Le roi du nord dans sa finalité

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Les passages de la Bible précèdent les notes. Le tout représente environ 12 pages au format A4
(pour les signes de type [1], dans le texte,  = voir les notes complémentaires en fin de l’article)

Psaume 74, 7-8
7
Ils ont mis le feu à ton sanctuaire, ils ont profané par terre la demeure de ton nom;
8
Ils ont dit en leur cœur: Détruisons-les tous ensemble. Ils ont brûlé tous les lieux assignés [pour le service] de *Dieu dans le pays.

Psaume 79, 1-7
1
Ô Dieu! les nations sont entrées dans ton héritage; elles ont profané ton saint temple; elles ont mis Jérusalem en monceaux de pierres.
2
Elles ont donné les cadavres de tes serviteurs en pâture aux oiseaux des cieux, la chair de tes saints* aux bêtes de la terre;
3
Elles ont versé leur sang comme de l’eau tout autour de Jérusalem, et il n’y a eu personne pour les enterrer.
4
Nous avons été en opprobre à nos voisins, en risée et en raillerie auprès de nos alentours.
5  * Jusques à quand, ô Éternel? Seras-tu en colère à toujours? Ta jalousie brûlera-t-elle comme le feu?
6
Verse ta fureur sur les nations qui ne t’ont pas connu, et sur les royaumes qui n’invoquent pas ton nom;
7
Car on a dévoré Jacob, et on a dévasté sa demeure.

Psaume 83, 6-7

6
Les tentes d’Édom, et les Ismaélites, Moab, et les Hagaréniens,
7
Guebal, et Ammon, et Amalek, la Philistie, avec les habitants de Tyr 

Ésaïe 10, 5-27
5
Ha! l’Assyrie, verge de ma colère! Et le bâton qui est dans leur main, c’est mon indignation! 6 Je l’enverrai contre une nation profane; et je lui donnerai un mandat contre le peuple de ma fureur, pour [le] butiner et [le] piller*, et pour le fouler aux pieds comme la boue des rues. 7 Mais lui n’en juge pas ainsi, et son cœur ne pense pas ainsi; car il a au cœur de dévaster et de retrancher des nations, pas en petit nombre. 8 Car il a dit: Mes princes ne sont-ils pas tous des rois? 9 Calno* n’est-elle pas comme Carkemish? Hamath n’est-elle pas comme Arpad? Samarie n’est-elle pas comme Damas? 10 Comme ma main a trouvé les royaumes des idoles (et leurs images étaient plus que celles de Jérusalem et de Samarie), 11 ne ferai-je pas à Jérusalem et à ses images ainsi que j’ai fait à Samarie et à ses idoles?
12
Et il arrivera que, quand le Seigneur aura achevé toute son œuvre contre la montagne de Sion et contre Jérusalem, je visiterai le fruit de l’arrogance du cœur du roi d’Assyrie et la gloire de la fierté de ses yeux. 13 Car il a dit: Par la force de ma main je l’ai fait, et par ma sagesse, car je suis intelligent; et j’ai ôté les bornes des peuples, et j’ai pillé leurs trésors, et comme un [homme] puissant j’ai fait descendre ceux qui étaient assis [sur des trônes]. 14 Et ma main a trouvé comme un nid les richesses des peuples; et, comme on ramasse des œufs délaissés, moi, j’ai ramassé toute la terre, et il n’y en a pas eu un qui ait remué l’aile, ni ouvert le bec, ni crié. 15 — La cognée se glorifiera-t-elle contre celui qui s’en sert*? La scie s’élèvera-t-elle contre celui qui la manie? Comme si la verge faisait mouvoir ceux qui la lèvent, comme si le bâton levait celui qui n’est pas du bois**! 16 C’est pourquoi le Seigneur, l’Éternel* des armées, enverra la maigreur parmi ses [hommes] gras, et, sous sa gloire, allumera un incendie comme un incendie de feu. 17 Et la lumière d’Israël sera un feu, et son Saint, une flamme; et il brûlera et dévorera ses* épines et ses ronces, en un seul jour; 18 et il consumera la gloire de sa forêt et de son champ fertile*, depuis l’âme jusqu’à la chair; et il en sera comme d’un malade qui va dépérissant. 19 Et le reste des arbres de sa forêt sera un petit nombre, et un enfant les inscrirait. 20 Et il arrivera, en ce jour-là, que le résidu d’Israël et les réchappés de la maison de Jacob ne s’appuieront plus sur celui qui les a frappés; mais ils s’appuieront sur l’Éternel, le Saint d’Israël, en vérité. 21 Le résidu reviendra*, le résidu de Jacob, au *Dieu fort; 22 car ton peuple Israël fût-il comme le sable de la mer, un résidu [seulement] reviendra*; la consomption décrétée débordera en justice. 23 Car le Seigneur, l’Éternel des armées, accomplit au milieu de toute la terre* une consomption, et une [consomption] décrétée**.
24
C’est pourquoi, ainsi dit le Seigneur, l’Éternel des armées: Mon peuple, qui habites en Sion, ne crains pas l’Assyrien! Il te frappera avec une verge et lèvera son bâton sur toi à la manière de l’Égypte; 25 car encore très-peu de temps, et l’indignation sera accomplie, et ma colère, dans leur destruction. 26 Et l’Éternel des armées suscitera contre lui un fouet, comme Madian a été frappé au rocher d’Oreb; et son bâton [sera] sur la mer, et il le lèvera à la manière de l’Égypte. 27 Et il arrivera en ce jour-là, que son fardeau sera ôté de dessus ton épaule, et son joug de dessus ton cou; et le joug sera détruit à cause de l’onction*….
/  v. 6 : litt.: butiner un butin et piller un pillage. — v. 9 : Calné, Genèse 10:10. / v. 15* : litt.: qui en coupe. / v. 15** : ou : se levait [comme s’il n’était] pas du bois. / v. 16 : quelques-uns : le Seigneur. / v. 17 : c. à d. d’Assur. / v. 18 : ou : son Carmel. / v. 21, 22 : «Un résidu reviendra» (Shear-Jashub) est le nom du premier fils prophétique. / v. 23* : ou : tout le pays. / v. 23** : ces paroles sont une expression technique qui sert à désigner les derniers jugements qui précèdent le règne du Messie (voir aussi Jér. 4:27 et 30:11). /  v. 27 : litt.: huile ; quelques-uns, continuant la métaphore, traduisent : la graisse, la prospérité. / v. 29 : voir Juges 19:13.

Ésaïe 28, 15
15
Car vous avez dit: Nous avons fait une alliance avec la mort, et nous avons fait un pacte avec le shéol: si le fléau qui inonde* passe, il n’arrivera pas jusqu’à nous; car nous avons fait du mensonge notre abri, et nous nous sommes cachés sous la fausseté.
— v. 15, 18 : ailleurs : déborde.

Daniel 8, 23-25
23
Et au dernier temps de leur royaume, quand les transgresseurs auront comblé la mesure, il s’élèvera un roi au visage audacieux, et entendant les énigmes; 24 et sa puissance sera forte, mais non par sa propre puissance; et il détruira merveilleusement, et il prospérera et agira; et il détruira les [hommes] forts et le peuple des saints; 25 et, par son intelligence, il fera prospérer la fraude dans sa main; et il s’élèvera dans son cœur; et, par la prospérité il corrompra beaucoup de gens; et il se lèvera contre le prince des princes, mais il sera brisé sans main.

Daniel 9, 27  
27
Et il confirmera une alliance avec la multitude [pour] une semaine; et au milieu de la semaine* il fera cesser le sacrifice et l’offrande; et à cause de la protection des abominations** [il y aura] un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et [ce qui est] décrété*** soient versés sur la désolée****.
/ v. 27* : litt.: à la demi-semaine. / v. 27** : idoles. / v. 27*** : comparer Ésaïe 10:23. / v. 27**** : quelques-uns : le désolateur.

Daniel 11, 40-45
40
Et, au temps de la fin, le roi du midi heurtera contre lui, et le roi du nord fondra sur lui comme une tempête, avec des chars et des cavaliers, et avec beaucoup de navires, et entrera dans les pays et inondera et passera outre; 41 et il viendra dans le pays de beauté, et plusieurs [pays] tomberont; mais ceux-ci échapperont de sa main: Édom, et Moab, et les principaux des fils d’Ammon. 42 Et il étendra sa main sur les pays, et le pays d’Égypte n’échappera pas. 43 Et il aura sous sa puissance les trésors d’or et d’argent, et toutes les choses désirables de l’Égypte; et les Libyens et les Éthiopiens* suivront ses pas. 44 Mais des nouvelles de l’orient et du nord l’effrayeront, et il sortira en grande fureur pour exterminer et détruire entièrement beaucoup de gens. 45 Et il plantera les tentes de son palais entre la mer* et la montagne de sainte beauté; et il viendra à sa fin, et il n’y aura personne pour le secourir.
/  v. 43 : hébreu : Cushites. / v. 45 : litt.: les mers, pour la Méditerranée, comme Juges 5:17.

Daniel 12, 11
11
Et depuis le temps où le [sacrifice] continuel sera ôté et où l’abomination qui désole sera placée, [il y aura] mille deux cent quatre-vingt-dix jours.

Quelques notes

À propos des versets du Psaume 74, 7-8
Ce Psaume «Pour instruire», d’Asaph, a comme sujet principal «la destruction du sanctuaire». Cette désolation du sanctuaire a lieu après sa reconstruction dans le pays. Les adversaires de Dieu, comme la foi les appelle ici, rugissent dans les synagogues. Les signes de l’homme, et non ceux de Dieu, caractérisent leur autorité. Le culte public juif est renversé. Cette situation est extrême pour les ficèles du résidu dans leurs difficultés. Il n’y a pas de signes de la part de Dieu pour les encourager, ni prophètes, ni personne qui sache «jusques à quand», qui sache, par la direction de Dieu, quand Dieu interviendra en puissance.

Cependant la confiance que Dieu n’abandonnera pas son peuple se trouve néanmoins dans cette expression «jusques à quand». En l’absence d’une réponse, cette expression se change en requête. Dieu prendra soin des siens, ce ceux qui se confient en Sa fidélité. Dieu avait jadis frappé l’Égypte et délivré son peuple en le faisant passer à sec à travers la mer. À lui seul est toute puissance dans la création. L’ennemi avait outragé le nom de l’Éternel et Israël, dans le résidu, qui doit encore être considéré comme la tourterelle de Dieu (v. 19). Le résidu supplie Dieu de regarder à l’alliance, car les lieux ténébreux de la terre (ou du pays) sont pleins d’habitations de violence. Les opprimés, les pauvres, les affligés, sont, comme toujours, présentés aux yeux et au coeur de Dieu. Nous les retrouvons partout, comme ceux auxquels Dieu pense, auxquels Christ prend son plaisir dans le pays.

Nous trouvons dans ce Psaume la confiance en la fidélité de Dieu, fondée sur la confiance en Dieu Lui-même, lorsque la puissance de l’ennemi semble, quant aux circonstances extérieures, avoir enlevé tout espoir. En même temps, il y a ce que Dieu est pour son peuple. La rédemption a prouvé son profond intérêt pour les siens. Ils sont à Lui en propre. Tout en les acquérant par sa grâce souveraine et divine, il s’est associé avec eux (en grâce aussi, sans doute), d’une manière indissoluble; et le coeur s’écrie (v. 22): «Lève-toi, ô Dieu! plaide ta cause». Quelle bénédiction! Moïse de même, dit continuellement: «Tu les as fait sortir». Si donc le peuple se trouve au dernier degré de l’abaissement, si le tumulte des ennemis va grandissant toujours, c’est un motif de plus pour avoir confiance; car il s’agit de grâce, de grâce fidèle, et la puissance sur toutes choses est par devers Lui. Le coeur, loin d’être effrayé, supplie Dieu qu’il se souvienne des attaques et des insultes de l’ennemi, car les insultes s’adressent à son nom. Il est de fait que l’inimitié du monde contre son peuple se trouve être réellement contre le Seigneur. S’ils n’étaient pas son peuple, le monde ne s’occuperait pas tant d’eux. Il faut que le peuple de Dieu s’en souvienne, et n’oublie pas, au milieu de sa propre faiblesse, que c’est Dieu qui est en cause.

À propos des versets du Psaume 79, 1-7
Le Psaume 79 se rapporte, de la manière la plus évidente, à l’invasion des nations, spécialement à celle de l’armée du Nord (le chapitre 2 du livre de Joël a trait à une seconde attaque, lors de laquelle la requête de ce Psaume est exaucée; Ésaïe parle des deux). Cette armée du nord avait ravagé Jérusalem et le temple. Le sang des adorateurs de l’Éternel a été répandu. On confesse dans ce Psaume les iniquités anciennes (v. 8). On implore la miséricorde et les tendres compassions du Seigneur. Le motif invoqué est celui qui est de Joël 2, et auquel il est fait allusion dans les Psaumes 42 et 43: «Pourquoi les nations diraient-elles: Où est leur Dieu?». La foi demande que Dieu se fasse connaître en vengeant le sang de ses serviteurs. Ainsi son peuple et le troupeau de sa pâture (v. 13), le célébrait à toujours! La colère de l’Éternel est envisagée; il y a de la foi pour dire: «Jusques à quand?». Le résidu ne jouit pas encore des grâces de l’alliance, bien loin de là, mais la foi a les yeux sur ces gratuités et voit l’Éternel irrité contre son peuple; mais c’est Son peuple; et s’il est en relation avec les siens, il ne peut pas les abandonner. C’est seulement: «Jusques à quand?». Dans ce Psaume, nous avons plutôt le nom de Dieu que celui de l’Éternel. Le fait est qu’Israël n’est pas rétabli dans sa relation d’alliance. Quand il s’y trouvera, ce sera en grâce et cette condition ne sera plus jamais perdue de vue. Tel n’est pas le cas ici: Israël est rejeté en vertu du fait qu’il a manqué sous une alliance conditionnelle; quoique la foi aux promesses le soutienne, il n’est pas encore entré dans la nouvelle alliance; il est en dehors de la bénédiction, regardant en arrière et en avant, n’ayant rien actuellement.

Ce Psaume 79 demande le jugement sur les nations mais ce qui est remarquable, c’est la manière dont le coeur se tourne vers Dieu, lorsqu’il est très abattu. Cela aussi bien pour le fidèle du résidu que pour le chrétien. Le fidèle ne cherche pas même à se venger, mais, étant dans une extrémité sous l’oppression du mal, il se tourne vers Dieu et se souvient ainsi de ses propres péchés. Il n’a pas d’autre refuge que le nom de Dieu. «Ne te souviens pas contre nous des iniquités anciennes; que tes compassions viennent en hâte au-devant de nous… Aide-nous, ô Dieu de notre salut! à cause de la gloire de ton nom; et délivre-nous, et pardonne nos péchés à cause de ton nom» (v. 8-9). Tel est l’effet du châtiment, à supposer que nous connaissions Dieu qui produit l’humilité du coeur, la véritable confession, la conscience qui sait n’avoir aucun droit à la délivrance mais qui compte sur la bonté de Dieu et sur son nom, en un mot, sur ce qu’il est. L’âme se repose du fait qu’il y a la compassion de Dieu qui écoute le gémissement de ses prisonniers; il agira selon la grandeur de sa puissance pour garantir ceux qui sont voués à la mort, malgré la force apparente du bras qui les retient.

Ce Psaume met en lumière une autre vérité que nous rencontrons souvent dans l’Écriture. Dieu n’est pas seulement un Dieu glorieux qui doit maintenir sa gloire, mais, ayant acquis un peuple sur la terre, il a identifié sa gloire avec ce peuple. La foi sent profondément cette vérité qui la pénètre de reconnaissance. La foi compte sur la délivrance et sur la grâce. Dieu délivre tout en garantissant sa propre gloire. Mais, pour la même raison, Dieu ne permet aucun mal, parce que son nom est lié à son peuple, comme Israël nous en fournit l’exemple: «Je vous ai connus, vous seuls, de toutes les familles de la terre; c’est pourquoi je visiterai sur vous toutes vos iniquités» (Amos 3, 2). Ici, le châtiment est sur son peuple et le nom de Dieu est outragé. Aussi, tout en s’humiliant et en recherchant la miséricorde et la purification, attendent-ils la délivrance car le peuple de Dieu est devenu fort chétif.

À propos des versets du Psaume 83, 6-8
Le sujet du  Psaume 83 est l’attaque de la dernière confédération des nations qui entourent Canaan, avec l’aide d’Assur. Le nom de l’Éternel est introduit à la fin du Psaume. Mais la requête s’adresse à Dieu car le peuple n’est pas encore établi dans la bénédiction de l’alliance. Le jugement doit aussi atteindre les nations afin qu’elles cherchent le nom de l’Éternel (v. 16). Non pas qu’elles connaissent le Père, ni qu’elles sachent qu’il y a un Dieu, mais afin qu’elles connaissent l’Éternel. Quand ses jugements sont sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice (Es. 26, 9); ils sauront que Lui seul, dont le nom est l’Éternel, celui qui était et qui est et qui vient, est le Très-Haut. C’’est-à-dire que l’Éternel (le seul vrai Dieu), le Dieu d’Israël, est au-dessus de tout, le Très-Haut sur toute la terre. C’est avec ce nom qu’il prend possession de la terre, de la même manière que Melchisédec la bénit, au nom du Très-Haut, possesseur des cieux et de la terre. Comme aussi Nébucadnetsar, le chef humilié des Gentils, célèbre et bénit le Très-Haut. C’est le nom millénaire de Dieu, le nom sous lequel il prend à lui sa grande puissance et règne, véritable Melchisédec, sacrificateur sur son trône, le conseil de paix étant établi entre les deux(Zach. 6, 13), savoir entre Christ et Jéhovah en haut. Cela établit, d’une manière prophétique, l’Éternel le Dieu d’Israël, comme le Très-Haut sur toute la terre. Son peuple, rétabli maintenant dans la relation qui lui est propre, attend une pleine bénédiction, et le nom de l’Éternel est de nouveau employé. Jusqu’ici le peuple n’étant pas en possession des bénédictions de l’alliance, avait adressé sa requête à Dieu, sauf quand il portait son regard en arrière ou en avant.

Au Psaume 82, le lecteur remarquera que Dieu juge au milieu des juges, spécialement ceux qui, en Israël, avaient la loi divine pour les guider. Ils tombent ainsi de la position qu’ils occupaient comme exerçant l’autorité de Dieu sur la terre, dans celle de l’homme responsable, et Dieu se lève pour juger la terre. Dans ce Psaume, Dieu s’occupe de l’iniquité de l’homme envers son semblable et de la différence entre le jugement confié à l’homme et la justice. Le Psaume 83 envisage l’homme coupable d’inimitié active contre Dieu, usant, dans sa haine envers le peuple de Dieu, de ruses, de conspirations, de violence, afin que même leur souvenir soit ôté de la terre (v. 4). Mais ces efforts de l’homme ont pour résultat final que «l’Éternel seul (le Dieu d’Israël) est le Très-Haut sur toute la terre». L’oppression exercée de haut en bas par ceux qui représentent Dieu sur la terre, la rébellion dirigée de bas en haut contre Dieu et se manifestant par la haine envers son peuple terrestre: tels sont les caractères de l’homme et l’objet du jugement de Dieu sur la terre.

À propos des versets du Ésaïe 10, 5-27
La Parole mentionne que «tout Israël sera sauvé» (Rom. 11, 26). Cela signifie que la délivrance impliquera toutes les tribus. La même épître, citant Es. 10, 22 confirme: «Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, le résidu seul sera sauvé» (Rom. 9, 27). Ceci se rapporte au nombre des «préservés».

Les v. 5 à 34 mentionnent qu’il arrivera pourtant un moment où le Seigneur aura achevé son œuvre contre la montagne de Sion et contre Jérusalem (v. 12) et où il incitera l’instrument même de ce jugement. Et dans les v. 5 à 11,  en effet, à son retour, l’Assyrien, verge de la colère de l’Éternel contre son peuple éprouvera cette colère. Son orgueil hautain en est la cause. Il assimile les idoles des nations avec celles de Samarie et de Jérusalem, comme si ce n’était pas précisément à cause de leurs idoles que l’une et l’autre se trouvent sous la main de l’Éternel étendue en jugement. Les v. 7 et 8 montrent l’élévation de l’Assyrien. Il pense avoir prouvé sa supériorité sur les idoles de Calno et de Carkémish et croit maintenant qu’il est supérieur à Dieu lui-même. C’est l’esprit de l’homme de péché (cf 2 Thess. 2, 4). Dans les v. 12 à 23, cette œuvre envers Israël étant achevée, l’Éternel remet en mémoire l’orgueil de l’Assyrien qui se vante de sa puissance et de sa sagesse et de son intelligence parce qu’il a subjugué les autres peuples. C’est pourquoi l’Assyrien sera consumé par l’Éternel quand la lumière d’Israël paraîtra. En ce jour-là, le résidu d’Israël et les réchappés de Juda ne s’appuieront plus, comme l’a fait la masse infidèle, sur celui qui les a frappés (l’Assyrien). Mais ils s’appuieront sur l’Éternel, le Saint d’Israël, en vérité. Le résidu reviendra (allusion à Shear-Jashub) lors de la consomption décrétée, c’est-à-dire lors des derniers jugements funestes au peuple apostat, jugements qui précèdent le règne du Messie. L’Assyrien sera, selon v. 17, consumé quand la lumière d’Israël, Christ, sera là. Dans les v. 26 à 34, c’est à ce résidu en Sion que l’Éternel s’adresse pour le rassurer. L’indignation et la colère vont enfin être accomplies dans le jugement de l’Assyrien. Il est écrit ici tel qu’il a eu lieu sous Sankhérib, alors qu’il paraissait triompher, mais c’est en même temps l’image anticipée du jugement futur de l’Assyrien, à la fin des temps. Ainsi donc, ce ch. 10 va jusqu’au jugement du dernier jour. Il commence par un appel à l’Assyrien qui se vante de tout ce qu’il a fait mais le Seigneur dit “encore très peu de temps” (v. 25). Ce sera la fin de l’Assyrien et la délivrance du résidu (v. 27).

À propos du passage contenant Ésaïe 28, 15
Les v. 14 à 22 passent de l’endurcissement de Juda lors de la venue de Christ au jugement prophétique du dernier jour avec un tableau de l’invasion de Juda par l’Assyrien en ce jour-là, ce jour futur où des moqueurs gouverneront le peuple à Jérusalem. Les Juifs se croiront en sécurité vis-à-vis de l’Assyrien prophétique car ils auront fait une alliance avec la mort et un pacte avec le shéol [1]  qui représentent probablement la bête romaine et l’Antichrist. Cette alliance est contre l’Assyrien, ce fléau qui inonde (Hab. 2, 5). Le fait de se mettre d’accord avec la mort et la puissance des ténèbres est le défi le plus audacieux à l’encontre de Dieu et de ses jugements. En outre, ils enverront des messagers au loin et se dégraderont jusqu’au shéol.

Comme nous le savons par Apocalypse 13, l’Antichrist — la seconde bête qui a deux cornes semblables à celles d’un agneau mais qui parle comme un dragon — sera en étroite relation avec la première bête qui monte de l’abîme et va à la perdition. Cette première bête est le chef de l’empire romain. En És. 28, 15, l’alliance politique faite avec lui est appelée «une alliance avec la mort» et «un pacte avec le shéol». Pour le peuple aveuglé, aucun chemin n’est trop long, aucun effort n’est trop grand pour atteindre ce but (v. 10 ; cf. Dan. 9, 27).

Il y a une consomption arrêtée [2]  de la part de l’Éternel pour toute la terre.

 

À propos des versets de Daniel 8, 23-25
«Et au dernier temps de leur royaume, quand les transgresseurs auront comblé la mesure, il s’élèvera un roi au visage audacieux, et entendant les énigmes» (v. 23). Le type de ce rois a existé en son temps, un roi, à n’en pas douter, de la race des Séleucides (Syrie); toutefois et cela est très certain, sa conduite n’est pas la fin de l’indignation. En effet, dans l’explication que Daniel en donne, seul ce que fera l’antitype au temps de la fin est mentionné (voir le v. 17), cette fin de l’indignation contre les Juifs, à la fin des temps (voir v. 19). Voici ce qui aura lieu en sachant aussi qu’il faut mettre de côté toute pensée de l’Église: il ne s’agit aucunement des chrétiens; il s’agit des Juifs et de tout ce qui arrivera aux Juifs aux derniers jours, à la fin de l’indignation. Donc, au dernier temps des rois qui ont partagé l’empire grec, «il s’élèvera un roi au visage audacieux, et entendant les énigmes». Ces royaumes seront rétablis, c’est la première chose: il y aura le roi du Midi et le roi du Nord: le roi de ce qu’on appelle (début 20ème siècle) la Turquie d’Asie pour le Nord, et le roi d’Égypte pour le Midi. À la fin de la domination des royaumes qui ont surgi de l’empire grec, nous retrouvons ces nations; cela s’applique à ce qui est appelé la fin, le temps de la fin, c’est-à-dire, la fin des voies de Dieu envers les Juifs: à la fin du siècle. On y retrouve l’Égypte, sans doute, mais spécialement le roi du Nord. Cette ancienne corne de la monarchie des Grecs sera à nouveau en scène. On ne peut pas dire qui possédera ces pays, mais le territoire en est très clairement déterminé.

Un autre fait qui arrivera au jour où les prophéties s’accompliront, c’est que, lorsque les Juifs seront de retour dans leur pays mais après la parousie de Christ, leur iniquité s’accroîtra encore; ils seront plus méchants qu’ils n’ont été. Il leur arrivera ce que le Seigneur a dit: «Un autre viendra en son propre nom et vous le recevrez». De plus il a dit aussi: «Quand l’esprit immonde est sorti d’un homme, il va par des lieux secs, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti. Et y étant venu, il la trouve vide, balayée et ornée. Alors il va, et prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui-même; et étant entrés, ils habitent là; et la dernière condition de cet homme-là est pire que la première. Ainsi en sera-t-il aussi de cette génération méchante» (Matt. 12, 43-45). C’est-à-dire que, les Juifs étant de retour en leur pays, l’esprit impur, l’esprit d’idolâtrie qui les avait quittés (il n’y en avait pas du temps de Jésus Christ) entre dans sa maison vide, balayée et ornée, et ramène avec lui sept autres esprits impurs, et le dernier état de la nation sera infiniment pire que le premier. Cela peut arriver à d’autres qu’aux Juifs mais le Seigneur l’applique aux Juifs: «Ainsi en sera-t-il de cette génération méchante.» Quand les perfides auront atteint le plus haut degré de perfidie, la perfidie ou la rébellion des Juifs contre l’Éternel sera à son comble.

Nous trouvons donc, dans ce passage, la fin du siècle en général, et en particulier la fin de cette puissance grecque des quatre monarchies de l’empire d’Alexandre, et les Juifs devenus complètement apostats, rebelles contre Dieu: non seulement dans leur état actuel, mais bien pire, lorsqu’ils seront dans leur pays après l’enlèvement de l’Église. Tout cela s’accomplira en Orient, en Palestine, avec un roi des monarchies grecques, duquel le roi de Syrie Antiochus Épiphane, a certainement été le type. Quant au «roi au visage audacieux et entendant les énigmes», il y aura, chez ce dernier roi de la monarchie grecque, non seulement une force matérielle, mais aussi un esprit de sagesse et de compréhension capable d’expliquer les énigmes; il sera une espèce de prophète, qui, dans le mauvais sens, explique des choses profondes et mystérieuses. Il agit par sa fourberie sur la nation juive, de cette manière, mais aussi par ses forces matérielles.

Le chapitre 8 de Daniel nous occupe surtout de la Grèce figurée par ce bouc avec différentes cornes dont une petite (v. 8 et 9). Dans ce contexte, il y a ce roi  qui opprime les Juifs, qui triomphe des Juifs par la subtilité de son esprit et en perd plusieurs par la paix et la prospérité. Voilà ce qui nous est révélé d’une puissance qui sort de la monarchie grecque en Orient, qui agira au milieu du peuple juif à la fin, et qui sera détruite parce qu’elle s’élèvera à la fin contre le Christ. Telle est son origine, sa conduite et sa fin. Au v. 22, l’empire Grec est brisé, et le v. 23 ajoute: «Et au dernier temps de leur royaume, quand les transgresseurs auront comblé la mesure, il s’élèvera un roi au visage audacieux, et entendant les énigmes». Ceci, de toute évidence, ne se rapporte pas à Antiochus Épiphane, mais bien à celui dont il était la type. Remarquons encore les termes: «Et au dernier temps de leur royaume, quand les transgresseurs auront comblé la mesure». «Et sa puissance sera forte, mais non par sa propre puissance». C’est une description remarquable, qui n’est point utilisée à propos de la petite corne du chapitre 7. Pour cette dernière, c’était par sa propre puissance. Satan pouvait aussi lui donner le pouvoir, mais elle portait dans sa propre personne la force de l’empire romain. Dans le cas qui nous occupe, bien que la puissance de ce chef soit grande, ce ne sera point par sa propre puissance. Il dépend de la force qui lui est donnée par d’autres. Il sera l’instrument d’une politique et d’une puissance étrangères, et non pas siennes. «Et il détruira merveilleusement, et il prospérera et agira; et il détruira les hommes forts et le peuple des saints». En fait, il est fait mention de lui à titre principal et d’une manière expresse en relation avec les Juifs en tant que peuple. Il ne s’agit pas ici des saints des lieux très hauts. Ce que nous trouvons ici, c’est une expression figurée, désignant les principaux du peuple juif, en contraste avec les Gentils. Il n’y a aucune allusion à leur caractère personnel; ceci n’entre pas en ligne de compte au chapitre 8.

«Et sa puissance sera forte, mais non par sa propre puissance» (v. 24). Ce sera un roi sous la dépendance de quelque autre puissance. Il sera fort, mais ce ne sera pas de sa propre force, comme cela arrive quelquefois. «Et il détruira les hommes forts et le peuple des saints.» Malgré son état de perfidie et de rébellion dans son ensemble, ce peuple est pour le prophète le peuple des saints [3].

«Et, par son intelligence, il fera prospérer la fraude dans sa main; et il s’élèvera dans son coeur; et, par la prospérité il corrompra beaucoup de gens» (v. 25). Autrement dit le roi du nord a d’autres choses que la force des armes dans son arsenal. En effet, il s’occupera des Juifs par des moyens de paix; et par cette pénétration, par cette subtilité, comme une espèce de rabbin, ce roi aura une grande influence sur la nation juive. Finalement, «il se lèvera contre le prince des princes, mais il sera brisé sans main» (v. 25b). Ce roi fourbe, non seulement renversera beaucoup de Juifs, et obtiendra en même temps une grande influence sur la nation, mais il s’élèvera contre Christ qui est le Prince des princes. Ce roi fourbe sera détruit sans main.

Ce roi s’immiscera dans les affaires d’Israël et détruira les puissants et le peuple des saints. «Et par son intelligence, il fera prospérer la fraude dans sa main; et il s’élèvera dans son coeur; et, par la prospérité il corrompra beaucoup de gens». Il tirera donc parti pour la réussite de ses desseins, de leur état de bien-être, et du fait qu’ils ne sont pas préparés à ses envahissements par ruse. «Il se lèvera contre le prince des princes, mais il sera brisé sans main». Il sera entièrement sans appui dans ce dernier combat. Il est dit dans un autre passage (Dan. 11, 45): «Il viendra à sa fin, et il n’y aura personne pour le secourir».

Y a-t-il d’autres passages de l’Écriture jetant de la lumière sur l’identité de ce personnage et sur ce qu’il fera? Oui, il y en a. Ce personnage est le même que celui dont il est fait mention en diverses parties de la parole de Dieu, sous le nom d’  «Assyrien», ou de «roi du Nord»: c’est toujours celui qui est décrit comme le grand ennemi des Juifs dans les derniers jours. En ce temps-là, les Juifs seront exposés à deux maux: un mal intérieur, dans leur propre pays, l’Antichrist, s’asseyant comme dieu dans le temple de Dieu; et un mal venant sur eux du dehors, l’Assyrien. Il s’avance contre eux comme un ennemi et il est aussi capable d’une politique subtile. Ce n’est pas simplement la puissance guerrière qui le distingue. Sans doute il est violent dans son attitude, mais il a l’intelligence des énigmes. Il se présentera comme un grand et profond docteur, ce qui aura naturellement beaucoup d’influence sur l’esprit des Juifs, car ils ont toujours été un peuple adonné aux recherches et aux spéculations intellectuelles de tous ordres. Actuellement (2012) comme dans le passé, les Juifs, pour la plupart, ont été trop occupés à gagner de l’argent et n’ont pas porté une grande attention à ces choses; mais il y a toujours eu une classe d’intellectuels parmi ce peuple. L’influence de ce roi sera immense sur de tels hommes lorsqu’ils seront rétablis dans leur pays et que la vraie Église aura été ravie. Ils auront alors repris de l’importance comme objets des voies de Dieu en jugement.

L’indignation n’aura pas encore pris fin. Voici de quelle manière ces deux maux affligeront les Juifs. L’Antichrist, ou le roi qui agira selon son bon plaisir, prendra la place du vrai Messie dans le pays d’Israël. Il est évident que si quelqu’un veut se présenter comme le Messie, ce doit être au milieu du peuple juif et dans le pays des Juifs. Quant à l’Assyrien, c’est quelqu’un qui s’oppose à eux comme un ennemi déclaré. C’est bien ce roi auquel il est fait allusion par les autres prophètes comme le «roi du Nord». L’Assyrien et l’Antichrist sont donc des puissances entièrement distinctes et opposées. L’Assyrien sera l’ennemi de l’Antichrist: ce dernier sera au-dedans et caractérésé comme celui qui, par dessus tout, s’élève; l’autre, au dehors, sera le leader des ennemis.

À propos des versets de Daniel 9, 27
Ce verset a été suffisamment commenté ailleurs. Le «désolateur» représente, selon certains, l’antichrist et selon d’autres, ce qui semble plus probable le «roi du nord». Quoiqu’il en soit, ce nom de «désolateur» est significatif.

À propos des versets de Daniel 11, 40-45
Daniel reprend ce qui concerne les Juifs, et les rois du Nord et du Midi. Il y a une circonstance qui confirme cette opinion: ce sont les mots: «Il viendra dans le pays de beauté», tandis que s’il s’agissait du roi (antichrist), il y est déjà. Le roi du nord entre donc avec une grande armée, passe outre, vient dans le pays de beauté, plusieurs pays tombent, mais d’autres échappent de sa main: Édom, Moab, et les principaux des fils d’Ammon (v. 41). Il y a ici une circonstance qui fait voir l’exactitude de la Parole de Dieu en détail. Dans Es. 11, 13, ces trois nations qui échappent au roi du nord subsistent encore après lui. «Éphraïm ne sera pas rempli d’envie contre Juda, et Juda ne sera pas l’adversaire d’Éphraïm; mais ils voleront sur l’épaule des Philistins vers l’ouest, ils pilleront ensemble les fils de l’orient: Édom et Moab seront la proie de leurs mains, et les fils d’Ammon leur obéiront».

Maintenant voici un tournant dans l’histoire. «Et, au temps de la fin, le roi du midi heurtera contre lui». Ce fait confirme ce qui a été dit précédemment, que «le roi» se trouve seulement «au temps de la fin». «Le roi du midi heurtera contre lui et le roi du nord fondra sur lui comme un tempête, avec des chars et des cavaliers, et avec beaucoup de navires». L’Esprit de Dieu avait déjà parlé (v. 5, 10, et de Dan. 11 et ailleurs) sur les rois du nord et du midi. Mais il était important de montrer qu’au temps de la fin, ces puissances auraient des successeurs qui heurteront «le roi» (l’antichrist) dans la terre sainte. «Le roi du midi», c’est-à-dire l’Égypte, et «le roi du nord» c’est-à-dire le maître de la Syrie (source selon écrit datant des années 1900), ces deux personnages feront un mouvement contre «le roi ou antichrist». Non pas qu’ils aient une politique commune: au contraire, ils semblent ennemis acharnés l’un de l’autre. Mais «le roi» s’élève d’une telle manière, s’arrogeant de telles prétentions en terre sainte, que Dieu permet à la catastrophe finale d’arriver. Le roi du midi vient le premier, et ensuite le roi du nord qui paraît être à cette époque le grand pouvoir militaire et naval de l’orient. «Le roi du nord fondra sur lui comme une tempête, avec des chars et des cavaliers, et avec beaucoup de navires, et entrera dans les pays et inondera et passera outre; et il viendra dans le pays de beauté» ce pays étant Israël. Le roi ou antichrist s’y trouve. Le roi du nord est donc un personnage entièrement différent, un adversaire «du roi ou antichrist» aussi bien que le roi du midi.

Le roi du nord «étendra sa main sur les pays, et le pays d’Égypte n’échappera pas» (v. 42). Le roi du midi perdra donc son caractère de souverain du midi (Es. 11, 15). «Il aura sous sa puissance les trésors d’or et d’argent, et toutes les choses désirables de l’Égypte; et les Libyens et les Éthiopiens suivront ses pas» (v. 43). «Mais des nouvelles de l’orient et du nord l’effrayeront, et il sortira en grande fureur, etc., et il viendra à sa fin, et il n’y aura personne pour le secourir». Telle sera la fin du roi du nord.

Après avoir introduit «le ROI» (contre LUI) (v. 40) sans nous dire d’où il est venu, l’Esprit de Dieu le laisse là sans nous dire ce qu’il advient de lui. D’autres portions de l’Écriture nous font connaître pleinement le destin effrayant de ce roi ou antichrist. Mais il était important de l’introduire comme un épisode dans le chapitre 11, afin de montrer le dernier grand conflit entre les rois du midi et du nord. En conséquence, nous perdons de vue «le roi», et le reste du chapitre s’occupe du roi du nord, qui n’entre pas seulement dans le pays de beauté, mais qui poursuit ses conquêtes ailleurs. «Plusieurs pays tomberont; mais ceux-ci échapperont de sa main: Édom, et Moab, et les principaux des fils d’Ammon». Nous voyons par Ésaïe 11, que c’est là un fait très remarquable. Ces frontaliers vivaient en bordure de la terre sainte. Dieu arrange les choses de manière que, s’ils échappent au roi du nord, c’est pour être ravagés par les Israélites triomphants. Dieu ne veut pas permettre que les premiers ennemis d’Israël, ses ennemis acharnés, reçoivent leur juste rétribution des mains de quelque autre peuple que de celui auquel ils ont tant cherché à s’opposer et à faire du mal. En conséquence, il semble, d’après Ésaïe, que, bien peu après, les Israélites exécuteront sur eux le jugement de Dieu.

«Et il étendra sa main sur les pays, et le pays d’Égypte n’échappera pas. Et il aura sous sa puissance les trésors d’or et d’argent, et toutes les choses désirables de l’Égypte; et les Libyens et les Éthiopiens suivront ses pas». Ceci nous apprend que le roi du nord n’agit pas en allié du roi du midi. Il s’avance vers le midi, où, semble-t-il (v. 43), il y aura un grand développement de prospérité matérielle, soit par suite des ressources du pays lui-même, ou plus probablement en conséquence de ce qu’il est devenu le grand marché commercial de l’occident et de l’orient, dans cette partie du monde. «Mais des nouvelles de l’orient et du nord l’effrayeront». C’est après être descendu dans le midi, au delà de la Palestine, qu’il entend ces rumeurs à l’égard du nord et de l’Orient qui le jettent dans la perplexité. Il était lui-même venu du nord, et avait aussi conquis l’orient; et maintenant il reçoit de ces quartiers des nouvelles qui l’agitent. Il s’empresse de s’en retourner du pays d’Égypte, et arrive en Palestine. «Et il plantera les tentes de son palais entre la mer et la montagne de sainte beauté (c’est-à-dire entre la Méditerranée et la mer Morte); et il viendra à sa fin, et il n’y aura personne pour le secourir». Tel est le sort du roi du nord, autrefois victorieux — non pas «le roi» qui a été introduit en passant, pour nous montrer en quelle occasion se livre le combat final entre le nord et le midi.

 D’autres passages de la Parole traite de ce sujet. Par exemple, voir écrit de W. Kelly sur Daniel chapitre 11.

À propos des versets de Daniel 12, 11
«Depuis le temps où le sacrifice continuel sera ôté et où l’abomination qui désole sera placée, il y aura mille deux cent quatre-vingt-dix jours». Ici il y a trente jours de plus par rapport à trois années et demie. C’est le complément nécessaire pour la purification; mais jusqu’à la pleine paix, il faudra quarante-cinq jours de plus (v. 12). C’est toujours en rapport avec cette demi-semaine où l’antichrist sera là, le sacrifice journalier ayant été ôté et l’abomination de la désolation placée dans le lieu saint (voir Dan. 8, 11). En Daniel 12, nous avons le calcul qui sert de date en vue du temps de la bénédiction. Et il y a ces deux circonstances pour point de départ avec 1290, respectivement 1335 jours. Toute cela fait suite à l’état des Juifs dans les derniers jours, c’est-à-dire dans la dernière demi-semaine de Daniel.

Ce qui frappe certainement en lisant ces chapitres du livre de Daniel, c’est le personnage terrible de ces temps-là. Il y aura des méchants, dont le roi du nord qui conquerra, envahira tout, pillera et saccagera; mais quand il s’agit du roi (antichrist), c’est la guerre contre Dieu: ce n’est pas seulement un désir de conquête, mais la guerre contre Dieu et l’Agneau; c’est l’efficace de Satan, du mensonge; ce sont des blasphèmes; c’est la persécution; c’est tout ce qu’il y a de plus terrible dans la haine de l’homme, animé par la puissance de Satan précipité du ciel.

La réponse faite à Daniel, dans les v. 11 et 12 du ch. 12, est le passage auquel le Seigneur Jésus fait allusion sur ce même sujet. Le Seigneur donne la même période et le même point de départ, sauf qu’il omet les jours ajoutés au v. 12. La date ne commence qu’à la dernière demi-semaine.

Et maintenant voici une remarque qui a quelque importance, comme rattachant ensemble tout ce qui a été mentionné, et présentant une preuve concluante en faveur de la vérité de l’interprétation de cette prophétie. Il s’agit du verset que notre Seigneur lui-même citait en Matt. 24, 15: «Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, dont il a été parlé par Daniel le prophète, établie dans le lieu saint (que celui qui lit comprenne), alors que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes». La question est: où Daniel parle-t-il de cela? la réponse: en Dan. 12, 11. C’est le seul verset qui réponde parfaitement à celui de Matthieu. Il nous est déclaré qu’à partir de ce moment-là, il doit y avoir 1290 jours, puis une autre période de 45 jours, et alors la pleine bénédiction. Est-ce que cela a eu lieu? Si vous l’appliquez à quelque chose qui soit passé, comme par exemple, à la destruction de Jérusalem par Titus, et si vous ajoutez 1335 jours depuis le temps où les Romains prirent la ville, la bénédiction est-elle réellement arrivée? Peu importe comment vous prenez les jours. Imaginez qu’ils représentent 1335 années depuis cette destruction de Jérusalem: trouvez-vous à leur terme la bénédiction des Juifs et la bénédiction des saints, conformément à la parole de Dieu que nous lisons ici? Rien de pareil.

Qu’en conclure alors, sinon que ceux qui disent que l’abomination qui désole a déjà eu lieu sont dans l’erreur. «L’abomination qui désole» n’est pas encore arrivée; quand elle le sera dans le sens qu’ont les paroles du Seigneur, il suivra une période de 1335 jours, après lesquels viendra la pleine bénédiction.

Mais encore un mot au sujet de ces différents nombres de jours: d’abord les 1260 jours, puis les 1290, et ensuite enfin, les 1335. La raison en est que, selon toute probabilité, la bénédiction d’Israël ne sera pas introduite d’un seul coup. Le premier grand changement sera lors de la destruction du «roi». Elle a lieu à l’expiration des 1260 jours. Mais comme vu au chapitre 11, après «le roi» (antichrist) c’est le tour du roi du nord, avec lequel il faut aussi en finir. Par conséquent, il y a un nouveau délai. Toutefois, il est difficile d’évaluer si ce délai coïncidera avec les 30 jours de plus (1260 + 30 = 1290), ou bien avec les 45 jours suivants (1290 + 45 = 1335). Mais ce qui est certain, c’est que les 1335 jours nous mènent jusqu’à l’accomplissement de l’oeuvre entière; JND (ou WK?) pense que la destruction du roi du nord est l’un des derniers, sinon le dernier, de tous ces actes de jugement qui doivent s’accomplir avant que commence l’époque de la bénédiction.

Il est dit en És. 10,12 : «Et il arrivera que, quand le Seigneur aura achevé toute son oeuvre contre la montagne de Sion et contre Jérusalem, je visiterai le fruit de l’arrogance du coeur du roi d’Assyrie et la gloire de la fierté de ses yeux». Ces paroles semblent indiquer que c’est le dernier acte de jugement du Seigneur en rapport avec la bénédiction d’Israël. Après la destruction de l’Antichrist il y aura un ou deux brefs intervalles durant lesquels le Seigneur renverse encore Ses ennemis et ceux d’Israël. «Bienheureux celui qui attend et qui parvient à 1335 jours».

Avec la fin du livre de Daniel, souvenons-nous qu’un de ses fruits les plus bénéfiques est de délivrer les enfants de Dieu de l’idée que l’Église est tout. Ce n’est pas l’ordre véritable. En juger ainsi, c’est tomber dans la même sorte de méprise que les anciens astronomes, quand ils considéraient la terre comme le centre du système du monde, parce qu’elle était le lieu où ils vivaient. C’est là ce qui perd l’homme: il se fait le centre de ses pensées. On commet la même erreur en théologie. Parce que nous sommes dans l’Église, on en fait la pensée centrale de l’Écriture, alors que c’est Christ qui en est cette pensée centrale.

[1]
Ils disent, dans leur insolence, qu’ils ont fait une alliance avec la mort, de sorte que, quand le fléau qui inonde passerait, il n’arriverait pas jusqu’à eux. Impossible de concevoir un défi plus audacieux de Dieu et de ses jugements. Historiquement, ils auront accompli cette alliance quand ils se ligueront avec l’homme de péché, l’antichrist, duquel la venue est selon l’opération de Satan ; mais ici on voit un défi contre Dieu.

[2]
Cette expression est employée ailleurs aussi, dans Daniel par exemple, comme une sorte de formule technique de la manière dont le Seigneur agit au dernier jour ; il consomme et abrège l’affaire en justice. Il juge complètement ; il consomme l’affaire, mais il l’abrège, pour que le résidu (les élus) soit épargné

[3]
C’est l’expression de Daniel 7:27 ; seulement, là, les mots des lieux très hauts sont ajoutés à saints, vu le sujet du chapitre.

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