racine traduits par élu, choisir, se trouvent une cinquantaine de fois dans le Nouveau Testament ; exemples : le choix des apôtres (Luc 6, 13 ; Jean 15, 16) ; le petit nombre des élus (Matt. 22, 14) ; la bonne part choisie par Marie (Luc 10, 42) ; les anges élus (1 Tim. 5, 21) ; le Christ, l’élu de Dieu (Luc 23, 35). Ce mot contient l’idée d’un choix fait pour soi, en tirant hors d’un groupe, sans que cela implique nécessairement le rejet de ce qui n’est pas choisi ; mais il suggère un choix accompagné de faveur, bonté ou amour.
La Parole nous enseigne que les croyants sont :
– “élus en Christ avant la fondation du monde” (Eph. 1, 4), et sont dès lors
– “prédestinés à l’adoption” (Eph. 1, 5)
– “créés en vue des bonnes œuvres” (Eph. 2, 1)
– “préparés d’avance pour la gloire” (Rom. 9, 23)
– “donnés à Christ par Dieu” (Jean 17, 6).
Il peut aussi y avoir élection pour le service (Act. 9, 15). Il est donc convenable de rendre grâce de ce que les croyants ont été “choisis dès le commencement pour le salut” (2 Thes. 2, 13), ce qui, sans mérite de leur part, leur évitera les égarements et le sort de ceux qui suivent des antichrists (2 Thes. 2, 10 ; 1 Jean 2, 18, 19). La source de leur élection est la grâce souveraine de Dieu, non la volonté de l’homme (Rom. 9, 11 ; Rom. 11, 5). La Parole parle aussi de la “préconnaissance” de Dieu (Rom. 8, 29), ce qui peut-être est plus facilement admis par l’esprit humain. Mais la foi reçoit les deux choses ainsi que leur contrepartie, la complète responsabilité que Dieu laisse à tous les hommes, en particulier à ceux qui périssent, parce qu’ils “n’ont pas cru la vérité mais ont pris plaisir à l’injustice” (2 Thes. 2, 10-12). L’élection ne peut donc être une excuse pour l’incrédulité ; on la “découvre” pour ainsi dire une fois que l’on a cru ; elle est un motif d’humilité et d’actions de grâces pour le croyant.
Voir aussi : “La souveraineté et la grâce divines”.

En-Guédi

Le grand désert de Juda, qui s’étend le long de la côte ouest de la mer Morte, comprend plusieurs zones: Le désert de Ziph (1 Sam. 23, 14), le désert de Maon (1 Sam. 24, 24), la région d’En-Guédi à mi-chemin de cette côte ouest. Il s’agit d’une agréable oasis. Pourtant, le site austère, sauvage, est entouré de hautes falaises calcaires creusées de nombreuses cavernes. Celles de Qumran (où furent découverts les manuscrites de la mer Morte) ne sont qu’à quelques kilomètres au nord. Certaines de ces grottes très profondes et ramifiées peuvent contenir beaucoup de monde. Elles étaient souvent drapées de fougères qui entretenaient fraîcheur et humidité. L’ouverture pouvait être plus ou moins obstruée par une murette circulaire en pierres sèches surmontée de fagots d’épines. La nuit, surtout l’hiver, les troupeaux de petit bétail pouvaient s’y réfugier (2 Sam. 24, 4). Mais elles servaient aussi d’abri à des animaux grimpeurs: chèvres sauvages, bouquetins. D’ailleurs “En-Guédi” signifie: “fontaine des bouquetins”; on y trouve des cascades bienfaisantes et des ravins baignés d’eaux rapides ombragées d’arbustes où se perchent des colombes. Dans la plaine, à la limite des eaux douces, poussaient des vignes.
Tout cela a une belle signification allégorique: la foi trouve la force en un puissant rocher (Deut. 32, 30- 31 ; Ps. 18, 31), la paix de ces retraites cachées, le rafraîchissement des eaux intarissables de la grâce, le repos de l’amour dans les jardins du Roi. Enfin, la grappe de henné dans les vignes d’En-Guédi n’est autre que le Seigneur, le Bien-aimé de l’épouse : “ma colombe, ma parfaite” (Cant. 1, 14 ; 5, 2).

Ephèse

Capitale de la province romaine d’Asie (300.000 à 400.000 habitants), Ephèse était le marché de l’Asie Mineure et en commandait les riches plateaux. Elle était aussi le siège des jeux pan-ioniens que tout le pays venait voir. On enviait l’honneur d’être président des jeux et responsable de leur organisation. Les hommes qui tenaient ce poste s’appelaient les Asiarques (Act. 19, 31). Ils surveillaient aussi les affaires religieuses de la province.

Le renom de la ville venait de son temple dédié à l’Artémis asiatique (Diane) dont l’image représentait la fertilité. Elle était si vieille que personne ne savait en réalité d’où elle venait. On la disait tombée du ciel.

Les fêtes sacrées dégénéraient en orgies et une foule de magiciens et de charlatans de toute espèce profitaient du culte de la déesse. On comptait ce temple imposant parmi les sept merveilles du monde antique. Comme il servait aussi de lieu de refuge, Ephèse était devenue un repaire pour les criminels de l’ancien monde. C’est dans un tel milieu que Paul et ses collaborateurs Aquilas et Priscilla, puis Apollos, travaillèrent. Une assemblée pleine d’amour pour le Seigneur, du moins pour un certain temps, se forma (Apoc. 2, 1-7). Paul lui adressa une lettre d’une très grande élévation spirituelle.

Epicuriens

Les Epicuriens préconisaient la jouissance modérée, ayant pour but une vie de tranquillité, libre de souffrance, de passions, et de craintes superstitieuses. Ils appartenaient à une école fondée à Athènes par Epicure (341-270 av. J.C.), un philosophe qui cherchait à répondre à deux questions, à savoir “quel est le but de la vie” et “comment atteindre ce but”. Pour lui, le but de la vie était le propre plaisir, non seulement dans les jouissances sensuelles mais aussi dans l’exercice des facultés intellectuelles et morales. On y parvenait en s’écoutant, sans rien se refuser. Il faut toutefois remarquer que selon l’épicurisme, comme du reste le stoïcisme, le principe du bonheur et l’idéal du sage sont l’absence de troubles, non la recherche du plaisir maximum. Pour les Epicuriens, il n’y avait ni bien, ni mal. Ils reconnaissaient l’existence des dieux mais paradoxalement niaient l’existence du Créateur. Leur philosophie peut se résumer en cette parole : “Mangeons et buvons, car demain nous mourrons” (1 Cor. 15, 32).

Epître

C’est une lettre. Mais le mot “‘Epître” est plutôt réservé pour d’anciennes lettres : les 21 Epîtres du Nouveau Testament. Quatorze furent écrites par Paul, une par Jacques, deux de Pierre, trois de Jean et une de Jude. Ces Epîtres furent écrites entre environ l’an 50 (lettres aux Thessaloniciens) et après l’an 90 (2ème et 3ème de Jean). On distingue les épîtres dites ‘catholiques’ que sont celles de Jacques, les deux de Pierre, les trois de Jean et celle de Jude. Cette expression qui a cours depuis Origène (env. 185-254), un des Pères de l’Eglise, signifie que les épîtres en question sont adressées aux croyants en général ; catholique veut dire universel. Cette désignation n’est cependant pas tout à fait justifiée puisque des adresses précises sont données dans Jacques, dans la première épître de Pierre et dans les deuxième et troisième de Jean. Il y a aussi les épîtres de la captivité qui furent écrites alors que Paul était en prison vers les années 61/62 apr. J.C. : l’épître aux Ephésiens ainsi que celles aux Philippiens, aux Colossiens, à Philémon, en font partie. Mentionnons encore les épîtres dites “pastorales”. On pourrait aussi dire “épîtres d’un berger” (en latin pastor : berger). Ce terme désigne les lettres de l’apôtre Paul à ses compagnons Timothée et Tite. Les trois épîtres en question occupent une place à part. Comme celle à Philémon, elles sont adressées à des individus. Ce ne sont pourtant pas des lettres privées ; leur objet est l’ordre dans l’assemblée de Dieu.

Dans la classification, il n’y a rien d’absolu et différentes manières de faire. On peut encore indiquer la classification des épîtres en trois groupes : 1) les épîtres pauliniennes (dues à Paul) ; 2) les trois épîtres pastorales déjà citées ayant aussi comme auteur l’apôtre Paul et 3) les épîtres d’autres auteurs, c’est-à-dire : celles de Jacques, de Pierre, de Jean et de Jude. Ces dernières épîtres ont pour la plupart une portée générale.

Esclave

“Doulos”, le mot original est le plus méprisable dont se servait les Grecs pour désigner un esclave de naissance, ce que nous sommes tous, comme descendants d’Adam. “Andrapodon” était le terme désignant celui qui avait été vendu comme esclave ou l’était devenu du fait de la guerre. L’esclave désigne quelqu’un dont la volonté disparaît complètement, pour faire place à celle d’un autre. Ce qui compte aujourd’hui pour nous, qui étions autrefois dominés par Satan, c’est la “volonté de Dieu, bonne, agréable et parfaite” (Rom. 12, 2).
Il s’agit de quelqu’un qui sert un autre sans avoir égard à ses propres intérêts. Depuis sa conversion, Paul eut une vie de consécration complète; elle s’est achevée par le martyre (Act. 20, 24). Un esclave ne s’appartient pas, mais il est entièrement à son maître. Seulement, pour les croyants, ce n’est pas une condition imposée, mais la réponse à l’amour de Christ (2 Cor. 5, 14-15).
Ainsi, en se désignant par ce mot, Paul témoigne de son humilité… mais il ne suggère pas une servitude involontaire à Jésus Christ.

Evangile (L’)

Dérive du mot grec qui signifie : bonne nouvelle, heureux message. L’évangile de Dieu est la bonne nouvelle de la venue de Jésus Christ, son Fils unique, pour sauver ceux qui croient en lui. Ce mot est parfois employé pour désigner le service de la prédication de l’évangile (Phil. 1, 5). Paul emploie l’expression “mon évangile” pour désigner l’ensemble de la doctrine dont l’enseignement lui avait été confié par le Seigneur (Rom. 2, 16).

Evangiles (les) synoptiques

Le mot “Evangile” désigne d’une part le message chrétien qui comprend en particulier la bonne nouvelle du salut. Il désigne d’autre part les livres qui nous présentent la personne de Christ. Il vient du mot grec Euangelion qui veut dire bonne nouvelle. C’est vers 150 après J.-C. que Justin Martyr donna le terme d’Euangelion aux quatre écrits de Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Les trois premiers Evangiles présentent beaucoup d’analogie. Ils ont pris le nom d’Evangiles synoptiques. Ce dernier terme vient du grec synopsis, c’est-à-dire vue d’ensemble. De ce point de vue, ils sont tout à fait différents de l’Evangile de Jean.

Extase

L’extase (Act. 10, 10 ; 11, 5 ; 22, 17) est une condition dans laquelle la conscience ordinaire et la perception des circonstances naturelles sont retenues, L’âme n’est plus préoccupée du corps et contemple le surnaturel, étant entièrement réceptive à la vision donnée par Dieu. Le N.T. rapporte les extases de Pierre et de Paul (mêmes références que ci-dessus)

 

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