Évangile selon LUC. 42ème livre de la Bible. 3ème du Nouveau Testament

 


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G é n é r a l i t é s

Il n’est pas précisé grand-chose quant à l’auteur de l’évangile qui a aussi écrit le livre des Actes. Ces deux écrits sont attribués à Luc dès le 2ème siècle. Luc, médecin bien-aimé, n’était pas un disciple et n’avait vraisemblablement pas d’ascendance juive; l’on peut déduire cela dans les passages du NT, et de leur contexte, mentionnant Luc (dont Col. 4, 11 et 17). Dans le livre des Actes, Luc est associé à d’autres lorsqu’il utilise le « nous ». En particulier, Luc était en relation étroite avec l’apôtre Paul. Lorsque ce dernier a écrit la deuxième épître à Timothée, Luc se trouvait dans en étroite proximité avec lui. En raison de cette relation étroite, la pensée a été émise que l’expression « mon évangile », que Paul mentionne dans l’épître aux Romains et dans la 2ème à Timothée, est en fait l’évangile de Luc. Disons simplement que l’on ne peut pas soutenir une telle pensée.

Bien que n’ayant pas assisté personnellement aux événements qu’il relate, le médecin Luc était au bénéfice d’une solide instruction. Cela se reflète dans le style et la présentation de son œuvre. Il disposait de sources, en provenance de témoins oculaires (ch. 1, 2), qui lui ont permis de rédiger son évangile avec le plus grand soin et avant tout sous la direction du Saint Esprit. Cet évangile a été composé dans les années 55-60. Relevons encore qu’un bon tiers de cet évangile comporte des éléments non relatés dans les trois autres. Ces éléments se trouvent notamment dans les premiers chapitres et dans les chapitres 9 à 19 en rapport avec le trajet jusqu’à Jérusalem.

Luc, avec le plus long évangile qui porte son nom et le livre des Actes, est l’auteur qui a apporté la plus grande contribution au Nouveau Testament. Il serait aussi le seul homme non juif que Dieu ait appelé à écrire un livre de la Bible. Comme auteur non Juif, Luc donne un message universel de salut (cf ch. 2, 14,32; 3, 6; 4, 25-27; 24, 47). C’est différent de Matthieu qui est appelé à aller vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Luc est le seul évangile qui évoque l’envoi des 70 (chapitre 10). Il s’étend aussi davantage sur les contacts du Seigneur avec divers groupes d’hommes ou avec des individus. Le service universel de Christ est très clair. Une clé se trouve au ch. 19, 10 en ce que « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Mais l’objet principal de cet évangile reste cependant la personne du Seigneur comme le Fils de l’homme. Ainsi Luc est l’auteur qui donne le plus de détails sur l’humanité du Fils de Dieu. C’est aussi l’évangile qui souligne plus que les autres « Jésus en prière ». Un résumé ressort des paroles prononcées par le centurion près de la croix : « En vérité, cet homme était juste » (ch. 23, 47).

Cet évangile commence et se termine avec la notion de « joie ». Ce terme, dans les récits de Luc et de Jean, revient plus souvent que dans ceux de Matthieu et de Marc. Ce trait est là pour souligner, dans ces évangiles, une bonne et heureuse nouvelle. Comme particularité, soulignons encore que Paul cite Luc 10, 7 en 1 Tim. 5, 18. Paul cite aussi, dans le même verset, Deut. 25, 4. Par cela, on en déduit que l’évangile  selon Luc était déjà rédigé lorsque la première à Timothée fut écrite. On y voit aussi que cet évangile était reconnu en tant que canonique. Paul fait donc, par la citation de ces deux passages, référence à la Parole inspirée de Dieu.

1 Timothée 5:18
car l’écriture dit : «Tu n’emmuselleras pas le bœuf qui foule le grain», et : «L’ouvrier est digne de son salaire».

Luc 10:7
Et demeurez dans la même maison, mangeant et buvant de ce qui [vous sera offert] de leur part ; car l’ouvrier est digne de son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

Deutéronome 25:4
Tu n’emmuselleras pas le bœuf, pendant qu’il foule [le grain].

En terminant ces généralités, les grandes divisions reprises au cours de l’examen des chapitres de cet évangile sont :

Chapitres 1 à 4 v. 13 :
Introduction, naissance, enfance et préparation du Fils de l’homme.

Puis jusqu’au chapitre 9 v. 50 :
Le service de Jésus en Galilée

Puis jusqu’au chapitre 19 v. 27 :
Jésus montant à Jérusalem

Puis jusqu’au chapitre 23 v. 56 :
Fin du service de Jésus

Puis le chapitre 24 :
Résurrection et ascension du Fils de l’homme.

Chapitre 1                                                               Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

 

1 Puisque plusieurs ont entrepris de rédiger un récit des choses qui sont reçues parmi nous avec une pleine certitude, 2 comme nous les ont transmises ceux qui, dès le commencement, ont été les témoins oculaires et les ministres* de la parole**, 3 il m’a semblé bon à moi aussi, qui ai suivi exactement toutes choses depuis le commencement, très-excellent Théophile, de te [les] écrire par ordre, 4 afin que tu connaisses la certitude des choses dont tu as été instruit.

5 Aux jours d’Hérode, roi de Judée, il y avait un certain sacrificateur, nommé Zacharie, de la classe d’Abia; et sa femme était des filles d’Aaron, et son nom était Élisabeth. 6 Et ils étaient tous deux justes devant Dieu, marchant dans tous les commandements et dans toutes les ordonnances du *Seigneur, sans reproche. 7 Et ils n’avaient pas d’enfant, parce qu’Élisabeth était stérile; et ils étaient tous deux fort avancés en âge. 8 Or il arriva, pendant qu’il exerçait la sacrificature devant Dieu dans l’ordre de sa classe, 9 que, selon la coutume de la sacrificature, le sort lui échut d’offrir le parfum en entrant dans le temple* du *Seigneur. 10 Et toute la multitude du peuple priait dehors, à l’heure du parfum. 11 Et un ange du *Seigneur lui apparut, se tenant au côté droit de l’autel du parfum. 12 Et Zacharie, le voyant, fut troublé, et la crainte le saisit. 13 Et l’ange lui dit: Ne crains pas, Zacharie, parce que tes supplications ont été exaucées, et ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jean*. 14 Et il sera pour toi un sujet de joie et d’allégresse, et plusieurs se réjouiront de sa naissance; 15 car il sera grand devant le *Seigneur, et il ne boira ni vin ni cervoise*; et il sera rempli de l’Esprit Saint déjà dès le ventre de sa mère. 16 Et il fera retourner plusieurs des fils d’Israël au *Seigneur leur Dieu. 17 Et il ira devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie, pour faire retourner les cœurs des pères vers les enfants, et les désobéissants à* la pensée des justes, pour préparer au *Seigneur un peuple bien disposé. 18 Et Zacharie dit à l’ange: Comment connaîtrai-je cela? car moi, je suis un vieillard, et ma femme est fort avancée en âge.

19 Et l’ange, répondant, lui dit: Moi, je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer ces bonnes nouvelles*. 20 Et voici, tu seras muet et tu ne pourras point parler jusqu’au jour où ces choses arriveront, parce que tu n’as pas cru mes paroles qui s’accompliront en leur temps. 21 Et le peuple attendait Zacharie; et ils s’étonnaient de ce qu’il tardait tant dans le temple*. 22 Et quand il fut sorti, il ne pouvait pas leur parler: et ils reconnurent qu’il avait vu une vision dans le temple*; et lui-même leur faisait des signes, et il demeura muet. 23 Et il arriva que, quand les jours de son ministère furent accomplis, il s’en alla dans sa maison.

24 Or après ces jours, Élisabeth sa femme conçut, et elle se cacha cinq mois, disant: 25 Le *Seigneur m’a ainsi fait aux jours où il m’a regardée, pour ôter mon opprobre parmi les hommes. 26 Et au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, nommée Nazareth, 27 à une vierge, fiancée à un homme dont le nom était Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. 28 Et l’ange étant entré auprès d’elle, dit: Je te salue, toi que [Dieu] fait jouir de sa faveur! Le *Seigneur est avec toi; tu es bénie entre les femmes. 29 Et elle, le voyant, fut troublée à sa parole; et elle raisonnait en elle-même sur ce que pourrait être cette salutation. 30 Et l’ange lui dit: Ne crains pas, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Et voici, tu concevras dans ton ventre, et tu enfanteras un fils, et tu appelleras son nom Jésus. 32 Il sera grand et sera appelé le Fils du Très-haut*; et le *Seigneur Dieu** lui donnera le trône de David son père; 33 et il régnera sur la maison de Jacob à toujours*, et il n’y aura pas de fin à son royaume. 34 Et Marie dit à l’ange: Comment ceci arrivera-t-il, puisque je ne connais pas d’homme? 35 Et l’ange, répondant, lui dit: L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-haut te couvrira de son ombre; c’est pourquoi aussi la sainte chose qui naîtra sera appelée Fils de Dieu. 36 Et voici, Élisabeth ta parente, elle aussi a conçu un fils dans sa vieillesse, et c’est ici le sixième mois pour celle qui était appelée stérile; 37 car rien ne sera impossible à Dieu. 38 Et Marie dit: Voici l’esclave du *Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole. Et l’ange se retira d’auprès d’elle.

39 Et Marie, se levant en ces jours-là, s’en alla en hâte au pays des montagnes, dans une ville de Juda. 40 Et elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. 41 Et il arriva, comme Élisabeth entendait la salutation de Marie, que le petit enfant tressaillit dans son ventre; et Élisabeth fut remplie de l’Esprit Saint, 42 et elle s’écria à haute voix et dit: Tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton ventre! 43 Et d’où me vient ceci, que la mère de mon Seigneur vienne vers moi? 44 Car voici, dès que la voix de ta salutation est parvenue à mes oreilles, le petit enfant a tressailli de joie dans mon ventre. 45 Et bienheureuse est celle qui a cru; car il y aura un accomplissement des choses qui lui ont été dites de la part du *Seigneur.

46 Et Marie dit: Mon âme magnifie le *Seigneur, 47 et mon esprit s’est réjoui en Dieu mon Sauveur, 48 car il a regardé l’humble état de son esclave; car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse; 49 car le Puissant m’a fait de grandes choses, et son nom est saint; 50 et sa miséricorde est de générations en générations sur ceux qui le craignent. 51 Il a agi puissamment par son bras; il a dispersé les orgueilleux dans la pensée de leur cœur; 52 il a fait descendre les puissants de leurs trônes, et il a élevé les petits; 53 il a rempli de biens ceux qui avaient faim, et il a renvoyé les riches à vide; 54 il a pris la cause d’Israël, son serviteur, pour se souvenir de sa miséricorde 55 (selon qu’il avait parlé à nos pères) envers Abraham et envers sa semence, à jamais. 56 — Et Marie demeura avec elle environ trois mois; et elle s’en retourna en sa maison.

57 Or le temps où elle devait accoucher fut accompli pour Élisabeth, et elle mit au monde un fils. 58 Et ses voisins et ses parents apprirent que le *Seigneur avait magnifié sa miséricorde envers elle, et ils se réjouirent avec elle. 59 Et il arriva qu’au huitième jour ils vinrent pour circoncire le petit enfant; et ils l’appelaient Zacharie, du nom de son père. 60 Et sa mère, répondant, dit: Non, mais il sera appelé Jean*. 61 Et ils lui dirent: Il n’y a personne dans ta parenté qui soit appelé de ce nom. 62 Et ils firent signe à son père [qu’il déclarât] comment il voulait qu’il fût appelé. 63 Et ayant demandé des tablettes, il écrivit, disant: Jean est son nom. Et ils en furent tous étonnés. 64 Et à l’instant sa bouche fut ouverte et sa langue [déliée]; et il parlait, louant Dieu. 65 Et tous leurs voisins furent saisis de crainte; et on s’entretenait de toutes ces choses par tout le pays des montagnes de la Judée; 66 et tous ceux qui les entendirent, les mirent dans leur cœur, disant: Que sera donc cet enfant? Et la main du *Seigneur était avec lui.

67 Et Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint, et prophétisa, disant: 68 Béni soit le *Seigneur, le Dieu d’Israël, car il a visité et sauvé* son peuple, 69 et nous a suscité une corne* de délivrance dans la maison de David son serviteur, 70 selon ce qu’il avait dit par la bouche de ses saints prophètes, qui ont été de tout temps, 71 une délivrance de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent; 72 pour accomplir la miséricorde envers nos pères et pour se souvenir de sa sainte alliance, 73 du serment qu’il a juré à Abraham notre père, 74 de nous accorder, étant libérés* de la main de nos ennemis, de le servir sans crainte, 75 en sainteté et en justice devant lui, tous nos jours. 76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-haut: car tu iras devant la face du *Seigneur pour préparer ses voies, 77 pour donner la connaissance du salut* à son peuple, dans la rémission de leurs péchés, 78 par les entrailles de miséricorde de notre Dieu, selon lesquelles l’Orient* d’en haut nous a visités, 79 afin de luire à ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour conduire nos pieds dans le chemin de la paix. 80 Et l’enfant croissait et se fortifiait en esprit; et il fut dans les déserts jusqu’au jour de sa manifestation* à Israël.

  1. 2*: ailleurs: serviteur, / serviteur qui a un service spécial.  / v. 2**: ou: du Verbe; voir Jean 1:1.  / v. 9 et 21 et 22: la maison même; voir Matthieu 23:16.  / v. 13: en hébreu: l’Éternel a fait grâce.  / v. 15: plutôt: ni aucune boisson fermentée.  / v. 17: ou: selon.  / v. 19: litt.: t’évangéliser ces choses.  / v. 32*: Très-haut, hébreu: Élion; comparer Genèse 14:18.  / v. 32**: c. à d.: Jéhovah [l’Éternel] Dieu.  / v. 33: litt.: pour les siècles (ou âges).  / v. 60: voir note verset 13.  / v. 68: litt.: opéré la rédemption pour.  / v. 69: emblème de force.  / v. 74: ailleurs: délivrer, comme 1 Thessaloniciens 1:10.  / v. 77: délivrance, versets 69, 71.  / v. 78: proprement: lever, levant; les Septante rendaient ainsi le Germe de Jérémie 23:5, etc. / v. 80: manifestation publique.




Commentaires Luc, ch. 1           Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

Ch. 1 à 4 : accomplissement des promesses. Préparation du fils dans son ministère
Ch. 1: naissance de Jean le baptiseur et annonce de la naissance de Jésus
Versets 01 à 25 : introduction et apparition d’un ange à Zacharie

Versets 26 à 38 : apparition d’un ange à Marie

Versets 39 à 56 : Marie chez Élisabeth. Cantique de Marie

Versets 57 à 66 : naissance de Jean le baptiseur

Versets 67 à 80 : prophétie de Zacharie

Dans Luc / an  Voir Matthieu Voir Marc Voir Jean
v. 01 à 04  –  –  Ch. 01 v. 01 à 14
v. 05 à 80  –  –  –

 

L’évangile de Luc ou « voici un homme ».

Dans ce troisième évangile, l’Esprit de Dieu présente Jésus sous son caractère de Fils de l’homme, apportant aux hommes, de la part de Dieu, la grâce dont tous ont besoin. Par conséquent, surtout en ce qui concerne l’humanité de Christ, Luc contient plus de détails que les autres évangiles. En même temps, sa parfaite divinité brille dans chaque page. Déjà présenté comme Messie, prophète, parfait serviteur, Jésus devait aussi l’être comme Fils de l’homme. À la chute du premier homme, il fut annoncé comme tel (voir Gen. 3, 15). Les prophètes l’annoncèrent ensuite comme le Fils de l’homme (voir Ps. 8, 4; Dan. 7, 13; etc.). Il était en vue dans les conseils éternels de Dieu car Adam n’était qu’une figure de celui qui devait venir (cf  Rom. 5, 14).

Cet évangile présente la grâce de Dieu d’une manière touchante. Elle s’étend à tous les hommes. C’est sans doute à cause de ce caractère universel que l’auteur a été choisi par l’Esprit de Dieu en dehors des apôtres.

Les v. 5 à 25 font surtout part de l’apparition de l’ange Gabriel à Zacharie. Luc commence son récit au milieu du peuple d’Israël. Ce peuple est organisé et jouit d’une paix relative. Hérode qui règne en Judée. Il n’est pas juif mais Iduméen. C’est un descendant d’Ésaü. Ce roi fut un cruel tyran. Il voulut se concilier la faveur des Juifs en reconstruisant et en embellissant leur temple. La sacrificature était conforme à son établissement par David (1 Chr. 24). Extérieurement tout était en ordre. La maison était balayée de l’idolâtrie et ornée par les formes du culte de l’Éternel. Mais, malgré cela, les Juifs étaient fort éloignés de l’Éternel. Il y avait toutefois quelques cœurs pieux; parmi eux  le sacrificateur Zacharie, de la classe d’Abia, selon 1 Chr. 24, 10. Sa femme, Élisabeth, est d’entre les filles d’Aaron. Ce couple n’avait pas d’enfant. C’était humiliant pour un couple pieux qui attendait la venue du Messie (cf Es. 7, 14). Dans les v. 12 et 13, l’exaucement de leurs prières est là. Le nom de Jean signifie : faveur de Jehova. Zacharie est donc informé par un ange. Cela indique l’importance de l’enfant qui allait naître. Dans ces versets, il ressort que Dieu veut que l’on espère contre toute espérance. Il en fut ainsi dans le cas d’Abraham. Les qualités qu’aura cet enfant relèvent des v. 14 et 15. Il sera grand devant le Seigneur. Son activité est aussi mentionnée (v. 16 et 17). Sa prédication amènera au Seigneur, par la repentance, ceux qui l’écouteront. Zacharie questionne, il ne peut croire cette nouvelle. C’est pourquoi l’ange agit selon les v. 19 et 20 : Zacharie sera muet pour un temps.

Versets 26 à 38 : environ six mois après l’apparition de l’ange à Zacharie, ce même ange apparaît à Marie de Nazareth. Cet ange, Gabriel, avait déjà parlé plus de 500 ans auparavant à Daniel pour lui annoncer deux grands événements : 1) en Daniel ch. 8 concernant un ennemi puissant du peuple juif qui apparaîtra encore à la fin : le roi du Nord. 2)  En Dan. 9, 21-27, à propos de  l’époque de l’avènement de Christ et de son rejet.

Ici (v. 28), il est compréhensif que Marie soit troublée à l’ouïe de la salutation de l’ange Gabriel. Mais les paroles : « Tu as trouvé grâce auprès de Dieu » (v. 30)  rassurèrent la jeune femme. Dieu accorde une faveur extraordinaire à Marie en lui annonçant qu’elle serait la mère du Messie. Aujourd’hui encore, des femmes juives pieuses espèrent encore devenir la mère du Messie, car elles ne croient pas qu’il est déjà venu. Les gloires qui appartiennent à celui qui sera Fils de Marie, mais en même temps Fils du Très-Haut, Fils de Dieu de toute éternité, sont relevées dans les v. 31 à 33, ce Fils qui devient Fils de l’homme. Il est Fils de l’homme ici-bas et en même temps Fils de David par Marie qui appartenait à la famille de ce roi. Comme Messie ou Christ, Fils de David, il régnera sur Israël comme Fils de l’homme et il régnera sur l’univers entier jusqu’à ce qu’il ait remis le royaume à Dieu le Père pour l’état éternel. Remarquons aussi que, bien qu’il sera parfaitement homme, l’ange a besoin de préciser à Marie qu’il sera Fils de Dieu (v. 36).

Versets 39 à 56 : ils relatent la visite de Marie à Élisabeth. Une scène merveilleuse se passe dans l’humble habitation de Zacharie entre ces deux femmes choisies de Dieu pour l’accomplissement de ses conseils éternels. Le ciel seul en était témoin et pouvait apprécier. Ces saintes femmes entraient par la foi dans ces choses merveilleuses qui occupaient leurs cœurs et celui de Dieu. Jamais dans l’histoire de l’humanité, encore moins dans des milieux si humbles, la naissance de personnages si glorieux n’existât, la naissance du roi des rois et du plus grand des prophètes. La vraie grandeur ici-bas ne se trouve pas dans ce qui a de l’apparence selon les hommes, mais dans ce qui est de Dieu.

A l’ouïe des paroles d’Élisabeth, Marie célébra l’Éternel (v. 46 à 55). Le Seigneur est célébré dans ce cantique et dans ces premiers chapitres. Le terme «Seigneur» correspond à «l’Éternel, Jehova» et le désigne. Marie, dans ce cantique, le célèbre en relation avec la bénédiction d’Israël que Dieu a visité pour accomplir les promesses faites à Abraham, promesses qui ne pouvaient avoir lieu que par Christ puisque, sous le temps de la loi, les Juifs avaient tout perdu par leur désobéissance. Ce cantique ressemble beaucoup à celui d’Anne (1 Sam. 2), qui célèbre l’élévation des humbles, la délivrance de ceux qui s’attendent à l’Éternel, et le jugement des méchants. Dans ces versets, la foi parle comme si tout était accompli, soit chez Anne, soit chez Marie. Il en va toujours de même lorsque Dieu parle, ou lorsqu’il entre en scène, alors que rien ne se voit encore.

Versets 57 à 80 : la naissance de Jean est un sujet de joie. Le *Seigneur en est la source (v. 57 et 58) ; il a magnifié sa miséricorde envers Élisabeth. Magnifié signifie rendre magnifique. La grande pensée de Dieu est son Fils. Le premier chapitre en montre toute l’introduction. La préparation se fait à l’inverse de ce que l’homme aurait pu penser. Le cadre est humble. Les personnes craignent Dieu. Elles trouvent leur récompense dans cette crainte. Le cœur de ce groupe de personnes est connu de Dieu et ce petit enfant apparaît. Il est précurseur d’un plus grand que lui. Au v. 58 : image de ce que doit être la famille de la foi. La famille de la foi, c’est le corps de Christ. Ces personnes fidèles et pieuses respectent l’ordonnance (v. 59) que l’Éternel avait commandée à Abraham (Gen. 17). Au v. 60 Jean ou « don ou faveur de Dieu », est le nom ratifié par Zacharie au v. 63, comme l’ange le lui avait dit (v. 13). Zacharie (v. 59) est mentionné par les voisins mais Élisabeth reste dans la pensée de Dieu (v. 60). Ces passages, de même que les entretiens qu’Élisabeth avait eus avec Marie, indiquent combien ce foyer est un excellent exemple pour le temps actuel.

Le père doit décider quel sera son nom (v. 61 à 63). Dans ce couple, tout est selon l’ordre. Zacharie est conscient de sa responsabilité. Dieu (v. 64) ne fait pas durer la discipline plus qu’il n’est nécessaire. En effet, Zacharie ouvre sa bouche pour louer Dieu. C’est le fruit de la discipline. Les v. 15, 16, etc, répondent à la question : Que sera donc cet enfant) (v. 66). Devant la manifestation de la puissance de Dieu, la crainte s’empare de l’homme (v. 65 et 66). Cela fait penser à plusieurs scènes dont celle de Sara. Dans chaque cas, c’est Dieu, le Tout-puissant, qui agit.

Jusqu’au v. 79, Zacharie, rempli de l’Esprit Saint, mentionne ce magnifique paragraphe. Il annonce le retour de la gloire de l’Orient d’en-haut qui s’en était allée en Ézéchiel. Zacharie est ici caractérisé par un service divin, puissant, par l’esprit prophétique. En tant que tel, n’est-il pas le premier prophète du Nouveau Testament ! Il lie les promesses des prophètes de l’Ancien Testament. Il annonce l’accomplissement de ces choses. Pour Dieu (v. 68), visiter et sauver son peuple est une chose accomplie. La première chose que fait le prophète, dans cette portion, est de bénir. Il donne la première place à Dieu et à Son peuple. Zacharie voit au-dessus de ses pensées personnelles en ce que tous les droits sont à Dieu, au Seigneur et à son peuple.

Au v. 69, la corne figure la puissance en rapport avec la maison de David son serviteur (et non roi). Pour la foi, tout va s’accomplir. Il rend (v. 70) tout l’honneur aux prophètes de l’Ancien Testament malgré le fait qu’il annonce des choses plus élevées. Tout est lié avec l’Ancien Testament. À Emmaüs, le Seigneur évoquera lui-même Moïse et tous les prophètes.

Le mot « visité(s) » (v. 68 et 78) donne gloire revient au Seigneur. Il est par ailleurs remarquable (v. 67 à 75)  que Zacharie ne traite pas la naissance de son fils mais de l’accomplissement des promesses par la venue de Christ dans ce monde (cf Jean 8, 56). En raison de son rejet, rien n’a pu avoir lieu lors de sa première venue, mais tout est gardé pour le millenium. En effet (v. 76 à 79), vu l’état de péché où se trouvaient les Juifs, Dieu ne pouvait accomplir ses promesses qu’en les délivrant de leurs péchés. Il était disposé à les leur remettre, moyennant la repentance. C’est pourquoi Jean devait précéder le Seigneur et disposer les cœurs à le recevoir en les invitant à se repentir. Alors le roi pourrait établir son royaume. Mais le ministère de l’un et de l’autre fut rejeté.

Verset 80 : il couvre une période de 30 ans. Les évangiles détaillent que Jésus, pendant ce temps, avait tous les caractères du vrai nazaréen.

Chapitre 2                                                               Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

 

1 Or il arriva, en ces jours-là, qu’un décret fut rendu de la part de César Auguste*, [portant] qu’il fût fait un recensement de toute la terre habitée. 2 (Le recensement lui-même se fit seulement* lorsque Cyrénius eut le gouvernement de la Syrie). 3 Et tous allaient pour être enregistrés, chacun en sa propre ville. 4 Et Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, en Judée, dans la ville* de David qui est appelée Bethléhem, parce qu’il était de la maison et de la famille de David, 5 pour être enregistré avec Marie, la femme qui lui était fiancée, laquelle était enceinte. 6 Et il arriva, pendant qu’ils étaient là, que les jours où elle devait accoucher s’accomplirent; 7 et elle mit au monde son fils premier-né, et l’emmaillota, et le coucha dans la crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

8 Et il y avait dans la même contrée des bergers demeurant aux champs, et gardant leur troupeau durant les veilles de la nuit. 9 Et voici, un ange du *Seigneur se trouva avec eux, et la gloire du *Seigneur resplendit autour d’eux; et ils furent saisis d’une fort grande peur. 10 Et l’ange leur dit: N’ayez point de peur, car voici, je vous annonce un grand sujet de joie* qui sera pour tout le peuple; 11 car aujourd’hui, dans la cité de David, vous est né un sauveur, qui est le Christ, le Seigneur. 12 Et ceci en est le signe pour vous, c’est que vous trouverez un petit enfant emmailloté et couché dans une crèche. 13 Et soudain il y eut avec l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu, et disant: 14 Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts; et sur la terre, paix; et bon plaisir dans les hommes! 15 Et il arriva, lorsque les anges s’en furent allés d’avec eux au ciel, que les bergers dirent entre eux: Allons donc jusqu’à Bethléhem, et voyons cette chose qui est arrivée que le *Seigneur nous a fait connaître. 16 Et ils allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. 17 Et l’ayant vu, ils divulguèrent la* parole qui leur avait été dite touchant ce petit enfant. 18 Et tous ceux qui l’ouïrent s’étonnèrent des choses qui leur étaient dites par les bergers. 19 Et Marie gardait toutes ces choses par devers elle, les repassant dans son cœur. 20 Et les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu de toutes les choses qu’ils avaient entendues et vues, selon qu’il leur en avait été parlé.

21 Et quand huit jours furent accomplis pour le circoncire, son nom fut appelé Jésus, nom duquel il avait été appelé par l’ange avant qu’il fût conçu dans le ventre.

22 Et quand les jours de leur purification, selon la loi de Moïse, furent accomplis, ils le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au *Seigneur 23 (selon qu’il est écrit dans la loi du *Seigneur, que tout mâle qui ouvre la matrice sera appelé saint au *Seigneur)*, 24 et pour offrir un sacrifice, selon ce qui est prescrit dans la loi du *Seigneur, une paire de tourterelles ou deux jeunes colombes*.

25 Et voici, il y avait à Jérusalem un homme dont le nom était Siméon; et cet homme était juste et pieux, et il attendait la consolation d’Israël; et l’Esprit Saint était sur lui. 26 Et il avait été averti divinement par l’Esprit Saint qu’il ne verrait pas la mort, que premièrement il n’eût vu le Christ du *Seigneur. 27 Et il vint par l’Esprit dans le temple; et comme les parents apportaient le petit enfant Jésus pour faire à son égard selon l’usage de la loi, 28 il* le prit entre ses bras et bénit Dieu et dit: 29 Maintenant, Seigneur*, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole; 30 car mes yeux ont vu ton salut*, 31 lequel tu as préparé devant la face de tous les peuples: 32 une lumière pour la révélation des nations, et la gloire de ton peuple Israël. 33 Et son père et sa mère s’étonnaient des choses qui étaient dites de lui. 34 Et Siméon les bénit et dit à Marie sa mère: Voici, celui-ci est mis pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et pour un signe que l’on contredira 35 (et même une épée transpercera ta propre âme), en sorte que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées.

36 Et il y avait Anne, une prophétesse, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser (elle était fort avancée en âge, ayant vécu avec un mari sept ans depuis sa virginité, 37 et veuve d’environ* quatre-vingt-quatre ans), qui ne quittait pas le temple, servant [Dieu] en jeûnes et en prières, nuit et jour; 38 celle-ci, survenant en ce même moment, louait le *Seigneur, et parlait de lui à tous ceux qui, à Jérusalem, attendaient la délivrance*.

39 Et quand ils eurent tout accompli selon la loi du *Seigneur, ils s’en retournèrent en Galilée, à Nazareth, leur ville. 40 Et l’enfant croissait et se fortifiait, étant rempli de sagesse; et la faveur de Dieu était sur lui.

41 Et ses parents allaient chaque année à Jérusalem, à la fête de Pâque. 42 Et quand il eut douze ans, comme ils étaient montés à Jérusalem, selon la coutume de la fête, 43 et qu’ils avaient accompli les jours [de la fête], comme ils s’en retournaient, l’enfant Jésus demeura dans Jérusalem; et ses parents ne le savaient pas. 44 Mais croyant qu’il était dans la troupe des voyageurs, ils marchèrent le chemin d’un jour et le cherchèrent parmi leurs parents et leurs connaissances; 45 et ne le trouvant pas, ils s’en retournèrent à Jérusalem à sa recherche.

46 Et il arriva qu’après trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. 47 Et tous ceux qui l’entendaient s’étonnaient de son intelligence et de ses réponses. 48 Et quand ils le virent, ils furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit: Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait ainsi? Voici, ton père et moi nous te cherchions, étant en grande peine. 49 Et il leur dit: Pourquoi me cherchiez-vous? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être aux affaires de mon Père? 50 Et ils ne comprirent pas la parole qu’il leur disait. 51 Et il descendit avec eux, et vint à Nazareth, et leur était soumis. Et sa mère conservait toutes ces paroles dans son cœur. 52 Et Jésus avançait en sagesse et en stature, et en faveur auprès de Dieu et des hommes.

1: le premier empereur de Rome.  / v. 2: litt.: premièrement. / v. 4: ou: une ville. / v. 10: litt.: je vous évangélise une grande joie. / v. 17: litt.: touchant la. / v. 23, 24: voir Exode 13:2, 12, 15; Lévitique 12.  / v. 28: ou: lui aussi.  / v. 29: maître d’un esclave; ailleurs: souverain.  / v. 30: plutôt ce qui sauve que le salut en lui-même; comparer 3:6 et Actes 28:28. / v. 37: plusieurs lisent: jusqu’à.  / v. 38: ou: la rédemption.

 

 



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Chapitre 2: naissance de Jésus et épisodes de son enfance
Versets 01 à 07    Naissance de Jésus

Versets 08 à 20    Le message des anges aux bergers

Versets 21 à 24    La circoncision et la présentation de l’enfant Jésus

Versets 25 à 35    La prophétie de Siméon

Versets 36 à 38    Le témoignage d’Anne

Versets 39 à 52    L’enfance à Nazareth et dans le temple à Jérusalem

Les récits du chapitre 2 de Luc ne se trouvent que dans cet évangile

 

Versets 1 à 7 : Marie, comme vu dans le premier chapitre, habitait à Nazareth et non à Bethléhem. Toutefois, afin que l’Écriture soit accomplie (voir Mich. 5, 2), il fallait que l’enfant naisse à Bethléhem. De ce fait Dieu, dans sa souveraineté, se sert d’un édit de l’un des plus grands empereurs romains, c’est-à-dire César Auguste 1. Obéissant à l’ordre, Joseph et Marie se rendirent à cette ville. Le recensement n’eut lieu que plus tard lorsque Syrénus eut le gouvernement de la Syrie. Remarquons que Dieu ne se préoccupe pas de dénombrements qui se font dans le monde. Ce qui importe c’était l’accomplissement des Ecritures.

En contraste avec le v. 7, il est frappant de lire Es. 9, 6-7 : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, *Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. À l’accroissement de [son] empire, et à la paix, il n’y aura pas de fin, sur le trône de David et dans son royaume, pour l’établir et le soutenir en jugement et en justice, dès maintenant et à toujours. La jalousie de l’Éternel des armées fera cela. ». Pourtant, il n’y a pas de place pour le Sauveur du monde. Jésus naît dans l’humilité la plus profonde et cette vie, commencée dans une étable, se finira à la croix.

Versets 8 à 14 : il y est question des bergers de Bethléhem. La naissance de Jésus a eu lieu dans l’obscurité la plus complète quant au monde. Quant au ciel, c’est différent. Dieu veut faire connaître cet événement d’une si grande importance. Pour ce faire, Dieu n’utilise pas la cour de Rome ou autre; il se sert d’un cadre humble, connu de Dieu. La scène rapportée ne présente rien pour la gloire de l’homme. Dieu choisit les choses faibles du monde pour couvrir les choses fortes (cf 1 Cor. 1, 27-28). Quand le Seigneur sera manifesté en gloire, il en sera tout autrement (cf Hab. 2, 14, etc.).  Ici (v. 14), Dieu est glorifié par le chœur céleste. Plus tard, Il le sera dans l’univers entier. Trois choses merveilleuses ressortent de ce v. 14 :

  1. Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts: la venue de Christ rétablit la gloire divine par la victoire du bien sur le mal. Sachons en effet que Satan a essayé d’enlever la gloire de Dieu en amenant l’homme et toute la création sous le jugement
  2. Sur la terre paix: bien que la paix ne soit pas encore établie, elle le sera lorsque Satan sera lié pour mille ans (cf Apoc. 20, 1).
  3. Et bon plaisir dans les hommes : Dieu trouve ce bon plaisir dans les hommes car Jésus entrait dans le monde sous la forme d’un homme. Dieu veut amener les hommes dans la même relation qu’il a établie avec Christ, premier-né entre plusieurs frères (Rom. 8, 29).

Versets 15 à 20 : la visite des bergers. Les nouvelles entendues concernant ce petit enfant, poussent les bergers à aller le voir. Il y a, dans ces versets, un bel exemple de foi car ces bergers ne raisonnent pas. Ils ne s’occupent que de ce que Dieu a dit. Ils ont foi en ce signe du petit enfant emmailloté. Marie (v. 19) était réconfortée et affermie par les paroles des bergers et leurs résultats (v.17 et 18). A l’instar de Marie, puissions-nous aussi repasser dans nos cœurs les paroles qui nous ont entretenues d’une telle personne. Ayons aussi (v. 20) communion de pensées avec Dieu au sujet de son Fils, aujourd’hui, comme alors.

Versets 21 à 35 : les parents de Jésus, comme ils sont nommés au v. 27, accomplirent tout ce que la loi exigeait. L’enfant a été porté au temple à Jérusalem pour le présenter au Seigneur au moment voulu car l’Éternel avait un droit sur les premiers-nés (Ex. 13, 2). En fait, les premiers-nés hébreux avaient été épargnés en Égypte, lors de la destruction des premiers-nés égyptiens. Et (cf Lév. 12) un sacrifice de purification devait être offert au bout de 33 jours. Les tourterelles offertes montrent que les parents de Jésus, tout en appartenant à la famille de David,  étaient pauvres, tout en appartenant à la famille de David. Jésus vécut dans la pauvreté afin de nous enrichir (2 Cor. 8, 9). V. 25 : un homme conduit par l’Esprit de Dieu, nommé Siméon, entre dans le temple lorsque Marie et Joseph y étaient. Sa justice pratique ne lui permettait pas de s’accommoder à l’état de choses qui caractérisait le peuple mais il connaissait la promesse d’un libérateur. Il l’attendait. Dieu, répondant à la fidélité de cet homme, l’avait averti qu’il verrait Christ de son vivant. Et c’est cet esprit qui, le conduisant au temple, lui fit voir le libérateur promis (cf v. 27 à 32). Et au v. 33, Marie et Joseph sont étonnés des choses dites de Jésus. Ils ne réalisaient pas, ou avaient mal compris, les gloires de cet enfant merveilleux et les conséquences glorieuses de sa venue ici-bas. Siméon (v. 34 et 35), enseigné de Dieu, comprend l’effet que cet enfant produira au milieu du peuple plongé dans le péché. La présence de Jésus est un bien suprême. Jésus sera une occasion de chute pour ceux qui le rejetteront, mais aussi de relèvement pour ceux qui le recevraient (Héb. 12, 3). Marie aura l’âme transpercée en voyant celui qu’elle pouvait appeler son Fils être rejeté et mis à mort.

Versets 36 à 38 : Anne, une prophétesse. Une femme de foi. L’Éternel en a écrit un livre de souvenir (Mal. 3, 16). En rapport avec cette citation, remarquons que Malachie relevait l’état moral dans lequel se trouvait le peuple Juif depuis le retour de la captivité et jusqu’à la naissance du Seigneur. Ce peuple qui n’avait que la forme de la piété, comme la chrétienté actuellement. Une personne pieuse, comme Anne, ne pouvait que jeûner et prier. Le jeûne signifie qu’elle ne prenait aucune part à l’activité du peuple. Et par la prière, elle s’attendait à Dieu qui seul était sa part et pouvait amener le changement nécessaire en relation avec la jouissance de la bénédiction promise. Anne devait bien réaliser le Ps. 84, 1, 2, 4,10 :

1 Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées !

2 Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel ; mon cœur et ma chair crient après le *Dieu vivant.

4 Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront incessamment ! Sélah.

10 Car un jour dans tes parvis vaut mieux que mille. J’aimerais mieux me tenir sur le seuil dans la maison de mon Dieu, que de demeurer dans les tentes de la méchanceté.

Versets 39 à 52 : l’enfance de Jésus. Si Dieu n’a pas trouvé à propos de nous donner l’histoire de Jésus dès sa naissance jusqu’à son entrée dans son ministère, l’Esprit de Dieu, par Luc, présente particulièrement l’humanité de Christ et le reste de ce chapitre nous parle suffisamment de ce temps pour préserver notre esprit de toute pensée imaginaire et erronée à l’égard de l’humanité et de la divinité à l’encontre de ce précieux Sauveur. Certaines personnes prétendent ceci et cela pendant les trente premières années de la vie Jésus. Retenons uniquement ce que nous en dit les deux premiers chapitres de Luc.

Au v. 39 : Joseph et Marie s’en retournent à Nazareth. C’est dans cette cité et cette contrée méprisées que devait se dérouler humblement la vie de Jésus avant sa présentation au peuple. Ce séjour lui avait valu le nom dédaigneux de «nazarénien». Il était connu comme le fils du charpentier ou comme le charpentier (Marc 6, 3). Ni Jean Baptiste, ni les Galiléens ne le connaissaient encore. Puis au v. 40 l’on constate une évolution normale. Il était rempli de sagesse. Sa vie humaine avait une origine divine. Tout était parfait chez cet enfant. La faveur de Dieu ne pouvait que reposer sur lui.

Dans les v. 41 à 43,  Jésus monta avec ses parents à la fête de la Pâque alors qu’il avait douze ans. La fête terminée, Joseph et Marie reprirent leur chemin de la Galilée avec leurs compatriotes croyant Jésus dans la troupe des voyageurs. Lorsqu’ils s’aperçurent que Jésus n’était pas là, ils revinrent à Jérusalem, et après trois jours ils le trouvèrent dans le temple. L’attitude de cet enfant au milieu des docteurs est remarquable. Il écoute et interroge. Il aurait pu les enseigner mais il aurait abandonné la perfection de son humanité correspondant à son âge. Sa sagesse et son intelligence extraordinaire se manifestaient par ses réponses et ses questions qui étonnaient son entourage. Les parents de Jésus (cf v. 48 à 50) ne pouvaient pas se rendre compte du développement spirituel de leur enfant. C’est pourquoi «ils ne comprirent pas» (v. 50). Pourtant un tel bagage justifiait que Jésus était davantage attiré par Jérusalem. La maison de Dieu occupait son cœur. C’est pour tout racheté que le Fils de Dieu a été trouvé tel ici-bas. Jésus est infiniment supérieur mais quelle leçon de le voir soumis à ses parents (v. 51). Marie, qui ne comprenait pas, jouit cependant profondément au souvenir des paroles de l’enfant Jésus. Elle conserve ces paroles dans son cœur. Alors au v. 52, comme au v. 40, le développement humain de Jésus est progressif et sans péché. Il importe de distinguer entre «nature humaine» et «nature pécheresse». Jésus a eu part à la première, mais pas à la deuxième (Héb. 2, 14 ; Prov. 8, 31) :

« Donc puisque les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ; » (Hébreux 2:14)

« me réjouissant en la partie habitable de sa terre, et mes délices étaient dans les fils des hommes. » (Proverbes 8:31)


Chapitre 3                    Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

1 Or, en la quinzième année du règne de Tibère César, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, et Hérode tétrarque de la Galilée, et Philippe son frère tétrarque de l’Iturée et de la contrée de Trachonite, et Lysanias tétrarque de l’Abilène, 2 sous la souveraine sacrificature d’Anne et de Caïphe, la parole de Dieu vint à Jean, le fils de Zacharie, au désert. 3 Et il alla dans tout le pays des environs du Jourdain, prêchant le baptême de repentance en rémission de péchés; 4 comme il est écrit au livre des paroles d’Ésaïe le prophète: «Voix de celui qui crie dans le désert: Préparez le chemin du *Seigneur, faites droits ses sentiers. 5 Toute vallée sera comblée, et toute montagne et toute colline sera abaissée, et les choses tortues seront rendues droites, et les [sentiers] raboteux deviendront des sentiers unis; 6 et toute chair verra le salut* de Dieu» [Ésaïe 40:35]. 7 Il disait donc aux foules qui sortaient pour être baptisées par lui: Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient? 8 Produisez donc des fruits qui conviennent à la repentance; et ne vous mettez pas à dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père; car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham. 9 Et déjà même la cognée est mise à la racine des arbres; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit, est coupé et jeté au feu. 10 Et les foules l’interrogèrent, disant: Que faut-il donc que nous fassions? 11 Et répondant, il leur dit: Que celui qui a deux tuniques en donne à celui qui n’en a point, et que celui qui a des vivres fasse de même. 12 Et des publicains vinrent aussi pour être baptisés; et ils lui dirent: Maître*, que faut-il que nous fassions? 13 Et il leur dit: Ne percevez rien au delà de ce qui vous est ordonné. 14 Et des gens de guerre l’interrogèrent aussi, disant: Et nous, que faut-il que nous fassions? Et il leur dit: Ne commettez pas d’extorsions, ni n’accusez faussement personne, et contentez-vous de vos gages. 15 — Et comme le peuple était dans l’attente, et que tous raisonnaient dans leurs cœurs à l’égard de Jean si lui ne serait point le Christ, 16 Jean répondait à tous, disant: Moi, je vous baptise avec de l’eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, duquel je ne suis pas digne de délier la courroie des sandales: lui vous baptisera de* l’Esprit Saint et de feu.

17 Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera le froment dans son grenier, mais il brûlera la balle au feu inextinguible. 18 Et faisant aussi plusieurs autres exhortations, il évangélisait donc le peuple; 19 mais Hérode le tétrarque, étant repris par lui au sujet d’Hérodias, la femme de son frère, et à cause de toutes les choses méchantes qu’Hérode avait faites, 20 ajouta encore à toutes les autres celle de mettre Jean en prison.

21 Et il arriva que, comme tout le peuple était baptisé, Jésus aussi étant baptisé et priant, le ciel s’ouvrit; 22 et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe; et il y eut une voix qui venait du ciel: Tu es mon Fils bien-aimé; en toi j’ai trouvé mon plaisir.

23 Et Jésus lui-même commençait d’avoir environ trente ans*, étant, comme on l’estimait, fils de Joseph: d’Héli, 24 de Matthat, de Lévi, de Melchi, de Janna, de Joseph, 25 de Mattathie, d’Amos, de Nahum, d’Esli, de Naggé, 26 de Maath, de Mattathie, de Séméi, de Joseph, de Juda, 27 de Johanna, de Rhésa, de Zorobabel, de Salathiel, de Néri, 28 de Melchi, d’Addi, de Cosam, d’Elmodam, d’Er, 29 de José, d’Éliézer, de Jorim, de Matthat, de Lévi, 30 de Siméon, de Juda, de Joseph, de Jonan, d’Éliakim, 31 de Méléa, de Maïnan, de Mattatha, de Nathan, de David, 32 de Jessé, d’Obed, de Booz, de Salmon, de Naasson, 33 d’Aminadab, d’Aram, d’Esrom, de Pharès, de Juda, 34 de Jacob, d’Isaac, d’Abraham, de Thara, de Nachor,

35 de Seruch, de Ragaü, de Phalek, d’Éber, de Sala, 36 de Caïnan, d’Arphaxad, de Sem, de Noé, de Lamech, 37 de Mathusala, d’Énoch, de Jared, de Maléléel, de Caïnan, 38 d’Énos, de Seth, d’Adam, de Dieu.

6: voir note à 2:30. / v. 12: celui qui enseigne, docteur (ici, et ailleurs souvent).  / v. 16: en, dans la puissance de. / v. 23: ou: lui-même avait environ trente ans, au début de son ministère.



Commentaires sur le chapitre 3 —————-Retour au début

 

Chapitre 3 : témoignage de la venue de Dieu pour tous. Baptême. Généalogie.
Versets 01 à 20      Jean-Baptiste au désert et au Jourdain
Versets 21 à 38      Jésus au Jourdain. Généalogie de Jésus.
Dans Luc  Voir Matthieu Les autres récits de Luc ch. 3 ne se trouvent pas dans les autres évangiles.
v. 23 à 28  Ch. 1 v. 1 à 17

Versets 1 à 20 : la prédication de Jean le Baptiseur. Trente ans se sont écoulés depuis sa naissance. Tiber avait succédé à Auguste comme empereur. Ponce Pilate gouvernait la Judée. Hérode, fils du roi du même nom, était tétrarque de la Galilée; Philippe  son frère était tétrarque de l’Iturée et de la contrée de la Trachonite; quant à Lysanias, il était tétrarque d’Abilène. Ces trois contrées étaient situées au nord et à l’est de la Palestine. Le tétrarque était le gouverneur de la quatrième partie de l’état démembré. Anne et Caïphe étaient souverains sacrificateurs.

Par l’énumération des diverses contrées qui formaient autrefois le pays d’Israël, toutes gouvernées par les Gentils, l’Esprit de Dieu fait ressortir l’assujettissement de son peuple aux nations. Cet assujettissement est le résultat des péchés d’Israël. Ces précisions sont aussi nécessaires en raison du ministère qui allait s’exercer au milieu de ce peuple, en vue de le délivrer et de le ramener à Dieu pour l’accomplissement des promesses.

« … la parole de Dieu vint à Jean, le fils de Zacharie, au désert (v. 2) ». Selon Esaïe, le ministère de Jean devait précéder celui de l’arrivée du Messie. Jean était un prophète qui un caractère différent des autres prophètes. Il ne cherchait pas, comme les autres prophètes, à ramener le peuple à la loi. C’était inutile. Il devait le préparer à recevoir le Seigneur. Il se tenait en dehors du peuple, dans le désert. À propos de la citation d’Es. 40, 3-5, dans les v. 4 à 6, c’est remarquable. En effet, le langage figuré décrit l’oeuvre qui doit s’accomplir dans les cœurs  pour les amener à un état moral propre à recevoir le Seigneur. Il ne suffisait pas de dire comme au v. 8 : « Nous avons Abraham pour père ». Non, il fallait l’oeuvre de la repentance dans chaque cœur. C’est cette œuvre que le ministère de Jean devait produire et le baptême de la repentance était l’acte par lequel on reconnaissait publiquement sa culpabilité. Mais (v. 7 et 8), Jean discerne l’état de légèreté des cœurs dans la foule. Cette légèreté consistait à une réception apparente du baptême de la repentance. Dieu ne veux pas des formes. Il veut des fruits, des actes, un changement de conduite qui découle de l’action de la parole dans le cœur et de la conscience. Ainsi, le jugement allait donc s’exécuter sur ceux qui ne répondent pas à l’appel du prophète (v. 9). Alors (v. 10) les foules interrogent Jean : « Que faut-il donc que nous fassions ? ». Et Jean leur recommande d’exercer la bonté les uns envers les autres. Puis les v. 11 à 14 font ressortir que le principe enseigné de Jean était la pratique de l’amour et de la justice de la part de Dieu et qui doit caractériser tout croyant. Ensuite (v. 15 à 17) Jean annonce celui qui venait. Ceux qui le recevraient, seraient baptisés, par Lui, de l’Esprit Saint alors que Jean baptisait « avec de l’eau ». Ils avaient la puissance d’une vie qui les rendraient capables d’accomplir le bien. Ceux qui resteraient indifférents à la prédication de Jean, qui demeureraient dans leurs péchés, rejetant Jésus, seraient baptisés de feu, c’est-à-dire subiraient le jugement. C’est ce qui allait arriver à Israël comme peuple, appelé ici « l’aire de Dieu ». Le froment, ceux qui écouteraient et croiraient, seraient mis à part, tandis que les méchants, la balle, feraient l’objet du jugement final. Jean (cf v. 18), dans son ministère, touchait chacun. Hérode même, dans son immoralité, n’échappera pas à l’appel du prophète. Repris en lui, au sujet de la femme qu’il avait, c’était sa belle-sœur, et à propos de toutes ses mauvaises actions, il n’accepte pas et fait jeter Jean en prison (selon v. 19 et 20). Luc termine ici le récit du ministère de Jean. Il est rejeté. Le récit de la grâce de Jésus, le Fils de l’homme, va commencer.

Luc ne suit pas toujours l’ordre chronologique des faits. L’ordre moral prend le dessus. Ainsi, le ministère de Jésus suit celui de Jean quoique qu’historiquement celui de Jésus se soit exercé encore un certain temps en même temps que celui de Jean.

Versets 21 à 38 : Jésus entre en scène d’une manière touchante en s’associant au résidu repentant, leur montrant qu’il vient au milieu d’eux comme un vrai homme. Il se fait baptiser afin de les encourager dans le chemin qui aboutira, pour eux, comme pour lui, à la gloire. Il y a pourtant une différence car Jésus devra passer par le jugement que ces repentants auraient mérités. Jésus entrera de plein droit dans la gloire alors que les rachetés (de toutes les périodes) y seront par grâce. Seul l’évangile selon Luc mentionne que Jésus priait à son baptême lorsque le ciel s’ouvrit sur lui. Il est l’homme dépendant. Dieu trouvait ses délices de toute éternité en son Fils unique en qui il trouvait aussi l’homme parfait, humble de cœur, venu dans ce monde pour accomplir les conseils éternels de Dieu son Père.

La généalogie de Jésus, du côté de sa mère, termine ce chapitre. L’évangile selon Matthieu la donne du côté de Joseph, en partant d’Abraham, souche de la promesse, comme il convenait dans l’évangile du Messie. La généalogie de Luc, celle du Fils de l’homme, part de Jésus, par Marie, pour arriver à Dieu par Adam. Si l’on enlève tous les noms de Joseph à Adam, il reste Fils de Dieu, ce qu’il était, tout en étant Fils de l’homme. La généalogie de Joseph arrive à David par Salomon, et celle de Marie par Nathan. Ces deux fils de David étaient des fils de Bath-Shéba (selon 1 Chr. 3, 5). Quelle grâce !

« Donc puisque les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable ; » (Hébreux 2:14)

« me réjouissant en la partie habitable de sa terre, et mes délices étaient dans les fils des hommes. » (Proverbes 8:31)


Chapitre 4                             Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

 

1 Or Jésus, plein de l’Esprit Saint, s’en retourna du Jourdain et fut mené par* l’Esprit dans le

désert, 2 étant tenté par le diable quarante jours. Et il ne mangea rien pendant ces jours-là; et lorsqu’ils furent accomplis, il eut faim. 3 Et le diable lui dit: Si tu es Fils de Dieu, dis à cette pierre qu’elle devienne du pain. 4 Et Jésus lui répondit, disant: Il est écrit que «l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole de Dieu» [Deutéronome 8:3].

5 Et le diable, le menant sur une haute montagne, lui montra, en un instant, tous les royaumes de la terre habitée. 6 Et le diable lui dit: Je te donnerai toute cette autorité et la gloire de ces royaumes*; car elle m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. 7 Si donc tu te prosternes* devant moi, elle sera toute à toi. 8 Et Jésus, lui répondant, dit: Il est écrit: «Tu rendras hommage au *Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul» [Deutéronome 6:13].

9 Et il l’amena à Jérusalem, et le plaça sur le faîte du temple et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi d’ici en bas; 10 car il est écrit: «Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, pour te garder; 11 et ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre» [Psaume 91:1112]. 12 Et Jésus, répondant, lui dit: Il est dit: «Tu ne tenteras pas le *Seigneur ton Dieu» [Deutéronome 6:16].

13 Et ayant accompli toute tentation, le diable se retira d’avec lui pour un temps*.

14 Et Jésus s’en retourna en Galilée, dans la puissance de l’Esprit; et sa renommée se répandit par tout le pays d’alentour. 15 Et lui-même enseignait dans leurs synagogues, étant glorifié par tous.

16 Et il vint à Nazareth où il avait été élevé*; et il entra dans la synagogue au jour du sabbat, selon sa coutume, et se leva pour lire. 17 Et on lui donna le livre du prophète Ésaïe; et ayant déployé le livre, il trouva le passage où il était écrit: 18 «L’Esprit du *Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer de bonnes nouvelles* aux pauvres; il m’a envoyé pour publier aux captifs la délivrance*, et aux aveugles le recouvrement de la vue; pour renvoyer libres ceux qui sont foulés, 19 et pour publier l’an agréable du Seigneur» [Ésaïe 61:12]. 20 Et ayant ployé le livre, et l’ayant rendu à celui qui était de service*, il s’assit; et les yeux de tous ceux qui étaient dans la synagogue étaient arrêtés sur lui. 21 Et il se mit à leur dire: Aujourd’hui cette écriture est accomplie, vous l’entendant*. 22 Et tous lui rendaient témoignage, et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche, et ils disaient: Celui-ci n’est-il pas le fils de Joseph? 23 Et il leur dit: Assurément vous me direz cette parabole: Médecin, guéris-toi toi-même; fais ici aussi dans ton pays toutes les choses que nous avons ouï dire qui ont été faites à Capernaüm. 24 Et il dit: En vérité, je vous dis qu’aucun prophète n’est reçu dans son pays. 25 Et, en vérité, je vous dis qu’il y avait plusieurs veuves en Israël, aux jours d’Élie, lorsque le ciel fut fermé trois ans et six mois, de sorte qu’il y eut une grande famine par tout le pays; 26 et Élie ne fut envoyé vers aucune d’elles, sinon à Sarepta de la Sidonie vers une femme veuve*. 27 Et il y avait plusieurs lépreux en Israël au temps d’Élisée le prophète; et aucun d’eux ne fut rendu net, sinon Naaman, le Syrien*. 28 Et ils furent tous remplis de colère dans la synagogue en entendant ces choses; 29 et s’étant levés, ils le chassèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu’au bord escarpé de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie, de manière à l’en précipiter. 30 Mais lui, passant au milieu d’eux, s’en alla.

31 Et il descendit à Capernaüm, ville de Galilée, et il les enseignait au jour de sabbat. 32 Et ils s’étonnaient de sa doctrine, parce que sa parole était avec autorité. 33 Et il y avait dans la synagogue un homme qui avait un esprit de démon immonde; et il s’écria à haute voix, 34 disant: Ha*! qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus Nazarénien? Es-tu venu pour nous détruire? Je te connais, qui tu es**: le Saint de Dieu. 35 Et Jésus le tança, disant: Tais-toi, et sors de lui. Et le démon, l’ayant jeté au milieu [de tous], sortit de lui sans lui avoir fait aucun mal. 36 Et ils furent tous saisis d’étonnement, et ils parlaient entre eux, disant: Quelle parole est celle-ci? car il commande avec autorité et puissance aux esprits immondes, et ils sortent. 37 Et sa renommée se répandait dans tous les lieux d’alentour.

38 Et s’étant levé, [il sortit] de la synagogue et entra dans la maison de Simon. Et la belle-mère de Simon était prise d’une grosse fièvre, et on le pria pour elle. 39 Et s’étant penché sur elle, il tança la fièvre, et [la fièvre] la quitta; et à l’instant s’étant levée, elle les servit.

40 Et comme le soleil se couchait, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies, les lui amenèrent; et ayant imposé les mains à chacun d’eux, il les guérit. 41 Et les démons aussi sortaient de plusieurs, criant et disant: Tu es le Fils de Dieu. Et, les tançant, il ne leur permettait pas de parler, parce qu’ils savaient qu’il était le Christ.

42 Et quand il fut jour, il sortit et s’en alla en un lieu désert; et les foules le recherchaient et vinrent jusqu’à lui; et elles le retenaient, afin qu’il ne s’en allât point d’auprès d’elles. 43 Mais il leur dit: Il faut que j’annonce* le royaume de Dieu aux autres villes aussi; car j’ai été envoyé pour cela. 44 Et il prêchait dans les synagogues de la Galilée.

1: en, dans la puissance de. / v. 6: litt.: leur gloire.  / v. 7: prosterner, ailleurs: rendre hommage. / v. 13: jusqu’à un [autre] temps.  / v. 16: litt.: nourri.  / v. 18: ailleurs: évangéliser.  / v. 19: plutôt: libération.  / v. 20: voir note à 1:2.  / v. 21: litt.: dans vos oreilles.  / v. 26: voir 1 Rois 17.  / v. 27: voir 2 Rois 5.  / v. 34*: ici, expression de mécontentement, comme Marc 1:24.  / v. 34**: c. à d.: Je sais qui tu es.  / v. 43: litt.: évangélise, c. à d. que j’annonce la bonne nouvelle du royaume.

 

 



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Chapitres 4, 14 à 9, 50 : le service de Jésus en Galilée
Ch. 4, 01 à 13        Jésus tenté par le diable dans le désert
Ch. 4, 14 à 44        Jésus à Nazareth et à Capernaüm
Dans Luc  Voir Matthieu Voir Marc Voir Jean
v. 01 à 13  Ch. 04 v. 01 à 11 Ch. 01 v. 12 à 13   –
v. 14  Ch. 04 v. 12 Ch. 01 v. 14 Ch. 04 v. 01 à 03
v. 14 à 15  Ch. 04 v. 17 Ch. 01 v. 14 à 15 Ch. 04 v. 43 à 45
v. 31a  Ch. 04 v. 13 à 16  –  –
v. 31 à 41  Ch. 08 v. 14 à 17 Ch. 01 v. 21 à 34  –
v. 42 à 44  Ch. 04 v. 23 à 25 Ch. 01 v. 35 à 39  –

 

Versets 1 à 13 : la tentation. Le Seigneur Jésus entre en scène pour  recommencer l’histoire de l’homme, mais de l’homme selon les conseils de Dieu et pour accomplir son œuvre parfaite au milieu de l’humanité tombée par le péché sous la puissance de Satan. Jésus, comme homme, est le dernier Adam. Depuis le chapitre 3 de la Genèse, l’homme est sous le pouvoir de Satan et à la sentence de la mort.  Mais Dieu avait un moyen par devers Lui, annoncé en Gen. 3, 15 déjà. Dans les premiers versets de Luc ch. 4, Jésus, comme dernier Adam et semence de la femme, est en prise avec le tentateur. Jésus devait vaincre le diable avant d’entreprendre son ministère de délivrance. Le Saint Esprit, dont Jésus est rempli, le conduit dans le désert. Ce n’est plus Éden. C’est le monde où il n’y a rien pour Dieu. Satan (v. 3) choisit le jour où Jésus a faim. Après quarante jours d’épreuve, Satan vient pour le tenter. Satan savait qu’il se trouvait en présence de celui dont Dieu lui avait parlé en Éden. Satan est plein de subtilités (cf v. 3 et 4). Jésus ne tombe pas dans le piège. Jésus dépend de Dieu et ne cède pas. La dépendance caractérise l’homme obéissant. Sa réponse est aussi pour nous car il faut obéir à Dieu et non à Satan.

Dans les v. 5 à 8, la tentation se rapporte à la mondanité. Mais Jésus doit recevoir cette gloire du Père, après avoir vaincu l’ennemi. Jésus reconnaît l’autorité de la Parole écrite et non celle du diable.

Dans les v. 9 à 12, la tentation est d’ordre spirituel. C’est tenter Dieu en faisant quelque chose pour voir si ce que Dieu a dit est vrai. Aussi Jésus n’agit pas pour vérifier la citation du Psaume; il s’attend à Dieu pour le moment où il en aurait besoin.

Dans l’ordre moral, il y a, dans l’évangile de Luc : 1) une tentation charnelle. 2) une tentation mondaine. 3) une tentation spirituelle. Dans l’évangile selon Matthieu, il est tenté comme homme, puis comme Messie, et comme Fils de l’homme.

Ces trois tentatives portent ce que Satan a fait en Gen. 3, 6 : vie, plaisir, désirable.

Versets v. 14 à 30 : Jésus à Nazareth. L’Esprit, après avoir mené Jésus dans le désert, le ramène en Galilée pour le commencement de son service d’amour envers les hommes. Dans cette contrée, méprisée par les Juifs, Jésus dispensa les bienfaits qu’il apportait de la part de Dieu et enseigna la Parole dont il vivait lui-même, et qui annonçait au peuple la délivrance et le moyen d’y participer. Sa renommée fut vite répandue.

Nazareth (v. 16) est la ville où il a été élevé, Capernaüm étant sa propre ville. Les habitants de Nazareth (v. 18 et 19) avaient devant eux celui qui faisait l’objet de la prophétie d’És. 61, 1-2 et de tant d’autres (cf Jean 1, 46). Dans ces versets, Jésus annonce une bonne nouvelle qui aurait dû provoquer la joie du peuple. Il ne parle encore pas du jour de la vengeance de Dieu (Es. 61, 2) car le Seigneur apportait la grâce et la vérité, et non le jugement réservé pour plus tard. Pour jouir de ces temps agréables, il faut recevoir Jésus, et c’est précisément ce que ne firent pas les Nazaréens, tout comme le peuple entier.

Les v. 20 à 22 sont caractéristiques à propos du rejet. Connaissant leurs pensées, Jésus leur dit la parabole des v. 23 et 24 d’où il ressort qu’il ne suffit pas de voir des miracles et d’en être frappés; il fallait croire que le Messie promis était là, celui dont Ésaïe avait écrit. Si les Juifs rejettent Jésus, la grâce s’étendra aux Gentils. En Israël, Puis, dans les v. 25 à 30 : Élie fut envoyé chez une étrangère. Et Élisée a guéri le syrien Naaman. C’est significatif. Les Juifs, au lieu de recevoir Jésus, cherchent à s’en débarrasser en essayant de le précipiter du bord escarpé d’une montagne. Mais Jésus passa au milieu d’eux et s’en alla. Son heure n’était pas encore venue.

Versets 31 à 37 : Jésus est à Capernaüm un jour de sabbat. Là il enseignait. Ceux qui l’entendaient, s’étonnaient de sa doctrine à cause de son autorité. En effet, quelles paroles pouvaient avoir une autorité pareille à la parole du Seigneur présentée par Dieu le Fils, Celui qui était la Parole, selon Jean 1, 1.  Et cette parole a toujours la même puissance et il faut la recevoir comme étant la Parole de Dieu (1 Thes. 2, 13). Jésus n’enseigne pas seulement. L’homme étant tombé sous la puissance de Satan, il voulait l’en délivrer (cf v. 33 à 35). En tout cela, il y a une chose triste à constater. C’est que les hommes voyaient en Jésus un de leur semblable alors que les démons savaient qu’il était le Fils de Dieu. Les démons sont des anges déchus et ils savent qu’il n’y a pas de pardon pour eux. Ils tremblent à cette pensée. Les hommes, si coupables, refusent ce Sauveur et nient sa divinité. Terrible état que celui de l’homme inconverti  et incrédule ! Dans les v. 35 et 36, il suffit à Dieu de parler lorsqu’il faut accomplir quelque chose et cela quel qu’en soit le domaine. Au Ps. 33, 9 : « Il a parlé, et la chose a été; il a commandé, et elle s’est tenue là ». Bien que Dieu, venu au milieu des hommes, ait été rejeté, le salut est encore offert aujourd’hui en vertu du sacrifice de Christ (Héb. 1, 3). Si sa renommée était reconnue (v. 37), ne croyons pas que tous crussent en Lui. Croire c’est autre chose que de constater un fait indéniable et frappant.

Versets 38 à 44 : Jésus chez Simon, puis faisant des miracles et en un lieu désert. La belle-mère de Simon, très fiévreuse, est guérie par Jésus. Dans cette maison se trouve donc une autre figure de l’état dans lequel  l’homme est tombé à la suite du péché. N’y a-t-il pas, dans ce monde fiévreux, pas de paix avec Dieu, pas de repos, une mauvaise conscience, la recherche d’un vain bonheur ! La vanité de ce monde, son impuissance, donne à l’homme une agitation fiévreuse. L’homme utilise l’intelligence donnée par Dieu pour avoir toutes choses. Toutefois, l’homme, éloigné de Dieu, dispose de peu de choses. Puis il meurt dans cette fiévreuse activité. C’est le sort de l’homme loin de Dieu. Par contre, tout change lorsque l’homme reçoit Christ comme son Sauveur et Seigneur. Les bienfaits sont alors là et, comme la belle-mère de Pierre, il peut bénir et servir le Seigneur.

Au v. 41 Jésus ne veut pas recevoir le témoignage des démons. Jésus voulait que les hommes le reconnaissent comme étant le Christ. Le propre témoignage de Jésus était un puissant appel aux hommes afin qu’ils le reçussent.

Au v. 43, Jésus avait uniquement devant lui l’accomplissement de son service et cela  conformément à la volonté de son Père. Il accomplissait son service par obéissance à Dieu et par amour pour les hommes. Il ne recherchait pas la considération des foules. Son devoir est d’obéir et de plaire à son maître, et non de rechercher sa propre jouissance. Jésus s’en va continuer à prêcher dans les synagogues de la Galilée (v. 44).

Encore :

En Gen. 3, 15, première prophétie, c’est bien par la souffrance qu’allait être remportée, sur tout le pouvoir de l’ennemi, la victoire de l’homme obéissant. La semence de la femme, c’est Jésus. Mais Jésus devait être aux prises avec le tentateur, comme Adam l’avait été. Il fallait le vaincre avant d’entreprendre l’oeuvre de la délivrance. Quel contraste entre ces deux lieux de tentation : le jardin d’Éden et le désert. La gloire de Christ en est d’autant plus grande. Si Christ n’avait pas été Dieu, son humanité aurait été sans valeur pour nous, car Dieu seul pouvait sauver. Si l’homme s’était laissé prendre par Satan, il fallait qu’il triompha de lui aussi. C’est pourquoi il fallait la venue de Jésus qui est seul vrai Dieu et vrai homme (1 Cor. 15, 21 ; Rom. 9, 5). Jésus, modèle parfait, nous apprend beaucoup dans ces tentations. Par exemple : au lieu d’obéir à Satan (dans la tentation des pains), il s’attend à Dieu. S’attendre à Dieu et être tranquille. Voilà un trait de l’enfant de Dieu qui agit non sous des impulsions charnelles, mais lorsque Dieu donne une occasion, un signal. Pour cela, c’est bien l’attente de la foi, la dépendance et l’obéissance qu’il faut. Avant la chute, l’homme était sous la bénédiction de Dieu en lui restant attaché (Gen. 2, 16-17). Matthieu présente les tentations dans l’ordre dans lesquelles elles eurent lieu. Luc dans un ordre moral, croissant, la volonté de Dieu était le seul mobile de Christ, nourri de la Parole. Christ annonçait cette parole dans les synagogues, au bord de la mer. Sa gloire morale s’imposait à la conscience de ceux qui en étaient témoins. Son ministère avait les deux caractères d’enseigner, et d’avoir la puissance de délivrer les âmes du pouvoir de l’homme fort.




Chapitre 5                             Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

1 Or il arriva, comme la foule se jetait sur lui pour entendre la parole de Dieu, qu’il se tenait sur le bord du lac de Génésareth. 2 Et il vit deux nacelles qui étaient au bord du lac. Or les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. 3 Et montant dans l’une des nacelles qui était à Simon, il le pria de s’éloigner un peu de terre; et, s’étant assis, il enseignait les foules de dessus la nacelle. 4 Et quand il eut cessé de parler, il dit à Simon: Mène en pleine eau, et lâchez vos filets pour la pêche. 5 Et Simon, répondant, lui dit: Maître*, nous avons travaillé toute la nuit, et nous n’avons rien pris; mais sur ta parole je lâcherai le filet. 6 Et ayant fait cela, ils enfermèrent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. 7 Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider; et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient. 8 Et Simon Pierre, ayant vu cela, se jeta aux genoux de Jésus, disant: Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. 9 Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la prise de poissons qu’ils venaient de faire; 10 de même que Jacques et Jean aussi, fils de Zébédée, qui étaient associés de Simon. Et Jésus dit à Simon: Ne crains pas; dorénavant tu prendras des hommes.

11 Et ayant mené les nacelles à terre, ils quittèrent tout et le suivirent.

12 Et il arriva, comme il était dans une des villes, que voici un homme plein de lèpre; et voyant Jésus, il se jeta sur sa face et le supplia, disant: Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. 13 Et étendant la main, il le toucha, disant: Je veux, sois net. Et aussitôt la lèpre se retira de lui. 14 Et il lui commanda de ne le dire à personne: mais va et montre-toi au sacrificateur, et offre pour ta purification selon ce que Moïse a ordonné*, pour que cela leur serve de témoignage. 15 Et sa renommée se répandait de plus en plus; et de grandes foules s’assemblèrent pour l’entendre et pour être guéries de leurs infirmités; 16 mais lui, se tenait retiré dans les déserts et priait.

17 Et il arriva, l’un de ces jours*, qu’il enseignait. Et des pharisiens et des docteurs de la loi, qui étaient venus de chaque bourgade de Galilée, et de Judée, et de Jérusalem, étaient assis [là], et la puissance du *Seigneur était [là] pour les guérir. 18 Et voici des hommes portant sur un lit un homme qui était paralysé; et ils cherchaient à l’introduire et à le mettre devant lui. 19 Et ne trouvant pas par quel moyen ils pourraient l’introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et le descendirent par les tuiles, avec son petit lit, au milieu, devant Jésus. 20 Et voyant leur foi, il dit: Homme, tes péchés te sont pardonnés. 21 Et les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner, disant: Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes? Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? 22 Et Jésus, connaissant leurs pensées, répondant, leur dit: Pourquoi raisonnez-vous dans vos cœurs? 23 Lequel est le plus facile, de dire: Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi et marche? 24 Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés (il dit au paralytique): Je te dis, lève-toi, et, prenant ton petit lit, va dans ta maison. 25 Et à l’instant, s’étant levé devant eux, il prit [le lit] sur lequel il était couché, et s’en alla dans sa maison, glorifiant Dieu. 26 Et ils furent tous saisis d’étonnement, et glorifiaient Dieu; et ils furent remplis de crainte, disant: Nous avons vu aujourd’hui des choses étranges.

27 Et après cela il sortit; et il vit un publicain* nommé Lévi, assis au bureau de recette, et il lui dit: Suis-moi. 28 Et quittant tout, il se leva et le suivit. 29 Et Lévi lui fit un grand festin dans sa maison; et il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens qui étaient avec eux à table. 30 Et leurs scribes et les pharisiens murmuraient contre ses disciples, disant: Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains* et les pécheurs? 31 Et Jésus, répondant, leur dit: Ceux qui sont en santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. 32 Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs à la repentance. 33 Et ils lui dirent: Pourquoi les disciples de Jean jeûnent-ils souvent et font-ils des prières, pareillement aussi ceux des pharisiens, mais les tiens mangent et boivent? 34 Et il leur dit: Pouvez-vous faire jeûner les fils de la chambre nuptiale* pendant que l’époux est avec eux? 35 Mais des jours viendront, où aussi l’époux leur aura été ôté; alors ils jeûneront en ces jours-là. 36 Et il leur dit aussi une parabole: Personne ne met un morceau d’un habit neuf à un vieil habit; autrement il déchirera le neuf, et aussi la pièce [prise] du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. 37 Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement le vin nouveau rompra les outres, et il se répandra, et les outres seront perdues; 38 mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves, et tous les deux se conservent. 39 Et il n’y a personne qui ait bu du vieux, qui veuille aussitôt du nouveau; car il dit: Le vieux est meilleur.
5: celui qui est au-dessus des autres. / v. 14: voir Lévitique 14.  / v. 17: litt.: un des jours.  / v. 27, 30: voir note à Matthieu 9:10.  / v. 34: les compagnons de l’époux.

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Chapitres 4, 14 à 9, 50 : le service de Jésus en Galilée

Ch. 5, 01 à 11  l’appel de Simon

Ch. 5, 12 à 16  la guérison d’un lépreux

Ch. 5, 17 à 26  la guérison d’un paralytique

Ch. 5, 27 à 32  l’appel de Lévi

Ch. 5, 33 à 39  ce qui est vieux et ce qui est nouveau

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Jean

v. 01 à 11

 Ch. 4 v. 18 à 22

 Ch. 1 v. 16 à 20

 –

v. 12 à 16

 Ch. 8 v. 01 à 04

 Ch. 1 v. 40 à 45

 –

v. 17 à 26

 Ch. 9 v. 02 à 08

 Ch. 2 v. 01 à 12

 –

v. 27 à 32

 Ch. 9 v. 09 à 13

 Ch. 2 v. 13 à 17

 –

v. 33 à 39

 Ch. 9 v. 14 à 17

 Ch. 2 v. 18 à 22

 –


v. 1 à 11 : l’appel de Simon

Jésus ne prêchait pas seulement dans les synagogues. Quand il vint au bord du lac de Génésareth, de grandes foules se jetaient sur lui pour entendre la Parole de Dieu. 

Au v. 5, la nuit est plus favorable que le jour pour la pêche, et pourtant le travail de ces pêcheurs avait été infructueux. Il en va de même de tous les efforts de l’homme sans Christ, ils sont vains, tandis que, avec le Seigneur, même dans les conditions les plus défavorables, ils portent du fruit. Pour être sûr de la bénédiction, il faut faire comme Pierre : obéir à Jésus. Le récit de cette pêche miraculeuse, due à la bénédiction du Seigneur, enseigne que non seulement l’homme naturel ne peut rien faire sans Dieu, mais il ne sait même pas profiter de la bénédiction divine. Il est un vase incapable de la supporter. Dans cet état, tout ce que Dieu pourrait faire pour lui se perd …. comme les pêcheurs, poissons, nacelles, ont failli être tous perdus. Seule la nouvelle naissance nous met en mesure de recevoir la bénédiction de Dieu. C’est pour cela que Jésus vint ici-bas pour accomplir l’oeuvre de la  rédemption. En Jean 21, 6-11, dans une circonstance semblable, se trouve une image de la capacité de recevoir la bénédiction de Dieu en vertu de l’oeuvre de Christ à la croix.

Dans les v. 8, 9 et 10, Pierre comprend qu’il se trouve en la présence de Dieu, d’où cette crainte, cette conviction de péché, base du besoin du salut et de son acceptation. « Ne crains pas » (v. 10). C’est comme si : « J’irai en jugement à ta place ; je porterai la peine de tes péchés ».


v. 12 à 16 : la guérison d’un lépreux 

Au v. 12, cet homme plein de lèpre avait discerné en Jésus la puissance divine qui seule pouvait le guérir. Le péché, imagé ici par la lèpre, ne peut être purifié que par la foi en Christ. Pour tout pécheur aujourd’hui (2016), seule la foi en l’œuvre de Christ à Golgotha, en son sang versé, purifie de tout péché. Cet homme a la foi en Christ. Il connaît maintenant le pouvoir et le vouloir de cet homme différent des autres qu’est Jésus. Jésus qui est l’homme compatissant, puisque l’Éternel seul pouvait guérir la lèpre. Les sacrificateurs sachant que cet homme avait été guéri par Jésus, devaient reconnaître en Lui Jéhovah. Cette guérison était un témoignage irrécusable. Mais hélas, nous savons qu’il demeura vain pour la nation et que les Juifs ne crurent pas en Lui. Dans les v. 15 et 16, Jésus ne s’attribuait rien. Il cherchait le bien des hommes dans la dépendance et l’obéissance à Dieu son Père qu’il voulait glorifier avant tout.

 

 

v. 17 à 26 : la guérison d’un paralytique

Au ch. 4, 33 et 41. le péché était là comme puissance de Satan dans les démoniaques. Le péché, avec le lépreux, est là sous forme de souillure. Et chez le paralytique, le péché est là en rapport avec la culpabilité et l’offense à Dieu. Au v. 17, le mot *Seigneur désigne l’Éternel. La puissance du *Seigneur était là pour guérir, privilège inestimable pour ces hommes, d’avoir au milieu d’eux la puissance de Jéhovah pour les guérir. Par incrédulité, les chefs ne profitent pas de la présence du Seigneur. D’autres s’approchèrent de Lui avec foi dans ce moment même et obtinrent ce qu’ils désiraient. 

Les v. 18 à 20 montrent la persévérance de la foi pour obtenir ce qui est à sa disposition en Jésus. Luc  donne d’autres exemples de cette persévérance. Il y a la veuve et le juge inique au ch. 18, l’aveugle sur le chemin de Jéricho (aussi au ch. 18) puis Zachée, ch. 19. Aujourd’hui la puissance et la grâce sont toujours à la disposition de la foi pour répondre aux besoins matériels et spirituels, présentés à Dieu au nom de Jésus, même s’il n’est plus visible sur la terre. 

Au v. 21, les scribes et les pharisiens raisonnent et crient au blasphème, disant que Dieu seul peut pardonner les péchés, ce que dit le Ps. 103. Mais ces malheureux sages et intelligents d’alors ne voulaient pas reconnaître Dieu au milieu d’eux en la personne de Jésus. Jésus, connaissant leurs pensées ; il répond selon les v. 23 et 24. Sous le gouvernement de Dieu, au milieu de son peuple, la maladie était la conséquence de péchés. Aussi, pardonner les péchés qui avaient causé la maladie, c’était accomplir la guérison. Les péchés une fois pardonnés, le châtiment était levé. En Jean 5, 14, Jésus pouvait dire : « Ne pèche plus, de peur que pis ne t’arrive ». Dans les v. 25 et 26, rien ne pouvait être produit dans les foules sans la foi, et cela malgré les impressions résultantes des guérisons accomplies par Jésus. Cette foi, ayant Jésus pour objet, peut seule sauver et non les impressions même créées par une intervention divine que la conscience naturelle reconnaît.

v. 27 à 32 : l’appel de Lévi

Jésus voulait encore s’associer un compagnon de travail. Jésus, à l’inverse des hommes de ce monde, prend les hommes tels qu’ils sont, des vases vides qu’il veut remplir de son amour et de sa puissance. Lévi, appelé Matthieu en Matt. 9, 9, est un publicain, un homme méprisé par les Juifs à cause de ses occupations. Les publicains percevaient des impôts pour le compte des Romains, service qui se pratiquait avec de l’usure, procurant à ces fonctionnaires une source de revenus aux dépends du peuple. Ils étaient classés par les Juifs au rang de gens de mauvaise vie. Au v. 28, l’appel de Dieu porte en soit la puissance de tout abandonner pour suivre Christ. La foi ne raisonne pas, car en suivant le Seigneur, on a tout en Lui et l’on trouve sur sa route ce que sa bonté a préparée pour chaque jour. Puis (v. 30 à 32) la grâce de Dieu est en action en ce que quiconque se reconnaît pécheur est appelé à se repentir en confessant son état devant Dieu, et en reconnaissant le jugement que Dieu prononce sur lui, afin d’accepter la grâce venue en la personne de Jésus. Ceux qui se croient justes, restent en dehors des effets de la grâce. Elle ne leur dit rien et elle n’est pas pour eux tant qu’ils demeurent satisfaits d’eux-mêmes. 


v. 33 à 39 : ce qui est vieux et ce qui est nouveau

Au v. 35, les disciples avaient trouvé le Messie, celui dont les prophètes avaient parlé (voir Jean 1, 42 et 46). Ils étaient les bienheureux qui voyaient et entendaient ce que plusieurs prophètes et rois avaient désiré voir et entendre. Aussi leur joie est-elle assimilée à la joie des invités d’une noce où l’époux est présent avec eux. Mais en raison de la haine de ceux qui méprisent Jésus, ce dernier sera ôté aux disciples qui jeûneront. C’est un jeûne différent de celui des pharisiens qui faisaient partie d’un monde plongé dans la joie (voir Jean 16, 20). Les raisonnements des pharisiens amènent Jésus a présenter une parabole qui enseigne qu’on ne peut pas mélanger le système légal que les Juifs voulaient conserver avec celui de la grâce que Jésus apportait. L’habit neuf du christianisme se gâtera si l’on prend un morceau du vêtement du légalisme pour raccommoder ce qui paraît défectueux. Cela ne s’accordera pas. Le système de la loi doit subsister comme Dieu l’a institué. Ou alors il faut accepter le christianisme tout entier, tel que Dieu le donne pour remplacer la loi qui n’a rien amené à la perfection, puisqu’elle ne peut ni corriger le pécheur, ni le sauver. La religion légale, dans ses formes, ne savait et ne pouvait pas contenir le vin nouveau, c’est-à-dire la puissance vivifiante de la grâce que Jésus apportait ici-bas. C’était perdre ce vin nouveau que de le mettre dans les vieilles outres du judaïsme. Les deux systèmes ne se mélangent pas. La confusion de la loi et  de la grâce, les formes qui en ont résulté, ont causé la ruine de l’Église, toutes deux en ayant perdu leur force. Car quel effet peut-on produire en présentant Jésus à des personnes auxquelles on prêche la loi ? 

Pourtant (v. 39), l’homme préfère le vieux système qui s’adresse à la chair et l’honore. Que c’est triste !

 



Chapitre 6                            Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

1 Or il arriva, au sabbat second-premier, qu’il passait par des blés; et ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, les froissant entre leurs mains. 2 Et quelques-uns des pharisiens leur dirent: Pourquoi faites-vous ce qu’il n’est pas permis de faire au jour de sabbat? 3 Et Jésus, répondant, leur dit: N’avez-vous pas même lu ce que fit David quand il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; comment il entra dans la maison de Dieu, et prit les pains de proposition, et en mangea, et en donna aussi à ceux qui étaient avec lui, quoiqu’il ne soit pas permis d’en manger, sinon aux sacrificateurs seuls? 5 Et il leur dit: Le fils de l’homme est seigneur aussi du sabbat.

Et il arriva aussi, un autre sabbat, qu’il entra dans la synagogue et qu’il enseignait. Et il y avait là un homme, et sa main droite était sèche. 7 Et les scribes et les pharisiens observaient s’il guérirait en un jour de sabbat, afin qu’ils trouvassent de quoi l’accuser. Et lui connut leurs pensées et dit à l’homme qui avait la main sèche: Lève-toi, et tiens-toi là devant tous. Et s’étant levé, il se tint là. Jésus donc leur dit: Je vous demanderai s’il est permis, le jour de sabbat, de faire du bien ou de faire du mal, de sauver la vie ou de la perdre? 10 Et les ayant tous regardés à l’entour, il lui dit: Étends ta main. Et il fit ainsi; et sa main fut rendue [saine] comme l’autre. 11 Et ils en furent hors d’eux-mêmes, et s’entretenaient ensemble de ce qu’ils pourraient faire à Jésus.

12 Or il arriva, en ces jours-là, qu’il s’en alla sur une montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu. 13 Et quand le jour fut venu, il appela ses disciples. Et en ayant choisi douze d’entre eux, lesquels il nomma aussi apôtres: 14 Simon, qu’il nomma aussi Pierre, et André son frère; Jacques et Jean; Philippe et Barthélemy; 15 Matthieu et Thomas; Jacques le [fils] d’Alphée, et Simon qui était appelé Zélote*; 16 Jude [frère] de Jacques, et Judas Iscariote, qui aussi devint traître; 17 — et étant descendu avec eux, il s’arrêta dans un lieu uni, ainsi que la foule de ses disciples et une grande multitude de peuple de toute la Judée et de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon, qui étaient venus pour l’entendre et pour être guéris de leurs maladies; 18 ceux aussi qui étaient tourmentés par des esprits immondes furent guéris; 19 et toute la foule cherchait à le toucher, car il sortait de lui de la puissance, et elle les guérissait tous.

20 Et lui, élevant les yeux vers ses disciples, dit: Bienheureux, vous pauvres, car à vous est le royaume de Dieu; 21 bienheureux, vous qui maintenant avez faim, car vous serez rassasiés; bienheureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez. 22 Vous êtes bienheureux quand les hommes vous haïront, et quand ils vous retrancheront [de leur société], et qu’ils vous insulteront et rejetteront votre nom comme mauvais, à cause du fils de l’homme. 23 Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez de joie, car voici, votre récompense est grande dans le ciel, car leurs pères en ont fait de même aux prophètes. 24 Mais malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation; 25 malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim; malheur à vous qui riez maintenant, car vous mènerez deuil et vous pleurerez. 26 Malheur [à vous] quand tous les hommes diront du bien de vous, car leurs pères en ont fait de même aux faux prophètes. 27 Mais à vous qui écoutez, je vous dis: Aimez vos ennemis; faites du bien à ceux qui vous haïssent; 28 bénissez ceux qui vous maudissent; priez pour ceux qui vous font du tort. 29 À celui qui te frappe sur une joue, présente aussi l’autre; et si quelqu’un t’ôte ton manteau, ne l’empêche pas [de prendre] aussi ta tunique. 30 Donne à tout homme qui te demande, et à celui qui t’ôte ce qui t’appartient, ne le redemande pas. 31 Et comme vous voulez que les hommes vous fassent, vous aussi faites-leur de même. 32 Et si vous aimez ceux qui vous aiment, quel gré vous en saura-t-on? car les pécheurs aussi aiment ceux qui les aiment. 33 Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien, quel gré vous en saura-t-on? car les pécheurs aussi en font autant. 34 Et si vous prêtez à ceux de qui vous espérez recevoir, quel gré vous en saura-t-on? car les pécheurs aussi prêtent aux pécheurs, afin qu’ils reçoivent la pareille. 35 Mais aimez vos ennemis, et faites du bien, et prêtez sans en rien espérer; et votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-haut; car il est bon envers les ingrats et les méchants. 36 Soyez donc miséricordieux, comme aussi votre Père est miséricordieux; 37 et ne jugez pas, et vous ne serez point jugés; ne condamnez pas, et vous ne serez point condamnés; acquittez, et vous serez acquittés*; 38 donnez, et il vous sera donné: on vous donnera dans le sein bonne mesure, pressée et secouée, et qui débordera; car de la même mesure dont vous mesurerez, on vous mesurera en retour.
39  Et il leur disait aussi une parabole: Un aveugle peut-il conduire un aveugle? ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse? 40 Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, mais tout homme accompli sera comme son maître. 41 Et pourquoi regardes-tu le fétu* qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne t’aperçois pas de la poutre qui est dans ton propre œil? 42 Ou comment peux-tu dire à ton frère: Frère, permets, j’ôterai le fétu* qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour ôter le fétu qui est dans l’œil de ton frère. 43 Car il n’y a pas de bon arbre qui produise de mauvais fruit, ni d’arbre mauvais qui produise de bon fruit; 44 car chaque arbre se connaît à son propre fruit, car on ne récolte pas des figues sur des épines, ni ne cueille du raisin sur un buisson. 45 L’homme bon, du bon trésor de son cœur produit ce qui est bon, et l’homme mauvais, du mauvais produit ce qui est mauvais: car de l’abondance du cœur sa bouche parle. 46 Et pourquoi m’appelez-vous: Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis? 47 Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, et qui entend mes paroles et les met en pratique: 48 il est semblable à un homme qui bâtit une maison, qui a foui et creusé profondément, et a mis un fondement sur le roc: mais une inondation étant survenue, le fleuve s’est jeté avec violence contre cette maison, et il n’a pu l’ébranler, car elle avait été fondée sur le roc. 49 Mais celui qui a entendu et n’a pas mis en pratique, est semblable à un homme qui a bâti une maison sur la terre, sans fondement; et le fleuve s’est jeté avec violence contre elle, et aussitôt elle est tombée; et la ruinede cette maison a été grande.
v. 
4: voir Lévitique 24:5, 9; 1 Samuel 21:6.  / v. 15: ou: le zélateur.  / v. 37: ou: renvoyez libres, et vous serez renvoyés libres.  / v. 41, 42: ou: la paille.  / v. 49: litt.: la brèche.

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Chapitres 4, 14 à 9, 50 : le service de Jésus en Galilée

Ch. 6, 01 à 05     le fils de l’homme est seigneur du sabbat
Ch. 6, 06 à 11     une guérison un jour de sabbat
Ch. 6, 12 à 19     appel des apôtres
Ch. 6, 20 à 38     les bienheureux et leur conduite
Ch. 6, 39 à 49     enseignements divins

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Jean

v. 01 à 05

 Ch. 12 v. 01 à 08

 Ch. 2 v. 23 à 38

 –

v. 06 à 11

 Ch. 12 v. 09 à 14

 Ch. 3 v. 01 à 06

 –

v. 12 à 19

 Ch. 10 v. 01 à 42

 Ch. 3 v. 13 à 19

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v. 20 à 49

 Ch. 05 v. 1 à 8 v. 1

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 –

Versets 1 à 5 : le Fils de l’homme est seigneur du sabbat. Jésus continue de montrer que sa présence en grâce met de côté tout ce qui se rattachait à Israël selon la chair. Le sabbat second-premier (v. 1) était le premier des sept sabbats comptés depuis le lendemain du sabbat pendant lequel les prémices de la moisson étaient offerts; c’était donc le second depuis celui où l’on présentait les gerbes (cf Lév. 23, 9-16). Jésus, tout comme David, était rejeté. Ce fait rend les ordonnances caduques. L’ordonnance n’ayant plus sa raison d’être, le fils de l’homme avait le droit et le pouvoir de la mettre de côté. Dès lors le vrai sabbat n’aura lieu que dans le ciel et, pour la terre, dans le millenium. Avant ce repos d’amour (Soph. 3, 17), le Père et le Fils travaillent (cf Jean 5, 17).

Versets 6 à 11 : une guérison un jour de sabbat. Jésus opère une guérison. Les scribes et les pharisiens attendaient cette occasion afin de prendre Jésus en défaut en ayant un motif d’accusation contre lui. Ils ne supportent pas Jésus et sont décidés à s’en défaire. Leur haine, faisant suite à la guérison (v. 9 et 10), est excitée (cf v. 11). Une religion de formes ne peut supporter l’exercice de l’amour de Dieu, cet amour qui veut être libre pour agir où se trouvent les besoins. La grâce active dans la personne de Jésus s’élève au-dessus de toute considération charnelle et accomplit son œuvre en dépit de l’opposition. Toutefois, l’homme préfère les formes d’une religion charnelle car elles lui permettent de suivre son propre chemin en maintenant l’orgueil religieux dans la chair.

Versets 12 à 19 : appel des apôtres. Jésus devient de plus en plus isolé au milieu du peuple. Méconnu, méprisé, il remplace le système légal pour répandre les bénédictions dont les hommes avaient besoin. La loi ne pouvait pas donner de telles bénédictions aux pécheurs. Ainsi, Jésus veut envoyer des hommes dans son travail, comme lui-même avait été envoyé de Dieu. Pour ce faire, il leur communiquer la puissance nécessaire pour accomplir la même œuvre que lui. Il appelle ses disciples et en choisit douze qu’il appelle «apôtre » ou «envoyé ». Avant de faire son choix, Jésus prie (v. 12). Tout en étant Dieu, agissant en puissance au milieu des hommes, Jésus réalisait la position d’un homme dépendant de Dieu son Père. C’est un bel enseignement qui contient la source de la puissance, de la sagesse, de l’intelligence et de tout ce dont nous avons besoin pour accomplir nos devoirs. (v. 12, cf 1 Rois 3, 9 et Prov. 3, 5-6). En cela Jésus fut le modèle parfait comme en toutes choses : obéissant, dépendant; Jésus, un avec Dieu, fait la volonté de son Père. Il connaît déjà le caractère de Judas mais il ne le met pas de côté car Dieu son Père voulait qu’il soit au nombre des douze. Descendant de la montagne, et s’arrêtant avec les siens dans la plaine, Jésus se trouve entouré d’une grande multitude de gens. Les besoins de ces gens montrent toujours mieux que Jésus était le centre vers lequel sont tous vrais biens. Toutefois, tout ceci excite toujours plus la haine des chefs religieux car leur prestige s’en ressent. Hélas, plus tard, ce peuple se laisse convaincre que Jésus mérite la croix. Ne soyons pas des gens qui écoutent les propos de l’ennemi. Au contraire, attachons-nous toujours plus de cœur à la personne de Jésus. Par la foi, nous trouverons en Lui la source de toute vraie bénédiction et nos besoins seront comblés. 

Versets 20 à 38 : les bienheureux et leur conduite. Jésus enseigne ceux qui le suivent et quelle serait leur part. Ils auront à porter les conséquences de son rejet. Du moment qu’ils avaient cru en lui, ils n’étaient pas du monde, mais du ciel. Par conséquent, ce sont des bienheureux selon Dieu malgré la peine et le mépris qu’ils enduraient ici-bas. Ce ne sont pas seulement les douze mais ceux qui acceptent les enseignements de Jésus qui forment le vrai et nouveau peuple de Dieu, héritiers des promesses (cf v. 20 et voir aussi Matt. 5, 6-7). Ces bienheureux, qui s’unissent à Jésus dans l’humiliation, seront aussi unis avec Lui dans la gloire (selon v. 20-23).  En attendant, ils sont ceux que Dieu appelle «bienheureux». Dieu sait ce que c’est que d’être «bienheureux». Dans l’évangile de Matthieu, le Seigneur parle à tous et présente les caractères de ceux qui désiraient avoir part aux bénédictions du royaume. Dans Luc, il y a une note plus intime. Le Seigneur s’adresse directement aux disciples en disant : « vous ». Puis (v. 24 à 26) il s’adresse en contraste à ceux qui voulaient leur part ici-bas. Il ressort de ces versets qu’il n’est pas possible d’avoir aujourd’hui notre part avec le monde et demain avec Jésus. Ceux qui rient quelques jours, auront une part éternelle de peines, tandis que ceux qui supportent l’opprobre de Jésus, auront une part éternelle de gloire.
Dans les v. 27 à 36, Jésus s’adresse à nouveau aux disciples attestant que ceux qui écoutent la Parole, aujourd’hui comme alors, forment la classe des bienheureux auxquels Jésus précise leur conduite. Jésus en fût le modèle parfait … empreint de grâce et d’amour. Dans cette liste de caractères, tout est en contraste avec la nature humaine. Une clef se trouve au v. 36 : la miséricorde dont notre Père en est la mesure. Il s’agit de montrer les caractères de la grâce dont nous sommes les objets dans  toute notre conduite envers notre entourage. En imitant les pécheurs, rien ne montrerait en nous les enfants d’un Père qui est amour. Et les caractères de Christ doivent distinguer le croyant des autres hommes. Le Seigneur (v. 38) donnera beaucoup plus que tout ce dont nous aurons fait. Que de puissants et glorieux motifs Dieu nous a donnés pour lui être fidèles et marcher comme de bienheureux sur les traces de celui qui faisait toujours les choses qui plaisaient à son Père.

 

Versets 39 à 49 : quelques enseignements divers. En bref :
·       
v. 39 : être séparé de mauvaises compagnies.
·       
v. 40 : être soumis
·       
v. 41-42 : voir clair. Pour cela le « lavage » de la Parole est nécessaire
·       
v. 43-46 : ce qui est dans le cœur est manifeste
·       
v. 47-49 : avoir le fondement ou ne pas l’avoir.

Ainsi donc au v. 39  l’état du peuple et de ses conducteurs est clairement illustré. Tous ceux qui n’ont pas la lumière, trouveront au bout de leur chemin une fosse pour l’éternité. Pour ceux qui suivent Jésus (v. 40), ils auront la même part que Lui, c’est-à-dire du mépris, etc. Jésus le déclarait (Jean 15, 20) Puis, dans les v. 41 et 42,  il faut voir clair dans le chemin pour être un homme accompli. Il faut avoir Christ, la lumière devant nous, se comparer à Lui. Alors nous verrons nos défauts dans toute leur gravité. C’est le jugement de nous-mêmes devant Dieu. Car sinon, sans cette lumière, nous serions bien incapables de discerner une poutre dans notre œil, tandis que le fétu du prochain serait vite vu. Les deux natures (v. 43 à 45) sont bien marquées. Elles se reconnaissent aux fruits, bons ou mauvais car, de l’abondance du cœur, la bouche parle (v. 45). Au v. 46, il est solennel de se rappeler que des choses, comme la prétention et la profession extérieure, n’ont aucune valeur pour Dieu. Ce qui compte pour Dieu, c’est l’obéissance. Et pour obéir, il faut être né de nouveau. Alors l’on peut suivre Jésus. Ainsi (v. 47 à 49) par le récit de la « maison sur le roc et en contraste sur le sable », Jésus fait part des conséquences de l’obéissance et de la désobéissance à sa Parole. Il arrive pour tous un moment où la réalité de la profession est mise à l’épreuve. Dieu veut des réalités et on ne peut le tromper. Quelle ruine pour ceux qui échafaudent leur vie sur le sable, sur leurs propres pensées !
La grâce humilie l’homme en le considérant perdu, accomplissant la loi tant soit peu. L’homme s’en glorifie et tenait de ce fait fortement au sabbat. Les v. 3, 4, 9 et 10, montrant un fait l’histoire de l’amour de Jésus, excitent d’autant plus la haine contre Jésus.

Dans Luc, le Seigneur nous est montré comme priant sur la terre à sept reprises, une huitième fois lorsqu’il était sur la croix. Bien sûr, il prie beaucoup plus, mais ce chiffre sept donne le fait d’une plénitude que Jésus a eu une vie remplie de prière.

 



 

Chapitre 7                                  Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

1Or, quand il eut achevé tous ses discours, le peuple l’entendant, il entra dans Capernaüm. 2 Et l’esclave d’un certain centurion, à qui il était fort cher, était malade et s’en allait mourir. 3 Et ayant ouï parler de Jésus, il envoya vers lui des anciens des Juifs, le priant de venir sauver* son esclave. 4 Et étant venus à Jésus, ils le priaient instamment, disant: Il est digne que tu lui accordes cela, 5 car il aime notre nation et nous a lui-même bâti la synagogue. 6 Et Jésus alla avec eux. Et déjà comme il n’était plus guère loin de la maison, le centurion envoya des amis vers lui, lui disant: Seigneur, ne te donne pas de fatigue, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; 7 c’est pourquoi je ne me suis pas cru digne moi-même non plus d’aller vers toi; mais dis une paroleet mon serviteur sera guéri. 8 Car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’autrui], ayant sous moi des soldats; et je dis à l’un: Va, et il va; et à un autre: Viens, et il vient; et à mon esclave: Fais cela, et il le fait. 9 Et Jésus, ayant entendu ces choses, l’admira; et se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous dis que je n’ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi. 10 Et ceux qui avaient été envoyés, s’en étant retournés à la maison, trouvèrent bien portant l’esclave malade.

11Et le jour suivant*, il arriva que [Jésus] allait à une ville appelée Naïn, et plusieurs de ses disciples et une grande foule allaient avec lui. 12 Et comme il approchait de la porte de la ville, voici, on portait dehors un mort, fils unique de sa mère, et elle était veuve; et une foule considérable de la ville était avec elle. 13 Et le Seigneur, la voyant, fut ému de compassion envers elle et lui dit: Ne pleure pas. 14 Et s’approchant, il toucha la bière; et ceux qui la portaient s’arrêtèrent; et il dit: Jeune homme, je te dis, lève-toi. 15 Et le mort se leva sur son séant, et commença à parler; et il le donna à sa mère. 16 Et ils furent tous saisis de crainte, et ils glorifiaient Dieu, disant: Un grand prophète a été suscité parmi nous, et Dieu a visité son peuple. 17 Et le bruit de ce faitse répandit à son sujet dans toute la Judée et dans tout le pays d’alentour.

18 Et les disciples de Jean lui rapportèrent toutes ces choses. 19 Et ayant appelé deux de ses disciples, Jean les envoya vers Jésus, disant: Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre? 20 Et les hommes, étant venus à lui, dirent: Jean le baptiseur nous a envoyés auprès de toi, disant: Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre? 21 (En cette heure-là, il guérit plusieurs personnes de maladies et de fléaux et de mauvais esprits, et il donna la vue à plusieurs aveugles). 22 Et Jésus, répondant, leur dit: Allez, et rapportez à Jean les choses que vous avez vues et entendues: que les aveugles recouvrent la vue, que les boiteux marchent, que les lépreux sont rendus nets, que les sourds entendent, que les morts ressuscitent, et que l’évangile* est annoncé aux pauvres. 23 Et bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé en moi.

24  Et lorsque les messagers de Jean s’en furent allés, il se mit à dire de Jean aux foules: Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? 25 Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de vêtements précieux? Voici, ceux qui sont vêtus magnifiquement et qui vivent dans les délices, sont dans les palais des rois. 26 Mais qu’êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète. 27 C’est ici celui dont il est écrit: «Voici, j’envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin devant toi» [Malachie 3:1]; 28 car je vous dis: Parmi ceux qui sont nés de femme, il n’y a aucun prophète plus grand que Jean le baptiseur; mais le moindre dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. 29 (Et tout le peuple qui entendait cela, et les publicains, justifiaient Dieu, ayant été baptisés du baptême de Jean; 30 mais les pharisiens et les docteurs de la loi rejetaient contre* eux-mêmes le conseil de Dieu, n’ayant pas été baptisés par lui). 31 À qui donc comparerai-je les hommes de cette génération, et à qui ressemblent-ils? 32 Ils sont semblables à des petits enfants qui sont assis au marché et qui crient les uns aux autres et disent: Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes et vous n’avez pas pleuré. 33 Car Jean le baptiseur est venu, ne mangeant pas de pain et ne buvant pas de vin, et vous dites: Il a un démon. 34 Le fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites: Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. 35 Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

36 Et un des pharisiens le pria de manger avec lui. Et entrant dans la maison du pharisien, il se mit à table. 37 Et voici, une femme dans la ville, qui était une pécheresse, et qui savait qu’il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d’albâtre [plein] de parfum; 38 et se tenant derrière à ses pieds, et pleurant, elle se mit à lesarroser de ses larmes, et elle les essuyait avec les cheveux de sa tête, et couvrait ses pieds de baisers, et les oignait avec le parfum. 39 Et le pharisien qui l’avait convié, voyant cela, dit en lui-même*: Celui-ci, s’il était prophète, saurait qui et quelle est cette femme qui le touche, car c’est une pécheresse. 40 Et Jésus, répondant, lui dit: Simon, j’ai quelque chose à te dire. Et il dit: Maître*, dis-le. 41 Un créancier avait deux débiteurs: l’un lui devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante; 42 et comme ils n’avaient pas de quoi payer, il quitta la dette à l’un et à l’autre. Dis donc lequel des deux l’aimera le plus. 43 Et Simon, répondant, dit: J’estime que c’est celui à qui il a été quitté davantage. Et il lui dit: Tu as jugé justement. 44 Et se tournant vers la femme, il dit à Simon: Vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison; tu ne m’as pas donné d’eau pour mes pieds, mais elle a arrosé mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. 45 Tu ne m’as pas donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, n’a pas cessé de couvrir mes pieds de baisers. 46 Tu n’as pas oint ma tête d’huile, mais elle a oint mes pieds avec un parfum. 47 C’est pourquoi je te dis: Ses nombreux péchés sont pardonnés, car elle a beaucoup aimé; mais celui à qui il est peu pardonné, aime peu. 48 Et il dit à la femme: Tes péchés sont pardonnés. 49 Et ceux qui étaient à table avec lui, se mirent à dire en eux-mêmes: Qui est celui-ci qui même pardonne les péchés? 50 Et il dit à la femme: Ta foi t’a sauvée, va-t’en en paix.

v. 3: ou: guérir.  / v. 7: litt.: par parole.  / v. 11: ou: Et après cela.  / v. 17: litt.: Et cette parole.  / v. 22: ou: la bonne nouvelle.  / v. 30: ou: quant à.  / v. 38: litt.: ses pieds.  / v. 39: litt.: parla en lui-même, disant.  / v. 40: qui enseigne.

 

 



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Chapitres 4, 14 à 9, 50 : le service de Jésus en Galilée

V. 01 à 10 : la guérison de l’esclave d’un centurion
V. 11 à 17 : résurrection du fils de la veuve de Naïn
V. 18 à 23 : l’épreuve de Jean le Baptiseur
V. 24 à 35 : le témoignage de Jésus à Jean
V. 36 à 50 : une pécheresse chez Simon

Dans Luc ch. 7

 Voir Matthieu

Pas de passages analogues
dans les évangiles de Marc et de Jean

v. 01 à 10

 Ch. 08 v. 05 à 13

v. 11 à 17

 Ch. –

v. 18 à 35

 Ch. 11 v. 02 à 19

v. 36 à 50

 Ch. –

 

Versets 1 à 10 : la guérison de l’esclave d’un centurion. À cet égard, la conduite du centurion, officier romain, donc étranger au peuple d’Israël, est de toute beauté. Cette conduite nous révèle un Gentil qui croit au Dieu d’Israël et qui s’intéresse aux Juifs placés sous l’autorité romaine à cause de leurs infidélités à Dieu.

Le centurion (v. 5) avait favorisé les Juifs dans l’exercice de leur religion en leur bâtissant une synagogue. Il y a aussi en lui un trait caractéristique de celui qui aime et craint Dieu. Il est humble (cf v. 6 à 8); il se juge indigne d’avoir Jésus sous son toit. Ce n’est non plus pas lui qui met en relief ses libéralités à l’égard des Juifs (cf v. 4 et 5). L’expression « Dis une parole » (v. 7) démontre que le centurion reconnaît en Jésus la toute puissance, l’autorité, la bonté. Alors (v. 9) Jésus rend un beau témoignage à cet homme tout en censurant l’état des Juifs chez lesquels il n’a pas trouvé une si grande foi. Le Seigneur ressentait douloureusement, dans son cœur, le mépris dont il était l’objet de la part de son peuple qui ne voyait en lui que le fils de Joseph. Aussi la guérison de l’esclave du centurion est un exemple de la libre grâce venue en Jésus à l’intention de tous les hommes. C’est un caractère précieux de l’évangile de Luc. Nous aussi, chrétiens, nous devons notre salut en raison de cette grâce infinie. 


Versets 11 à 17 : résurrection du fils de la veuve de Naïn. Si Jésus a préservé de la mort l’esclave du centurion, il ressuscite le fils d’une veuve. Dans l’avenir, il tirera le peuple juif de l’état de mort dans lequel il se trouve maintenant. Jésus va de Capernaüm à Naïn (v. 11), suivi de quelques disciples et d’une grande foule. Puis il y a rencontre (v. 12) avec une autre foule suivant un cercueil. Quel contraste entre ces deux cortèges ! À la tête de l’un, le prince de la vie et à celle de l’autre, la mort. La mort frappe sans se soucier des douleurs qu’elle cause, sans épargner une veuve n’ayant qu’un fils ! La sympathie de la foule prouve notre impuissance. À la fin du v. 13, qui pourrait parler de la sorte ? Personne, car nul ne peut renouer les liens que la mort a rompus. Mais Jésus, l’homme divin, unissait à sa parfaite sympathie, la puissance qui allait rappeler à la vie le fils que la mort avait saisi. En disant : « Ne pleure pas ». Jésus savait ce qu’il allait faire. Jésus agit de même aujourd’hui envers tant de bien-aimés dans le deuil. Quelle consolation quand il y a espérance (1 Thes. 4, 18) ! À propos du v. 15, il est beau de comparer la position du mort ici, « se leva sur son séant », avec ce qui nous est dit des deux autres résurrections. Malgré le contenu des v. 16 et 17, et malgré tout le bien qu’il fit encore, Jésus fut mis à mort, non parce qu’il était un prophète, mais qu’il était le Fils de Dieu qui avait apporté aux hommes la lumière sur leur état de péché, ce qu’ils ne pouvaient supporter. Tel est le cœur naturel malgré tout l’amour que Dieu lui témoigne


Versets 18 à 23 : l’épreuve de Jean le Baptiseur. Jean, qui était en prison, comme laissé là en captivité par Jésus qui semblait ne pas s’occuper de lui. Pourtant, Jean entendait parler de la puissance qui se dégageait de Jésus. L’on comprend à quelle épreuve ce saint homme de Dieu était soumis. Jean envoie alors deux de ses disciples (v. 18 à 21). En présence des envoyés de Jean, Jésus guérit plusieurs personnes atteintes d’infirmité, puis il dit aux disciples de Jean, ce que rapporte le v.  22. Le prophète avait ainsi toutes les preuves de la présence de Christ ici-bas dont il était le précurseur. Mais ce que Jean n’avait pas compris, c’est que le Christ, avant de prendre son van en sa main pour nettoyer son aire, c’est-à-dire avant d’exécuter les jugements sur le peuple apostat pour établir son règne, devait être rejeté et introduire un état de chose nouveau et céleste comme résultat de sa mort. Ainsi, ceux qui croyaient en Lui prenaient leur part de son rejet et de ses conséquences. Puis (v. 23),  « bienheureux » celui que l’humiliation de Christ et son abaissement ne scandaliseront pas. Puisse la foi en lui se maintenir malgré tout.


Versets 24 à 35 : le témoignage de Jésus à Jean. Si Jésus adresse à Jean des paroles qui devaient atteindre sa conscience et fortifier sa foi, il se tourne vers les foules et lui rend témoignage, l’appelant le plus grand de tous les prophètes (v. 28). Jésus évoque la culpabilité de cette génération qui n’a pas voulu des exhortations de Jean et qui n’est pas touchée par la grâce de Jésus (v. 24 à 26). Jean était donc le plus grand de tous les prophètes du fait qu’il a eu le privilège de voir le Messie annoncé et attendu par beaucoup. Toutefois, Jean faisait encore partie de l’état légal; c’est pourquoi tous les croyants de l’économie de la grâce possèdent la part privilégiée du v. 28 qui est d’être supérieure à celle de l’état légal. Jésus rejeté a introduit un nouvel état de chose appelé « royaume de Dieu » (v. 28). Ce royaume est caractérisé par des bénédictions célestes et éternelles. Si beaucoup justifient Dieu (v. 29), les pharisiens et les docteurs de la loi, qui n’avaient pas été baptisés, rejetaient contre eux-mêmes le conseil de Dieu (v. 30), conseil qui s’accomplissait par l’envoi de Jean et de Jésus (cf Mal. 3, 1; Mich. 5, 2).

Dans les v. 32 et suivants, Jésus compare la génération incrédule, qui ne reçoit ni lui, ni Jean, à des petits enfants qui ne répondaient pas aux désirs de leurs camarades. Ainsi étaient ces Juifs qui restèrent indifférents aux appels de Jean qui les invitait à se juger par la repentance et le baptême. L’austérité de ce prophète et son genre de prédication fait comparer ce ministère aux complaintes restées sans effet. Le ministère de Jésus ne touche pas davantage cette génération. Comparaison est faite au son de la flûte, etc, avec l’accusation que Jésus est un mangeur et un buveur (v. 34). Cependant, la sagesse avait des enfants; ce sont ceux qui avaient écouté la voie de Dieu et ne se confiaient pas en leur propre pensée (v. 35). 


Versets 36 à 50 : une pécheresse chez Simon. À la lecture des v. 37 à 40, l’appréciation de Jésus diffère de la part des personnages en question que sont le pharisien Simon et la femme pécheresse. La femme avait vu en Jésus la grâce dont elle avait besoin et avait la certitude qu’il ne la repousserait pas. Cette grâce attirait son cœur de façon si exclusive et puissante qu’elle ne se préoccupait nullement du pharisien. A l’inverse, le pharisien tenait plutôt le langage d’Es. 53, 2 : « … il n’a nif forme, ni éclat … ». Simon se sentait un propre juste, un homme satisfait de lui-même, n’ayant pas besoin de pardon. Celui décrit au Ps. 45,
2 : « Tu es plus beau que les fils des hommes ; la grâce est répandue sur tes lèvres : c’est pourquoi Dieu t’a béni à toujours » n’avait pas d’attrait sur son cœur. Simon ne reconnaissait même pas Jésus pour un prophète (v. 39).

Après la scène des v. 40 à 43, Jésus déclare à Simon, qui ne croyait avoir aucune dette envers Dieu manifesté en Christ ici-bas, ne l’avait pas même reçu avec les égards en usage en Orient. Cela à l’inverse de cette femme qui avait le cœur rempli d’amour pour Jésus. Cette femme lui témoignait l’honneur et le respect qui avait manqué chez Simon (selon les v. 44 à 48). En pardonnant les péchés de cette femme, Jésus ne veut pas dire que l’amour est méritoire, mais cette femme, à l’inverse de Simon, avait vu en Jésus la grâce dont elle avait besoin. Il en ressort que la connaissance du Dieu qui fait grâce, révélée en Christ, produit la conviction des péchés et en même temps la certitude qu’il y a en lui le pardon pour les péchés que cette connaissance découvre. La grâce attire ; tout comme Pierre au ch. 5, cette femme vient comme tout pécheur repentant. Les autres fuient le Sauveur. Au v. 50, Jésus apprend à la femme qu’elle est sauvée par la foi qui était en elle, qui la poussait vers Lui et qui discernait en Lui un Sauveur, constituant pour elle un moyen de salut.

 



Chapitre 8                                         Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

Et il arriva après cela*, qu’il passait par les villes et par les villages, prêchant et annonçant** le royaume de Dieu; et les douze [étaient] avec lui, 2 et des femmes aussi qui avaient été  guéries d’esprits malins et d’infirmités, Marie, qu’on appelait Magdeleine*, de laquelle étaient sortis sept démons, 3 et Jeanne, femme de Chuzas intendant d’Hérode, et Susanne, et plusieurs autres, qui l’assistaientde leurs biens.

Et comme une grande foule s’assemblait, et qu’on venait à lui de toutes les villes, il dit en parabole: 5 Le semeur sortit pour semer sa semence. Et comme il semait, quelques [grains] tombèrent le long du chemin, et furent foulés aux pieds, et les oiseaux du ciel les dévorèrent. 6 Et d’autres tombèrent sur le roc; et ayant levé, ils séchèrent, parce qu’ils n’avaient pas d’humidité. 7 Et d’autres tombèrent au milieu des épines; et les épines levèrent avec eux et les étouffèrent. Et d’autres tombèrent dans la bonne terre, et ils levèrent, et produisirent du fruit au centuple. En disant ces choses, il criait: Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. 9 Et ses disciples l’interrogèrent, disant: Qu’est-ce que cette parabole? 10 Et il dit: À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais [il en est parlé] aux autres en paraboles, afin que voyant, ils ne voient pas, et qu’entendant, ils ne comprennent pas. 11 Or voici ce qu’est la parabole: La semence est la parole de Dieu; 12 et ceux qui sont le long du chemin, sont ceux qui entendent [la parole]; ensuite vient le diable, et il ôte de leur cœur la parole, de peur qu’en croyant, ils ne soient sauvés. 13 Et ceux qui sont sur le roc, sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; et ceux-ci n’ont pas de racine: ils ne croient que pour un temps, et au temps de la tentation ils se retirent. 14 Et ce qui est tombé dans les épines, ce sont ceux qui, ayant entendu [la parole] et s’en étant allés, sont étouffés par les soucis et par les richesses et par les voluptés de la vie*, et ils ne portent pas de fruit à maturité. 15 Mais ce qui est dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, la retiennent dans un cœur honnête et bon, et portent du fruit avec patience. 16 Or personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase, ni ne la met sous un lit; mais il la place sur un pied de lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière. 17 Car il n’y a rien de secret qui ne deviendra manifeste, ni rien de caché qui ne se connaîtra et ne vienne en évidence. 18 Prenez donc garde comment vous entendez; car à quiconque a, il sera donné, et à quiconque n’a pas, cela même qu’il paraît* avoir sera ôté.

19 Or sa mère et ses frères vinrent auprès de lui; et ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule. 20 Et cela lui fut rapporté par [quelques-uns] qui disaient: Ta mère et tes frères se tiennent dehors, désirant te voir. 21 Mais lui, répondant, leur dit: Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la mettent en pratique.

22 Et il  arriva, l’un de ces jours, qu’il monta dans une nacelle, et ses disciples [avec lui]. Et il leur ditPassons à l’autre rive du lac. Et ils prirent le large. 23 Et comme ils voguaient, il s’endormit; et un vent impétueux fondit sur le lac, et [la nacelle] s’emplissait*, et ils étaient en péril. 24 Et ils vinrent et le réveillèrent, disant: Maître, maître*, nous périssons! Et lui, s’étant levé, reprit le vent et les flots; et ils s’apaisèrent, et il se fit un calme. 25 Et il leur dit: Où est votre foi? Mais eux, saisis de crainte, étaient dans l’étonnement, disant entre eux: Qui donc est celui-ci, qui commande même aux vents et à l’eau, et ils lui obéissent?

26 Et ils abordèrent dans le pays des Gadaréniens, qui est vis-à-vis de la Galilée. 27 Et quand il fut descendu à terre, un homme de la ville vint à sa rencontre, qui depuis longtemps avait des démons, et ne portait pas de vêtements, et ne demeurait pas dans une maison, mais dans les sépulcres. 28 Et ayant aperçu Jésus, et s’étant écrié, il se jeta devant lui, et dit à haute voix: Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-haut? Je te supplie, ne me tourmente pas.
29  Car [Jésus] avait commandé à l’esprit immonde de sortir de l’homme; car depuis longtemps il s’était saisi de lui, et [l’homme] avait été lié et gardé dans les chaînes et avec les fers aux pieds; et brisant ses liens, il était emporté par le démon dans les déserts. 30 Et Jésus lui demanda, disant: Quel est ton nom? Et il dit: Légion; car beaucoup de démons étaient entrés en lui. 31 Et ils le priaientpour qu’il ne leur commandât pas de s’en aller dans l’abîme**32 Et il y avait là un grand troupeau de pourceaux paissant sur la montagne, et ils le priaient de leur permettre d’entrer en eux; et il le leur permit. 33 Et les démons, sortant de l’homme, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se rua du haut de la côte dans le lac, et fut étouffé. 34 Et ceux qui le paissaient, voyant ce qui était arrivé, s’enfuirent, et le racontèrent dans la ville et dans les campagnes. 35 Et ils sortirent pour voir ce qui était arrivé, et vinrent vers Jésus, et trouvèrent assis, vêtu et dans son bon sens, aux pieds de Jésus, l’homme duquel les démons étaient sortis; et ils eurent peur. 36 Et ceux qui avaient vu [ce qui s’était passé], leur racontèrent aussi comment le démoniaque avait été délivré. 37 Et toute la multitude du pays environnant des Gadaréniens, pria Jésus de s’en aller de chez eux, car ils étaient saisis d’une grande frayeur: et lui, étant monté dans la nacelle, s’en retourna. 38 Et l’homme duquel les démons étaient sortis, le supplia [de lui permettre] d’être avec lui; 39 mais il le renvoya, disant: Retourne dans ta maison et raconte tout ce que Dieu t’a fait. Et il s’en alla, publiant par toute la ville tout ce que Jésus lui avait fait.

40  Et quand Jésus fut de retour, il arriva que la foule l’accueillit, car tous l’attendaient. 41 Et voici, un homme dont le nom était Jaïrus, — et il était chef de la synagogue, — vint, et se jetant aux pieds de Jésus, le supplia de venir dans sa maison, 42 car il avait une fille unique, d’environ douze ans, et elle se mourait. Et comme il s’en allait, les foules le serraient. 43 — Et une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans, et qui, ayant dépensé tout son bien en médecins, n’avait pu être guérie par aucun, 44 s’approcha par derrière et toucha le bord de
son vêtement; et à l’instant sa perte de sang s’arrêta. 45 Et Jésus dit: Qui est-ce qui m’a touché? Et comme tous niaient, Pierre dit, et ceux qui étaient avec lui: Maître*, les foules te serrent et te pressent, et tu dis: Qui est-ce qui m’a touché? 46 Et Jésus dit: Quelqu’un m’a touché, car je sais qu’il est sorti de moi de la puissance. 47 Et la femme, voyant qu’elle n’était pas cachée, vint en tremblant, et, se jetant devant lui, déclara devant tout le peuple pour quelle raison elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie instantanément. 48 Et il lui dit: Aie bon courage*, [ma] fille; ta foi t’a guérie**; va-t’en en paix. 49 — Comme il parlait encore, il vient quelqu’un de chez le chef de synagogue, lui disant: Ta fille est morte, ne tourmente pas le maître*50 Et Jésus, l’ayant entendu, lui répondit, disant: Ne crains pas, crois seulement, et elle sera sauvée. 51 Et quand il fut arrivé à la maison, il ne permit à personne d’entrer, sinon à Pierre et à Jean et à Jacques, et au père de la jeune fille et à la mère. 52 Et tous pleuraient et se lamentaient sur elle; et il leur dit: Ne pleurez pas, car elle n’est pas morte, mais elle dort. 53 Et ils se riaient de lui, sachant qu’elle était morte. 54 Mais lui, les ayant tous mis dehors, et l’ayant prise par la main, cria, disant: Jeune fille, lève-toi. 55 Et son esprit retourna [en elle], et elle se leva immédiatement; et il commanda qu’on lui donnât à manger. 56 Et ses parents étaient hors d’eux; et il leur enjoignit de ne dire à personne ce qui était arrivé.

v. 1*: ou: dans la suite.  / v. 1**: litt.: évangélisant.  / v. 2: ou: de Magdala.  / v. 3: litt.: le servaient.  / v. 14: la vie comme telle dans ce monde.  / v. 18: ou: croit.  / v. 23: litt.: ils s’emplissaient.  / v. 24: celui qui est au-dessus des autres; comme
5:5.  / v. 31*: ou: il le priait.  / v. 31**: comparer Apocalypse 20:1, 3.  / v. 45: celui qui est au-dessus des autres; comme
5:5.  / v. 48*: quelques-uns omettent: Aie bon courage.  / v. 48**: litt.: sauvée.  / v. 49: celui qui enseigne.

 




Commentaires sur le chapitre 8                             Retour au début

 

Ch. 4, 14 à 9, 50 : le service de Jésus en Galilée

Versets 01 à 03 : Jésus et les siens

Versets 04 à 18 : la parabole du semeur          

Versets 19 à 21 : la mère et les frères de Jésus         

Versets 22 à 25 : Jésus dormant pendant  l’orage

Versets 26 à 39 : le démoniaque de Gadara

Versets 40 à 56 : à l’autre rive du lac

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

v. 4-18

 Ch.13 v. 1-53

 Ch.4 v. 01-34

v. 19-21

 Ch.12 v. 46-50

 Ch.3 v. 19-21 + v. 31 à 35

v. 22-25

 Ch. 8 v.18-27

 Ch.4 v. 35-41

v. 26-39

 Ch. 8 v. 28-34

 Ch.5 v. 01-20

v. 40-53

 Ch.9 v.1,18-26

 Ch.5 v. 21-43

Versets 1 à 3 et 54 à 56 : seulement dans l’évangile selon Luc

Les récits de l’évangile de Luc ne se trouvent pas dans celui de Jean


Versets 01 à 03 : Jésus et les siens. Les faits de Jésus et les siens dans les v. 1 à 3 ne se trouvent qu’en Luc. Jésus, fils de l’homme, dépendant complètement  de Dieu, est vu dans une humilité qui touche le cœur. Jésus prêche en Galilée et il dépend de Dieu non seulement pour accomplir son service mais aussi, de manière détaillée, pour ses besoins de chaque jour. Jésus est accompagné des douze et plusieurs femmes sont là. Ce sont des femmes pieuses qui éprouvent du bonheur à manifester leur reconnaissance envers Jésus. Elles écoutaient, à n’en pas douter, ses enseignements. Elles le servaient aussi. Il est bon de méditer attentivement tous les détails de la vie de Jésus. Ces détails sont là pour nous faire saisir la manière touchante dont l’amour de Dieu est venu jusqu’à nous. Ainsi, si nous sommes habitués à lire les récits des évangiles en considérant le service de Jésus comme une chose naturelle, il nous faut aussi songer à la gloire de sa personne. Tout en étant homme, il est Dieu, toujours conscient de sa gloire. Cela étant et comme tel, il s’est anéanti, pour prendre la forme d’esclave et venir jusqu’à nous, afin de nous délivrer de l’esclavage de Satan et nous ouvrir le ciel en portant le jugement que nous aurions mérité. Apprenons aussi, en considérant Jésus, à ne pas nous mettre en souci de ce que nous mangerons ou boirons le lendemain. Notre Père céleste sait que nous avons besoin de ces choses (selon ch. 12, 29-30). En général Dieu pourvoit à nos besoins par le produit de notre travail qui peut avoir différents caractères comme, par exemple, celui de ces femmes pieuses. C’est un privilège de pouvoir mettre ses biens au service du Seigneur. 

Versets 04 à 18 : la parabole du semeur. Dans Luc cette parabole est rapportée dans les mêmes termes qu’en Marc. Mais elle n’est pas suivie des paraboles du royaume comme en Matthieu. Dans les trois évangiles, elle présente la manière nouvelle dont Dieu agit dans ce monde. L’homme était incapable de porter du fruit pour Dieu en accomplissant la loi donnée à Israël. L’homme ne pouvait pas non plus profiter de la présence de Jésus du fait de son rejet. En présence de l’incapacité de l’homme, Dieu agit; au lieu d’attendre du fruit de sa vigne (Israël), il sème dans les cœurs au moyen de sa parole. Cette parole produira des effets en ceux qui la recevront, à savoir les fruits d’une vie nouvelle. Les 4 terrains dans lesquels tombe cette semence représente quatre images des dispositions de cœur de ceux qui l’entendent.

1) Une partie tombe le long du chemin : ce sont ceux qui entendent la parole avec un cœur distrait, rempli de préoccupations qui durcissent la conscience, comme dans un grand chemin. Luc explique les motifs de cette semence enlevée par le diable en citant le v. 12. Satan connaît Rom. 10, 17 « Ainsi la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu ». C’est pourquoi il enlève la parole avant qu’elle ait produit la foi et un travail de conscience. Satan veut le plus grand nombre possible d’âmes pour ce lieu préparé pour lui et ses anges. Il fait tout pour que le cœur n’ait pas le temps de s’occuper de la parole. Pour cela, il donne des distractions et mille autres choses. Veillons. Si Satan ne désire pas le salut des hommes, Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité (selon 1 Tim. 2, 4). Pour cela il faut proclamer sa Parole en tout lieu.

2) Le v. 13, fait part du deuxième terrain. C’est la semence de la parole qui tombe sur le roc et qui forme la seconde catégorie des auditeurs. Ils la reçoivent aussitôt avec joie. Ils ont été impressionnés mais sans être atteints profondément. S’ils avaient été atteints profondément, ils n’auraient pas éprouvé de joie. En effet, lorsque la parole commence à agir dans une âme en vue du salut, elle dévoile la culpabilité, la souillure du péché, en présence de la sainteté et de la justice de Dieu. En fait, le labourage par tout ce qui peut rendre perplexe et angoissé n’est pas là. Et c’est ce labourage qui prépare la bonne terre que l’on trouve dans la quatrième catégorie. S’il y a de la joie, dans ce contexte, à entendre la parole, il n’y a pas de fondement et pas de racine. L’on est incapable de soutenir les assauts que l’ennemi livre à ceux qui lui ont échappé. Devant cette opposition, lorsque le moindre témoignage est rendu au Seigneur, il se retire (v. 13). C’est le résultat lorsque la parole suscite de la joie au lieu de produire de la peine et une repentance à salut dont il n’y a pas de regret. Au lieu de cela, il n’y a aucun résultat.

3) Au v. 14, le troisième terrain est là. C’est celui de la semence tombée dans les épines. La parole a pénétré plus profondément. Elle a produit quelques résultats. Mais il manque la puissance pour surmonter les désirs du cœur : les soucis, l’amour des richesses, les jouissances de la vie. Tout cela étouffe la Parole. Et malgré certains effets manifestes, il n’y a pas la vie, pas de fruit, car la vie de Dieu a une énergie qui lui est propre. C’est la vertu (2 Pi. 1 4 et 5). Et sous la dépendance de Dieu, cette vertu permet au croyant de surmonter les influences de la vie présente. Non que ces influences cessent d’exister, mais quand la vie de Dieu est active, il n’y a pas de place pour ces préoccupations.

4) Le v. 15 enfin présente le quatrième terrain. C’est la semence tombée dans une bonne terre. Ce sont ceux qui, ayant entendu la parole, la retiennent avec un cœur honnête et bon. Il n’y a pas des cœurs naturellement meilleurs que d’autres, mais il y a des cœurs qui ont été
rendus aptes à recevoir la parole par une œuvre de Dieu dont il n’est pas parlé ici. Dans cette parabole, il est question de l’état de ces quatre catégories à un moment donné. Il est clair que les personnes de la première catégorie peuvent être atteintes plus tard, s’il y a du temps. Les personnes des deux et troisième catégories peuvent l’être aussi plus profondément ensuite. Ce «avec patience» (fin du v. 15) indique qu’il faut constamment recourir à la grâce et à la puissance de Dieu pour persévérer et porter du fruit avec patience jusqu’au bout.

Les v. 16 à 18 s’adressent à la conscience de ceux qui ont reçu la parole. Dieu a allumé en eux la lumière qui doit éclairer la nuit de ce monde. Veillons pour que notre lumière puisse éclairer la nuit de ce monde ! Ne la cachons pas, car nous ne répondrions pas au but pour lequel Dieu nous a fait être lumière dans le Seigneur (Eph. 5, 8). Pour recevoir de la bénédiction, il faut pratiquer ce que l’on connaît. Ceux qui semblent avoir quelque chose comme dans les deuxième et troisième terrains, cela leur sera ôté parce qu’ils n’ont pas la vie. C’est ce qui arrivera à la chrétienté après l’enlèvement de la vraie Église.

Encore une pensée au sujet du v. 16.  Au ch. 11, 33, le boisseau est une mesure de capacité. C’est le symbole du commerce et des affaires. Ici (v. 16), le lit qui est le symbole du sommeil et de la paresse. Ces deux symboles représentent des choses opposées en apparence mais qui sont toutes deux capables d’étouffer la petite flamme de notre témoignage. En Matt. 5, 15, la lampe devait luire pour tous ceux qui sont dans la maison. Et en Luc 11, 33, la lampe est allumée afin que ceux qui entrent, les visiteurs, voient la lumière.

Versets 19 à 21 : la mère et les frères de Jésus. Ils sont, selon la chair, une figure du peuple juif avec lequel le Seigneur ne pouvait plus avoir de relation. Les versets précédents ont montré comment Jésus agit afin d’obtenir un peuple qui porte du fruit. Maintenant, sa famille, ce sont ceux qui écoutent la parole et la mettent en pratique (cf 1 Cor. 9, 5; Gal. 1, 19). Ainsi, la mère et les frères de Jésus étaient de ce nombre de même que tous ceux qui croient et qui le prouvent. 

Versets 22 à 25 : Jésus dormant pendant l’orage. Ceux qui croient au Seigneur ont beaucoup de difficultés en traversant cette terre pour se rendre au ciel; c’est cela «passer d’une rive à l’autre». Il y a de l’orage, de la crainte. C’est ce voyage que nous avons en figure dans la traversée orageuse où les disciples étaient en péril. Mais quelles que soient l’intensité de la souffrance et de la violence de l’orage, Jésus est avec les siens. Lorsque Jésus avait dit : «Passons à l’autre rive du lac», cela aurait dû suffire et les assurer qu’ils ne périraient pas en route; et même si Jésus dormait, ne manifestant aucune activité, il était là. Sa présence les garantissait entièrement. Mais le v. 25 enseigne que les disciples ne connaissaient pas suffisamment Jésus. L’on comprend dès lors ce manque de foi.

Versets 26 à 39 : le démoniaque de Gadara. Jésus et ses disciples abordèrent dans le pays des Gadaréniens. C’est une contrée située sur la rive gauche du Jourdain, au sud du lac de Génésareth. Le démoniaque vivait dans les sépulcres. On aménageait souvent des sépulcres dans des cavernes artificielles, taillées dans le roc, au fond des montagnes. Ici, comme déjà vu précédemment (ch. 4, 34), il ressort que les démons savent qu’il est le Fils de Dieu. Ils savent que c’est le juge qui les condamnera aux tourments éternels (cf v. 28 et 29). Quel contraste avec les hommes qui ne voient, en Jésus, qu’un de leur semblable !

Au sujet du nom du démoniaque qui est «Légion » (v. 30), sachons que la légion romaine comptait environ 6000 soldats au temps où vivait le Seigneur. Par «abîme » (v. 31), c’est le lieu des tourments éternels. 

Alors, dans les v. 30 à 35, au lieu de se réjouir et d’être dans l’admiration, les gens eurent peur. Ils prièrent même Jésus de s’en aller. Quant au démoniaque, guéri, il s’en va et publie par toute la ville ce que Jésus lui a fait. Ces versets, avec les v. 36 à 39, illustrent beaucoup de choses. Le démoniaque représente l’homme sous la puissance de Satan. Il était possédé depuis longtemps (cf v. 27 et 29). L’homme se trouve sous le pouvoir de Satan depuis la chute d’Adam. Dès lors la terre est un vaste cimetière (cf Rom. 5, 12) alors que Dieu en avait fait un lieu de délices. Semblables au démoniaque de Gadara, les hommes vivent dans ce monde dans le lieu de la mort où ils cherchent leurs plaisirs. Satan a su embellir ce cimetière pour détourner les regards des tombes qui rappellent la fin de tout ici-bas et le jugement qui doit suivre. Sans vêtement, le démoniaque montre la figure de l’état réel de l’homme depuis la chute (Gen. 3, 7 et 20). Si l’homme peut cacher son état à ses propres yeux, il ne le peut pas à ceux de Dieu. La corruption et la violence ont toujours caractérisé l’état de péché de l’homme. Les efforts louables qui sont fait pour lutter contre ces cas, contre les manifestations humiliantes de notre cœur, ne suffisent pas. Ces efforts sont mentionnés dans ce récit. En effet, on avait voulu lier le possédé avec des chaînes et des fers aux pieds qui se brisaient sous la puissance du démon. Aucune force humaine ne peut résister aux efforts de l’ennemi. Et l’homme ne veut même pas du seul moyen afin d’être délivré de la puissance de
Satan qui agit sur la mauvaise nature de l’homme. Ce seul moyen c’est Jésus qui est rejeté … on le prie de s’en aller. Le monde est gouverné par Satan. C’est le diable, prince de ce monde. 

Ce récit renseigne aussi dans quel état se trouvait Israël. Jésus délivre un petit résidu mais la nation tout entière le rejette et préfère la puissance de Satan à celle de Jésus venu en grâce. Alors, semblable au troupeau de pourceaux envahis par les démons, Israël se précipite dans la mer des peuples. Israël, si longtemps privilégié de Dieu, étouffe. Ce n’est plus une nation distincte des autres nations. Mais le petit résidu, à l’image de l’homme guéri, représente ceux qui reçurent Jésus et qui furent envoyés vers les leurs et dans le monde entier pour annoncer les merveilles de la grâce (voir Luc 24, 47; Act. 1, 8. L’oeuvre de la croix accomplie, et l’ascension ayant eu lieu, les disciples évangélisèrent le monde. 

Versets 40 à 56 : à l’autre rive du lac. Jésus (v. 37) repasse d’une rive à l’autre. Il est accueilli par la foule. Un père affligé, chef de synagogue, se jette aux pieds de Jésus pour le supplier d’aller dans sa maison car sa fille, de 12 ans, se mourait. Jésus, compatissant, se met en route et toute la foule, qui serrait Jésus de tous côtés, suit.  Et au milieu de cette foule, une pauvre femme, qui reconnaissait en Jésus celui qui avait le pouvoir de la guérir, touche, par derrière, son vêtement. Elle est guérie à l’instant même. Il y avait beaucoup de personnes qui touchaient Jésus (v. 45 à 48) … toutefois sans se trouver au  bénéfice de la puissance qui se trouvait en lui, à la disposition de chacun. Seule la foi en profite. Aujourd’hui, beaucoup de personnes, pareilles à celles de la foule qui suivait le Sauveur, sont sans foi et sans conscience de besoins. Elles admettent qu’il est le Sauveur des pécheurs et ne le repoussent pas. Mais pour être sauvé, il faut venir personnellement à Jésus avec la conviction d’être pécheur perdu pour trouver le salut. Aussi, seule des gens comme cette femme, en contraste avec la foule, peuvent rendre témoignage devant tous, témoignage un peu comme le récit de Jean 9, 25 : « Je sais une chose, c’est que j’étais aveugle, et que maintenant je vois ». Une froide reconnaissance de Jésus par l’intelligence ne sert à rien, sinon à augmenter sa culpabilité. Il faut venir à Lui avec foi, avec le désir ardent d’obtenir le salut. C’est à cette condition que l’on pourra voir cette réponse d’amour qui chasse la crainte. « Aie bon courage, ma fille ; ta foi t’a guérie ; va-t’en en paix » (v. 48).

Alors, dans les v. 49 et suivants, le récit reprend en relation avec la fille de Jaïrus qui, entre-temps, est morte. Jésus déclare qu’elle sera sauvée, qu’elle dort. Et tous se rient de lui. Pourtant la guérison de la femme et la résurrection de la fille de Jaïrus offre un tableau de l’oeuvre de Jésus à l’égard du peuple d’Israël. Il était venu pour rappeler à la vie ce peuple qui était mort pour Dieu. C’est ce qui aura lieu lorsque le Seigneur s’occupera à nouveau de lui. En attendant qu’il le fasse, au moment de sa venue en gloire, tous ceux qui s’adressent à lui avec foi, seront sauvés. C’est ce qui arrive à cette femme, aux disciples et à tous ceux qui croient en Jésus actuellement. Car toutes les ressources de la grâce restent à la disposition de la foi, en attendant qu’il tire Israël de la mort morale dans laquelle il se trouve depuis qu’il a rejeté Jésus. Au v. 55 nous lisons : « Il commanda qu’on lui donnât à manger ». Au ch. 7, 15, lors de la résurrection du jeune homme, … « il commença à parler ». Quand on a la vie, on parle d’abord, puis on se nourrit, puis, comme one le voit dans le cas de Lazare,  on est en communion.

 

Chapitre 9                                         Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

Et ayant assemblé les douze, il leur donna puissance et autorité sur tous les démons, et [le pouvoir] de guérir les maladies. 2 Et il les envoya prêcher le royaume de Dieu et guérir les infirmes; 3 et il leur dit: Ne prenez rien pour le chemin, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent; et n’ayez pas chacun deux tuniques. 4 Et dans quelque maison que vous entriez, là demeurez, et de là partez. 5 Et tous ceux qui ne vous recevront pas,… en sortant de cette ville-là, secouez même la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux*. 6
Et, partant, ils parcouraient tous les villages, évangélisant et guérissant partout.
7 Et Hérode 
le tétrarque ouït parler de toutes les choses qui étaient faites par luiet il était en perplexité, parce que quelques-uns disaient que Jean était ressuscité d’entre les morts; 8 et quelques-uns, qu’Élie était apparu; et d’autres, que l’un des anciens prophètes était ressuscité. 9 Et Hérode dit: Moi, j’ai fait décapiter Jean; mais qui est celui-ci, de qui j’entends dire de telles choses? et il cherchait à le voir.

10 Et les  apôtres, étant de retour, lui racontèrent tout ce qu’ils avaient fait. Et les prenant avec lui, il se retira à l’écart dans un lieu désert d’une ville* appelée Bethsaïda. 11 Et les foules, l’ayant su, le suivirent. Et les ayant reçus, il leur parla du royaume de Dieu, et guérit ceux qui avaient besoin de guérison. 12 Et le jour commença à baisser; et les douze, s’approchant, lui dirent: Renvoie la foule, afin qu’ils aillent dans les villages et dans les campagnes d’alentour, et s’y logent et trouvent des vivres, car nous sommes ici dans un lieu désert. 13 Mais il leur dit: Vous, donnez-leur à manger. Et ils dirent: Nous n’avons pas plus de cinq pains et de deux poissons, à moins que nous n’allions et que nous n’achetions de quoi manger pour tout ce peuple; 14 car ils étaient environ cinq mille hommes. Et il dit à ses disciples: Faites-les asseoir par rangs de cinquante chacun. 15 Et ils firent ainsi, et les firent tous asseoir. 16 Et ayant pris les cinq pains et les deux poissons, et regardant vers le ciel, il les bénit, et les rompit; et il les donna à ses disciples pour les mettre devant la foule. 17 Et ils mangèrent tous et furent rassasiés; et de ce qui leur était resté de morceaux, on ramassa douze paniers.

18 Et il arriva, comme il priait à l’écart, que ses disciples étaient avec lui. Et il les interrogea, disant: Qui disent les foules que je suis? 19 Et répondant, ils dirent: Jean le baptiseur; et d’autres: Élie; et d’autres, que l’un des anciens prophètes est ressuscité. 20 Et il leur dit: Et vous, qui dites-vous que je suis? Et Pierre, répondant, dit: Le Christ de Dieu! 21 Et s’adressant à eux avec force, il leur commanda de ne dire ceci à personne, 22 disant: Il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté des anciens et des principaux sacrificateurs et des scribes, et qu’il soit mis à mort, et qu’il soit ressuscité le troisième jour. 23 Et il disait à tous: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix chaque jour, et me suive: 24 car quiconque voudra sauver sa vie la perdra*; et quiconque perdrasa vie pour l’amour de moi, celui-là la sauvera. 25 Car que profitera-t-il à un homme de gagner le monde entier, s’il se détruitlui-même ou se perd lui-même? 26 Car quiconque aura honte de moi et de mes paroles, le fils de l’homme aura honte de lui quand il viendra dans sa gloire et dans celle du Père et des saints anges. 27 Et je vous dis, en vérité, que de ceux qui sont ici présents, il y en a quelques-uns qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le royaume de Dieu.

28 Et il arriva, environ huit jours après ces paroles, qu’il prit avec lui Pierre et Jean et Jacques, et qu’il monta sur unemontagne pour prier. 29 Et comme il priait, l’apparence de son visage devint tout autre, et son vêtement devint blanc [et] resplendissant comme un éclair; 30 et voici, deux hommes, qui étaient Moïse et Élie, parlaient avec lui, 31 lesquels, apparaissant en gloire, parlaient de sa mort* qu’il allait accomplir à Jérusalem. 32 Et Pierre et ceux qui étaient avec lui étaient accablés de sommeil; et quand ils furent réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui étaient avec lui.33 Et il arriva, comme ils se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus: Maître*, il est bon que nous soyons ici; et faisons trois tentes: une pour toi, et une pour Moïse, et une pour Élie, ne sachant ce qu’il disait. 34 Et comme il disait ces choses, une nuée vint et les couvrit*; et ils eurent peur comme ils entraient dans la nuée. 35 Et il y eut une voix venant de la nuée, disant: Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. 36 Et la voix s’étant fait entendre, Jésus se trouva seul. Et ils se turent, et ne rapportèrent en ces jours-là à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

37 Et il arriva, le jour suivant, quand ils furent descendus de la montagne, qu’une grande foule vint à sa rencontre. 38 Et voici, un homme de la foule s’écria, disant: Maître*, je te supplie, jette les yeux sur mon fils, car il est mon unique; 39 et voici, un esprit le saisit; et soudain il crie; et il le déchire, en le faisant écumer; et c’est à peine s’il se retire de lui après l’avoir broyé; 40 et j’ai supplié tes disciples de le chasser, et ils n’ont pas pu. 41 Et Jésus, répondant, dit: Ô génération incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je? Amène ici ton fils. 42 Et encore, comme il approchait, le démon le renversa et le tourmenta violemment; mais Jésus tança l’esprit immonde, et guérit l’enfant, et le rendit à son père. 43 Et tous furent étonnés de la grandeur de Dieu.

Et comme tous s’étonnaient de tout ce que Jésus faisait, il dit à ses disciples: 44 Vous, gardez bien ces paroles que vous avez entendues, car le fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes. 45 Mais ils ne comprirent pas cette parole, et elle leur était cachée, en sorte qu’ils ne la saisissaient pas; et ils craignaient de l’interroger touchant cette parole. 46 Et il s’éleva au milieu d’eux une question, [à savoir] lequel d’entre eux serait* le plus grand. 47 Mais Jésus, voyant la pensée de leur cœur, prit un petit enfant, et le plaça auprès de lui; 48 et il leur dit: Quiconque recevra ce petit enfant en mon nom, me reçoit; et quiconque me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. Car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c’est celui-là qui est grand. 49 Et Jean, répondant, dit: Maître*, nous avons vu quelqu’un qui chassait des démons en ton nom, et nous le lui avons défendu**, parce qu’il ne [te] suit pas avec nous. 50 Et Jésus lui dit: Ne le lui défendez pas*, car celui qui n’est pas contre vous est pour vous.

51 Or il arriva, comme les jours de son assomption s’accomplissaient, qu’il dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem; 52 et il envoya devant sa face des messagers. Et s’en étant allés, ils entrèrent dans un village de Samaritains pour lui préparer [un logis]; 53 et ils ne le reçurent point, parce que sa face était tournée vers Jérusalem. 54 Et ses disciples, Jacques et Jean, voyant cela, dirent: Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu descende du ciel et les consume, comme aussi fit Élie?55 Et, se tournant, il les censura fortement [et dit: Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés]! 56 Et ils s’en allèrent à un autre village.

57 Et il arriva, comme ils allaient par le chemin, qu’un certain homme lui ditSeigneur, je te suivrai où que tu ailles. 58 Et Jésus lui dit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. 59 Et il dit à un autre: Suis-moi; — et il dit: Seigneur, permets-moi d’aller premièrement ensevelir mon père. 60 Et Jésus lui dit: Laisse les morts ensevelir leurs morts; mais toi, va et annonce le royaume de Dieu. 61 Et un autre aussi dit: Je te suivrai, Seigneur; mais permets-moi de prendre premièrement congé de ceux qui sont dans ma maison. 62 Et Jésus lui dit: Nul qui a mis la main à la charrue et qui regarde en arrière, n’est propre pour le royaume de Dieu.

 v. 5: voir note à Marc 6:11.  / v. 10: plusieurs lisent: à proximité d’une ville.  / v. 24: plus bas: détruire.  / v. 25: plus haut: perdre.  / v. 28: ou: la; comparer Matthieu 5:1.  / v. 31: litt.: sortie, départ.  / v. 33: celui qui est au-dessus des autres.  / v. 34: voir note à Matthieu 17:5.  / v. 38: celui qui enseigne.  / v. 46: ou: était.  / v. 49*: celui qui est au-dessus des autres.  / v. 49**: ou: l’en avons empêché.  / v. 50: ou: Ne l’en empêchez pas.  / v. 54: voir
2 Rois 1:10-12.

Commentaires sur le chapitre 9                             Retour au début

Chapitres 4, 14 à 9, 50 : le service de Jésus en Galilée et
Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »

Versets 01 à 09 : l’envoi des douze apôtres.
Versets 10 à 17 : le retour des apôtres
Versets 18 à 27 : Jésus annonce sa mort
Versets 28 à 36 : la transfiguration
Versets 37 à 43 : un démon que les disciples ne peuvent chasser
Versets 43 à 48 : qui est le plus grand
Versets 49 et 50 : quelqu’un qui chassait les démons
Versets 51 à 56 : en chemin pour Jérusalem
Versets 57 à 62 : à la suite de Jésus

Luc
v.01-06
v.07-09
v.10-17
v.18-21
v.22-27
v.28-36
v.37-43
v.44-45
v.46-50
Voir Matthieu
Ch.10 v.1 à 11 v.1
Ch.14 v.01-12
Ch.14 v.13-21
Ch.16 v.13-20
Ch.16 v.21-28
Ch.17 v.01-13
Ch.17 v.14-21
Ch.17 v.22-23
Ch.16 v.01-11
Voir Marc
Ch.06 v.07-13
Ch.06 v.14-29
Ch.06 v.30-44
Ch.08 v.27-30
Ch.08 v.31 à 9 v.1
Ch.09 v.02-13
Ch.09 v.14-29
Ch.09 v.30-32
Ch.09 v.33-50
 

 

Les versets 51 à 62 ne sont pas dans les autres évangiles. Pour l’évangile selon Jean, seuls le récit des v. 10 à 17  se trouvent en Jean 6 v. 1 à 14

Versets 1 à 9 : l’envoi des douze apôtres. Au ch. 6, Jésus s’était choisi douze disciples qu’il nomma apôtres, c’est-à-dire envoyés. Restés jusqu’ici avec Jésus, il les envoie prêcher le royaume de Dieu. Jésus est plein d’amour et veut faire connaître au peuple ce qu’il vient apporter. Pour cela, il multiplie les moyens et confère aux apôtres la puissance en délivrance : démons, malades, infirmes, don qu’il possédait lui-même et qui aurait dû amener les Juifs à croire en Lui. L’amour ne se lasse pas tant que l’heure du jugement n’a pas sonnée. À propos des v. 3 et suivants, il y a d’une part les soins du Seigneur quand il est là et, d’autre part, les disciples qui jouissent des soins et de la protection du Seigneur; ils sont envoyés à un peuple sensé recevoir le Seigneur. Mais au ch. 22, le Seigneur a été rejeté et les disciples sont aussi haïs. Ils doivent se prémunir. Quant au Seigneur (v. 5), il connaît toutes
choses.

Les v. 7 à 9 font part d’un travail de la conscience chez un homme pécheur. Ce n’était pas Élie qui tourmentait Hérode mais Jean auquel il avait fait couper la tête. Les hommes voudraient bien taire des choses mais Dieu a donné une conscience qui parle toujours et qui accuse quoi qu’on en dise. Si nôtre conscience a quelque chose à nous dire, confessons-le à Dieu; n’essayons pas d’étouffer sa voix et de chercher des excuses. La conscience travaille, de manière différente, aussi bien chez le croyant que chez l’incrédule. Pour Hérode, sa conscience est mal à l’aise. Il se repend si peu de son crime que, peu après, il devient l’ami de son ennemi Pilate lorsqu’il veut mettre à mort Jésus.

Versets 10 à 17 : le retour des apôtres. Ils vont vers Jésus et ils lui racontent tout ce qu’ils avaient fait. Ils vont à l’écart près de Bethsaïda. Il est bon, après le service, de se retirer … non seulement pour se reposer physiquement mais surtout pour avoir à faire avec Dieu dans la tranquillité. Ne nous laissons pas distraire, comme Marthe, par un service. Il y a, dans ce monde, des besoins de toute nature auxquels il faut œuvrer car l’amour de Dieu est en activité. Ainsi le repos est de courte durée. En effet (v. 11), de grandes foules avaient suivi Jésus et ses disciples. Jésus ne se limitait pas seulement en démonstration de puissance, de guérisons, etc. S’il n’y avait eu que cela, les Juifs auraient reçu le Seigneur. Ce qu’il y avait de plus, c’était la prédication du royaume de Dieu, c’est-à-dire d’un ordre de choses où tout doit être en harmonie avec les caractères de Dieu. On connaît l’homme et son cœur mauvais; c’est pourquoi la prédication du royaume de Dieu ne lui convient pas malgré tout le déploiement de la bonté qui la caractérisait. De là vient le rejet de Jésus. Dans tout ministère, il faut aussi à faire du bien autour de nous mais, comme le parfait modèle, il faut que tout déploiement de bonté soit accompagné de la vérité de la Parole. Les disciples (v. 12), vu les circonstances, donnent un sage conseil au point de vue humain. Il faut en effet renvoyer les foules afin qu’ils puissent loger et manger Mais au fond, les disciples pensaient à eux, à leur aise. C’est ce qui nous arrive trop souvent ! Au v. 13, Jésus pensait tout autrement. Son cœur débordait d’amour; il ne pensait pas à lui; il poursuivait son œuvre de bonté envers tous. Jésus avait toutes ressources en lui-même. Jésus vient non seulement
pour pourvoir aux besoins des foules mais il veut que les disciples y pourvoient en disposant de sa puissance. La gloire de la personne de Christ a déjà été manifestée lorsque les disciples étaient en danger au milieu de l’orage (ch. 8, 23). Maintenant, la gloire de sa personne, en rapport avec les besoins des foules, est là ! Les disciples (v. 13) sont lents à apprendre. Ils ne regardent pas à Jésus alors que la foi ne regarde qu’à Lui. Qu’en est-il de nous ? Ces cinq pains son visibles mais pas suffisants; si les choses visibles suffisent, la foi n’est pas nécessaire. Apprenons à ne pas compter sur les ressources visibles mais allons à Jésus et attendons-nous à Lui. Jésus peut se servir de ce qui est visible et le multiplier (v. 15 à 17). Jésus nous apprend qu’en lui remettant le peu que nous avons, il le bénit pour qu’il suffise et même qu’il y en ait de reste. Jésus pourvoit aux besoins en se servant, ici, du peu de ce qui est mis à sa disposition. Ainsi accomplissons ce que Dieu place devant nous, même si nos ressources spirituelles ou matérielles paraissent insuffisantes. Nous ferons alors l’expérience que non seulement il y a suffisamment mais que même il y a un reste.

Versets 18 à 27 : Jésus annonce sa mort. Dans cet évangile, le caractère de Jésus, comme fils de l’homme, est pleinement manifesté. Il y est sept fois en prière (cf v. 18 et 28). C’est un homme qui dépend toujours de Dieu. La prière caractérisait la vie habituelle de Jésus et elle précédait aussi les circonstances importantes de sa vie. Par exemple, dans le v. 18, il prie avant de parler aux siens du changement qui résultera de son rejet. Ce sera une autre période ou dispensation. Puis au v. 28, il prie puis la transfiguration est là. Dans ce récit (v. 18 à 20) chacun avait une opinion particulière de la personne de Jésus. Pourtant, aucun ne le reconnaissait comme le Christ promis. Mais, comme la réponse de Pierre le démontre, les disciples avaient la foi réelle en lui en reconnaissant Jésus comme le Christ que Dieu avait promis. Quant au peuple, inutile de lui en parler davantage. Jésus défend aux disciples de le faire. Le temps est passé. Il devait mourir (cf v. 22). Quel changement ! .. au lieu de la gloire, ce sont les souffrances, la mort, mais aussi la résurrection. Jésus veut faire comprendre ce changement aux disciples qui le comprendront vraiment seulement lorsque Jésus sera ressuscité. C’est pourquoi Jésus annonce les v. 23 à 25. Au lieu de suivre un Christ glorieux comme il aurait du l’être, il faut prendre sa croix et suivre un Christ rejeté, méprisé, mis à mort. La mort du Christ place le monde et tout ce qui en fait partie sous le jugement de Dieu. Il faut donc abandonner la vie que l’on mène en rapport avec ce monde pour obtenir la vie éternelle. Si la mort de Jésus condamne le monde, elle ouvre par contre le chemin du ciel et donne la vie éternelle. Pour l’obtenir il faut donc remplir les conditions des v. 23 et suivants. Il faut renoncer au moi égoïste et prendre sa croix, c’est-à-dire réaliser la mort au monde (Gal. 6, 14). Celui qui veut suivre ce monde, qui a mis Christ à mort, perdra sa vie. L’éternité est en vue. Le choix est là : il faut choisir entre la mort dans ce monde et la vie dans l’éternité ou, d’autre part, la vie du monde et la mort éternelle. Ceci donne une très grande solennité aux v. 25 à 27. Ne jetons donc pas un regard ‘envie au monde et à ce qu’il contient; ne négligeons pas nos intérêts éternels. Au v. 26, le Christ rejeté prend le titre de « fils de l’homme ». Ces droits et son pouvoir s’étendent à l’univers entier. Il apparaîtra comme tel au monde et aux Juifs. Dans ce jour-là, Jésus reconnaîtra ceux qui l’ont suivi et aura honte de ceux qui ont eu honte de lui. Au v. 27 Jésus fortifie la foi de ceux qui croient en lui. Jésus voulait aussi, qu’en relation avec leur chemin de souffrances et de mort, les disciples aient leur foi fortifiée par une manifestation glorieuse du royaume de Dieu dont l’établissement sur la terre ne pouvait s’accomplir alors. C’est ce qui arrive alors de la scène de la transfiguration. Pierre en écrira quelque chose (cf 2 Pi. 1, 16 à 18).

Au v. 24, « Quiconque voudra sauver sa vie, la perdra, etc. » … il ne s’agit pas de la vie éternelle mais exclusivement du témoignage. Laissons-nous sonder par ces paroles.

Versets 28 à 36 : la transfiguration. Après avoir parlé de sa mort à ses disciples, Jésus s’en entretient avec Moïse qui a apporté la loi et avec Élie qui représente les prophètes qui cherchèrent à ramener le peuple. Moïse et Élie sont glorifiés comme Lui. Les ministères de Moïse et des prophètes, qui annoncèrent aussi le Messie, demeurèrent inutiles. Pour Dieu, tout reposait dès lors sur la mort de son Fils qui allait subir, à la croix, le jugement que méritait l’homme. Ainsi la justice divine étant satisfaite, Dieu fut libre d’agir envers tous selon ses pensées de grâce. Dieu n’a plus à compter avec l’homme naturel qui prend fin à la croix du fait que Jésus l’a glorifié dans sa mort et auquel il doit, en récompense, le salut du croyant, et toute gloire dans le ciel et sur la terre, gloire dans laquelle il introduira ceux qui ont
cru.  Au v. 33, il eût été bon de demeurer auprès de ces personnages glorieux. Mais le temps n’était pas là. Il fallait la croix afin que puissent venir les temps du rétablissement de toutes choses (cf Act. 3, 21); il s’agit donc du règne glorieux du Fils de l’homme. La transfiguration était un échantillon du royaume de Dieu en gloire auquel participeront tous les saints terrestres et célestes, savoir tous ceux qui seront au ciel à ce moment-là et tous ceux qui seront sur la terre. Moïse et Élie représentant les premiers et les trois disciples les derniers. Moïse figure les ressuscités et Élie les transmués. Dans cette scène merveilleuse, ils apprirent encore quelque chose de plus. En effet, dans les v. 34 et 35, il y a, dans la nuée, le signe de la présence de Jehova. Une telle présence ne permettait pas à l’homme d’entrer dans le sanctuaire car l’homme, dans son état naturel, ne peut pas supporter la gloire de Dieu. De même, Dieu revendique la suprématie de Jésus que les disciples voulaient mettre au même rang que Moïse et Élie. L’on comprend (v. 36) que les ministères de Moïse et d’Élie ayant été sans résultats, car ils s’adressaient à l’homme en Adam, devaient être remplacés par celui de Christ. C’est la raison pour laquelle ces deux hommes, sur la montagne, s’entretenaient avec Christ de la mort qu’il allait accomplir. Aussi Jésus demeure seul et c’est lui qu’il faut écouter. L’enseignement de Moïse et des prophètes n’est cependant pas à négliger. Bien au contraire. Jésus lui-même l’utilise en Luc 24. Utilisons ces enseignements à bon escient.

Versets 37 à 43 : un démon que les disciples ne peuvent chasser. Pendant que Jésus était sur la montagne avec les trois disciples (v. 28), les autres disciples demeuraient en bas aux prises avec la puissance d’un démon. Le passage montre que les disciples participaient à l’incrédulité du peuple du fait qu’ils ne pouvaient pas chasser le démon. Le Seigneur en est indigné. Il ne suffit donc pas d’être avec Jésus, ni même de posséder des dons, mais il faut la foi pour les utiliser. Ce récit offre un tableau impressionnant de la puissance de Satan sur l’homme; Dieu seul peut délivrer sa créature. Aujourd’hui aussi il s’agit de présenter toutes nos difficultés à Jésus. En le faisant avec foi, les réponses que son amour veut nous accorder sont là. Il n’y a pas de difficultés pour la foi car la foi compte sur Dieu. Pour Dieu, les difficultés n’existent pas.

Versets 43 à 48 : qui est le plus grand. Jésus parle encore une fois de sa mort, comme il en a déjà parlé dans les v. 22 et 31. Les disciples (v. 46 et suivants) sont occupés d’autre chose. Ils pensent que le règne de gloire allait venir et se demandent qui allait être le plus grand. La guérison du démoniaque des versets précédents, ont fort probablement influencé les disciples à croire que Jésus allait établir son règne. Le contraire se passe. C’est à ce moment précis que Jésus dit qu’il va être livré entre les mains des hommes (v. 44). Les disciples ne comprennent pas. Cette parole leur était cachée. Toujours est-il que les v. 45, 46 et et suivants indiquent que les disciples ne comprenaient pas qu’il fallait que le Christ souffrit d’abord (cf aussi le v. 31). Au lieu d’interroger le Seigneur, les disciples sont occupés d’eux-mêmes. Jésus qui lit dans les cœurs enseigne, par les v. 47 et 48, l’humilité. Le monde et les grandes choses de ce monde sont jugés par la mort de Christ à la croix. Ainsi, en cherchant les grandeurs selon les pensées de la chair, on s’éloigne fortement de la pensée de Dieu. Pour Dieu, ce qui était grand à ce moment-là, c’était que le Christ était méprisé et rejeté. Le petit enfant nous enseigne qu’il faut être simple pour recevoir Jésus. Le petit enfant n’a pas de prétention dans ce monde. Il n’y tient pas de place. Mais cette petitesse (v. 48), qui permet de recevoir Jésus, constitue la véritable grandeur.

Versets 49 et 50 : quelqu’un qui chassait les démons. Aux yeux des disciples, ce « quelqu’un » aurait dû être avec eux pour que son don ait du crédit à leurs yeux. Les disciples semblent tenir à l’honneur de leur maître. Mais que penser des paroles de Jésus (au v. 50) ? N’y voyons-nous pas un peu d’ amour-propre qui dirige le cœur des disciples ! Ne sommes-nous pas également enseignés, dans ces mauvais jours de ruine, à suivre le Seigneur par attachement à sa personne et à sa parole, et ne pas craindre de montrer que nous sommes pour lui, alors que le monde le renie de plus en plus, et cela sans négliger de le suivre avec ceux qui lui sont fidèles.

Versets 51 à 56 : en chemin pour Jérusalem. Dès maintenant Jésus accomplit son dernier voyage vers Jérusalem où il devait être mis à mort. Il savait ce qui était devant Lui. C’est pourquoi il dresse résolument sa face (cf És. 50, 7). Si Jésus marchait comme victime vers Jérusalem, il avait néanmoins conscience qu’il était le roi qui aurait du être reçu. C’est pourquoi il envoie des messagers (v. 52 et 53). Les Samaritains, par haine envers les Juifs, ne veulent pas lui préparer un logis. Comme les Juifs, ils le repoussent et témoignent leur mépris. Rien n’a été épargné à Jésus ici-bas. Contre tout ce mépris, les perfections de Jésus sont toujours là. Il y a en lui l’expression de l’amour de Dieu. Quant aux disciples (v. 54), ils sont animés de sentiments de jugement. Jésus l’est par des sentiments de grâce … comme autrefois Élisée. C’est en effet la grâce (v. 55 et 56) qui conduit Jésus à Jérusalem afin qu’il portât le jugement à la place des coupables. Jésus était venu sauver et non juger. De même aujourd’hui, les chrétiens doivent être animés par des sentiments de grâce et non de jugement. C’est le temps de la patience. Il faut en profiter avant qu’il soit trop tard.

Versets 57 à 62 : le chemin à la suite de Jésus. Pour suivre Jésus, un principe est posé. Il s’agit du renoncement que Jésus a réalisé. Jésus avait tout quitté pour venir dans ce monde si misérable et souillé. Il n’y trouva pas un lieu de repos. Il était un étranger. De nos jours encore, en attendant de rejoindre notre précurseur, il faut suivre le chemin que lui a suivi. C’est un chemin en dehors du monde au milieu duquel il faut vivre en étranger et y être traité comme Jésus l’a été. Les v. 59 et 60 enseignent que, pour suivre Jésus, il ne faut pas avoir le cœur absorbé par les intérêts de la terre. Les droits de Jésus passent avant ceux de la nature. Au v. 61, cet homme qui voulait suivre Jésus émet un désir bien légitime avant de le faire. Toutefois, ce désir l’exposait à être retenu par les siens. Le Seigneur doit avoir la première place. La réponse de Jésus (v. 62) est parlante. En effet, ceux qui labourent la terre connaissent la justesse de l’exemple donné par le Seigneur. En fait, il n’est pas possible de conduire une charrue droit au but du champ qui est en train d’être labouré si l’on regarde en arrière. N’attachons pas nos cœurs en ces bas lieux. Ayons l’œil de la foi fixé sur Jésus qui dressa sa face résolument pour aller à Jérusalem.

 

 

 



Chapitre 10      Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc 

Or après ces choses, le Seigneur en désigna aussi soixante-dix autres, et les envoya deux à deux devant sa face dans toutes les villes et dans tous les lieux où il devait lui-même aller. 2 Il leur disait donc: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers: suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson. 3 Allez; voici, moi je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. 4 Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales; et ne saluez personne en chemin. Mais, dans quelque maison que vous entriez, dites premièrement: Paix sur cette maison! 6 Et si un fils de paix est là, votre paix reposera sur elle*, sinon elle retournera sur vous. 7 Et demeurez dans la même maison, mangeant et buvant de ce qui [vous sera offert] de leur part; car l’ouvrier est digne de son salaire. Ne passez pas de maison en maison. 8 Et dans quelque ville que vous entriez et qu’on vous reçoive, mangez de ce qui sera mis devant vous, 9 et guérissez les infirmes qui y seront, et dites-leur: Le royaume de Dieu s’est approché de vous. 10 Mais dans quelque ville que vous soyez entrés et qu’on ne vous reçoive pas, sortez dans ses rues et dites: 11 La poussière même de votre ville, qui s’est attachée à nos pieds*, nous la secouons contre vous**; mais sachez ceci, que le royaume de Dieu s’est approché. 12 Je vous dis que le sort de Sodome sera plus supportable en ce jour-là que celui de cette ville-là. 13 Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous eussent été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, s’étant assises dans le sac et la cendre; 14 mais le sort de Tyr et de Sidon, au jugement, sera plus supportable que le vôtre. 15 Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusque dans le hadès*16 Celui qui vous écoute, m’écoute; et celui qui vous rejette, me rejette; et celui qui me rejette, rejette celui qui m’a envoyé.

17 Et les soixante-dix s’en revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont assujettis en ton nom. 18 Et il leur dit: Je voyais Satan tombant du ciel comme un éclair. 19 Voici, je vous donne l’autorité de marcher sur les serpents et sur les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi; et rien ne vous nuira; 20 toutefois ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont assujettis, mais réjouissez-vous parce que vos noms sont écrits dans les cieux. 21 — En cette même heure, Jésus se réjouit en esprit et dit: Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi. 22 Toutes choses m’ont été livrées par mon Père; et personne ne connaît qui est le Fils, si ce n’est le Père; ni qui est le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler. 23 Et se tournant vers les disciples, il leur dit en particulier: Bienheureux sont les yeux qui voient ce que vous voyez! 

24 Car je vous dis que plusieurs prophètes et [plusieurs] rois ont désiré de  voir les choses que vous voyez, et ils ne les ont pas vues, et d’entendre les choses que vous entendez, et ils ne les ont pas entendues. 25 Et voici, un docteur de la loi se leva pour l’éprouver, et ditMaître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle? 26 Et il lui dit: Qu’est-il écrit dans la loi? Comment lis-tu? 27 Et répondant, il dit: «Tu aimeras le *Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée» [Deutéronome 6:5]; «et ton prochain comme toi-même» [Lévitique 19:18]. 28 Et il lui dit: Tu as bien répondu; fais cela, et tu vivras. 29 Mais lui, voulant se justifier lui-même, dit à Jésus: Et qui est mon prochain? 30 Et Jésus, répondant, dit: Un homme descendit de Jérusalem à Jéricho, et tomba entre [les mains des] voleurs, qui aussi, l’ayant dépouillé et l’ayant couvert de blessures, s’en allèrent, le laissant à demi mort. 31 Or, par aventure, un sacrificateur descendait par ce chemin-là, et, le voyant, passa outre de l’autre côté; 32 et pareillement aussi un lévite, étant arrivé en cet endroit-là, s’en vint, et, le voyant, passa outre de l’autre côté; 33 mais un Samaritain, allant son chemin, vint à lui, et, le voyant, fut ému de compassion, 34 et s’approcha et banda ses plaies, y versant de l’huile et du vin; et l’ayant mis sur sa propre bête, il le mena dans l’hôtellerie et eut soin de lui. 35 Et le lendemain, s’en allant, il tira deux denierset les donna à l’hôtelier, et lui dit: Prends soin de lui; et ce que tu dépenseras de plus, moi, à mon retour, je te le rendrai. 36 Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé entre les [mains des] voleurs? 37 Et il dit: C’est celui qui a usé de miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit: Va, et toi fais de même.

38 Et il arriva, comme ils étaient en chemin, qu’il entra dans un village. Et une femme nommée  Marthe le reçut dans sa maison. 39 Et elle avait une sœur appelée Marie, qui aussi, s’étant assise aux pieds de Jésus*, écoutait sa parole; 40 mais Marthe était distraite par beaucoup de service. Et étant venue à Jésus, elle dit: Seigneur, ne te soucies-tu pas de ce que ma sœur me laisse toute seule à servir? Dis-lui donc qu’elle m’aide. 41 Et Jésus, lui répondant, dit: Marthe, Marthe, tu es en souci et tu te tourmentes de beaucoup de choses, 42 mais il n’est besoin que d’une seule; et Marie a choisi la bonne part qui ne lui sera pas ôtée.
 v. 
6: ou: sur lui.  / v. 11*: litt.: à nous à nos pieds.  / v. 11**: voir note Marc 6:11.  / v. 15: voir note à Matthieu 11:23.  / v. 35: voir note Marc 6:37.  / v. 39: plusieurs lisent: du Seigneur.

 

 

 

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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérualem »

Ce chapitre présente :
·       versets 01 à 16 : la mission des septante
·       versets 17 à 24 : les noms écrits dans les cieux  
·       versets 25 à 37 : un Samaritain allant son chemin
·       versets 38 à 42 : la bonne part

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

Versets 01 à 16 : la mission des septante. Jésus (v. 1), en envoyant 70 messagers,  poursuit son œuvre de grâce qui durera jusqu’au dernier moment au milieu d’une génération incrédule et perverse. Jésus voyait une grande moisson avec peu d’ouvriers. Il envoie donc 70 messagers. Étant mentionnée que dans Luc, cette mission fait ressortir la grâce du Seigneur envers les hommes. Cette mission est en vue d’Israël mais nous y découvrons, comme dans tout cet évangile, une grâce qui dépasse les limites juives. Ce nombre exprime une plénitude de bénédictions pour faire face à la responsabilité, symbolisée respectivement par les nombres sept et dix. Cette mission est fondée sur la grâce mais aussi sur la gloire qui a été manifestée sur la montagne (Luc 9, 31). Pourtant, Christ va être rejeté par son peuple. Mais les messagers sont envoyés deux à deux comme expression symbolique d’un témoignage complet. Ces hommes (v. 2) sont exhortés à supplier le Seigneur de la moisson en sorte que des ouvrier soient poussés dans sa moisson. Cela est valable pour les chrétiens d’aujourd’hui qui, v. 3, peuvent se trouver comme des agneaux au milieu des loups. Il faut donc être prêts à souffrir sans se défendre. Tout comme les douze au ch. 9, 3, les septante dans (v. 4), doivent compter sur les soins du Messie pour leurs besoins de chaque jour. Les messagers ne devaient saluer personne en chemin, non par manque de politesse mais parce que les salutations en Orient étaient longues et cérémonieuses. Le message devait être adressé et il fallait avertir sans retard. Les messagers (v. 5) devaient frapper à chaque porte. Dans ce service, il s’agit d’élever son cœur à Dieu afin de pouvoir présenter la paix aux personnes visitées. Dans ces maisons, il n’y avait que des pécheurs mais il y avait probablement aussi quelques élus. Le salut est annoncé. La grâce et la paix est pour ceux qui recevront le message. Ils béniront Dieu d’avoir envoyé ses serviteurs. Quant à ceux qui ne reçoivent pas le message (v. 6b), les messagers resteront tout de  même paisibles, soutenus et consolés. Ils pourront poursuivre leur service et annoncer le salut  à d’autres âmes. Au v. 7, le serviteur fatigué a le droit de se reposer et d’avoir des rafraîchissement et de la nourriture de la part de ceux qui ont été touchés par la grâce de Dieu. La mission des septante va manifester le résidu pieux qui connaîtra la paix qui est le fruit du ministère en cours. Le serviteur (fin du v. 7) doit apprendre à être satisfait dans les circonstances. Puis la grâce de Dieu (v. 8) ne s’arrête pas tant que son œuvre n’est pas achevée. Ne sommes-nous sommes les témoins de sa grâce qui ne faillit pas ! Notre seul but consiste à achever notre journée de travail. Ne prenons pas nos aises en étant au service du maître. Au v. 9 la foi est fortifiée. Elle accorde aux messagers d’aller de l’avant. Ils savent ce qu’il faut faire et persévèrent. La foi apporte la paix même si elle produit l’inimitié (v. 10). Le royaume de Dieu (v. 9b) est une dispensation qui sera établie en puissance. Elle résulte de la mort, de la résurrection et de l’exaltation à la droite de Dieu de l’homme obéissant qui est vainqueur de Satan et de la mort. L’état actuel du monde est caractérisé par le fait qu’il a été rejeté. Nous traversons le monde qui a rejeté Christ. Le malheur est prononcé sur ceux qui ne veulent pas du message de paix des envoyés du Seigneur (v. 10 et 11). Il en va de même aujourd’hui pour ceux qui refusent l’évangile. La poussière de leurs pieds atteste tout à la fois leur fidélité et l’attitude de ceux qui refusent leurs appels. À propos du royaume, lors de la transfiguration (ch 9, 28 à 36), il y avait la partie céleste du royaume en Moïse et Elie; la sphère ou partie terrestre était dans les trois disciples. Mais Jésus Christ, dans ce royaume, domine tout. Ainsi, ce royaume sera manifesté en puissance et en gloire lorsque le Seigneur prendra possession de son trône. Maintenant c’est la période du royaume en mystère (cf Rom. 14, 17 et 16, 25). Le royaume qui a été inauguré lorsque Dieu a dit : Assied-toi à ma droite. Puis ( v. 12) Sodome est employé dans l’Écriture quand elle veut désigner le comble de la souillure et de l’iniquité. Et le malheur prononcé au v. 13 l’est sur des villes qui avaient entendu le ministère de Jésus et des apôtres. Ceci aide à mesurer le sort des professants du christianisme qui refusent de se repentir. Dieu juge non seulement d’après le mal effectué, mais d’après les privilèges et les lumières dont on a jouis. Nous pouvons également tirer des enseignements analogues des v. 14 et 15. Ces enseignements démontrent aussi qu’il y aura des degrés dans le châtiment. Dieu est souverain pour juger de ces différents états dont le v. 16 clôt la mission des septante. Rejeter le message du plus faible envoyé du Seigneur, c’est non seulement repousser son maître, mais rejeter Dieu lui-même (v. 16).

Versets 17 à 24 : les noms écrits dans les cieux. La puissance était là pour délivrer les hommes du pouvoir de Satan (v. 17). Cette puissance délivrera plus tard Israël et la création tout entière. Il y a eu les miracles accomplis par les apôtres. Ces miracles sont appelés « les miracles du siècle à venir » (Héb. 6, 5). Mais les hommes n’en ont pas voulu et l’état de ce monde est caractérisé par le fait que l’homme est pécheur et que Satan y déploie sa puissance (cf Luc 13, 10-17). La puissance dans le Seigneur donnait des témoignages ici-bas. Mais son ministère sera pleinement manifesté dans le siècle à venir, c’est-à-dire dans le millénium (cf Act. 3, 19 à 21). Satan sera précipité du ciel (v. 18). Puis le Seigneur confirme son autorité dans l’exercice du ministère confié aux envoyés (v. 19) ; si les serpents et les scorpions sont un emblème de la victoire, car le serpent ancien l’a remportée sur nos premiers parents, et aussi l’emblème de l’empire malfaisant qu’il exerce sur le monde, il y a aussi la puissance que Jésus donne à ses serviteurs ! Et quelle puissance … avec le témoignage du triomphe de l’homme obéissant sur tout le pouvoir de l’adversaire à la croix. Au v. 20, c’était une grande bénédiction de ce que Christ soit manifesté sur la terre. Mais le privilège d’être ses compagnons est encore beaucoup plus grand ; pour les serviteurs, le fait que leurs noms sont écrits dans les cieux est un sujet de joie plus grand que l’établissement du royaume. Cet établissement, comme le Seigneur le savait, ne pouvait pas avoir lieu vu l’état du peuple. Et si le serpent est caractérisé par sa ruse, le scorpion donne l’image de la fausse doctrine dont le venin mortel est caché. Pour le voir, il faut marcher dans le jugement de soi-même et réaliser notre mort avec Christ. Le caractère de la fausse doctrine est que l’aiguillon du scorpion est dans sa queue (És. 9, 15). L’effet malfaisant de la fausse doctrine n’apparaît au grand jour que si nous nous sommes rendus capables de la discerner et de la juger. Sans cela, nous sommes atteints par la fausse doctrine.

Puis (v. 21) Jésus donne aux siens l’exemple de la joie qui remplissait son cœur au moment où les circonstances étaient douloureuses pour son âme. Il réalisait toute la gloire qui allait résulter, pour le Père, de son sacrifice, ainsi que toute la bénédiction qui en découlerait pour le salut éternel de ceux que le Père lui avait donnés. En plus, il y aura la délivrance de la création en travail. Jésus éprouvait une joie divine, pour l’amour de son Père, en relation avec l’accomplissement de ces choses. Les bénéficiaires étaient les petits qui recevaient Jésus alors que les sages et les intelligents du peuple rejetaient contre eux le conseil de Dieu (Luc 7, 30). Il y a un changement d’économie (v. 22). En effet, les bénédictions sont désormais accordées aux croyants ayant un caractère céleste. C’est la part de l’assemblée qui représente une parenthèse, dans le temps, en rapport avec ce qui concerne Israël. Pour Israël, après cette parenthèse, il y aura la dispensation où le peuple de Dieu aura des bénédictions terrestres dans le règne de mille ans. Cela en vertu des promesses divines qui s’accomplissent sur la base de l’œuvre de Christ. Il ressort aussi de ce v. 22 que Dieu seul pénètre le mystère de l’union de la divinité et de l’humanité de sa personne. C’est parce que Jésus est devenu un homme qu’il a pu donner sa vie pour les pécheurs. Au v. 23 avec quelle joie le Seigneur déclare aux disciples la grandeur des bénédictions auxquelles ils ont part mais dont on ne peut jouir que par la foi. Il voulait qu’ils soient heureux dans la conscience de leur relation présente avec le Père et avec lui. Le v. 24 cite de grands hommes de Dieu de l’Ancien Testament. Ces hommes auraient eu beaucoup de joie en voyant les choses dont sont témoins les serviteurs. De tout temps, les bienheureux sont ceux qui reçoivent la Parole et la gardent.

La mission des septante est fondée sur la gloire de Jésus manifestée dans le ch. 9 aux trois disciples. 

Versets 25 à 37 : un Samaritain allant son chemin. Les versets qui précèdent décrivaient toutes les bénédictions célestes qui allaient remplacer les terrestres. Le régime de la loi va prendre fin. Les bénédictions terrestres étaient perdues en raison de l’infidélité d’Israël qui en portait la responsabilité devant Dieu. Alors (v. 25) un docteur de la loi pose une question : que faire pour hériter de la vie éternelle ? La réponse se trouve dans la parabole du Samaritain. La Parole enseigne comment la grâce parvient à l’homme incapable de répondre aux exigences de la loi de Dieu. Relevons que le docteur en question prend la parole pour éprouver Jésus. La question adressée dénote l’état d’ignorance de l’état de péché dans lequel il se trouvait. Le légiste (v. 26) est placé en présence des exigences de la loi. Il prétendait les avoir accomplies (cf v. 27 à 29). L’essence de la loi est présente dans ces versets. En effet, l’amour pour Dieu et pour le prochain sont l’essence de tous les commandements. Le docteur de la loi connaissait les exigences et savait qu’il n’y avait pas satisfait. Le v. 28 dénote que le docteur est convaincu de péché mais il veut encore se justifier (selon v. 29). Il cherche à échapper à la lumière divine qui le condamne. Et le propre juste se trahit en ce qu’il ne réalise nullement l’étendue de l’importance de ses devoirs envers Dieu. Ne vivons pas dans l’indifférence envers le créateur. La tradition des pharisiens et des scribes limitait le mot « prochain »  à nos proches, nos amis, nos concitoyens, alors que la haine était autorisée envers les autres (des ennemis à leurs yeux). La dette est infinie. Il fallait une nouvelle vie et la puissance du Saint Esprit à la suite de l’œuvre de Jésus afin que les exigences de la loi se trouvent accomplies. Désormais,  il faut être morts à la loi, ne pas marcher selon la chair, mais selon l’Esprit (cf  Rom. 8, 4). Alors (30 et suivants), Jésus présente l’état de tous les hommes sous la figure d’un voyageur qui, descendant de Jérusalem, tomba entre les mains des voleurs. Jérusalem symbolise l’état de bénédiction dans lequel Dieu avait placé l’homme à la création. Mais l’homme a été perdu par sa désobéissance et, en écoutant la voix de Satan, l’homme a été placé sur le chemin qui mène à Jéricho, c’est-à-dire à la malédiction, la ville qui était sous le jugement. Après la destruction de Jéricho, Josué a prononcé une sentence de condamnation sur celui qui la rebâtirait et cela a eu lieu sous le règne d’Achab. Le chemin de Jérusalem à Jéricho est très rapide, vu la différence de niveau entre ces deux villes. Cela représente bien le péché qui a placé l’homme et l’a entraîné à la perdition. C’est bien dans cet état de perdition que l’homme est trouvé (v. 30). Les représentants du régime de la loi sont là (un sacrificateur et un lévite (v. 31 et 32)). La loi était nécessaire pour manifester l’impuissance de l’homme et la nécessité du rédempteur promis. Alors (v. 33), un troisième passant est là. C’est en fait le Fils de Dieu venu du ciel en grâce pour chercher et sauver ce qui était perdu. Il suivait le chemin tracé par Dieu pour rencontrer le pécheur dans sa misère et lui faire grâce. Puis il ira à la croix et subira à la place de tout pécheur repentant le jugement que méritait ses péchés. Il y a aussi (v. 34), une belle activité en grâce en ce Samaritain qui réalise la volonté de Dieu. Quel contraste avec ces docteurs qui voulaient enseigneur la voie de Dieu et qui feignaient d’ignorer qui était son prochain ! L’huile et le vin rend la pauvre victime capable de se réjouir sous l’action de la grâce. Puis l’hôtellerie représente ce lieu de sécurité où les objets de la grâce divine sont placés en attendant la maison du Père. Il ne faut pas errer de nouveau sur le chemin dangereux de ce monde dont Satan est le prince. L’hôtellerie (v. 34 et 35), c’est l’assemblée. Le Saint Esprit y est figuré par l’hôtelier. Et les deux deniers sont l’image des ressources à la disposition de la foi afin qu’il y ait prospérité spirituelle. Il s’agit donc de faire comme ce troisième homme pour manifester la miséricorde envers le prochain, quel qu’il fût ! Pour cela il faut d’abord reconnaître son état désespéré et recevoir Jésus au lieu de le mépriser à la manière des chefs du peuple. Le docteur de la loi entend cette parole de Jésus « Va, et toi fais de même ». Cette parole nous est aussi adressée (v. 36 et 37).

Au sujet du v. 35, deux deniers représentent le salaire de deux jours, et Jésus a quitté les siens pour revenir bientôt. Un jour est à mille ans, et mille ans est à un jour. 

Versets 38 à 42 : la bonne part. Dès ce passage, un nouveau sujet est présentél. Il se poursuit jusqu’au ch. 11, 13. Ce sujet comprend les des deux grands moyens de bénédiction que sont la Parole et la prière.

Les circonstances de ce sujet sont en harmonie. La seule chose nécessaire, quant à la parole, est d’écouter Jésus. Marthe avait fait une très bonne œuvre en recevant le Maître et en le servant. Mais il y avait quelque chose de meilleur à réaliser. C’est ce qu’avait compris Marie. L’exemple de ces pieux habitants de la maison de Béthanie est une leçon pour nous. Marie (v. 39) écoute Jésus qui lui parle de vérité, de paix, d’amour, de consolation. Elle est à ses pieds pour exprimer son désir, son respect, son attention, son humble obéissance. Écoutons ces paroles comme cette pieuse femme et cette autre Marie, la mère de Jésus, qui repassait ces choses dans son cœur (Luc 2, 19). Il va aussi sans dire que le Maître apprécie à sa juste valeur le service de Marthe (v. 40). Marie avait certainement aussi à cœur le bien-être de son hôte aimé et de ses disciples. Toutefois, Marie manifeste ici une autre manière de son attachement à Jésus. Elle l’avait reçu comme Marthe ; mais, en plus, elle écoûte ses paroles. Pour servir, alors comme aujourd’hui, il faut d’abord écouter et connaître la volonté du Seigneur à notre égard puis  savoir comment accomplir cette volonté. La fin du passage (v. 41 et 42) montre l’importance de la parole afin qu’elle demeure dans nos cœurs et que nous soyons assis aux pieds de Christ. Nous aurons ainsi l’intelligence de ses pensées. L’âme de Marie, qui écoutait la parole de Christ, avait plus de valeur en comparaison de tout le souci que Marthe pouvait se donner. Il en va de même aujourd’hui car lorsque la Parole vient seule, sans mélange, elle a de la puissance sur nos âmes. Elle donne la vie en Christ. Marthe s’estime lésée et attire l’attention du Seigneur. Plus tard, ayant fait des expériences salutaires, elle apprit à servir celui dont la gloire lui avait été révélée (cf Jean 12, 2). Marie représente l’attitude de ceux qui attendent dans l’hôtellerie le retour du Seigneur. Ils ont le cœur occupé de Lui. La préoccupation de Marthe cachait à son cœur des objets plus importants. Dans son amour, Jésus demande que l’on écoute sa Parole. Jésus parle en grâce et veut que l’homme soit attentif. Marthe montre que le moi avait une trop grande place dans le service. 

Servons le Seigneur avec le zèle de Marthe mais ne nous laissons pas distraire par ce que nous faisons pour Lui. 


 

Chapitre 11       Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

 

Et comme il était en prière dans un certain lieu, il arriva, après qu’il eut cessé, que quelqu’un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier, comme aussi Jean l’a enseigné à ses disciples. 2 Et il leur dit: Quand vous priez, dites: Père, que ton nom soit sanctifié; que ton règne vienne; 3 donne-nous chaque jour le pain qu’il nous faut; et remets-nous nos péchés, car nous-mêmes aussi nous remettons à tous ceux qui nous doivent; et ne nous induis pas en tentation*5 Et il leur dit: Qui sera celui d’entre vous qui, ayant un ami, aille à lui sur le minuit, et lui dise: Ami, prête-moi trois pains, car mon ami est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui présenter?… 7 et celui qui est dedans, répondant, dira: Ne m’importune pas; la porte est déjà fermée, et mes enfants sont au lit avec moi; je ne puis me lever et t’en donner. 8 — Je vous dis que, bien qu’il ne se lève pas et ne lui en donne pas parce qu’il est son ami, pourtant, à cause de son importunité*, il se lèvera et lui en donnera autant qu’il en a besoin. 9 Et moi, je vous dis: Demandez, et il vous sera donné; cherchez, et vous trouverez; heurtez, et il vous sera ouvert; 10 car quiconque demande, reçoit; et celui qui cherche, trouve; et à celui qui heurte, il sera ouvert. 11 Or quel est le père d’entre vous à qui son fils demandera un pain et qui lui donnera une pierre? ou aussi, [s’il demande] un poisson, lui donnera, au lieu d’un poisson, un serpent? 12 ou aussi, s’il demande un œuf, lui donnera un scorpion? 13 Si donc vous qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes*, combien plus le Père qui est du ciel donnera-t-il** l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent.

14 Et il chassa un démon qui était muet. Et il arriva que, quand le démon fut sorti, le muet parla; et les foules s’en étonnèrent. 15 Mais quelques-uns d’entre eux disaient: Il chasse les démons par Béelzébul, le chef des démons. 16 Et d’autres, pour l’éprouver, lui demandaient un signe du ciel. 17 Mais lui, connaissant leurs pensées, leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même sera réduit en désert; et une maison [divisée] contre elle-même* tombe; 18 et si Satan aussi est divisé contre lui-même, comment son royaume subsistera-t-il? parce que vous dites que je chasse les démons par Béelzébul. 19 Or si c’est par Béelzébul que moi je chasse les démons, vos fils, par qui les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. 20 Mais si je chasse les démons par le doigt de Dieu, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous. 21 Quand l’homme fort, revêtu de ses armes, garde son palais*, ses biens sont en paix; 22 mais s’il en survient un plus fort que lui qui le vainque, il lui ôte son armure à laquelle il se confiait, et fait le partage de ses dépouilles. 23 Celui qui n’est pas avec moi est contre moi; et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse. 24 Quand l’esprit immonde est sorti d’un homme, il va par des lieux secs, cherchant du repos; et n’en trouvant point, il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti. 25 Et y étant venu, il la trouve balayée et ornée. 26 Alors il va, et prend sept autres esprits plus méchants que lui-même; et étant entrés, ils habitent là; et la dernière condition de cet homme-là est pire que la première. 27 Et il arriva, comme il disait ces choses, qu’une femme éleva sa voix du milieu de la foule et lui dit: Bienheureux est le ventre qui t’a porté, et les mamelles que tu as tetées. 28 Et il dit: Mais plutôt, bienheureux sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent.

29 Et comme les foules s’amassaient, il se mit à dire: Cette génération est une méchante génération; elle demande un signe; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas*. 30 Car comme Jonas fut un signe aux Ninivites, ainsi aussi sera le fils de l’homme à cette génération. 31 Une reine du midi se lèvera au jugement avec les hommes de cette génération et les condamnera; car elle vint des bouts de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon*. 32 Des hommes de Ninive se lèveront au jugement avec cette génération et la condamneront; car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas. 33 Or personne, après avoir allumé une lampe, ne la met dans un lieu caché, ni sous le boisseau, mais sur le pied de lampe, afin que ceux qui entrent voient la lumière. 34 La lampe du corps, c’est ton œil; lorsque ton œil est simple, ton corps tout entier aussi est plein de lumière; mais lorsqu’il est méchant, ton corps aussi est ténébreux. 35 Prends donc garde que la lumière qui est en toi ne soit ténèbres. 36 Si donc ton corps tout entier est plein de lumière, n’ayant aucune partie ténébreuse, il sera tout plein de lumière, comme quand la lampe t’éclaire de son éclat.

37 Et comme il parlait, un pharisien le pria de dîner chez lui; et entrant, il se mit à table. 38 Mais le pharisien, voyant [cela], s’étonna parce qu’il ne s’était pas premièrement lavé avant le dîner. 39  Et le Seigneur lui dit: Pour vous, pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat, mais au dedans vous êtes pleins de rapine et de méchanceté. 40 Insensés! celui qui a fait le dehors, n’a-t-il pas fait le dedans aussi? 41 Mais donnez l’aumône de ce que vous avez; et voici, toutes choses vous seront nettes. 42 Mais malheur à vous, pharisiens! car vous payez la dîme de la menthe et de la rueet de toute sorte d’herbe, et vous négligez le jugement et l’amour de Dieu: il fallait faire ces choses-ci, et ne pas laisser celles-là.43 Malheur à vous, pharisiens! car vous aimez les premiers sièges dans les synagogues, et les salutations dans les places publiques. 44  Malheur à vous! car vous êtes comme les sépulcres qui ne paraissent pas; et les hommes, marchant dessus, n’en savent rien. 45 Et l’un des docteurs de la loi, répondant, lui dit: Maître*, en disant ces choses tu nous dis aussi des injures. 46 Et il dit: À vous aussi, malheur, docteurs de la loi! car vous chargez les hommes de fardeaux difficiles à porter, et vous-mêmes vous ne touchez pas ces fardeaux d’un seul de vos doigts. 47 Malheur à vous! car vous bâtissez les tombeaux des prophètes, et vos pères les ont tués. 48 Vous rendez donc témoignage aux œuvres de vos pères et vous y prenez plaisir; car eux, ils les ont tués, et vous, vous bâtissez leurs tombeaux. 49 C’est pourquoi aussi la sagesse de Dieu a dit: Je leur enverrai des prophètes et des apôtres, et ils en tueront et en chasseront par des persécutions: 50 afin que le sang de tous les prophètes qui a été versé depuis la fondation du monde soit redemandé à cette génération, 51 depuis le sang d’Abel jusqu’au sang de Zacharie, qui périt entre l’autel et la maison: oui, vous dis-je, il sera redemandé à cette génération. 52 Malheur à vous, les docteurs de la loi! car vous avez enlevé la clef de la connaissance: vous n’êtes pas entrés vous-mêmes, et vous avez empêché ceux qui entraient. 53 Et comme il leur disait ces choses, les scribes et les pharisiens se mirent à le presser fortement; et ils le provoquaient à parler de plusieurs choses, 54 lui dressant des pièges, et cherchant à surprendre quelque chose de sa bouche, afin de l’accuser.
v. 4: c. à d.: ne nous fais pas entrer en tentation  / v. 8: ou: impudence.  / v. 13*: litt.: dons bons.  / v. 13**: ou: le Père qui, du ciel, donnera.  / v. 17: litt.: contre une maison. / v. 21: voir notes à Matthieu 26:58, 69.  / v. 29: voir Jonas 3.  / v. 31: voir 1 Rois 10:1-13.  / v. 42: plantes médicinales de faible valeur.  / v. 45: qui enseigne.

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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »
Ce chapitre présente :
·        versets 01 à 13 : enseignement à prier
·        versets 14 à 28 :
o  la guérison d’un démoniaque muet
o  blasphème contre le Saint Esprit o  l’esprit immonde sorti
o  prend 7 autres de plus
o  réception de la parole meilleure que la relation naturelle
·        versets 29 à 32 : un signe. Jugement de la génération de Jonas, Ninive, etc
·        versets 33 à 36 : l’œil simple
·        versets 37 à 54 : jugement des formes religieuses

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

Versets 1 à 13 : Jésus est en prière (v. 1). Ensuite (v. 2 à 4) Jésus répond à la question du disciple « enseigne-nous à prier » (v. 1). Jésus présente alors des sujets de prières qui se rapportent au temps où il était sur la terre. Mais les grands principes de ce qu’il faut demander aujourd’hui sont aussi présentés. En premier lieu, la prière a pour sujet la gloire de Dieu. Cela doit être la préoccupation essentielle de celui qui prie. Le Seigneur l’enseigne en Matt. 6, 33 : « mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. ». Aujourd’hui (temps de l’Église sur la terre) nos prières doivent être en rapport avec ce caractère de Dieu, caractère de grâce et attente de Jésus. En un sens, il nous faut aussi désirer son règne afin que les droits de Dieu soient reconnus sur la terre. Toutefois, il est clair que le règne millénaire sera précédé par l’exercice des terribles jugements de l’Apocalypse. Ainsi, plutôt que de demander l’exécution des jugements sur le monde, choses qu’il faut laisser à Dieu, il faut plutôt être occupés de faire connaître la grâce de Dieu à tous avant, bien sûr, la fin de sa patience au terme de laquelle lesdits jugements auront lieu. Dans cet enseignement à prier les termes « remets-nous nos péchés, … » (v. 4) sont relatifs au gouvernement de Dieu dans la vie et non du pardon des péchés pour l’éternité. En dehors de ces sujets de prières en relation avec la position où se trouvaient les disciples, Jésus leur montre que la prière doit exprimer des besoins sentis, présentés avec foi et  persévérance, au fur et à mesure qu’ils se produisent. De là l’exemple donné dans les v. 5 à 8. Cet exemple indique que, si un homme se laisse fléchir par l’insistance d’un ami qui lui présente ses besoins, combien plus Dieu le Père répondra-t-il à la prière de la foi. En fait, si un homme peut céder à l’importunité d’autrui, Dieu n’est jamais importuné par la prière et donnera ce qu’il sait être bon à ceux qui s’adressent à Lui avec confiance. Il est ajouté comme conclusion : demandez, cherchez, heurtez (cf v. 9 et 10). Dieu sait que nous sommes sans capacité et sans ressource. Aussi il se plait à satisfaire à nos besoins divers pour autant que ce que nous lui demandons répond à sa volonté. Si Dieu ne répond pas toujours selon nos désirs, il nous répond par contre selon son amour, et il le fera de manière à ne pas nuire à nos intérêts spirituels qui sont éternels.  Les v. 11 à 13 démontrent que si un homme pécheur agit envers son fils par ses sentiments paternels, combien plus le Père céleste agira-t-il selon son amour. Quant à l’Esprit Saint (v. 13b), nous n’avons plus à le demander car, depuis la Pentecôte, il est ici-bas comme personne, comme puissance. Comme déjà indiqué, l’enseignement de Jésus relatif à la prière se rapportait à la situation des disciples d’alors. Mais il y a des instructions pour tous les temps. Dans le ch. 10, 38 à 42, il y avait la ressource de la Parole. Ici nous avons la ressource de la prière. Ce sont ces deux deniers du bon Samaritain

Versets 14 à 28 :  la guérison d’un démoniaque muet. Jésus a chassé un démon qui rendait muette sa victime. Tel est l’homme qui est tombé sous le pouvoir de Satan. Il est muet quant aux choses de Dieu qui lui sont inconnues. Pour être délivré de ce pouvoir diabolique, il faut avoir la connaissance de celui qui nous en délivre. Si le miracle de ce passage étonna les foules, c’est aussi et toujours ce qui a lieu lors de  la conversion d’un homme. Ainsi un homme qui peut avoir été grossier auparavant se mettra tout à coup à parler des choses de Dieu avec respect et conviction. C’est l’expression de la vérité ; il prie et loue le Seigneur. Puis, si UNTEL s’étonne de ce changement, on cherchera une explication par tout sauf par la puissance de Dieu. Ainsi l’on attribua ce que Jésus faisait à Béelzébul (cf v. 14 et 15). Ils attribuent à Satan la puissance par laquelle le Seigneur opérait au milieu d’eux. Les miracles qui sont faits ne suffisent pas. On veut un signe (v. 16). Le Seigneur répond à l’absurdité de leurs résonnements (voir v. 17 et suivants). Les hommes essayent de raisonner de la façon la plus simple lorsqu’il s’agit de s’opposer à la vérité. Puis (v. 20), quelle solennité ! Une fois encore, il est mentionné que, par Jésus, le royaume de Dieu était parvenu jusqu’au peuple. Cela fait éclater leur culpabilité. Dès lors, il ne faut plus s’étonner de ce que les Juifs ont souffert et souffrent encore du fait d’avoir refusé de reconnaître leur Messie dans la personne du Seigneur Jésus. L’homme fort du v. 21 est Satan lui-même. Il avait beau garder son palais ! … un plus fort que lui, c’est-à-dire Jésus (v. 22) était venu et l’avait vaincu au désert. Jésus pillait et pille encore les biens de Satan en délivrant les hommes de son pouvoir. Malgré tout cela et combien c’est triste, les foules ne veulent pas Jésus et restent sous le pouvoir de Satan. Alors, un principe très important est posé (v. 23) : c’est avec Jésus qu’il faut assembler. Ne rassemblons pas des prosélytes autour de nous-mêmes, ou de certaines doctrines. Rassemblons avec Jésus. Que sa Parole ait du prix et que son autorité soit reconnue ; rassembler sans Lui, c’est la dispersion. Il peut certes y avoir une certaine œuvre dans une âme avec des effets (cf v. 24 à 26)… mais si le moyen n’est pas Jésus par l’action de la Parole, l’ennemi n’abandonne pas sa proie. L’ennemi reviendra et empêchera que ces bonnes dispositions se manifestent. L’ennemi trouvera un terrain propre pour pouvoir accomplir son œuvre et rendre la condition d’une telle âme, certes bien disposée mais en laissant Jésus au dehors, pire que la condition précédente. En figure, la condition de celui en qui cet esprit revient avec sept esprits plus mauvais que lui, sera celle du peuple juif rentré en Palestine dans son incrédulité. Sa condition sous la puissance de Satan sera sept fois pire que celle dans laquelle il se trouvait lorsqu’il rejeta Jésus. Il y a aussi une analogie avec l’Église. Puis (v. 27 et 28) Jésus remet encore les choses au point. Il en ressort que, pour être bienheureux, il faut écouter la Parole et la mettre en pratique. Bien sûr, la part de la mère de Jésus était belle, mais il faut écouter la réponse de Jésus car l’ennemi a été, et est habile, pour porter nos regards sur la mère de Jésus en donnant à
Marie une si grande place dans l’église. Ne soyons pas détournés de la vérité ! Lors de la scène de la transfiguration Jésus se trouva seul et Lui seul doit suffire.

Versets 29 à 32 : un signe. Jugement de la génération de Jonas, Ninive, etc. Au v. 16 il était déjà demandé un signe au Seigneur et au v. 29 aucun autre signe que celui de Jonas ne sera donné. Ce signe, selon Matt. 12, 40, est présenté comme étant un signe de la mort de Jésus. Dans le passage mentionné, tout comme dans les v. 29 et 30, Jonas le prophète est respecté par les païens de Ninive qui prêtent l’oreille à ses paroles. Il n’en va pas de même pour Jésus qui, au milieu de son peuple, n’est pas écouté. Alors, au v. 31, il y a la mention de la reine de Sheba et de Salomon qui est une image du Seigneur ; mais les Juifs l’ont rejeté. Ainsi ces v. 29 à 32 démontrent la responsabilité du peuple juif d’avoir rejeté leur Messie. Des païens seront sauvés et jugeront avec le Seigneur tous ceux qui n’ont pas voulu de Lui, y compris les professants, ceux qui nient la divinité de Christ, etc.

Versets 33 à 36 : l’œil simple. Après avoir fait connaître aux Juifs ce qu’il représentait par rapport à Jonas ou Salomon, Jésus parle d’une lampe (v. 33). Jésus lui-même était cette lampe (cf Jean 8, 12 et fin du v. 36). Tout le monde pouvait voir briller cette lumière dans les ténèbres. Tout était là dans l’accomplissement des paroles prophétiques pour démontrer que Jésus était le Christ, le Messie. Pourtant une chose était nécessaire pour que cette lumière produise les effets en ceux qui la voyaient (cf v. 34). Prenons garde. Ayons un œil simple à l’inverse de l’incrédulité qui est toujours habile à fournir des raisonnements (cf Jean 7, 52 et 6, 42). Ces deux passages sont un exemple de ceux qui n’avaient pas un œil simple, de ceux qui disaient qu’un prophète n’était pas suscité de Galilée. Ayons donc l’œil simple. Ne fixons qu’un objet à la fois. Cet objet, c’est Jésus tel qu’il est présenté dans les Écritures. Jésus évoque (v. 34-36) ceux en qui brillent la lumière. Il faut considérer Jésus avec un œil simple pour que tout le corps soit éclairé. Les raisonnements n’auront plus leur place. Si l’œil n’est pas simple, c’est-à-dire s’il est méchant, tout est ténèbres. Un sujet de prière pour les croyants à demander au Seigneur que cette lumière puisse déployer ses effets dans notre marche car nous sommes lumière dans le Seigneur (Éph. 5, 8). Nous sommes aussi la lumière du monde (Matt. 5, 14)  Une mise en garde se trouve au v. 35 : il faut que cette action intérieure soit renouvelée ; c’est essentiel car sinon nous sommes petit à petit envahis par les ténèbres. Mesurons toujours mieux ce grand privilège de manifester la lumière dans un monde rempli de ténèbres … ce monde qui a rejeté la lumière lorsqu’elle est venue dans toute sa beauté dans l’homme christ Jésus. 

Versets 37 à 54 : jugement des formes religieuses. Jésus, qui parle encore (v. 37) est invité par un pharisien. Ce pharisien est étonné (v. 38) car Jésus ne s’était pas lavé avant de se mettre à table. Jésus savait, évidemment, que les pharisiens mettaient une grande importance à l’observation de tous les détails relatifs aux cérémonies de leur religion. Ces détails, comme se laver, leur donnait une apparence de grande sainteté que leur conduite envers Dieu ne justifiait nullement. Jésus donc connaît les pensées pharisaïques (cf v. 39-41). Jésus dévoile et juge leur hypocrisie. La religion de forme sans la vie de Dieu est dénoncée. Une telle religion attache une grande valeur à des choses qui ont pour seul mérite d’être vues des hommes … mais aucune valeur aux yeux de Dieu. Pour Dieu, c’est la pureté du dedans qui importe. Il est inutile de vouloir la cacher par des choses extérieures et apparentes. Dieu voit le dedans et le dehors. Rien n’est caché à ses yeux. Il faut d’abord purifier le cœur pour avoir une marche pure (cf 1Pi. 1, 22). C’est ce qui manquait aux pharisiens et à ceux qui se contentent d’une religion de forme, d’une apparence qui recouvre un cœur souillé, plein de rapine et de méchanceté. Il faut se laisser sonder par Dieu lui-même pour ce qui est de l’intérieur et le reste découlera tout naturellement de l’état du cœur. Soyons purifiés de tout péché, pratiquons le bien et soyons honnêtes. 

Quant aux Pharisiens (v. 42 à 44), Jésus prononce des « malheurs » sur l’hypocrisie qui caractérisait leur vie. Dieu, qui voit tout, ne peut plus supporter cela. Quelle différence avec les hommes qui prenaient de tels pharisiens pour des saints. Et bien Jésus les compare à des sépulcres blanchis que l’on foule sans que les hommes se rendent compte que l’intérieur est plein de corruption. Rappelons ici que nous sommes purs devant Dieu en vertu de l’œuvre de Christ. Mais il faut ce jugement continuel de soi-même afin que la marche extérieure réponde à cette pureté.  Au v. 45, l’observation du docteur de la loi donne occasion à Jésus d’exposer l’état véritable de ces docteurs qui enseignaient la loi au peuple. L’enseignement est profitable pour autant que l’on accomplisse soi-même ce qui est exigé des autres. Ces docteurs étaient loin de le faire car ils ne touchaient pas du doigt les fardeaux dont ils chargeaient les hommes (cf v. 46). Puis (v. 47+), ces docteurs paraissaient aussi honorer les prophètes, tués par leurs pères, en leur bâtissant des tombeaux. La véritable manière de les honorer n’était pas de leur bâtir des tombeaux mais de recevoir leur enseignement. En ne recevant pas l’enseignement des prophètes, ces docteurs se solidarisent avec les meurtriers et, malgré leurs raisonnements, cette génération, c’est-à-dire leur génération, n’a pas voulu des serviteurs envoyés par Dieu. Ils tuèrent plusieurs disciples et notamment Étienne. Il est dès lors compréhensible que Dieu redemande à cette génération le sang de tous les prophètes mis à mort depuis Abel (v. 50 et 51). Depuis le meurtre d’Abel, chaque génération devenait plus coupable, car elle ne se repentait pas des actions de leurs pères. Après la longue durée de la patience de Dieu qui s’est prolongée de génération en génération, le jugement les atteint, car leur conduite n’a pas varié. Cette manière d’agir de Dieu fait ressortir sa longue patience et sa bonté. Il aura en effet attendu des milliers d’années avant d’exécuter ses jugements. Un troisième malheur (v. 52) solennel est prononcé contre ces docteurs de la loi car, au lieu de croire et de pratiquer ce qu’ils enseignaient, ils enlevaient la clef de la connaissance. Ils auraient du écouter le Seigneur et conduire à Lui ceux qu’ils enseignaient comme le faisait Jean le Baptiseur. 

Mais ces gens (v. 53 et 54) ne profitent pas des paroles que Jésus leur adresse. Au contraire, ils lui tendent des pièges en le provoquant à parler afin de le trouver en défaut. C’est ce qui arrive souvent. Au lieu d’accepter les reproches qui nous sont adressés, on cherche à prendre en faute ceux qui les formulent. Ce moyen de se justifier augmente la culpabilité. Acceptons plutôt les réprimandes, jugeons ce qui est mal dans notre conduite et ensuite pratiquons le bien. 

Cette fin de chapitre forme un ensemble avec la scène du pharisien (v. 37 et suivants). Nous y voyons que le Seigneur Jésus, dans les jours de son ministère ici-bas, agit à l’image de Dieu qui est un Dieu de connaissance et qui pèse les actions. Il comprend chacune d’elles pleinement. Ainsi dans l’invitation du pharisien, il y avait une apparence de politesse et de bon vouloir. Toutefois Jésus était le Dieu de toute connaissance et il pèse cette action sous son véritable caractère. Le miel de courtoisie, qui est le meilleur ingrédient pour la vie sociale du monde, ne pouvait ni pervertir le jugement de Christ ni son appréciation des choses de Dieu. La politesse du monde ne peut pas subsister devant Lui. Quelle leçon pour nous ! L’invitation de ce pharisien cachait un dessein prémédité car, dès que Jésus est entré dans la maison, l’hôte agit en pharisien et non en hôte. Il montre son étonnement de ce que le Seigneur ne s’est pas lavé avant de se mettre à table. Le caractère qu’il prend ainsi dès le début se montre dans toute sa force à la fin. Le Seigneur agit en conséquence. La flatterie initiale de l’individu, et sa politesse, ne pouvait pas faire dévier le jugement de Jésus qui met à découvert et censure. La fin de la scène (v. 53 et 54) justifie l’action du Seigneur. Il n’y a plus d’apparence. Le fond des cœurs est découvert. Au ch. 7, Jésus avait aussi été invité à la table d’un pharisien et avait agit d’une manière toute différente car Simon, pharisien, n’avait pas de but caché en invitant Jésus. Simon peut paraître agir en pharisien lorsqu’il accuse la pauvre pécheresse et en blâme son hôte de ce qu’elle s’approcha de Lui ! Mais les apparences ne peuvent pas servir de base à un jugement juste. Souvent les mêmes paroles prononcées par des lèvres différentes ont un sens bien différent. C’est pourquoi le Seigneur, tout en reprenant Simon qu’il connaît par  et lui montrant ce qu’il est,  le connaît par son nom. Il quitte sa maison comme un hôte doit la quitter . Il distingue entre les deux pharisiens.

 

Chapitre 12                         Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

Cependant les foules s’étant rassemblées par milliers, de sorte qu’ils se foulaient les uns les autres, il se mit, avant tout, à dire à ses disciples: Tenez-vous en garde contre le levain des pharisiens, qui est l’hypocrisie. Mais il n’y a rien de couvert qui ne sera révélé, ni rien de secret qui ne sera connu. 3 C’est pourquoi toutes les choses que vous avez dites dans les ténèbres seront entendues dans la lumière, et ce dont vous avez parlé à l’oreille dans les chambres sera publié sur les toits. 4 Mais je vous dis à vous, mes amis: Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus; 5 mais je vous montrerai qui vous devez craindre: craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne*: oui, vous dis-je, craignez celui-là. 6 Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous*? et pas un seul d’entre eux n’est oublié devant Dieu. 7 Mais les cheveux même de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc pas: vous valez mieux que beaucoup de passereaux. 8 Et je vous dis: Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu; 9 mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu. 10 Et quiconque parleracontre le fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais à celui qui aura proféré des paroles injurieuses contre le Saint Esprit, il ne sera pas pardonné. 11 Et quand ils vous mèneront devant les synagogues et les magistrats et les autorités, ne soyez pas en souci comment, ou quelle chose vous répondrez, ou de ce que vous direz; 12 car le Saint Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire.

13 Et quelqu’un lui dit du milieu de la foule: Maître*, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage. 14 Mais il lui dit: Homme, qui est-ce qui m’a établi sur vous [pour être votre] juge et pour faire vos partages? 15 Et il leur dit: Voyez, et gardez-vous de toute avarice; car encore que quelqu’un soit riche, sa vie n’est pas dansses biens. 16 Et il leur dit une parabole, disant: Les champs d’un homme riche avaient beaucoup rapporté; 17 et il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je, car je n’ai pas où je puisse assembler mes fruits? 18 Et il dit: Voici ce que je ferai: j’abattrai mes greniers et j’en bâtirai de plus grands, et j’y assemblerai tous mes produits et mes biens; 19 et je dirai à mon âme: [Mon] âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années; repose-toi, mange, bois, fais grande chère. 20 Mais Dieu lui dit: Insensé! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles? 21 Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche quant à Dieu.

 

22 Et il dit à ses disciples: À cause de cela, je vous dis: Ne soyez pas en souci pour la vie, de ce que vous mangerez; ni pour le corps, de quoi vous serez vêtus: 23 la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. 24 Considérez les corbeaux: ils* ne sèment ni ne moissonnent, et ils n’ont pas de cellier ni de grenier; et Dieu les nourrit: combien valez-vous mieux que les oiseaux! 25 Et qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter unecoudée à sa taille? 26 Si donc vous ne pouvez pas même ce qui est très-petit, pourquoi êtes-vous en souci du reste? 27 Considérez les lis, comment ils croissent: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que même Salomon, dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un d’eux. 28 Et si Dieu revêt ainsi l’herbe qui est aujourd’hui au champ et qui demain est jetée dans le four, combien plus vous [vêtira-t-il], gens de petite foi! 29 Et vous, ne recherchez pas ce que vous mangerez ou ce que vous boirez, et n’en soyez pas en peine; 30 car les nations du monde recherchent toutes ces choses, et votre Père sait que vous avez besoin de ces choses; 31 mais recherchez son royaume, et ces choses vous seront données par-dessus. 32 — Ne crains pas, petit troupeau*, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume. 33 Vendez ce que vous avez, et donnez l’aumône; faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas, un trésor qui ne défaille pas, dans les cieux, d’où le voleur n’approche pas, et où la teigne ne détruit pas; 34 car là où est votre trésor, là sera aussi votre cœur. 35 Que vos reins soient ceints* et vos lampes allumées; 36 et soyez vous-mêmes semblables à des hommes qui attendent leur maître*, à quelque moment qu’il revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu’il heurtera, ils lui ouvrent aussitôt. 37 Bienheureux sont ces esclaves, que le maître*, quand il viendra, trouvera veillant. En vérité, je vous dis qu’il se ceindra** et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira. 38 Et s’il vient à la seconde veille*, et s’il vient à la troisième, et qu’il les trouve ainsi, bienheureux sont ces [esclaves]-là. 39 Mais sachez ceci, que si le maître de la maison eût su à quelle heure le voleur devait venir, il eût veillé et n’eût pas laissé percer sa maison. 40 Vous donc aussi soyez prêts; car, à l’heure que vous ne pensez pas, le fils de l’homme vient. 41 Et Pierre lui dit: Seigneur, dis-tu cette parabole pour nous, ou aussi pour tous? 42 Et le Seigneur dit: Qui donc est l’économe fidèle et prudent que le maîtreétablira sur les domestiques de sa maison, pour leur donner au temps convenable leur ration de blé? 43 Bienheureux est cet esclave-là, que son maître lorsqu’il viendra, trouvera faisant ainsi. 44 En vérité, je vous dis qu’il l’établira sur tous ses biens. 45 Mais si cet esclave-là dit en son cœur: Mon maître tarde à venir, et qu’il se mette à battre les serviteurs et les servantes, et à manger et à boire et à s’enivrer, 46 le maître de cet esclave-là viendra en un jour qu’il n’attend pas, et à une heure qu’il ne sait pas, et il le coupera en deux, et lui donnera sa part avec les infidèles. 47 Or cet esclave qui a connu la volonté de son maître, et qui ne s’est pas préparé et n’a point fait selon sa volonté, sera battu de plusieurs coups; 48 et celui qui ne l’a point connue, et qui a fait des choses qui méritent des coups, sera battu de peu de coups: car à quiconque il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé; et à celui à qui il aura été beaucoup confié, il sera* plus redemandé. 49 Je suis venu jeter le feu sur la terre; et que veux-je*, si déjà il est allumé? 50 Mais j’ai à être baptisé d’un baptême; et combien suis-je à l’étroit jusqu’à ce qu’il soit accompli! 51 Pensez-vous que je sois venu donner la paix sur la terre? Non, vous dis-je; mais plutôt la division. 52 Car désormais ils seront cinq dans une* maison, divisés: trois seront
divisés contre deux, et deux contre trois; 53 le père contre le fils, et le fils contre le père; la mère contre la fille, et la fille contre la mère; la belle-mère contre sa belle-fille, et la belle-fille contre sa belle-mère.

54 Et il dit aussi aux foules: Quand vous voyez une nuée se lever de l’occident, aussitôt vous dites: Une ondée vient; et cela arrive ainsi. 55 Et quand [vous voyez] souffler le vent du midi, vous dites: Il fera chaud; et cela arrive. 56 Hypocrites! vous savez discerner les apparences de la terre et du ciel, et comment ne discernez-vous pas ce temps-ci? 57 Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes de ce qui est juste? 58 Car quand tu vas avec ta partie adverse devant le magistrat, efforce-toi en chemin d’en être délivré, de peur qu’elle ne te tire devant le juge; et le juge te livrera au sergent, et le sergent te jettera en prison. 59 Je te dis que tu ne sortiras point de là, que tu n’aies payé jusqu’à la
dernière pite*.
 

 v. 5: lieu des tourments infernaux, voir note Matthieu 11:23.  / v. 6: as: monnaie de cuivre, romaine.  / v. 10: litt.: dira une parole.  / v. 13: celui qui enseigne.  / v. 15: litt.: ne vient pas de.  / v. 24: ou: car ils.  / v. 25 et 52: une seule.  / v. 32: proprement: [toi] le petit troupeau.  / v. 35, 37**: les vêtements orientaux, très-larges, devaient être retenus par une ceinture pour marcher ou agir.  / v. 36, 37*, 42 et suivants: ordinairement: seigneur.  / v. 38: la nuit était divisée en 4 périodes, ou veilles; voir Marc 13:35.  / v. 48: litt.: de lui il sera.  / v. 49: ou: que puis-je désirer.  / v. 59: toute petite pièce de cuivre (voir 21:2 et Marc 12:42); nous dirions: jusqu’au dernier centime.

 

 

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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »

Ce chapitre présente :
·        versets 01 à 12 : le levain des pharisiens
·        versets 13 à 21 : un homme insensé
·        versets 22 à 31 : la confiance en Dieu
·        versets 32 à 40 : les serviteurs dans l’attente de leur maître
·        versets 41 à 48 : le service et ses conséquences
·        versets 49 à 53 : les effets de la présence de Jésus ici-bas
·        versets 54 à 59 : des avertissements aux foules

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

Versets 1 à 12 : le levain des pharisiens. C’est l’hypocrisie. Ce mal les caractérisait. C’est bien en raison de cela que le Seigneur a prononcé les malheurs du chapitre précédent. L’opposition de ces pharisiens était là et pourtant de grandes les foules se rassemblaient autour de Jésus. Mais Jésus s’adresse à ses disciples car ils ont besoin de recevoir des instructions pour l’accomplissement de leur service après son départ. Jésus les met en garde contre le levain des pharisiens. L’hypocrisie est appelée un levain parce que ce principe du mal pénètre facilement ceux qui sont en contact avec lui. Il en va de même pour tout péché. Mais (v. 2 et 3) toutes choses sont vues et  connues de Dieu. Toutes choses seront mises en lumière. Le croyant, connaissant cela, ne doit rien avoir de caché dans son cœur. Le croyant doit vivre pratiquement dans la lumière, même s’il faut souffrir l’opprobre, voire les persécutions (v. 4 et 5). Ayons toujours Dieu devant nous et ne craignons pas l’homme dont le pouvoir ne s’étend pas au-delà de la mort. Les martyrs ont bien compris cela. Ces témoins ont craint Dieu plutôt que les hommes. Dieu veille avec bonté sur toutes ses créatures, mêmes sur les passereaux. Nos cheveux même sont tous comptés (v. 6 et 7). Nous y voyons la sollicitude infinie de Dieu envers ses bien-aimés. Ils ont une telle valeur car ils sont rachetés par le sang de Christ. Nous sommes toujours vu en Lui. Aussi nous n’avons rien à craindre et il ne faut pas reculer devant l’opprobre et la crainte des hommes. Nous ne les aurons pas toujours devant les yeux. En effet, les v. 8 et 9 indiquent que le temps approche où toutes les conséquences de notre marche ici-bas et de notre témoignage seront manifestées. Puisse la lumière, qui manifestera  tout, luire dans notre chemin. Pensons-y et ne soyons pas détournés par les pensées et l’appréciation des hommes gouvernés par des appréciations matérielles et visibles. Alors (v. 10), Jésus annonce qu’il sera pardonné à quiconque parlera contre le Fils de l’homme. C’est le péché des Juifs. Jésus annonce cela en pensant à l’opposition que rencontreront les disciples dans leur service. Il y a le péché des Juifs. Pour eux, il y a des « villes de refuge » (cf Luc 23, 34). Mais, après le ministère du Seigneur Jésus, il y a celui du Saint Esprit. Il n’y a pas de pardon pour celui qui blasphème contre le Saint Esprit (v. 10b). Le Saint Esprit est venu rendre témoignage, par le moyen des disciples, aux gloires de Jésus et aux effets de sa mort. Personne ne peut faire valoir son ignorance. Le rejet du témoignage que le Saint Esprit rendait par le moyen des apôtres a déterminé le jugement tombé sur les Juifs comme nation. Puis, dans les v. 11 et 12, il en ressort que l’activité des disciples serait vraiment le témoignage du Saint Esprit. Et l’opposition qu’ils allaient rencontrer serait réellement l’opposition contre le Saint Esprit.

Versets 13 à 21 : un homme insensé. Dans ce passage, quelqu’un veut faire intervenir Jésus pour partager un héritage. Mais (v. 14) Jésus donne une réponse admirable : il n’est pas venu dans ce monde pour favoriser des hommes dans leurs intérêts matériels. Au contraire, Jésus est venu pour ouvrir le chemin du ciel aux pécheurs. Nous sommes exhortés à ne pas attacher nos regards en ces bas lieux. Aussi (v. 15) il y a une mise en garde contre l’avarice qui attache le cœur aux choses de la terre. Il y a beaucoup de choses plus importantes à considérer que les richesses car l’âme subsistera toujours. L’âme est donc la question importante. La vie n’est pas dans les biens d’ici-bas ; ces biens peuvent perdre l’âme pour l’éternité si l’on s’attache aux richesses de ce monde. Le sérieux de cela est développé dans la parabole qui suit (v. 16 à 21). Jusqu’au v. 19, il y a la prospérité et les raisonnements de l’homme perdu par les richesses. Puis les v. 20 et 21 présentent la sentence de Dieu. L’homme caractérisé par l’amour de l’argent est qualifié d’insensé. Il est aveuglé par les richesses et veut en disposer pour beaucoup d’années. Il ne tient aucun compte de sa vie qui peut lui être enlevée d’un jour à l’autre. Il semble ignorer que son âme vivra éternellement. L’on comprend que Jésus qualifie un tel homme d’insensé. Jésus n’est-il pas la source du bonheur et de la vie éternelle ! Et nous, sommes-nous préoccupés de notre avenir éternel ? Pensons beaucoup au fait que l’homme riche quant à Dieu se laisse enrichir par Dieu d’une vie éternelle et des biens qui appartiennent à cette vie (v. 21). La vie que l’homme possède vient du souffle de l’Éternel, souffle qui fit devenir Adam une âme vivante en contraste avec les animaux qui n’ont pas cette respiration de vie et dont l’existence prend fin à la mort du corps. Pour l’homme c’est différent. N’agissons pas comme si tout était prêt après la mort

Versets 22 à 31 : la confiance en Dieu. Si, dans les versets précédents, il ressort que le cœur ne doit pas être détourné par les richesses, il ne doit pas l’être non plus par par les soucis de la vie. La confiance en Dieu le Père doit bannir toute inquiétude. Comme exemple de cette confiance, le Seigneur donne comme exemple les corbeaux (v. 24). Ce passage indique aussi que c’est Dieu qui donne au corps humain son développement (v. 24 et 25). Une coudée vaut environ 45 centimètres. Quelle grande chose ce serait pour l’homme d’ajouter une coudée. Pour Dieu c’est une très petite chose. Ce qui importe pour Dieu, c’est la vie. Alors, dans les versets suivants, Dieu pourvoit à tout pour entretenir la vie tant aux hommes qu’aux bêtes et qu’au règne végétal. Les v. 27 et 28 sont de nature à augmenter notre confiance en Dieu. Dépendons de Dieu, ayons confiance quant aux soins matériels et préoccupons-nous d’un horizon plus grand, celui du royaume des cieux (v. 29 à 31). Cela ne veut pas dire qu’il faut négliger le travail et les devoirs de la vie présente. Au contraire ! Mais accomplissons-les pour le Seigneur et non pour nous-mêmes. 

Versets 32 à 40 : les serviteurs dans l’attente de leur maître. Ce petit troupeau (v. 32) est composé de ceux qui ont reçu Jésus. Quel encouragement le Seigneur ne donnera-t-il pas à ce petit nombre méprisé de la masse. Il nous a donné un royaume, royaume qui n’est pas de ce monde, puisqu’il fait de nous des étrangers ici-bas. Le Seigneur nous enseigne à avoir une conduite en rapport avec notre position et nos privilèges. Il faut transformer les biens que nous avons sur cette terre en trésor céleste (v. 33 et 34). Il faut se conduire en rapport avec le ciel car nous n’appartenons plus à la terre. Au v. 35 c’est l’attente du Seigneur en attendant notre introduction là où sont nos biens. Les reins ceints caractérisent l’attitude alors que les lampes allumées sont en relation avec le témoignage à rendre. Il faut attendre constamment le Seigneur (v. 36) car nous ne savons pas à quelle heure il vient. Cette attente rend « bienheureux ». Ce terme se trouve dans les v. 37 et 38. Quelle gloire ! … être servi par le Seigneur; le Seigneur va venir. Alors ni service, ni veille, dans la nuit de ce monde. Ce sera le repos éternel. Le parfait serviteur, glorieux, servira les siens pour l’éternité. Une table, qui évoque la communion, sera éternellement dressée. Le « petit troupeau » jouira de son amour et de tout ce qu’est Jésus lui-même. Mais, en attendant, il y a, aussi bien pour les croyants que pour les incrédules, un avertissement solennel : il faut être prêts.  

Encore :
À propos du v. 
34, c’est différent de ce que les hommes disent. Ils pensent, ou disent : là où est votre cœur, là est votre trésor. Le verset mentionne bien : là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Trois choses doivent agir sur nos âmes. 1) au v. 31 c’est le royaume. 2) au v. 34 c’est ce trésor de nos âmes dans le ciel. 3) au v. 36 c’est l’attente du retour du Seigneur. Le service futur du Seigneur (v. 37) est un service d’amour qui rendra les bénédictions infiniment plus précieuses. L’amour aime à servir et l’égoïsme à être servi. Quant au Christ, quel glorieux tableau de son amour, Lui qui a été serviteur ici-bas (cf Jean 13, 1-14, etc). En montant en haut comme notre avocat, il est aussi serviteur pour nous laver les pieds. Le Seigneur est demeuré serviteur pour toujours par sa mort. Le v. 37 atteste ce service éternel. Et nous pensons aussi au type du serviteur selon Exode ch. 21.

Versets 41 à 48 : le service et ses conséquences. La manière dont il faut attendre le Seigneur vient d’être considérée. Ici, pour répondre à la question de Pierre (v. 41), à savoir qui est concerné par cette attente, Jésus évoque la responsabilité de ceux auxquels il a confié un service pendant son absence. Ils sont comparés à un économe. Alors (v. 42 à 44), il s’agit de nourrir ceux qui appartiennent au Seigneur par le ministère de la Parole. Et il y a des récompenses. Au v. 37, la récompense concerne ceux qui attendent fidèlement le Seigneur. Puis au v. 44, c’est une récompense en rapport avec le service. Ces récompenses sont cumulatives car l’attente du Seigneur se lie intimement au service.

Jésus fait aussi allusion (v. 45 à 48) aux personnes qui ont assumé elles-mêmes la responsabilité de
serviteur, en s’établissant comme tel dans la maison de Dieu. Ces versets démontrent que de tels serviteurs n’ont même pas la vie (1Pi. 5, 2-3 en contraste). Le jugement sera en rapport avec l’infidélité en proportion de la connaissance que l’on aura possédé et de la volonté du maître (selon v. 48). Ces versets montrent que tout est mesuré. Donc, dès le v. 41 la responsabilité de ceux auxquels le Seigneur confie ses devoirs pendant son absence est là. Dans cette responsabilité, il y a les deux caractères : attente de son retour et service. Au v. 45 se trouve la conséquence  de ceux qui font leur propre volonté et qui s’accommodent à l’esprit du monde. C’est un tableau de ce qui est arrivé dans la chrétienté . La présence du Seigneur allumait le feu avant que fut accompli son rejet par le baptême de mort au travers duquel il devait passer (cf v. 49 et 50). C’est après sa mort que sa puissance en amour aurait pleine liberté pour sauver le plus vil des pécheurs

Versets 49 à 53 : les effets de la présence de Jésus ici-bas. Jésus n’est pas reçu et ne peut pas apporter la paix annoncée par les anges (ch. 2, 14). Au contraire, la méchanceté des hommes amène l’effet inverse (selon les v. 49, 51, etc). Ce feu indique que le jugement commence. C’est une conséquence du rejet de Jésus. Mais Jésus est venu pour faire connaître aux pécheurs l’amour de Dieu (v. 50). Pour cela, il devait être baptisé du baptême de la mort. Il fallait que la grâce règne par la justice et Christ, qui était à l’étroit avant sa mort, a tout accompli par son sacrifice (cf Rom. 5, 21). Les v. 51 et suivants donnent le résumé de ce qui s’est passé depuis que l’évangile a été prêchée dans le monde. Il s’agit de divisions au sein même des familles. Des liens, très étroits selon la nature, sont brisés. Ainsi, l’enseignement qui dit que l’évangile veut amener tous les hommes à pacifier pour le règne de Christ est absolument faux. Sachons que l’évangile sort les élus du monde en attendant le déroulement des promesses de la ParoleEncore : ces versets (v. 51 à 53) indiquent en détail les divisions qui seraient le résultat de la mission du Seigneur. Remarquons aussi comment la personne du Sauveur fait sortir le mal du cœur humain. L’état décrit ici se trouve en Mich. 7, 1-7. C’est l’état le plus affreux du mal qu’on puisse concevoir. 

Versets 54 à 59 : des avertissements aux foules. Ces versets contiennent un avertissement solennel pour les Juifs. Il l’est aussi pour le monde d’aujourd’hui. Les Juifs auraient dû comprendre ce que Dieu désirait de leur part en leur envoyant son Fils. En effet, si les Juifs savaient discerner les prévisions météorologiques, ils auraient aussi dû discerner ce temps moral et voir en Jésus cette ondée bienfaisante plutôt que de précipiter l’orage en le rejetant. Aussi, avant l’exécution des jugements, le peuple était comme un homme en chemin avec sa partie adverse pour comparaître devant le tribunal. Ce peuple est exhorté à échapper à ce jugement. Mais ils n’écoutèrent pas. Et Dieu fut la partie adverse. Ils furent donc livrés aux Romains et, aujourd’hui encore, les conséquences de ce rejet sont visibles (cf Es. 40, 1 et 2 … encore à venir). Tout comme Israël, l’Église a complètement manqué. Discernons les temps et sachons nous mettre en règle avec la partie adverse. Bientôt les incrédules devront paraître devant le juge pour entendre prononcer leur condamnation éternelle. Alors il sera trop tard pour échapper. 

 

 




Chapitre 13
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Or en ce même temps, quelques-uns se trouvaient là présents, qui lui racontèrent [ce qui s’était passé] touchant les Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec leurs sacrifices. 2 Et [Jésus], répondant, leur dit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent plus pécheurs que tous les Galiléens, parce qu’ils ont souffert de telles choses? 3 Non, vous dis-je; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même manière. Ou, ces dix-huit sur qui tomba la tour dans Siloé, et qu’elle tua, croyez-vous qu’ils fussent plus coupablesque tous les hommes qui habitent Jérusalem? 5 Non, vous dis-je; mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous pareillement.

Et il disait cette parabole: Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne; et il vint y chercher du fruit, et il n’en trouva point. 7 Et il dit au vigneron: Voici trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve point: coupe-le; pourquoi aussi occupe-t-il inutilement la terre? 8 Et répondant, il lui dit: Maître, laisse-le cette année aussi, jusqu’à ce que je l’aie déchaussé et que j’y aie mis du fumier; et peut-être portera-t-il du fruit: sinon, après, tu le couperas.

10 Or il enseignait dans l’une des synagogues en un jour de sabbat. 11 Et voici, il y avait là une femme ayant un esprit d’infirmité depuis dix-huit ans, et elle était courbée et ne pouvait nullement se redresser. 12 Et Jésus, la voyant, l’appela et lui dit: Femme, tu es délivréede ton infirmité. 13 Et il posa les mains sur elle: et à l’instant elle fut redressée, et glorifiait Dieu. 14 Et le chef de synagogue, indigné de ce que Jésus avait guéri, un jour de sabbat, répondant, dit à la foule: Il y a six jours où il faut travailler; venez donc ces jours-là, et soyez guéris, et non pas le jour du sabbat. 15 Le Seigneur donc lui répondit, et dit: Hypocrites! chacun de vous ne détache-t-il pas de la crèche son bœuf ou son âne un jour de sabbat, et ne les mène-t-il pas boire? 16 Et celle-ci qui est fille d’Abraham, laquelle Satan avait liée, voici, il y a dix-huit ans, ne fallait-il pas la délier de ce lien le jour du sabbat? 17 Et comme il disait ces choses, tous ses adversaires furent couverts de honte; et toute la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qui étaient faites par lui.

18 Et il disait: À quoi est semblable le royaume de Dieu, et à quoi le comparerai-je? 19 Il est semblable à un grain de moutarde qu’un homme prit et jeta dans son jardin; et il crût et devint un grand arbre, et les oiseaux du ciel demeuraient dans ses branches.

20 Et il dit encore: À quoi comparerai-je le royaume de Dieu? 21 Il est semblable à du levain qu’une femme prit, et qu’elle cacha parmi trois mesures de farine, jusqu’à ce que tout fût levé.

22 Et il allait par les villes et par les villages, enseignant, et poursuivant son chemin vers Jérusalem. 23 Et quelqu’un lui dit: Seigneur, ceux qui doivent être sauvéssont-ils en petit nombre? Et il leur dit: 24 Luttez pour entrer par la porte étroite; car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas. 25 Dès que le maître de la maison se sera levé, et aura fermé la porte, et que vous vous serez mis à vous tenir dehors et à heurter à la porte, en disant: Seigneur, ouvre-nous! et que, répondant, il vous dira: Je ne vous connais pas [ni ne sais] d’où vous êtes; 26 alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné dans nos rues. 27 Et il dira: Je vous dis, je ne vous connais pas, [ni ne sais] d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité*. 28 Là seront les pleurs et les grincements de dents, quand vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, mais vous, jetés dehors. 29 Et il en viendra d’orient et d’occident, et du nord et du midi; et ils s’assiéront dans le royaume de Dieu. 30 Et voici, il y a des derniers qui seront les premiers, et il y a des premiers qui seront les derniers.

31 En ce même jour*, des pharisiens vinrent, lui disant: Retire-toi et va-t’en d’ici; car Hérode veut te tuer. 32 Et il leur dit: Allez, dites à ce renard: Voici, je chasse des démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour je suis consommé*. 33 Mais il faut que je marche aujourd’hui et demain et le jour suivant, car il ne se peut qu’un prophète périsse hors de Jérusalem. 34 Jérusalem, Jérusalem, [la ville] qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés, que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu! 35 Voici, votre maison vous est abandonnée; et je vous dis, que vous ne me verrez point jusqu’à ce qu’il arrive que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du *Seigneur*!

v. 4: litt.: débiteurs.  / v. 12: litt.: déliée.  / v. 23: ou: les épargnés, dans le jugement de la nation par le Messie, en sorte qu’ils entrent dans le royaume,  / c. à d. le résidu d’Israël; voir Ésaïe 10:21-22.  / v. 27: ailleurs: injustice.  / v. 31: plusieurs lisent: cette même heure.  / v. 32: litt.: je suis accompli (c’est pour moi l’accomplissement; voir Hébreux 2:10; 5:9; 7:28).  / v. 35: voir Psaume 118:26.

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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »
Ce chapitre présente :
 versets 01 à 05 : tous sont passible du jugement
versets 06 à 09 : le figuier inutile
versets 10 à 17 : la guérison d’un infirme
versets 18 à 21 : le royaume de Dieu
versets 22 à 30 : comment on entre dans le royaume
versets 31 à 35 : le Seigneur abandonne la maison d’Israël

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

D’abord : quelques pensées générales sur les ch. 12 et 13 extraites / adaptées de J-N. Darby. Dans le ch. 12 le Seigneur a parlé afin que les pensées de tous (des disciples et de la foule) soient détachées du monde. Et au v. 37 du chapitre 12, il y a le fait que Jésus servira ceux qui lui auront été fidèles. Viennent ensuite l’héritage des disciples, le jugement de l’église professante et celui du monde. L’enseignement de Jésus produisait la division au lieu d’établir un royaume avec puissance. Mais Jésus devait mourir. Ainsi, un autre sujet est là. Il s’agit du jugement des Juifs. Ils étaient en chemin avec Dieu pour aller vers le jugement (ch. 12, 58). Alors, ch. 13, le gouvernement de Dieu ne se manifestait pas, par des jugements partiels, en distinguant les méchants en Israël. Tous devaient périr s’ils ne se repentaient pas. Le Seigneur soignait le figuier pour la dernière année. Le peuple devait produire du fruit. Faute de quoi, le « jardin » allait être gâté. Professer la loi en présence de Dieu est de l’hypocrisie. Le Seigneur évoque le royaume. Du côté de l’homme, c’est la faillite. Alors, dans les v. 23 et suivants, Jésus insiste sur l’entrée par la porte étroite de la conversion et de la foi en Lui. Il faut y entrer pendant qu’il est temps car il sera trop tard quand le maître se sera levé. Dans ce passage, il est uniquement question des Juifs. Ceux qui sont laissés dehors pleureront et grinceront des dents. Ils verront ceux qui sont dans le royaume et qui sont mentionnés au v. 28. Tout concourait au rejet de Christ. Puis la fin du chapitre (13) relève des paroles magnifiques du Seigneur. Il en ressort que Dieu faisait tout afin que des liens demeurent avec le peuple. Tout était intacte de ce côté, mais pas du côté d’Israël qui rompait de plus en plus ces liensLa fin du v. 35 est des plus remarquables. Après le rejet du grand prophète, fondé sur les droits de sa grâce, il leur annonce, comme étant l’Éternel, la fin de leur désolation. Pour le peuple il n’y avait plus rien à espérer d’où la beauté de cette manifestation sublime des droits de sa divinité même, de sa divinité en grâce. Dieu lui-même se montre quand toutes ses voies son terminées. Ainsi, il y a (dans le chapitre 12 ) la portion céleste de l’Église, le ciel et la vie à venir. Et le chapitre 13, de même que les versets 54 à 59 du chapitre
12, présente le gouvernement d’Israël de la terre avec la forme extérieure de ce qui est venu la remplacer, quand Jésus est rejeté et le judaïsme mis de côté. 

Versets 01 à 05 : tous sont passible du jugement
Versets 06 à 09 : le figuier inutile
Versets 10 à 17 : la guérison d’une infirme

Dieu, au début de ce chapitre 13, permet que certaines personnes connaissent des calamités. De même aujourd’hui il permet cela pour des personnes, pour des peuples. Tout cela sont des signes avant coureurs de ce qui atteindra tous ceux qui aujourd’hui ne se repentent pas. Le figuier est souvent pris comme figure dans les Écritures. Avec les figures, Dieu montre qu’il attendait du fruit de la part de son peuple. Ces figures présentent différents caractères de ce qu’il attendait; par exemple, de la vigne, il attendait la joie; du figuier, il attendait le fruit; de l’olivier, il attendait la puissance. Mais Dieu n’a pas récolté ce qu’il attendait. Et la parabole du figuier (v. 6 à 9) confirme les passages des ch. 12, 54-59 et 13, 1-5, à savoir que le jugement allait fondre sur le peuple juif. Malgré tout, le Seigneur continue son œuvre de grâce (v. 10). Il travaillait tant que le jour durait. Puis Jésus fait un miracle en un jour de sabbat. L’aspect du sabbat a déjà été en cause (cf ch. 5, 36-39). L’exercice de la grâce dépasse le cercle restreint du système légal; on ne mettait pas le vin nouveau de la grâce dans les vieilles outres de la loi.

Le Seigneur informe le peuple que tous peuvent subir le jugement s’ils ne se repentent pas (v. 1 à 5). Les Galiléens, comme les autres, sont donc concernés (cf. v. 1 et 4). Puis, selon v. 6 à 9, le Seigneur ajoute une parabole, celle du figuier. Cette parabole explique la position du peuple à son auditoire. Israël était le figuier planté dans la vigne de Dieu. Il fallait le retrancher car il ne portait pas de fruit. Il ne faisant que nuire à la vigne. Il encombrait le terrain et l’occupait inutilement. Mais Jésus faisait un dernier effort afin qu’il produisit du fruit. Si cela ne réussissait pas, la grâce n’avait qu’à laisser la place au juste jugement du maître de la vigne. En effet, pourquoi cultiver ce qui ne faisait que du mal ? Mais encore un peu de patience. Ainsi, v. 10 à 17,
Jésus agit en grâce et en puissance envers la fille d’Abraham. Ce peuple, objet de promesses divines, résiste. En fait, les représentants du peuple prétendent opposer la loi à la grâce. Ce n’est que de l’hypocrisie.

Versets 18 à 21 : le royaume de Dieu. Suite au rejet de Christ, ce royaume va prendre une forme inattendue. Il sera comme ce grain de moutarde et non introduit en puissance. Il allait croître dans le monde et devenir une puissance mondaine avec, comme doctrine et profession extérieure, du levain (dans la Parole, le levain représente aussi bien les fausses doctrines que le mal moral). Ce n’était donc pas un royaume établi par la puissance qui agit en justice mais une tournure dans laquelle la responsabilité de l’homme est engagée. Toutefois, les conseils du Dieu souverain s’accompliront. Pour ce sujet, les récits dans Matthieu ch. 13, Daniel ch. 4 et Ézéchiel ch. 31, entre autres passages, sont édifiants.

En réponse à la question du v. 18, voici une définition du royaume : c’est un gouvernement, un ordre de choses dans la suite des dispensations de Dieu sur la terre. Si le ciel est le siège du pouvoir, c’est la terre qui est la sphère sur laquelle la domination s’exerce.

Au sujet du v. 19 (le grain de moutarde) rappelons-nous que le grand arbre dans la Parole symbolise toujours quelque chose de terrestre ou un personnage éminent.

Le caractère du royaume (indiqué par le levain au v. 21) est un système de doctrines humaines qui sont mélangées à ce qui vient de Dieu. Les hommes introduisent leurs propres pensées au lieu de demeurer attachés à la Parole. En Matt. 13 les divers caractères  du royaume des cieux sont présentés par sept paraboles.

Versets 22 à 30 : comment entrer dans le royaume. Le Seigneur, dans ces versets, entame directement la question de la position du résidu et du sort de Jérusalem. Jésus, interrogé au v. 23, s’adresse à la conscience de son interlocuteur; il s’agit d’entrer par la porte étroite en y mettant toute son énergie. La masse du peuple n’est pas apte à entrer. En plus, plusieurs en ayant mis de côté cette porte, désireront entrer dans le royaume mais ne le pourront pas. En effet, le maître se lèvera et fermera la porte. Il sera alors trop tard. La condition de ceux qui ne sont pas entrés à temps sera terrible (v. 26 à 28). Et (v. 29 et 30) ceux qui paraissaient les premiers seront les derniers, et les derniers  les premiers. La porte du v. 24 c’est Jésus Christ crucifié.

Versets 31 à 35 : le Seigneur abandonne la maison d’Israël. Quelques pharisiens demandent Jésus à s’en aller, sous prétexte de considération, … car Hérode veut le tuer. Mais Jésus dépend de la volonté de son Dieu et non des hommes. Hérode (v. 31) présente la figure du roi qui fait sa volonté. C’est le roi adversaire. Si les Juifs ont rejeté le Christ au jour de leur responsabilité, lui ne les rejettera pas au jour de sa grâce. La grâce brillait lorsque Judas fut choisi. Et, en comparant les v. 32 et 34, un trait de l’histoire d’Israël est présenté en ce que ce peuple veut rejeter la poule qui veut les rassembler et veut faire prospérer le renard. Quant au troisième jour du v. 32, Jésus accomplissait donc le service qu’il avait reçu de Dieu au milieu du peuple rebelle qui allait le crucifier. Il savait qu’il allait être rejeté comme l’avaient été les prophètes qu’ils avaient faits mourir. Ainsi son service allait se terminer le troisième jour. Ce jour figure sa mort et sa résurrection; c’est une consommation parfaite du conseil de Dieu à l’égard de ceux qu’il voulait amener dans la gloire. Remarquons encore que ni la ruse du renard Hérode, ni Pilate ne pouvaient faire mourir Christ. C’est Dieu qui avait ordonné toutes choses et c’est la sainte victime qui s’est livrée en sacrifice

Encore : ainsi, ce chapitre 13 enseigne quelque chose de très clair et de très fort à la suite des entretiens du Sauveur. Ces récits constituent un dernier message pour Israël, une dernière visitation de Dieu. Ils ont rejeté Dieu manifesté en chair. Ce rejet durera jusqu’à ce qu’ils reconnaissent Celui qu’ils ont percé. Alors le nouvel Israël restauré verra le Seigneur qu’ils ont crucifié. En attendant, suite au rejet du Seigneur et pendant son absence, le royaume présente la forme de cet arbre avec ce levain mêlé à trois mesures de farine. Ce grain de moutarde, devenu un grand arbre, portera son fruit, parmi les Juifs, jusqu’à la fin. Le dénouement de tout cela, au milieu de cette nation, aura lieu aux derniers jours, lorsque Jésus reviendra vers une nation repentante constituée par le résidu d’Israël. L’on constate que le sujet du « royaume » est très vaste et ce chapitre apporte bien des renseignements résultant de la rébellion du peuple dont la finalité glorieuse pour le résidu repentant.

 

 






Chapitre 14            
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Et il arriva que, comme il entrait, un sabbat, dans la maison d’un des principaux des pharisiens pour manger du pain, ils l’observaient. Et voici, il y avait un homme hydropique devant lui. 3 Et Jésus, répondant, parla aux docteurs de la loi et aux pharisiens, disant: Est-il permis de guérir, un jour de sabbat? 4 Et ils se turent. Et l’ayant pris, il le guérit, et le renvoya. 5 Et répondant, il leur dit: Qui sera celui de vous, qui, ayant un âne* ou un bœuf, lequel vienne à tomber dans un puits, ne l’en retire aussitôt le jour du sabbat? Et ils ne pouvaient répliquer à ces choses.
Or il dit une parabole aux conviés, observant comment ils choisissaient les premières places; et il leur disait: 8 Quand tu seras convié par quelqu’un à des noces, ne te mets pas à table à la première place, de peur qu’un plus honorable que toi ne soit convié par lui, 9 et que celui qui vous a conviés, toi et lui, ne vienne et ne te dise: Fais place à celui-ci; et qu’alors tu ne te mettes avec honte à occuper la dernière place. 10 Mais, quand tu seras convié, va et assieds-toi à la dernière place, afin que, quand celui qui t’a convié viendra, il te dise: Ami, monte plus haut. Alors tu auras de la gloire devant tous ceux qui seront à table avec toi. 11 Car quiconque s’élève, sera abaissé; et celui qui s’abaisse sera élevé.
12 Et il dit aussi à celui qui l’avait convié: Quand tu fais un dîner ou un souper, n’appelle pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; de peur qu’eux aussi ne te convient à leur tour, et que la pareille ne te soit rendue. 13 Mais quand tu fais un festin*, convie les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles; 14 et tu seras bienheureux, car ils n’ont pas de quoi te rendre la pareille: car la pareille te sera rendue en la résurrection des justes.

15 Et un de ceux qui étaient à table, ayant entendu ces choses, lui dit: Bienheureux celui qui mangera du pain dans le royaume de Dieu. 16 Et il lui dit: Un homme fit un grand souper et y convia beaucoup de gens. 17 Et à l’heure du souper, il envoya son esclave dire aux conviés: Venez, car déjà tout est prêt. 18 Et ils commencèrent tous unanimement à s’excuser. Le premier lui dit: J’ai acheté un champ, et il faut nécessairement que je m’en aille et que je le voie; je te prie, tiens-moi pour excusé. 19 Et un autre dit: J’ai acheté cinq couples de bœufs, et je vais les essayer; je te prie, tiens-moi pour excusé. 20 Et un autre dit: J’ai épousé une femme, et à cause de cela je ne puis aller. 21 Et l’esclave, s’en étant retourné, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison, en colère, dit à son esclave: Va-t’en promptement dans les rues et dans les ruelles de la ville, et amène ici les pauvres, et les estropiés, et les aveugles, et les boiteux. 22 Et l’esclave dit: Maître, il a été fait ainsi que tu as commandé, et il y a encore de la place. 23 Et le maître dit à l’esclave: Va-t’en dans les chemins et [le long des] haies, et contrains [les gens] d’entrer, afin que ma maison soit remplie; 24 car je vous dis, qu’aucun de ces hommes qui ont été conviés ne goûtera de mon souper.
25 Et de grandes foules allaient avec lui. Et se tournant, il leur dit
26 Si quelqu’un vient à moi, et ne hait pas son père, et sa mère, et sa femme, et ses enfants, et ses frères, et ses sœurs, et même aussi sa propre vie, il ne peut être mon disciple. 27 Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne vient pas après moi, ne peut être mon disciple. 28 Car quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne s’asseye premièrement et ne calcule la dépense, [pour voir] s’il a de quoi l’achever? 29 de peur que, en ayant jeté le fondement et n’ayant pu l’achever, tous ceux qui le voient ne se mettent à se moquer de lui, 30 disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever. 31 Ou, quel est le roi qui, partant pour faire la guerre à un autre roi, ne s’asseye premièrement et ne délibère s’il peut, avec dix mille [hommes], résister à celui qui vient contre lui avec vingt mille? 32 Autrement, pendant qu’il est encore loin, il lui envoie une ambassade et s’informe des [conditions] de paix. 33 Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il a, ne peut être mon disciple. 34 Le sel donc est bon; mais si le sel aussi a perdu sa saveur, avec quoi l’assaisonnera-t-on? 35 Il n’est propre, ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende.

 v. 5: plusieurs lisent: fils.  / v. 13: ou: une réception.







Commentaires sur le chapitre 14                                Retour au début

Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 06 : la guérison d’un homme hydropique
Versets 07 à 11 : le choix d’une place
Versets 12 à 14 : la pareille rendue à la résurrection
Versets
15 à 24 : l’invitation au grand souper
Versets 25 à 35 : ce qu’il faut pour être disciple de Christ

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles


Versets 1 à 6 : la guérison d’un homme hydropique. Le Seigneur se rend donc dans la maison d’un pharisien. Il ne laisse échapper aucune occasion de rendre témoignage et de faire du bien à son peuple. Les pharisiens l’observent. Jésus, connaissant leurs cœurs, ne tarde pas à répondre à leurs pensées et à les forcer d’être eux-mêmes juges et témoins de leur perfidie. Puis (v. 2 et 3) le Seigneur fait savoir que le jour du sabbat lui fournit une occasion de manifester la bonté de Dieu. L’hydropique qui est là est une image du péché. Nous souffrons tous de cette maladie. Aucune puissance humaine ne peut en nous délivrer. Celui qui est atteint d’hydropisie souffre d’une accumulation de sérosité dans l’abdomen. La sérosité est le nom du liquide des malades hydropiques (œdème, etc). Puis le Seigneur pose une question : « Est-il permis de guérir, un jour de sabbat ? ». Ces hypocrites de pharisiens ont la bouche fermée. Comme on le voit dans ce v. 3, en mettant fin à la dispensation de la loi, le Seigneur ramenait toujours le sujet du sabbat. Il veut faire comprendre que l’alliance légale a été foulée aux pieds par Israël et que le signe de cette alliance n’a plus aucune valeur. Le Seigneur montre aussi que le péché n’étant pas ôté, il doit travailler pour amener l’homme dans le repos de Dieu (cf Jean 5, 17). Ce sera désormais par la foi que l’on entrera dans le repos de Dieu et non par les œuvres.  Les Juifs (5 et 6) ne tenaient pas compte du sabbat pour sauver un animal. Aussi combien plus Dieu travaillerait-il en grâce pour délivrer les hommes tombés sous les conséquences terribles du péché dans le puits profond de la destruction. 

Versets 7 à 11 : le choix d’une place. Dans le récit précédent (v. 1) les pharisiens observent le Seigneur. Maintenant c’est le Seigneur qui les observe. En cherchant les premières places, les pharisiens manifestent l’orgueil de leurs cœurs. L’homme recherche toujours à s’élever et en prenant la place de Dieu mais il sera précipité dans l’abîme (cf 2 Thes. 2, 4 à 8). Jésus (v. 8) dénonce à nouveau l’orgueil de l’homme qui recherche une place de choix. C’est au fond agir contrairement à Christ qui n’a aucune place ici-bas. Cherchons à plaire à Dieu et non aux hommes. Du point vue humain, la chair n’aime pas être mise de côté. Un homme est naturellement froissé lorsqu’il est humilié et méprisé. N’ayons pas d’importance à nos propres yeux. Ayons Christ pour objet afin que les choses dans ce monde, même désobligeantes, n’aient aucun effet sur nous. Tenons donc le « moi » dans la mort afin de ne pas être chagriné. Regardons à Christ qui s’humiliera lui-même du fait du péché du monde qui l’entourait. Le monde fit tout pour l’humilier. Rappelons-nous aussi qu’un service peut paraître sans importance aux yeux des hommes mais en fait très élevé comme étant le fruit de l’amour divin opérant dans nos cœurs et nous dépouillant de notre égoïsme. Faisons toujours place à d’autres. Pensons à les servir. Abaissons-nous toujours au milieu de nos frères et de tous, ne recherchant pas notre propre gloire (v. 10). Le chemin de la gloire est l’humilité, chemin que le Fils de l’homme a suivi. Puis le v. 11 démontre que l’esprit qui sied au royaume de Dieu est l’abaissement afin de servir les autres. Une pareille marche est opposée à celle du monde. Pourtant c’était réellement celle de Christ. N’ayons pas notre propre place dans ce monde

Versets 12 à 14 : la pareille rendue à la résurrection. Dans ces versets il y a, dans le contexte de ce chapitre, la place que doivent prendre, dans un tel monde, ceux qui sont les objets de la grâce du Seigneur. Ce fait se trouve dans le chapitre 14 car les chapitres 15 et 16 feront part de la pleine révélation de l’énergie souveraine de la grâce divine ainsi que ses fruits et ses conséquences. Jésus (v. 12) s’adresse à son hôte après s’être occupé des conviés. Il lui enseigne comment il doit se comporter. Les instructions de ces versets sont les mêmes pour nous. Agissons en vue du ciel et non en vue d’un avantage dans ce monde. En rapport avec le v. 13 (inviter les pauvres, les estropiés, etc), puissions-nous mettre cela matériellement en pratique. L’on est ainsi bienheureux en travaillant à la gloire du Seigneur (v. 14). Puis la séparation du monde se poursuit jusqu’en la résurrection des justes.

Versets 15 à 24 : l’invitation au grand souper. Les paroles rapportées dans le v. 15 sortent de la bouche d’un homme orgueilleux. De telles paroles peuvent paraître surprenantes. Mais combien, dans ce monde, disent des choses semblables sans en réaliser la portée. Il faut venir au festin et ne pas rester au dehors. Les vœux, comme deux déclarés, ne suffisent pas. Il ne faut rien craindre de la part des hommes pour aller à ce festin. Ce sont les violents qui ravissent le royaume de Dieu (cf Matt. 11, 12). Soyons en garde contre toute impression passagère. Soyons aussi en garde vis-à-vis de désirs stériles de conversion qui s’élèvent parfois même dans le cœur des incrédules. La douce et simple image sur laquelle Dieu s’est plu à nous présenter le bonheur se trouve au v. 16. Ce bonheur est réservé à ses rachetés à la fin de la journée de la vie, journée souvent rude et triste lors du passage sur la terre. Le souper est le repas du soir. Ce souper dont il est question représente les festins du royaume de Dieu, la sainte et éternelle joie après les labeurs, les misères, les luttes et les larmes d’ici-bas. Le repas succède au repos.
Et si maintenant les fidèles sont dans les temps des petites choses, et que c’est un petit troupeau, les rachetés formeront lorsqu’ils seront réunis dans la gloire, une multitude (cf Apoc. 19, 6). Alors (v. 17) le Seigneur fait dire que tout est prêt. Il saisit toutes les occasions pour inviter le pécheur et il ne demande pas de grandes choses. Il invite simplement le pécheur à venir. Ceux qui sont ouvertement opposés au Seigneur sont mentionnés (v. 18). Ces personnes prétendent à une place dans le royaume des cieux mais cherchent chaque jour une excuse pour couvrir leur répugnance à répondre à l’invitation de Dieu. Certes, des catégories de personnes (cf v. 19 et 20) ont des circonstances qui ne sont pas mauvaises en elles-mêmes mais qui le deviennent car elles servent à détourner les hommes de Christ et de la vie éternelle. Ainsi les excuses alléguées sont sans valeur. Ces personnes renoncent à l’héritage de Dieu. Ils préfèrent leurs propres intérêts ainsi que des affections terrestres aux invitations du Dieu Sauveur. D’autre part les obstacles mentionnés dans ces versets peuvent aussi s’appliquer à notre vie journalière. Prenons garde à ce qui constitue « une pierre de touche ». Au v. 21, la ville dans laquelle étaient appelés les malheureux au festin de l’évangile est l’image du monde dans lequel Dieu envoie ses serviteurs. Ceux qui ont été l’objet de la première invitation ont rejeté l’appel. Maintenant le Seigneur s’adresse aux pauvres du troupeau. Ce deuxième message est reçu en grand nombre par ces misérables qui se reconnaissent moralement tels devant Dieu en contraste avec les orgueilleux conducteurs de la nation. Ce qui est rapporté dans le livre des Actes démontre ce fait après le départ du Sauveur rejeté. Mais il y a encore de la place au banquet de la grâce et un troisième appel a lieu en faveur des nations ( selon v. 22 et 23). Actuellement l’œuvre du rassemblement opéré par le Saint Esprit s’accomplit essentiellement parmi les nations qui reçoivent ce troisième appel mais il y a aussi un résidu juif qui fait partie de l’assemblée. Les chemins du v. 23 font penser à l’égarement dans lesquels sont plongés Juifs et nations. Celui qui erre le long des haies fait penser au temps où nous étions privés de toute relation avec Dieu. Et dans tous ces versets, remarquons encore le zèle du  serviteur ainsi que la patiente grâce du maître qui ne veut pas se reposer avant que la maison soit remplie. Pour finir (v. 24), un jugement irrémédiable sera sur ceux qui méprisent les bénédictions divines.

Versets 25 à 35 : ce qu’il faut pour être disciple de Christ. Sachons (v. 25 et 26) que les objets les plus légitimes de nos affections peuvent devenir dangereux s’ils détournent nos cœurs du Seigneur. Ce qui prend la place de Christ, dans le cœur du chrétien, devient pernicieux. Être disciple, c’est écouter les enseignements d’un maître, les mettre en pratique, suivre les traces de ce maître, lui ressembler. Ne nous laissons pas détourner par l’opposition qui peut même venir de nos plus proches. Ne dévions pas du chemin à la suite de Christ. Il va sans dire que cet enseignement du Seigneur ne touche en rien la question des devoirs des enfants vis-à-vis de leurs parents. Celui qui porte sa croix (v. 27) accepte le jugement subi par la sainte victime à sa place. La croix est le chemin de la gloire comme celui du salut. Porter la croix, c’est réaliser la mort avec Christ et renoncer à tout ce qui se trouve dans le monde. Alors, pour suivre Jésus (v. 28 à 30), il ne faut pas considérer nos propres forces et calculer d’après elles. Nos propres forces ne sont pas valables pour résister à toute l’opposition que l’on rencontre pour être fidèle au Seigneur. Il faut se rendre compte que l’on a aucune force. C’est seulement alors que l’on pourra faire intervenir le Seigneur dont la puissance s’accomplit dans notre infirmité (cf 2 Cor. 12, 9). Il faut se placer derrière Lui. Une tour est l’image d’une habitation élevée et fortifiée depuis laquelle les environs peuvent être surveillés. Un ennemi qui s’approche sera découvert et pourra être tenu à distance. Le témoignage du Seigneur a précisément le caractère d’une tour élevée parmi les hommes. Dans cette tour vivent ceux qui sont mis à part pour lui. Pour demeurer dans cette tour, tout nous vient de Lui et sa grâce nous suffit. Au v. 31, après la parabole du témoignage dans cette tour, le service auquel nous sommes appelés est présenté. Pour accomplir ce service, il faut avoir pris place dans le témoignage. Si tel n’est pas le cas, il y aura de la confusion et de l’opprobre de la part du monde (cf v. 29b). Le chrétien (v. 31) doit considérer le chemin dans lequel le Seigneur l’appelle. Puis il faut suivre ce chemin dans une lutte de tous les instants contre une puissance adverse. Les propres forces du chrétien ne suffisent pas pour se mesurer à la partie adverse. Abandonner la lutte avec l’adversaire (cf v. 32) est triste. L’abandon de la lutte avec cet adversaire déshonore le Seigneur. Un tel retour en arrière, de la part d’un enfant de Dieu, est une trahison envers le Seigneur. Alors (v. 33), le secret de la force pour persévérer dans le chemin à suivre Jésus est là. Il s’agit de renoncer à nos propres ressources et de compter sur Christ seul. Ainsi, il faut être séparé du monde (cf v. 34). La séparation du monde caractérise le disciple de Christ et fait de lui le sel qui a la propriété de conserver les aliments. Les caractères moraux du sel pour le croyant sont visibles par une séparation absolue de tout mal afin que sa vie entière soit en témoignage. Si tel n’est pas le cas, le sel perd sa saveur. Autrement dit, le chrétien perd sa place de témoin du Seigneur et devient inutile (v. 35). Le sel représente la puissance de la vérité qui nous garde du mal en nous amenant à le juger en nous et autour de nous. Le sel met à l’abri de la corruption. Il en est ainsi de l’action de la parole dans l’âme régénérée.

En s’adressant aux conviés, et à celui qui convie, Jésus veut faire examiner le motif qui fait agir le chrétien. Faut-il chercher des avantages, de la considération du monde, ou bien préférer l’amour qui se satisfait dans le dévouement pour Lui ….  au v. 26 on vient à Lui et au v. 27 après Lui.

Les ch. 14 à 16 développent quelques points spéciaux de morale. Le ch. 14 indique spécialement la place que qui est celle du chrétien dans ce monde. Pour les chrétiens la dernière place est toujours celle où nous serons le plus heureux car c’est là que nous rencontrons Jésus.

 




Chapitre 15                                          Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

Et tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre. 2 Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant: Celui-ci reçoit des pécheurs, et mange avec eux. Et il leur dit cette parabole, disant: 4 Quel est l’homme d’entre vous, qui, ayant cent brebis et en ayant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf au désert, et ne s’en aille après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée? 5 et l’ayant trouvée, il la met sur ses propres épaules, bien joyeux; 6 et, étant de retour à la maison, il appelle les amis et les voisins, leur disant: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis perdue. 7 Je vous dis, qu’ainsi il y aura de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent,
plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance.

8 Ou quelle est la femme, qui, ayant dix drachmes*, si elle perd une drachme, n’allume la lampe et ne balaye la maison, et ne cherche diligemment jusqu’à ce qu’elle l’ait trouvée9 et l’ayant trouvée, elle assemble les amies et les voisines, disant: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé la drachme que j’avais perdue. 10 Ainsi, je vous dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.

11 Et il dit: Un homme avait deux fils; 12 et le plus jeune d’entre eux dit à son père: Père, donne-moi la part du bien qui me revient. Et il leur partagea son bien. 13 Et peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, s’en alla dehors en un pays éloigné; et là il dissipa son bien en vivant dans la débauche. 14 Et après qu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là; et il commença d’être dans le besoin. 15 Et il s’en alla et se joignit à l’un des citoyens de ce pays-là, et celui-ci l’envoya dans ses champs pour paître des pourceaux. 16 Et il désirait de remplir son ventre des gousses que les pourceaux mangeaient; et personne ne lui donnait [rien]. 17 Et étant revenu à lui-même, il dit: Combien de mercenaires* de mon père ont du pain en abondance, et moi je péris ici de faim! 18 Je me lèverai et je m’en irai vers mon père, et je lui dirai: Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi; 19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils; traite-moi comme l’un de tes mercenaires*. 20 Et se levant, il vint vers son père. Et comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, et, courant [à lui], se jeta à son cou et le couvrit de baisers. 21 Et le fils lui dit: Père, j’ai péché contre le ciel et devant toi; je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. 22 Mais le père dit à ses esclaves: Apportez dehors la plus belle* robe, et l’en revêtez; et mettez un anneau à sa main et des sandales à ses pieds; 23 et amenez le veau gras et tuez-le; et mangeons et faisons bonne chère; 24 car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils se mirent à faire bonne chère. 25 Or son fils aîné était aux champs; et comme il revenait et qu’il approchait de la maison, il entendit la mélodie et les danses; 26 et, ayant appelé l’un des serviteurs, il demanda ce que c’était. 27 Et il lui dit: Ton frère est venu, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il l’a recouvré sain et sauf. 28 Et il se mit en colère et ne voulait pas entrer. Et son père étant sorti, le pria. 29 Mais lui, répondant, dit à son père: Voici tant d’années que je te sers*, et jamais je n’ai transgressé ton commandement; et tu ne m’as jamais donné un chevreau pour faire bonne chère avec mes amis; 30 mais quand celui-ci, ton fils, qui a mangé ton bien avec des prostituées, est venu, tu as tué pour lui le veau gras. 31 Et il lui dit: [Mon] enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi; 32 mais il fallait faire bonne chère et se réjouir; car celui-ci, ton frère, était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé.
 v.  8: drachme: monnaie d’argent grecque équivalent à peu près au denier romain.  / v. 17, 19: serviteurs, salariés.  / v. 22: litt.: la première.  / v. 29: servir, être esclave, comme Matthieu 6:24.


Commentaires sur le chapitre 15
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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »

Ce chapitre présente :
Versets 01 à 07 : la brebis perdue
Versets 08 à 10 : la drachme perdue
Versets 11 à 24 : l’enfant prodigue
Versets 25 à 32 : le fils aîné

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

Ce chapitre présente trois paraboles qui forment un ensemble merveilleux. La condition d’un pécheur nous est présentée sous trois aspects; celui de la brebis, de la drachme et de l’enfant prodigue. Un trait commun : tous trois perdus. Le salut y est présenté en amour, à la fois par le Fils qui est le bon berger, par le Saint Esprit dans la femme diligente, et par le Père.

Versets 01 à 07 : la brebis perdue. La grâce qui attire est là mais ceux qui la rejettent sont aussi présents (v. 1 et 2). Cette parabole se termine par la joie (v. 6 et 7). C’est une belle faveur de partager de la joie en rapport avec une brebis retrouvée mais avant tout, ce que cela représente, c’est-à-dire la joie de Dieu lorsqu’un pécheur se repent. Réaliser la joie divine, pour un nouveau converti en particulier, détourne les pensées de soi-même et donne une paix profonde. Cela évite, au nouveau converti, d’être occupé de sa joie et de ses propres sentiments. Une paix profonde sera sa part du fait que le Dieu de toute grâce a trouve sa joie lorsqu’un pécheur accepte le Sauveur; il y a de la joie dans le ciel. Remarquons (v. 4) qu’une brebis égarée est incapable de revenir d’elle-même; il en va de même pour la drachme perdue (v. 8).  La brebis perdue s’éloignera et ne s’arrêtera que lorsque la fatigue (ou d’autres difficultés) sera là ! Alors, tout le travail est fait par le berger qui non seulement la trouve, mais la met sur ses propres épaules.
Encore
 : les publicains et les pécheurs (v. 1) sont ceux qui éprouvent un besoin de grâce.  Quant aux pharisiens et aux scribes (v. 2), ils murmurent. Ils ne veulent pas de la grâce, de cette grâce parfaite développée dans ce chapitre dans lequel Dieu même trouve sa propre joie en faisant grâce et c’est un grand principe. Cela constitue une réponse de poids à l’affreux esprit des pharisiens qui objectaient contre Jésus. Deux parties distinctes sont présentées dans la grâce. Il s’agit de l’amour qui cherche et l’amour avec lequel on est reçu. Les deux premières paraboles dépeignent cet amour qui cherche et la troisième cet amour avec lequel le pécheur est reçu.

Versets 08 à 10 : la drachme perdue. La drachme est une pièce de monnaie à l’effigie du souverain qui l’a émise. Quant à l’homme, n’est-il pas à l’image de celui qui l’a créé ? Mais l’homme, devenu pécheur depuis le jardin d’Éden, est perdu. Mais il est l’objet du travail du Saint Esprit. Comme la lampe de cette femme, le Saint Esprit se met diligemment à l’œuvre jusqu’à ce qu’il nous ait trouvé dans nos ténèbres et dans notre poussière. Chaque parabole mentionne la joie du légitime propriétaire, une joie qui cherche à être partagée. Le ciel aussi est en joie pour un seul pécheur qui se repend (cf v. 7 et 10).

Versets 11 à 24 : l’enfant prodigue. La brebis et la drachme n’agissent en rien. Ce sont le berger et la femme qui cherchent. En portant la brebis, le berger se charge de tout. Dans la troisième partie, nous avons le retour et la réception du pécheur qui sont dépeints. Dans les deux premières parties, nous avons l’œuvre de la grâce accomplie par la seule puissance de Dieu, et complète dans ses effets, tandis que dans la troisième le pécheur revient avec ses pensées produites par la grâce. Dans ce fils prodigue, on ne sait pas quel accueil se trouvera après l’abandon de Dieu dont on est coupable. Et plus cet enfant approche de la maison, plus son cœur doit battre à la pensée de sa rencontre avec son père. Mais le père prend les devants avant son arrivée, et agit envers son fils non selon les mérites de celui-ci, mais selon son cœur de père à lui, seule mesure des voies de Dieu envers nous.  Cette robe, c’est le père qui la fournit. Ce n’est pas nous qui la portons, car c’est une chose complètement nouvelle. C’est Christ lui-même et nous devenons justice de Dieu en Lui. C’est la plus belle robe du ciel. Tout est maintenant joie sauf chez l’homme à propre justice, le vrai juif.  Si la joie est la joie du père, toute la maison y participe. Et le fils ainé refuse d’entrer dans cette maison. Il ne veut pas de la grâce qui fait d’un pauvre prodigue le sujet de la joie, de l’amour. Néanmoins la grâce agit. Le père sort pour le prier d’entrer. Sous l’évangile, Dieu en fait ainsi pour le Juif.
Si l’ainé est un représentant des Juifs, le jeune fils représente les Gentils (v. 11 à 13).    Mais (v. 15 et 16) le jeune fils ne revient pas à Dieu et rend sa condition plus misérable encore. Il constate que le monde ne donne rien. Le diable ne donne rien dans son pays. Les fruits des gousses ont servi à d’autres; les gousses sont pour le troupeau impur. Satan a tout pris au fils prodigue et il ne lui donne rien. Ce fils (v. 19) se considérer indigne. Il devrait même se considérer au-dessous des mercenaires. Mais le fils ne les mentionne pas (v. 21) Alors, dans les v. 22 à 24, le fils est revêtu au-dehors car aucune souillure ne peut entrer dans la maison. Au ciel la robe de justice sera pour les croyants. Ceux qui ne veulent pas recevoir Jésus ne seront pas revêtus de justice; ils paraîtront nus et condamnés devant le grand trône blanc. L’anneau à la main est le signe de l’alliance et les sandales aux pieds ce qu’il faut pour la marche.

Versets 25 à 32 : le fils aîné. Le frère ainé est une figure du peuple juif obstiné dans son légalisme. C’est aussi une figure de tous les propres justes dont le cœur est fermé à la grâce de Dieu. La grâce de Dieu fait contraste avec la misérable propre justice de l’homme. Le Seigneur aborde, comme l’on peut se rendre compte, ici comme dans les portions précédentes, des principes élevés. La grâce, suites aux circonstances de la trahison de la loi, est là. La différence du caractère des deux économies ressort de ces versets.
Encore
 : dans les v. 25 à 28 le fils ainé représente donc les Juifs. Ce sont ceux de la classe du v. 2. Ils murmurent en voyant Jésus recevoir les pécheurs venir à Lui pour l’entendre. Dans la première partie ou parabole, il y a l’image d’un pécheur occupé aux affaires du monde. Et dans la deuxième parabole c’est l’image d’un pécheur sans vie, mort dans ses fautes et dans ses péchés. Le relèvement d’un chrétien en chute ne trouve aucune application dans notre chapitre. La valeur de la troisième parabole ne se trouve pas dans les deux premières mais la troisième en donne tout le sens. 

 

 


Chapitre 16                                                Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

1 Et il dit aussi à ses disciples: Il y avait un homme riche qui avait un économe*; et celui-ci fut accusé devant lui comme dissipant ses biens. 2 Et l’ayant appelé, il lui dit: Qu’est-ce que ceci que j’entends dire de toi? Rends compte de ton administration; car tu ne pourras plus administrer. 3 Et l’économe dit en lui-même: Que ferai-je, car mon maître m’ôte l’administration? Je ne puis pas bêcher la terre; j’ai honte de mendier: 4 je sais ce que je ferai, afin que, quand je serai renvoyé de mon administration, je sois reçu dans leurs maisons. 5 Et ayant appelé chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître? 6 Et il dit: Cent baths* d’huile. Et il lui dit: Prends ton écrit, et assieds-toi promptement et écris cinquante. Puis il dit à un autre: Et toi, combien dois-tu? Et il dit: Cent cors de froment. Et il lui dit: Prends ton écrit, et écris quatre-vingts. Et le maître loua l’économe injuste parce qu’il avait agi prudemment. Car les fils de ce siècle* sont plus prudents, par rapport à leur propre génération, que les fils de la lumière. Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes*, afin que, quand vous viendrez** à manquer, vous soyez reçus dans les tabernacles éternels. 10 Celui qui est fidèle dans ce qui est très-petit, est fidèle aussi dans ce qui est grand; et celui qui est injuste dans ce qui est très-petit, est injuste aussi dans ce qui est grand. 11  Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes*, qui vous confiera les vraies? 12  Et si, dans ce qui est à autrui, vous n’avez pas été fidèles, qui vous donnera ce qui est vôtre? 13  Nul serviteur ne peut servir* deux maîtres; car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre: vous ne pouvez servir Dieu et les richesses**.

14 Et les pharisiens aussi, qui étaient avares, entendirent toutes ces choses, et ils se moquèrent de lui. 15 Et il leur dit: Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes; mais Dieu connaît vos cœurs: car ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. 16 La loi et les prophètes [ont été] jusqu’à Jean; dès lors le royaume de Dieu est annoncé* et chacun use de violence pour y entrer. 17 Or il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi tombe. 18 Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet adultère; et quiconque épouse une femme répudiée par son mari, commet adultère.

19 Or il y avait un homme riche qui se vêtait de pourpre et de fin lin, et qui faisait joyeuse chère, chaque jour, splendidement. 20 Et il y avait un pauvre, nommé Lazare, couché à sa porte, tout couvert d’ulcères,  21 et qui désirait de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; mais les chiens aussi venaient lécher ses ulcères. 22 Et il arriva que le pauvre mourut, et qu’il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham*. Et le riche aussi mourut, et fut enseveli. 23 Et, en hadès*, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. 24 Et s’écriant, il dit: Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. 25 Mais Abraham dit: [Mon] enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté. 26 Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui [veulent passer] de là ne traversent pas non plus vers nous. 27 Et il dit: Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père, 28 car j’ai cinq frères, en sorte qu’il les adjure; de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de tourment. 29 Mais Abraham lui dit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent. 30 Mais il dit: Non, père Abraham; mais si quelqu’un va des morts vers eux, ils se repentiront. 31 Et il lui dit: S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts.

 v. 1: ou: administrateur, gérant.  / v. 6: voir Ézéchiel 45:14.  / v. 8: les hommes du monde actuel.  / v. 9*: litt.: le mammon de l’injustice.  / v. 9**: selon quelques-uns: elles viendront.  / v. 11: ou: le mammon injuste.   v. 13*: servir, être esclave, comme Matthieu 6:24.  / v. 13**: ou: mammon.  / v. 16: litt.: évangélisé.  / v. 22: lieu de félicité pour les Juifs.  / v. 23: voir note à Matthieu 11:23.

 


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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 13 : l’économe infidèle
Versets 14 à 18 : les pharisiens se moquant de Jésus
V
ersets 19 à 31 : le riche et Lazare

Les récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

Versets 1 à 13 : parabole de l’économe infidèle, chassé de son emploi (v. 1 et 2); comment le chrétien peut remplacer l’homme qui a manqué à sa responsabilité (v. 3 à 10). Jésus enseigne de quelle manière il faut considérer les biens de la terre et quel usage en faire sous le régime de la grâce. Sous ce régime, les bénédictions données au croyant sont célestes et éternelles alors que les biens de la terre constituaient les bénédictions de l’économie sous la loi. Alors, pour le croyant dont les bénédictions sont célestes, que doit-il faire des biens terrestres ? L’économe infidèle (v. 1) est l’image de l’homme en tant qu’administrateur des biens de Dieu. Mais (v. 2) l’homme s’est montré infidèle envers Dieu. Dieu ne peut plus rien lui confier … n’eut été la grâce par laquelle Dieu veut agir envers tous. Il est remarquable (v. 8) de constater que l’économe injuste est loué pour sa prudence. Cet économe agit avec prévoyance. C’est cela qu’il faut retenir pour comprendre l’enseignement de la parabole. Bien sûr, il vole son maître mais cela n’a rien à faire avec ce que le Seigneur veut nous enseigner. En fait, puisque les biens de cette terre  appartiennent tous à Dieu, ils sont entre les mains des croyants tant qu’ils sont ici-bas. Même si les croyants sont destitués de leur charge comme homme responsable devant Dieu, ils peuvent user de ces biens en vue de leur avenir au lieu de n’y penser que pour le temps actuel comme ceux qui disent : « mangeons et buvons ! ».  Dans la suite de ce v. 8, le Seigneur reconnaît que la prudence de cet homme est une habileté qui caractérise les hommes de ce monde pour obtenir ce qu’ils désirent. Et Jésus aimerait voir la même habileté en faveur des choses spirituelles chez les croyants. C’est ce qui est enseigné dans les v. 9 à 13. Le principe avec lequel l’économe agit est appliqué. Les richesses injustes (v. 9) sont donc les biens de ce monde que l’homme en chute s’est appropriées alors qu’il devait les considérer comme étant celles de Dieu. Les biens que possèdent les croyants doivent être utilisés pour Dieu, pour son service, en vue du ciel. Les tabernacles éternels (v. 9) y sont en vue ! Soyons fidèles en administrant, pour Dieu, les biens de ce monde. Souvenons-nous que ces biens lui appartiennent.  Prenons garde car (v. 11 note a,, 12 et 13), ce « Mammon » représente, en d’autres termes, ces richesses qui deviennent un dieu, une idole, quelque chose qui prend la place de Christ dans le cœur, une abomination pour Dieu.  

Encore : les richesses de ce monde sont appelées injustes parce qu’elles se rattachent à l’homme en chute et non à l’homme céleste. Elles n’avaient aucune place lorsqu’Adam était innocent.  Au v. 8 « fils de ce siècle » est synonyme de mondain. Les v. 5 à 7 dépeignent toute l’habileté de cet économe qui est prompt, qui fait venir les débiteurs séparément, etc. Soyons aussi prompts pour les choses célestes. Toujours au v. 8, les fils de la lumière sont ceux qui connaissent celui qui est la lumière du monde. Au sujet du v. 9, imitons donc pour ce qui concerne nos âmes cette application diligente que les gens du monde apportent à leurs intérêts présents, et avec la grâce faisons honnêtement ce que l’économe fit malhonnêtement. Soyons prudents et prévoyants dans le bien. 

Versets 14 à 18 : des pharisiens se moquent de Jésus. Ils comprirent très bien le sens de la parabole de l’économe infidèle. Très attachés aux choses de ce monde, ils ne trouvaient aucune envie de les abandonner. Ils recherchaient (v. 15) l’appréciation des hommes. En présence des hommes, ces pharisiens ne veulent pas avoir à faire avec Dieu dans la personne de Jésus. Jésus peut dire (v. 16) que la loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean le Baptiseur. Le temps de la loi et des prophètes étaient passés. Dieu remplaçait cet ordre de choses par son royaume qui était annoncé. Pour y entrer, il faut user de force et rompre avec le système juif dont les pharisiens étaient  les conservateurs. Il fallait faire violence à ses sentiments religieux et nationaux. Au v. 17, la loi demeure inflexible pour ceux qui ne veulent pas accepter la grâce. Les pharisiens frelataient la loi. Jésus le leur a reproché (cf Marc 7, 9-13). 

Versets 19 à 31 : la parabole du riche et Lazare. En rapport avec l’administration des biens à faire ici-bas, la parabole de ces versets présente ce qui arrivera après cette vie. Il y a d’un côté celui qui aura souffert dans ce monde sans y avoir eu de biens et de l’autre celui qui aura voulu jouir pour lui seul les biens qu’il possédait ici-bas. Lazare signifie « secours de Dieu ». Il n’est pas mentionné qui a la piété et qui ne l’a pas ! Mais le fait que Lazare soit mentionné indique que Dieu s’intéresse à lui. La suite montre leur part respective. Jésus, pour ainsi dire, tire le voile qui cache l’au-delà. Comme pour tous les hommes, la vie prend fin un jour sur cette terre. Le juste est avec le Seigneur. Quant au riche, il est simplement relevé qu’il fut enseveli. Ce dernier, pour deux raisons, ne peut même pas avoir un peu de rafraichissement. La première raison est qu’il n’a pas su administrer ses biens (v. 25). La seconde (v. 26) est que, après la mort, il y a un gouffre infranchissable qui existe entre le ciel et le lieu de tourments, entre la vie et la mort, les ténèbres et la lumière. Alors (v. 28) le riche comprend que la repentance est indispensable pour aller au ciel. C’est en effet indispensable de reconnaître son état de péché et de le juger à la lumière des Écritures pour être sauvé. 

Encore : dans ce chapitre le Seigneur insiste sur le danger qu’il y a pour l’homme à s’attacher aux choses du temps présent en négligeant l’avenir éternel. On pourrait appeler le chapitre 16 « le chapitre des richesses ». Les richesses sont une épreuve pour celui qui les possède et un grand piège pour celui qui les recherche. Au ch. 15 il y avait la grâce qui va chercher ce qui est perdu. Le ch. 16 va plus loin. Il montre que l’homme a prouvé qu’il n’est pas digne de la confiance de Dieu. La Parole donne ainsi maints exemples pour nous montrer les différents états dans lesquels peuvent se trouver les âmes. Adressé aux disciples, le chapitre 16 est un enseignement pour les croyants tandis que le ch. 15 était une évangélisation pour le monde.

À la fin du chapitre 15 le voile est soulevé pour nous montrer l’intérieur de la maison du Père et à la fin 16ème, il l’est pour nous montrer l’intérieur de l’enfer avec une âme tourmentée dans les flammes. Terrible contraste.

 

 



Chapitre 17       Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc


Or il dit à ses disciples: Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales*; mais malheur à celui par qui ils arrivent! 2  Mieux lui vaudrait qu’on lui mît au cou une meule d’âne*, et qu’il fût jeté dans la mer, que de scandaliser un de ces petits. 3
Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère pèche, reprends-le, et s’il se repent, pardonne-lui; 4 et si sept fois le jour il pèche contre toi, et que sept fois il retourne à toi, disant: Je me repens, tu lui pardonneras.
Et les apôtres dirent au Seigneur: Augmente-nous la foi. 6 Et le Seigneur dit: Si vous avez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à ce mûrier: Déracine-toi, et plante-toi dans la mer; et il vous obéirait. Mais qui est celui d’entre vous, qui, ayant un esclave labourant ou paissant [le bétail], quand il revient des champs, dise: Avance-toi de suite et* mets-toi à table?  Ne lui dira-t-il pas au contraire: Apprête-moi à souper et ceins-toi, et me sers jusqu’à ce que j’aie mangé et bu; et après cela, tu mangeras et tu boiras, toi?  9 Est-il obligé à l’esclave de ce qu’il a fait ce qui avait été commandé? Je ne le pense pas. 10 Ainsi, vous aussi, quand vous aurez fait toutes les choses qui vous ont été commandées, dites: Nous sommes des esclaves inutiles; ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait. 11 Et il arriva qu’en allant à Jérusalem, il traversait la Samarie et la Galilée. 12 Et comme il entrait dans un village, dix hommes lépreux le rencontrèrent; et ils s’arrêtèrent de loin; 13 et ils élevèrent la voix, disant: Jésus, maître*, aie pitié de nous! 14 Et les voyant, il leur dit: Allez, montrez-vous aux sacrificateurs*. Et il arriva qu’en s’en allant ils furent rendus nets. 15 Or l’un d’entre eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix; 16 et il se jeta sur sa face aux pieds de Jésus*, lui rendant grâces. Et c’était un Samaritain. 17 Et Jésus, répondant, dit: Les dix n’ont-ils pas été rendus nets? Et les neuf, où sont-ils? 18 Il ne s’en est point trouvé qui soient revenus pour donner gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger. 19 Et il lui dit: Lève-toi, et t’en va; ta foi t’a guéri*.
20 Or, étant interrogé par les pharisiens quand viendrait le royaume de Dieu, il leur répondit et dit: Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à attirer l’attention; 21 et on ne dira pas: Voici, il est ici; ou, voilà, il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous. 22 Et il dit aux disciples: Les jours viendront où vous désirerez de voir l’un des jours du fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. 23 Et on vous dira: Voici, il est ici; ou, voilà, il est là. N’y allez pas, et ne les suivez pas. 24 Car comme l’éclair qui brille, luit de l’un des côtés de dessous le ciel jusqu’à l’autre côté de dessous le ciel, ainsi sera le fils de l’homme en son jour. 25 Mais auparavant il faut qu’il souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté par cette génération. 26 Et comme il arriva aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il aux jours du fils de l’homme aussi: 27 on mangeait, on buvait, on se mariait, on donnait en mariage, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche; et le déluge vint, et les fit tous périr*. 28 De même
aussi, comme il arriva aux jours de Lot: on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait; 29 mais, au jour où Lot sortit de Sodome, il plut du feu et du soufre du ciel, qui les fit tous périr*; 30 il en sera de même au jour où le fils de l’homme sera manifesté. 31 En ce jour-là, que celui qui sera sur le toit* et qui aura ses effets dans la maison, ne descende pas pour les emporter; et pareillement que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière. 32 Souvenez-vous de la femme de Lot*. 33 Quiconque cherchera à sauver sa vie, la perdra; et quiconque la perdra, la gagnera*. 34 Je vous dis qu’en cette nuit-là deux seront sur un même lit, l’un sera pris et l’autre laissé; 35 deux femmes moudront ensemble, l’une sera prise et l’autre laissée; 36 [deux seront aux champs, l’un sera pris et l’autre laissé]. 37 Et répondant, ils lui disent: Où, Seigneur? Et il leur dit: Là où est le corps, là aussi s’assembleront les aigles*.

 

 v. 1: voir note à Matthieu 13:41.  / v. 2: meule que fait tourner un âne dans un moulin.  / v. 7: ou: dise aussitôt: Avance-toi, et.  / v. 13: celui qui est au-dessus des autres.  / v. 14: voir Lévitique 14.  / v. 16: litt.: à ses pieds.  / v. 19: litt.: sauvé  / v. 27: voir Genèse 7.  / v. 29, 32: voir Genèse 19.  / v. 31: toit en terrasse accessible de l’intérieur.  / v. 33: ou: conservera; litt.: vivifiera.  / v. 37: évoque avec quelle rapidité les oiseaux de proie fondent sur les cadavres; voir Matthieu 24:27-28.




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Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »
Ce chapitre présente :
Versets 01 à 04 : un enseignement à pardonner
Versets 05 à 10 : faire ce qui est commandé
V
ersets 11 à 19 : les dix lépreux
Versets 20 à 37 : le royaume de Dieu
Les
récits de ce chapitre ne se trouvent pas dans les autres évangiles

Versets 01 à 04 : un enseignement à pardonner. Il faut veiller sur soi afin de ne pas être une occasion de chute en tombant soi-même (v. 3). Veiller sur soi signifie : se juger constamment et juger sa voie à la lumière de la Parole de Dieu + être sévère pour soi et plein de grâce envers nos frères qui peuvent manquer aussi. Ces versets portent notre attention sur le fait que la grâce dont nous sommes les objets doit nous caractériser dans toutes nos voies; ils constituent un enseignement à pardonner. Pardonnons à notre prochain en s’assurant qu’il s’est repenti devant Dieu car sans cela ce serait encourager le mal. Soyons exercés à pardonner tout de suite, dans nos cœurs, la faute connue. Mais manifestons ce pardon aussitôt que l’on entend dire cette petite expression souvent difficile à dire : « je me repends ».

Versets 05 à 10 : faire ce qui est commandé. La foi compte sur Dieu seul. Puis, avec la foi, il y a un autre principe qui est l’obéissance. Le Seigneur veut, tout comme les disciples, nous y rendre attentifs. L’exemple de l’obéissance (v. 7 à 9) est relaté par cet esclave qui rentre des champs et qui doit préparer à son maître un repas. Cet esclave doit l’obéissance à son maître et il le sert. Pour nous, lorsque nous connaissons la volonté de Dieu, il s’agit simplement d’obéir et ne pas tergiverser en rapport avec notre peu de foi. Le sentiment qu’il faut avoir envers notre maître est celui du v. 10, à savoir que « nous sommes des esclaves inutiles et que ce que nous étions obligés de faire, nous l’avons fait ». Ce verset déclare le beau sentiment qu’il nous faut avoir envers celui qui nous a aimé plus que sa propre vie et qui nous fournit tout le nécessaire pour le servir. Ne recherchons pas la louange des autres et retenons, dans ce passage, qu’il s’agit de penser au Maître en rapport avec son service. Ne perdons pas de vue ce principe d’obéissance. Plutôt que de ne voir que des actes de foi, guérisons et autre fait très intéressants, faisons beaucoup de cas de l’obéissance due au Seigneur en conformant sa marche individuelle ou collective à l’enseignement immuable de la Parole de Dieu. L’obéissance va avec la foi. 

Versets 11 à 19 : les dix lépreux. Les sacrificateurs constatent, sans plus,  la guérison des lépreux. Ils sont rendus nets. Dieu seul peut guérir cette terrible maladie. Ce passage enseigne que les formes du culte, ordonnées par Moïse pendant que Dieu n’était pas révélé en grâce, n’avaient plus aucune valeur. L’épître aux Hébreux le démontre. L’enseignement en est donné dans la guérison des dix lépreux et dans la conduite de l’un d’eux qui est un samaritain. C’est d’autant plus remarquable lorsque l’on sait que la Samarie était reconnue par son idolâtrie. Les neuf Juifs guéris ne se sont pas laissés dirigés par la grâce dont ils ont été les objets et restent au système légal. Ils sont guéris mais ils ne vont pas plus loin. Quant au samaritain, hors du giron de la loi, il revient naturellement à Jésus, source de la grâce. Il donne gloire à Dieu et se jette aux pieds du Sauveur pour le bénir. Il n’a plus besoin de la loi ni des sacrificateurs. Ce samaritain présente, dans son attitude, l’état normal de tout croyant lavé de ses péchés par le sang de Christ. Il est un adorateur. Tel est le culte à rendre au Père et au Fils depuis que le Saint Éprit est descendu pour faire connaître tous les résultats de l’œuvre de Christ. Quant aux neuf autres, ils font une perte. Ils sont sans  joie réelle et sans développement spirituel. C’est l’état de beaucoup de personnes sauvées mais sans être affranchies des systèmes humains qui voilent la beauté et la valeur de leur Sauveur et Seigneur. 

Versets 20 à 37 : le royaume de Dieu. Les pharisiens (v. 20) posent une question au Seigneur. Ils pensent à l’établissement du royaume en gloire tel que les prophètes l’avaient annoncé par une apparition sensationnelle du roi pour l’établir. Mais ils ne se préoccupaient fort peu du caractère moral du royaume sinon pour croire qu’eux-mêmes avaient des qualités pour y entrer et pour en jouir. L’expression « royaume de Dieu » présente à l’esprit le caractère moral de cet état de choses par rapport aux perfections de Dieu lui-même, perfections manifestées en Christ qui est le Roi. Dans la normale des choses, un royaume quelconque porte les caractères de son roi. Alors (v. 22 et suivants) le Seigneur parle à ses disciples et les met en garde afin qu’ils n’écoutent pas des indications trompeuses. Il leur dit que des jours mauvais allaient suivre sa rejection (cf v. 25). Ces jours mauvais ont eu lieu et continueront pour le résidu après l’enlèvement des saints. C’est là que viennent s’intercaler les v. 24 et 25. Jésus, comme nous pouvons le constater, prend le titre de Fils de l’homme lorsque son rejet comme Messie est un fait reconnu. Repoussé comme tel, lorsqu’il vint en grâce, il apparaîtra soudainement semblable à l’éclair comme Fils de l’homme pour juger ceux qui le rejettent et délivrer ceux qui l’attendent. Mais avant, Jésus devait souffrir pour accomplir l’œuvre de la rédemption en vertu de laquelle le royaume pourrait s’établir. Et la génération qui refusait de reconnaître le royaume venu dans sa personne, le rejette définitivement. Les pharisiens devaient reconnaître le royaume dans la personne de Jésus (v. 21) … « le royaume est au milieu de vous » ; ils étaient pleinement responsables de ne pas le reconnaître. Les v. 31 à 33 donnent des instructions pour les fidèles dans les temps troublés relatés dans les v. 27 à 30. Puis (v. 34 et 35) le jugement tombera sur le peuple apostat et sur des personnes se trouvant dans de mêmes circonstances. L’un sera pris, l’autre laissé (v. 36), laissé pour jouir du règne. Mais lorsque le Seigneur viendra pour enlever les saints aujourd’hui, l’inverse aura lieu. Au v. 37, dans un langage figuré, le Seigneur dit que le jugement tombera sur le corps mort d’Israël apostat, rentré dans son pays après en avoir été chassé par des jugements dont le Seigneur ne parle pas ici, mais au ch. 21, 24 tout particulièrement. On voit l’analogie qu’il existe avec les jours dont il est question et les jours actuels ; les jugements sont à la porte. 

La fin du chapitre montre que le caractère du jugement annoncé. Il ne s’agit donc pas de la destruction de Jérusalem par Titus. On y voit la main de Dieu qui sait discerner, prendre et épargner. D’une part, le jugement descend sur ces proies qui ne peuvent pas s’échapper, mais d’autre part ceux qui sont prévenus par le Seigneur sont épargnés. Aussi n’est-ce pas un jugement de mort, mais un jugement sur la terre.



Chapitre 18          Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

 Et il leur dit aussi une parabole, pour [montrer] qu’ils devaient toujours prier et ne pas se lasser, 2 disant: Il y avait dans une ville un certain juge qui ne craignait pas Dieu et qui ne respectait pas les hommes; et dans cette ville-là il y avait une veuve, et elle alla vers lui, disant: Venge-moi de mon adversaire. 4 Et il ne le voulut pas pour un temps. Mais après cela, il dit en lui-même: Quoique je ne craigne pas Dieu et que je ne respecte pas les hommes, 5 néanmoins, parce que cette veuve
m’ennuie, je lui ferai justice, de peur que, revenant sans cesse, elle ne me rompe* la tête. 6 Et le Seigneur dit: Écoutez ce que dit le juge inique*. Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et il use de patience [avant d’intervenir] pour eux? 8 Je vous dis que bientôt il leur fera justice. Mais le fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il de la foi sur la terre?

Et il dit aussi cette parabole à quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme s’ils étaient justes, et qui tenaient le reste des hommes pour rien: 10 Deux hommes montèrent au temple pour prier, l’un pharisien, et l’autre publicain. 11 Le pharisien, se tenant à l’écart, priait en lui-même en ces termes: Ô Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le
reste des hommes qui sont ravisseurs, injustes, adultères; ou même comme ce publicain. 12 Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. 13 Et le publicain, se tenant loin, ne voulait même pas lever les yeux vers le ciel, mais se frappait la poitrine, disant: Ô Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur*! 14 Je vous dis que celui-ci descendit en sa maison justifié plutôt que l’autre; car quiconque s’élève, sera abaissé; et celui qui s’abaisse sera élevé.

15 Et on lui apporta aussi les petits enfants, afin qu’il les touchât; et les disciples, le voyant, reprirent ceux [qui les apportaient]. 16 Mais Jésus, les ayant appelés, dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car à de tels* est le royaume de Dieu. 17 En vérité, je vous dis: Quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point.

18 Et un des chefs [du peuple] l’interrogea, disant: Bon maître, que faut-il que j’aie fait pour hériter de la vie éternelle? 19 Et Jésus lui dit: Pourquoi m’appelles-tu bon? Nul n’est bon, sinon un [seul], Dieu. 20 Tu sais les commandements: Ne commets point adultère; ne tue point; ne dérobe point; ne dis point de faux témoignage; honore ton père et ta mère. 21 Et il dit: J’ai gardé toutes ces choses dès ma jeunesse. 22 Et quand Jésus eut entendu cela, il lui dit: Une* chose te manque encore: vends tout ce que tu as, et distribue-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux; et viens, suis-moi. 23 Et lui,
ayant entendu ces choses, devint fort triste; car il était extrêmement riche. 24 Et Jésus, voyant qu’il était devenu fort triste, dit: Combien difficilement ceux qui ont des biens entreront-ils dans le royaume de Dieu! 25 Car il est plus facile qu’un chameau entre par un trou d’aiguille, qu’un riche n’entre dans le royaume de Dieu. 26 Et ceux qui entendirent cela, dirent: Et qui peut être sauvé? 27 Et il dit: Les choses qui sont impossibles aux hommes, sont possibles à Dieu. 28 Et Pierre dit: Voici, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. 29 Et il leur dit: En vérité, je vous dis, qu’il n’y a personne qui ait quitté maison, ou parents, ou frères, ou femme, ou enfants, pour l’amour du royaume de Dieu, 30 qui ne reçoive beaucoup plus en ce temps-ci, et, dans le siècle qui vient, la vie éternelle.

31 Et prenant à lui les douze, il leur dit: Voici, nous montons à Jérusalem, et toutes les choses qui sont écrites par les prophètes touchant le fils de l’homme seront accomplies: 32 car il sera livré aux nations; on se moquera de lui, et on l’injuriera, et on crachera contre lui; 33 et après qu’ils l’auront fouetté, ils le mettront à mort; et le troisième jour il ressuscitera. 34 Et ils ne comprirent rien de ces choses; et cette parole leur était cachée, et ils ne comprirent* pas les choses qui étaient dites.

35 Et il arriva, lorsqu’il fut venu dans le voisinage de Jéricho, qu’un aveugle était assis sur le bord du chemin et mendiait. 36 Et entendant la foule qui passait, il demanda ce que c’était. 37 Et on lui rapporta que Jésus le Nazaréen passait. 38 Et il cria, disant: Jésus, Fils de David, aie pitié de moi! 39 Et ceux qui allaient devant le reprirent afin qu’il se tût; mais il criait d’autant plus fort: Fils de David! aie pitié de moi. 40 Et Jésus, s’étant arrêté, ordonna qu’on le lui amenât; et comme il s’approchait, il l’interrogea, [disant]: 41 Que veux-tu que je te fasse? Et il dit: Seigneur, que je recouvre la vue. 42 Et Jésus lui dit: Recouvre la vue, ta foi t’a guéri*. 43 Et à l’instant il recouvra la vue et le suivit, glorifiant Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, donna louange à Dieu.
v. 
5: ou: qu’elle ne vienne perpétuellement me rompre.  / v. 6: ailleurs: injuste.  / v. 13: litt.: le pécheur.  / v. 16: litt.: car de tels.  / v. 22: Une seule.  / v. 34: litt.: connurent.  / v. 42: litt.: sauvé.



Commentaires sur le chapitre 18
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Chapitres  9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »
Ce chapitre présente :
Versets 01 à 08 : exhortation à toujours prier
Versets 
09 à 14 : le pharisien et le publicain
Versets 
15 à 17 : laissez venir à moi les petits enfants
Versets 
18 à 30 : un homme extrêmement riche
Versets 
31 à 34 : Jésus qui annonce ses souffrances et sa mort
Versets 
35 à 43 : l’aveugle de Jéricho

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Jean

v. 15 à 17

 Ch. 19 v. 13 à 15

 Ch. 10 v. 13 à 16

Aucun
passage identique dans l’évangile de Jean

v. 18 à 30

 Ch. 19 v. 16 à 30

 Ch. 10 v. 17 à 31

v. 31 à 34

 Ch. 20 v. 17 à 19

 Ch. 10 v. 32 à 34

v. 35 à ch. 19 v. 1

 Ch. 20 v. 29 à 34

 Ch. 10 v. 46 à 52

Autres versets de Luc chapitre 18 = que dans Luc


Versets 
1 à 8 exhortation à toujours prier. La parabole de la veuve et du juge inique nous encourage à prier avec persévérance. En effet, si un homme méchant finit par se laisser fléchir, à plus forte raison le Dieu d’amour interviendra-t-il pour délivrer ses élus. Au sujet du v. 7, les élus du peuple juif réaliseront toute la force de ce passage lors de la tribulation finale. Dans ce chapitre (comme dans ces v. 1-8) différentes paraboles sont là. Jésus les prononce pour poursuivre son enseignement aux disciplesAu début du chapitre, il ressort qu’en tous temps et en tous lieux, Dieu prête l’oreille à la prière et cela est valable aussi bien pour le temps de l’Église que pour celui de la tourmente finale. Dieu, dans sa toute connaissance, répond au moment opportun. Dans l’esprit de la parabole des  v. 1 à 8, la veuve représente le résidu pieux de l’époque pré-millénaire foulé aux pieds comme la boue des rues et soupirant pour la délivrance et pour la vengeance des persécuteurs (cf És. 18, 7). Ce résidu attendra, attendra et ne verra rien venir d’où la prière instante et persévérante comme moyen de secours. Son attente ne sera pas réduite à néant. Dieu use de patience avant d’intervenir pour ses élus. L’extrémité de l’homme n’est-elle pas l’opportunité de Dieu ? Le libérateur sera celui qu’ils ont percé, estimé battu pour toujours, celui qui est l’Agneau de Dieu, un agneau affligé et même frappé de Dieu (És. 53, 10). C’est le Messie promis; le Roi sera leur libérateur. À lui seul appartient l’exécution de la vengeance. Mais lorsqu’il viendra, trouvera-t-il de la foi (v. 8); ce verset termine l’avertissement prophétique à l’égard des derniers jours. L’attente de ce résidu sera-t-elle en Christ ou au juge du v. 2 auquel la veuve s’adresse ! Et nous, que faisons-nous, où regardons-nous ? Ce cri de la veuve typifie donc bien ce cri du juif opprimé qui, ayant sa part sur la terre, demande, sous la pression d’un adversaire injuste, à être vengé de cet adversaire. C’est ce que fera le résidu repentant et privé de tout appui. Il criera à Dieu jour et nuit. Dieu reconnaît bien de tels fidèles en ses élus mais il use de patience envers leurs ennemis avant d’intervenir. La grâce brille avant la justice même si l’on peut se demander si ce cri est absolument l’expression de la foi du résidu. Toutefois Dieu, en compassion, répondra. C’est un encouragement à la prière même si elle n’a pas le caractère élevé de confiance en Dieu qu’elle devrait avoir. 

Versets  09 à 14 : le pharisien et le publicain.
Versets  15
à 17 : laissez venir à moi les petits enfants.

Moralement, sont là : les ascendances  de Caïn pour les pharisiens et d’Abel pour le publicain, quoiqu’Abel se savait justifié. Le seul titre qui donne le droit de nous approcher de Dieu, est celui de pécheur. C’est au cœur que Dieu regarde et non aux apparences, comme celles du pharisien (cf 1 Sam. 16, 7). Le Seigneur, mieux que quiconque, sonde le cœur. Puis, v. 15 à 17, nous avons ce touchant exemple des petits enfants, montrant par là qu’il faut cette foi enfantine pour recevoir les vérités de la Parole. 

Dans tous ces versets, les disciples sont mis en garde contre le péché le plus odieux aux yeux de Dieu, c’est-à-dire l’orgueilLe pharisien regarde à lui-même et non à Dieu. Il est satisfait de lui-même. Il ne se rend pas compte que son état est pire que celui de ses semblables à l’échelle desquels il se mesurait. La vanité était le mobile de ses actions. Quant au publicain, il prend la place qui convient à un homme déchu devant Dieu. Dans cette parabole (v. 9 à 14), le sujet de la prière est là. La conclusion pratique se trouve à la fin du v. 14;. elle confond l’attitude du pharisien. Puisse cette instruction ne pas nous échapper. Sommes-nous le miroir de l’état du pharisien ou du publicain. Aucun homme réellement chrétien ne parlera comme ce pharisien. Mais s’il y a, par grâce, quelque don, quelque capacité spirituelle, gardons-nous de regarder de haut ceux que nous pourrions estimer être moins capables. N’ayons aucun orgueil religieux. À propos du v. 14, un passage similaire se trouve au ch. 14, 11 en rapport avec l’orgueil mondain. L’instruction en est la même que pour l’orgueil religieux du pharisien. Serrons cette instruction dans nos cœurs car le pharisaïsme s’introduit facilement dans nos rapports avec nos frères. Celui qui s’estime très haut est toujours en danger de tenir ses frères pour rien et de tomber très bas. Dans le publicain, nous avons donc l’humilité dans le péché dont l’homme est responsable. Quant aux petits enfants, nous avons l’humilité dans la conscience du mal. 

Puis les disciples (v. 15) s’opposent à ce que les enfants soient apportés au Seigneur. Leur attitude dénote, comme ce fut souvent le cas, qu’ils n’entraient pas dans les pensées de grâce et d’amour du Seigneur Jésus. Mais l’intervention des disciples donne un enseignement des plus doux et des plus reposants de la Parole : c’est qu’il faut la simplicité et la candeur enfantine pour entrer dans le royaume de Dieu. Il faut croire Dieu sur parole. Il s’agit d’abandonner toute volonté personnelle, tout raisonnement charnel. 

Versets  18 à 30 : un homme extrêmement riche. Cet homme, qui est l’un des chefs du peuple, a de belles qualités mais, en fait, il enfreint le premier commandement car les richesses constituent « son dieu ». Ce jeune homme avait tout pour jouir de la vie mais les biens d’ici-bas ne donnent pas le bonheur. Les richesses sont une entrave pour suivre Jésus à tout cœur qui s’attache aux richesses de ce monde. Jésus (v. 19 et suivants) met les choses au point. Ce chef du peuple, qui croyait avoir gardé la loi, est sondé par celui qui sonde les cœurs et éprouve les reins. Ce qui lui manque est indiqué au v. 22 : vendre tout ce qu’il a et en donner le produit aux pauvres. La loi, qu’il croyait suivre scrupuleusement, le trouve en défaut sur ce qui en est la somme du fait qu’il n’aime pas son prochain comme lui-même. Aussi devient-il fort triste car il est extrêmement riche. Cette circonstance donne lieu à un enseignement important en ce que l’homme est incapable de satisfaire Dieu par l’observation de la loi. Tout homme riche est en danger de s’attacher aux richesses. Or les richesses constituent un obstacle à l’entrée du royaume (cf v. 24 et 25). Alors l’homme raisonne en disant « qui peut être sauvé ? (v. 26). La réponse du Seigneur est parlante (v. 27) : pour Dieu, tout est possible. La leçon de ces richesses est fort pratique pour celui qui possède des biens d’ordre matériel ou moral. Agur avait bien compris cela (cf Prov. 30, 8). Ainsi donc, dans ce récit de l’homme riche, le néant de homme, même honnête, est mis en évidence. Ce jeune homme, en plus de ses richesses, était un des chefs du peuple.  Il semble qu’il avait tout pour hériter de la vie éternelle; pourtant il a conscience que tout cela ne suffit pas. Il désirait alors apprendre de Jésus ce qui manquait ! Or il ne s’agissait pas d’ajouter mais bien de retrancher. Il faut tout abandonner pour suivre Christ. Il ne se connaît ni lui-même ni Dieu. Il est le type de l’honnête homme qui voudrait en quelque sorte gagner le ciel par ses mérites mais il doit apprendre que Dieu ne vend pas le ciel. Il le donne par grâce aux indignes. Jésus seul a pu payer la somme pour acquérir le ciel au prix des souffrances de la croix . C’est pourquoi, dans les v. 31 à 34 le Seigneur entretient ses disciples de sa mort ignominieuse qu’il allait subirà Jérusalem. La croix montre tout ce que l’homme peut faire avec toute sa religion légale et Dieu montre ce qu’il fait pour le salut des plus grands pécheurs.

Versets  31 à 34 : Jésus annonce ses souffrances et sa mort. Dans les v. 32 et 33, méditons chaque expression en ajoutant « pour moi », ce qui donne :

32 car il sera livré aux nations (« pour moi »); on se moquera de lui (« pour moi »), et on l’injuriera (« pour moi »), et on crachera contre lui (« pour moi »); 33 et après qu’ils l’auront fouetté (« pour moi »), ils le mettront à mort (« pour moi »); et le troisième jour il ressuscitera (« pour moi »). Donc, « pour moi, pour quiconque croit en Lui », Jésus a souffert, fut mis à mort puis est ressuscité. Ce passage contient ce que le Seigneur a dit suite à l’intervention de Pierre (v. 28). Notre attention est aussi portée sur le fait qu’il ne faut pas attacher beaucoup de prix aux avantages éphémères dont nous jouissons ici-bas. En effet, après le désert de ce monde, il y aura la vie éternelle en gloire, dans le ciel, dans la maison du Père. Puisse une telle espérance donner des ailes à tout enfant de Dieu. Le chemin vers Jérusalem est mentionné (v. 31). C’est le chemin du Fils de l’homme. Il marche ici-bas en suivant les sentiers de la terre dans la souffrance. Ce fait ressort
davantage dans l’évangile de Luc, celui du « Fils de l’homme », avec plusieurs passages du chemin qui mène à Jérusalem. Jésus, dans le tableau complet de ce qui allait lui arriver, mentionne sept choses (v. 32 et 33) : 1) Il serait livré aux nations. 2) On se moquerait de Lui. 3) On l’injurierait. 4) On cracherait contre Lui. 5) Il serait fouetté. 6) Il serait mis à mort. 7) Il ressusciterait le troisième jour. Si nous comprenons ces choses (cf v. 34), c’est que nous avons le Saint Esprit. Puissions-nous mieux les saisir. 

Versets  35 à 43 : l’aveugle de Jéricho. La fin de ce chapitre, ainsi que le début du ch. 19 relate la visite du Seigneur Jésus à Jéricho. C’est une occasion probablement unique, aux deux hommes mentionnés, de rencontrer Jésus. En dépit des obstacles, ils ont su saisir cette occasion.

Le récit de l’aveugle de Jéricho n’est-il pas l’image du peuple d’Israël et de l’homme dans son état naturel devant Dieu, c’est-à-dire l’incapacité de voir les choses selon Dieu et être en quête d’un peu de bonheur. Mais l’aveugle entend que Jésus le Nazaréen passe par là. C’est bien en ce Jésus, Jéhovah Sauveur, Dieu venu en grâce pour sauver sa créature aveugle, dénuée de tout, que ce trouve le secours. C’est Jésus de Nazareth, bourgade méprisée (Jean 1, 47), bourgade située dans la Galilée des nations (Es. 9, 1) que les Juifs avaient en petite estime. C’était Jésus le vrai Nazaréen, plus pur que la neige (cf Lam. 4, 7), entièrement mis à part pour Dieu. Alors l’aveugle discerne en Lui celui qui peut le guérir. Sa foi est au-dessus des obstacles et Jésus ne peut que répondre à une telle foi qui, certainement aujourd’hui aussi, sauve quiconque crie au Seigneur. L’homme aveugle de Jéricho est le commencement des derniers évènements de la vie de Christ ici-bas

La guérison de l’aveugle de Jéricho termine le service public du Seigneur. Cet aveugle, comme ceux qui sont au bénéfice de la venue du Fils de David, quoi que son rejet lui vaut le titre du Fils de l’homme, seront à l’abri des jugements. Ils font partie de l’Église qui, pour un temps, a remplacé Israël comme témoignage de Dieu sur la terre. 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapitre 19                Retour à la table des matières de l’évangile selon Luc

1 Et il entra dans Jéricho, et traversa [la ville]. 2 Et voici, un homme, appelé du nom de Zachée: et il était chef de publicains, et il était riche; 3 et il cherchait à voir Jésus, quel il était; et il ne pouvait, à cause de la foule, car il était petit de taille. 4 Et, courant en avant, il monta sur un sycomore pour le voir; car il allait passer là. 5 Et quand il fut venu à cet endroit, Jésus, regardant, le vit, et lui dit: Zachée, descends vite; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. Et il descendit à la hâte, et le reçut avec joie. 7 Et voyant cela, tous murmuraient, disant qu’il était entré chez un pécheur pour y loger. 8 Et Zachée, se tenant là, dit au Seigneur: Voici, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres; et si j’ai fait tort à quelqu’un par une fausse accusation, je lui rends le quadruple. Et Jésus lui dit: Aujourd’hui [le] salut est venu* à cette maison, vu que lui aussi est fils d’Abraham; 10 car le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu.
11 Et comme ils entendaient ces choses, il ajouta et [leur] dit une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem, et qu’ils pensaient que le royaume de Dieu allait immédiatement paraître. 12 Il dit donc: Un homme noble* s’en alla dans un pays éloigné, pour recevoir un royaume** et revenir. 13 Et ayant appelé dix de ses propres esclaves, il leur donna dix mines, et leur dit: Trafiquez jusqu’à ce que je vienne. 14 Or ses concitoyens* le haïssaient; et ils envoyèrent après lui une ambassade, disant: Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous. 15 Et il arriva, à son retour, après qu’il eut reçu le royaume*, qu’il commanda d’appeler auprès de lui ces esclaves auxquels il avait donné l’argent, afin qu’il sût combien chacun aurait gagné par son trafic. 16 Et le premier se présenta, disant: Maître*, ta mine a produit dix mines. 17 Et il lui dit: Bien, bon esclave, parce que tu as été fidèle en ce qui est très-peu de chose, aie autorité sur dix villes. 18 Et le second vint, disant: Maître, ta mine a produit cinq mines. 19 Et il dit aussi à celui-ci: Et toi, sois [établi] sur cinq villes. 20 Et un autre vint, disant: Maître, voici ta mine, que j’ai gardée déposée dans un linge; 21 car je t’ai craint, parce que tu es un homme sévère: tu prends ce que tu n’as pas mis, et tu moissonnes ce que tu n’as pas semé. 22 Il lui dit: Je te jugerai par ta propre parole*, méchant esclave: tu savais que moi je suis un homme sévère, prenant ce que je n’ai pas mis et moissonnant ce que je n’ai pas semé; 23 et pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque, et quand je serais venu je l’eusse retiré avec l’intérêt? 24 Et il dit à ceux qui étaient présents: Ôtez-lui la mine et donnez-la à celui qui a les dix mines. 25 — Et ils lui dirent: Seigneur, il a dix mines. 26 — Car je vous dis qu’à quiconque a, il sera donné; et à celui qui n’a pas, cela même qu’il a lui sera ôté. 27 Mais ceux-là, mes ennemis, qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, amenez-les ici et tuez-les devant moi.
28 Et ayant dit ces choses, il allait devant eux, montant à Jérusalem.
29 Et il arriva, comme il approchait de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne appelée des Oliviers, qu’il envoya deux de ses disciples, 30 disant: Allez au village qui est vis-à-vis; et y étant entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel jamais aucun homme* ne s’assit; détachez-le, et amenez-le. 31 Et si quelqu’un vous demande pourquoi vous le détachez, vous lui direz ainsi: Le Seigneur en a besoin. 32 Et ceux qui étaient envoyés, s’en allant, trouvèrent [tout] comme il le leur avait dit. 33 Et comme ils détachaient l’ânon, les maîtres de celui-ci leur dirent: Pourquoi détachez-vous l’ânon? 34 Et ils dirent: Parce que le Seigneur en a besoin. 35 Et ils l’amenèrent à Jésus; et ayant jeté leurs vêtements sur l’ânon, ils mirent Jésus dessus. 36 Et comme il allait son chemin, ils étendaient leurs vêtements sur le chemin. 37 Et comme il approchait déjà, à la descente de la montagne des Oliviers, toute la multitude des disciples, se réjouissant, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu’ils avaient vus, 38 disant: Béni soit le roi qui vient au nom du *Seigneur*! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts!
39 Et quelques-uns des pharisiens lui dirent du milieu de la foule: Maître, reprends tes disciples.
40 Et répondant, il leur dit: Je vous dis que si ceux-ci se taisent, les pierres crieront. 41 Et quand il fut proche, voyant la ville, il pleura sur elle, disant: 42 Si tu eusses connu, toi aussi, au moins en cette tienne journée, les choses qui appartiennent à ta paix! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux. 43 Car des jours viendront sur toi, où tes ennemis t’entoureront de tranchées, et t’environneront, et te serreront de tous côtés, 44 et te renverseront par terre, toi et tes enfants au dedans de toi; et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as point connu le temps de ta visitation*.
45 Et il entra au temple, et se mit à chasser dehors ceux qui y vendaient et qui y achetaient, 46 leur disant: Il est écrit: «Ma maison est une maison de prière» [Ésaïe 56:7]; mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs*. 47 Et il enseignait tous les jours dans le temple; et les principaux sacrificateurs et les scribes, et les principaux du peuple, tâchaient de le faire mourir. 48 Et ils ne trouvaient rien qu’ils pussent faire; car tout le peuple se tenait suspendu à ses lèvres pour l’entendre.

 v. 9: litt.: devenu.  / v. 12*: de noble origine.  / v. 12**, 15: ou: la royauté.  / v. 14: litt.: ses citoyens.  / v. 16: ou: Seigneur (ici, et dans le reste du chapitre).  / v. 22: litt.: par ta bouche.  / v. 30: litt.: aucun des hommes.  / v. 38: voir Psaume 118:26.  / v. 44: c. à d. le temps où tu as été visitée en grâce par le Messie.  / v. 46: voir Jérémie 7:11.

Commentaires sur le chapitre 19                                             Retour au début

Chapitres 9, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »
Ce chapitre présente :
Versets 01 à 10 : Zachée
Versets 11 à 27 : la parabole des mines
Versets 28 à 40 : un témoignage rendu à Jésus
comme roi
Versets 41 à 44 : Jésus pleurant sur Jérusalem
Versets 45 à 48 : Jésus qui purifie le temple (cf aussi ch. 21, 37 et 38)

 

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Jean

v. 29 à 44

 Ch. 21 v. 01 à 11

 Ch. 11 v. 01 à 11

Ch. 12 v. 12 à 19

v. 45 à 48

 Ch. 21 v. 12 à 17

 Ch. 11 v. 15 à 19


Autres versets de Luc chapitre 19 = que dans Luc

Versets 1 à 10 : Zachée. L’histoire de Zachée n’est relatée que dans l’évangile  de Luc. C’est une nouvelle illustration de la grâce de Dieu qui a de si beaux développements dans cet évangile. Cette grâce, en face des préjugés juifs, reçoit quiconque. Zachée était publicain (v. 2). En tant que tel, Zachée percevait des impôts pour les Romains. Les publicains étaient mal vus de la part des Juifs qui les regardaient comme concrétisant l’oppression des Gentils. Ce récit présente l’illustration de la foi qui persévère toujours en dépit des obstacles. Zachée persévère (v. 3 et 4) en dépit de sa petite taille. Tout comme l’aveugle de Jéricho qui criait de plus en plus fort, Zachée voulait à tout prix voir Jésus . Ayons le désir de voir Jésus. Si ce désir manque, l’âme est plongée dans l’apathie et elle est desséchée. Et lorsque Jésus entre chez Zachée (v. 7), où aurait-il pu aller ailleurs … car tous sont pécheurs y compris ceux qui se croyaient justes. Seul Jésus était juste. Au sujet du v. 8, s’il est vrai que les lois romaines condamnaient les publicains accusés de fraude et de faux témoignages à restituer le dommage au quadruple, la droiture et la probité de Zachée en tenaient compte. Mais tout cela ne pouvait le sauver car, ce qu’il faut à l’homme, c’est le don de Dieu reçu par la foi. Alors Zachée acquiert, en vertu de la foi, un nouveau et plus excellent droit. Jésus lui déclare qu’il est fils d’Abraham (v. 9). Dans les v. 5 et 9 il y a le mot « aujourd’hui ». Jésus le prononce quatre fois dans Luc. « Aujourd’hui » est aussi prononcé par l’ange lors de la naissance de Jésus. Mais dans les quatre mentions sortant de la bouche de Jésus, tout le propos de la grâce de Dieu est là avec 1) l’an agréable du Seigneur (ch. 4, 21). 2) Jésus souffrant et mourant hors de la ville coupable (ch. 13, 33). 3) Jésus donnant à connaître la grâce qui apporte le salut (v. 5 et 9), et enfin 4) Jésus faisant grâce même à un malfaiteur en lui accordant une place dans le paradis de Dieu (ch. 23, 43). C’est la vraie grâce de Dieu dans laquelle nous sommes, 1 Pi. 5, 12. 

Versets 11 à 27 : la parabole des mines. Après avoir dit à Zachée le motif de sa venue sur la terre (v. 10), le Seigneur lie les choses en faisant comprendre à son entourage, par une parabole, que le royaume de Dieu n’allait pas survenir immédiatement comme ils le pensaient (v. 11). Avec l’enseignement des paraboles, le Seigneur révèle des choses qui étaient cachées dès la fondation du monde. L’homme noble (v. 12) est le Seigneur lui-même. Le pays éloigné représente le ciel. Jésus y est allé et reviendra. Le mot « revenir » doit résonner à nos oreilles et réjouir nos cœurs. Alors, avant de s’en aller, le Seigneur donne 10 mines à dix esclaves (v. 13). En Matt. 25, 14 à 30, il y a la parabole des talents et il y a une différence entre les talents et les mines. Dans Matthieu le don est en vue alors que la rémunération se trouve en Luc. En Luc, un même don est confié aux esclaves. Chacun reçoit une mine. En Matthieu, ceux qui ont fait valoir leur don reçoivent une même récompense. Ils entrent tous dans la joie de leur maître. Mais, comme points communs aux deux paraboles, il faut « faire valoir », il faut « trafiquer » (v. 13). Puisse cette pensée toucher nos cœurs et nos consciences ! Mais l’homme noble est haï (v. 14). C’est le rejet de Christ. Il faudra tout un travail, toute une tribulation, pour que Christ soit accepté. Alors les paroles du v. 38 se réaliseront « disant : Béni soit le roi qui vient au nom du *Seigneur ! Paix au ciel, et gloire dans les lieux très-hauts ! ». Christ sera reconnu comme chef. Avant cela, il y a le retour de l’homme noble (v. 15) avec les rétributions (v. 16 à 18). Les esclaves qui ont été fidèles sont associés à l’autorité de l’homme noble et à sa propre gloire dans la mesure où ils ont, en son absence, fait valoir ses intérêts. Mais, à l’image d’un autre esclave (cf v. 20 à 22), il y a ceux qui ne connaissent pas le Seigneur et qui ignorent complètement les caractères du maître. Ne soyons donc pas paresseux ! Faisons en sorte qu’il y ait au moins un intérêt (v. 23). Pensons à la pure grâce du Seigneur qui nous a confié une mine et qui donne la capacité de la faire valoir. Les esclaves fidèles comprennent. Ils disent : ta mine a produit (v. 16 à 18). Mais celui qui est infidèle doit s’entendre traité de méchant par celui qui juge justement (v. 22). Il se fait enlever sa mine qui est remise à celui qui en a dix (v. 24 à 26). Il y a, dans ces versets, un principe général. En effet, plus on connaît le Seigneur, plus on est fidèle pour le servir, plus aussi on reçoit et l’on est enrichi pour le temps présent et pour l’éternité. Quant à celui qui a paru connaître le Seigneur dans son intelligence, et non dans son cœur, comme cet esclave infidèle, leur sort sera semblable à celui de l’esclave infidèle : tout lui sera ôté et reviendra à ceux qui ont vraiment la vie de Christ. La fin de la parabole (v. 27) annonce le jugement des ennemis par le châtiment que subiront les Juifs apostats et tous ceux qui ne veulent pas de Christ. 

Versets 28 à 40 : un témoignage rendu à Jésus comme roi. Jésus monte à Jérusalem pour souffrir et mourir et non pour entrer dans sa gloire. Jérusalem est la ville qui tue les prophètes et qui lapide ceux qui lui sont envoyés (Luc 13, 34). Au v. 28, Jésus devance les disciples. Il s’en est allé devant eux (devant nous aussi) le chemin de trois jours, c’est-à-dire le chemin de la mort, pour acquérir à quiconque croit le vrai, divin et éternel repos. Jésus approche de Bethphagé et de Béthanie (v. 29), village où il aimait se rendre. Il ordonne alors à deux de ses disciples d’aller chercher un ânon qui lui servirait de monture pour aller à Jérusalem (v. 30). Le Seigneur sait tout et dispose de toutes choses. Il est au-dessus de tout. Les disciples prennent et amènent cet ânon à Jésus sans rencontrer la moindre opposition (v. 31-34). Jésus se rend à Jérusalem pour y mourir tout en se présentant aux siens dans son autorité et sa puissance. À propos de l’ânon, plusieurs passages du livre des Juges indiquent que le fait d’être monté sur un ânon est une marque de distinction (cf Jug. 5, 10; 10, 4; 12, 14). Les disciples sont ainsi remplis de bonheur en participant à la gloire de leur Messie. Ils jettent leurs vêtements sur l’ânon et y placent Jésus (v. 35). Zacharie a prophétisé la cène de l’ânon (Zach. 9, 9). En plus, cette scène peut déjà être entrevue dans les dernières paroles de Jacob touchant son fils Juda (cf Gen. 49, 11 et Héb. 7, 14). En entrant à Jérusalem, Jésus rattache cette entrée aux temps à venir où il sera acclamé roi des rois par le résidu de son peuple. Et, alors que Jésus va son chemin (v. 36), les disciples désirent lui offrir une allée royale jusqu’au trône en la colline de Sion; ils étendent à cet effet leurs vêtements. Toutefois, le temps de régner n’était pas encore arrivé; son chemin devait aboutir à la croix en la colline de Golgotha (cf ch. 23, 33). En rapport avec les v. 37 et 38, Jésus était bien le roi promis à Israël mais en ce moment, il était le roi rejeté car Israël ne voulait pas qu’il règne (cf v. 14). Ce n’est qu’à l’aurore du règne de mille ans que cette acclamation sortira du fond du cœur d’un peuple restauré. Alors se réalisera la parole du Ps. 118, 26 « Béni soit celui qui vient au nom de l’Éternel » relatée dans le v. 38 qui contient aussi « Paix au ciel … ». Pas de paix sur la sur la terre car Christ est rejeté. « Paix au ciel » … c’est d’autant plus remarquable que la puissance spirituelle de méchanceté, qui sera anéantie, se trouve précisément dans le ciel. En rapport avec les pierres qui crieront (fin du v. 40), elles sont l’image de l’état de mort dans lequel se trouvaient les Gentils; Dieu avait le pouvoir d’en faire des croyants (cf ch. 3, 8) pendant qu’Israël persistait dans l’incrédulité. Jérusalem (v. 40 et suivants) n’a pas voulu la grâce que Jésus apportait. 

Versets 41 à 44 : Jésus pleurant sur Jérusalem. Cette « tienne journée » était la journée de la grâce. Jérusalem, en méprisant la journée de la grâce, attire sur elle un jugement complet et total. C’est ce que le Seigneur annonce (v. 42 à 44). Titus, en l’an 70, alors à la tête des armées romaines, fut l’instrument pour opérer le jugement dont il est question. 

Versets 45 à 48 : Jésus qui purifie le temple (cf aussi ch. 21, 37 et 38). Après cette remarquable et poignante complainte, Jésus entre dans le temple et chasse les vendeurs (v. 45). Puis Seigneur purifie ce qui était censé être le lieu de la présence de Dieu (v. 46 qui mentionne Es. 56, 7 et Jér. 7, 11). Et, en vue d’un temps futur, se trouve une figure de ce qui se passera (cf Mal. 3, 1 à 3). Après tout cela, Jésus continue son ministère de grâce (v. 47 et 48). Jésus, malgré les principaux sacrificateurs et les scribes, ne se lasse pas d’annoncer les choses qui regardent le royaume de Dieu.

Encore :
Au sujet de Jéricho (v. 
1), une sentence de malédiction fut prononcée sur celui qui la rebâtirait (Jos. 6, 26). Cette ville a été rebâtie sous le règne de l’impie Achab. À cette époque, un homme fut assez osé pour rebâtir cette ville au mépris de la parole de Dieu (1 Rois 16, 34). La sentence de malédiction demeure sur cet homme. Toutefois, la grâce qui déborde est là comme en témoigne 2 Rois 2, 21 et 22 où Élisée assainit les eaux en habitant, à ce moment-là, à « Jéricho ». En Luc, le Seigneur qui venait de parler de l’œuvre de la croix (ch. 18, 33), va maintenant manifester les effets anticipés en ce qu’il va faire à Jéricho (histoire de Zachée). Dans son ministère, tout montre que Jésus connaît le cœur et les besoins et c’est lui qui connaît ce qu’il y a chez les hommes.  Dans la parabole des mines, il ressort que Jésus allait être rejeté, qu’il allait accomplir l’œuvre de la croix et que, comme agneau immolé, il reçut de Dieu le livre de l’héritage (selon Apoc. 5). Rappelons que cette parabole enseigne la responsabilité de témoigner de la grâce. Cette responsabilité est la même pour chaque esclave alors que, dans la parabole des talents (Matt. 25), les esclaves reçoivent des dons différents selon la souveraineté du maître qui a apprécié la capacité de chacun. Dans Luc les récompenses sont proportionnées à l’activité dans le service, tandis que dans Matthieu, la récompense est la même pour tous les serviteurs fidèles. En Luc nous avons la responsabilité de tout chrétien, et en Matthieu la responsabilité que confère des dons personnels.

 

Chapitre 20                             Retour au début de l’évangile selon Luc

1 Et il arriva, l’un de ces jours*, comme il enseignait le peuple dans le temple et évangélisait, que les principaux sacrificateurs et les scribes survinrent avec les anciens. Et ils lui parlèrent, disant: Dis-nous par quelle autorité tu fais ces choses, ou qui est celui qui t’a donné cette autorité? 3 Et répondant, il leur dit: Je vous demanderai, moi aussi, une chose, et dites-moi: Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes? 5 Et ils raisonnèrent entre eux, disant: Si nous disons: Du ciel, il dira: Pourquoi ne l’avez-vous pas cru? 6 Et si nous disons: Des hommes, tout le peuple nous lapidera, car il est persuadé que Jean était un prophète. Et ils répondirent qu’ils ne savaient pas d’où [il était]. 8
Et Jésus leur dit: Moi non plus, je ne vous dis pas par quelle autorité je fais ces choses.

9 Et il se mit à dire au peuple cette parabole: Un homme planta une vigne, et la loua à des cultivateurs, et s’en alla hors du pays pour longtemps. 10 Et en la saison, il envoya un esclave aux cultivateurs, afin qu’ils lui donnassent du fruit de la vigne; mais les cultivateurs, l’ayant battu, le renvoyèrent à vide. 11 Et il envoya encore un autre esclave; mais l’ayant battu lui aussi, et l’ayant traité ignominieusement, ils le renvoyèrent à vide. 12 Et il en envoya encore un troisième; mais ils blessèrent aussi celui-ci, et le jetèrent dehors. 13 Et le maître de la vigne dit: Que ferai-je? J’enverrai mon fils bien-aimé; peut-être que, quand ils verront celui-ci, ils le respecteront. 14 Mais quand les cultivateurs le virent, ils raisonnèrent entre eux, disant: Celui-ci est l’héritier, tuons-le, afin que l’héritage soit à nous. 15 Et l’ayant jeté hors de la vigne, ils le tuèrent. Que leur fera donc le maître de la vigne? 16 Il viendra et fera périr ces cultivateurs, et donnera la vigne à d’autres. Et l’ayant entendu, ils dirent: Qu’ainsi n’advienne! 17 Et lui, les regardant, dit: Qu’est-ce donc que ceci qui est écrit: «La pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin»? [Psaume 118:22]. 18 Quiconque tombera sur cette pierre, sera brisé; mais celui sur qui elle tombera, elle le broiera.

19 Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchèrent, en cette heure même, à mettre les mains sur lui; et ils craignaient le peuple, car ils connurent qu’il avait dit cette parabole contre eux. 20 Et l’observant, ils envoyèrent des agents secrets, qui feignaient d’être justes, pour le surprendre en [quelque] parole, de manière à le livrer au magistrat et au pouvoir du gouverneur. 21 Et ils l’interrogèrent, disant: Maître, nous savons que tu dis et que tu enseignes justement, et que tu n’as point égard à l’apparence des personnes, mais que tu enseignes la voie de Dieu avec vérité. 22 Nous est-il permis de payer le tribut à César*, ou non? 23 Et s’apercevant de leur perfidie, il leur dit: Pourquoi me tentez-vous? 24 Montrez-moi un denier; de qui a-t-il l’image et l’inscription? Et répondant, ils dirent: De César. 25 Et il leur dit: Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu. 26 Et ils ne pouvaient le surprendre dans ses paroles devant le peuple; et étonnés de sa réponse, ils
se turent.

27 Et quelques-uns des sadducéens, qui nient qu’il y ait une résurrection, s’approchèrent, et l’interrogèrent, 28 disant: Maître, Moïse nous a écrit, que si le frère de quelqu’un meurt, ayant une femme, et qu’il meure sans enfants, son frère prenne la femme et suscite de la postérité* à son frère**. 29 Il y avait donc sept frères; et le premier, ayant pris une femme, mourut sans enfants; 30 et le second [prit la femme, et celui-ci aussi mourut sans enfants]; 31 et le troisième la prit, et de même aussi les sept: ils ne laissèrent pas d’enfants et moururent; 32 et après eux tous la femme aussi mourut. 33 Dans la résurrection donc, duquel d’entre eux sera-t-elle la femme, car les sept l’ont eue pour femme? 34 Et Jésus leur dit: Les fils de ce siècle* se marient et sont donnés en mariage; 35 mais ceux qui seront estimés dignes d’avoir part à ce siècle-là et à la résurrection d’entre les morts, ne se marient ni ne sont donnés en mariage, 36 car aussi ils ne peuvent plus mourir; car ils sont semblables aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection. 37 Or que les morts ressuscitent, Moïse même l’a montré, au [titre]: «Du buisson», quand il appelle le *Seigneur: le Dieu d’Abraham, et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob*. 38 Or il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants; car pour lui tous vivent. 39 Et quelques-uns des scribes, répondant, dirent: Maître, tu as bien dit. 40 Et ils n’osèrent plus l’interroger sur rien.

41 Et il leur dit: Comment dit-on que le Christ est fils de David? 42 Et David lui-même dit, dans le livre des Psaumes: «Le *Seigneur a dit à mon seigneur: Assieds-toi à ma droite, 43 jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour marchepied de tes pieds» [Psaume 110:1]. 44 David donc l’appelle seigneur; et comment est-il son fils?

45 Et comme tout le peuple écoutait, il dit à ses disciples: 46 Soyez en garde contre les scribes, qui se plaisent à se promener en longues robes, et qui aiment les salutations dans les places publiques, et les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les repas; 47 qui dévorent les maisons des veuves, et pour prétexte font de longues prières; — ceux-ci recevront une sentence plus sévère.

 v. 1: litt.: un des jours; comme 5:17; 8:22.  / v. 22: l’empereur romain.  / v. 28*: litt.: semence.  / v. 28**: voir Deutéronome 25:5.  /
v. 34:  les hommes du monde actuel.  / v. 37: voir Exode 3:6.



Commentaires sur le chapitre 20
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Chapitres 09, 51 à 19, 27 : 2ème grande division « Jésus monte à Jérusalem »
Chapitres 19, 28 à 23, 56 : 3ème grande division « fin du service de Jésus »

Ce chapitre présente :
Versets 01 à 08 : la réponse de Jésus aux chefs du peuple

Versets 09 à 19 : la parabole des cultivateurs de la vigne

Versets 20 à 26 : rendre les choses de César à César et celles de Dieu à Dieu

Versets 27 à 40 : les sadducéens interrogent Jésus

 

Dans Luc     Voir Matthieu          Voir Marc

v. 01 à 08      Ch. 21 v. 23 à 27   Ch. 11 v. 27 à 33
v. 09 à 19      Ch. 21 v. 33 à 46   Ch. 12 v. 01 à 12
v. 20 à 26      Ch. 22 v. 15 à 22   Ch. 12 v. 13 à 17
v. 27 à 40      Ch. 22 v. 23 à 33   Ch. 12 v. 18 à 27
v. 41 à 44      Ch. 22 v. 41 à 46   Ch. 12 v. 35 à 37
v. 45 à 47      Ch. 23 v. 01 à 39   Ch. 12 v. 38 à 40

Les récits de Luc chapitre 20 ne sont pas dans l’év. de Jean

Versets 1 à 8 :  la réponse de Jésus aux chefs du peuple. Les pharisiens et les sadducéens correspondent à deux tendances religieuses de tous les temps. D’une part le formalisme légal, l’attachement à des traditions et d’autre part, à l’opposé, le rationalisme moderniste qui met en doute la Parole et ses vérités fondamentales. Mais le chapitre 20 de Luc est rempli de manifestations de la sagesse divine du Sauveur. Les mêmes enseignements se trouvent également dans les évangiles de Matthieu et de Marc.

Ce chapitre commence par l’expression : « l’un de ces jours ». Jésus était alors à Jérusalem durant la dernière semaine de sa vie (cf ch. 21, 37-38). Il enseignait dans le temple où le peuple venait dès le point du jour pour l’entendre. Les nuits, il sortait et demeurait dans la montagne des Oliviers. Si Luc ne mentionne pas la malédiction du figuier, comme en Matt. 21, 18 à 20 et Marc 11, 12 à 14, il mentionne par contre les pleurs du Seigneur sur Jérusalem (Luc 19, 41). Cette différence s’explique par le fait que Luc présente particulièrement Jésus la grâce divine. Au début de Luc 20, les responsables du peuple sont à nouveau caractérisés par leur orgueil et animés par des sentiments de jalousie. Aussi, sentant l’autorité de Jésus, ils lui en demandent quelle en est l’origine … comme si le Fils de Dieu avait à leur en rendre compte. Mais le Seigneur leur pose lui-même une question (v.4 : « Le baptême de Jean était-il du ciel, ou des hommes ? »).  Et ils ne peuvent pas répondre car ils se sentent condamnés. Ils préfèrent paraître plus ignorants qu’ils ne le sont. La vérité s’impose à l’esprit de l’homme mais, si on lui barre le chemin de la conscience, elle rencontre la haine du cœur endurci par l’incrédulité. Au v. 5 : « ils résonnèrent entre eux ». Lorsqu’on ne veut pas croire, on raisonne. Combien est grande la
responsabilité de ceux qui, en tous temps, ont pris la place de conducteurs spirituels sans, pourtant, conduire les âmes à Jésus
. Car s’ils ne le font pas, ils les attachent à eux-mêmes ou bien ils les laissent errer dans le monde. Cela a conduit les Juifs à renier le Seigneur. Si Jésus peut confondre ses ennemis (cf v. 7, 26 et 39), il est remarquable de savoir que c’est comme homme qu’il répond; ses réponses résultent d’une communion ininterrompue. Il a réalisé ce que nous rapporte le Ps. 119, 97, 98, 140. Nous pouvons en faire autant si nous avons la Parole de Dieu pour guide et Jésus pour modèle en toutes choses. 

« Combien j’aime ta loi ! tout le jour je la médite. » (Psaumes 119:97)
« Tes commandements m’ont rendu plus sage que  mes ennemis, car ils sont toujours avec moi. » (Psaumes 119:98)
« J’ai plus d’intelligence que tous ceux qui  m’enseignent, parce que je médite tes préceptes. » (Psaumes 119:99)
« Ta parole est bien affinée, et ton serviteur l’aime. » (Psaumes 119:140)

 

Versets 09 à 19 :  la parabole des cultivateurs de la vigne. Le Seigneur y annonce la mise de côté d’Israël et l’introduction des Gentils comme conséquence de l’incrédulité du peuple qui ne voulait pas du témoignage de Jean et des prophètes concernant Jésus. Israël va crucifier son Messie.

L’homme qui plante la vigne représente Dieu et la vigne Israël établi dans le pays de Canaan (cf Ex. 15, 17 et Ps. 80, 8). Le fruit de la vigne est tout ce qui réjouit le cœur de Dieu (Jug. 913). Les cultivateurs sont les chefs responsables de la nation d’Israël. Dans cette parabole, l’époque (ou économie) de la loi est désigné par ces mots « pour longtemps ». L’homme qui a planté la vigne s’en alla hors du pays pour longtemps. Il n’est pas ici question de la stérilité de la vigne mais bien de la responsabilité des cultivateurs, c’est-à-dire des chefs du peuple. Des esclaves sont envoyés pour recevoir du fruit de la vigne. Mais tous sont maltraités, renvoyés à vide, ou jetés hors de la vigne. Et quant à l’héritier, le fils, ils décident de le tuer. Après ce meurtre, le maître de la vigne revendique ses droits en faisant périr les cultivateurs coupables et en donnant la vigne à d’autres. Ainsi les chefs du peuple perdent leur position élevée et l’héritage, c’est-à-dire le peuple de Dieu et les bénédictions qui lui appartiennent sur la terre. Dans l’économie actuelle ce sont les chrétiens qui jouissent des bénédictions divines. Les Juifs n’y ont aucune part. Lorsque les principaux comprennent la portée de la parole de Jésus, ils disent : Qu’ainsi n’advienne (v. 16). Mais la parole est scellée (au v. 17). La maîtresse pierre du coin (v. 17) ne correspond pas exactement au roc de Matt. 16. Le roc est le fondement de l’assemblée chrétienne et la maîtresse pierre du coin fait partie de l’édifice lui-même. Elle y occupe la place principale de la base au sommet afin de donner à la maison sa solidité et sa direction. Cette maison est la maison de Dieu ici-bas. Elle est constituée actuellement par les chrétiens. Plus tard elle le sera par Israël restauré. Puis un enseignement d’une portée générale termine le sujet (v. 18).

Versets 20 à 26 : rendre les choses de César à César et celles de Dieu à Dieu. Il est question du tribut à César; le Seigneur rappelle aux Juifs que leur asservissement au joug de César résulte de leurs péchés. Ils devaient en accepter les conséquences et se souvenir qu’ils avaient aussi leur devoir envers Dieu. Jésus déjoue ainsi leur perfidie tout en atteignant leur conscience. Les chefs du peuple, au lieu de confesser leur culpabilité dénoncée dans la parabole précédente, cherchent à mettre les mains sur Jésus. Ils haïssent Jésus et envoient (cf v. 20), des agents secrets pour le surprendre en quelques paroles de manière à le livrer aux magistrats et au pouvoir du gouverneur. Mais ces hommes sont trop confiants dans leur propre sagesse et ont à faire à celui qui prend les sages dans leurs ruses. Le Seigneur dévoile la vanité de leurs raisonnements et la corruption du cœur qui les produit. Si Jésus avait répondu sans autre : « Payez le tribut », les principaux sacrificateurs et les scribes l’auraient sans doute accusé devant le peuple de pas être un bon Juif et de ne pas être le Messie qui doit délivrer Israël du joug des nations. Et si Jésus avait répondu : « Ne payez pas le tribut », ils auraient eu un motif pour le livrer au pouvoir civil. Alors, ces hommes sont confondus par la réponse du Seigneur « Rendez donc les choses de César à César, et les choses de Dieu à Dieu » (v. 25). Les méchants, devant Dieu, ont la bouche fermée (v. 26). Il en sera ainsi au jour du jugement. Comme il en ressort de ces versets, Jésus est attaqué de différentes manières dont la subtile question du v. 20. Différents ennemis sont ici en action : hérodiens, pharisiens, sadducéens. Ils représentent trois grandes catégories du peuple. L’hérodien est un politique religieux, le sadducéen un libre penseur religieux et le pharisien un religieux légal. Mais tous n’étaient que des formes d’inimitié contre Dieu. 

Versets 27 à 40 : les sadducéens interrogent Jésus. Il est intéressant et important de savoir discerner tout ce qui ne tombe pas sous les sens. Les sadducéens étaient les rationalistes de ce temps-là. En comparant ce récit (dont le v. 37) avec ceux de Matthieu et de Marc, il en ressort que l’autorité est mise sur Dieu, sur la Parole ou sur Moïse. Le tout est une seule et même autorité. Dans ces versets, les sadducéens mettent en avant un exemple qui leur paraît être une preuve irréfutable contre la doctrine de la résurrection. Mais le Seigneur saisit l’occasion pour manifester l’égarement qui les caractérise. Ils ignoraient les Écritures et de la puissance divine. Le Seigneur enseigne alors des choses précieuses et sûres en ce que, dans le siècle futur, dans le ciel, les conditions d’existence sont autres que sur cette terre. Les liens que Dieu a formés sur la terre et pour la terre, finissent avec la terre. Au ciel nous aurons des relations plus élevées, plus intimes, plus douces. En outre (cf v. 37) tous les hommes, qu’ils soient morts dans la foi ou dans leurs péchés, sont concernés. Il s’agit de leur existence après la mort. Tous vivent. L’Éternel est le Dieu des esprits de toute chair et tout esprit humain retourne à Dieu qui l’a donné. Mais (v. 35) il y a un fait nouveau et important. C’est la résurrection d’entre les morts. Ce n’est plus « général » où il est fait mention de la résurrection aux derniers jours, tant des justes que des injustes (cf Jean 11, 24). Donc, selon le v. 35, il y a l’enseignement que la résurrection n’aura pas lieu en même temps pour tous. Il y aura deux résurrections distinctes dans le temps et dans leur caractère respectif. La première résurrection est une résurrection de vie. La seconde résurrection est une résurrection de jugement. La mort ne s’applique qu’au corps pour une période connue de Dieu. Au moment voulu, les esprits de tous rejoindront leur corps (v. 38; Eccl. 12, 7). 

Versets 41 à 47 : des questions touchant le Fils de David. Dès le v.41, c’est le Seigneur qui prend la parole. Le peuple écoute (v. 45). En même temps, le Seigneur met ses disciples en garde contre les scribes en dévoilant l’affreuse cupidité qui les faisaient abuser de la faiblesse et du dévouement des veuves. Les longues prières des scribes ont été suivies dans la chrétienté par des hommes avides qui estiment que la piété est une source de gain (cf 1 Tim. 6, 5). En comparant les v. 45 à 47 avec le chapitre 23 de l’évangile de Matthieu, l’on constate une différence. En Luc l’Esprit donne en trois versets ce qui, moralement, distingue et met à part les scribes. En Matthieu, toute leur position est développée en rapport avec la période de la loi avant la manifestation du Messie en gloire. 

 

 

Chapitre 21                      Retour au début de l’évangile selon Luc

1. Et comme il regardait, il vit des riches qui jetaient leurs dons au trésor. Et il vit aussi une pauvre veuve qui y jetait deux pites*. 3 Et il dit: En vérité, je vous dis que cette pauvre veuve a jeté plus que tous [les autres]; 4 car tous ceux-ci ont jeté aux offrandes [de Dieu] de leur superflu, mais celle-ci y a jeté de sa pénurie, tout ce qu’elle avait pour vivre.
5
Et comme quelques-uns parlaient du temple [et disaient] qu’il était orné de belles pierres et de dons*, il dit: 6 Quant à ces choses que vous regardez, les jours viendront où il ne sera laissé pierre sur pierre qui ne soit jetée à bas. Et ils l’interrogèrent, disant: Maître, quand donc ces choses auront-elles lieu, et quel sera le signe quand ces choses devront arriver? 8 Et il dit: Prenez garde que vous ne soyez séduits; car plusieurs viendront en mon nom, disant: C’est moi, et le temps est proche; n’allez point après eux. Et quand vous entendrez parler de guerres et de séditions, ne vous épouvantez pas; car il faut que ces choses arrivent premièrement; mais la fin ne sera pas tout aussitôt. 10 Alors il leur dit: Nation s’élèvera contre nation, et royaume contre royaume; 11 et il y aura de grands tremblements de terre en divers lieux, et des famines, et des pestes; et il y aura des sujets d’épouvantement et de grands signes du ciel. 12 Mais, avant toutes ces choses, ils mettront les mains sur vous, et vous persécuteront, vous livrant aux synagogues et [vous mettant] en prison; et vous serez menés devant les rois et les gouverneurs à cause de mon nom. 13 Et cela se tournera pour vous en témoignage. 14 Mettez donc dans vos cœurs de ne pas vous préoccuper à l’avance de votre défense, 15 car moi je vous donnerai une bouche et une sagesse, à laquelle tous vos adversaires ne pourront répondre ou résister. 16 Et vous serez aussi livrés par des parents et par des frères, et par des proches et par des amis, et on fera mourir [quelques-uns] d’entre vous; 17 et vous serez haïs de tous, à cause de mon nom. 18 Et pas un cheveu de votre tête ne périra. 19 Possédez* vos âmes par votre patience. 20 Et quand vous verrez Jérusalem environnée d’armées, sachez alors que sa désolation est proche. 21 Alors, que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes; et que ceux qui sont au milieu de Jérusalem s’en retirent; et que ceux qui sont dans les campagnes* n’entrent pas en elle. 22 Car ce sont là des jours de vengeance*; afin que toutes les choses qui sont écrites soient accomplies. 23 Mais malheur à celles qui sont enceintes et à celles qui allaitent en ces jours-là! car il y aura une grande détresse sur le pays, et de la colère contre ce peuple. 24 Et ils tomberont sous le tranchant de l’épée, et seront menés captifs parmi toutes les nations; et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis. 25 Et il y aura des signes dans le soleil et la lune et les étoiles*, et sur la terre une angoisse des nations en perplexité devant le grand bruit de la mer et des flots, 26 les hommes rendant l’âme de peur et à cause de l’attente des choses qui viennent sur la terre habitée, car les puissances des cieux seront ébranlées. 27 Et alors on verra le fils de l’homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire. 28 Et quand ces choses commenceront à arriver, regardez en haut, et levez vos têtes, parce que votre rédemption*
approche.

29
Et il leur dit une parabole: Voyez le figuier et tous les arbres: 30 quand ils ont déjà commencé à pousser, vous connaissez par vous-mêmes, en les voyant, que l’été est déjà proche. 31 De même aussi vous, quand vous verrez arriver ces choses, sachez que le royaume de Dieu est proche. 32 En vérité, je vous dis que cette génération ne passera point que tout ne soit arrivé. 33 Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. 34 Et prenez garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne soient appesantis par la gourmandise et l’ivrognerie, et par les soucis de la vie, et que ce jour-là ne vous surprenne inopinément; 35 car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la face de toute la terre. 36 Veillez donc, priant en tout temps, afin que vous soyez estimés dignes d’échapper à toutes ces choses qui doivent arriver, et de vous tenir devant le fils de l’homme.
37
Et il passait les jours dans le temple à enseigner; et les nuits il sortait et demeurait dans la montagne qui est appelée des Oliviers. 38 Et tout le peuple, dès le point du jour, venait à lui dans le temple, pour l’entendre.

 

 v. 2: voir note à Marc 12:42.  / v. 5: proprement: choses dédiées.  / v. 19: proprement: posséder en acquérant,  / ici, en acquérant la délivrance qu’apporterait le Messie, tout en laissant une meilleure part à ceux qui seraient tués.  / v. 21: ailleurs: contrées.  / v. 22: ou: les jours de la vengeance.  / v. 25: ou, plus généralement, les astres.  / v. 28: ou: la délivrance.

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Chapitres 19, 28 à 23, 56 : 3ème grande division « fin du service de Jésus »

Ce chapitre présente :
Versets 01 à 04 : l’offrande de la veuve
Versets 05 à 28 : des prédictions touchant Jérusalem
Versets 29 à 38 : parabole du figuier et derniers avertissements

Dans Luc     Voir Matthieu           Voir Marc
v. 01 à 04      –                              Ch. 12 v. 41 à 44
v. 05 à 36      Ch. 24 v. 01 à 51    Ch. 13 v. 01 à 37
v. 37 et 38     que dans Luc

Les récits de Luc chapitre 21 ne sont pas dans l’év. de Jean

Versets 1 à 4 : l’offrande de la veuve. La partie prophétique, dont quelques traits ont déjà été donnés au ch. 12, 35-53; 13, 24-30; 17, 20-37, commence dans ce chapitre. Mais, avant cela, il y a un fait précieux qui ne se rencontre que là et en Marc 12, 31. C’est l’offrande de la veuve. Les veuves se faisaient dévorées par les scribes (cf ch. 20, 47). Cette veuve montre se donne elle-même à Dieu. Elle dépend de Dieu seul. De ce fait, le Seigneur l’honore. Il reconnaît en elle une âme pieuse et droite dans un milieu hypocrite et égoïste. Le Seigneur aime trouver une étincelle de foi et de piété dans ce monde; il en fait part à ses disciples en sorte que cette femme devienne un exemple pour nous-mêmes. Au sujet de la veuve, Marc cite ce fait au milieu du service au point de vue du service de la foi et Luc au point de vue de l’état du cœur et de la confiance en Dieu.

Versets 5 à 28
 : des prédictions touchant Jérusalem. Si certains sont éblouis par les belles pierres et les ornements du temple (v. 5), Jésus juge différemment. Il connaît l’intérieur de ce temple et le compare à une caverne de voleurs (au ch. 19, 46). Et puis il déclare quel sera le sort de ces choses que l’homme regarde et admire. Dans Luc, les Gentils, pour ne pas dire les indignes, tiennent une place spéciale. Les détails qui sont donnés ici, en rapport avec la destruction de Jérusalem par Titus, diffèrent de ceux de Matthieu 24 et de Marc 13. Ces deux derniers passages montrent ce qui doit arriver à la fin. Il y est en effet question des évènements qui précéderont immédiatement la manifestation du Seigneur au monde. Mais Luc envisage d’abord le temps d’alors et la réjection de Jérusalem. Ainsi, dans Luc, il est très clairement question du siège et de la destruction de Jérusalem par Titus, période pendant laquelle il y aura de faux christ et nations s’élèveront contre nations. Il y aura aussi des signes du ciel et ensuite des douleurs sur la terre. Et avant tout cela, les disciples de Jésus subiront la persécution. Mais un témoignage sera rendu car l’occasion sera là pour parler de Christ aux rois et aux gouverneurs. Les disciples doivent donc persévérer dans leur témoignage tandis que la malheureuse Jérusalem, où les disciples se trouvaient, comblait la mesure de ses péchés. Les disciples devront cependant fuir quand ils verront la ville environnée par les armées romaines. Il faudra s’enfuir dans les montagnes et laisser le jugement de Dieu s’exécuter sur la ville infidèle et endurcie. Ces jours-là sont donc des jours de vengeance contre les Juifs incrédules. Ce ne sont pas encore les derniers jours de Matthieu 24. Ainsi donc dans Luc 21, c’est la première période de la prophétie qui s’est littéralement accomplie à la prise de Jérusalem en l’an 70. V. 8 à 19 : le Seigneur s’étend sur les dangers, les devoirs et les tribulations des disciples avant le sac de la ville par Titus. V. 19 : une exhortation qui concerne chacun. Toutes les choses des v. 9, 10 et 11 ont donc eu lieu pendant le jugement qui a abouti à la destruction de Jérusalem et à la dispersion du peuple parmi les nations.
Versets 10 et 11 : les historiens rapportent qu’à cette époque des guerres civiles et étrangères sévirent partout. De violents tremblements de terre ont eu lieu en Italie, en Crête et en Asie.
Versets 12 à 19
 : les disciples sont avertis qu’ils subiront les persécutions les plus douloureuses. Ils rendront un témoignage extraordinaire. Le v. 15 indique que le Seigneur leur donnera une parole à laquelle tous les adversaires ne pourront répondre ou résister.
Versets 20 et suivants
 : les chrétiens ont pu s’enfuir grâce au répit que leur donna le repli de Cestus Gallus. Rien ne restait donc à Jérusalem qui put arrêter le jugement de Dieu suspendu depuis si longtemps sur un peuple coupable. Au v. 20 il s’agit donc d’un fait historique et non de la désolation. Le jugement de la ville et du peuple déjà virtuellement jugés suite à la réjection du Seigneur se trouvent ainsi dans les v. 20 à 24. Cette partie s’étend en principe jusqu’à nos jours et c’est seulement à partir du v. 25 que nous avons la scène finale, le jugement non seulement des Juifs mais aussi des nations car les puissances des cieux, la source d’autorité, seront ébranlées. Il n’est pas dit que cela doit arriver immédiatement après le siège de Jérusalem par Titus. Au contraire, il y a de la marge pour la longue période où Jérusalem est foulée par les Gentils. Puis viendra la rédemption dont il est question au v. 28 qui n’est pas pour le temps de la grâce (cf v. 31 et 32). Il y a bien eu un jugement analogue, partiel, lors de la chute de Jérusalem. Mais les v. 25 à 28 indiquent clairement qu’il y aura encore un jugement postérieur, plus étendu, accompagné de signes qui introduisent non pas les afflictions des Juifs mais le Fils de l’homme venant dans son royaume.
Soulignons encore que les paroles des v. 21 à 23 ne sont pas à confondre avec ce que Matt. 24, 16 à 20 et Marc 13, 14 à 20 rapportent. Dans ces deux évangiles il s’agit de l’abomination de la désolation; ce sera le règne de l’Antichrist. Mais en Luc, jusqu’au v. 24, il s’agit de l’histoire historique. On évalue à un million le nombre de ceux qui périrent lors de la prise de Jérusalem. Les autres furent emmenés captifs, vendus comme esclaves, conduits à Rome pour figurer au cortège triomphal du vainqueur, jetés aux bêtes féroces dans les arènes; d’autres furent dispersés en tous lieux. Dans Matthieu et Marc, chronologiquement, Jésus sort du temple après le récit de la veuve qui n’est pas relaté en Matthieu. Mais Luc nous montre le Seigneur en rapport avec ce lieu, c’est-à-dire le temple, où il enseigne pendant le jour (v. 37 et 38).

Verset 24
 : rappelons que le temps des nations a commencé sous Nébucadnetsar environs 600 ans avant l’ère chrétienne. Et cette période s’étendra jusqu’à l’apparition du Seigneur pour établir son règne. Israël est Lo-Ammi; le Seigneur n’est plus le Seigneur de toute la terre comme en Jos. 3, 11. Il est désormais le « Dieu des cieux » (plusieurs fois dans les livres d’Esdras, Néhémie et Daniel). Pendant le temps des nations, le monde est caractérisé par ce que nous avons dans le livre de Daniel. C’est avant tout l’opposition contre Dieu et contre Christ (cf Ps. 2). Tout cela durera jusqu’à ce que la pierre détachée sans mains de Dan. 2 frappera la statue de ses pieds de fer et d’argile et les broiera.

Versets 25 à 28 : la deuxième période, encore à venir, est en vue. Cette période comprend le jugement des nations, la crise finale et le jugement de la terre tout entière lors de la manifestation en gloire du Seigneur Jésus. Pendant cette période il y aura une angoisse des nations en présence d’un bruit formidable de peuples déchaînés. Les puissances des cieux seront ébranlées. Il s’agit de la source d’autorité qui domine tout l’ordre humain. Cette source sera compromises (cf Agg. 2, 6; d’Héb. 12, 26). Dans Luc 21, il n’est pas beaucoup question de la grande tribulation. Des détails se trouvent dans Matthieu qui s’occupe spécialement des conséquences subies par les Juifs qui ont rejeté Christ. Au v. 28, dans ces temps de la fin, la venue du Fils de l’homme placera toute la scène dans son vrai jour pour eux; ce sera leur rédemption. Cette scène ne présente pas une rédemption pour les chrétiens. Tout sera terrestre : disciples terrestres, délivrance terrestre, jugement terrestre. Pour échapper à toutes ces circonstances, à toute cette emprise, les disciples sont engagés à veiller et à prier en tout temps afin d’être estimés dignes d’échapper à toutes ces choses qui doivent arriver et se tenir devant le Fils de l’homme (v. 36).

Versets 29 à 38 : parabole du figuier et derniers avertissements. Dans cette portion, il n’est pas question d’évangile de la grâce mais du royaume de Dieu (confirmation dans les v. 31 et 32). Les versets cités ne se rapportent ni à la période de la grâce, ni à la destruction de Jérusalem sous Titus mais dans le temps de la scène finale. Le v. 33 donne une expression solennelle. Il ne s’agit donc pas, en ce qui concerne Jérusalem, d’un simple changement momentané. La gourmandise (v. 34) n’est pas, à nos yeux, un péché bien grave. Elle est pourtant associée à l’ivrognerie car elle contribue à appesantir le cœur et à cultiver l’égoïsme. C’est pourquoi soyons sobres et veillons.
Dans la parabole du figuier, le figuier n’est pas seul (comme en Matthieu). En effet, dans l’évangile de Luc, le champ est plus vaste. Il comprend toutes les nations. Aussi est-il dit : « Voyez le figuier et tous les arbres ». Les arbres différents du figuier sont ici en vue. À la fin du v. 36, remarquons encore le grand sujet de l’évangile de Luc en rapport avec ce que Jésus est en tant que Fils de l’homme. Des réchappés seront avec lui. Ils feront partie des 144000 sur la montagne de Sion. Ce sera un accomplissement de cette bénédiction. Aucun lieu n’est indiqué. Mais les paroles de Jésus ne réveillent-elles pas la réalisation de quelque chose de céleste, c’est-à-dire de sa présence au jour de la gloire avec les siens !

 

Encore :
Quatre recommandations (dans les v. 8, 9, 14 et 19). La première à trait au séducteur, la deuxième aux guerres et aux séditions, les troisième et quatrième aux persécutions.

Verset v. 25
 : le soleil est le symbole de l’autorité suprême et les étoiles les autorités subalternes.
Verset 27
: la nuée désigne les anges (cf Act. 1, 9). On peut conclure que les anges accompagneront le Seigneur à son apparition glorieuse, revêtant ensemble la forme visible d’une nuée. Les anges sont des esprits et apparaissent sous différentes formes suivant la mission qu’ils accomplissent. L’apparition du Seigneur comprend trois phases successives, celle d’Apoc. 19 pour le jugement guerrier, celle de Zach. 14, 4 sur la montagne des Oliviers, et celle de Matt. 25 pour le jugement judiciaire. Il est possible que les trois périodes de 1260 jours respectivement 1290 et 1335 jours de Dan. 12, correspondent à ces trois phases dans l’ordre cité plus haut. La parabole du figuier prendra donc place après l’enlèvement de l’Église et avant l’apparition glorieuse du Seigneur.

Qu’est-ce qui excitaient les hommes contre les chrétiens, pourquoi le gouvernement au lieu de les protéger, les persécutait-il ? La réponse est claire et simple. La vie pure et simple des chrétiens était une condamnation perpétuelle des vices et des mauvaises mœurs des païens, des abominations auxquelles ils se livraient, même sous un prétexte religieux. Les disciples de Jésus mettaient en pratique l’exhortation d’Éph. 511 (n’avoir rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres) et les hommes s’irritaient contre eux comme autrefois Caïn vis-à-vis d’Abel. La raison des persécutions a toujours été l’inimitié du cœur contre Dieu, contre Christ qui révèle Dieu, et contre les chrétiens qui manifestent Christ. Et de plus, pour la grande ville de Rome, capitale des assiégeants de Jérusalem, qui avait ses dieux particuliers, Jésus était pour eux un dieu étranger, non reconnu, motif de plus pour persécuter les chrétiens. Les Romains respectaient bien les religions des pays qu’ils avaient asservis, et c’est ainsi que les Juifs pouvaient exercer leurs coutumes religieuses. Mais quant aux chrétiens, ils n’étaient pas une nation, ils étaient tirés de toutes les nations et parmi eux se trouvaient même des Romains. En devenant disciples de Christ, les chrétiens abandonnaient les dieux particuliers de leur nation et ceux de Rome; aux yeux de tous les gouvernements c’était un crime. Ce qui excitait aussi la haine contre les chrétiens, c’était la diminution, en raison des âmes gagnées par Christ, des ressources pour les temples, les prêtres. On accusait aussi les chrétiens de toute sorte d’abominations dans leur réunions privées; ils y évitaient aussi les jeux, etc. Ils étaient donc la condamnation vivante de ce qui se pratiquait autour d’eux et qui était la manifestation de la convoitise de la chair, des yeux, et l’orgueil de la vie. Une telle séparation du monde fait que les chrétiens furent d’abord pris en pitié puis on les méprisa et on les a haïs comme des gens qui troublaient les autres dans leurs jouissances. Ces chrétiens propageaient aussi l’évangile. Devant un tel tableau, ils furent persécutés. En l’an 68, sous Néron, donc avant la destruction de Jérusalem en l’an 70, il y eu une grande persécution. À l’approche des Romains, les Juifs qui se dévoraient entre eux, par plusieurs partis, firent bloc et Vespasien, un nommé empereur, laissa le commandement à Titus son fils.

 

Chapitre 22                       Retour au début de l’évangile selon Luc
1 Or la fête des pains sans levain, qui est appelée la Pâque, approchait. 2 Et les principaux sacrificateurs et les scribes cherchaient comment ils pourraient le faire mourir; car ils craignaient le peuple.
3
Et Satan entra dans Judas, surnommé Iscariote, qui était du nombre des douze; 4 et il s’en alla et parla avec les principaux
sacrificateurs et [les] capitaines sur la manière dont il le leur livrerait. Et ils se réjouirent, et convinrent de lui donner de l’argent. Et il s’engagea; et il cherchait une bonne occasion pour le leur livrer sans que la foule y fût.
7
Et le jour des pains sans levain, dans lequel il fallait sacrifier la pâque, arriva. 8 Et il envoya Pierre et Jean, disant: Allez, et apprêtez-nous la pâque, afin que nous la mangions. 9 Et ils lui dirent: Où veux-tu que nous l’apprêtions? 10 Et il leur dit: Voici, quand vous entrerez dans la ville, un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre; suivez-le dans la maison où il entrera. 11 Et vous direz au maître* de la maison: Le maître** te dit: Où est le logis où je mangerai la pâque avec mes disciples? 12 Et lui vous montrera une grande chambre* garnie; apprêtez là [la pâque]. 13 Et s’en étant allés, ils trouvèrent [tout] comme il leur avait dit; et ils apprêtèrent la pâque.
14
Et quand l’heure fut venue, il se mit à table, et les [douze] apôtres avec lui. 15 Et il leur dit: J’ai fort désiré* de manger cette pâque avec vous, avant que je souffre; 16 car je vous dis que je n’en mangerai plus jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le royaume de Dieu. 17 Et ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit: Prenez ceci et le distribuez entre vous, 18 car je vous dis que je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. 19 Et ayant pris un pain, [et] ayant rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant: Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de
moi; 20 — de même la coupe aussi, après le souper, en disant: Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est versé pour vous; 21 mais voici, la main de celui qui me livre est avec moi à table. 22 Et le fils de l’homme s’en va bien, selon ce qui est déterminé; mais malheur à cet homme par qui il est livré! 23 Et ils se mirent à s’entre-demander l’un à l’autre, qui donc serait celui d’entre eux qui allait faire cela.
24
Et il arriva aussi une contestation entre eux [pour savoir] lequel d’entre eux serait estimé le plus grand. 25 Et il leur dit: Les rois des nations les dominent, et ceux qui exercent l’autorité sur elles sont appelés bienfaiteurs; 26 mais il n’en sera pas ainsi de vous; mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus jeune, et celui qui conduit comme celui qui sert. 27 Car lequel est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert? N’est-ce pas celui qui est à table? Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. 28 Mais vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes tentations*. 29 Et moi, je vous confère un royaume comme mon Père m’en a conféré un, 30 afin que vous mangiez et que vous buviez à ma table dans mon royaume; et que vous soyez assis sur des trônes, jugeant les douze tribus d’Israël.
31
Et le Seigneur dit: Simon, Simon, voici, Satan a demandé à vous avoir pour vous cribler comme le blé; 32 mais moi, j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas; et toi, quand une fois tu seras revenu, fortifie tes frères. 33 — Et il lui dit: Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller et en prison et à la mort. 34 — Et il dit: Pierre, je te dis: le coq ne chantera point aujourd’hui, que premièrement tu n’aies nié trois fois de me connaître.
35
Et il leur dit: Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac et sans sandales, avez-vous manqué de quelque chose? Et ils dirent: De rien. 36 Il leur dit donc: Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, et de même [celui qui a] un sac, et que celui qui n’a pas [d’épée] vende son vêtement et achète une épée. 37 Car je vous dis, qu’il faut encore que ceci qui est écrit, soit accompli en moi: «Et il a été compté parmi les iniques» [Ésaïe 53:12]. Car aussi les choses qui me concernent vont avoir leur fin. 38 Et ils dirent: Seigneur, voici ici deux épées. Et il leur dit: C’est assez.
39
Et sortant, il s’en alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers, et les disciples aussi le suivirent. 40 Et quand il fut en ce lieu-là, il leur dit: Priez que vous n’entriez pas en tentation. 41 Et il s’éloigna d’eux lui-même environ d’un jet de pierre, et s’étant mis à genoux, il priait, 42 disant: Père, si tu voulais faire passer cette coupe loin de moi! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite. 43 Et un ange du ciel lui apparut, le fortifiant. 44 Et étant dans [l’angoisse du] combat, il priait plus instamment; et sa sueur devint comme des grumeaux de sang découlant sur la terre. 45 Et s’étant levé de sa* prière, il vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse; 46 et il leur dit: Pourquoi dormez-vous? Levez-vous, et priez afin que vous n’entriez pas en tentation.
47
Comme il parlait encore, voici une foule, et celui qui avait nom Judas, l’un des douze, les précédait; et il s’approcha de Jésus, pour le baiser. 48 Et Jésus lui dit: Judas, tu livres le fils de l’homme par un baiser? 49 Et ceux qui étaient autour de lui, voyant ce qui allait arriver, lui dirent: Seigneur, frapperons-nous de l’épée? 50 Et l’un d’entre eux frappa l’esclave du souverain sacrificateur et lui emporta l’oreille droite. 51 Mais Jésus, répondant, dit: Laissez [faire] jusqu’ici; et lui ayant touché l’oreille, il le guérit. 52 Et Jésus dit aux principaux sacrificateurs et aux capitaines du temple et aux anciens qui étaient venus contre lui: Êtes-vous sortis comme contre un brigand avec des épées et des bâtons? 53 Lorsque j’étais tous les jours avec vous, dans le temple, vous n’avez pas étendu vos mains contre moi; mais c’est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres.
54
Et se saisissant de lui, ils l’emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Or Pierre suivait de loin. 55 Et lorsqu’ils eurent allumé un feu au milieu de la cour* et qu’ils se furent assis ensemble, Pierre s’assit au milieu d’eux. 56 Et une servante, le voyant assis auprès de la lumière, et l’ayant regardé fixement, dit: Celui-ci aussi était avec lui. 57 Mais il le renia, disant: Femme, je ne le connais pas. 58 Et peu après, un autre le voyant, dit: Et toi, tu es de ces gens-là. Mais Pierre dit: Ô homme, je n’en suis point. 59 Et environ une heure après, un autre affirma, disant: En vérité, celui-ci aussi était avec lui; car aussi il est Galiléen. 60 Et Pierre dit: Ô homme, je ne sais ce que tu dis. Et à l’instant, comme il parlait encore, le coq chanta. 61 Et le Seigneur, se tournant, regarda Pierre; et Pierre se ressouvint de la parole du Seigneur, comme il lui avait dit: Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. 62 Et Pierre*, étant sorti dehors, pleura amèrement.
63
Et les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui et le frappaient; 64 et lui couvrant [les yeux], ils l’interrogeaient, disant: Prophétise; qui est celui qui t’a frappé? 65 Et ils disaient plusieurs autres choses contre lui, en l’outrageant.
66 Et quand le jour fut venu, le corps des anciens du peuple, principaux sacrificateurs et scribes, s’assembla; et ils l’amenèrent dans leur sanhédrin, 67 disant: Si toi, tu es le Christ, dis-le-nous. Et il leur dit: Si je vous le disais, vous ne le croiriez point; 68 et si je vous interroge, vous ne me répondrez point [ou ne me laisserez point aller]. 69 Mais désormais le fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu. 70 Et ils dirent tous: Toi, tu es donc le Fils de Dieu? Et il leur dit: Vous dites vous-mêmes que je le suis. 71 Et ils dirent: Qu’avons-nous encore besoin de témoignage? Car nous-mêmes nous l’avons entendu de sa bouche.

v. 11*: litt.: au maître de maison.  / v. 11**: celui qui enseigne.  / v. 12: chambre à l’étage supérieur, servant de salle à manger.  / v. 15: litt.: J’ai désiré avec désir.  / v. 28: ou: épreuves.  / v. 45: litt.: la.  / v. 55: cour entourée des bâtiments du palais, demeure du souverain sacrificateur; ailleurs, palais; comparer Matthieu 26:69.  / v. 62: plusieurs omettent: Pierre.







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Chapitres 19, 28 à 23, 56 : 3ème grande division « fin du service de Jésus »

Ce chapitre présente
 :
Versets 01 à 06 : Judas s’engage à livrer son maître
Versets 07 à 18 : la Pâque
Versets 19 à 23 : la cène
Versets 24 à 30 : les disciples occupés de leur grandeur
Versets 31 à 34 : Pierre averti de son reniement
Versets 35 à 38 : dernières instructions aux disciples¨
Versets 39 à 46 : Jésus dans l’angoisse
Versets 47 à 53 : trahison de Judas
Versets 54 à 62 : reniement de Pierre
Versets 63 à 71 : Jésus devant le sanhédrin

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Jean

v. 01 à 06

Ch.26 v. 1-5, 14-16

Ch. 14 v. 1,2,10,11

 –

v. 07 à 18; 24 à 30

Ch. 26 v. 17 à 20

Ch. 14 v. 12 à 17

 –

v. 21 à 23

Ch. 26 v. 21 à 25

Ch. 14 v. 18 à 21

Ch. 13 v. 21 à 35

v. 19 et 20

Ch. 26 v. 26 à 29

Ch. 14 v. 22 à 25

 –

v. 31 à 38

Ch. 26 v. 31 à 35

Ch. 14 v. 27 à 31

Ch. 13 v. 36 à 38

v. 39 à 46

Ch. 26 v 30, 36-46

Ch. 4 v.26, 32-42

Ch. 18 v. 1

v. 47 à 53

Ch. 26 v. 47 à 56

Ch. 14 v. 43 à 52

Ch. 18 v. 2 à 12

v. 54 à 62

Ch. 26 v. 58, 69-75

Ch. 14 v. 54, 66-72

Ch. 18 v. 15-18, 25-27

v. 63 à 65

Ch. 26 v. 67 et 68

Ch. 14 v. 65

 –

v. 66 à 71

Ch. 27 v. 1

Ch. 15 v. 1

 –


Luc 22 ressemble à Matthieu 26 et Marc 14. Mais, dans les détails, Luc fait ressortir que Satan est à la base de tout. Il entre dans Judas, puis il demande à cribler les disciples, puis il y a cette heure des ténèbres (v. 53). De ce chapitre se dégage la vérité qui dévoile l’association des conducteurs religieux du peuple avec cette puissance des ténèbres.
Comme ordonnance, dans le Nouveau Testament, et pour le croyant, il n’y a que
le baptême et la cène.

Versets 1 à 6 : Judas s’engage à livrer son maître. Comme vu dans les chapitres précédents, les chefs du peuple ont des desseins criminels envers Jésus. Toutefois, ils sont embarrassés par la foule qui aime Jésus. Mais Satan va venir en aide aux chefs du peuple. Satan leur a préparé un instrument : Judas. Les deux fêtes de la Pâque et des pains sans levain (v. 1), se suivent immédiatement. Elles n’en forment qu’une seule car celle des pains sans levain était la conséquence de la Pâque. Cette fête était la dernière qui eut lieu selon la pensée de Dieu car le sacrifice qu’elle typifiait allait s’accomplir immédiatement après. Donc (v. 2) les chefs n’ont pas eu de succès dans leur entreprise. Il fallait trouver un autre moyen; ce moyen c’est Judas dans lequel Satan est entré. Misérable Judas ! Pour accomplir un tel acte, il devait être entièrement sous la puissance de Satan et non seulement sous son influence. C’est ce qui arrive chaque fois lorsque l’on se détourne de l’obéissance à la Parole de Dieu. Judas était tout préparé. Il était rempli de l’amour de l’argent et du désir d’en obtenir. À l’heure fatale, il se suicidera : la mort et le malheur éternel. Judas n’avait pas profité de la présence de Jésus, pendant plus de trois ans, et des caractères divins qui sortaient de Lui. Les autres disciples en avaient profité. Judas était préparé. Satan pouvait entrer dans cette demeure prudemment préparée (v. 3). Dans ces versets, le montant de l’argent n’est pas indiqué car Luc donne le côté moral. C’était : pour de l’argent, peu importe le montant. Puisse la jeunesse être en garde contre les mauvaises dispositions du cœur naturel (cf Prov. 22, 6; Ps. 119, 9). Encourageons les jeunes à lire et à méditer les Proverbes, spécialement les neuf premiers chapitres tout en demandant à Dieu la force de mettre en pratique ces précieux enseignements afin de pouvoir jouir d’une vie heureuse et qui honore le Seigneur.

Versets 7 à 18 : dernière pâque puis (v. 19 à 23), institution de la cène. Rien n’est laissé à l’initiative des disciples. Il s’agit de suivre cet homme chargé d’une cruche d’eau, figure du Saint Esprit présentant la Parole, et c’est Jésus qui révèle où cela doit avoir lieu. Quant à la pâque, le Seigneur lui-même avait des raisons touchantes et importantes pour la manger avec ses disciples. Il faut se représenter un dernier moment de partage, un dernier moment d’intimité entre lui et ses disciples … un dernier moment après une période d’activité commune. Cette période revêt une importance incalculable mais elle allait se terminer à tout jamais. Les relations entre le Seigneur et son peuple selon la chair, dont les disciples avaient fait partie jusque là, prennent fin. Pour Israël, tout prenait fin. C’est un moment solennel pour les disciples comme pour le peuple. Cette
pâque était le dernier geste que Jésus accomplissait avec les siens sous le régime de la loi
. Les entretiens du Seigneur, alors à table et jusqu’au moment où il fut livré, sont empreints de ce changement du fait que sa mort va introduire un nouvel état de choses, des choses célestes.
Ainsi donc, le Seigneur ne but pas à la coupe de la pâque (v. 17 et 18). Il la donna à ses disciples. Il ne pouvait pas participer à ce moment-là, à l’emblème de la joie en Israël. Il pourra y participer seulement lorsque serait venu le royaume de Dieu (la vigne de Dieu). Le royaume de Dieu est un état de chose marqué par la connaissance et la réalisation des caractères de Dieu. Il était présent en Christ (ch. 17, 21). Ce royaume de Dieu se continue par ceux qui sont au bénéfice de la mort de Jésus. C’est la période actuelle, le temps de la grâce, de l’Église. Après cette période ou économie, le royaume de Dieu sera établi en gloire par le règne du Fils de l’homme. Alors le Seigneur boira du fruit de la vigne d’un Israël renouvelé, en vertu de l’œuvre de la croix (cf Soph. 3, 17). Mais ici, dans ces versets de l’évangile de Luc, quel contraste ! Le Seigneur se trouve dans une situation toute différente; c’est la veille de sa mort, mort pourtant nécessaire pour que cette joie puisse avoir lieu.

Versets 19 à 23 : la cène. Les mots « pour vous » (v. 19 et 20) ne sont que dans Luc. Cela est précieux. Christ est mort pour moi, pour vous. L’appel du Seigneur de se souvenir de Lui dans la cène comporte des paroles simples et irrésistibles. Les croyants qui ne mangent pas la cène, n’obéissent pas au Seigneur. Comment un chrétien peut-il s’abstenir de prendre la cène ? C’est s’excommunier. Jésus aimait Judas, et Judas l’a livré. Et en lisant les v. 21 à 25 on pourrait croire que Judas était présent après le souper. Il faut se souvenir que Luc présente un ordre moral qui nécessite parfois l’abandon de l’ordre chronologique. Ainsi la difficulté disparait et en lisant les autres évangiles, notamment Jean 13, 39, Judas est sorti pendant le souper.
Le trait capital en est la personne du Seigneur mort pour les siens. Pour s’approcher de la cène, il faut avoir présent au cœur tout l’amour du Seigneur pour les siens au moment où il se rendait à la croix pour eux. Rien ne put éteindre cet amour malgré les terreurs d’une mort pareille. Et Jésus a voulu pour les siens un témoignage spécial appuyé par des signes visibles. Ces signes parlent de ce qu’il fût pour eux, pour nous, lorsqu’il endura la mort à leur place, à notre place. Il faut alors des affections actives pour que toute notre vie s’en ressente. Des sentiments de reconnaissance doivent en découler; ces sentiments se traduiront par l’obéissance, par la fidélité et le dévouement à celui qui nous a tant aimés. Si la coupe rappelle le sang de Christ qui efface le péché, elle représente aussi le sang de la nouvelle alliance qui concerne Israël. Une première alliance fut donnée (cf Ex. 24, 8) mais Israël fut infidèle. Mais le Dieu d’amour pourra accomplir ses promesses envers Israël en vertu du sang de la nouvelle alliance que Jérémie évoque également (Jér.31, 31-32). Lorsqu’il est question d’alliance, il est question de deux parties qui s’engagent à observer des conditions stipulées. La partie qui enfreint ces conditions rompt l’alliance et délie l’autre de ses engagements. C’est ce qui eut lieu avec Israël qui avait promis d’exécuter tout ce que l’Éternel avait dit. Sur ce pied là il n’y eut que ruine pour Israël, mais Dieu voulait bénir ce peuple en vertu des promesses aux pères et fondées sur la mort de son Fils à la croix, le fondement d’une nouvelle alliance. Ainsi Israël restauré
jouira d’une manière glorieuse de tout ce qui n’a pu être accordé sur la première alliance à cause de son infidélité. Tout en instituant ce mémorial, Jésus ressent douloureusement le fait qu’il serait livré par l’un des douze (v. 21). Mais, selon les conseils de Dieu (v. 22), le Fils de l’homme devait accomplir l’œuvre de la rédemption par sa mort. Mais l’homme est responsable d’avoir mis à mort le Seigneur et Judas qui l’a livré, plus que tous. La mort de Christ met en évidence deux grands principes opposés l’un à l’autre : l’amour et la haine. À la croix Dieu a manifesté ce qu’il est; l’homme aussi. Et à la question du v. 23, on voit à quel point tous les disciples croyaient ce que Jésus disait. Luc ne donne pas la réponse comme les autres évangiles. La conscience des disciples reste exercée par cette terrible déclaration que l’un deux allait livrer Jésus.

Versets 24 à 30 : les disciples occupés de leur grandeur. Les disciples sont occupés d’eux-mêmes. Seule la Parole peut nous présenter un tableau aussi fidèle du cœur humain. Quel triste tableau ! Être occupé de soi-même en de telle circonstance ! Mais Jésus, dans son amour, donne encore une leçon. Au lieu de reprendre ses disciples vertement, il leur montre la vraie grandeur qui consiste à s’abaisser pour servir comme il l’a fait.  Quel contraste absolu avec la grandeur du monde qui se recherche dans l’élévation de l’homme. Et au même verset (v. 28), Jésus peut rendre témoignage à la persévérance des disciples. Il appréciait la fidélité des disciples au milieu du monde où tout s’opposait à Lui. Sa bonté savait discerner au travers de leurs inconséquences ce qu’il y avait eu pour Lui chez les siens. Il agissait selon Ps. 62, 12 : « Et à toi, Seigneur, est la bonté ; car toi tu rends à chacun selon son œuvre ». Que de choses à imiter dans le parfait modèle ! Puis le Seigneur révèle à ses disciples (v. 29 et 30) qu’ils auront une place spéciale dans le royaume du Fils de l’homme, une place en rapport avec Israël, au milieu duquel ils ont été méprisés et ont dû prendre la dernière place. Un même principe se trouve en 2 Tim. 2, 12 : nous régnerons avec Christ et la part la plus heureuse, à l’heure de sa domination, sera d’être à sa table. Au sujet du royaume (v. 29 et 30), le royaume de Dieu, en Jésus, n’attirait pas l’attention. Les hommes n’ont d’yeux que pour les pharisiens dont l’apparence flatte l’orgueil et la convoitise. Ainsi, les pharisiens attendaient une apparition éclatante du royaume. Les disciples aussi (cf ch. 17, 21 et 19, 11). Combien vite nous serions réduits à rien par le criblage !..  mais le Seigneur veille sur son grain battu et le fruit de son aire. Dieu accorde à Satan sa demande, c’est-à-dire que Pierre soit criblé (v. 31). En fait, le Seigneur a des voies d’amour et de grâce envers Pierre et ses disciples comme jadis envers Job. Il fallait de telles voies pour le bénir. Il faut traverser l’heure de la tentation avec Christ, pas avec notre propre force. Il faut apprendre cette leçon auprès du Seigneur pour éviter le crible, sinon le crible est nécessaire.

Versets 31 à 34 : Pierre averti de son reniement. Le langage figuré par « criblé le blé » signifie : faire passer par une épreuve
pénible
. Jésus s’adresse à Pierre parce qu’il savait qu’il courrait plus de danger à cause de sa confiance en lui-même. Une grande épreuve allait arriver pour tous les disciples : la mort de leur maître. Satan croyait pouvoir détourner pour toujours les disciples de leur maître. Et Pierre avec sa nature bouillante se proposait d’affronter la tentation en comptant sur son grand amour pour son maître avec la force de sa nature. Il devait apprendre à se connaître et à perdre toute confiance en lui. Jésus le prépare, et malgré ces avertissements, il passera par une leçon douloureuse. Mais Pierre sera un exemple de la grâce qui pardonne et il pourra ensuite s’exprimer, selon Act. 3, 3, 14, 19, etc. Apprenons tous la leçon de Pierre, soyons convaincus de notre propre incapacité.

Versets 35 à 38 : dernières instructions aux disciples. Que de différences avec, par exemple, ch. 10, 4; les disciples devaient aller sans bourse car, en annonçant l’approche du royaume de Dieu, ils marchaient sous la protection de celui qui les envoyait du fait que son rejet n’était pas un fait accompli. Mais maintenant, Jésus étant rejeté, tout change pour les disciples. Ils restent seuls pour pourvoir eux-mêmes à leurs besoins. Cela ne veut pas dire que les ressources soient en eux. Mais ils doivent s’attendre au Seigneur invisible et rejeté au lieu d’être sous la protection d’un Messie présent et visible. Et c’est en vue de ce temps que le Seigneur enseigna Pierre, et nous tous, à ne pas compter sur nos propres forces mais aux ressources d’en-haut. Les disciples (v. 38) ont mal compris cette instruction. Mais Jésus ne leur donne pas d’autre indication car le temps viendrait où le Saint Esprit leur ferait comprendre les choses qu’Il leur avait dites. Au sujet de ces épées (v. 38), l’une d’elles a servi à couper l’oreille d’un esclave (v. 49 et 50). Ils n’avaient pas compris la Parole. Le Seigneur ne leur avait pas dit de prendre l’épée pour le défendre. Pour faire un bon usage de la Parole, il faut d’abord premièrement la comprendre.

Versets 39 à 46 : Jésus dans l’angoisse. Dans la scène de Gethsémané, certains détails ne se trouvent que dans Luc : Jésus à genoux (v. 41) et un ange qui le fortifie (v. 43). Pour l’homme saint par excellence, la pensée de porter le péché ne pouvait que le saisir d’horreur et d’effroi. Après cette scène terrible du combat, il est merveilleux de voir le Seigneur montrer devant les hommes une patience, une grâce et un calme parfait (v. 51). Ce passage (v. 39 à 46) montrent donc Jésus dans l’angoisse. Jésus désire (v. 40) que les disciples aient conscience de la solennité de l’heure terrible qu’ils vont traverser et des dangers qu’ils y rencontreront. Dans ces moment solennels (v. 41 et 42), Jésus sent la mort peser de tout son poids avec toute son horreur sur son âme pure et sainte. Les souffrances physiques, quoique réelles, ne constituaient qu’une bien faible part de ce qu’il avait devant lui. Il allait affronter la mort, le jugement de Dieu, la séparation de son Dieu par le péché qu’il prenait sur Lui, l’abandon de Dieu que son âme pressentait dans son affreuse réalité. Au chapitre 4, Satan s’était retiré de Jésus pour un temps. Ici, Satan revient afin que Jésus ne remporte pas la victoire dans sa forteresse. Satan voulait l’effrayer en lui présentant les affres de la mort. Mais Jésus, en achevant l’œuvre, en remportant la victoire sur la mort, allait désarmer le diable qui a le pouvoir de la mort. Satan ne veut pas être désarmé et c’est pourquoi il est à nouveau là. Quelle scène ! Dans ses perfections infinies, Jésus ne pouvait désirer boire cette coupe de la colère de Dieu. Il ne pouvait désirer être séparé de son Dieu par cette chose terrible qu’est le péché pour sa nature sainte. Mais parfait dans son obéissance et dans son dévouement pour son Dieu et Père, il ne pouvait que vouloir accomplir sa volonté. Et en réponse à cette soumission, un ange vient fortifier Jésus (v. 43). Quel tableau ! Étant fortifié, Jésus peut pénétrer plus avant dans la réalité des ombres effroyables de la mort que le diable amoncelait devant Lui (v.49). Luc présente l’humanité du Seigneur. Il fait ainsi ressortir l’intensité de ses souffrances en Gethsémané. Ces grumeaux de sang montrent divinement toutes choses. Et c’est parce qu’il sentait divinement les choses dans son corps et dans son cœur humain qu’il souffrit comme aucun homme, et cela à cause de nous et pour nous. Les disciples ne comprennent pas la solennité du moment; ils dorment. Mais Jésus ne leur fait par de reproches car il savait qu’ils ne pouvaient pas entrer dans ses souffrances. Toutes ces circonstances que Jésus passe font ressortir jusqu’au bout ses propres perfections.

Versets 47 à 53 : trahison de Judas. Les événements se succèdent rapidement; Jésus reprend Judas. Pour Judas il est trop tard. Il ne peut plus reculer car il s’est livré à Satan. Dans cette scène, Pierre coupe l’oreille à l’esclave du souverain sacrificateur. Jésus, en de telles circonstances, manifeste toujours la même grâce. Il guérit l’esclave; mais ceux qui sont témoins de cette scène restent insensibles. Puis Jésus s’adresse aux principaux sacrificateurs, aux capitaines du peuple et aux anciens. Jésus leur donne une simple et solennelle raison que, s’ils n’avaient pas encore pu mettre les mains sur Lui, c’est parce que leur heure n’était pas encore venue. Maintenant leur heure est là, l’heure du pouvoir des ténèbres (v. 53). L’heure du ministère de grâce et d’amour de Jésus a passé. Elle est remplacée par l’horreur où ces hommes se trouvaient sous le pouvoir de Satan. Rien ne peut faire reculer ces hommes. Mais grâce à Dieu aussi, rien n’a fait reculer Jésus dans ce moment terrible. Il voulait glorifier son Dieu et Père et sauver les pécheurs.

Versets 54 à 62 : reniement de Pierre. Le regard du Seigneur (v. 61) pèse plus que beaucoup de reproches. Il pénètre la conscience de Pierre et commence une œuvre de restauration. Le reniement de Pierre fut donc très douloureux pour le Seigneur. Il s’ajoutait à tous les outrages de ces versets (v. 63 à 65). Lors du reniement, Pierre suivait de loin. Il voulait accomplir la promesse d’aller jusqu’à la mort (v. 33). Pauvre Pierre ! Au lieu de suivre Jésus, comme il l’avait dit, il se mêle l’inique compagnie. Dans cette compagnie, avec un feu dans la cour (cf Jean 18, 18), et autour de ce feu, Pierre sent à quel point son maître est haï. Une inimitié si forte l’effraye. Pour traverser cela, il fait usage de son courage naturel. Mais que vaut le courage d’un homme en présence du pouvoir de Satan. Il renie son maître une première fois puis une deuxième et une troisième. Tout courage lui manque pour s’identifier avec son maître maltraité et honni des hommes. Il ne pense qu’à lui, il veut s’épargner et, au lieu de fuir, avant la troisième fois, il reste encore environ une heure avec ces gens. C’est alors qu’il y a le troisième reniement. Le coq chante et le Seigneur regarde Pierre. L’heure de la tentation venait de se terminer pour Pierre. Il s’y était engagé aveuglement. Le Seigneur l’a permis pour son instruction. Et en se rendant compte de l’énormité de sa faute, sa foi ne défaille pas. Jésus avait prié pour cela. Quelle douleur pour ce pauvre Pierre lorsque sa conscience est réveillée. Devant tout cela on comprendra plus tard l’empressement de Pierre courant au sépulcre en apprenant que Jésus était ressuscité (selon ch. 24, 12), et l’empressement de Jésus à le rencontrer (selon ch. 24, 34). De cette leçon de Pierre, apprenons qu’il faut fuir les lieux où nous ne pouvons rendre témoignage. Pour rendre témoignage, il faut compter sur Jésus, mais il ne faut pas nous attarder là où nous ne nous sentons pas approuvés de Lui. Car Dieu ne nous a pas promis de nous garder dans le chemin de notre propre volonté. Si nous sommes dans le monde, nous ne pourrons pas l’éviter. Mais ne nous
exposons pas à déshonorer le Seigneur en affrontant des circonstances où nous n’aurons aucune force pour Lui être fidèle. Et si nous sommes obligés d’affronter le monde pour le travail, à l’armée, etc., il faut faire comme Daniel : arrêter dans son cœur de ne pas se souiller, de rester fidèle. Alors le Seigneur donnera la force pour ne pas le renier. Le reniement de Pierre
se trouve dans les quatre évangiles. Son importance est ainsi soulignée. Marc 14, 29 souligne la confiance excessive de Pierre, tout comme le v. 31. Lorsque le Seigneur permet le crible, c’est pour notre bien, comme ce fut le cas avec Pierre. Ne retenons pas ce que le crible nous enlève, c’est-à-dire des choses qui plaisent à la chair.

Versets 63 à 71 : Jésus, dans la maison du souverain sacrificateur, devant le sanhédrin. Jésus, qui se livrait volontairement, fut le jouet de la méchanceté des hommes. Ces hommes en profitaient pour se moquer de Lui, pour l’injurier et le frapper. Et Jésus supportait tout cela avec calme. Il ne nous est pas dit où et comment se passa pour Jésus le reste de cette nuit mémorable. Mais il est précisé, qu’au matin, il fut conduit au sanhédrin (composé par les chefs du peuple). Il était mené là et aucune forme légale ne fut donnée à son procès; tous l’avaient condamné d’avance. Avec les réponses que Jésus donne (v. 67 et 68), en rapport avec son titre, son témoignage prend fin. Tout ce qui devait être fait afin que les Juifs croient que Jésus était le Christ avait eu lieu avec évidence selon les Écritures. Il était inutile de le répéter. Du fait que Jésus était rejeté, il dit néanmoins (v. 69) qu’il allait s’assoir comme Fils de l’homme à la droite de Dieu dans le ciel en attendant de prendre en main le gouvernement universel (cf Dan. 7, 13 et 14). Puis, suite à la déclaration du glorieux accusé, les juges tirent la conclusion qu’Il est Fils de Dieu (v. 70). S’il est Fils de Dieu, il est aussi fils de l’homme (v. 69). Les hommes du sanhédrin en tirent l’évidence. C’est pourquoi ils sont infiniment plus coupables en le condamnant après de telles paroles. Dans cette fin du chapitre, lorsque Jésus est questionné, ses réponses sont brèves car son heure était venue. 

 





Chapitre 23
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1
Et se levant tous ensemble*, ils le menèrent à Pilate. 2 Et ils se mirent à l’accuser, disant: Nous avons trouvé cet homme pervertissant notre nation et défendant de donner le tribut à César*, se disant lui-même être le Christ, un roi. 3 Et Pilate l’interrogea, disant: Toi, tu es le roi des Juifs? Et répondant, il lui dit: Tu le dis. 4 Et Pilate dit aux principaux sacrificateurs et aux foules: Je ne trouve aucun crime en cet homme. 5 Mais ils insistaient, disant: Il soulève le peuple, enseignant par toute la Judée, ayant commencé depuis la Galilée jusqu’ici. 6 Et Pilate, ayant entendu parler de la Galilée, demanda si l’homme était Galiléen. Et ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode qui, en ces jours-là, était lui-même aussi à Jérusalem.

Et Hérode, voyant Jésus, se réjouit fort; car il y avait longtemps qu’il désirait de le voir, parce qu’il avait entendu dire plusieurs choses de lui; et il espérait voir quelque miracleopéré par lui. 9 Et il l’interrogea longuement; mais il ne lui répondit
rien. 10 Et les principaux sacrificateurs et les scribes se tinrent là, l’accusant avec véhémence. 11 Et Hérode, avec ses troupes, l’ayant traité avec mépris et s’étant moqué de lui, le revêtit d’un vêtement éclatant et le renvoya à Pilate. 12 Et Pilate et Hérode devinrent amis entre eux ce même jour; car auparavant ils étaient en inimitié l’un avec l’autre.

13 Et Pilate, ayant assemblé les principaux sacrificateurs, et les chefs, et le peuple, 14 leur dit: Vous m’avez amené cet homme comme détournant le peuple, et voici, l’ayant examiné devant vous, moi je n’ai trouvé aucun crime dans cet homme quant aux choses dont vous l’accusez, 15 ni Hérode non plus, car je vous ai renvoyés à lui; et voici, rien n’a été fait par* lui qui soit digne de mort. 16 L’ayant donc châtié, je le relâcherai. 17 Or il était obligé de leur relâcher quelqu’un à la fête. 18 Et toute la multitude s’écria ensemble, disant: Ôte* celui-ci, et relâche-nous Barabbas 19 (qui avait été jeté en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour meurtre). 20 Pilate donc s’adressa de nouveau à eux, désirant relâcher Jésus. 21 Mais ils s’écriaient, disant: Crucifie, crucifie-le! 22 Et il leur dit pour la troisième fois: Mais quel mal celui-ci a-t-il fait? Je n’ai rien trouvé en lui qui soit digne de mort; l’ayant donc châtié, je le relâcherai. 23 Mais ils insistaient à grands cris, demandant qu’il fût crucifié. Et leurs cris et ceux des principaux sacrificateurs eurent le dessus. 24 Et Pilate prononça que ce qu’ils demandaient fût fait. 25 Et il relâcha celui qui, pour sédition et pour meurtre, avait été jeté en prison, lequel ils demandaient; et il livra Jésus à leur volonté.

26 Et comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon, Cyrénéen, qui venait des champs, et le chargèrent de la croix, pour la porter après Jésus. 27 Et une grande multitude du peuple et de femmes qui se frappaient la poitrine et le pleuraient, le suivait. 28 Mais Jésus, se tournant vers elles, dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants; 29 car voici, des jours viennent, dans lesquels on dira: Bienheureuses les stériles, et les ventres qui n’ont pas enfanté, et les mamelles qui n’ont pas nourri. 30 Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous; et aux coteaux: Couvrez-nous; 31 car s’ils font ces choses au bois vert, que sera-t-il fait au bois sec? 32 Et deux autres aussi, qui étaient des malfaiteurs, furent menés avec lui, pour être mis à mort.

33 Et quand ils furent venus au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, et les malfaiteurs, l’un à la droite, l’autre à la gauche. 34 Et Jésus dit: Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. Et ayant fait le partage de ses vêtements, ils tirèrent au sort. 35 Et le peuple se tenait là, regardant; et les gouverneurs aussi se raillaient de lui [avec eux], disant: Il a sauvé les autres; qu’il se sauve lui-même, si lui est le Christ, l’élu de Dieu. 36 Et les soldats aussi se moquaient de lui, s’approchant, et lui présentant du vinaigre, 37 et disant: Si toi, tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. 38 Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques: Celui-ci est le roi des Juifs.

39 Et l’un des malfaiteurs qui étaient pendus* l’injuriait, disant: N’es-tu pas le Christ, toi? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. 40 Mais l’autre, répondant, le reprit, disant: Et tu ne crains pas Dieu, toi, car tu es sous le même jugement? 41 Et pour nous, nous y sommes justement; car nous recevons ce que méritent les choses que nous avons commises: mais celui-ci n’a rien fait qui ne se dût faire. 42 Et il disait à Jésus: Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume. 43 Et Jésus lui dit: En vérité, je te dis: Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.

44 Or il était environ la sixième heure; et il y eut des ténèbres sur tout le pays* jusqu’à la neuvième heure; 45 et le soleil fut obscurci, et le voile du temple* se déchira par le milieu. 46 Et Jésus, criant à haute voix, dit: Père! entre tes mains je remets mon esprit. Et ayant dit cela, il expira.

47 Et le centurion, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, disant: En vérité, cet homme était juste. 48 Et toutes les foules qui s’étaient assemblées à ce spectacle, ayant vu les choses qui étaient arrivées, s’en retournaient, frappant leurs poitrines. 49 Et tous ceux de sa connaissance, et des femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient loin, regardant ces choses.

50 Et voici, un homme nommé Joseph, qui était conseiller, homme de bien et juste 51 (celui-ci ne s’était pas joint à leur conseil et à leur action), qui était d’Arimathée, ville des Juifs, et qui attendait, lui aussi, le royaume de Dieu…; 52 celui-ci, étant venu à Pilate, lui demanda le corps de Jésus. 53 Et l’ayant descendu, il l’enveloppa d’un linceul, et le* mit dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait jamais été déposé. 54 Et c’était le jour de la Préparation* et le crépuscule du sabbat. 55 Et des femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, ayant suivi, regardèrent le sépulcre et comment son corps y avait été déposé. 56 Et s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums; et, le sabbat, elles se tinrent en repos, selon le commandement*.

 v. 1: litt.: Et toute leur multitude se levant.  / v. 2: voir 20:22-26.  / v. 8: litt.: signe.  / v. 15: ou: établi contre lui.  / v. 18: au sens de: supprime, tue.  / v. 39: ou: suspendus (à une croix).  / v. 44: ou: sur toute la terre.  / v. 45: la maison même.  / v. 53: le, se rapporte à la personne.  / v. 54: jour qui précède le sabbat.  / v. 56: voir Exode 20:10.

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Chapitres 19 v. 28 à ch 23 v. 56 : 3ème grande division  >>> fin du service de Jésus

Ce chapitre présente
:

Versets 01 à 07 : Jésus devant Pilate

Versets 08 à 12 : deux nouveaux amis

Versets 13 à 25 : Jésus renvoyé de nouveau devant Pilate

Versets 26 à 38 : Jésus conduit au supplice

Versets 39 à 43 : conversion d’un brigand

Versets 44 à 49 : mort de Jésus

Versets 50 à 56 : la sépulture de Jésus

 


Dans Luc


Voir Matthieu


Voir Marc


Voir Jean


v. 01 à 05


Ch. 27 v. 2, 11-14


Ch. 15 v. 1 à 5


Ch. 18 v. 28 à 38


v. 06 à 12





v. 13 à 25


Ch. 27 v. 15 à 30


Ch. 15 v. 6 à 19


Ch.18 v. 39 à 19 v. 16


v. 26 à 49


Ch. 27 v. 31 à 56


Ch. 15 v. 20 à 41


Ch. 19 v. 17 à 30


v. 50 à 56


Ch. 27 v. 57 à 66


Ch. 15 v. 42 à 47


Ch. 19 v. 31 à 42


v. 56b


Ch. 28 v. 1


Ch. 16 v. 1



À la fin du chapitre 22, Jésus était devant le sanhédrin. Au début du chapitre 23, il est devant le prétoire (le pouvoir civil). Devant le sanhédrin on l’accusait de blasphème pour avoir dit : « Je suis le Fils de Dieu ». Et devant le pouvoir civil, les Juifs présentent Jésus comme un ennemi de César. Les Juifs sont caractérisés par le mensonge et la perfidie. Luc, dans ce chapitre, est le seul évangile à rapporter ce qui est dit au sujet d’Hérod, oncle du terrible persécuteur des chrétiens (cf Act. 12, 23). 


Versets 01 à 07 : Jésus devant Pilate … ou Ponce Pilate (Matt. 27, 2) qui était le cinquième procurateur ou gouverneur de Judée. Il fut nommé par Tibère en l’an 26 après Jésus Christ et succéda à Valérius Gratus. Pilate, nommé en Luc 3, 1 était déjà en place quand Jean Baptiste et Jésus commencèrent leur ministère. Cet homme était cruel et impitoyable (cf Luc 13, 1-2. La tradition rapporte que Pilate fut banni dans les Gaules, à Vienne sur le Rhône, et qu’il se suicida. Quant à Hérode (v. 7), il s’agit d’un fils d’Hérode le Grand. C’est Hérode Antipas, tétrarque de Galilée de 4 av. J.-C. jusqu’à 39 ap. J.-C. Son épouse Hérodias fut l’instigatrice de l’assassinat de Jean-Baptiste (en Matt. 14, 1 à 12). Hérode était rusé et le Seigneur l’appelait « ce renard » (en Luc 13, 31 et 32). Il devait aussi avoir une influence sur ses partisans du fait que Jésus parle du levain d’Hérode (en Marc 8, 15). En ce temps-là, Agrippa, frère d’Hérodias, avait la royauté sur la Judée et Caligula était l’empereur.

Au v. 2 : une fausse accusation. Dans ces premiers versets, les mensonges n’ont pas, sur Pilate, l’effet que les Juifs attendaient. Pilate cherche un moyen de se dérober en amenant Jésus à Hérode; en ce qui concerne Israël, son entière responsabilité est évidente. Mais la gloire céleste du Fils de l’homme et la gloire personnelle du Fils de Dieu demeurent. Et ici, afin que tout fut accompli, Jésus est livré aux Gentils. Leur indifférence est flagrante et, en pareil cas, constitue une injustice et une insolence inexcusables. Pilate fait ce qu’il peut pour délivrer Christ. Hérode, désappointé, le renvoie sans jugement. La volonté positive de nuire au Seigneur est tout entière du côté des Juifs. C’est là le caractère de cette partie de l’histoire dans l’évangile de Luc. 


Versets 08 à 12 : Hérode et Pilate … deux nouveaux amis. Relevons que l’évangile de Luc est le seul qui mentionne la comparution de Jésus devant Hérode. Ce dernier se montre lâche. Ici, il présente cette classe de personnes qui n’ont que de la curiosité envers Jésus. Devant cette condition morale, le Sauveur ne répond rien. À propos du v. 11, relevons que Matt. 27, 28 mentionne un manteau différent. En Luc il s’agit de celui dont Hérode revêtit le Seigneur. En Matthieu, c’est celui que les Romains mirent sur ses épaules déchirées par les verges. Celui de Matthieu était de pourpre, symbole de la royauté, l’autre était un vêtement éclatant.


Versets 13 à 25 : Jésus renvoyé de nouveau devant Pilate. Dans cette portion, Pilate fait une déclaration claire et catégorique. Devant une telle déclaration, tout autre que Jésus aurait été libéré. Mais il fallait que, jusqu’au bout, la haine des Juifs se manifesta d’une manière complète. Jusqu’au v. 23, Pilate intercède trois fois pour libérer son royal accusé. Ses trois intercessions font ressortir la volonté arrêtée du peuple aveuglé par sa haine pour celui dont il n’avait reçu que bienfaits. Ce peuple démontre toute sa culpabilité et sa responsabilité de la mort de Jésus, son Messie. Pilate cède devant une puissance plus forte que celle du trône des Césars. César cède devant la puissance de Satan du fait que le peuple Juif se trouve sous son autorité. S’il y a la responsabilité du peuple dominé par Satan, celle des Gentils est aussi engagée en rapport avec la mort du Christ. Pierre relève la culpabilité des Gentils (cf Act. 4, 25 à 28; voir aussi Le Ps. 2, 1 et 2) en nommant notamment Pilate et Hérode. Remarquons que, dans tous ces versets, une foule est facilement lâche et cruelle. Sous le couvert de l’anonymat, les plus bas instincts se donnent libre court. Celle-ci (la foule) l’est d’autant plus qu’elle est poussée par ses propres conducteurs. Finalement leurs cris ont le dessus. Pour Pilate, homme sans scrupules, la vie humaine a moins de valeur que la faveur de la populace.

Versets 26 à 38 : Jésus conduit au supplice. Simon pour porter la croix après Jésus (v. 26). On a supposé que Jésus était trop faible pour porter lui-même sa croix jusqu’au bout. Mieux vaut ne pas faire cette supposition peu en rapport avec sa dignité. S’il avait été utile de le savoir, la Parole l’aurait mentionné. Il y avait dans la foule (cf v. 27 et 48) d’autres personnes que celles qui étaient sous l’influence des chefs du peuple. Mais ces personnes ne pouvaient pas faire valoir leur opinion. Elles avaient le cœur qui débordait de sympathie pour Jésus. Elles entrevoyaient les graves conséquences de cette condamnation inique. Jésus en fait part dans (cf v. 28 à 31). Jésus était le bois vert plein de vigueur pour Dieu. Le peuple était le bois sec, sans vie et sans fruit pour Dieu. Ce langage figuré fait penser au siège d’une ville où l’on coupe tous les arbres à l’entour, sans distinguer ce qui est vert ou ce qui est sec. Ainsi donc, ayant mis à mort Jésus, le bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec, lorsque la patience de Christ aura pris fin ? Le siège et la prise de Jérusalem par les Romains a déjà été mentionné (ch. 21). Dans un temps futur, lorsque les Juifs rentreront dans leur pays, cela sera pire (Zach. 14, 1 et 2).

Au v. 33, Jésus est au rang des transgresseurs. C’est la réalisation d’Es. 53, 12. Mais Jésus, plein d’amour, intercède pour les Juifs. C’est bien en vertu de cette intercession que Dieu fit grâce aux Juifs, comme peuple, jusqu’à la destruction de Jérusalem. Pendant ces quelque 40 ans, les apôtres exercèrent leur ministère qui amena la conversion de millier d’entres eux. Mais le refus persistant de recevoir le Christ, amena la ruine définitive de la nation. Puis, dans cette cène du supplice, les soldats se partagent les vêtements de Jésus. Tout en le faisant, ils se moquent de Lui (v. 34 à 37). Ils reconnaissent que Jésus avait sauvé les autres mais eux-mêmes n’en ont pas bénéficié car la vie de Jésus jugeait ces gens et leur montrait qu’ils ne pouvaient pas entrer dans le royaume tels qu’ils étaient. Ils ignoraient que l’amour au moment de la crucifixion avait sa suprême expression. Ils ignoraient aussi que si Jésus se fut sauvé lui-même, personne ne l’aurait été. Jésus supporte la contradiction des pécheurs contre lui-même afin de mener à bonne fin l’œuvre de notre salut éternel. Au v. 38 on place sur la croix, comme de coutume, une inscription indiquant le motif de la condamnation. Cette condamnation est écrite en trois langues, le grec était très répandu, le latin servant de langue officielle, l’hébreu était peu répandu, mais Dieu voulut que cet écriteau rende évident à tous que les Juifs ont placé sur une croix le roi couronné d’épines. On comprend les douleurs du résidu futur lorsqu’il aura conscience de ce crime, et ses lamentations en voyant celui qu’ils ont percé. Le mot rendu par « raillaient » (v. 35) est le même que celui rendu par « moqué » (ch. 16, 14). Ces mots ne se trouvent que là.

Remarquons de l’intercession de Jésus est reprise dans le discours que Pierre fait aux Juifs (cf Act. 3, 17 avec le v. 34).


Versets 39 à 43 : conversion d’un brigand. Jusqu’ici, ce chapitre a passé en revue Hérode, Pilate, les chefs du peuple, la foule et les soldats romains lancés leurs flèches de haine dans le cœur de la sainte victime. Pour compléter ce tableau satanique, un des malfaiteurs crucifié à côté de Jésus qui l’injurie (v. 39). Mais Dieu avait préparé un baume pour son bien-aimé par la conversion de l’autre malfaiteur (v. 40 et 41). Dieu opère une œuvre merveilleuse dans le cœur de ce pauvre homme. Le témoignage rendu à Jésus, en un tel moment, est merveilleux car tout, extérieurement, contredisait les gloires de sa personne. Ce malfaiteur converti reconnaît en Jésus (v. 42) non seulement l’homme parfaitement juste, mais le Seigneur de gloire auquel appartient le royaume et qui doit revenir pour en prendre possession. La foi de ce brigand reconnaît ainsi dans ce Seigneur le Sauveur dans lequel il peut espérer. Dans cet homme, il ressort que, dès que la foi a Christ pour objet, toutes les vérités relatives à sa personne sont saisies. Ainsi ce malfaiteur converti croyait à sa propre résurrection, à celle de Christ, à sa glorification, à son retour pour le rétablissement du royaume, et par-dessus tout à sa grâce. En plus Jésus ajoute à cette foi une vérité non encore révélée, celle d’un bonheur céleste immédiat avec Lui quant à son âme, non dans le royaume à venir, mais le jour même dans le paradis (v. 43). Certainement que cette vérité révélée a dû soutenir le malfaiteur
converti durant ses heures d’agonie. Au v. 40 la crainte de Dieu est le premier fruit de cette œuvre; au v. 42, l’invocation : « Souviens-toi de moi, Seigneur. » est suffisante pour être sauvé. Puis les paroles du Seigneur du v. 43 peuvent être commentées ainsi : En vérité je te dis : quelle certitude. Aujourd’hui: quelle promptitude; tu seras avec moi: quelle compagnie; dans le paradis: quel séjour. Ce récit est la démonstration frappante du changement auquel Luc nous conduit. Le roi des Juifs n’est pas délivré, il est crucifié. C’est la fin des espérances de ce peuple. Mais en même temps un malfaiteur grossier est converti, par la grâce, sur le gibet même et va droit au paradis. Une âme est éternellement sauvée, hors du corps, dans le bonheur avec Jésus. Ce n’est plus le royaume tel que le concevait les Juifs.  

Dans ce passage, tous sont présents : les gouverneurs (v. 35); le misérable brigand (v. 39). L’entière méchanceté du cœur humain se découvre sans honte. Mais l’autre brigand (v. 40), conscient de l’horreur du péché, a le courage de le censurer devant tout le monde. Puis (v. 41), il confesse ses crimes et le témoigne que Jésus, injustement sous la même condamnation qu’eux, est le Juste. Pour être sauvé, il faut avoir horreur du péché, en faire l’aveu, et reconnaître que la justice est en Christ seul. Si tel n’est pas le cas, on se trouve en aussi mauvaise posture que ce brigand avant sa conversion. Matthieu et Marc mentionnent que les deux brigands insultaient Jésus. Ici, dans l’évangile de Luc, l’œuvre de Dieu s’est faite, à un moment donné, dans la conscience de l’un des malfaiteurs. La conversion du brigand est un cas extraordinaire et enseigne de grands principes. Le brigand converti a partagé dans ce monde le sort de son compagnon mais dans le ciel il partage celui de Jésus. La différence entre les deux brigands vient de Dieu et non des circonstances. Dieu peut certes se servir des circonstances mais elles ont souvent un effet tout opposé d’une âme à l’autre. C’est le cas de
ces deux hommes. En principe, toute âme sauvée se trouve dans la même situation que le brigand converti. Personne n’a jamais été sauvée d’une manière différente que lui. Une œuvre faite pour le brigand et une œuvre faite en lui. Quand l’œuvre est fait en nous, nous jouissons de tous les effets de l’œuvre faite pour nous. Dans ce nouveau converti, il y a la crainte de Dieu, la connaissance de soi-même, la connaissance de Jésus, la foi en lui, et la foi en son règne. Il y a aussi l’oubli de soi et le désir d’avoir une part et une jouissance avec Lui. La foi de cet homme nous interpelle. Elle démontre les grands traits de la conversion. Sa foi est vive et efficace. Puissions-nous en imiter quelque chose !


Versets 44 à 49 : mort de Jésus. Dans le récit de Luc, l’abandon de Dieu, à l’inverse des récits de Matthieu et de Marc, n’est pas mentionné. En Luc, nous avons : « Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (v. 46). Seul le Seigneur peut s’exprimer ainsi. Etienne disait : « Reçois mon esprit » (Act. 7, 59). En Luc, sur la croix, il n’y a aucune mention de souffrance. Avant la croix, Christ a sué des grumeaux de sang (Luc 22, 44) et a tout traversé avec Dieu. Pour nous-mêmes, dans nos petites épreuves, il y a le même principe. Étant avec Dieu, nous serons au-dessus de ces épreuves. Il suffit de présenter nos épreuves à Dieu qui nous élèvera au-dessus des circonstances. Christ a été parfaitement éprouvé mais il a toujours été parfait dans l’épreuve. Ainsi Luc ne montre pas, comme Matthieu et Marc, la victime expiatoire. Si Luc n’évoque pas l’abandon de Dieu (dans les v. 44 à 46), il proclame les résultats de cette œuvre. Il présente les ténèbres puis, comme leur succédant immédiatement, le fait que le voile du temple se déchira. Le voile étant déchiré, tout étant achevé, Jésus n’avait pas à rester plus longtemps sur la croix. En pleine possession de ses forces, il remet son esprit. Sa mort n’a pas eu pour cause ses souffrances, mais le fait que l’œuvre était accomplie.

Le centurion (v. 47) est étonné d’une telle œuvre. Cet homme, païen, a vu mourir Jésus autrement que les autres crucifiés qui mourraient après une longue et douloureuse agonie. Il dut rendre témoignage à la perfection du Seigneur. On ose espérer que la confession du centurion fut suivie de la conversion. Dieu a ainsi voulu que deux hommes rendent témoignage
à la justice de son Fils, quand il était sur la croix : un malfaiteur et un païen. Les Juifs, eux, l’avaient mis au rang des criminels. Puis les foules (v. 48) quittent cette scène avec l’impression angoissante qu’un malheur venait d’arriver. En se retirant, ces foules comprenaient qu’on s’était fatalement compromis avec Dieu. Elles ne reverrons plus Jésus qui leur avait dit, au ch. 13, 35 : « 
Voici, votre maison vous est abandonnée; et je vous dis, que vous ne me verrez point jusqu’à ce qu’il arrive que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du *Seigneur! ». En fait, après sa résurrection, Jésus se manifesta aux disciples seulement. Mais une autre classe de personnes est aussi mentionnée (v. 49). Il s’agit de personnes de sa connaissance, etc. Dans le sentiment de leur faiblesse, et sous la terreur de tout ce qui s’est passé, ces personnes ne se mêlaient pas à la foule endurcie et curieuse. La mère de Jésus a eu son âme transpercée par une épée. Quelle douleur aussi pour Marthe et Marie. Le dernier acte de ce qui a fait de la vie de Jésus vient d’avoir lieu (v. 46), à savoir la parfaite énergie du Saint Esprit agissant dans une parfaite conscience envers son Père et sous sa dépendance. Ainsi, il remet son esprit, il expire. En Luc, la vie et le sacrifice de Jésus correspondent aux types de Lév. 2, 7 à 9 : l’offrande de gâteau. 


Versets 50 à 56 : la sépulture de Jésus. Dieu, dans cette fin de chapitre, prend soin du corps de son bien-aimé en ne permettant pas qu’il entre pas en contact avec la souillure occasionnée par la mort d’un pécheur. Ainsi, même dans la mort, la sainteté de sa personne est maintenue. Pour cela, un homme est mis à part. Il s’agit de Joseph d’Arimathée que Dieu veut utiliser pour un service bien précieux, un service d’un jour pour lequel il a été formé dans le secret. C’est la veille du sabbat, appelée, à cause de cela, la préparation (v. 54). Le corps de Jésus est donc déposé dans le sépulcre au crépuscule[1]. Pour les Juifs, les jours commençaient à six heures du soir et, comme il était défendu de faire quoi que ce soit le jour du sabbat, le nécessaire était préparé la  la veille. Quant aux femmes (v. 54 à 56), après avoir regardé comment on avait mis Jésus, elles vont préparer des aromates et des parfums avec l’intention de venir au sépulcre de bonne heure le premier jour de la semaine. Elles ne pouvaient rien faire de plus avant puisque en raison du sabbat et de son crépuscule. Elles se tinrent en repos selon le commandement (v. 56). 


Avec ce chapitre, une phase incomparable de l’histoire du monde, de l’humanité, vient de se terminer. Mais sur cette scène de mort, il y aura la résurrection et la vie et l’incorruptibilité vont luire par l’évangile (cf 2 Tim. 1, 10) dans l’attente de nouveaux cieux et d’une nouvelle terre. 


Matthieu et Jean nous apprennent que Joseph d’Arimathée est un disciple de Jésus, mais en secret, par crainte des Juifs (voir Matt. 27, 57 et Jean 19, 38). Les quatre évangiles rapportent le fait de Joseph d’Arimathée, chacun avec son propre caractère. En effet, le Messie est enseveli par un homme riche (év. de Matthieu) ; le parfait serviteur par un conseiller honorable (év. de Marc) ; le Fils de l’homme par un homme de bien (év. de Luc) ; le Fils de Dieu par un disciple (év. de Jean). 


Luc ne mentionne pas le désir des femmes d’embaumer Jésus. Il faut savoir que l’embaumement n’est pas pour préserver de la corruption mais pour honorer le défunt. Les Juifs ont (ou avaient) coutume d’ensevelir de cette manière. Le fait d’embaumer le corps de Jésus se trouve dans l’évangile de Marc : « Et le sabbat étant passé, Marie de Magdala, et Marie, la [mère] de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates pour venir l’embaumer. » (Marc 16:1)



[1]
Le crépuscule est l’intervalle de temps au soir entre le coucher du Soleil et le moment où le Soleil se situe à un certain nombre de degrés sous l’horizon. Le matin, le crépuscule est l’intervalle de temps entre le moment où le Soleil est encore à un certain nombre de degrés sous l’horizon et le lever du Soleil.

 

 

 

 

 

 

Chapitre 24                              Retour au début de l’évangile selon Luc


1 Or le premier jour de la semaine, de très-grand matin, elles vinrent au sépulcre, apportant les aromates qu’elles avaient préparés. 2 Et elles trouvèrent la pierre roulée de devant le sépulcre. 3 Et étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du seigneur Jésus. 4 Et il arriva, comme elles étaient en grande perplexité à ce sujet, que voici, deux hommes se trouvèrent avec elles, en vêtements éclatants de lumière. 5 Et comme elles étaient épouvantées et baissaient le visage contre terre, ils leur dirent: Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? 6 Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous comment il vous parla quand il était encore en Galilée, 7 disant: Il faut que le fils de l’homme soit livré entre les mains des pécheurs, et qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. 8 Et elles se souvinrent de ses paroles. 9 Et, laissant le sépulcre, elles s’en retournèrent et rapportèrent toutes ces choses aux onze et à tous les autres. 10 Or ce furent Marie de Magdala, et Jeanne, et Marie, la [mère] de Jacques, et les autres femmes avec elles, qui dirent ces choses aux apôtres. 11 Et leurs paroles semblèrent à leurs yeux comme des contes, et ils ne les crurent pas. 12 Mais Pierre, s’étant levé, courut au sépulcre; et, se baissant, il voit les linges là tout seuls; et il s’en alla chez lui, s’étonnant de ce qui était arrivé.

 

13 Et voici, deux d’entre eux étaient ce même jour en chemin, pour aller à un village dont le nom était Emmaüs, éloigné de Jérusalem de soixante stades*. 14 Et ils s’entretenaient ensemble de toutes ces choses qui étaient arrivées. 15 Et il arriva, comme ils s’entretenaient et raisonnaient ensemble, que Jésus lui-même, s’étant approché, se mit à marcher avec eux. 16 Mais leurs yeux étaient retenus, de manière qu’ils ne le reconnurent pas. 17 Et il leur dit: Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et vous êtes tristes? 18 Et l’un d’eux, dont le nom était Cléopas, répondant, lui dit: Est-ce que tu séjournes tout seul dans Jérusalem*, que tu ne saches pas les choses qui y sont arrivées ces jours-ci? 19 Et il leur dit: Lesquelles? Et ils lui dirent: Celles touchant Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple; 20 et comment les principaux sacrificateurs et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort, et l’ont crucifié. 21 Or nous, nous espérions qu’il était celui qui doit délivrer Israël; mais encore, avec tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées. 22 Mais aussi quelques femmes d’entre nous nous ont fort étonnés; ayant été de grand matin au sépulcre, 23 et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues, disant qu’elles avaient vu aussi une vision d’anges qui disent qu’il est vivant. 24 Et quelques-uns de ceux qui sont avec nous, sont allés au sépulcre, et ont trouvé [les choses] ainsi que les femmes aussi avaient dit; mais pour lui, ils ne l’ont point vu. 25 Et lui leur dit: Ô gens sans intelligence et lents de cœur à croire toutes les choses que les prophètes ont dites! 26 Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ces choses, et qu’il entrât dans sa gloire? 27 Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent. 28 Et ils approchèrent du village où ils allaient; et lui, il fit comme s’il allait plus loin. 29 Et ils le forcèrent, disant: Demeure avec nous, car le soir approche et le jour a baissé. Et il entra pour rester avec eux. 30 Et il arriva que, comme il était à table avec eux, il prit le pain et il bénit; et l’ayant rompu, il le leur distribua. 31 Et leurs yeux furent ouverts, et ils le reconnurent; mais lui devint invisible [et disparut] de devant eux. 32 Et ils dirent entre eux: Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait par le chemin, et lorsqu’il nous ouvrait les écritures? 33 Et se levant à l’heure même, ils s’en retournèrent à Jérusalem, et trouvèrent assemblés les onze et ceux qui étaient avec eux, 34 disant: Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon. 35 Et ils racontèrent les choses qui étaient arrivées en chemin, et comment il s’était fait connaître à eux dans la fraction du pain.

36 Et comme ils disaient ces choses, il se trouva lui-même là au milieu d’eux, et leur dit: Paix vous soit! 37 Et eux, tout effrayés et remplis de crainte, croyaient voir un esprit. 38 Et il leur dit: Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi monte-t-il des pensées dans vos cœurs? 39 Voyez mes mains et mes pieds; — que c’est moi-même: touchez-moi, et voyez; car un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j’ai. 40 Et en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 41 Et comme, de joie, ils ne croyaient pas encore et s’étonnaient, il leur dit: Avez-vous ici quelque chose à manger? 42 Et ils lui donnèrent un morceau de poisson cuit et [quelque peu] d’un rayon de miel; 43 et l’ayant pris, il en mangea devant eux. 44 Et il leur dit: Ce sont ici les paroles que je vous disais quand j’étais encore avec vous, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies. 45 Alors il leur ouvrit l’intelligence pour entendre les écritures. 46 Et il leur dit: Il est ainsi écrit; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, 47 et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. 48 Et vous, vous êtes témoins de ces choses; 49 et voici, moi, j’envoie sur vous la promesse de mon Père. Mais vous, demeurez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de puissance d’en haut.

50 Et il les mena dehors jusqu’à Béthanie, et, levant ses mains en haut, il les bénit. 51 Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé* d’eux, et fut élevé dans le ciel. 52 Et eux, lui ayant rendu hommage, s’en retournèrent à Jérusalem avec une grande joie. 53 Et ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu.

 

 v. 13: 11 kilomètres.  / v. 18: ou: Ne fais-tu que séjourner à Jérusalem?  / v. 51: ou: se sépara.

 

 

 

 

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Chapitre 24. Conclusion. Résurrection et ascension du Fils de l’homme

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 11 : les femmes au sépulcre

Verset   12        : Pierre et Jean au sépulcre

Versets 13 à 24 : sur le chemin d’Emmaüs
Versets 25 à 27 : Jésus qui explique les Écritures

Versets 28 à 35 : Jésus à Emmaüs

Versets 36 à 49 : Jésus qui apparait aux disciples rassemblés

Versets 50 à 53 : l’ascension du Seigneur

Dans Luc

 Voir Matthieu

Voir Marc

Voir Jean

v. 01 à 08

 Ch. 28 v.  01 à 07

 Ch. 16 v. 01 à 07

 Ch. 20 v. 1 et 2

v. 09 à 11

 Ch. 28 v. 08 à 10

 Ch. 16 v. 08

  –

v. 12

  –

 Ch. 20 v. 03 à 10

v. 13 à 35

  –

 Ch. 16 v. 12 et 13

  –

v. 36 à 49

  –

 Ch. 16 v. 14

 Ch. 20 v. 19 à 25

v. 50 à 53

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 Ch. 16 v. 19 et 20

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Versets 1 à 12 : les femmes au sépulcre. Pierre et Jean au sépulcre.

Un amour ardent, pour le Seigneur, est clairement perceptible chez ces femmes. Le dévouement de ces humbles servantes constitue une source d’édification qui rafraîchit et contient des leçons qui confondent. En pensant à ces femmes, ne nous arrêtons pas trop sur l’ignorance (cf v. 6) mais soyons imprégnés de leur amour si grand pour leur Seigneur. La connaissance ne vaut pas l’amour. Ayons la pensée de ces chères femmes : posséder Jésus et lui rendre ce qui lui est dû. Ces femmes ont persévéré dans la prière (cf Act. 1, 14), … elles qui avaient suivi Jésus dès la Galilée. Leur ardente affection pour le Seigneur leur donne confiance. L’amour pour le Seigneur constitue le vrai chemin de l’intelligence spirituelle. Les vérités de la Parole seront appréciées des chrétiens dans la mesure où la personne du Seigneur sera l’objet de leurs cœurs. Pour ces saintes femmes, la résurrection du Seigneur est si importante qu’elles sont renseignées d’une manière toute spéciale. Il en va de même pour les disciples. Ainsi (v. 4), deux anges sont envoyés du ciel; ils rappellent ce que Jésus avait dit (Luc 9, 22). Puis, en entendant les anges, elles se souvinrent de ces paroles (v. 8). Il importe de serrer dans son cœur la Parole de Dieu, d’y croire, de la méditer. Les noms de ces femmes sont cités (v. 9 et 10). Dieu montre combien, malgré leur ignorance, il apprécie leur zèle et leur attachement à son Fils bien-aimé. Dieu tient toujours compte de ce qui est fait pour Jésus dans un monde qui le hait et qui l’a mis à mort. Pierre, dans les v. 11 et 12, avait un intérêt bien particulier d’aller voir. Puis aussi, peu après, Jésus lui apparaît (v. 34). Pierre avait donc un motif spécial et même les femmes étaient chargées d’un message, pour lui, de la part de l’ange (voir Marc 16, 7). Que de pensées devaient s’agiter dans le cœur de Pierre … souvenir de ce qui s’était passé, du dernier regard de Jésus dans la cour du sacrificateur … 


Versets 13 à 24 : sur le chemin d’Emmaüs. En rapport avec ces disciples, pensons à la présence de Jésus (Matt. 18, 20). Est-ce que notre état moral correspond-t-il à la présence du Seigneur ? Il ne s’agit pas seulement d’aller à une réunion et d’avoir un entretien avec les siens ! Il y a quelque chose de beaucoup plus grand, c’est-à-dire « la présence de Jésus ». Suis-je uni au Seigneur et puis-je dire en sortant de la réunion : j’ai vu le Seigneur. Pour cela il faut entrer dans Sa pensée et ne pas être occupé de ce que tel frère a dit ou de ce que tel autre a fait. Il faut que notre état moral et que notre marche soit dans la vérité. Jésus est la vérité. Il veut donc nous ramener à lui-même, autour de lui. Dans le récit des disciples d’Emmaüs,
des obstacles, que l’âme rencontre sur son chemin, sont là. Mais le Seigneur y porte remède. Ici, comme dans le récit de la montagne de la transfiguration (cf Luc 9), il ressort que la présence du Seigneur ne se limite pas simplement à la fraction du pain. La présence du Seigneur nécessite un état de rapport vivant avec Christ. Sur le chemin d’Emmaüs, il n’est pas question de voir Jésus. Mais il y a deux hommes qui quittent Jérusalem et qui sont tristes à cause des choses qui sont arrivées. Chemin faisant, le Seigneur vient, quel jour merveilleux ! Jésus qui avait été crucifié, enseveli, est ressuscité. Mais ces deux disciples sont lents de cœur à croire. Pourtant, les anges avaient dit que Jésus était ressuscité. Pourquoi cette lenteur ? Le v. 21 donne la réponse. C’est que l’homme attendait un royaume terrestre. Mais le Seigneur, pour les ramener, va aussi loin que les deux disciples s’écartent de Jérusalem. Il va avec eux, quelle grâce ! Il veut leur montrer que lui n’a rien à faire à Emmaüs. Il se révèle lui-même. Pour le chrétien d’aujourd’hui, il faut réaliser quelle est la vraie place. Soyons conduits par l’Esprit. Ce n’était pas l’Esprit qui conduisait les disciples vers Emmaüs car l’Esprit avait conduit les autres à se réunir à Jérusalem. Sans qu’ils s’en doutent, ces deux disciples étaient allés à Emmaüs pour le rencontrer. Puis, dès que Jésus s’est révélé à eux, ils comprennent que leur place n’est pas sur le chemin qui mène à Emmaüs. Alors, malgré la distance et la fatigue, ils retournent à Jérusalem où ils trouvent les disciples rassemblés. Ces disciples s’éloignaient et ne comprenaient pas. Mais malgré cela, il y avait chez eux quelque chose de bien précieux : leurs cœurs étaient remplis de la personne de leur Seigneur et elle n’était occupée que de Lui. Il n’y avait en eux de l’ignorance et de l’incrédulité mais un seul objet remplissait leur cœur. C’est un bel enseignement. Leur tristesse ne provenait que de leur amour pour le Seigneur. Ils croyaient avoir tout perdu et sur le chemin ils s’entretiennent que de Lui. Et c’est alors que ce mystérieux voyageur se met à marcher avec eux. Pour nous, qui avons plus de connaissance que ces deux disciples, nos cœurs sont-ils  remplis comme les leurs ? De qui ou de quoi sommes-nous occupés en sortant d’une réunion, de quoi parlons-nous habituellement ? Puissions-nous toujours jugés nos cœurs devant Lui pour que nous puissions méditer de Lui dans nos allées et venues. Emmaüs se trouve à onze kilomètres de Jérusalem, soit environ soixante stades. Si Jésus n’est pas reconnu (v. 16), ce n’est pas que ce dernier a changé, comme quelques-uns le prétendent, mais bien parce que leurs yeux étaient retenus. Il ne fallait pas que ces disciples soient distraits par l’apparition soudaine de Jésus car il faut que toute leur attention se concentre sur les Écritures. Ainsi, Jésus va leur démontrer que ces évènements étaient l’accomplissement de ce que les Écritures avaient annoncé. Ils auraient dû savoir cela. Toutefois, ces disciples, comme les femmes précédemment, croient Jésus mort et qu’il ressuscitera au dernier jour. Ils avaient espéré qu’il délivrerait Israël. Au lieu de cela, il a été livré par leurs chefs. Ce fait les avait empêchés de comprendre la teneur de plusieurs paroles de Jésus pendant son ministère. Et leurs yeux, en ce premier jour de la semaine, sont encore voilés. Ils n’avaient vu en lui que le messie promis et l’établissement immédiat du règne. Cette pensée était encore en eux au chapitre premier des Actes alors même que leur horizon spirituel s’était élargi par les enseignements de Jésus ressuscité. Ils n’avaient pas compris que l’état moral du peuple et de tout homme était si mauvais que le Seigneur ne pouvait établir le règne sans l’œuvre de la rédemption. Et Jésus, en citant les Écritures, démontre ce qui concerne lui et non ce qui les concerne eux. En effet, en étant occupés d’eux, les hommes étaient empêchés de voir ce qui concerne Jésus dans les Écritures. Ces disciples avaient pourtant compris bien des choses, sa naissance à Bethlehem, etc., mais quant à ce qui touchait aux droits de Dieu, sa justice, sa sainteté, son amour, la croix, la résurrection de Christ, tout cela leur avait été voilé par la pensée de leur propre gloire entourant un messie glorieux sur la terre. Et la parole de Pierre en Matt. 16, 22 accrédite bien l’état des cœurs. Il faut ainsi comprendre que Jésus ne s’est pas révélé à eux avant qu’ils eussent compris, par les Écritures, les choses qui le concernaient. Cela étant, ils peuvent saisir un ordre de choses tout nouveau, c’est-à-dire un Christ ressuscité avec les conséquences heureuses décrites quelque peu dans les versets qui suivent. 

 

Versets 25 à 27 : Jésus qui explique les Écritures. Retenons que tout ce que les disciples espéraient, ainsi que les glorieux conseils de Dieu qu’ils ignoraient encore, reposaient sur la mort de Christ. C’est capital. « Ne fallait-il pas » : cette nécessité est affirmé spécialement dans Luc. Dieu a un plan merveilleux, plan que les disciples ignoraient et il fallait que non seulement Jésus souffrit, mais aussi qu’il entra dans sa gloire, dans celle du Père au ciel et non dans un royaume terrestre, ce qui aura lieu plus tard. Jésus leur explique les choses qui le regardent. Là réside la clé des Écritures dont le grand sujet est Christ dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament. Vouloir comprendre la Bible sans y voir Christ et ses gloires, c’est comme constituer un arbre en rassemblant les branches mais sans le tronc. Souvent on veut bien, dans la chrétienté, s’occuper d’un Christ homme et chercher à l’imiter pour que l’humanité s’améliore peu à peu. Un tel enseignement repose sur 3 graves erreurs : 1) il ne connait pas la divinité de Christ. 2) Il nie la ruine totale de l’homme en Adam. 3) Il nie le caractère de la mort de Christ pour que Dieu puisse faire grâce au pécheur. Ainsi, en plus de l’humanité parfaite de Christ, il faut le connaître dans sa divinité passée et future, Lui fils de l’homme et fils de Dieu tout à la fois.


Versets 28 à 35 : Jésus à Emmaüs. C’est seulement au v. 31 que les disciples reconnaissent Jésus. Il y avait vraiment chez cet « étranger », jusque là, un attrait mystérieux pour le cœur de ces deux voyageurs. Et ce sont bien sûr eux qui ont invité Jésus (v. 30 à 32) mais c’est lui qui assume le rôle de maître de maison. Il rend grâce et rompt le pain. C’est ainsi que Jésus se fait connaître et cet acte a une signification toute nouvelle. Après la mort de Christ ce pain rappelle un Christ mort, nourriture de l’homme, afin qu’il possédât la vie éternelle (voir Jean 6, 50 à 53). Mais il faut connaître « Christ ressuscité » comme il se présente aux disciples. Ici la fraction n’est en fait pas la cène mais elle rappelle tout de même la mort de celui qu’ils avaient eu pour compagnon. Ils reconnaissent Jésus; ils ne peuvent garder pour eux une découverte pareille. Ils retournent à Jérusalem et racontent toutes choses (v. 33 à 35).


Versets 36 à 49 : Jésus apparait aux disciples rassemblés. Il en ressort que la dernière pensée du cœur de Jésus, après sa résurrection, est de bénir. Ce texte fait ressortir les relations actuelles des croyants avec lui. La mort du Seigneur a mis fin à toute relation entre lui et le monde. Désormais, il est uniquement en relation avec les saints. L’expression « Paix vous soit ! » (v. 36) est très belle. C’est différent de la joie qui peut se perdre. En effet, la paix suppose qu’aucun vent ne saurait élever une vague dans mon cœur. La paix est introduite et cette paix qui est dans les croyants. Une âme qui est loin de Dieu ne peut pas jouir de la paix. Jésus seul peut la donner la paix car il sait ce que c’est. Il a porté nos péchés en son corps sur le bois. Jésus est un Sauveur qui a fait la paix. Jésus a subi et ôté tout ce qui peut troubler une âme. À Jérusalem, après avoir déclaré aux disciples « paix vous soit », les disciples sont troublés. Alors Jésus leur pose une question : « Pourquoi êtes-vous troublés » (v. 37 et 38). Certes, ceux qui n’appartiennent pas à Christ sont ou devraient être troublés. Puisse leur angoisse augmenter de plus en plus jusqu’à ce que le repos soit trouvé en Jésus. Dans les v. 38 et 39, il y a aussi quelque chose pour un chrétien inquiété par le doute. Dans ce passage, la présence du Seigneur est corporelle. Il est là en chair et en os, non pas glorifié, mais ressuscité avec un corps spirituel qui portera toujours les marques de ses blessures. La présence de Jésus dans ce passage doit être distinguée de celle dont nous pouvons chacun jouir dans notre vie ainsi que de son omniprésence. Aujourd’hui, dans l’assemblée de Dieu, il n’est pas question de la présence corporelle du Seigneur. Mais la promesse de Matt. 18, 20 (sa présence au milieu des deux ou trois) garde toute sa valeur. Sa présence actuelle n’est pas corporelle. Elle est invisible mais elle n’en est pas moins réelle. Il faut encore distinguer sa présence comme centre de rassemblement de sa présence dont il nous fait jouir dans d’autres lieux et dans d’autres circonstances; il s’agit alors d’une faveur d’un genre différent. En rapport avec Matthieu 18, pour être réunis « au nom du Seigneur », il faut que ce soit bien « son nom et sa personne » qui les réunissent. Il en découle nécessairement la reconnaissance de ses droits et la soumission à son autorité. Une telle réunion exclut toute organisation et toute discipline selon la volonté de l’homme. La présence du Seigneur réalisée dans le rassemblement est la bénédiction suprême sur la terre. Ceux qui connaissent cette bénédiction sont fidèles dans les réunions d’assemblée, tandis que d’autres chrétiens jouissent davantage d’autres bienfaits mais ce qui n’infirme en rien la valeur objective de la bénédiction de Jésus, centre de rassemblement. Jésus, lorsque les siens peuvent toucher son corps, montre qu’il n’est pas un esprit, car il ne veut pas que les siens aient à faire à une vision spirituelle. Il leur fit toucher son corps et nous avons la garantie que le corps qui ressuscitera est bien celui qui est tombé en terre. Il ne ressuscitera pas en esprit, mais en corps spirituel, tangible comme le précédent. Il est évident qu’un esprit ne peut être touché (cf 1 Cor. 15, 42 à 44). Par le moyen de nos corps ressuscités et glorifiés, nous pourrons voir et connaître Jésus dans ses glorieuses perfections. Ce que nous saurons et serons alors parfaitement, la foi le saisit déjà maintenant dans la faiblesse (cf 1 Cor. 13, 12).

Au sujet de Jésus qui mange (v. 43), il est bien clair qu’un corps spirituel n’est plus assujetti aux besoins matériels, mais il ne cesse pas pour autant d’être un corps humain. Ainsi un tel corps n’est pas dans la nécessité de manger, mais il a la possibilité de le faire et Jésus le fait pour manifester au monde la résurrection du Seigneur ici comme en 1 Corinthiens chapitre 15.

Dans la fin de ce chapitre il y a, en résumé, Christ qui se donne une peine infinie pour se faire reconnaître de ses disciples, puis Christ révélant aux cœurs notre inimitié contre Dieu et contre lui-même, puis la rémission des péchés en son nom, puis la force qui est en lui et enfin Jésus levant ses mains en haut pour nous bénir. Jésus ne nous trompe pas quand il dit : Paix, et il veille toujours. Ne soyons pas trompés par ce pauvre monde et regardons à Lui afin de le glorifier dans ce monde. Pour ce monde, le temps de la grâce est encore là car une autre conséquence de la mort de Jésus est la propagation de l’évangile (v. 45 à 47).


Versets 50 à 53 : l’ascension du Seigneur. Pour quitter cette terre, le Seigneur fit le choix de Béthanie. Son cœur ne change pas en ce sens que Béthanie demeurait le lieu de ses affections après, comme avant, sa résurrection. Il est aussi touchant de voir Jésus bénir ses disciples avant son ascension. Il est toujours le même et bénit tous les siens. Matthieu ne mentionne pas l’ascension car, après la résurrection, il retourne les siens en Galilée. C’est là que la plus grande partie de son ministère fut exercé. Il prend place avec les pauvres du troupeau, en Esprit au milieu du résidu, jusqu’à la consommation du siècle.

Suite à ce que Jésus a communiqué aux disciples, une belle transformation est visible en eux (cf v. 53). Ils sont remplis de joie malgré le départ de Jésus. Jésus est dans le sanctuaire. Pour le chrétien, c’est une source de joie, de louange et d’adoration. L’Esprit Saint envoyé à la Pentecôte scelle le témoignage de cette place glorieuse de Jésus en haut. Rendons témoignage de cela !


Encore : ce sont des femmes qui ont vu en premier le sépulcre vide et le Sauveur; ces femmes furent chargées d’apporter la consolation à ceux qui souffraient et qui connaissaient le Seigneur. Il faut, il fallait, ne fallait-il pas (dans les v. 7. 26, 44 et 46). Tout le conseil de Dieu devait s’accomplir dans les souffrances de Christ mais aussi dans ses gloires. La dernière parole de Jésus est une promesse (v. 49), son dernier geste est une bénédiction (v. 50).  

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