Notes sur le deuxième livre de Samuel (dixième livre de la Bible)

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Ces notes représentent près de 60 pages en format A4. D’abord une introduction, puis des commentaires pour chaque chapitre et, à la fin, encore quelques notes pour la vue d’ensemble des deux livres de Samuel.

Introduction
Ce livre fait partie des livres historiques de l’Ancien Testament. Nous y avons les voies de Dieu envers Israël depuis son entrée en Canaan. La conduite de ce peuple et la vie des hommes de Dieu donnent de grandes leçons morales. On y trouve aussi, par divers types, la personne, l’oeuvre et les gloires du Seigneur Jésus. Ces trois importants sujets se trouvent dans les deux livres de Samuel. Dans le deuxième livre de Samuel, nous pouvons relever:
Au début, il y a le récit de David, vainqueur d’Amalek. Puis la reconnaissance graduelle de sa royauté par Juda, puis par tout Israël. Cette domination sera réellement complète lorsque le trône glorieux de Salomon sera placé à Jérusalem (premier livre des Rois). Dans 1 Samuel, il y a donc l’établissement en puissance de David, le roi de grâce, image frappante de ce que sera le Messie au début de son règne. Remarquons aussi que David n’est pas seulement l’image du Messie, mais qu’il est aussi le roi responsable auquel Dieu a confié le gouvernement de son peuple. Sous ce rapport, sa royauté a failli, comme toute autre relation divinement instituée. Ce livre présente de ce fait la chute de David avec ses terribles conséquences ainsi que la discipline exercée envers lui. Cette discipline produit son relèvement, sa confession. Tout à la fin, lorsque le péché (évaluation des forces humaines à disposition du roi David) a donné occasion au sacrifice, ce dernier arrêta la colère de Dieu (manifestée par l’envoi de la peste). Ce sacrifice a été offert sur l’aire d’Arauna, c’est-à-dire sur l’autel de Morija. Ce fut alors un lieu de rencontre entre l’Éternel et son peuple.
Toutes les expériences de David, homme sujet à faillir, sont pleines de solennelles instructions pour nos âmes. Elles sont aussi comme le modèle anticipé des expériences du résidu de Juda, chassé de Jérusalem, puis restauré, expériences auxquelles les Psaumes donnent une expression prophétique.

Texte biblique du chapitre 1
1 Et il arriva, après la mort de Saül, quand David fut revenu d’avoir frappé Amalek, que David habita deux jours à Tsiklag. 2 Et, le troisième jour, voici, un homme vint du camp, d’auprès de Saül, ses vêtements déchirés et de la terre sur sa tête; et aussitôt qu’il arriva auprès de David, il tomba contre terre et se prosterna. 3 Et David lui dit: D’où viens-tu? Et il lui dit: Je me suis échappé du camp d’Israël. 4 Et David lui dit: Que s’est-il passé? raconte-le-moi, je te prie. Et il dit que le peuple s’était enfui de la bataille, et que beaucoup d’entre le peuple étaient tombés et étaient morts, et que Saül aussi et Jonathan, son fils, étaient morts.

5 Et David dit au jeune homme qui lui racontait [ces choses]: Comment sais-tu que Saül et Jonathan, son fils, sont morts? 6 Et le jeune homme qui lui rapportait [ces choses] dit: Je passais par aventure sur la montagne de Guilboa; et voici, Saül s’appuyait sur sa lance, et voici, les chars et les gens de cheval le serraient de près. 7 Et il se tourna en arrière et me vit, et m’appela; et je dis: Me voici. 8 Et il me dit: Qui es-tu? Et je lui dis: je suis Amalékite. 9 Et il me dit: Tiens-toi, je te prie, sur moi, et tue-moi, car l’angoisse* m’a saisi, parce que ma vie est encore toute en moi. 10 Alors je me suis tenu sur lui, et je l’ai mis à mort; car je savais qu’il ne vivrait pas après sa chute; et j’ai pris la couronne qui était sur sa tête et le bracelet qui était à son bras, et je les ai apportés ici à mon seigneur. 11 Alors David saisit ses vêtements et les déchira; et tous les hommes qui étaient avec lui [firent] de même; 12 et ils menèrent deuil, et pleurèrent, et jeûnèrent jusqu’au soir sur Saül et sur Jonathan, son fils, et sur le peuple de l’Éternel, et sur la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée.

13 Et David dit au jeune homme qui lui avait rapporté [ces choses]: D’où es-tu? Et il dit: Je suis fils d’un homme étranger, d’un Amalékite. 14 Et David lui dit: Comment n’as-tu pas craint d’étendre ta main pour tuer* l’oint de l’Éternel? 15 Alors David appela un des jeunes hommes et [lui] dit: Approche [et] jette-toi sur lui! Et il le frappa, et il mourut. 16 Et David lui dit: Ton sang soit sur ta tête, car ta bouche a témoigné contre toi, disant: J’ai mis à mort l’oint de l’Éternel.

17 Et David prononça sur Saül et sur Jonathan, son fils, cette complainte; 18 et il dit d’enseigner aux fils de Juda [le chant de] l’Arc*; voici, il est écrit au livre de Jashar**:

19 Ton ornement, ô Israël, est tué sur tes hauts lieux. Comment les hommes forts sont-ils tombés!

20 Ne le racontez pas dans Gath, n’en portez pas la nouvelle dans les rues d’Askalon; de peur que les filles des Philistins ne se réjouissent, de peur que les filles des incirconcis ne tressaillent de joie.

21 Montagnes de Guilboa, qu’il n’y ait pas de rosée, pas de pluie sur vous, ni des champs d’offrandes*; car là fut jeté comme une chose souillée le bouclier des hommes forts, le bouclier de Saül, [comme s’il n’eût] pas été oint d’huile.

22 L’arc de Jonathan ne se retirait pas du sang des tués [et] de la graisse des hommes forts; et l’épée de Saül ne retournait pas à vide.

23 Saül et Jonathan, aimés et agréables dans leur vie, n’ont pas été séparés dans leur mort. Ils étaient plus rapides que les aigles, plus forts que les lions.

24 Filles d’Israël, pleurez sur Saül, qui vous revêtait d’écarlate, magnifiquement*, qui a couvert vos vêtements d’ornements d’or.

25 Comment les hommes forts sont-ils tombés au milieu de la bataille! Comment Jonathan a-t-il été tué sur tes hauts lieux!

26 Je suis dans l’angoisse à cause de toi, Jonathan, mon frère! Tu étais pour moi plein de charmes; ton amour pour moi était merveilleux, plus [grand] que l’amour des femmes.

27 Comment sont tombés les hommes forts, et sont péris les instruments de guerre!

v. 9: le sens du mot est incertain. / v. 14: hébreu: détruire. / v. 18*: ou: [à tirer de] l’arc. / v. 18**:  quelques-uns: du Juste (droit). / v. 21: c. à d. qui produisent de quoi faire des offrandes. / v. 24: ou: avec délices.

Commentaires du chapitre 1

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 1 à 4: l’avénement du royaume de David
Chapitre 1:
l’Amalékite dans les versets 01 à 16 et le chant de l’Arc dans les versets 17 à 27

 Ce chapitre enseigne le magnifique état de David. Il ne voit que le bien en Saül. Beau type du Seigneur.

Verset 22: l’arc signifie, pour le croyant, la force de Dieu qui ne se manifeste que dans la dépendance.

Versets 1 à 16: L’affaire de Tsiklag a laissé David humilié, conscient de sa faiblesse, mais aussi elle l’a rétabli dans d’heureuses relations avec l’Éternel. Il a été ainsi préparé pour son règne, sur lequel va maintenant s’ouvrir ce deuxième livre de Samuel.

L’homme qui lui annonce la mort de Saül est à ses propres yeux «comme un messager de bonnes nouvelles» (chapitre 4:10). Ne s’agit-il pas pour David de la mort de son ennemi et de la possibilité de monter sur le trône? Mais cet homme ne connaît pas celui à qui il s’adresse. Dans le coeur du «bien-aimé» de l’Éternel brillent la grâce, le désintéressement, l’amour pour son peuple et le respect de l’ordre divin. Comment se réjouirait-il alors qu’Israël est vaincu et son prince déshonoré devant les ennemis de l’Éternel?

D’où es-tu? — L’homme confirme qu’il fait aussi partie des ennemis d’Israël, et des pires: c’est un Amalékite! En essayant de tromper David par son récit mensonger, il n’a fait que se tromper lui-même (voir Proverbes 11:18). Il aurait voulu que le nouveau roi tienne la couronne de sa main. Il ressemble en cela au grand Ennemi qui cherchait à faire accepter à Jésus — mais sans plus de succès — tous les royaumes du monde et leur gloire (Matthieu 4:8 à 10).

Versets 17 à 22: Bien loin de se réjouir du malheur qui a atteint son rival et son persécuteur, David compose à son sujet une complainte émouvante. Ce chant de l’Arc célèbre les qualités humaines de Saül: sa force, sa magnificence, sa popularité. Et, couvrant la méchanceté du roi dont il avait cependant tant souffert, David voudrait également éviter de parler de la défaite qui provoquera chez les ennemis de l’Éternel de la joie et du mépris: «Ne le racontez pas dans Gath…» (verset 20).

Tout autant que Juda (verset 18), nous avons besoin que nous soient enseignées les leçons de ce chant de l’Arc: nous attrister du malheur d’autrui; relever le bien même chez ceux qui ne nous aiment pas; nous garder de raconter ce que nous pouvons savoir de fâcheux sur le compte de quelqu’un; couvrir surtout les fautes de nos frères et de nos soeurs en pensant au témoignage du peuple de Dieu vis-à-vis du monde (1 Pierre 4:8).

Puis le coeur de David, saisi de douleur, s’exprime au sujet de Jonathan. Amour merveilleux, plein de charmes, et pourtant pâle figure de l’amour de Jésus: amour insondable dont rien — pas même la mort — ne pourra nous séparer jamais (Romains 8:38, 39).

Texte biblique du chapitre 2
1 Et il arriva, après cela, que David interrogea l’Éternel, disant: Monterai-je dans une des villes de Juda? Et l’Éternel lui dit: Monte. Et David dit. Où monterai-je? Et il dit: À Hébron. 2 Et David y monta, et ses deux femmes aussi, Akhinoam, la Jizreélite, et Abigaïl, femme de Nabal, le Carmélite. 3 Et ses hommes qui étaient avec lui, David les fit monter, chacun avec sa maison, et ils habitèrent dans les villes de Hébron. 4 Et les hommes de Juda vinrent et oignirent là David pour roi sur la maison de Juda. *

Et on rapporta à David, disant: Ce sont les hommes de Jabès de Galaad qui ont enterré Saül.

5 Et David envoya des messagers aux hommes de Jabès de Galaad, et leur fit dire: Bénis soyez-vous de l’Éternel, de ce que vous avez usé de cette bonté envers votre seigneur Saül, et de ce que vous l’avez enterré! 6 Et maintenant, que l’Éternel use envers vous de bonté et de vérité! Et moi aussi je vous rendrai ce bien, parce que vous avez fait cela. 7 Et maintenant, que vos mains se fortifient, et soyez des hommes vaillants; car votre seigneur Saül est mort, et de plus, c’est moi que la maison de Juda a oint pour roi sur elle.

8 Et Abner, fils de Ner, chef de l’armée de Saül, prit Ish-Bosheth*, fils de Saül, et le fit passer à Mahanaïm 9 et l’établit roi sur Galaad, et sur les Ashurites, et sur Jizreël, et sur Éphraïm, et sur Benjamin, et sur Israël tout entier. 10 Ish-Bosheth, fils de Saül, était âgé de quarante ans lorsqu’il régna sur Israël, et il régna deux ans. Toutefois la maison de Juda suivit David. 11 Et le nombre des jours, pendant lesquels David fut roi à Hébron sur la maison de Juda, fut de sept ans et six mois.

12 Et Abner, fils de Ner, et les serviteurs d’Ish-Bosheth, fils de Saül, sortirent de Mahanaïm vers Gabaon; 13 et Joab, fils de Tseruïa, et les serviteurs de David, sortirent aussi; et ils se rencontrèrent ensemble près du réservoir de Gabaon; et ceux-ci s’assirent d’un côté du réservoir, et ceux-là de l’autre côté du réservoir. 14 Et Abner dit à Joab: Que les jeunes hommes se lèvent donc et jouent [entre eux] devant nous! Et Joab dit: Qu’ils se lèvent. 15 Et ils se levèrent et passèrent, au nombre de douze pour Benjamin et pour Ish-Bosheth, fils de Saül, et de douze d’entre les serviteurs de David. 16 Et chacun saisit son adversaire* par la tête, et [passa] son épée dans le flanc de son adversaire*, et ils tombèrent [tous] ensemble. Et on appela ce lieu-là Helkath-Hatsurim**, qui est en Gabaon. 17 Et le combat fut très-rude ce jour-là; et Abner et les hommes d’Israël furent battus devant les serviteurs de David.

18 Et il y avait là trois fils de Tseruïa, Joab, et Abishaï, et Asçaël. 19 Et Asçaël était léger de ses pieds comme une des gazelles qui sont dans les champs. Et Asçaël poursuivit Abner, et il ne se détourna pas d’Abner pour aller à droite ou à gauche. 20 Et Abner regarda derrière lui, et dit: Est-ce toi, Asçaël? Et il dit: C’est moi. 21 Et Abner lui dit: Détourne-toi à droite ou à gauche, et saisis-toi de l’un des jeunes hommes et prends pour toi son armure. Mais Asçaël ne voulut pas se détourner de lui. 22 Et Abner dit encore à Asçaël: Détourne-toi de moi! Pourquoi te jetterais-je mort par terre? Et comment lèverais-je ma face devant Joab, ton frère?  23 Mais il refusa de se détourner, et Abner le frappa au ventre avec la hampe de sa lance, et sa lance lui sortit par derrière, et il tomba là et mourut sur place. Et tous ceux qui venaient à l’endroit où Asçaël était tombé et était mort, s’arrêtaient. 24 Et Joab et Abishaï poursuivirent Abner; et le soleil se couchait quand ils arrivèrent à la colline d’Amma, qui est devant Guiakh, sur le chemin du désert de Gabaon.

25 Et les fils de Benjamin se rassemblèrent derrière Abner; et ils formèrent une seule troupe, et se tinrent sur le sommet d’une colline. 26 Et Abner cria à Joab et dit: L’épée dévorera-t-elle à toujours? Ne sais-tu pas qu’il y aura de l’amertume à la fin? et jusques à quand ne diras-tu pas au peuple de revenir de la poursuite de ses frères? 27 Et Joab dit: Dieu est vivant, que, si tu n’avais parlé, dès le matin [déjà] le peuple se serait retiré, chacun de la poursuite de son frère! 28 Et Joab sonna de la trompette, et tout le peuple s’arrêta; et ils ne poursuivirent plus Israël, et ils ne continuèrent plus à se battre. 29 Et Abner et ses hommes marchèrent toute cette nuit-là dans la plaine*, et traversèrent le Jourdain, et marchèrent par tout le Bithron, et vinrent à Mahanaïm. 30 Et Joab s’en retourna de la poursuite d’Abner et rassembla tout le peuple; et, des serviteurs de David, il manquait dix-neuf hommes et Asçaël. 31 Et les serviteurs de David avaient frappé à mort trois cent soixante hommes de Benjamin et des hommes d’Abner. 32 Et ils enlevèrent Asçaël, et l’enterrèrent dans le sépulcre de son père, qui était à Bethléhem; et Joab et ses hommes marchèrent toute la nuit; et il faisait jour lorsqu’ils [arrivèrent] à Hébron.

v. 4: date: A.C. 1055. — v. 8: Eshbaal, 1 Chroniques 8:33. — v. 16*: litt.: compagnon. — v. 16**: le champ des tranchants. — v. 29: l’Araba.

Commentaires du chapitre 2 

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 1 à 4: l’avénement du royaume de David
Chapitre 2
David, roi sur Juda à Hébron et, dès le v. 25, la guerre entre Juda et Israël

Contrairement à ce qui s’était passé lorsque David descendit chez les Philistins, où il récolta d’ailleurs ce qu’il méritait (1 Samuel ch. 27 et suivants), il interroge maintenant l’Éternel et dépend ainsi de Dieu. Cette dépendance est un devoir, mais aussi la source de notre force, de notre sécurité. La royauté de David ne s’établira que peu à peu. Pour le moment, Juda seulement la reconnaît. Le reste du peuple est soumis à Ish-Bosheth, fils de Saül, soutenu par Abner, l’ancien aide de camp de ce dernier.

Hébron (v. 4), où Dieu conduit son oint, est un endroit qui parle de mort. Les sépulcres des patriarches se trouvaient là. Christ, le Bien-aimé de Dieu, le vrai David, avant de prendre officiellement Son royaume, est entré dans la mort par obéissance à Dieu. Et c’est aussi le terrain sur lequel Il conduit les siens. Le chrétien est mort avec Christ.

David n’oublie pas ces habitants de Jabès de Galaad qui avaient usé de bonté envers Saül. Le Seigneur oublierait-il le peu de miséricorde qu’Il nous aura permis d’exercer? (Hébreux 6:10)

La royauté de David ne s’établira que progressivement. Pour le moment Juda seul la reconnaît. Le reste du peuple est soumis à Ish-Bosheth, fils de Saül, soutenu par Abner, l’ancien aide de camp de ce dernier. Ainsi, depuis le verset 12 et jusqu’à la fin du chapitre 4, il y a un conflit entre les généraux de David et ceux d’Ish-Bosheth, respectivement entre Joab et Abner.

Versets 14 à 17: l’épreuve de force commence comme un jeu. Ensuite on se passionne, on perd le contrôle de soi-même, et le geste fatal est accompli avant d’avoir pu le préméditer: les vingt-quatre malheureux jeunes gens tombent ensemble, transpercés l’un par l’autre. La distance est facile à franchir de l’orgueil au meurtre. C’est une lutte de prestige, chacun de ces hommes orgueilleux voulant être le premier. Elle se terminera par le meurtre d’Abner, puis par celui d’Ish-Bosheth. Ces tristes circonstances — il s’agit d’une guerre civile — seront employées par l’Éternel pour établir peu à peu le règne de Son roi.

David reste étranger au combat que Joab prétend mener en son nom. Joab est un homme rusé, sans scrupule, qui défend la cause de David, car elle lui procure un avantage personnel.

Par la bonté de Dieu, David est oint deux ans après avoir manqué envers son peuple qu’il voulait même combattre (1 Samuel ch. 29). David va vers ceux qui ont fait du bien à Saül, image du Seigneur.

Dans ces guerres fractricides il y a des leçons pour nous chrétiens. S’il arrive un conflit entre frères, il faut éviter une escalade qui peut aboutir à de grandes épreuves. Il faut nous confier en Dieu pour éviter tout conflit ou escalade. Alors comme aujourd’huit, Il ne résulte aussi aucun bien de ces guerres, ni d’un côté, ni de l’autre.

Texte biblique du chapitre 3
1 Et la guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David. Et David allait se fortifiant, et la maison de Saül allait s’affaiblissant. 2 Et il naquit à David des fils à Hébron: son premier-né fut Amnon, d’Akhinoam, la Jizreélite; 3 et le second, Kileab, d’Abigaïl, femme de Nabal, le Carmélite; et le troisième, Absalom, fils de Maaca, fille de Talmaï, roi de Gueshur; 4 et le quatrième, Adonija, fils de Hagguith; et le cinquième, Shephatia, fils d’Abital; 5 et le sixième, Jithream, d’Égla, femme de David. Ceux-ci naquirent à David à Hébron.

6 Et il arriva que, pendant qu’il y eut guerre entre la maison de Saül et la maison de David, Abner tint ferme pour la maison de Saül. 7 Et Saül avait une concubine: son nom était Ritspa, fille d’Aïa; et [Ish-Bosheth] dit à Abner: Pourquoi es-tu entré vers la concubine de mon père? 8 Et Abner fut fort irrité à cause des paroles d’Ish-Bosheth, et il dit: Suis-je une tête de chien, moi qui aujourd’hui, contre Juda, ai usé de bonté envers la maison de Saül, ton père, envers ses frères et envers ses amis, et qui ne t’ai pas livré aux mains de David, que tu m’imputes aujourd’hui de l’iniquité à cause de cette femme? 9 Que Dieu fasse ainsi à Abner et ainsi y ajoute, si je ne fais pas à David comme l’Éternel lui a juré, 10 en faisant passer le royaume de la maison de Saül, et en établissant le trône de David sur Israël et sur Juda, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba! 11 Et [Ish-Bosheth] ne put répliquer un mot à Abner, parce qu’il avait peur de lui.

12 Et Abner envoya des messagers à David de sa part, disant: À qui est le pays? — disant: Fais alliance avec moi; et voici, ma main sera avec toi pour tourner vers toi tout Israël. 13 Et [David] dit: Bien, je ferai alliance avec toi; seulement je demande de toi une chose, savoir: Tu ne verras pas ma face, à moins qu’auparavant tu ne fasses venir Mical, fille de Saül, quand tu viendras pour voir ma face. 14 Et David envoya des messagers à Ish-Bosheth, fils de Saül, disant: Donne-moi ma femme Mical, que je me suis fiancée pour cent prépuces de Philistins. 15 Et Ish-Bosheth envoya, et la prit d’auprès de son mari, d’auprès de Paltiel, fils de Laïsh. 16 Et son mari alla avec elle, marchant et pleurant après elle, jusqu’à Bakhurim. Et Abner lui dit: Va, retourne-t’en. Et il s’en retourna.

17 Et Abner s’était entretenu avec les anciens d’Israël, disant: Ci-devant vous recherchiez David, pour qu’il fût roi sur vous; 18 et maintenant, agissez; car l’Éternel a parlé touchant David, disant: Par la main de David, mon serviteur, je délivrerai* mon peuple Israël de la main des Philistins et de la main de tous ses ennemis. 19 Et Abner parla aussi aux oreilles de Benjamin, et Abner alla aussi pour dire aux oreilles de David, à Hébron, tout ce qui était bon aux yeux d’Israël et aux yeux de toute la maison de Benjamin. 20 Et Abner vint vers David, à Hébron, et avec lui vingt hommes; et David fit un festin à Abner, ainsi qu’aux hommes qui étaient avec lui. 21 Et Abner dit à David: Je me lèverai, et j’irai, et j’assemblerai vers mon seigneur, le roi, tout Israël; et ils feront alliance avec toi; et tu régneras sur tout ce que ton âme désire. Et David congédia Abner, et il s’en alla en paix.

22 Et voici, les serviteurs de David, et Joab, revenaient d’une expédition, et ils amenaient avec eux un grand butin; et Abner n’était pas avec David, à Hébron, car il l’avait congédié, et il s’en était allé en paix. 23 Et Joab et toute l’armée qui était avec lui vinrent; et on rapporta à Joab, en disant: Abner, fils de Ner, est venu vers le roi qui l’a congédié, et il s’en est allé en paix. 24 Et Joab entra auprès du roi, et dit: Qu’as-tu fait? Voici, Abner est venu vers toi; pourquoi l’as-tu congédié, en sorte qu’il s’en est allé? 25 Tu connais Abner, fils de Ner, qu’il est venu pour te tromper, et pour connaître tes sorties et tes entrées, et pour savoir tout ce que tu fais. 26 Et Joab sortit d’auprès de David, et envoya après Abner des messagers qui le firent rebrousser depuis la citerne de Sira; et David ne le savait pas. 27 Et Abner revint à Hébron, et Joab le tira à part au milieu de la porte, pour lui parler tranquillement, et là il le frappa au ventre, en sorte qu’il mourut, à cause du sang de son frère Asçaël.

28 Et David l’apprit plus tard, et il dit: Je suis innocent, moi et mon royaume, devant l’Éternel, à jamais, du sang d’Abner, fils de Ner: 29 qu’il tombe sur la tête de Joab, et sur toute la maison de son père; et que la maison de Joab ne soit jamais sans un homme ayant un flux, ou la lèpre, ou qui s’appuie sur un bâton, ou qui tombe par l’épée, ou qui manque de pain. 30 Ainsi Joab et Abishaï, son frère, tuèrent Abner, parce qu’il avait donné la mort à Asçaël, leur frère, à Gabaon, dans la bataille.

31 Et David dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui: Déchirez vos vêtements et ceignez-vous de sacs, et menez deuil devant Abner. Et le roi David marchait après le cercueil. 32 Et ils enterrèrent Abner à Hébron; et le roi éleva sa voix et pleura au sépulcre d’Abner; et tout le peuple pleura. 33 Et le roi prononça une complainte sur Abner, et dit:

Abner devait-il mourir comme meurt un insensé*? 34 Tes mains n’étaient pas liées, et tes pieds n’avaient pas été mis dans des chaînes; tu es tombé comme on tombe devant les fils d’iniquité.

Et tout le peuple pleura encore sur lui. 35 Et tout le peuple vint vers David pour l’engager à manger du pain, pendant qu’il était encore jour; mais David jura, disant: Que Dieu me fasse ainsi et ainsi y ajoute, si avant que le soleil se soit couché, je goûte du pain ou aucune autre chose! 36 Et tout le peuple y eut égard, et cela fut bon à leurs yeux, comme tout ce que faisait le roi était bon aux yeux de tout le peuple. 37 Et en ce jour-là tout le peuple et tout Israël reconnurent que ce n’était point de par le roi qu’on avait fait mourir Abner, fils de Ner.

38 Et le roi dit à ses serviteurs: Ne savez-vous pas qu’un prince, et un grand homme, est tombé aujourd’hui en Israël? 39 Et moi, je suis aujourd’hui faible, bien que j’aie reçu l’onction de roi*; et ces hommes-là, les fils de Tseruïa, sont trop durs pour moi. Que l’Éternel rende à celui qui fait le mal, selon son méfait**!

v. 18: litt.: il sauvera. / v. 33: ou: impie. / v. 39*: litt.: bien que roi oint. / v. 39**: ou: sa méchanceté.

Commentaires du chapitre 3

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 1 à 4: l’avénement du royaume de David
Chapitre 3
Versets 01 à 16: la guerre entre Juda et Israël (depuis le ch. 2 v. 25)
Versets 17 à 39: la fin d’Abner

En relation avec les évènements de ces chapitres 3 à 5, 9,  pendant lesquels David se trouve à Hébron, David attend avec patience que Dieu Lui-même l’établisse roi sur tout Israël. Ainsi Jésus, maintenant au ciel, attend que Dieu Lui donne son royaume universel

Ce chapitre contient une application morale de la lutte entre la chair et la foi. David, à l’inverse de son habitude, n’interroge pas l’Éternel. David, roi, est responsable devant Dieu par ses actes et par les actes de ses serviteurs. Tout chrétien est aussi responsable devant Dieu. Nous avons à faire avec lui avant n’importe qui sur la terre. Rachetés par le sang précieux de Christ, nous appartenons à celui qui pour nous est mort et ressuscité.

Versets 01 et suivants: David ne se contente pas de deux femmes, il en prend quatre autres. Il agit selon la chair. Selon Deut. 17, 14-20, il devait avoir une seule femme. Ce passage de Deutéronome est bien sûr aussi valable pour nous, chrétiens du 21ème siècle. Le mariage est l’image de l’union entre Christ et l’Épouse. Dieu use de grâce envers ces rois de l’Ancien Testament. Toutefois, pour l’homme de Dieu, avoir plusieurs femmes, a toujours pour résultat de fâcheuses conséquences. Ainsi en est-il pour David comme cela se verra dans ce livre de 2 Samuel. Par exemple, Amnon a déshonoré sa demi-sœur. Absalom a voulu usurper le pouvoir, etc. Il a aussi pris une femme d’entre les Philistins. Et 1 Rois 1 nous apprend qu’Adonija voulait aussi le pouvoir. Ce royaume, si convoité, était réservé à Salomon. C’était la pensée de l’Éternel.

En tout cela, David a passé des exercices en subissant les conséquences de ses inconséquences. Pour le chrétien, la discipline est une éducation, d’où en ressort du bien pour notre vie spirituelle, nous plaçant ainsi plus près de Dieu.

Dans les v. 6 à 11, il y a un récit des péchés d’Abner. Ils n’avaient pas de poids aux yeux des hommes mais par contre, aux yeux de Dieu, le péché a toujours la même importance. Au v. 8 Abner s’irrite car la vérité blesse. Il agit selon la chair de même qu’Ish-Bosheth au v. 11. Ish-Bosheth était un fils de Saül et Abner était le chef de l’armée de Saül (cf ch. 2, 8). Ish-Bosheth, contrarié par Abner, est désemparé. Il en est ainsi de tout homme ici-bas qui ne connaît pas le Seigneur. Il est souvent désemparé à la moindre contrariété

Versets 12 et suivants: David se trouve dans une mauvaise position; il abuse du pouvoir qu’il avait en faisant venir Mical auprès de lui. En 1 Sam. 18, 20-28 il était évident que David aimait cette femme selon la chair. Ainsi, dans le passage des v. 12 à 16, David est un type de l’homme au pouvoir dépassant ce que Dieu lui a ordonné. Il ne devait pas reprendre Mical qui était devenue adultère en se remariant. Il l’oblige à revenir auprès de lui sans repentance. Si elle était revenue d’elle-même en s’humiliant devant l‘Éternel et son mari, la chose eût été différente. Mais pas ainsi. Au v. 16 il est beau de voir le mari de Mical soumis à la volonté du roi. Le Nouveau Testament (entre autres: Romains ch. 7 et 1 Corinthiens ch. 7) donne de précieux enseignements quant au mariage et aux conséquences d’adultères, etc. En regard des v. 15 et 16: 1 Sam. 25, 44: «Et Saül avait donné Mical, sa fille, femme de David, à Palti, fils de Laïsh, qui était de Gallim».

Versets 17 à 21: David manque de communion et tombe dans le piège que lui tend Abner, en ce sens qu’il croyait qu’Abner était l’envoyé de l’Éternel pour lui donner ce royaume. Mais Dieu ne le voyait pas ainsi, et dans ce cas ne pouvait pas se servir d’un homme qui n’était pas droit dans son cœur. Il lui manque la force que David trouve en l’Éternel (1 Sam. 30, 6). Abner ne connaît pas ces ressources en Dieu.

Versets 22 et suivants: Abner connaissait bien des choses. Mais il marche dans un chemin contraire à la pensée de Dieu. Il en subit la conséquence en étant mis à mort par Joab. Dieu se sert de n’importe qui pour arriver à ses fins. Pour le bien de son serviteur David, il se sert d’Abner pour le mettre à l’épreuve, mais (cf v. 10 et  21) il ne devait pas recevoir le royaume de lui; il devait le recevoir de l’Éternel. David, dans ce passage, en communion avec Dieu, discerne et refuse la royauté qui lui est offerte par le monde (v. 39). Contrairement au cas Abner où il tombait dans le piège.

Texte biblique du chapitre 4
1 Et quand le fils de Saül apprit qu’Abner était mort à Hébron, ses mains furent affaiblies, et

tout Israël fut troublé. 2 Et il y avait deux hommes, chefs de bandes du fils de Saül; le nom de l’un était Baana, et le nom du second, Récab: [ils étaient] fils de Rimmon, le Beérothien, d’entre les fils de Benjamin; car aussi Beéroth est comptée comme étant de Benjamin. 3 Et les Beérothiens s’enfuirent à Guitthaïm, et ils y ont séjourné jusqu’à aujourd’hui.

4 Et Jonathan, fils de Saül, avait un fils perclus des pieds; il était âgé de cinq ans lorsque le bruit touchant Saül et Jonathan vint de Jizreël; et sa nourrice l’emporta, et s’enfuit; et il arriva que, comme elle se hâtait de fuir, il tomba et devint boiteux; et son nom était Mephibosheth*.

5 Et les fils de Rimmon, le Beérothien, Récab et Baana, s’en allèrent et vinrent, pendant la chaleur du jour, dans la maison d’Ish-Bosheth; et il était couché pour son repos de midi. 6 Et ils entrèrent jusque dans l’intérieur de la maison, comme pour prendre du froment, et ils le frappèrent au ventre; et Récab et Baana, son frère, s’échappèrent. 7 Ils entrèrent dans la maison pendant qu’il était couché sur son lit dans sa chambre à coucher, et ils le frappèrent et le tuèrent; et ils lui ôtèrent la tête, et ils prirent sa tête, et s’en allèrent toute la nuit par le chemin de la plaine*. 8 Et ils apportèrent la tête d’Ish-Bosheth à David, à Hébron, et ils dirent au roi: Voici la tête d’Ish-Bosheth, fils de Saül, ton ennemi qui cherchait ta vie; et l’Éternel a donné en ce jour au roi, mon seigneur, d’être vengé de Saül et de sa race*. 9 Et David répondit à Récab et à Baana son frère, fils de Rimmon, le Beérothien, et leur dit: L’Éternel est vivant, qui a racheté mon âme de toute détresse, 10 que celui qui me rapporta, disant: Voici, Saül est mort! et qui était à ses propres yeux comme un messager de bonnes nouvelles, je le saisis et le tuai à Tsiklag, lui donnant [ainsi] le salaire de sa bonne nouvelle: 11 combien plus, quand de méchants hommes ont tué un homme juste dans sa maison, sur son lit! Et maintenant, ne redemanderai-je pas son sang de votre main; et ne vous exterminerai-je pas de la terre? 12 Et David commanda à ses jeunes hommes, et ils les tuèrent et leur coupèrent les mains et les pieds, et les pendirent au réservoir de Hébron. Et on prit la tête d’Ish-Bosheth, et on l’enterra dans le sépulcre d’Abner, à Hébron.

v. 4: Merib-Baal, 1 Chroniques 8:34. / v. 7: l’Araba. / v. 8: litt.: semence.

Commentaires du chapitre 4

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 1 à 4: l’avénement du royaume de David
Chapitre 4: la fin d’Ish-Bosheth

Le chapitre précédent nous a présenté la fin d’Abner. Celui-ci nous fait part de la fin de la lutte entre David et Ish-Bosheth (fils de Saül qui régna deux ans sur Israël), ou plutôt entre leurs généraux respectifs (compte tenu des chapitres précédents).

Verset 1: Ish-Bosheth, privé de son Abner, homme fort, est affaibli. Il lui manque la force que David trouve en l’Éternel. Quel contraste: Ish-Bosheth ne peut pas faire comme David en 1 Sam. 30, 6 car il ne connaît pas ces ressources en Dieu.

Versets 2 à 4: remarquons que, dans ce chapitre et à l’image du Seigneur, David n’est connu que par les siens et les autres s’enfuient (v. 3); ils s’enfuient à l’image du monde qui repousse le Sauveur. Ce fait est aussi confirmé par cette nourrice qui manque de foi et s’enfuit, provoquant ainsi l’infirmité de Mephibosheth. Tout ceci arrive par la méconnaissance envers le fils d’Isaï, tant de la part de cette nourrice, que de celle des Beérothiens.

David (v. 8 et suivants), en communion avec Dieu, discerne et refuse la royauté qui lui est offerte par le monde, ce monde qui pensait avoir rendu service à David en tuant Ish-Bosheth selon le récit des v. 5 à 7. Ce n’était pas le cas lorsque Dieu l’avait délivré alors qu’il tombait dans le piège tendu par Abner.

L’ennemi, déjà battu comme en témoigne le v. 10, essaye de reprendre le dessus. Au ch. 2, David a reçu la royauté sur Juda par la main de l’Éternel. Au ch. 3, à propos de la royauté sur tout Israël, nous avons vu que Dieu a délivré David qui tombait dans le piège tendu par Abner.

Verset 11, Ish-Bosheth est appelé «homme juste», non devant Dieu, mais par la grâce de David vis-à-vis de ses ennemis. En est-il ainsi de nous?

Verset 12, voir:
« Si quelqu’un frappe un homme, et qu’il en meure, il sera certainement mis à mort.» (Exode 21:12) ainsi que:
« Qui aura versé le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé; car à l’image de Dieu, il a fait l’homme.» (Genèse 9:6)

Texte biblique du chapitre 5
* 1 Et toutes les tribus d’Israël vinrent vers David à Hébron, et parlèrent, disant: Voici, nous sommes ton os et ta chair. 2 Et autrefois, quand Saül était roi sur nous, c’était toi qui faisais sortir et qui faisais entrer Israël; et l’Éternel t’a dit: Tu paîtras mon peuple Israël, et tu seras prince sur Israël. 3 Et tous les anciens d’Israël vinrent vers le roi à Hébron; et le roi David fit alliance avec eux à Hébron, devant l’Éternel; et ils oignirent David pour roi sur Israël. *

4 David était âgé de trente ans lorsqu’il devint roi; il régna quarante ans. 5 Il régna à Hébron, sur Juda, sept ans et six mois; et, à Jérusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda.

6 Et le roi alla avec ses hommes à Jérusalem contre les Jébusiens, habitants du pays; et ils parlèrent à David, disant: Tu n’entreras point ici; mais les aveugles et les boiteux te repousseront; — pour dire: David n’entrera pas ici. 7 Mais David prit la forteresse de Sion; c’est la ville de David. 8 Et David dit en ce jour-là: Quiconque frappera les Jébusiens et atteindra le canal, et les boiteux et* les aveugles qui sont haïs de l’âme de David…! C’est pourquoi on dit: L’aveugle et le boiteux n’entreront pas dans la maison. 9 Et David habita dans la forteresse, et l’appela ville de David; et David bâtit tout autour, depuis Millo* vers l’intérieur.

10 Et David allait grandissant de plus en plus; et l’Éternel, le Dieu des armées, était avec lui. 11 Et Hiram, roi de Tyr, envoya des messagers à David, et des bois de cèdre, et des  charpentiers, et des tailleurs de pierres pour les murailles*; et ils bâtirent une maison à David. 12 Et David connut que l’Éternel l’avait établi roi sur Israël, et qu’il avait élevé son royaume à cause de son peuple Israël. 13 Et David prit encore des concubines et des femmes de Jérusalem, après qu’il fut venu de Hébron, et il naquit encore à David des fils et des filles. 14 Et ce sont ici les noms de ceux qui lui naquirent à Jérusalem: Shamua, et Shobab, et Nathan, et Salomon, 15 et Jibkhar, et Élishua, et Népheg, et Japhia, 16 et Élishama, et Éliada, et Éliphéleth.

17 Et les Philistins apprirent qu’on avait oint David pour roi sur Israël, et tous les Philistins montèrent pour chercher David; et David l’apprit, et descendit à la forteresse. 18 Et les Philistins vinrent et se répandirent dans la vallée des Rephaïm. 19 Et David interrogea l’Éternel, disant: Monterai-je contre les Philistins? Les livreras-tu en ma main? Et l’Éternel dit à David: Monte, car certainement je livrerai les Philistins en ta main. 20 Et David vint à Baal-Peratsim; et là David les frappa, et il dit: L’Éternel a fait une brèche au milieu de mes ennemis devant moi, comme une brèche faite par les eaux; c’est pourquoi il appela le nom de ce lieu Baal-Peratsim*. 21 Et ils laissèrent là leurs idoles, et David et ses hommes les emportèrent.

22 Et les Philistins montèrent encore de nouveau, et se répandirent dans la vallée des Rephaïm. 23 Et David interrogea l’Éternel. Et il dit: Tu ne monteras pas; tourne-les par derrière, et tu viendras contre eux vis-à-vis des mûriers; 24 et aussitôt que tu entendras sur le sommet des mûriers un bruit de gens qui marchent, alors tu t’élanceras, car alors l’Éternel sera sorti devant toi pour frapper l’armée* des Philistins. 25 Et David fit ainsi, comme l’Éternel lui avait commandé; et il frappa les Philistins depuis Guéba jusqu’à ce que tu viennes vers Guézer.

v. 3: date: A.C. 1048. / v. 8: selon d’autres: qu’il jette dans le canal et les boiteux et. / v. 9: la citadelle. / v. 11: ou: des maçons. / v. 20: Baal-des-brèches. / v. 24: ou: le camp.


Commentaires du chapitre 5

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 5 à 10: David, roi sur Israël à Jérusalem
Chapitre 5: Israël, un peuple uni et victorieux

Dans les chapitres 5 à 24 (dernier chapitre), la royauté sur Israël sera le thème général . Les chapitres 5 à 10 relatent les faits en rapport avec la royauté de David avant sa chute.

Versets 1 à 9: il y a le sujet de la «forteresse de Sion». Avant la prise de cette forteresse, et pour que David soit oint sur tout Israël, Dieu a dû travailler dans les cœurs des Israélites. Ils connaissaient pourtant la vérité mais ils restaient attachés à Ish-Bosheth. Dieu a dû agir comme nous l’avons vu dans les quatre premiers chapitres afin que le peuple puisse s’exprimer selon les v. 1 à 5. Ces chapitres contiennent de belles leçons pour nous aussi.

Avec le règne de David, nous avons «l’établissement de la royauté». La royauté «établie» se trouve avec le règne de Salomon. Revenons à la prise de Jérusalem (v. 6 à 9). Nous y trouvons la grâce de Dieu dans la personne du roi. Dieu l’a voulu. La prise de Jérusalem, avec d’autres détails, est aussi relatée en 1 Chr. 11, 4-9. Matt. 11, 5, en contraste avec David, indique que Christ fait le contraire envers les infirmes. Quant à l’histoire de ce peuple d’Israël, les manquements des rois et le rejet du Messie diffère l’établissement du règne de Christ pour être introduit dans les bénédictions de la nouvelle alliance.

Versets 10 à 21:  le premier résultat de l’établissement du trône sur la montagne de Sion est que David est reconnu par les nations (v. 11). Le v. 12 fait voir l’humilité de David en ce qu’il a dit: «A cause de son peuple Israël» et non pas: «A causse de lui-même». David, figure de Christ et roi responsable, nous est en exemple: essayons de nous reconnaître pour voir la beauté de Dieu à notre égard et à apprendre de Lui. Dans les v. 13 à 16, David agit malheureusement comme au ch. 3, 2-5: il emploie la puissance qu’il a reçue pour lui-même, contrairement à l’enseignement de Deut. 17. En cela il manque car la dépendance et l’obéissance devraient toujours être de rigueur chez lui comme pour tout enfant de Dieu. Dans les v. 17 à 21, David est de nouveau sous la dépendance de Dieu, comme on devrait toujours l’être; ainsi, il sort vainqueur. En 1 Chr. 14, 12, David a ordonné que ces idoles soient brûlées au feu, comme seront détruites les idoles des nations à la fin.

Depuis le verset 22: l’attaque des Philistins se renouvelle dans les mêmes circonstances que la précédente (v. 18), mais David interroge à juste titre l’Éternel qui dicte une autre tactique. Tout revient à l’Éternel et David obéit. Il doit en être ainsi de nous: dépendre et obéir en toutes choses. Si nous y manquons, nous nous exposons à des châtiments et David va nous en donner l’exemple.

Texte biblique du chapitre 6
* 1 Et David assembla encore toute l’élite d’Israël, trente mille [hommes]. 2 Et David se leva et se mit en marche, et tout le peuple qui était avec lui, vers Baalé de Juda, pour en faire monter l’arche de Dieu, qui est appelée du nom, du nom de l’Éternel des armées, qui siège entre les chérubins. 3 Et ils montèrent l’arche de Dieu sur un chariot neuf, et l’emmenèrent de la maison d’Abinadab, qui était sur la colline*; et Uzza et Akhio, les fils d’Abinadab, conduisaient le chariot neuf. 4 Et ils l’emmenèrent, avec l’arche de Dieu, de la maison d’Abinadab, qui était sur la colline*, et Akhio allait devant l’arche. 5 Et David et toute la maison d’Israël s’égayaient devant l’Éternel avec toutes sortes [d’instruments] de bois de cyprès*: avec des harpes, et des luths, et des tambourins, et des sistres, et des cymbales.

6 Et ils arrivèrent à l’aire de Nacon, et Uzza étendit [la main] vers l’arche de Dieu et la saisit, parce que les bœufs avaient bronché*. 7 Et la colère de l’Éternel s’embrasa contre Uzza, et Dieu le frappa là à cause de sa faute; et il mourut là, près de l’arche de Dieu. 8 Alors David fut irrité de ce que l’Éternel avait fait une brèche en [la personne d’]Uzza; et il appela ce lieu-là du nom de Pérets-Uzza*, [qui lui est resté] jusqu’à ce jour. 9 Et David eut peur de l’Éternel en ce jour-là, et il dit: Comment l’arche de l’Éternel entrerait-elle chez moi? 10 Et David ne voulut pas retirer l’arche de l’Éternel chez lui dans la ville de David, mais David la fit détourner dans la maison d’Obed-Édom, le Guitthien. 11 Et l’arche de l’Éternel demeura trois mois dans la maison d’Obed-Édom, le Guitthien; et l’Éternel bénit Obed-Édom et toute sa maison.

12 Et on rapporta au roi David, en disant: L’Éternel a béni la maison d’Obed-Édom et tout ce qui est à lui, à cause de l’arche de Dieu. Et David alla, et fit monter l’arche de Dieu de la maison d’Obed-Édom dans la ville de David, avec joie. 13 Et il arriva que, quand ceux qui portaient l’arche de l’Éternel avaient fait six pas, il sacrifiait un taureau et une bête grasse. 14 Et David dansait de toute sa force devant l’Éternel; et David était ceint d’un éphod de lin. 15 Et David et toute la maison d’Israël faisaient monter l’arche de l’Éternel avec des cris de joie et au son des trompettes. 16 Et comme l’arche de l’Éternel entrait dans la ville de David, Mical, fille de Saül, regarda par la fenêtre, et elle vit le roi David sautant et dansant devant l’Éternel, et elle le méprisa dans son cœur.

17 Et ils amenèrent l’arche de l’Éternel, et la placèrent en son lieu, dans la tente que David avait tendue pour elle. Et David offrit* des holocaustes et des sacrifices de prospérités devant l’Éternel. 18 Et quand David eut achevé d’offrir* les holocaustes et les sacrifices de prospérités, il bénit le peuple au nom de l’Éternel des armées; 19 et il distribua à tout le peuple, à toute la multitude d’Israël, tant aux femmes qu’aux hommes, à chacun un pain*, et une ration [de vin] **, et un gâteau de raisins. Et tout le peuple s’en alla, chacun en sa maison.

20 Et David s’en retourna pour bénir sa maison; et Mical, fille de Saül, sortit à la rencontre de David, et dit: Combien s’est honoré aujourd’hui le roi d’Israël, qui s’est découvert aujourd’hui devant les yeux des servantes de ses serviteurs, comme se découvrirait sans honte un homme de rien! 21 Et David dit à Mical: Ç’a été devant l’Éternel, qui m’a choisi plutôt que ton père et que toute sa maison pour m’établir* prince sur le peuple de l’Éternel, sur Israël; et j’ai dansé devant l’Éternel; 22 et je me rendrai plus vil encore que cela, et je serai abaissé à mes yeux; mais auprès des servantes dont tu as parlé, auprès d’elles, je serai honoré. 23 Et Mical, fille de Saül, n’eut point d’enfant jusqu’au jour de sa mort.

v. 3, 4: ou: à Guibha.  / v. 5: d’autres voudraient qu’on lût: de toute leur force, et avec des cantiques.  / v. 6: ou: glissé.  / v. 8: brèche d’Uzza.  / v. 17, 18: comme Lévitique 14:20.  / v. 19*: litt.: une galette de pain.  / v. 19**: selon quelques-uns: une ration de viande.  / v. 21: litt.: commander.

Commentaires du chapitre 6

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 5 à 10: David, roi sur Israël à Jérusalem
Chapitre 6: l’arche de l’alliance est amenée à Jérusalem

David, avant d’être roi, cherchait à connaître la volonté de Dieu avant d’entreprendre quoi que ce soit. Puis, en tant que roi, il tomba plus d’une fois en faisant sa propre volonté. Mais David était cependant un homme droit et fut restauré à plusieurs reprises par la pure grâce divine. Lors de sa réjection, David était entouré d’hommes «sans aveu» qui l’avaient rejoint; dans sa gloire, ces mêmes hommes sont aussi avec lui et près de lui. Ainsi en est-il de l’Église qui se compose également que de gens méprisés par le monde mais qui seront dans la gloire auprès de Jésus.

Jusqu’à la fin du ch. 5, lorsqu’il s’agissait de combattre l’ennemi, il ressort que David avait compris qu’il fallait joindre l’obéissance à la dépendance de Dieu. Qu’en sera-t-il lors des événements qui vont se dérouler?

Versets 1 à 16: l’arche doit retrouver sa place. David en a conscience et a ce saint désir d’avoir l’arche chez lui, d’avoir Dieu près de Lui et être lui-même près de Dieu. Malheureusement David arrange les choses selon la sagesse de l’homme; dans le v. 5, une grande joie est manifestée envers Dieu. Il manque cependant les trompettes d’argent, dont un enseignement est donné en Nom. 10. Ce détail, comme celui du chariot neuf, est en fait d’une haute gravité. David, malgré ses bonnes intentions, n’avait pas pris la parole de Dieu pour régler sa conduite. Dieu ne tolère pas cette manière de faire chez ceux qui sont dépositaires de sa pensée. En conséquence, dans les v. 7 et suivants, Dieu frappe. Uzza est frappé à mort et David reconnaît aussi sa faute en ce qu’il fait ensuite porter l’arche, non plus sur un chariot neuf, mais par les Lévites, ces premiers-nés d’Israël, type du vrai peuple de Dieu. Seuls les Lévites pouvaient toucher l’arche (voir 1 Chr. 15, 2).

À propos des v. 6 et 7, on comprend aussi qu’aucun élément humain ne doit entrer dans le culte. Le jugement est immédiat. Dans le culte des sectes, il n’y a pas de jugement, entendu que Dieu en est absent. En contraste avec le ch. 5, la brèche du v. 8 est contre David. Dans le v. 11, la présence de l’arche est une source de bénédiction.  Et au v. 13, il fallait des pauses pour offrir des sacrifices, faisant penser au culte, ce qui n’était pas le cas avec le chariot. Au v. 14, David redevient un type de Christ dans sa gloire future.

Fin du chapitre: David est l’intermédiaire des bénédictions comme le montrent les v. 17 et 18 . Les v. 16 et 20 sont une illustration qui montre comment le monde juge le culte rendu à Dieu. Mical le fait sentir à David; elle n’apprécie pas du tout le beau comportement du roi (v. 14). Dans un vrai culte, il faut s’oublier soi-même afin que Dieu soit glorifié. Voilà le sens du mot «vil» du v. 22.

Texte biblique du chapitre 7
* 1 Et quand le roi habita dans sa maison, et que, tout autour, l’Éternel lui eut donné du repos de tous ses ennemis, 2 il arriva que le roi dit à Nathan, le prophète: Regarde, je te prie, moi j’habite dans une maison de cèdres, et l’arche de Dieu habite sous des tapis. 3 Et Nathan dit au roi: Va, fais tout ce qui est dans ton cœur, car l’Éternel est avec toi.

4 Et il arriva, cette nuit-là, que la parole de l’Éternel vint à Nathan, disant: 5 Va, et dis à mon serviteur, à David: Ainsi dit l’Éternel: Me bâtirais-tu une maison pour que j’y habite? 6 car je n’ai pas habité dans une maison, depuis le jour où j’ai fait monter les fils d’Israël hors d’Égypte, jusqu’à ce jour; mais j’ai marché çà et là dans une tente et dans un tabernacle. 7 Partout où j’ai marché au milieu de tous les fils d’Israël, ai-je dit un mot à quelqu’une des tribus d’Israël à laquelle j’ai commandé de paître mon peuple Israël, en disant: Pourquoi ne me bâtissez-vous pas une maison de cèdres? 8 Et maintenant tu diras ainsi à mon serviteur, à David: Ainsi dit l’Éternel des armées: Je t’ai pris des parcs, d’auprès du menu bétail, pour que tu fusses prince sur mon peuple, sur Israël; 9 et j’ai été avec toi partout où tu as marché; et j’ai retranché tous tes ennemis de devant toi, et je t’ai fait un grand nom, comme le nom des grands qui sont sur la terre. 10 Et j’ai établi un lieu à mon peuple, à Israël, et je le planterai, et il habitera chez lui, et ne sera plus agité; et les fils d’iniquité ne l’affligeront plus comme au commencement, 11 et depuis le jour où j’ai établi* des juges sur mon peuple Israël. Et je t’ai donné du repos de tous tes ennemis; et l’Éternel t’annonce que l’Éternel te fera une maison. 12 Quand tes jours seront accomplis et que tu dormiras avec tes pères, je susciterai après toi ta semence qui sortira de tes entrailles, et j’affermirai son royaume. 13 Lui, bâtira une maison à* mon nom; et j’affermirai le trône de son royaume pour toujours. 14 Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils: s’il commet l’iniquité, je le châtierai avec une verge d’hommes et avec des plaies des fils des hommes; 15 mais ma bonté ne se retirera point de lui, comme je l’ai retirée d’avec Saül que j’ai ôté de devant toi. 16 Et ta maison et ton royaume seront rendus stables à toujours devant toi, ton trône sera affermi pour toujours. 17 Nathan parla ainsi à David, selon toutes ces paroles et selon toute cette vision.

18 Et le roi David entra et s’assit devant l’Éternel, et dit: Qui suis-je, Seigneur Éternel! et quelle est ma maison, que tu m’aies amené jusqu’ici? 19 Et encore cela a été peu de chose à tes yeux, Seigneur Éternel! et tu as même parlé de la maison de ton serviteur pour un long avenir. Est-ce là la manière de l’homme*, Seigneur Éternel? 20 Et David, que pourrait-il te dire de plus? Et toi, Seigneur Éternel, tu connais ton serviteur. 21 C’est à cause de ta parole, et selon ton cœur, que tu as fait toute cette grande chose, pour la faire connaître à ton serviteur. 22 C’est pourquoi, Éternel Dieu! tu t’es montré grand, car il n’y en a point comme toi, et il n’y a point de Dieu si ce n’est toi, selon tout ce que nous avons entendu de nos oreilles. 23 Et qui est comme ton peuple, comme Israël, seule nation sur la terre que Dieu soit allé racheter, afin qu’elle lui soit un peuple, et pour se faire un nom à lui-même, et pour opérer en leur faveur* cette grande chose, et des choses terribles pour ton pays, devant ton peuple, que tu t’es racheté d’Égypte, des nations et de leurs dieux? 24 Et tu t’es établi ton peuple Israël pour peuple, à toujours; et toi, Éternel, tu es devenu leur Dieu. 25 Et maintenant, Éternel Dieu! confirme pour toujours la parole que tu as prononcée touchant ton serviteur et touchant sa maison, et fais comme tu as dit; 26 et que ton nom soit magnifié à toujours, de sorte qu’on dise: L’Éternel des armées est Dieu sur Israël. Et que la maison de ton serviteur David soit affermie devant toi! 27 Car toi, Éternel des armées, Dieu d’Israël, tu as révélé à* ton serviteur, disant: Je te bâtirai une maison; c’est pourquoi ton serviteur a trouvé son cœur pour te faire cette prière. 28 Et maintenant, Seigneur Éternel, toi, tu es Dieu*, et tes paroles sont vraies**, et tu as dit ce bien à ton serviteur. 29 Et maintenant, qu’il te plaise de bénir la maison de ton serviteur, afin qu’elle soit à toujours devant toi; car toi, Seigneur Éternel, tu as parlé; et que la maison de ton serviteur soit bénie de ta bénédiction pour toujours.

v. 11: litt.: commander. / v. 13: ou, comme ailleurs: pour. / v. 19: ou: et cela à la manière (litt.: la loi) de l’homme. / v. 23: litt.: opérer pour vous. / v. 27: litt.: découvert l’oreille de, comme Ruth 4:4; 1 Sam. 9:15;20:2, etc… / v. 28*: ou: Tu es le Même, Dieu; voir Néhémie 9:7, et comparer Deut. 32:39. / v. 28**: litt.: vérité.

Commentaires du chapitre 7

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 5 à 10: David, roi sur Israël à Jérusalem
Chapitre 7: les promesses divines à David

Les voies de Dieu envers David et sa maison offrent, dans leur ensemble et dans ce chapitre, une image merveilleuse et fidèle des voies de la grâce envers ceux qui en sont les objets.

Dans les v. 1 à 3, Nathan a besoin, tout comme David, de dépendre de Dieu, de l’interroger dans ses compassions. Dans ce début du chapitre, Dieu rappelle à David, par Nathan, d’où il a été tiré en rapport avec la position qu’il occupe (selon v. 8 et suivants). Dieu lui rappelle cela car il veut maintenir vivant, dans le cœur des siens, le souvenir de leur condition antérieure. Pour nous, que serions-nous sans l’œuvre que le Seigneur a accomplie pour chercher et sauver ce qui était perdu. Pour son peuple terrestre, Dieu ne s’est pas arrêté là. Un pas de plus dans la connaissance de la grâce est révélé, nous est révélé, par la gloire de Salomon. Ce sont ces gratuités assurées de David qui sont rappelées dans plusieurs passages. À propos du v. 12, lorsque nous lisons: «Quand tes jours seront accomplis et que tu dormiras avec tes pères, je susciterai après toi ta semence qui sortira de tes entrailles, et j’affermirai son royaume». Il est fait allusion à Salomon, type glorieux de Christ auquel le début du v. 14: «Moi je lui serai pour père, et lui me sera pour fils» lui est appliqué. L’Éternel, dans cette portion des v. 4 à 17, révèle donc par Nathan, ses pensées à l’égard de David. Après avoir marché ça et là, v. 4 à 6, Dieu désire une habitation pour toujours (v. 13). Ce lieu définitif sera et est la réalisation d’Ex. 15, 19, c’est-à-dire: «Car le cheval du Pharaon est entré dans la mer, avec son char et ses cavaliers, et l’Éternel a fait retourner sur eux les eaux de la mer; et les fils d’Israël ont marché à sec au milieu de la mer». Ce «à toujours» du v. 16 est la pensée de Dieu pour les siens. Tout comme le Père, le Seigneur travaille aussi à notre bénédiction (voir Jean 5, 17) et le fera quand et jusqu’à la réalisation d’Es. 53, 11: repos d’amour, fruit du travail de son âme. Ce sera ce repos d’amour de Soph. 3, 15-17. Le premier livre des Rois nous présente ce repos en type, faible image de celui de Christ. Et au v. 13 (pour toujours) ces promesses de grâce vont jusqu’au royaume éternel.

Dans ce chapitre, plusieurs versets présentent le fruit de la grâce dans le cœur, tels les v. 18 et suivants qui font penser au culte rendu en esprit et en vérité.

Dans d’autres passages, notamment en 1 Chr. 16, 37-41 et 21, 29-30, le tabernacle et les objets sont à Gabaon, Silo ayant disparu. On sait que l’arche fut emmenée en captivité par les Philistins, mais quant au tabernacle, on ne sait pas comment il arriva à Gabaon. Quoi qu’il en soit, le fait ressort que David ne célèbre pas le culte selon l’ordre régulier. Sous son règne il y avait un état de désordre, ou plutôt de grande faiblesse quant au culte de l’Éternel. Cependant, une chose suffisait à David: la présence de l’Éternel, c’est-à-dire le nom.

Texte biblique du chapitre 8
* 1 Et il arriva, après cela, que David frappa les Philistins et les subjugua; et David prit Métheg-Amma* de la main des Philistins. 2 Et il frappa Moab, et il les mesura au cordeau, les faisant coucher par terre, et il en mesura deux cordeaux pour les faire mourir, et un plein cordeau pour les laisser vivre; et les Moabites* devinrent serviteurs de David: ils lui apportèrent des présents.

3 Et David frappa Hadadézer, fils de Rehob, roi de Tsoba, comme il allait pour rétablir sa puissance sur le fleuve [Euphrate]. 4 Et David lui prit mille sept cents cavaliers et vingt mille hommes de pied; et David coupa les jarrets [aux chevaux] de tous les chars, mais il réserva cent attelages. 5 Et les Syriens de Damas vinrent au secours d’Hadadézer, roi de Tsoba; et David frappa vingt-deux mille hommes des Syriens. 6 Et David mit des garnisons dans la Syrie de Damas, et les Syriens devinrent serviteurs de David: ils lui apportèrent des présents. Et l’Éternel sauvait David partout où il allait.

7 Et David prit les boucliers d’or qui étaient aux serviteurs d’Hadadézer, et les apporta à Jérusalem. 8 Et de Bétakh et de Bérothaï, villes d’Hadadézer, le roi David prit une grande quantité d’airain.

9 Et Tohi, roi de Hamath, apprit que David avait frappé toutes les forces d’Hadadézer. 10 Et Tohi envoya Joram, son fils, au roi David, pour le saluer* et le féliciter** de ce qu’il avait fait la guerre à Hadadézer et l’avait battu; car Hadadézer était continuellement en guerre avec Tohi; et [Joram] avait avec lui des vases d’argent, et des vases d’or, et des vases d’airain. 11 Ceux-ci aussi, le roi David les consacra à l’Éternel, avec l’argent et l’or qu’il avait consacrés de toutes les nations qu’il avait soumises: 12 de Syrie, et de Moab, et des fils d’Ammon, et des Philistins, et d’Amalek, et du butin d’Hadadézer, fils de Rehob, roi de Tsoba.

13 Et David se fit un nom, en revenant d’avoir frappé les Syriens* dans la vallée du Sel, [au nombre de] dix-huit mille. 14 Et il mit des garnisons en Édom; il mit des garnisons dans tout Édom, et tout Édom fut asservi à David. Et l’Éternel sauvait David partout où il allait.

15 Et David régna sur tout Israël; et David faisait droit et justice à tout son peuple. 16 Et Joab, fils de Tseruïa, était [préposé] sur l’armée; et Josaphat, fils d’Akhilud, était rédacteur des chroniques; 17 et Tsadok, fils d’Akhitub, et Akhimélec, fils d’Abiathar, étaient sacrificateurs; et Seraïa était scribe*; 18 et Benaïa, fils de Jehoïada, [était chef] des Keréthiens* et des Peléthiens**; et les fils de David étaient les principaux officiers.

v. 1: le frein de la capitale. / v. 2: litt.: Moab. / v. 10*: litt.: s’enquirent touchant sa paix. / v. 10**: litt.: bénir. / v. 13: quelques-uns lisent: Édom, pour Aram. / v. 17: ou: secrétaire. / v. 18*: exécuteurs [des hautes œuvres]. / v. 18**: coureurs.

Commentaires du chapitre 8

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 5 à 10: David, roi sur Israël à Jérusalem
Chapitre 8: la victoire de David sur les Syriens. Royaume affermi.

Le chapitre sept est moralement le point culminant de toute l’histoire de David. Le huitième relate uns série de victoires ayant pour point de départ la communion de David avec son Dieu. Les victoires ch. 5 étaient le fruit de sa dépendance et de son obéissance. Lorsque nous sommes en communion, Dieu n’a pas besoin d’exercer la discipline comme ce fut le cas d’Uzza (ch. 6, 7). C’est pourquoi nous pouvons lire à deux reprises que l’Éternel sauvait David partout où il allait (v. 6 et 14). Si les victoires du ch. 5 suivaient l’établissement de la royauté  en Sion, celles de ce ch. 8 suivent l’établissement du trône de Dieu au même lieu. Dans le premier cas, Dieu revendiquait, vis-à-vis des nations, le caractère et la dignité de son oint: dans le second cas, il revendique sa propre gloire comme Dieu d’Israël. Et comme le Seigneur à la fin, quand il jugera les nations, David leur applique diversement le jugement, soit selon le caractère de ses ennemis, soit suivant la façon dont ils se sont conduits envers son peuple.

Dans ce chapitre 8, remarquons encore:
au v. 1, par la prise de Métheg-Amma (qui signifie «le frein de la capitale», les ennemis déclarés d’Israël sont privés de ce qui était le boulevard de leur force.
Au v. 2, Moab est l’ennemi orgueilleux s’élevant contre Dieu et son oint. David en a détruit les deux tiers, mais fait grâce à un résidu auquel il conserve la vie.
V. 3 à 6: les Syriens sont aussi battus
V. 13 et 14: Édom est entièrement subjugué; en 1 Chr. 18, 12, c’est par la main d’Abishaï, frère de Joab. Au Ps. 60 c’est par Joab lui-même. Quels que soient les éléments employés, la victoire est attribuée ici à David.
V. 9 et suivants: Tohi reconnaît de sa libre et franche volonté la délivrance que Dieu a opérée par David; il n’offre pas ses présents par contrainte. Au sujet de Tohi, nous pouvons penser à Apoc. 7, 9-10. Tout le butin de la victoire sur l’ennemi (v. 11 et 12), ainsi que les offrandes de Tohi, sont consacrées par David à l’Éternel. Dans 1 Chr. 18, 7-8 l’emploi de ce matériel est indiqué. Le Ps. 60, qui se rapporte à ce chapitre, prouve que cette histoire n’est pas seulement celle de David mais représente en type l’établissement futur sur la terre du royaume de Christ.

Texte biblique du chapitre 9
* 1 Et David dit: y a-t-il encore quelqu’un qui soit demeuré de reste de la maison de Saül? et j’userai de bonté envers lui à cause de Jonathan. * 2 Et il y avait un serviteur de la maison de Saül, dont le nom était Tsiba; et on l’appela auprès de David. Et le roi lui dit: Es-tu Tsiba? Et il dit: Ton serviteur! 3 Et le roi dit: N’y a-t-il plus personne de la maison de Saül? et j’userai envers lui d’une bonté de Dieu. Et Tsiba dit au roi: Il y a encore un fils de Jonathan, perclus des pieds. 4 Et le roi lui dit. Où est-il? Et Tsiba dit au roi: Voici, il est dans la maison de Makir, fils d’Ammiel, à Lodebar. 5 Et le roi David envoya, et le prit de la maison de Makir, fils d’Ammiel, à Lodebar. 6 Et Mephibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, vint vers David, et il tomba sur sa face et se prosterna. Et David dit: Mephibosheth! Et il dit: Voici ton serviteur. 7 Et David lui dit: Ne crains point, car certainement j’userai de bonté envers toi à cause de Jonathan, ton père, et je te rendrai tous les champs de Saül, ton père, et tu mangeras continuellement le pain à ma table. 8 Et il se prosterna, et dit: Qu’est ton serviteur, que tu aies regardé un chien mort tel que moi?

9 Et le roi appela Tsiba, le serviteur de Saül, et lui dit: Tout ce qui appartenait à Saül et à toute sa maison, je le donne au fils de ton seigneur; 10 et tu cultiveras pour lui la terre, toi et tes fils et tes serviteurs, et tu en apporteras [les fruits], et le fils de ton seigneur aura du pain à manger; et Mephibosheth, fils de ton seigneur, mangera continuellement le pain à ma table. Or Tsiba avait quinze fils et vingt serviteurs. 11 Et Tsiba dit au roi: Ton serviteur fera selon tout ce que le roi, mon seigneur, a commandé à son serviteur. Et Mephibosheth, [dit le roi,] mangera à ma table comme un des fils du roi. 12 Et Mephibosheth avait un jeune fils, et son nom était Mica; et tous ceux qui habitaient dans la maison de Tsiba étaient serviteurs de Mephibosheth. 13 Et Mephibosheth habitait à Jérusalem, car il mangeait toujours à la table du roi; et il était boiteux des deux pieds.

— v. 1: date: A.C. 1040, environ.

Commentaires du chapitre 9

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 5 à 10: David, roi sur Israël à Jérusalem
Chapitre 9: David use de grâce envers Mephibosheth.

Au chapitre 9: en type à la grâce du Messie envers le résidu d’Israël

Au chapitre 10 àcette même grâce est offerte aux nations mais elle est repoussée. Les nations attirent de ce fait, sur elles, le jugement de Dieu

Ces deux chapitres constituent une sorte d’appendice en rapport avec la première partie où David est ce roi selon le cœur de Dieu.

Au chapitre neuvième, la maison de Saül revient au moment voulu à la mémoire de David. Il cherche quelque reste de cette race pour lui faire du bien, à cause de Jonathan son ami. Il trouve Mephibosheth, pauvre rejeton de cette famille, portant sur sa personne la conséquence du manque de foi de sa nourrice (cf ch. 4, 4). Plus tard, le résidu juif aura deux caractères que nous retrouvons dans les Psaumes. Il portera le poids de la colère divine en gouvernement, mais il portera aussi, comme Mephibosheth, le caractère de la grâce qui sera son partage. Ce caractère de grâce se trouve en perfection en Jésus Christ, lui qui a porté le colère divine pendant les trois heures sombres de la croix. David, dans ce chapitre, est un type de cette grâce dont nous allons relever quelques traits de ce récit qui ont un rapport avec nos propres relations en Christ.

Dans les v. 1 à 3, malgré toute la peine que David a connu à propos de ses relations avec Saül, on pourrait douter des pensées bienfaisantes de David envers la maison de Saül qui est tombée avec bien des misères. Mais c’est précisément ces misères qui attirent la grâce. Remarquons que Mephibosheth était du nombre de ceux haïs par David, selon ch. 5, 8. Et au v. 7 ce «Ne crains point» fait penser au Seigneur qui veut gagner la confiance d’un pécheur. Par cette bonté, David se souvient de son alliance avec Jonathan (cf 1 Sam. 20, 16). David ne s’en tient pas à cette promesse de ne pas lui faire de mal, mais il le fait entrer dans son héritage (v. 9 et 10). La grâce du roi lui donne en outre une des places les plus marquantes à la cour et  plus encore, selon v. 11, David le considère comme un de ses fils. David lui donne aux yeux de tous le titre et la relation de fils. David  confirme cette relation à trois reprises dans les v. 7, 10 et 13, en ce qu’il mangera toujours à la table du roi. Ainsi, dans la pensée du roi, le fait que Mephibosheth mange à sa table est beaucoup plus précieux que d’être un héritier. Cependant tout ceci ne change rien au physique de Mephibosheth. Il restait boiteux des deux pieds (v. 13). Dans Rom. 7, 18, nous apprenons que ce qui est fait est démontré par la chair qui habite en nous. Mais aux yeux de David Mephibosheth est tout autre chose. Il est revêtu de toute la dignité d’un fils du roi.

«Car je sais qu’en moi, c’est-à-dire en ma chair, il n’habite point de bien; car le vouloir est avec moi, mais accomplir le bien, [cela] je ne le trouve pas.» (Romains 7:18)

Au v. 8 Mephibosheth prend une position d’humilité. David avait aussi pris une telle position, selon 1 Sam. 24, 15: «Après qui est sorti le roi d’Israël? Qui poursuis-tu? Un chien mort, une puce!». Comprenons qu’il faut arriver au jugement complet de soi-même pour apprécier la grâce de notre Sauveur.

Texte biblique du chapitre 10
* 1 Et il arriva, après cela, que le roi des fils d’Ammon mourut; et Hanun, son fils, régna à sa place. 2 Et David dit: J’userai de bonté envers Hanun, fils de Nakhash, comme son père a usé de bonté envers moi. Et David l’envoya consoler par ses serviteurs au sujet de son père. Et les serviteurs de David arrivèrent dans le pays des fils d’Ammon. 3 Et les chefs des fils d’Ammon dirent à Hanun, leur seigneur: Est-ce, à tes yeux, pour honorer ton père que David t’a envoyé des consolateurs? N’est-ce pas pour reconnaître la ville, et pour l’explorer, et pour la détruire, que David t’a envoyé ses serviteurs? 4 Et Hanun prit les serviteurs de David, et fit raser la moitié de leur barbe, et fit couper leurs vêtements par le milieu jusqu’au bas des reins, et les renvoya. 5 Et on le rapporta à David; et il envoya à leur rencontre, car les hommes étaient très-confus. Et le roi dit: Habitez à Jéricho jusqu’à ce que votre barbe ait poussé, alors vous reviendrez.

6 Et les fils d’Ammon virent qu’ils s’étaient mis en mauvaise odeur auprès de David; et les fils d’Ammon envoyèrent, et prirent à leur solde des Syriens de Beth-Rehob et des Syriens de Tsoba, vingt mille hommes de pied, et le roi de Maaca [avec] mille hommes, et ceux de Tob, douze mille hommes. 7 Et David l’apprit, et il envoya Joab et toute l’armée, les hommes forts. 8 Et les fils d’Ammon sortirent et se rangèrent en bataille à l’entrée de la porte; et les Syriens de Tsoba et de Rehob, et ceux de Tob et de Maaca, étaient à part dans la campagne. 9 Et Joab vit que le front de la bataille était contre lui, devant et derrière; et il choisit des hommes de toute l’élite d’Israël, et les rangea contre les Syriens; 10 et il plaça le reste du peuple sous la main d’Abishaï, son frère, et le rangea contre les fils d’Ammon. 11 Et il dit: Si les Syriens sont plus forts que moi, tu me seras en aide; et si les fils d’Ammon sont plus forts que toi, j’irai pour t’aider. 12 Sois fort, et fortifions-nous à cause de notre peuple et à cause des villes de notre Dieu; et que l’Éternel fasse ce qui est bon à ses yeux. 13 Et Joab s’approcha, et le peuple qui était avec lui, pour livrer bataille aux Syriens; et ils s’enfuirent devant lui. 14 Et quand les fils d’Ammon virent que les Syriens s’étaient enfuis, ils s’enfuirent devant Abishaï, et rentrèrent dans la ville. Et Joab s’en retourna d’auprès des fils d’Ammon, et vint à Jérusalem.

15 Et quand les Syriens virent qu’ils étaient battus devant Israël, ils se rassemblèrent; 16 et Hadarézer envoya, et fit sortir les Syriens qui étaient au delà du fleuve, et ils vinrent à Hélam; et Shobac, chef de l’armée d’Hadarézer, était à leur tête. 17 Et cela fut rapporté à David, et il assembla tout Israël, et passa le Jourdain, et vint à Hélam; et les Syriens se rangèrent [en bataille] contre David, et se battirent avec lui. 18 Et les Syriens s’enfuirent devant Israël; et David tua aux Syriens sept cents chars et quarante mille cavaliers, et il frappa Shobac, chef de leur armée, et il mourut là. 19 Et tous les rois qui étaient serviteurs d’Hadarézer virent qu’ils étaient battus devant Israël, et ils firent la paix avec Israël, et le servirent. Et les Syriens craignirent d’aider encore aux fils d’Ammon.

Commentaires du chapitre 10

Première partie: chapitres 1 à 10: David le roi selon le cœur de Dieu
Chapitres 5 à 10: David, roi sur Israël à Jérusalem
Chapitre 10: nouvelles victoires sur les fils d’Ammon et sur la Syrie.

Dans ce chapitre, après la manifestation de la grâce de David envers le résidu du peuple juif, typifiée par Mephibosheth au ch. 9, cette grâce est aussi offerte à ces gentils, rebelles, que sont Moab et Ammon. Ce sont des descendants de Lot. Ils forment presque un seul peuple, mais un peuple allié de tout temps alliés avec les ennemis d’Israël afin de nuire au peuple de Dieu. Deut. 23, 3-5 est à citer à propos au sujet de ce peuple rebelle:

«L’Ammonite et le Moabite n’entreront pas dans la congrégation de l’Éternel; même leur dixième génération n’entrera pas dans la congrégation de l’Éternel, à jamais; parce qu’ils ne sont pas venus à votre rencontre avec du pain et de l’eau dans le chemin, lorsque vous sortiez d’Égypte, et parce qu’ils ont loué [à prix d’argent] contre toi, Balaam, fils de Béor, de Pethor, en Mésopotamie, pour te maudire. Mais l’Éternel, ton Dieu, ne voulut pas écouter Balaam; et l’Éternel, ton Dieu, a changé pour toi la malédiction en bénédiction, car l’Éternel, ton Dieu, t’a aimé.»

Malgré cela, par pure grâce, David désire gagner le chef de la nation en lui apportant des consolations. À la fin des temps, lors du règne de Christ, il en sera de même. La grâce de Dieu sera apportée aux nations, et si une partie l’acceptera, l’autre la refusera, comme Hanun refuse ici celle de David.

Mais ce chapitre présente aussi les voies de Dieu pour le temps actuel. Au v. 2, ce Nakhash était un homme sanguinaire, 1 Sam. 11 le révèle. Pourtant David mentionne que ce Nakhash a usé de bonté envers lui. Ce fait n’est pas rapporté dans la Parole. Mais David, type de Christ, se souvient d’un acte de bonté de cet homme à son égard qui devait pourtant le haïr en tant que futur roi d’Israël. C’est comme si un homme du monde fait, par exemple, une bonne œuvre en rapport avec l’évangile. Il ne souviendra pas longtemps de cet acte. Le monde non plus. Mais le Seigneur, lui, se souvient de tout. Dans sa grâce il ne restera pas débiteur de celui qui, bien qu’ennemi, a fait du bien pour lui. Le Seigneur l’appellera, lui offrira le salut, la consolation, etc. Par ses messagers, David va consoler Hanun. Aujourd’hui, l’évangile annoncé aux pécheurs représente ce seul moyen d’être sauvé, de trouver du repos, de la consolation, etc. Dans le v. 3, Hanun est mal conseillé. Il est trompé et la conséquence en est la scène du v. 4 . Les serviteurs de David sont humiliés. Ainsi en est-il des serviteurs du Seigneur qui ne gagnent pas des âmes en raison des autres qui disent du mal des choses célestes et qui trompent de ce fait ceux qui étaient prêts d’accepter le salut. Pour les serviteurs de David c’est donc l’humiliation de ce v. 4. Terrible ignominie de la part des ennemis du peuple de Dieu. Dans le v. 5, David atténue la confusion de ses serviteurs en leur disant de rester à Jéricho en attendant que leur barbe repousse.

Le message de grâce de David est repoussé par Hanun. La conséquence est un jugement terrible, jugement qui commence dans ce chapitre et qui continuera dans les suivants. Ce jugement, produit par l’indignation pour l’outrage à la grâce, est sans pitié.

Versets 6 et suivants: les v. 6 et 7 enseignent que la peur fait suite à l’outrage fait, par analogie, au Seigneur Jésus. On fait alors une confédération pour résister à celui qui est considéré comme un ennemi. David, type bien imparfait du Seigneur, ne l’est même pas dans des circonstances comme celle du v. 7. Il montre à nouveau de la faiblesse en donnant le commandement de son armée à Joab. Il s’accorde ainsi du repos. Joab est un homme loin des pensées de Dieu. Les v. 11 et 12 en sont un exemple. Son raisonnement fait penser à cet adage du monde: Aide-toi et le ciel t’aidera. Joab remporte certes la victoire mais une victoire sans fruit. Tout est à recommencer. David avait remis entre les mains de l’homme ce que Dieu lui avait confié. Dans les v. 15 et suivants, suite au regroupement de ses ennemis, David prend conscience de son devoir et se place à la tête de son armée. Le résultat est une victoire réelle, complète, si complète que les rois se soumettent à Israël. David a appris à l’école de Dieu le danger de son abstention qui consistait à se soustraire lorsque Dieu voulait l’utiliser. Après cette victoire, il reste encore les fils d’Ammon, un morceau difficile pour Israël, comme nous allons le voir.

Dès le ch. 11, David faillira encore plus profondément dans sa conduite pour ne pas avoir appris, une fois pour toutes, la leçon que lui donnait si miséricordieusement le Seigneur.

Texte biblique du chapitre 11
* 1 Et il arriva, au retour de l’année, au temps où les rois entrent en campagne*, que David envoya Joab, et ses serviteurs avec lui, et tout Israël; et ils détruisirent les fils d’Ammon et assiégèrent Rabba; mais David resta à Jérusalem. 2 Et il arriva, au temps du soir, que David se leva de dessus son lit de repos et se promena sur le toit de la maison du roi, et, du toit, il vit une femme qui se lavait, et la femme était très-belle à voir. 3 Et David envoya et s’informa de cette femme, et on [lui] dit: N’est-ce pas là Bath-Shéba, fille d’Éliam, femme d’Urie, le Héthien? 4 Et David envoya des messagers, et la prit; et elle vint vers lui, et il coucha avec elle (et elle se purifia* de son impureté); et elle s’en retourna dans sa maison. 5 Et la femme conçut; et elle envoya, et informa David et dit: Je suis enceinte.

6 Et David envoya vers Joab, [disant]: Envoie-moi Urie, le Héthien. Et Joab envoya Urie à David. 7 Et Urie vint vers lui; et David s’enquit de l’état* de Joab, et de l’état* du peuple, et de l’état* de la guerre. 8 Et David dit à Urie: Descends dans ta maison, et lave tes pieds. Et Urie sortit de la maison du roi, et on envoya après lui un présent de la part du roi. 9 Et Urie se coucha à l’entrée de la maison du roi avec tous les serviteurs de son seigneur, et ne descendit pas dans sa maison. 10 Et on le rapporta à David, disant: Urie n’est pas descendu à sa maison. Et David dit à Urie: Ne viens-tu pas de voyage? Pourquoi n’es-tu pas descendu dans ta maison? 11 Et Urie dit à David: L’arche, et Israël, et Juda, habitent sous des tentes*; et mon seigneur Joab et les serviteurs de mon seigneur campent dans les champs, et moi, j’entrerais dans ma maison pour manger et boire, et pour coucher avec ma femme? Tu es vivant, et ton âme est vivante, si je fais une telle chose! 12 Et David dit à Urie: Demeure ici encore aujourd’hui, et demain je te renverrai. Et Urie demeura à Jérusalem ce jour-là et le lendemain. 13 Et David l’appela, et il mangea et but devant lui, et [David] l’enivra; et il sortit le soir pour se coucher sur son lit avec les serviteurs de son seigneur, et il ne descendit pas dans sa maison.

14 Et il arriva, le matin, que David écrivit une lettre à Joab, et l’envoya par la main d’Urie. 15 Et il écrivit dans la lettre, disant: Placez Urie sur la première ligne au fort de la bataille, et retirez-vous d’auprès de lui, afin qu’il soit frappé et qu’il meure. 16 Et il arriva que, comme Joab surveillait la ville, il plaça Urie à l’endroit où il savait qu’étaient de vaillants hommes. 17 Et les hommes de la ville sortirent et se battirent contre Joab; et il en tomba quelques-uns d’entre le peuple, d’entre les serviteurs de David, et Urie, le Héthien, mourut aussi.

18 Et Joab envoya, et rapporta à David tous les faits du combat. 19 Et il commanda au messager, disant: Quand tu auras achevé de dire au roi tous les faits du combat, 20 s’il arrive que la fureur du roi monte, et qu’il te dise: Pourquoi vous êtes-vous approchés de la ville pour combattre? Ne savez-vous pas qu’on tire de dessus la muraille? 21 Qui frappa Abimélec, fils de Jerubbésheth? N’est-ce pas une femme qui jeta sur lui, de dessus la muraille, une meule tournante, et il en mourut à Thébets? Pourquoi vous êtes-vous approchés de la muraille? — alors tu diras: Ton serviteur Urie, le Héthien, est mort aussi.

22 Et le messager s’en alla; et étant arrivé, il rapporta à David tout ce pour quoi Joab l’avait envoyé. 23 Et le messager dit à David: Les hommes ont eu l’avantage sur nous; ils sont sortis contre nous dans la campagne, et nous les avons chargés jusqu’à l’entrée de la porte; 24 et les archers ont tiré sur tes serviteurs de dessus la muraille, et des serviteurs du roi sont morts, et ton serviteur Urie, le Héthien, est mort aussi. 25 Et David dit au messager: Tu diras ainsi à Joab: Que cela ne soit pas mauvais à tes yeux, car l’épée dévore tantôt ici, tantôt là; renforce le combat contre la ville, et détruis-la. Et toi, encourage-le.* 26 Et la femme d’Urie apprit qu’Urie, son mari, était mort, et elle se lamenta sur son mari. 27 Et quand le deuil fut passé, David envoya, et la recueillit dans sa maison, et elle devint sa femme, et lui enfanta un fils. Mais la chose que David avait faite fut mauvaise aux yeux de l’Éternel.

v. 1: litt.: sortent. / v. 4: litt.: se sanctifia. / v. 7: litt.: la prospérité. / v. 11: litt.: dans les cabanes. / v. 25: litt.: fortifie-le.

Commentaires du chapitre 11

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitres 11 à 14: chute et conséquences avant la conspiration d’Absalom
Chapitre 11: le péché de David avec Bath-Shéba

Dans ce chapitre, David connaît une chute terrible. La discipline qui s’ensuit, les conséquences de sa faute, mais aussi sa restauration seront détaillés jusqu’au ch. 20. Le livre des Chroniques est très sobre sur ces sombres chapitres 11 à 14. Dieu l’a voulu ainsi. C’est pourquoi 1 Chr. 20, 1-3 contient le v. 1 de 2 Sam. 11 puis les v. 29 à 31 du ch. 12; silence absolu sur le reste. Plus de trois millénaires se sont passés depuis que les faits de ce chapitre ont eu lieu; si le péché a pu être effacé, l’outrage fait à Dieu subsiste. Cela est d’autant plus grave que la méchanceté n’avait jamais été trouvée en lui (cf 1 Sam. 25, 28). De nos jours, parmi les croyants, beaucoup commencent bien et finissent mal. Une plus petite partie commence mal et finit bien. Une minorité commence bien, continue mal, et finit bien. C’est le cas de Pierre, mais aussi de David dont notre chapitre relate le milieu de sa carrière avec sa mauvaise passe suivie de son effondrement moral.3 En Abraham, nous avions un modèle de foi. David a été un modèle de grâce tout au long du premier livre de Samuel.

Ce chapitre 11 nous fait comprendre ce que la chair, habitant en nous, est capable de faire lorsque nous la laissons agir et cela malgré les avertissements de Dieu. Lorsque la chair agit, selon v. 2 et suivants, des passages comme Jac. 1, 14-15 et 2 Pi. 2, 19 ont toute leur valeur, valeur démontrée par cette terrible défaillance du roi David. Signalons encore que Urie signifie «lumière de l’Éternel», Urie est un Héthien mais converti à la religion d’Israël.

Au v. 1, David ne tient pas compte de l’avertissement de Dieu (ch. 10: voir commentaires de ce ch. 10, v. 6 et suivants). Ainsi, David envoie Joab et reste à Jérusalem. Il s’accorde du repos alors que, comme tout chrétien, il n’est pas serviteur de Dieu pour être un esclave paresseux. Souvenons-nous que Satan cherche toujours à faire tomber celui qui ne veille pas. Lorsque Dieu nous appelle une fois, puis deux, et que l’on n’y prend pas garde, alors Dieu peut nous laisser suivre notre chemin avec toutes les épreuves qui résultent d’un manquement. Le Père nous aime et nous forme par la discipline (Héb. 12). Dans la suite (v. 2 à 5), David a les yeux attirés par un objet qui lui paraît désirable. Sa chair est conquise. L’autorité dont il dispose sert son désir. Le mal est consommé. L’oint de l’Éternel est un adultère. À peine la faute est-elle commise, qu’elle porte ses fruits: grossesse. Devant cette grave circonstance, David, au lieu de rechercher le secours de Dieu, est plein d’appréhension. Son caractère est compromis, son péché va être dévoilé. Il faut le cacher. David perd alors le sentiment de la présence de Dieu. Il est confronté avec cette pénible circonstance qu’il veut débattre, diriger et cela sans tenir compte que, dans son aveuglement, il ne voit pas que Dieu voit tout. Ainsi, v. 6, il va faire informer Joab afin qu’il donne un «congé militaire» à Urie dans le but clairement indiqué dans la suite du chapitre.

Versets 7 à 11: Urie avait appris un beau dévouement et cela à l’école de David. À cette école (cf ch. 2, 7), Urie a répondu aux désirs de David. Urie fait partie de ces plusieurs qui ont récolté «du fruit» de cette école. Alors, dans les versets 12 et suivants, David ne tient pas compte de ce que dit le serviteur Urie. Au lieu de l’écouter, il va jusqu’à l’enivrer (v. 13). Malgré cela, Urie tient ferme. David, poussé alors par Satan, commet ce péché inique en faisant mettre à mort le juste (v. 15, 17, 21).  Plus tard, ce même peuple mit à mort «le juste» (Jac. 5, 6).

Au v. 25 David met son complice à l’aise et prend Bath-Shéba qui lui enfante un fils.

Que ce récit soit pour nous une exhortation et un encouragement, mais surtout un avertissement, à rester dans le droit chemin. David a précisément écrit, par exemple:

«Garde-moi, ô *Dieu! car je me confie en toi.» (Psaume 16:1)
«Et regarde s’il y a en moi quelque voie de chagrin, et conduis-moi dans la voie éternelle.» (Psaume 139:24)

Texte biblique du chapitre 12
1 Et l’Éternel envoya Nathan à David; et il vint vers lui, et lui dit: Il y avait deux hommes dans une ville, l’un riche, et l’autre pauvre. 2 Le riche avait du menu et du gros bétail en grande quantité; 3 mais le pauvre n’avait rien du tout qu’une seule petite brebis, qu’il avait achetée, et qu’il nourrissait, et qui grandissait auprès de lui et ensemble avec ses fils: elle mangeait de ses morceaux et buvait de sa coupe, et elle couchait dans son sein, et était pour lui comme une fille. 4 Et un voyageur vint chez l’homme riche; et il évita de prendre de son menu ou de son gros bétail pour en apprêter au voyageur qui était venu chez lui, et il a pris la brebis de l’homme pauvre, et l’a apprêtée pour l’homme qui était venu vers lui. 5 Et la colère de David s’embrasa fort contre l’homme; et il dit à Nathan: L’Éternel est vivant que l’homme qui a fait cela est digne de mort! 6 et il rendra la brebis au quadruple, parce qu’il a fait cette chose-là et qu’il n’a pas eu de pitié.

7 Et Nathan dit à David: Tu es cet homme! Ainsi dit l’Éternel, le Dieu d’Israël: Je t’ai oint pour roi sur Israël, et je t’ai délivré de la main de Saül, 8 et je t’ai donné la maison de ton seigneur, et les femmes de ton seigneur dans ton sein, et je t’ai donné la maison d’Israël et de Juda; et si c’était peu, je t’eusse ajouté telle et telle chose. 9 Pourquoi as-tu méprisé la parole de l’Éternel, en faisant ce qui est mauvais à ses yeux? Tu as frappé avec l’épée Urie, le Héthien; et sa femme, tu l’as prise pour en faire ta femme, et lui, tu l’as tué par l’épée des fils d’Ammon. 10 Et maintenant, l’épée ne s’éloignera pas de ta maison, à jamais, parce que tu m’as méprisé, et que tu as pris la femme d’Urie, le Héthien, pour qu’elle fût ta femme. 11 Ainsi dit l’Éternel: Voici, je susciterai de ta propre maison un mal contre toi: je prendrai tes femmes devant tes yeux, et je les donnerai à ton compagnon, et il couchera avec tes femmes à la vue de ce soleil; 12 car tu l’as fait en secret, et moi, je ferai cette chose-là devant tout Israël et devant le soleil.

13 Et David dit à Nathan: J’ai péché contre l’Éternel. Et Nathan dit à David: Aussi l’Éternel a fait passer ton péché: tu ne mourras pas; 14 toutefois, comme par cette chose tu as donné occasion aux ennemis de l’Éternel de blasphémer, le fils qui t’est né mourra certainement. 15 Et Nathan s’en alla dans sa maison.

Et l’Éternel frappa l’enfant que la femme d’Urie avait enfanté à David; et il fut très-malade*. 16 Et David supplia Dieu pour l’enfant, et David jeûna; et il alla et passa la nuit couché sur la terre. 17 Et les anciens de sa maison se levèrent [et vinrent] vers lui pour le faire lever de terre; mais il ne voulut pas, et ne mangea pas le pain avec eux. 18 Et il arriva, le septième jour, que l’enfant mourut; et les serviteurs de David craignirent de lui apprendre que l’enfant était mort, car ils disaient: Voici, lorsque l’enfant était en vie, nous lui avons parlé, et il n’a pas écouté notre voix; et comment lui dirions-nous: L’enfant est mort? Il fera quelque mal. 19 Et David vit que ses serviteurs parlaient bas, et David comprit que l’enfant était mort; et David dit à ses serviteurs: L’enfant est-il mort? Et ils dirent: Il est mort. 20 Et David se leva de terre, et se lava et s’oignit, et changea de vêtements; et il entra dans la maison de l’Éternel et se prosterna; et il rentra dans sa maison, et demanda qu’on mît du pain devant lui, et il mangea. 21 Et ses serviteurs lui dirent: Qu’est-ce que tu fais? Tu as jeûné et tu as pleuré à cause de l’enfant, pendant qu’il était en vie; et quand l’enfant est mort, tu te lèves et tu manges*! 22 Et il dit: Tant que l’enfant vivait encore, j’ai jeûné et j’ai pleuré, car je disais: Qui sait: l’Éternel me fera grâce, et l’enfant vivra? 23 Mais maintenant qu’il est mort, pourquoi jeûnerais-je? pourrais-je le faire revenir encore? Moi, je vais vers lui, mais lui ne reviendra pas vers moi.

24 Et David consola Bath-Shéba, sa femme, et vint vers elle et coucha avec elle; et elle enfanta un fils, et il appela son nom Salomon*; et l’Éternel l’aima; 25 et il envoya par* Nathan le prophète, et l’appela du nom de Jedidia**, à cause de l’Éternel.

26 Et Joab fit la guerre contre Rabba des fils d’Ammon, et il prit la ville royale. 27 Et Joab envoya des messagers à David, et dit: J’ai fait la guerre contre Rabba, et j’ai aussi pris la ville des eaux. 28 Et maintenant, assemble le reste du peuple, et campe contre la ville et prends-la, de peur que moi je ne prenne la ville, et qu’elle ne soit appelée de mon nom. 29 Et David assembla tout le peuple, et marcha sur Rabba; et il combattit contre elle, et la prit. 30 Et il prit la couronne de leur roi de dessus sa tête (et son poids était d’un talent d’or, et elle [avait] des pierres précieuses); et elle fut [mise] sur la tête de David; et il emmena de la ville une grande quantité de butin. 31 Et il fit sortir le peuple qui s’y trouvait, et les mit sous la scie, et sous des herses de fer, et sous des haches de fer, et les fit passer par un four à briques: il fit ainsi à toutes les villes des fils d’Ammon. Et David et tout le peuple s’en retournèrent à Jérusalem.

/ v. 15: ou: malade à la mort. / v. 21: hébreu: manges du pain. / v. 24: pacifique. / v. 25*: litt.: par la main de, comme ailleurs, souvent. / v. 25**: bien-aimé de l’Éternel.

Commentaires du chapitre 12

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitres 11 à 14: chute et conséquences avant la conspiration d’Absalom
Chapitre 12: repentance de David et discipline

Depuis les évènements du chapitre précédent (guerre avec les Ammonites), environ une année s’est écoulée. L’Éternel intervient après cette longue patience. L’intervention de l’Éternel a lieu par le prophète Nathan. Nathan a déjà eu un mandat au ch. 7; les circonstances étaient alors bien différentes car David était dans un meilleur état. Ici le prophète n’est pas envoyé pour réjouir l’âme de David mais pour la placer dans la lumière d’un Dieu juste et saint dont les yeux sont trop purs pour voir le mal qu’il doit juger. Nathan s’adresse à David dans un langage parabolique. David, dans son aveuglement, ne comprend pas qu’elle lui est appliquée et prononce, du coup, son jugement.

Versets 1 à 4: le voyageur du v. 4 représente la convoitise, une convoitise passagère. Ce voyageur (ou cette convoitise) est entré chez le roi David, sachant qu’il y trouverait de quoi se nourrir. Nos cœurs, pas meilleurs que celui de David, contiennent aussi toujours les éléments voulus pour succomber aux tentations de Satan dès que nous oublions la dépendance de Dieu. David avait cru pouvoir se reposer au lieu de servir et de combattre, comme, rappelons-le, sa position de roi responsable le demandait.

Versets 5 et 6: le cœur et la conscience de David sont dans un mauvais état. Pourtant, son jugement reste juste. Dans Matt. 21, 40-41, la Parole relève que nous sommes bons pour juger autrui, sans nous juger nous-mêmes: «Quand donc le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces cultivateurs-là?  Ils lui disent: Il fera périr misérablement ces méchants, et louera sa vigne à d’autres cultivateurs qui lui remettront les fruits en leur saison.».

Verset 7: David subit un profond effondrement; il avait prononcé sa propre sentence, la mort. Puis par la bouche du prophète Nathan, l’Éternel rappelle à David maintenant tout ce qu’il a fait pour lui. David doit de ce fait réaliser qu’il a préféré la satisfaction de ses convoitises, alors que Dieu l’avait comblé de ses riches bénédictions.

Versets 10 à 12: le prophète annonce à David que l‘épée ne s’éloignera pas de sa maison. Cela montre que ce qui a caractérisé le monde dès le début, Gen. 6, 11, sera dans la maison du roi. Le gouvernement de Dieu est inflexible. Souvenons-nous en pour nous-mêmes. Dans sa première épître, Pierre (par exemple 1 Pi. 1, 6-7) rappelle que, même sous la grâce, les principes de ce gouvernement sont immuables.

Au v. 10, il est solennel de voir Dieu répéter: « Parce que tu m’as méprisé».

Verset 13: la réponse de David est une image de la rédemption de son âme. Il faut lire le Ps. 51 pour en comprendre toute la profondeur. David reconnaît son péché contre l’Éternel. Soulignons-le: contre l’Éternel. Cela donne la mesure de cette restauration car il reconnaît avoir fait quelque chose de mauvais aux yeux de l’Éternel.

Versets 14 et 19: «Tu as donné occasion aux ennemis de l’Éternel de blasphémer» … démontre la conséquence que le monde tire de nos fautes. La violence et la corruption ont déjà été annoncées à David comme fruits de son péché (v. 10 à 12). Et au v. 14, il y a une autre conséquence à la mort de son enfant. Le jugement de Dieu atteint d’une manière visible et immédiate, aux yeux de tous, la maison du roi. Puis les v. 15 à 19 renseignent sur le supplice qu’a subit ce cœur d’une tendresse extrême, le cœur du roi, devant la victime innocente de la faute de David.

À partir du  v. 20, nous avons en David comme un nouvel homme commençant une nouvelle carrière. Il entre dans la maison de l’Éternel et se prosterne, non pour mener deuil, mais pour reconnaître la justice, la sainteté et l’amour de Dieu. Après s’être courbé devant Dieu, il est en chemin pour retrouver la communion avec lui.

Versets 21 à 25: David est satisfait de porter maintenant le sceau de la discipline. Il le sera jusqu’au bout de sa carrière. Les mots qu’il prononce en portent la sentence lorsqu’il dit «Je vais vers lui». Dans les v. 24 et 25, la grâce introduit Bath-Shéba, que sa souillure empêchait d’avoir part aux bénédictions dans la lignée du Messie (Matt. 1, 6). La grâce aime à se montrer envers des êtres déchus, pour manifester, dans les siècles à venir,  quelles sont ses immenses richesses. Souvenons-nous aussi, qu’en considérant ce chapitre, que Dieu exerce sa discipline, non contre une personne, mais contre les mauvaises voies de ses enfants, par amour.

Texte biblique du chapitre 13
* 1 Et après cela, Absalom, fils de David, ayant une sœur nommée Tamar, qui était belle, il arriva qu’Amnon, fils de David, l’aima. 2 Et Amnon fut tourmenté jusqu’à en tomber malade, à cause de Tamar, sa sœur; car elle était vierge, et il était trop difficile aux yeux d’Amnon de lui faire quoi que ce fût. 3 Et Amnon avait un ami, nommé Jonadab, fils de Shimha, frère de David; et Jonadab était un homme très-habile. 4 Et il lui dit: Pourquoi maigris-tu ainsi d’un matin à l’autre, toi, fils du roi? Ne me le déclareras-tu pas? Et Amnon lui dit: J’aime Tamar, sœur d’Absalom mon frère. 5 Et Jonadab lui dit: Couche-toi sur ton lit et fais le malade; et ton père viendra te voir, et tu lui diras: Je te prie, que Tamar, ma sœur, vienne et qu’elle me donne à manger du pain, et qu’elle apprête devant mes yeux un mets, afin que je la voie, et que je le mange de sa main. 6 Et Amnon se coucha et fit le malade; et le roi vint le voir, et Amnon dit au roi: Je te prie, que Tamar, ma sœur, vienne et prépare sous mes yeux deux beignets, et que je les mange de sa main. 7 Et David envoya vers Tamar dans la maison, disant: Va, je te prie, dans la maison d’Amnon, ton frère, et apprête-lui un mets. 8 Et Tamar alla dans la maison d’Amnon, son frère, et il était couché; et elle prit de la pâte et la pétrit, et prépara sous ses yeux des beignets, et elle cuisit les beignets. 9 Et elle prit la poêle et les versa devant lui; et il refusa de manger. Et Amnon dit: Faites sortir tout homme d’auprès de moi. Et tout homme sortit d’auprès de lui. 10 Et Amnon dit à Tamar: Apporte le mets dans la chambre intérieure, et je mangerai de ta main. Et Tamar prit les beignets qu’elle avait préparés, et les apporta à Amnon, son frère, dans la chambre. 11 Et elle les lui présenta à manger; et il la saisit, et lui dit: Viens, couche avec moi, ma sœur. 12 Et elle lui dit: Non, mon frère, ne m’humilie pas; car on ne fait point ainsi en Israël: ne fais pas cette infamie. 13 Et moi, où porterais-je ma honte? Et toi, tu serais comme l’un des infâmes en Israël. Et maintenant, parle au roi, je te prie, car il ne me refusera point à toi. 14 Et il ne voulut pas écouter sa voix, et il fut plus fort qu’elle et l’humilia et coucha avec elle. 15 Et Amnon la haït d’une très-grande haine, car la haine dont il la haït était plus grande que l’amour dont il l’avait aimée. Et Amnon lui dit: Lève-toi, va-t’en. 16 Et elle lui dit: Il n’y a pas de raison [pour cela]; ce tort de me chasser est plus grand que l’autre que tu m’as fait. Mais il ne voulut pas l’écouter. 17 Et il appela son jeune homme qui le servait, et dit: Chassez donc cette [femme] dehors, de devant moi; et ferme la porte au verrou après elle. 18 Et elle avait sur elle une tunique bigarrée; car les filles du roi qui étaient vierges étaient ainsi habillées de robes. Et celui qui le servait la mit dehors, et ferma la porte après elle. 19 Et Tamar prit de la poussière [et la mit] sur sa tête, et déchira la tunique bigarrée qu’elle avait sur elle, et elle mit sa main sur sa tête, et s’en alla, marchant et criant. 20 Et Absalom, son frère, lui dit: Est-ce que ton frère Amnon a été avec toi? Et maintenant, ma sœur, garde le silence: il est ton frère; ne prends pas cette chose à cœur.

Et Tamar demeura désolée dans la maison d’Absalom, son frère. 21 Et le roi David entendit parler de toutes ces choses, et il en fut très-irrité. 22 Et Absalom ne parla à Amnon, ni en mal, ni en bien, car Absalom haïssait Amnon, parce qu’il avait humilié Tamar, sa sœur.

23 Et il arriva, après deux années entières, qu’Absalom avait les tondeurs à Baal-Hatsor, qui est près d’Éphraïm; * et Absalom invita tous les fils du roi. 24 Et Absalom vint vers le roi, et dit: Tu vois que* ton serviteur a les tondeurs: je te prie, que le roi et ses serviteurs aillent avec ton serviteur. 25 Et le roi dit à Absalom: Non, mon fils, nous n’irons pas tous, et nous ne te serons pas à charge. Et il le pressa, mais il ne voulut pas aller; et il le bénit. 26 Et Absalom dit: Si [tu ne viens] pas, que mon frère Amnon, je te prie, vienne avec nous. Et le roi lui dit: Pourquoi irait-il avec toi? 27 Et Absalom le pressa, et il envoya avec lui Amnon et tous les fils du roi. 28 Et Absalom commanda à ses serviteurs*, disant: Faites attention, je vous prie, quand le cœur d’Amnon sera gai par le vin, et que je vous dirai: Frappez Amnon, alors tuez-le, ne craignez point; n’est-ce pas moi qui vous l’ai commandé? Fortifiez-vous, et soyez vaillants! 29 Et les serviteurs* d’Absalom firent à Amnon comme Absalom l’avait commandé; et tous les fils du roi se levèrent, et montèrent chacun sur son mulet et s’enfuirent.

30 Et il arriva, comme ils étaient en chemin, que le bruit en vint à David; on disait: Absalom a frappé tous les fils du roi, et il n’en reste pas un seul. 31 Et le roi se leva, et déchira ses vêtements, et se coucha par terre; et tous ses serviteurs étaient là, les vêtements déchirés. 32 Et Jonadab, fils de Shimha, frère de David, prit la parole et dit: Que mon seigneur ne pense pas qu’on ait tué tous les jeunes hommes, fils du roi, car Amnon seul est mort; car cela a eu lieu par l’ordre d’Absalom, qu’il avait arrêté dès le jour qu’[Amnon] humilia Tamar, sa sœur. 33 Et maintenant, que le roi, mon seigneur, ne prenne pas ceci à cœur, disant: Tous les fils du roi sont morts; car Amnon seul est mort. 34 Et Absalom s’enfuit. Et le jeune homme qui était en sentinelle leva ses yeux et regarda; et voici, un grand peuple venait par le chemin qui était derrière lui*, du côté de la montagne. 35 Et Jonadab dit au roi: Voici les fils du roi qui viennent; selon la parole de ton serviteur, ainsi il en est arrivé. 36 Et comme il achevait de parler, voici, les fils du roi arrivèrent, et ils élevèrent leur voix et pleurèrent; et le roi aussi, et tous ses serviteurs pleurèrent très-amèrement.

37 Et Absalom s’enfuit, et s’en alla vers Talmaï, fils d’Ammihud, roi de Gueshur; et [David] menait deuil tous les jours sur son fils. 38 Ainsi Absalom s’enfuit, et il vint à Gueshur et fut là trois ans; 39 et le roi David languissait d’aller vers Absalom, car il était consolé à l’égard d’Amnon, parce qu’il était mort.

/ v. 23: date: A.C. 1030, environ. / v. 24: litt.: Voici, je te prie. / v. 28, 29: hébreu: jeunes hommes.

/ v. 34: peut-être: à l’ouest.

Commentaires du chapitre 13

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitres 11 à 14: chute et conséquences avant la conspiration d’Absalom
Chapitre 13: péché et mort d’Amnon

L’âme de David est restaurée, sa conscience purifiée, son cœur humilié. Malgré cela, il faut que les voies du gouvernement de Dieu à son égard aient leur cours. Ce que Nathan a prédit au ch. 12, 10 «l’épée ne s’éloignera pas de ta maison, à jamais», tout cela doit arriver. David en souffre de la bonne manière, c’est-à-dire avec un cœur humilié.

Les choses rapportées dans ce chapitre sont odieuses. C’était une infamie en Israël (versets 12 et 13). La Parole de Dieu, parce qu’elle est la vérité, relate ces choses odieuses. Elle nous dépeint l’homme tel qu’il est dans toute sa laideur afin que nous ayons horreur de la corruption humaine. Les deux fils de David, Amnon et Absalom, sont aussi éloignés de Dieu l’un que l’autre. Un ami, parent et conseiller, Jonadab, se trouve là pour pousser Amnon dans le bourbier (versets 4 et 5). Ce même homme connaîtra plus tard, sans s’y opposer, le complot qu’Absalom avait préparé. Le verset 15 démontre une fois de plus combien sont courtes les délices du péché. Absalom juge tout, sauf lui-même.

Quant à David, on peut remarquer un manque de discernement depuis sa chute malgré le fait que tout soit en ordre puisqu’il fit le siège de Rabba (cf ch. 12, 26 à 31). Le jugement des fils d’Ammon était selon la pensée de l’Éternel. Il semble toutefois que David mêle ses impressions personnelles à la victoire: il prend la couronne pour se la mettre sur la tête. Jadis il avait consacré à l’Éternel tous les trésors des nations, comme en 2 Sam. 8, 11 et en 1 Chr. 20. David exerce sur le peuple une vengeance cruelle. Le récit correspondant dans 1 Chr. 23, vu le caractère du livre qui présente le roi selon le conseil de Dieu, en omet au moins une partie.

Mais, dans «notre» chapitre 13, il y a plus. Toutes les intentions bienveillantes de David, de même que ses désirs de paix envers ses enfants, tournent contre lui. Il agit involontairement dans le sens inverse qu’il faudrait. Ainsi, au v. 7, c’est lui qui envoie Tamar dans la maison d’Amnon. Plus tard, quand Absalom mûrit la pensée de meurtre, David cherche d’abord à résister, pensant que, s’il cède à la prière de son fils, il pourrait en résulter du mal. Mais il cède et prend des dispositions pour sauvegarder ses autres fils. Tout cela dénote un discernement spirituel chez David qui manque d’affinement. Puis le verset 39 relate, en outre, que le méchant Absalom était le fils du cœur de David, qu’il languissait d’aller voir son fils.

Dans le chapitre 14, David se laissera facilement persuader de faire rentrer Absalom à Jérusalem. Cette décision sera la cause immédiate de tous les désastres qui surviendront ensuite. Dieu accomplit certes ses desseins mais tous ces faits nous instruisent en ce sens que le grave péché de David lui a enlevé quelque chose malgré sa restauration. Il peut en être ainsi de chaque croyant; le péché peut nous faire perdre une force que peut-être jamais nous ne retrouverons. Puissions-nous estimer la communion de Dieu comme une chose très précieuse, si précieuse d’être jaloux de la perdre.

Amnon, qui veut dire «fidèle», est né à Hébron, alors capitale de son père. Il est le fils d’Akhinoam de Jizreël. Absalom, qui veut dire «père de la paix», est aussi né à Hébron, fils de Maaca, fille de Talmaï, roi de Gueshur.

Texte biblique du chapitre 14
1 Et Joab, fils de Tseruïa, s’aperçut que le cœur du roi était pour Absalom; 2 et Joab envoya à Thekoa, et fit venir de là une femme habile, et il lui dit: Je te prie, fais semblant de mener deuil, et revêts-toi, je te prie, de vêtements de deuil, et ne t’oins pas d’huile, mais sois comme une femme qui mène deuil depuis longtemps pour un mort; 3 et entre vers le roi, et parle-lui de cette manière. Et Joab lui mit les paroles dans la bouche.

4 Et la femme thekohite parla au roi, et tomba sur son visage contre terre et se prosterna, et dit: Sauve-moi, ô roi! 5 Et le roi lui dit: Qu’as-tu? Et elle dit: Certainement, je suis une femme veuve, et mon mari est mort. 6 Et ta servante* avait deux fils, et ils se sont disputés tous deux dans les champs, et il n’y avait personne pour les séparer; et l’un a frappé l’autre et l’a tué. 7 Et voici, toute la famille s’est élevée contre ta servante*, et ils ont dit: Livre celui qui a frappé son frère, afin que nous le mettions à mort, à cause de la vie de son frère qu’il a tué, et que nous détruisions aussi l’héritier. Et ainsi ils éteindraient le tison qui me reste, afin de ne laisser à mon mari ni nom, ni reste, sur la face de la terre. 8 Et le roi dit à la femme: Va dans ta maison, et je donnerai mes ordres à ton égard. 9 Et la femme thekohite dit au roi: Ô roi, mon seigneur! que l’iniquité soit sur moi et sur la maison de mon père, et que le roi et son trône en soient innocents. 10 Et le roi dit: Celui qui te parlera, amène-le-moi, et il ne te touchera plus. 11 Et elle dit: Je te prie, que le roi se souvienne de l’Éternel, ton Dieu, afin que le vengeur du sang ne multiplie pas la ruine, et qu’on ne détruise pas mon fils. Et il dit: L’Éternel est vivant, s’il tombe à terre un des cheveux de ton fils! 12 Et la femme dit: Je te prie, que ta servante* dise un mot au roi, mon seigneur. Et il dit: Parle. 13 Et la femme dit: Et pourquoi as-tu pensé ainsi contre le peuple de Dieu? et le roi dit cette parole comme un [homme] coupable, le roi ne faisant point revenir celui qu’il a chassé. 14 Car nous mourrons certainement, et nous sommes comme de l’eau versée sur la terre, qu’on ne peut recueillir. Et Dieu ne [lui] a point ôté la vie, mais il a la pensée que celui qui est chassé ne demeure plus chassé loin de lui. 15 Et maintenant, si je suis venue dire cette parole au roi, mon seigneur, c’est parce que le peuple m’a fait peur; et ta servante* a dit: Que je parle donc au roi, peut-être que le roi accomplira la parole de sa servante; 16 car le roi écoutera, pour délivrer sa servante de la main de l’homme qui veut nous exterminer, moi et mon fils ensemble, de l’héritage de Dieu. 17 Et ta servante* a dit: Que la parole du roi, mon seigneur, nous apporte du repos! car le roi, mon seigneur, est comme un ange de Dieu, pour entendre le bien et le mal; et l’Éternel, ton Dieu, sera** avec toi!

18 Et le roi répondit, et dit à la femme: Je te prie, ne me cache pas la chose que je vais te demander. Et la femme dit: Que le roi, mon seigneur, parle, je te prie. 19 Et le roi dit: La main de Joab n’est-elle pas avec toi dans tout ceci? Et la femme répondit et dit: Ton âme est vivante, ô roi, mon seigneur, qu’on ne peut [s’écarter] à droite ou à gauche de tout ce que dit le roi, mon seigneur; car ton serviteur Joab, lui, m’a commandé, et a mis toutes ces paroles dans la bouche de ta servante*. 20 C’est afin de donner une autre apparence à la chose, que ton serviteur Joab a fait cela; et mon seigneur est sage comme la sagesse d’un ange de Dieu, pour savoir tout ce qui [se passe] sur la terre.

21 Et le roi dit à Joab: Voici, j’ai fait cela; va, fais revenir le jeune homme Absalom. 22 Et Joab tomba sur sa face contre terre et se prosterna, et bénit le roi. Et Joab dit: Aujourd’hui ton serviteur connaît que j’ai trouvé faveur à tes yeux, ô roi, mon seigneur, parce que le roi a fait ce que son serviteur a dit. 23 Et Joab se leva et s’en alla à Gueshur, et il ramena Absalom à Jérusalem. * 24 Et le roi dit: Qu’il se retire dans sa maison, et qu’il ne voie point ma face. Et Absalom se retira dans sa maison et ne vit pas la face du roi.

25 Et dans tout Israël il n’y avait pas d’homme beau comme Absalom [et si] fort à louer [pour sa beauté]; depuis la plante de ses pieds jusqu’au sommet de sa tête, il n’y avait point en lui de défaut. 26 Et quand il se rasait la tête (or c’était d’année en année qu’il la rasait, parce que [sa chevelure] lui pesait; alors il la rasait), les cheveux de sa tête pesaient deux cents sicles au poids du roi. 27 Et il naquit à Absalom trois fils, et une fille, qui avait nom Tamar, et elle était une femme belle de visage.

28 Et Absalom habita deux années entières à Jérusalem sans voir la face du roi. 29 Et Absalom envoya vers Joab pour l’envoyer auprès du roi; et [Joab] ne voulut pas venir vers lui; et il envoya encore pour la seconde fois, et il ne voulut pas venir. 30 Alors [Absalom] dit à ses serviteurs: Voyez, le champ* de Joab est auprès du mien; il y a de l’orge, allez et mettez-y le feu. Et les serviteurs d’Absalom mirent le feu au champ*. 31 Alors Joab se leva et vint vers Absalom dans la maison, et lui dit: Pourquoi tes serviteurs ont-ils mis le feu à mon champ*? 32 Et Absalom dit à Joab: Voici, j’ai envoyé vers toi, disant: Viens ici, et je t’enverrai vers le roi, pour [lui] dire: Pourquoi suis-je venu de Gueshur? il serait bon pour moi d’y être encore. Et maintenant, que je voie la face du roi; et s’il y a de l’iniquité en moi, qu’il me fasse mourir. 33 Et Joab vint vers le roi et le lui rapporta. Et [le roi] appela Absalom, et il vint vers le roi et se prosterna le visage contre terre devant le roi, et le roi baisa Absalom.

/ v. 6, 7, 12, 15, 17*: ou: esclave. / v. 17**: ou: soit. / v. 19*: ou: esclave. / v. 23: date: A.C. 1027, environ. / v. 30, 31: litt.: portion.

Commentaires du chapitre 14

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitres 11 à 14: chute et conséquences avant la conspiration d’Absalom
Chapitre 14: retour d’Absalom

Comme déjà mentionné, le premier livre des Chroniques ne relève pas les faits relatés dans ces derniers chapitres. Dans le récit du ch. 14, David, tout en restant de temps en temps un type du Seigneur, représente plutôt le résidu restauré traversant la tribulation sous la culpabilité de la mort du Juste. Toutefois, les expériences de David, dans ces chapitres, ont pour le temps actuel de l’Église une application immédiate. En effet, placés comme lui dans une position de responsabilité, nous sommes aussi des objets de la discipline. Le ch. 14 démontre comment Joab a réussi à gagner le cœur du roi. Remarquons bien que Joab n’embrasse pas la cause du roi par affection, mais bien parce qu’il estime le parti du roi le plus sûr, le plus propre à satisfaire ses vues ambitieuses. Ses ambitions n’allaient pas jusqu’à la royauté car, en tant qu’homme avisé, il était conscient que l’accès au trône lui était fermé. Son ambition se borne à être généralissime, ministre de la guerre, conseiller du roi. Si tel obstacle se trouvait devant lui, il était prompt à le surmonter, un crime ne l’arrêtait pas. Avant tout, Joab cherchait à se rendre indispensable. Pour cela, le meilleur moyen était de se faire serviteur des faiblesses du roi … comme cela s’était passé dans l’affaire d’Urie, où David, coupable, avait gagné un complice discret, si discret que les rôles sont en quelque sorte inversés, en ce sens que la réputation du roi dépend presque de Joab. «Presque» car les plans de ce dernier sont déjoués par l’intervention divine. Dieu parle et David s’est reconnu coupable, non seulement devant Dieu, mais aussi devant les hommes. Ainsi Joab ne peut plus dominer son maître par ce crime secret.

Joab va s’y prendre autrement pour regagner l’influence du roi. Un exemple se trouve dans 2 Sam. 12, 28, c’est-à-dire: «Et maintenant assemble le reste du peuple, et campe contre la ville et prends-la, de peur que moi je ne prenne la ville, et qu’elle ne soit appelée de mon nom».

Dans le ch. 13, la faiblesse de David ressortait en ce sens que, selon Nom. 35, 33, il devait tuer Absalom comme il l’avait fait pour Baana et Récab, au ch. 4. La sentence aurait dû être exécutée au retour d’Absalom, c’est-à-dire dans ce ch. 14. L’épargner, c’est ajouter une désobéissance au tableau. En épousant Maaca, David avait commis une transgression. Son père Talmaï était l’un des rois cananéens épargné par l’infidélité du peuple en Jos. 13. Tout mariage avec eux était interdit en Israël (cf Ex. 34, 15-16). Bien avant que cette instruction ne soit prononcée, Abraham en avait fait une loi, dans le sens spirituel, selon Gen. 24, 3. David s’était rendu fort, par sa position, pour négliger cette loi. Tout cela aurait dû imposer un arrêt aux affections de David. Mais Joab veille, ou surveille le roi, lorsqu’il ne suit pas le simple chemin de l’obéissance. Au v. 1, Joab est aux aguets.

Les paroles que Joab placent dans la bouche de la thekohite (v. 2 et suivants) font penser qu’il croyait qu’Absalom allait succéder à David. Les v. 7 et 13 à 16 indiquent que, dans les paroles de cette femme, Joab avait la pensée de se ménager une position auprès d’Absalom pour l’avenir. Ce ch. 14 donne la mesure de l’audace de Joab, manifestée auprès du roi afin, par machination, de se ménager des avantages personnels.

Quant à David, sur le plan des relations d’un père avec son fils, il est en quelque sorte excusable. Mais sur le plan de sa responsabilité comme serviteur de Dieu, il est coupable. En effet, selon ch. 12, 24-25, le successeur au trône devait être Salomon. Nathan le prophète le lui a dit dans le fait que Salomon, que Dieu a appelé Jedidia, signifie «bien-aimé de l’Éternel». Malgré tous les avantages extérieurs d’Absalom (v. 24 et 25), David aurait dû penser que ce dernier n’était pas l’homme des conseils de Dieu. En 1 Sam. 16, 6, son frère Eliab avait aussi été mis de côté malgré sa belle apparence mais c’est lui, David, le pauvre gardien des brebis que l’Éternel avait choisi.

Mais en contraste avec les faiblesses de David, n’oublions pas que ce dernier avait aussi un bon côté. Le fait d’accueillir cette femme thekohite démontre de la grâce dans le cœur du roi. Le roi cède, oubliant que la grâce n’est pas seule en cause. Le conseil de Joab, suivi par David, le conduit à un abus de la grâce. C’est comme su du miel était présent dans les sacrifices alors qu’il était interdit en Lév. 2, 11. La grâce ne doit donner aucune place aux sentiments d’ici-bas. Puis dans les v. 19 à 21 David prend la responsabilité de ce que Joab a voulu faire. L’ennemi Absalom est reçu à Jérusalem, et quel ennemi! Dans la fin du chapitre Joab, sentant ses intérêts vers David, refuse deux fois à demander audience au roi pour Absalom. C’est après l’acte odieux d’Absalom (v. 30) que Joab, sentant ses intérêts en jeu, s’en va vers David, contre son gré, pour plaider la cause d’Absalom afin que le roi consente à revoir son fils. En Absalom, Joab a trouvé son maître. Dieu permet toutes ces choses pour accomplir ses desseins et, en définitive, pour garder David. Maintenant Joab est obligé d’obéir à celui qu’il pensait dominer, il ne l’oubliera pas. Quand le moment sera propice, Joab tuera Absalom.

Texte biblique du chapitre 15
* 1 Et il arriva, après cela,* qu’Absalom se procura des chars et des chevaux, et cinquante hommes qui couraient devant lui. 2 Et Absalom se levait de bonne heure, et se tenait à côté du chemin de la porte; et tout homme qui avait une cause qui l’obligeât d’aller vers le roi pour un jugement, Absalom l’appelait, et disait: De quelle ville es-tu? Et il disait: Ton serviteur est de l’une des tribus d’Israël. 3 Et Absalom lui disait: Vois, tes affaires sont bonnes et justes, mais tu n’as personne pour les entendre de la part du roi. 4 Et Absalom disait: Que ne m’établit-on juge dans le pays! alors tout homme qui aurait une cause ou un procès viendrait vers moi, et je lui ferais justice. 5 Et s’il arrivait qu’un homme s’approchât pour se prosterner devant lui, il lui tendait la main, et le prenait, et le baisait. 6 Et Absalom agissait de cette manière envers tous ceux d’Israël qui venaient vers le roi pour un jugement; et Absalom dérobait les cœurs des hommes d’Israël.

7 Et il arriva au bout de quarante* ans, qu’Absalom dit au roi: Je te prie, que je m’en aille et que j’acquitte à Hébron mon vœu que j’ai voué à l’Éternel. 8 Car ton serviteur voua un vœu, quand je demeurais à Gueshur, en Syrie, disant: Si l’Éternel me fait retourner à Jérusalem, je servirai l’Éternel. 9 Et le roi lui dit: Va en paix. Et il se leva, et s’en alla à Hébron. 10 Et Absalom envoya des émissaires* dans toutes les tribus d’Israël, disant: Quand vous entendrez le son de la trompette, dites: Absalom règne à Hébron. 11 Et deux cents hommes qui avaient été invités, s’en allèrent de Jérusalem avec Absalom, et ils allaient dans leur simplicité, et ne savaient rien de l’affaire. 12 Et Absalom envoya [appeler] Akhitophel, le Guilonite, le conseiller de David, de sa ville de Guilo, pendant qu’il offrait* les sacrifices; et la conjuration devint puissante, et le peuple allait croissant auprès d’Absalom.

13 Et il vint à David quelqu’un qui lui rapporta, disant: Les cœurs des hommes d’Israël suivent Absalom. 14 Et David dit à tous ses serviteurs qui étaient avec lui à Jérusalem: Levez-vous, et fuyons, car nous ne saurions échapper devant Absalom. Hâtez-vous de vous en aller, de peur qu’il ne se hâte, et ne nous atteigne, et ne fasse tomber le malheur sur nous, et ne frappe la ville par le tranchant de l’épée. 15 Et les serviteurs du roi dirent au roi: Selon tout ce que choisira le roi, notre seigneur, voici tes serviteurs. 16 Et le roi sortit, et toute sa maison à sa suite; et le roi laissa dix femmes concubines pour garder la maison. 17 Et le roi sortit, et tout le peuple à sa suite; et ils s’arrêtèrent à Beth-Merkhak*. 18 Et tous ses serviteurs marchaient* à ses côtés; et tous les Keréthiens, et tous les Peléthiens, et tous les Guitthiens, six cents hommes qui étaient venus de Gath à sa suite, marchaient* devant le roi.

19 Et le roi dit à Itthaï, le Guitthien: Pourquoi viendrais-tu, toi aussi, avec nous? Retourne-t’en, et demeure avec le roi; car tu es étranger, et de plus tu as émigré dans le lieu que tu habites*. 20 Tu es venu hier, et aujourd’hui je te ferais errer avec nous çà et là? Et quant à moi, je vais où je puis aller. Retourne-t’en, et emmène tes frères. Que la bonté et la vérité soient avec toi*! 21 Mais Itthaï répondit au roi, et dit: L’Éternel est vivant, et le roi, mon seigneur, est vivant, que dans le lieu où sera le roi, mon seigneur, soit pour la mort, soit pour la vie, là aussi sera ton serviteur! 22 Et David dit à Itthaï: Va, et passe! Alors Itthaï, le Guitthien, passa avec tous ses hommes et tous les enfants qui étaient avec lui. 23 Et tout le pays pleurait à haute voix, et tout le peuple passait; et le roi passa le torrent du Cédron, et tout le peuple passa en face du chemin du désert.

24 Et voici Tsadok aussi, et tous les Lévites avec lui, portant l’arche de l’alliance de Dieu, et ils posèrent l’arche de Dieu, et Abiathar monta, jusqu’à ce que tout le peuple eût achevé de passer hors de la ville. 25 Et le roi dit à Tsadok: Reporte l’arche de Dieu dans la ville; si je trouve grâce aux yeux de l’Éternel, alors il me ramènera, et me la fera voir, elle et sa demeure. 26 Et s’il dit ainsi: Je ne prends point de plaisir en toi; — me voici, qu’il fasse de moi ce qui sera bon à ses yeux. 27 Et le roi dit à Tsadok, le sacrificateur: N’es-tu pas le voyant? Retourne-t’en en paix à la ville, et Akhimaats, ton fils, et Jonathan, fils d’Abiathar, vos deux fils, avec vous. 28 Voyez, j’attendrai dans les plaines du désert, jusqu’à ce que vienne de votre part une parole pour m’apporter des nouvelles. 29 Et Tsadok et Abiathar reportèrent l’arche de Dieu à Jérusalem, et y demeurèrent.

30 Et David monta par la montée des Oliviers, montant et pleurant; et il avait la tête couverte et marchait nu-pieds, et tout le peuple qui était avec lui montait, chacun ayant sa tête couverte, et en montant ils pleuraient. 31 Et on rapporta à David, en disant: Akhitophel est parmi les conjurés avec Absalom. Et David dit: Éternel! je te prie, rends vain le conseil d’Akhitophel. 32 Et David, étant parvenu au sommet où il se prosterna devant Dieu, il arriva que voici, Hushaï, l’Arkite, vint au-devant de lui, sa tunique déchirée et de la terre sur sa tête. 33 Et David lui dit: Si tu passes avec moi, tu me seras à charge. 34 Mais si tu retournes à la ville, et que tu dises à Absalom: Ô roi! je serai ton serviteur; comme j’ai été autrefois serviteur de ton père, maintenant aussi je serai ton serviteur, — alors tu annuleras pour moi le conseil d’Akhitophel. 35 Et les sacrificateurs Tsadok et Abiathar ne sont-ils pas là avec toi? Et il arrivera que tout ce que tu entendras de la maison du roi, tu le rapporteras à Tsadok et à Abiathar, les sacrificateurs. 36 Voici, leurs deux fils, Akhimaats, [fils] de Tsadok, et Jonathan, [fils] d’Abiathar, sont là avec eux; et vous me ferez savoir* par eux tout ce que vous aurez entendu. 37 Et Hushaï, l’ami de David, vint dans la ville; et Absalom entra à Jérusalem.

/ v. 1: date: A.C. 1023, environ./ v. 7: plusieurs lisent: quatre. / v. 10: ailleurs: espions. / v. 12: offrir, ici, litt.: sacrifier: voir Deut. 12:15./ v. 17: maison éloignée. / v. 18: litt.: passaient. / v. 19: litt.: dans ton lieu. / v. 20: ou: frères avec toi. Bonté et vérité [te soient]. /  v. 36: litt.: vous enverrez.

Commentaires du chapitre 15

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitres 15 et 16: soulèvement d’Absalom et fuite de David

Ce chapitre présente la fuite de David. Joab, bien qu’ayant des mobiles différents de ceux de David, coopère avec lui. Absalom a le caractère d’un réprouvé. Cela est visible dès le début; il est gouverné par Satan qui est menteur et meurtrier dès le commencement. Pour atteindre son but, qui est celui de régner, Absalon use de flatterie; il prend une apparence de justice, de désintéressement (v. 3 et 4), d’amour (v. 5), tout cela pour tromper les cœurs des hommes d’Israël (v. 6). Absalom trompe les simples (v. 11), feint de rendre culte à l’Éternel et de le servir (v.7 et 8). Tout cela afin de s’emparer de la royauté et se substituer à l’oint de l’Éternel, à son propre père sur son trône, car il hait son père, il hait tout ce qui n’est pas lui-même.

Au ch. 18, 18, Absalom ira jusqu’à s’exalter. Tous ces traits seront l’apanage, à la fin des temps, de l’ennemi du roi d’Israël, l’Antichrist, l’homme de péché, l’inique. David qui fuit de devant Absalom est un type frappant des Juifs fidèles de la fin. David, un si beau type de Christ au commencement, est devenu un type du résidu souffrant comme conséquence de son grave péché. Mais David a aussi laissé de remarquables psaumes propres à encourager le résidu de la fin. Ainsi, 2 Sam. 15 correspond au Ps. 3 qui fait partie des Ps. 3 à 7 qui servent de préface à tout le livre des Psaumes, les Ps. 1 et 2 en étant le sommaire.

Dans les v. 13 et suivants, la hâte de David ne relève ni de lâcheté, ni de faiblesse, mais c’est bien de sa foi qu’il s’agit. David ne fuit pas en rapport avec la force d’Absalom, mais parce que ce dernier est la verge de Dieu levée en châtiment sur son serviteur. David veut aussi épargner Jérusalem, la ville de l’Éternel, de sanglants combats. Le v. 18 n’est pas le résultat d’une déroute. À l’inverse, David, accompagné d’étrangers, fait penser à Christ rejeté, offrant le salut aux nations.

Les v. 19 et suivants nous renseignent sur la belle attitude d’Itthaï qui est là, comme un nouveau-né à ses premiers pas. Malgré les paroles de David qui ne lui imputerait aucun mal, au cas où il retournerait à Jérusalem, ce dernier n’est pas influencé et ce «nouveau-né» est un exemple pour nous avec cet exemple de grande foi. Pour cela il suffit d’avoir une haute idée du Seigneur. Cet estime va si loin que le v. 21 montre un Itthaï prêt à mourir pour David, son seigneur. Les v. 23 à 25 donnent de précieux renseignements en relation avec l’arche de Dieu. Nous y voyons toute la sollicitude dont elle est l’objet, et toute la valeur qu’elle a aux yeux de David qui ne voulait pas que cette arche fut sa compagne de fuite. Fuite qui était, rappelons-le, une conséquence de son péché. Si son Dieu le permet, il sera ramené auprès de l’arche, mais que cette arche ne soit pas déplacée de Jérusalem, le lieu où elle doit. Le v. 26 est encore une preuve de la grande humiliation de David.

Puis, dans les v. 30 et suivants, le deuil est porté par David et le peuple. Christ a aussi porté cette humiliation en sympathie pour son peuple bien-aimé, vers la fin de sa carrière. Au v. 31, tout vient accabler David. Il apprend la trahison d’Akhitophel.  Hushaï (fin du chapitre) a un dernier devoir ardu; il en est de même aujourd’hui pour ceux qui ont à cœur de lutter contre les ennemis de Christ dont Akhitophel en est un exemple.

Texte biblique du chapitre 16
1 Et David avait passé un peu au delà du sommet, lorsque voici, Tsiba, serviteur* de Mephibosheth, vint à sa rencontre avec deux ânes bâtés, sur lesquels il y avait deux cents pains, et cent gâteaux de raisins secs, et cent de fruits d’été, et une outre de vin. 2 Et le roi dit à Tsiba: Que veux-tu faire de cela? Et Tsiba dit: Les ânes sont pour la maison du roi, pour les monter; et le pain et les fruits d’été, pour que les jeunes hommes les mangent; et le vin, pour que celui qui est fatigué dans le désert en boive. 3 Et le roi dit: Et où est le fils de ton seigneur? Et Tsiba dit au roi: Voici, il est demeuré à Jérusalem; car il a dit: Aujourd’hui la maison d’Israël me rendra le royaume de mon père. 4 Et le roi dit à Tsiba: Voici, tout ce qui est à Mephibosheth est à toi. Et Tsiba dit: Je me prosterne; que je trouve faveur à tes yeux, ô roi, mon seigneur!

5 Et le roi David vint jusqu’à Bakhurim; et voici, il en sortit un homme de la famille de la maison de Saül, et son nom était Shimhi, fils de Guéra: il sortit en maudissant, 6 et lança des pierres contre David et contre tous les serviteurs du roi David; et tout le peuple et tous les hommes forts étaient à sa droite et à sa gauche. 7 Et Shimhi disait ainsi en maudissant: Sors, sors, homme de sang, et homme de Bélial! 8 L’Éternel a fait retomber sur toi tout le sang de la maison de Saül, à la place duquel tu as régné, et l’Éternel a mis le royaume dans la main d’Absalom, ton fils; et te voilà [pris] dans ton propre mal, car tu es un homme de sang. 9 Et Abishaï, fils de Tseruïa, dit au roi: Pourquoi ce chien mort maudit-il le roi, mon seigneur? Laisse-moi passer et lui ôter la tête. 10 Et le roi dit: Qu’y a-t-il entre moi et vous, fils de Tseruïa? Oui, qu’il maudisse; car l’Éternel lui a dit: Maudis David! Et qui dira: Pourquoi fais-tu ainsi? 11 Et David dit à Abishaï et à tous ses serviteurs: Voici, mon fils qui est sorti de mes entrailles, cherche ma vie, combien plus maintenant ce Benjaminite! Laissez-le, et qu’il maudisse! car l’Éternel le lui a dit. 12 Peut-être l’Éternel regardera mon affliction, et l’Éternel me rendra le bien pour la malédiction qui tombe aujourd’hui sur moi. 13 Et David et ses hommes allèrent leur chemin; et Shimhi marchait sur le flanc de la montagne, vis-à-vis de lui, et en marchant il maudissait et lançait des pierres contre lui, et jetait de la poussière. 14 Et le roi, et tout le peuple qui était avec lui, arrivèrent fatigués, et là ils se refirent.

15 Et Absalom, et tout le peuple, les hommes d’Israël, vinrent à Jérusalem, et Akhitophel avec lui. 16 Et il arriva que, lorsque Hushaï, l’Arkite, l’ami de David, vint vers Absalom, Hushaï dit à Absalom: Vive le roi! vive le roi! 17 Et Absalom dit à Hushaï: Est-ce là ta bonté pour ton ami? Pourquoi n’es-tu pas allé avec ton ami? 18 Et Hushaï dit à Absalom: Non, car je serai à celui qu’ont choisi l’Éternel et ce peuple, et tous les hommes d’Israël, et c’est avec lui que je demeurerai; 19 et de plus, qui servirai-je? Ne sera-ce pas devant son fils? Comme j’ai servi devant ton père, ainsi je serai devant toi.

20 Et Absalom dit à Akhitophel: Donnez un conseil sur ce que nous ferons. 21 Et Akhitophel dit à Absalom: Va vers les concubines de ton père, qu’il a laissées pour garder la maison; et tout Israël entendra dire que tu es en mauvaise odeur auprès de ton père, et les mains de tous ceux qui sont avec toi seront fortifiées. 22 Et on tendit une tente pour Absalom sur le toit; et Absalom entra vers les concubines de son père, aux yeux de tout Israël. 23 Et le conseil que donnait Akhitophel, en ces jours-là, était comme si on se fût enquis de la parole de Dieu. Ainsi était tout le conseil d’Akhitophel, tant auprès de David qu’auprès d’Absalom.

/ v. 1: hébreu: jeune homme.

Commentaires du chapitre 16

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitres 15 et 16: soulèvement d’Absalom et fuite de David

Les circonstances que David traversent mettent son cœur à l’épreuve. Les hommes qu’il rencontre donnent de précieux enseignements.

Nous avons déjà été occupés d’Itthaï, né d’hier, qui est devenu serviteur du roi rejeté. Puis Tsadok et Abiathar n’avaient pas tort d’estimer que l’arche devait accompagner le roi. Ils ont une connaissance générale des pensées de Dieu, mais tiennent moins compte de ses voies envers David. David les enseigne lui-même en les renvoyant. Hushaï a un autre caractère; il consent à être séparé pour un temps de David; il y a contraste avec Itthaï. Hushaï avait un amour calme et pondéré. Ami intime de David, il possédait une connaissance que même les souverains sacrificateurs n’avaient pas. Cette connaissance lui est du reste communiquée par David, par: «Tu annuleras le conseil d’Akhitophel» (selon ch. 15). Pour nous, c’est dans l’intimité du Christ que nous recevons les communications de ses pensées.

Dans notre 2 Samuel 16, il y a d’abord Tsiba. Tsiba est exemplaire dans sa promptitude à l’action et dans le service. Toutefois, comme nous le verrons au ch. 19, 27, il trompera le roi et Mephibosheth.

Ensuite dans sa discipline à l’égard de David, Dieu nous donne un exemple de haine dans la personne de Shimhi (v. 5 et suivants). Bien que les accusations de Shimhi soient illégitimes, David ayant plus d’une fois épargné Saül, ressent néanmoins cruellement les conséquences de son forfait en ayant fait verser le sang innocent d’Urie. C’est pourquoi David accepte la honte au v. 10. Son cœur percé ne cherche ni défense, ni excuse, ni aucune compensation de sa justice passée. Son seul recours est la grâce (v. 12).

Et au v. 9 Abishaï cherche à détourner David de l’humble chemin où il se trouvait. Aux yeux de Dieu, cet Abishaï ne vaut pas mieux que Shimhi. Les paroles d’Abishaï dénotent en outre sa complète incapacité d’entrer dans les souffrances de David sous la discipline de Dieu. N’en était-il pas de même de Pierre à l’égard de Jésus en Matt. 16, 23 et ch. 26, 52.

Au v. 21 se vérifie le jugement prononcé au ch. 12, 11 et 12. C’est ainsi qu’Hushaï, accueillit par Absalom, ne s’oppose pas au conseil d’Akhitophel en cette occasion. Akhitopel, croyant fortifier les mains d’Absalom, ne fait qu’accomplir la parole de l’Eternel du Ps. 41, 9: «Mon intime ami aussi, en qui je me confiais, qui mangeait mon pain, a levé le talon contre moi». Akhitophel finira, comme Juda, par se suicider.

Texte biblique du chapitre 17
1 Et Akhitophel dit à Absalom: Laisse-moi choisir douze mille hommes, et je me lèverai, et je poursuivrai David cette nuit; 2 et j’arriverai sur lui tandis qu’il est fatigué et que ses mains sont faibles, et je l’épouvanterai; et tout le peuple qui est avec lui s’enfuira, et je frapperai le roi seul; 3 et je ramènerai à toi tout le peuple. L’homme que tu cherches est autant que le retour de tous: tout le peuple sera en paix. 4 Et la parole fut bonne* aux yeux d’Absalom et aux yeux de tous les anciens d’Israël.

5 Et Absalom dit: Appelle aussi Hushaï, l’Arkite, et nous entendrons ce que lui aussi dit*. 6 Et Hushaï vint vers Absalom; et Absalom lui parla, disant: Akhitophel a parlé de cette manière; ferons-nous ce qu’il a dit? Sinon, parle, toi. 7 Et Hushaï dit à Absalom: Le conseil qu’Akhitophel a donné cette fois n’est pas bon. 8 Et Hushaï dit: Tu connais ton père et ses hommes, que ce sont des hommes vaillants, et qu’ils ont l’amertume dans l’âme, comme une ourse dans les champs, privée de ses petits; et ton père est un homme de guerre: il ne passera pas la nuit avec le peuple. 9 Voici, il est maintenant caché dans quelque fosse, ou dans quelque autre lieu. Et il arrivera que, si quelques-uns tombent dès le commencement, quiconque l’apprendra, dira: Il y a une déroute parmi le peuple qui suit Absalom; 10 et celui-là même qui est un homme courageux, qui a un cœur de lion, se fondra entièrement, car tout Israël sait que ton père est un homme vaillant, et que ceux qui sont avec lui sont des hommes courageux. 11 Mais je conseille qu’on assemble en hâte auprès de toi tout Israël, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, nombreux comme le sable qui est près de la mer, et que toi-même tu marches au combat. 12 Et nous arriverons à lui dans l’un des lieux où il se trouvera, et nous nous abattrons sur lui comme la rosée tombe sur le sol; et, de lui et de tous les hommes qui sont avec lui, il n’en restera pas un seul. 13 Et s’il s’est retiré dans une ville, alors tout Israël apportera des cordes vers cette ville-là, et nous la traînerons jusque dans le torrent, jusqu’à ce qu’il ne s’en trouve pas même une petite pierre. 14 Et Absalom et tous les hommes d’Israël dirent: Le conseil de Hushaï, l’Arkite, est meilleur que le conseil d’Akhitophel. Et l’Éternel avait décrété d’annuler le bon conseil d’Akhitophel, pour que l’Éternel fît venir le mal sur Absalom.

15 Et Hushaï dit à Tsadok et à Abiathar, les sacrificateurs: Akhitophel a conseillé ainsi et ainsi à Absalom et aux anciens d’Israël, et ainsi et ainsi moi j’ai conseillé. 16 Et maintenant, envoyez promptement, et avertissez David, en disant: Ne passe pas la nuit dans les plaines du désert, et ne manque pas de passer plus avant, de peur que le roi ne soit englouti, et tout le peuple qui est avec lui. 17 Et Jonathan et Akhimaats se tenaient à En-Roguel, et une servante alla et les avertit, et ils allèrent et avertirent le roi David; car ils ne pouvaient pas se montrer entrant dans la ville. 18 Et un garçon les vit, et le rapporta à Absalom; alors ils s’en allèrent les deux en hâte, et vinrent à la maison d’un homme, à Bakhurim; et il avait dans sa cour un puits, où ils descendirent. 19 Et la femme prit une couverture et l’étendit sur la bouche du puits, et répandit dessus du grain pilé; et on ne s’aperçut de rien. 20 Et les serviteurs d’Absalom allèrent vers la femme dans la maison, et dirent: Où sont Akhimaats et Jonathan? Et la femme leur dit: Ils ont passé le ruisseau. Et ils les cherchèrent et ne les trouvèrent pas, et retournèrent à Jérusalem. 21 Et après qu’ils s’en furent allés, [Akhimaats et Jonathan] montèrent du puits, et allèrent et rapportèrent au roi David; et ils dirent à David: Levez-vous et passez l’eau en hâte, car Akhitophel a donné tel conseil contre vous. 22 Et David se leva, et tout le peuple qui était avec lui, et ils passèrent le Jourdain; à la lumière du matin il n’en manqua pas un qui n’eût passé le Jourdain.

23 Et quand Akhitophel vit que son conseil n’était pas exécuté, il sella son âne, et se leva et s’en alla en sa maison, dans sa ville; et il donna des ordres à sa maison, et s’étrangla, et mourut; et il fut enterré dans le sépulcre de son père.

24 Et David vint à Mahanaïm; et Absalom passa le Jourdain, lui et tous les hommes d’Israël avec lui. 25 Et Absalom établit Amasa sur l’armée, à la place de Joab. Et Amasa était le fils d’un homme nommé Jithra, l’Israélite*, qui était entré vers Abigaïl, fille de Nakhash et sœur de Tseruïa, mère de Joab. 26 Et Israël et Absalom se campèrent au pays de Galaad.

27 Et comme David arrivait à Mahanaïm, Shobi, fils de Nakhash, de Rabba des fils d’Ammon, et Makir, fils d’Ammiel, de Lodebar, et Barzillaï le Galaadite, de Roguelim, 28 amenèrent des lits, et des bassins, et des vases en poterie, et du froment, et de l’orge, et de la farine, et du grain rôti, et des fèves, et des lentilles, et des grains rôtis, 29 et du miel, et du caillé*, et du menu bétail, et des fromages de vache, pour David et pour le peuple qui était avec lui, pour qu’ils en mangeassent, car ils dirent: Le peuple a faim, et il est fatigué, et il a soif dans le désert.

v. 4: litt.: droite. / v. 5: litt.: ce qui sera dans sa bouche. / v. 25: Peut-être: l’Ismaélite; voir 1 Chroniques 2:17. / v. 29: ou: de la crème.

Commentaires du chapitre 17

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitre 17: Akhitophel et Hushaï

Comme vu au ch. 15, David a renvoyé à Jérusalem: Tsadok, Abiathar et Hushaï afin de les y employer à son service. Ils ont pour mission l’annulation du conseil d’Akhitophel et d’empêcher que ce faux prophète ne réussisse de ruiner la cause de David.

Le dessein caché de l’ennemi se trouve dans les v. 1 à 4. Il en veut à David. Au v. 2 l’agissement du prince des ténèbres est visible. Tout son effort tend à supprimer Christ. Au v. 4 le conseil d’Akhitophel paraît bon à Absalom et aux anciens. Pourtant Absalom demande également conseil à Hushaï; pourquoi? On peut en effet se poser la question! Toujours est-il qu’après avoir entendu Hushaï, tous trouvent sont conseil meilleur que celui d’Akhitophel. C’est que Dieu dirige lui-même les décisions et les appréciations des hommes. Oui il dirige tout comme il l’entend pour accomplir ses desseins. En effet, dans tous ces chapitres, sous toutes ces scènes de mal, Dieu est caché. La puissance de Satan, grande à nos yeux, n’est qu’un fétu de paille à ceux de Dieu.

Remarquons, dans ce chapitre 17, toute l’importance du service; c’est un parfum répandu, un bon parfum. Chacun concourt dans le but de donner au maître la place qui lui revient et qui lui a été enlevée. Tous ces versets décrivent des maillons qui travaillent. Si l’un seul venait à défaillir, David deviendrait la proie d’Absalom (selon les v. 15 à 21).

En rapport avec l’image du résidu fuyant Jérusalem (v. 22), Apoc. 12, 16 est à consulter: «et la terre vint en aide à la femme, et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa bouche».

Le v. 23 rapporte le fait du suicide d’Akhitophel car son orgueil est blessé et il appréhende le triomphe final de David.

Au v. 24, Mahanaïm est le lieu où Dieu donna son armée à Jacob pour le garder des entreprises d’Esaü. Envers David aussi, les ressources de notre Dieu restent immuables.

Verset 27; un objet d’intérêt commun (cet objet étant David lui-même) fait tomber toute barrière entre ces trois personnages si différents de position, de nationalité, de caractère, que sont Shobi, Makir et Barzillaï. Il était question de Makir au ch. 9, 4. Quant à Barzillaï il en sera question au ch. 19, 32. Dans les v. 28 et 29, ces hommes agissent par la foi pour subvenir aux besoins de David et du peuple. En réalité, cet abaissement n’en est pas un car il exalte et glorifie un David abaissé aujourd’hui, mais établi en gloire demain au-dessus de tous les rois de la terre.

Texte biblique du chapitre 18
1 Et David passa en revue le peuple qui était avec lui, et il établit sur eux des chefs de milliers et des chefs de centaines. 2 Et David envoya le peuple, un tiers sous la main de Joab, et un tiers sous la main d’Abishaï, fils de Tseruïa [et] frère de Joab, et un tiers sous la main d’Itthaï, le Guitthien. Et le roi dit au peuple: Certainement je sortirai moi aussi avec vous. 3 Mais le peuple dit: Tu ne sortiras point; car quand nous viendrions à fuir, ils ne prendraient pas garde à nous, et quand la moitié d’entre nous mourrait, ils ne prendraient pas garde à nous; car toi*, tu es comme dix mille d’entre nous; et maintenant il est bon que, de la ville, tu nous sois en secours. 4 Et le roi leur dit: Je ferai ce qui est bon à vos yeux. Et le roi se tint à côté de la porte, et tout le peuple sortit par centaines et par milliers. 5 Et le roi commanda à Joab, et à Abishaï, et à Itthaï, disant: Usez-moi de douceur envers le jeune homme, Absalom. Et tout le peuple entendit lorsque le roi donna ses ordres* à tous les chefs touchant Absalom.

6 Et le peuple sortit dans la campagne à la rencontre d’Israël; et la bataille eut lieu dans la forêt d’Éphraïm. 7 Et le peuple d’Israël fut battu là par les serviteurs de David; et le carnage fut grand ce jour-là,… vingt mille hommes. 8 Et la bataille s’étendit là sur toute la surface du pays, et la forêt dévora en ce jour plus de peuple que n’en dévora l’épée. 9 Et Absalom se trouva en présence des serviteurs de David, et Absalom montait un mulet; et le mulet entra sous les branches entrelacées d’un grand térébinthe; et la tête d’Absalom* se prit dans le térébinthe, et il demeura suspendu** entre le ciel et la terre; et le mulet qui était sous lui passa outre. 10 Et un homme vit cela, et le rapporta à Joab, et dit: Voici, j’ai vu Absalom suspendu à un térébinthe. 11 Et Joab dit à l’homme qui le lui rapportait: Et voici, tu l’as vu, et pourquoi ne l’as-tu pas abattu là par terre? Et c’eût été à moi de te donner dix [pièces] d’argent et une ceinture. 12 Et l’homme dit à Joab: Et quand je pèserais dans ma main mille [pièces] d’argent, je n’étendrais pas ma main sur le fils du roi; car à nos oreilles le roi t’a commandé, à toi, et à Abishaï, et à Itthaï, disant: Prenez garde, qui [de vous] que ce soit, au jeune homme Absalom; … 13 ou j’eusse agi perfidement contre ma vie, car rien* n’est caché au roi, et toi, tu aurais pris parti contre moi. 14 Et Joab dit: Je ne m’attarderai pas ainsi devant toi. Et il prit trois javelots dans sa main, et les enfonça dans le cœur d’Absalom, alors qu’il était encore vivant au milieu du térébinthe. 15 Et dix jeunes hommes qui portaient les armes de Joab entourèrent et frappèrent Absalom, et le mirent à mort. 16 Et Joab sonna de la trompette, et le peuple revint de la poursuite d’Israël, car Joab retint le peuple. 17 Et ils prirent Absalom et le jetèrent dans la forêt, dans une grande fosse, et élevèrent sur lui un très-grand monceau de pierres. Et tout Israël s’enfuit, chacun à sa tente. 18 Et Absalom avait pris et dressé pour lui, de son vivant, une stèle qui est dans la vallée du Roi; car il disait: Je n’ai pas de fils pour rappeler la mémoire de mon nom. Et il appela la stèle de son nom; et elle est appelée jusqu’à ce jour le monument d’Absalom.

19 Et Akhimaats, fils de Tsadok, dit: Laisse-moi courir et porter au roi la nouvelle que l’Éternel lui a fait justice de la main de ses ennemis. 20 Et Joab lui dit: Tu ne seras pas l’homme qui porteras les nouvelles aujourd’hui, mais tu porteras les nouvelles un autre jour; aujourd’hui tu ne porteras pas les nouvelles, puisque le fils du roi est mort. 21 Et Joab dit au Cushite*: Va, rapporte au roi ce que tu as vu. Et le Cushite se prosterna devant Joab, et courut. 22 Et Akhimaats, le fils de Tsadok, dit encore une fois à Joab: Quoi qu’il arrive, que je coure, moi aussi, je te prie, après le Cushite. Et Joab dit: Pourquoi veux-tu courir, mon fils, puisque tu n’as pas des nouvelles opportunes? 23 — Et quoi qu’il arrive, je veux courir. Et [Joab] lui dit: Cours!

Et Akhimaats courut par le chemin de la plaine, et dépassa le Cushite. 24 Et David était assis entre les deux portes; et la sentinelle alla sur le toit de la porte, sur la muraille, et elle leva les yeux, et regarda, et voici un homme qui courait seul. 25 Et la sentinelle cria et le rapporta au roi; et le roi dit: S’il est seul, il y a des nouvelles dans sa bouche. Et [l’homme] allait toujours, et approchait. 26 Et la sentinelle vit un autre homme qui courait, et la sentinelle cria au portier et dit: Voici, un homme qui court seul. Et le roi dit: Celui-ci aussi apporte des nouvelles. 27 Et la sentinelle dit: Je vois le premier courir comme court Akhimaats, fils de Tsadok. Et le roi dit: C’est un homme de bien, il vient avec de bonnes nouvelles. 28 Et Akhimaats cria, et dit au roi: Paix! Et il se prosterna devant le roi, le visage contre terre, et dit: Béni soit l’Éternel, ton Dieu, qui a livré les hommes qui avaient levé leurs mains contre le roi, mon seigneur! 29 Et le roi dit: y a-t-il paix pour le jeune homme Absalom? Akhimaats dit: J’ai vu un grand tumulte lorsque Joab envoya le serviteur du roi et ton serviteur; et je ne sais ce qu’il y avait. 30 Et le roi dit: Tourne-toi, et tiens-toi là. Et il se tourna, et se tint là.

31 Et voici, le Cushite arriva, et le Cushite dit: Que le roi, mon seigneur, reçoive une bonne nouvelle, car l’Éternel t’a aujourd’hui fait justice de la main de tous ceux qui s’étaient levés contre toi. 32 Et le roi dit au Cushite: Y a-t-il paix pour le jeune homme Absalom? Et le Cushite dit: Que les ennemis du roi, mon seigneur, et tous ceux qui se sont levés contre toi pour le mal, soient comme ce jeune homme! 33 Et le roi fut très-ému, et il monta à la chambre au-dessus de la porte et pleura; et en allant, il disait ainsi: Mon fils Absalom! mon fils! mon fils Absalom! Fussé-je mort à ta place! Absalom, mon fils, mon fils!

/ v. 3: selon d’autres: car maintenant. / v. 5: litt.: commanda. / v. 9*: litt.: sa tête. / v. 9**: hébreu: il fut mis. / v. 13: ou: Si j’eusse agi perfidement contre sa vie, rien…. / v. 21: ou: à l’Éthiopien; selon d’autres: à Cushi.

Commentaires du chapitre 18

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitre 18: la fin d’Absalom

Versets 1 à 5: après avoir passé le peuple en revue (v. 1), David établit (v. 2) les chefs pour conduire l’armée et parmi eux il y a Itthaï le Guitthien, cet étranger venu d’hier (cf ch. 15, 19 et suivants) avec un attachement sans réserve à David. David, lui confie dès lors un poste d’importance dans un tel monde. Le Seigneur Jésus a aussi un service en vue pour nous selon la mesure de notre amour pour lui. Au v. 3 ce: «Tu ne sortiras point» est bien la pensée de Dieu. Auparavant (ch. 11, 1), David était resté alors qu’il devait sortir. Ce fut le départ de toutes les circonstances adverses arrivées au roi depuis ce chapitre relatant le péché de David avec Bath-Shéba. Dans ce v. 3, le peuple a raison de dire que David est «comme dix mille d’entre nous». Akhitophel avait aussi bien compris toute la valeur du roi (ch. 17, 2-3). Le peuple considère David par la foi. Ainsi ce dernier a autant de valeur à leurs yeux, qu’il soit absent ou présent dans le champ de bataille. Au v. 4, le Seigneur a agit de même envers nous. Sa bonté demeure à toujours. Le v. 5 dénote toute la tendresse du roi envers son fils rebelle. En cela il y a peut-être un peu de faiblesse, mais avant tout, ce v. 5 nous fait penser à l’amour du Seigneur pour ses ennemis.

Ce qui suit (versets 6 et suivants) n’a pas besoin de beaucoup de commentaires. Le fils impie est suspendu au bois pour sa malédiction et sa honte. La chevelure dont il se glorifiait (ch. 14, 25), est devenue l’instrument de sa ruine. Cet homme orgueilleux avait même fait ériger, dès sa jeunesse, un monument avant même qu’il ait des fils, afin de rappeler la mémoire de son nom (v. 18). Mais il finit sous un tas de pierres, inconnu, dans la forêt d’Éphraïm (v. 17). Son monument, demeuré jusqu’alors, rappelle son terrible jugement. En Ésaïe 14, 12 à 20, il en sera de même pour l’antichrist et la bête qui s’élèveront contre le Seigneur. Au v. 14 on retrouve la main meurtrière de  Joab dont l’intérêt le pousse à tuer Absalom, qui, jadis humilia son orgueil (ch. 14, 32-33). Joab avait peur qu’Absalom le remplace par Amassa. Joab tuera un jour Amassa lorsqu’il réalisera que le meurtre d’Absalom ne lui aura pas rapporté les résultats escomptés. Joab n’a finalement pas de respect pour le roi. Un homme du peuple en avait plus (cf v. 12 et 13). Finalement, Juda est victorieux et la défaite d’Israël est totale. Les v. 7 et suivants en font part.

Versets 19 à 23: démontrent qu’Akhimaats n’attache pas d’importance à sa carrière et ne craint pas d’aller annoncer à David la nouvelle malgré la politique de Joab qui voulait l’en dissuader. Quoi qu’il arrive, Akhimaats veut se prosterner devant le roi, être le premier à reconnaître la dignité qui lui est rendue. Tout son cœur appartient à David et qui sait, il a peut-être agit afin d’amortir le choc que David recevrait en apprenant la mort de son fils rebelle. Quoi qu’il en soit, il a en vue que la gloire du roi.

Fin du chapitre: puissions-nous prendre modèle sur Akhimaats (dans les v. 24 et suivants) afin d’être les premiers aux pieds du Seigneur. Au v. 33, David ne pouvait pas mourir pour son fils rebelle, un seul pouvait mourir pour les injustes: le Seigneur Jésus, le Christ. Après avoir déshonoré le Seigneur à la cour d’Akish (cf Ps. 34, 18), après la perte de son enfant (cf Ps. 51, 17), et enfin dans ce ch. 18, le cœur de David est totalement brisé et le soleil se lève enfin radieux. Son cœur est rempli de grâce. Sortant de sa cruelle épreuve, il sera pour d’autres le dispensateur de cette grâce divine.

Texte biblique du chapitre 19
1 Et on rapporta à Joab: Voici, le roi pleure et mène deuil sur Absalom. 2 Et la victoire fut changée en deuil pour tout le peuple, ce jour-là, car le peuple entendit ce jour-là qu’on disait: Le roi est affligé à cause de son fils. 3 Et le peuple entra, ce jour-là, dans la ville à la dérobée, comme s’en irait à la dérobée un peuple honteux d’avoir pris la fuite dans la bataille. 4 Et le roi avait couvert son visage, et le roi criait à haute voix: Mon fils Absalom! Absalom, mon fils, mon fils! 5 Et Joab vint vers le roi dans la maison, et dit: Tu as aujourd’hui rendu honteuse la face de tous tes serviteurs, qui ont aujourd’hui sauvé ta vie, et la vie de tes fils et de tes filles, et la vie de tes femmes, et la vie de tes concubines, 6 en ce que tu aimes ceux qui te haïssent, et que tu hais ceux qui t’aiment, car tu as montré aujourd’hui que tes chefs et tes serviteurs ne te sont rien; et je sais aujourd’hui que, si Absalom vivait et que, nous tous, nous fussions morts aujourd’hui, alors cela serait bon* à tes yeux. 7 Et maintenant, lève-toi, sors, et parle au cœur de tes serviteurs; car je jure par l’Éternel que si tu ne sors, pas un homme ne demeurera cette nuit avec toi; et ceci sera pire pour toi que tout le mal qui t’est arrivé depuis ta jeunesse jusqu’à maintenant. 8 Et le roi se leva, et s’assit dans la porte; et on rapporta à tout le peuple, en disant: Voici, le roi est assis dans la porte. Et tout le peuple vint devant le roi.

Et Israël s’était enfui, chacun à sa tente*. 9 Et tout le peuple était à se disputer dans toutes les tribus d’Israël, disant: Le roi nous a délivrés de la main de nos ennemis, et c’est lui qui nous a sauvés de la main des Philistins, et maintenant il s’est enfui du pays à cause d’Absalom; 10 et Absalom, que nous avions oint sur nous, est mort dans la bataille; et maintenant, pourquoi gardez-vous le silence pour ce qui est de ramener le roi?

11 Et le roi David envoya à Tsadok et à Abiathar, les sacrificateurs, disant: Parlez aux anciens de Juda, en disant: Pourquoi êtes-vous les derniers pour ramener le roi dans sa maison, alors que la parole de tout Israël est venue au roi dans sa maison? 12 Vous êtes mes frères, vous êtes mon os et ma chair; et pourquoi êtes-vous les derniers pour ramener le roi? 13 Et dites à Amasa: N’es-tu pas mon os et ma chair? Que Dieu me fasse ainsi, et ainsi y ajoute, si tu n’es chef de l’armée devant moi, pour toujours, à la place de Joab! 14 Et il inclina le cœur de tous les hommes de Juda comme un seul homme, et ils envoyèrent dire au roi: Reviens, toi et tous tes serviteurs. 15 Et le roi s’en retourna, et vint jusqu’au Jourdain; et Juda vint à Guilgal pour aller à la rencontre du roi, pour faire passer au roi le Jourdain.

16 Et Shimhi, fils de Guéra, le Benjaminite, qui était de Bakhurim, se hâta et descendit avec les hommes de Juda à la rencontre du roi David, 17 et, avec lui, mille hommes de Benjamin, et Tsiba, serviteur* de la maison de Saül, et ses quinze fils et ses vingt serviteurs avec lui; et ils traversèrent le Jourdain devant le roi. 18 Et un bac passa pour faire passer la maison du roi, et faire ce qui était bon à ses yeux. Et Shimhi, fils de Guéra, tomba devant le roi comme il allait passer le Jourdain, 19 et il dit au roi: Ne m’impute pas d’iniquité, mon seigneur, et ne te souviens pas de l’iniquité commise par ton serviteur au jour que le roi, mon seigneur, sortit de Jérusalem, en sorte que le roi le prenne à cœur. 20 Car moi, ton serviteur, je sais que j’ai péché; et voici, je suis venu aujourd’hui le premier de toute la maison de Joseph, pour descendre à la rencontre du roi, mon seigneur. 21 Et Abishaï, fils de Tseruïa, répondit et dit: Ne fera-t-on pas mourir Shimhi pour cela, car il a maudit l’oint de l’Éternel? 22 Et David dit: Qu’ai-je à faire avec vous, fils de Tseruïa? car vous êtes aujourd’hui des adversaires pour moi. Ferait-on mourir aujourd’hui un homme en Israël? car ne sais-je pas que je suis aujourd’hui roi sur Israël? 23 Et le roi dit à Shimhi: Tu ne mourras point. Et le roi le lui jura.

24 Et Mephibosheth, fils de Saül, descendit à la rencontre du roi; et il n’avait pas soigné ses pieds, et n’avait pas fait sa barbe, et n’avait pas lavé ses vêtements, depuis le jour que le roi s’en était allé, jusqu’au jour où il revint en paix. 25 Et lorsque Jérusalem vint* à la rencontre du roi, le roi lui dit: Pourquoi n’es-tu pas allé avec moi, Mephibosheth? 26 Et il dit: Ô roi, mon seigneur! mon serviteur m’a trompé; car ton serviteur disait: Je sellerai mon âne, et je monterai dessus, et j’irai avec le roi, car ton serviteur est boiteux; 27 et il a calomnié ton serviteur auprès du roi, mon seigneur; mais le roi, mon seigneur, est comme un ange de Dieu: fais donc ce qui est bon à tes yeux. 28 Car toute la maison de mon père n’était que des hommes morts* devant le roi, mon seigneur; et tu as mis ton serviteur parmi ceux qui mangent à ta table; et quel droit ai-je encore? et pour quel sujet crierai-je encore au roi? 29 Et le roi lui dit: Pourquoi me parles-tu encore de tes affaires? Je l’ai dit: Toi et Tsiba, partagez les champs. 30 Et Mephibosheth dit au roi: Qu’il prenne même le tout, puisque le roi, mon seigneur, est revenu en paix dans sa maison.

31 Et Barzillaï, le Galaadite, descendit de Roguelim, et passa le Jourdain avec le roi, pour l’accompagner au delà du Jourdain. 32 Et Barzillaï était très-vieux, âgé de quatre-vingts ans, et il avait entretenu le roi pendant qu’il habitait à Mahanaïm, car il était un homme très-riche. 33 Et le roi dit à Barzillaï: Passe avec moi, et je t’entretiendrai auprès de moi à Jérusalem. 34 Et Barzillaï dit au roi: Combien seront les jours des années de ma vie, pour que je monte avec le roi à Jérusalem? 35 Je suis aujourd’hui âgé de quatre-vingts ans; puis-je distinguer ce qui est bon de ce qui est mauvais? Ton serviteur peut-il savourer ce que je mange et ce que je bois? Puis-je encore entendre la voix des chanteurs et des chanteuses? Et pourquoi ton serviteur serait-il encore à charge au roi, mon seigneur? 36 Ton serviteur passera pour peu [de temps] le Jourdain avec le roi; et pourquoi le roi me donnerait-il cette récompense? 37 Que ton serviteur, je te prie, s’en retourne, afin que je meure dans ma ville, auprès du sépulcre de mon père et de ma mère; et voici ton serviteur Kimham, il passera avec le roi, mon seigneur: fais-lui ce qui sera bon à tes yeux. 38 Et le roi dit: Kimham passera avec moi, et je lui ferai ce qui sera bon à tes yeux; et tout ce que tu voudras de moi, je te le ferai. 39 Et tout le peuple passa le Jourdain, et le roi passa. Et le roi baisa Barzillaï, et le bénit; et [Barzillaï] s’en retourna en son lieu. 40 Et le roi passa à Guilgal, et Kimham passa avec lui; et tout le peuple de Juda, et aussi la moitié du peuple d’Israël, firent passer le roi.

41 Et voici, tous les hommes d’Israël vinrent vers le roi, et dirent au roi: Pourquoi nos frères, les hommes de Juda, t’ont-ils enlevé et ont-ils fait passer le Jourdain au roi, et à sa maison, et à tous les hommes de David avec lui? 42 Et tous les hommes de Juda répondirent aux hommes d’Israël: Parce que le roi m’est proche; et pourquoi y a-t-il chez toi cette colère à cause de cela? Avons-nous mangé quelque chose qui vînt du roi, ou nous a-t-il fait des présents? 43 Et les hommes d’Israël répondirent aux hommes de Juda, et dirent: J’ai dix parts au roi, et aussi en David j’ai plus que toi; et pourquoi m’as-tu méprisé? Et ma parole n’a-t-elle pas été la première pour ramener mon roi? Et la parole des hommes de Juda fut plus dure que la parole des hommes d’Israël.

/ v. 6: ici, litt.: droit. / v. 8: voir 18:17. / v. 17: hébreu: jeune homme. / v. 25: quelques-uns: Et lorsqu’il arriva à Jérusalem. / v. 28: litt.: hommes de la mort.

Commentaires du chapitre 19

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitre 19: le retour de David

Versets 1 à 40: la grâce est en activité. Joab reprend David en raison, au point de vue de l’homme, de sa faiblesse vis-à-vis de ses ennemis (v. 5 à 7). Pourtant, en la circonstance, c’est Joab qui avait amené tout ce mal à David en tuant son fils Absalom. Tout ceci était cependant dans les conseils de Dieu et nous fait penser au ch. 12, 10-11. En tout cela, David devait reconnaître la main de Dieu. Le moment des rétributions n’était pas encore venu. Ainsi, au v. 13, Dieu ne permet pas que Joab soit remplacé par Amasa. Finalement, David se range au conseil de Joab. S’il le fait, c’est qu’il reconnaît les voies de Dieu. Le jugement de Joab est remis à plus tard par David à Salomon. Joab ne se verra pas infliger la mort d’Absalom, mais celles d’Abner (ch. 3, 30) et d’Amasa (ch. 20, 10) faites en temps de paix. David s’assied donc à la porte de la ville où tout le peuple se présente devant lui. La discipline de Dieu à son égard est maintenant terminée et c’est avec un cœur brisé que le roi nous fait entrer dans une scène de grâce, de pardon et de paix.

Versets 9 à 15: c’est la grâce. Les dix tribus avaient trahi et abandonné David pour suivre Absalom. Elles reviennent les premières et parlent de ramener le roi (v. 10). David l’apprend et ouvre ses bras à Juda en déclarant: Tu es mon os et ma chair (v. 12). Amasa, qui était le chef de l’armée ennemie, reçoit aussi le pardon. Amasa, comme Joab, était neveu du roi. La grâce de David ne demande rien. Elle fait du bien à ses ennemis.

Versets 16 à 23: le pardon est mis en évidence. Ce pardon est ainsi accordé à Shimhi. Il est soumis selon ses déclarations des v. 19 et 20. Au v. 21 Abishaï est toujours le même et David le reprend au v. 22. C’est bien un jour de grâce et de pardon. Le v. 23 le confirme: Tu ne mourras point. Plus tard, en 1 Rois 2, 32-46, on verra les sentiments de Shimhi et son jugement.

Versets 24 à 30: une scène de paix. Mephibosheth descend à la rencontre de son bienfaiteur sur qui il avait mené deuil depuis son départ. Tsiba l’avait trompé et calomnié au ch. 16, 1-4. Et ici, Tsiba dévoile un mauvais trait puisqu’il est en compagnie du méchant Shimhi pour traverser le Jourdain et aller à la rencontre du roi (cf v. 16 et 17). Au v. 29 il semble que David reprend vertement Mephibosheth. La parole ne nous le dit pas, mais peut-être que, malgré son infirmité, Mephibosheth aurait du essayer de suivre David, bien que Tsiba lui ait refusé toute aide. De toute manière, le v. 24 indique que Mephibosheth menait deuil et attendait ardemment le retour du roi. En fait, les paroles de David du v. 29 constituent une mise à l’épreuve et nous rappellent celles de Jésus à la syro-phénicienne. Le Seigneur mettait la foi de cette femme à l’épreuve et David en fait de même dans le cas de Mephibosheth qui fait ressortir, dans cette épreuve, un parfum de dépendance et de renoncement à lui-même. Dans sa foi, trois caractères apparaissent: 1) au v. 27 elle accepte la volonté de David comme étant celle de Dieu. 2)  au v. 28 il reconnaît par la foi qu’il n’a aucun droit à la faveur du roi. 3) au v. 30 Mephibosheth renonce à tous ses avantages temporels. Au v. 29, qui précède cette réponse du v. 30, David semble avoir errer en quelque mesure lorsque, au ch. 16, 4, il attribuait tout à Tsiba alors qu’au v. 29b, il évoque un partage de champs. Mais soyons dans l’état de Mephibosheth dont le cœur était entièrement occupé des choses de son seigneur.

Dans les v. 31 à 40, en contraste avec Mephibosheth, Barzillaï, ce vieillard riche est éprouvé par l’offre du roi, offre de bénédiction temporelle. Et Barzillaï, qui n’avait pas travaillé pour une récompense, refuse, v. 34 et 35. Barzillaï propose que son fils Kimham bénéficie de ces bénédictions et David accepte avec joie. Plus tard les fils de Barzillaï mangeront à la table de Salomon, selon 1 Rois 2, 7. Et au v. 39 Barzillaï reçoit encore le témoignage d’avoir été utile à Dieu par ce baiser et cette bénédiction.

Versets 31 à 40: c’est le passage du Jourdain et l’arrivée à Guilgal. Ces versets ont trait au retour futur du résidu. Cependant, par analogie et pour nous croyants du 21ème siècle, il y a cet enseignement que la croix nous sépare du monde et de la chair, comme le Jourdain et Guilgal en sont les types. Ces types sont ainsi en rapport avec la restauration finale de David dont l’histoire est pleine d’enseignements en rapport avec les conséquences de sa grave chute du chapitre 11. Afin de manifester cette grâce, il a bien fallu que David soit complètement restauré et qu’il refasse le chemin de la croix.

Versets 41 à 43: c’est un autre tableau. C’est un conflit entre frères, conflit qui se poursuit au ch. 20. Une simple lecture fait ressortir que tous ces discours sont le produit d’une activité charnelle. Chacune des parties essaye de se prévaloir aux yeux du roi. Malgré sa merveilleuse position, Juda ne vaut pas mieux que les dix tribus.

Texte biblique du chapitre 20
1 Et il se rencontra là un homme de Bélial, son nom était Shéba, fils de Bicri, Benjaminite; et il sonna de la trompette, et dit: Nous n’avons point de part en David, ni d’héritage dans le fils d’Isaï. 2 Chacun à sa tente, Israël! Et tous les hommes d’Israël, se séparant de David, suivirent Shéba, fils de Bicri; mais les hommes de Juda s’attachèrent à leur roi, depuis le Jourdain jusqu’à Jérusalem.

3 Et David vint dans sa maison à Jérusalem. Et le roi prit les dix femmes concubines qu’il avait laissées pour garder la maison, et les mit dans une maison où elles étaient gardées, et les entretint; mais il n’entra pas vers elles; et elles furent enfermées jusqu’au jour de leur mort, vivant dans le veuvage.

4 Et le roi dit à Amasa: Rassemble-moi en trois jours les hommes de Juda; et toi, sois présent ici. 5 Et Amasa s’en alla pour rassembler Juda; mais il tarda au delà du terme qui lui était assigné. 6 Et David dit à Abishaï: Maintenant Shéba, fils de Bicri, nous fera plus de mal qu’Absalom. Toi, prends les serviteurs de ton seigneur, et poursuis-le, de peur qu’il ne trouve des villes fortes, et qu’il ne se dérobe à nos yeux. 7 Et les hommes de Joab sortirent après lui, et les Keréthiens, et les Peléthiens, et tous les hommes forts; et ils sortirent de Jérusalem pour poursuivre Shéba, fils de Bicri.

8 Ils étaient près de la grande pierre qui est à Gabaon, qu’Amasa arriva devant eux. Et Joab était ceint de la casaque dont il était vêtu, et, par-dessus, il avait le ceinturon de l’épée attachée sur ses reins dans son fourreau; et comme il s’avançait, elle tomba. 9 Et Joab dit à Amasa: Te portes-tu bien, mon frère? Et Joab de sa main droite saisit la barbe d’Amasa, pour le baiser. 10 Et Amasa ne prenait pas garde à l’épée qui était dans la main de Joab; et [Joab] l’en frappa dans le ventre, et répandit ses entrailles à terre, sans le [frapper] une seconde fois; et il mourut. Et Joab, et Abishaï, son frère, poursuivirent Shéba, fils de Bicri. 11 Et l’un des jeunes hommes de Joab se tint près d’Amasa*, et dit: Quiconque prend plaisir en Joab et quiconque est pour David, qu’il suive Joab! 12 Et Amasa se roulait dans son sang, au milieu de la route; et quand cet homme vit que tout le peuple s’arrêtait, il tira Amasa hors de la route dans un champ, et jeta un vêtement sur lui, quand il vit que tous ceux qui arrivaient près de lui s’arrêtaient. 13 Quand il fut ôté de la route, tous les hommes passèrent outre après Joab, afin de poursuivre Shéba, fils de Bicri.

14 Et [celui-ci] passa par toutes les tribus d’Israël, jusqu’à Abel et Beth-Maaca, et tout Bérim; et ils se rassemblèrent*, et le suivirent aussi. 15 Et ils vinrent et assiégèrent [Shéba] dans Abel-Beth-Maaca, et ils élevèrent contre la ville une terrasse, et elle se dressait contre l’avant-mur; et tout le peuple qui était avec Joab sapait pour faire tomber la muraille.

16 Et une femme sage cria de la ville: Écoutez, écoutez! Dites, je vous prie, à Joab: Approche jusqu’ici, et je te parlerai. Et il s’approcha d’elle. 17 Et la femme dit: Es-tu Joab? Et il dit: C’est moi. Et elle lui dit: Écoute les paroles de ta servante. Et il dit: J’écoute. 18 Et elle parla et dit: On avait coutume autrefois de parler, disant: Demandez seulement à Abel, et ainsi on en finissait. 19 Moi, je suis paisible [et] fidèle en Israël; toi, tu cherches à faire périr une ville et une mère en Israël; pourquoi veux-tu engloutir l’héritage de l’Éternel? 20 Et Joab répondit et dit: Loin de moi, loin de moi, de vouloir engloutir et détruire! 21 La chose n’est pas ainsi, mais un homme de la montagne d’Éphraïm, qui a nom Shéba, fils de Bicri, a levé sa main contre le roi, contre David; livrez-le, lui seul, et je m’en irai de devant la ville. Et la femme dit à Joab: Voici, sa tête te sera jetée par la muraille. 22 Et la femme vint vers tout le peuple, avec sa sagesse; et ils coupèrent la tête de Shéba, fils de Bicri, et la jetèrent à Joab. Et il sonna de la trompette, et on se dispersa de devant la ville, chacun à sa tente; et Joab retourna à Jérusalem vers le roi.

23 Et Joab était [préposé] sur toute l’armée d’Israël; et Benaïa, fils de Jehoïada, sur les Keréthiens et sur les Peléthiens; 24 et Adoram sur les levées*; et Josaphat, fils d’Akhilud, était rédacteur des chroniques; 25 et Sheva* était scribe**, et Tsadok et Abiathar, sacrificateurs; 26 et Ira aussi, le Jaïrite, était principal officier de David.

/ v. 11: litt.: près de lui.  / v. 14: quelques-uns lisent: tous les jeunes hommes se rassemblèrent.  / v. 24: ailleurs: corvée, tribut.  / v. 25*: ou: Shéïa.  / v. 25**: ou: secrétaire.

Commentaires du chapitre 20

Deuxième partie: ch. 11 à 20: déclin du règne; chute de David et conséquences.
Chapitre 20: soulèvement de Shéba

Selon le v. 43 du ch. 19, un manque d’amour est évident et cela de la part de ceux qui ont raison. Une division en résulte. Les v. 1 et 2 la montre. À l’instigation de Satan qui emploie Shéba, fils de Bicri, pour cette œuvre, Israël qui venait de dire: j’ai dix parts au roi, s’écrie maintenant: nous n’avons point de part en David, ni d’héritage dans le fils d’Isaï. Tout Israël, pour une question personnelle, se sépare ainsi de David. C’est ce que l’ennemi désire. Le but de Satan est bien de détourner les âmes de Christ, et nous le voyons entraîner de pauvres saints aveuglés qui préfèrent à David un homme de Bélial, un Shéba, fils de Bicri, Benjaminite. Mais la grâce de David, comme au ch. 9, 13-14, a réuni en un le peuple de Juda qui reste attaché au roi, selon v. 2. La bénédiction est donc pour Juda, malgré sa faute dans ce qu’ils étaient plus durs de parole que ceux d’Israël. Juda est en bénédiction car il est gardé là où David se trouve.

Puis David, ayant repris sa place au milieu du résidu de son peuple, purifie sa maison de la corruption qui s’y était introduite suite aux conséquences de sa culpabilité. Toutefois, David n’en chasse pas ces femmes souillées pour la réédifier sur un nouveau pied. Le mal, les vases à déshonneur, la souillure, sont là. David en porte la peine et l’humiliation même s’il se purifie personnellement de ces choses afin d’être un vase à honneur pour l’Éternel. Il ne s’allie nullement au mal qu’il avait pourtant provoqué. Sa séparation est publique. Et cela nous fait penser à l’injonction de  2 Tim. 2.

Versets 4 à 8 : David, décidé à renvoyer Joab, cherche à tenir la promesse faite à son neveu Amasa, en le faisant chef de l’armée. David semble manquer de patience, car Amasa n’était pas un traître, puisqu’il était déjà arrivé à Gabaon, non loin de Jérusalem, quand le corps d’Abishaï et l’élite sortaient de la capitale (v. 8). Le fait est que, par crainte du mal que Shéba pourait faire, David retombe, par Abishaï, entre les mains de Joab. Dans tout cela on voit que David n’a pas consulté l’Eternel. Il aurait dû le faire car l’Eternel, qui avait déjà incliné le cœur d’Israël une fois, aurait pu le faire une seconde fois.

Versets 9 et 10 : Joab, ambitieux, sans scrupule, commet un troisième meurtre afin de reconquérir sa place.

Versets 14 à la fin :  la sagesse d’une femme, dans la ville d’Abel, arrête l’effusion de sang. La guerre fratricide prend fin par la mort de Shéba, le coupable. Au v. 21 Joab a une parole de sagesse en ce qu’il accuse justement Shéba. Il entre dans le vif de la question car Shéba dirigeait son attaque contre le roi. Cette femme se rend alors compte que juger le coupable est la seule chose à faire pour ramener la paix, d’où sa réponse du v. 21. Celui qui avait levé la main contre David devait être retranché. N’est-ce pas là ce qui devrait toujours avoir lieu dans les conflits entre frères au sujet de la doctrine. Les uns jugent, les autres acceptent l’hérétique et la paix ne peut être rétablie que par le retranchement du méchant.

Ce chapitre se termine comme le ch. 8, 15-18, par l’énumération de l’ordre restauré dans l’administration du royaume. Ce qui suit est comme l’épilogue du livre.

Texte biblique du chapitre 21
1 Et il y eut, du temps de David, une famine de trois ans, année après année. Et David rechercha la face de l’Éternel, et l’Éternel dit: C’est à cause de Saül et de sa maison de sang, parce qu’il a fait mourir les Gabaonites. 2 Et le roi appela les Gabaonites et leur parla. (Or les Gabaonites n’étaient pas des fils d’Israël, mais du reste des Amoréens, et les fils d’Israël s’étaient obligés envers eux par serment; et Saül, dans son zèle pour les fils d’Israël et de Juda, avait cherché à les frapper). 3 Et David dit aux Gabaonites: Que ferai-je pour vous, et avec quoi ferai-je expiation, de sorte que vous bénissiez l’héritage de l’Éternel? 4 Et les Gabaonites lui dirent: Il ne s’agit pas pour nous d’argent ou d’or à l’égard de Saül et de sa maison, ni qu’on fasse mourir personne en Israël. Et il dit: Ce que vous direz, je le ferai pour vous. 5 Et ils dirent au roi: L’homme qui nous a consumés et qui a formé un plan contre nous afin de nous détruire, pour que nous ne puissions subsister dans tous les confins d’Israël…: 6 qu’on nous livre sept hommes de ses fils, et nous les pendrons devant l’Éternel à Guibha de Saül, l’élu de l’Éternel. Et le roi dit: Je les livrerai. 7 Et le roi épargna Mephibosheth, fils de Jonathan, fils de Saül, à cause du serment de l’Éternel, qui était entre eux, entre David et Jonathan, fils de Saül.

8 Et le roi prit les deux fils de Ritspa, fille d’Aïa, qu’elle avait enfantés à Saül, Armoni et Mephibosheth, et les cinq fils de Mical*, fille de Saül, qu’elle avait enfantés à Adriel, fils de Barzillaï, le Meholathite, 9 et il les livra aux mains des Gabaonites, qui les pendirent sur la montagne, devant l’Éternel; et les sept tombèrent ensemble, et on les fit mourir aux premiers jours de la moisson, au commencement de la moisson des orges. 10 Et Ritspa, fille d’Aïa, prit un sac* et l’étendit sur le rocher, depuis le commencement de la moisson jusqu’à ce qu’il tombât de l’eau des cieux sur eux; et elle ne permit pas aux oiseaux des cieux de se poser sur eux le jour, ni aux bêtes des champs la nuit. 11 Et ce que Ritspa, fille d’Aïa, concubine de Saül, avait fait fut rapporté à David.

12 Et David alla et prit les os de Saül et les os de Jonathan, son fils, de chez les habitants* de Jabès de Galaad, qui les avaient dérobés de la place de Beth-Shan, où les Philistins les avaient suspendus le jour où les Philistins avaient frappé Saül à Guilboa. 13 Et il emporta de là les os de Saül et les os de Jonathan, son fils; et on recueillit les os de ceux qui avaient été pendus, 14 et on les enterra avec les os de Saül et de Jonathan, son fils, dans le pays de Benjamin, à Tséla, dans le sépulcre de Kis, son père. Et on fit tout ce que le roi avait commandé: et après cela, Dieu fut propice au pays.

15 Et il y eut encore une guerre des Philistins contre Israël; et David descendit, et ses serviteurs avec lui, et ils se battirent avec les Philistins; et David était fatigué. 16 Et Jishbi-Benob, qui était des enfants du géant* (le poids de sa lance était de trois cents sicles** d’airain, et il était ceint d’une [armure] neuve), pensa frapper David. 17 Et Abishaï, fils de Tseruïa, le secourut, et frappa le Philistin et le tua. Alors les hommes de David lui jurèrent, disant: Tu ne sortiras plus avec nous pour la guerre, et tu n’éteindras pas la lampe d’Israël. 18 Et il arriva, après cela, qu’il y eut encore un combat, à Gob, avec les Philistins. Alors Sibbecaï, le Hushathite, frappa Saph, qui était un des enfants du géant. 19 Et il y eut encore un combat, à Gob, avec les Philistins: et Elkhanan, fils de Jaaré-Oreguim, le Bethléhémite, frappa Goliath, le Guitthien; et le bois de sa lance était comme l’ensouple des tisserands. 20 Et il y eut encore un combat, à Gath: et il y avait [là] un homme de haute stature qui avait six doigts aux mains et six orteils aux pieds, en tout* vingt-quatre; et lui aussi était né au géant. 21 Et il outragea Israël; mais Jonathan, fils de Shimha, frère de David, le frappa. 22 Ces quatre étaient nés au géant, à Gath, et tombèrent par la main de David et par la main de ses serviteurs.

/ v. 8: d’autres lisent Mérab.  / v. 10: de la toile à sac.  / v. 12: hébreu: maîtres, possesseurs.  / v. 16*: hébreu: Rapha, d’où aussi Rephaïm; voir Deut. 2:11, 20.  / v. 16**: hébreu: poids.  / v. 20: litt.: en nombre.

Commentaires du chapitre 21

Troisième partie: ch. 21 à 24: appendice.
Chapitre 21: David et les Gabaonites. // Guerre des Philistins

Après les terribles épreuves qu’Israël vient de subir, et que la restauration est maintenant effectuée, une ère de prospérité devrait logiquement suivre. Au contraire, c’est une nouvelle et  terrible plaie que nous présente la première partie de ce chapitre. Sans doute la famine dont il est question a eu lieu à cette époque puisque le verset premier mentionne  ce «temps de David». Mais ce n’est jamais sans intention que l’Esprit de Dieu intervertit l’ordre des choses. C’est le cas dans plusieurs parties des Ecritures dont la fin des Juges et de nombreux endroits dans dans les évangiles.

Dans ce chapitre 21, une fois de plus, le gouvernement de Dieu ne peut pas tolérer le mal quel qu’il soit et il le juge avec d’autant de sévérité que l’assemblée est relativement dans un bon état. Et cet acte sanguinaire de Saül (v. 1b), le peuple avait peut-être oublié. David n’en avait peut-être même pas eu connaissance. Mais Dieu ne l’a pas oublié. Au v. 2 le zèle de Saül s’alliait fort bien avec la haine qu’il avait contre David, oint de l’Eternel.

L’histoire des Gabaonites se trouve dans le chapitre 9 du livre de Josué. Saül est certes zélé pour sa nation comme on peut l’être pour l’église, toutefois sans que Dieu n’y ait aucune part. Saül avait ainsi méprisé le serment que Josué et les fils d’Israël avaient conclus avec les Gabaonites, vis-à-vis de l’Eternel.

Versets 1 à 7 : au v. 1, la seule ressource possible pour David est de rechercher l’Eternel. Dieu répond à David en lui faisant savoir l’acte coupable de la maison de Saül dont la maison de David est exempte. Dans ces versets, David n’a pas demandé le discernement nécessaire à Dieu. De fait, il consent à la requête des Gabaonites en livrant sept hommes de la descendance de Saül. Mephibosheth, porté sur le cœur du roi, est épargné.

Versets 8 et suivants : en rapport avec le v. 9: «Il les livra aux mains des Gabaonites, qui les pendirent sur la montagne, devant l’Eternel; et les sept tombèrent ensemble et on les fit mourir aux premiers jours de la moisson, au commencement de la moisson des orges».  Ce procédé des Gabaonites est en opposition avec la loi. Au v. 10 Ritspa, déjà mentionnée au ch. 3, 7, accomplit un acte de piété qui mérite que son nom vive dans la mémoire des croyants. Cette foi de Ritspa est récompensée car David qui en a connaissance ( v. 11), permet que les os des descendants de Saül soient réunis à ceux de leur père dans le sépulcre de Kis. Maintenant le jugement est exécuté et l’Eternel peut être propice au pays. Dans tout cela, la grâce a également eu son cours en ce sens que dans ses voies, Dieu ne s’arrête pas au jugement, mais il prépare le chemin au triomphe de la grâce.

Versets 15 à 22 : les fils du géant sont là. La fin de l’histoire de David a le caractère de celle de son commencement. Goliath semble reprendre vie. Il en fut de même pour le Seigneur. Après la tentation du désert, Satan est réapparu à Gethsémané après l’avoir laissé pour un temps. Dans le premier cas comme dans le dernier, la dépendance de Jésus remporta la victoire. En type, ce sont les enfants du géant qui s’attaquent aux rachetés de Christ. Ils pensent les éliminer plus facilement que leur prédécesseur. Ce combat est répété quatre fois avec les Philistins. Mais leur sort est fixé. Ils sortiront vaincus de la lutte. Dans les v. 15 à 17 David lui-même est mis en joue; Abishaï, mis de ce fait à l’épreuve, n’abandonne pas son maître et devient son sauveur. N’avons-nous pas aussi le devoir de secourir notre maître lorsque son nom est blasphémé? Gardons le nom de Christ et sa parole intacts devant les assauts du géant. Que notre David soit absent dans les deux combats de Gob (v. 18 et 19), peu importe. Le même esprit qui l’animait est encore avec nous. Ce Goliath du v. 20 est un nom mensonger. Il s’agit de son frère Lakhmi; 1 Chr. 20, 5 le mentionne. Mais il a la même lance. Puis les v. 20 à 22 mentionnent ce dernier ennemi monstrueux, formidable. Comme jadis Goliath, il outrage Israël. À l’instar de ceux qui défendent la cause de David, frappons les ennemis de Christ … encore un coup … et l’Eternel nous délivrera définitivement de cette scène.

Texte biblique du chapitre 22
* 1 Et David adressa à l’Éternel les paroles de ce cantique, le jour où l’Éternel l’eut délivré de la main de tous ses ennemis et de la main de Saül.
2 Et il dit:
L’Éternel est mon rocher et mon lieu fort, et celui qui me délivre.
3 Dieu est mon rocher*, je me confierai en lui, mon bouclier et la corne de mon salut, ma haute retraite et mon refuge. Mon Sauveur, tu me sauveras de la violence!
4 Je crierai à l’Éternel, qui est digne d’être loué, et je serai sauvé de mes ennemis.
5 Car les vagues de la mort m’ont environné, les torrents de Bélial* m’ont fait peur;
6 Les cordeaux du shéol* m’ont entouré, les filets de la mort m’ont surpris:
7 Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, et j’ai appelé mon Dieu, et, de son temple, il a entendu ma voix, et mon cri est [parvenu] à ses oreilles.
8 Alors la terre fut ébranlée et trembla; les fondements des cieux furent secoués et furent ébranlés, parce qu’il était irrité.
9 Une fumée montait de ses narines, et un feu sortant de sa bouche dévorait; des charbons en jaillissaient embrasés.
10 Et il abaissa les cieux, et descendit; et il y avait une obscurité profonde sous ses pieds.
11 Et il était monté sur un chérubin, et volait, et il parut sur les ailes du vent.
12 Et il mit autour de lui les ténèbres pour tente, des amas d’eaux, d’épaisses nuées de l’air.
13 De la splendeur qui était devant lui jaillissaient, embrasés, des charbons de feu.
14 L’Éternel tonna des cieux, et le Très-haut fit retentir sa voix.
15 Et il tira des flèches et dispersa [mes ennemis] *; [il lança] l’éclair, et les mit en déroute.
16 Alors les lits de la mer parurent, les fondements du monde furent mis à découvert, quand l’Éternel les tançait par le souffle du vent de ses narines.
17 D’en haut, il étendit [sa main], il me prit, il me tira des grandes eaux;
18 Il me délivra de mon puissant ennemi, de ceux qui me haïssaient; car ils étaient plus forts que moi.
19 Ils m’avaient surpris au jour de ma calamité, mais l’Éternel fut mon appui.
*
20 Et il me fit sortir au large, il me délivra, parce qu’il prenait son plaisir en moi.
21 L’Éternel m’a récompensé selon ma justice, il m’a rendu selon la pureté de mes mains;
22 Car j’ai gardé les voies de l’Éternel, et je ne me suis point méchamment détourné de mon Dieu;
23 Car toutes ses ordonnances ont été devant moi; et de ses statuts, je ne me suis pas écarté;
24 Et j’ai été parfait* envers lui, et je me suis gardé de mon iniquité.
25 Et l’Éternel m’a rendu selon ma justice, selon ma pureté devant ses yeux.
26 Avec celui qui use de grâce, tu uses de grâce; avec l’homme parfait, tu te montres parfait;
27 Avec celui qui est pur, tu te montres pur; et avec le pervers, tu es roide*.
28 Et tu sauveras le peuple affligé, et tes yeux sont sur les hautains, [et] tu les abaisses.
29 Car toi, Éternel! tu es ma lampe; et l’Éternel fait resplendir mes ténèbres.
30 Car, par toi, je courrai au travers d’une troupe; par mon Dieu, je franchirai une muraille.
*
31 Quant à *Dieu*, sa voie est parfaite; la parole de l’Éternel est affinée; il est un bouclier à tous ceux qui se confient en lui.
32 Car qui est *Dieu, hormis l’Éternel? et qui est un rocher, hormis notre Dieu?
33 *Dieu est ma puissante forteresse, et il aplanit parfaitement ma voie.
34 Il rend mes pieds pareils à ceux des biches, et me fait tenir debout sur mes lieux élevés.
35 Il enseigne mes mains à combattre; et mes bras bandent un arc d’airain.
36 Et tu m’as donné le bouclier de ton salut, et ta débonnaireté m’a agrandi.
37 Tu as mis au large mes pas sous moi, et les chevilles de mes pieds n’ont pas chancelé.
38 J’ai poursuivi mes ennemis, et je les ai détruits; et je ne m’en suis pas retourné que je ne les aie consumés.
39 Et je les ai consumés, je les ai transpercés, et ils ne se sont pas relevés, mais ils sont tombés sous mes pieds.
40 Et tu m’as ceint de force pour le combat; tu as courbé sous moi ceux qui s’élevaient contre moi.
41 Et tu as fait que mes ennemis m’ont tourné le dos; et ceux qui me haïssaient, je les ai détruits.
42 Ils regardaient, et il n’y avait point de sauveur; [ils regardaient] vers l’Éternel, et il ne leur a pas répondu.
43 Et je les ai brisés menu comme la poussière de la terre; comme la boue des rues, je les ai écrasés, je les ai foulés.
44 Et tu m’as délivré des débats de mon peuple; tu m’as gardé pour être le chef des nations; un peuple que je ne connaissais pas me servira.
45 Les fils de l’étranger se sont soumis à moi en dissimulant*; dès qu’ils ont entendu de leur oreille, ils m’ont obéi.
46 Les fils de l’étranger ont dépéri, et ils sont sortis en tremblant de leurs lieux cachés*.
*
47 L’Éternel est vivant; et que mon Rocher soit béni! Et que Dieu, le rocher de mon salut, soit exalté,
48 Le *Dieu qui m’a donné des vengeances, et qui a amené les peuples sous moi,
49 Et qui m’a fait sortir du milieu de mes ennemis. Tu m’as élevé au-dessus de ceux qui s’élèvent contre moi, tu m’as délivré de l’homme violent.
50 C’est pourquoi, Éternel! je te célébrerai parmi les nations, et je chanterai des cantiques à [la gloire de] ton nom.
51 [C’est lui] qui a donné de grandes délivrances à son roi, et qui use de bonté envers son oint, envers David, et envers sa semence, à toujours.

/ v. 3: litt.: Dieu de mon rocher.  / v. 5: ou: d’iniquité.  / v. 6: voir note à Genèse 37:35.  / v. 15: litt.:les dispersa. / v. 24: ou: intègre, comme Genèse 6:9; 17:1; Deut. 18:13.  / v. 27: c. à d.: tu le rencontres avec une volonté adverse.  / v. 31: hébreu: El.  / v. 45: voir note à Deut. 33:29.  / v. 46: ou: ont tremblé dans leurs châteaux forts.

Commentaires du chapitre 22

Troisième partie: ch. 21 à 24: appendice.
Chapitre 22: (les paroles de ce chapitre se trouvent aussi dans le Psaume 18)

Versets 01 à 30 : le cantique de la délivrance

Versets 31 à 51 : les grâces de Dieu envers David (jusqu’au ch. 23, 7)

Le sujet principal de ce chapitre est le cantique de la délivrance avec la délivrance définitive de David. Tous ses ennemis, dont Saül faisait partie, ont disparu (v. 1). Ce v. 1 indique que, historiquement, ce chapitre pourrait prendre place après le chapitre sixième. Mais il se trouve ici du fait que le dernier des adversaires du roi vient d’être anéanti (voir ch. 21, 21). Dès lors, cette puissance hostile ne relèvera plus la tête.

Ainsi, lorsque ce chapitre fut écrit, de même que le Psaume 18, David n’avait pas encore été placé sous la discipline. Mais David était prophète dont les sens étaient le fruit de ses expériences personnelles. Toutefois, ses sens n’eussent pas été prophétiques si Christ n’en était pas l’objet. Ainsi, par le Ps. 18, il ressort que toutes les choses mentionnées dans notre chapitre sont prophétiques et s’appliquent au résidu. Néanmoins David pouvait célébrer ces choses avec un cœur plein de reconnaissance. La grâce repose alors sur lui en raison de l’intégrité et de la perfection de sa conduite. Il était au bout du chemin des difficultés et ce chemin était celui de la marche avec Dieu. Il célébrait avec un cœur tranquille et joyeux la délivrance que la grâce accorde à la fidélité. Du côté de David, tout est joie, liberté, puissance, action de grâce. Du côté de Dieu tout est faveur et grâce.

Dans les sept premiers versets du ch. 23, il y a un autre cantique qui fut composé lorsque David en eut fini avec lui-même. Celui de notre chapitre, fut composé lorsque le roi en eut fini avec tous ses ennemis. Au chapitre 22, de précieux enseignements sont à retirer, comme, par exemple, le fait que David rend d’abord gloire à Dieu pour cette délivrance. Ensuite il fait place à l’honneur qui lui est donnée, qui se trouve être une profonde et amère affliction avec cette confession: «Quoique ma maison ne soit pas ainsi avec Dieu», ch. 23, 5.

Trois choses ressortent de ce chapitre:

  1. Le résultat des afflictions que David endura de la part de Saül
  2. Lorsqu’il fut sur le trône, les conséquences des innombrables bénédictions terrestres dont il fut entouré
  3. La joie du doux psalmiste lorsqu’à la fin de sa carrière il anticipait ce matin sans nuages.


Texte biblique du chapitre 23
* 1 Et ce sont ici les dernières paroles de David. David, le fils d’Isaï, a dit*, et l’homme haut placé, l’oint du Dieu de Jacob, et le doux psalmiste d’Israël, a dit*:
2 L’Esprit de l’Éternel a parlé en moi, et sa parole a été sur ma langue.
3 Le Dieu d’Israël a dit, le Rocher d’Israël m’a parlé:
Celui qui domine parmi* les hommes sera juste, dominant en la crainte de Dieu,
4 et il sera comme la lumière du matin, quand le soleil se lève, un matin sans nuages: par sa clarté l’herbe tendre [germe] de la terre après la pluie.
5 Quoique ma maison ne soit pas ainsi avec *Dieu, cependant il a établi avec moi une alliance éternelle, à tous égards bien ordonnée et assurée, car c’est là tout mon salut et tout mon plaisir, quoiqu’il ne la fasse pas germer*.
6 Mais [les fils de] Bélial sont tous comme des épines qu’on jette loin, car on ne les prend pas avec la main,
7 Et l’homme qui les touche se munit d’un fer ou d’un bois de lance; et ils seront entièrement brûlés par le feu sur le lieu même.
* 8 Ce sont ici les noms des hommes forts qu’avait David: Josheb-Bashébeth*, Thacmonite**, chef des principaux capitaines; c’était Adino, l’Etsnite, qui eut le dessus sur*** huit cents hommes, qu’il tua en une fois.
9 Et après lui, Éléazar, fils de Dodo, fils d’un Akhokhite*; il était l’un des trois hommes forts qui étaient avec David, lorsqu’ils avaient défié les Philistins qui s’étaient assemblés là pour combattre, et que les hommes d’Israël étaient montés. 10 Il se leva, et frappa les Philistins, jusqu’à ce que sa main fut lasse et que sa main demeura attachée à l’épée; et l’Éternel opéra une grande délivrance ce jour-là; et le peuple revint après [Éléazar], seulement pour piller.
11 Et après lui, Shamma, fils d’Agué, Hararite: les Philistins s’étaient assemblés en troupe; et il y avait là une portion de champ pleine de lentilles, et le peuple avait fui devant les Philistins: 12 et il se plaça au milieu du champ*, et le sauva, et frappa les Philistins; et l’Éternel opéra une grande délivrance. 13 Et trois des trente chefs descendirent et vinrent au temps de la moisson vers David, dans la caverne d’Adullam, comme une troupe de Philistins était campée dans la vallée des Rephaïm. 14 Et David était alors dans le lieu fort, et il y avait alors un poste des Philistins à Bethléhem. 15 Et David convoita, et dit: Qui me fera boire de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte? 16 Et les trois hommes forts forcèrent le passage à travers le camp des Philistins, et puisèrent de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte, et la prirent et l’apportèrent à David; et il ne voulut pas la boire, mais il en fit une libation à l’Éternel. 17 Et il dit: Loin de moi, Éternel, que je fasse cela! N’est-ce pas le sang des hommes qui sont allés au péril de leur vie? Et il ne voulut pas la boire. Ces trois hommes forts firent cela.
18 Et Abishaï, frère de Joab, fils de Tseruïa, était chef de trois, il leva sa lance contre trois cents hommes, qu’il tua. Et il eut un nom parmi les trois. 19 Ne fut-il pas le plus honoré des trois? Et il fut leur chef; mais il n’atteignit pas les trois [premiers].
20 Et Benaïa, fils de Jehoïada, fils d’un homme vaillant, de Kabtseël, grand en exploits, lui, frappa deux lions* de Moab; et il descendit, et frappa le lion dans une fosse, par un jour de neige. 21 Et c’est lui qui frappa un homme égyptien qui était de grande apparence, et l’Égyptien avait en sa main une lance; et il descendit vers lui avec un bâton, et arracha la lance de la main de l’Égyptien, et le tua avec sa propre lance. 22 Voilà ce que fit Benaïa, fils de Jehoïada; et il eut un nom parmi les trois hommes forts: 23 il fut plus honoré que les trente, mais il n’atteignit pas les trois [premiers]. Et David lui donna une place dans ses audiences privées.
24 Asçaël, frère de Joab, était des trente; Elkhanan, fils de Dodo, de Bethléhem; 25 Shamma, le Harodite; Élika, le Harodite; 26 Hélets, le Paltite; Ira, fils d’Ikkesh, le Thekohite; 27 Abiézer, l’Anathothite; Mebunnaï, le Hushathite; 28 Tsalmon, l’Akhokhite; Maharaï, le Netophathite; 29 Héleb, fils de Baana, le Netophathite; Itthaï, fils de Ribaï, de Guibha des fils de Benjamin; 30 Benaïa, le Pirhathonite; Hiddaï, des torrents de Gaash; 31 Abi-Albon, l’Arbathite; Azmaveth, le Barkhumite; 32 Éliakhba, le Shaalbonite; Bené-Jashen; Jonathan; 33 Shamma l’Hararite; Akhiam, fils de Sharar, l’Ararite; 34 Éliphéleth, fils d’Akhasbaï, fils d’un Maacathien; Éliam, fils d’Akhitophel, le Guilonite; 35 Hetsraï, le Carmélite; Paaraï, l’Arbite; 36 Jighal, fils de Nathan, de Tsoba; Bani, le Gadite; 37 Tsélek, l’Ammonite; Nakharaï, le Beérothien, qui portait les armes de Joab, fils de Tseruïa; 38 Ira, le Jéthrien; Gareb, le Jéthrien; 39 Urie, le Héthien: en tout, trente-sept.

/ v. 1: dire, dans le sens de la diction oraculaire, comme en Nombres 24:3.  / v. 3: ou: sur.  / v. 5: ou: car tout mon salut et tout bon plaisir ne les ferait-il pas germer?  / v. 8*: ou: celui qui est assis à la [première] place.  / v. 8**: probablement: le Hacmonite.  / v. 8***: ou, comme 1 Chroniques 11:11: … capitaines; il leva sa lance contre. / v. 9: ou: fils d’Akhokhi. / v. 12: hébreu: de la portion. / v. 20: ou: héros  / hébreu: ariel, proprement: lion de *Dieu.

Commentaires du chapitre 23

Troisième partie: ch. 21 à 24: appendice.
Chapitre 23:

Versets 01 à 07 : les grâces de Dieu envers David (avec les v. 31 à 51 du  ch. 22)

Versets 08 à 39 : les hommes forts de David

Versets 1 à 7 : de ce chapitre font partie d’un cantique de la délivrance mais d’une délivrance personnelle et non d’ennemis.  Dans ces versets, David, à la veille de sa mort, considère le résultat de toute sa vie en tant que roi favorisé de Dieu mais responsable. Au moment de quitter le monde, ses regards se portent en arrière, en avant, et autour de lui. Sa vue est plus claire qu’elle ne l’a jamais été. Le v. 1 n’appartient pas aux dernières paroles de David. Nous y avons ce qui caractérisait l’homme qui prononçait ces paroles. Le premier point est que David est inspiré de Dieu et que les mots «a dit», répétés deux fois, indiquent que David parlait en oracles. Il était inspiré sous les quatre acceptions dépeintes par le v. 1, à savoir:

  1. Comme fils d’Isaï dans l’humble caractère de sa descendance humaine.
  2. Comme l’homme haut placé dans le caractère que Dieu lui a donné en l’élevant comme homme.
  3. Comme l’oint du Dieu de Jacob dans son caractère de roi sur Israël, peuple des promesses.
  4. Comme le doux psalmiste d’Israël dans son caractère de prophète apportant la grâce à son peuple.

Mais quelles sont donc les paroles de cet homme ?

Au v. 2, il rend d’abord témoignage que c’était l’Esprit de Dieu qui avait parlé en lui. Au v. 3, c’est Dieu qui a communiqué directement ses pensées pour Israël. Et si Dieu parle par David, il parle aussi en David. Dieu utilise ainsi ce qu’il veut de l’homme pour présenter ses vérités dans l’intégrité absolue de sa Parole. Que verrons-nous? Comme déjà mentionné:

  • le passé, c’est moi, c’est mon histoire
  • le présent, c’est la grâce
  • l’avenir, c’est Christ, c’est la gloire

Ce cantique présente d’abord l’avenir dans les v. 3 et 4. David mentionne Salomon. Mais Salomon n’a pas répondu de la manière présentée. Il est donc clair que cette parole est prophétique. En réalité, c’est Christ qu’il faut voir. En relation avec le v. 4, le Ps. 72, 6 est remarquable. Nous y avons Salomon comme figure de Christ. Ce Psaume a pour entête «au sujet de Salomon». À la vue de cette gloire, David fait un retour sur lui-même au v. 5a. Ainsi devant cette gloire, David fait état d’humiliation et de honte en considérant la conduite de sa maison. Mais ce même v. 5 dans sa dernière partie, fait mention du présent. C’est cette alliance, cette grâce, bref, ce que Dieu a fait malgré ce que David a été. Pourtant, cette alliance ne germe pas à ce moment là. Elle germera avec un peuple nouveau (v. 4). Et pour qu’elle puisse germer, pour que la pleine bénédiction soit introduite, il faut en premier lieu que le jugement soit exécuté (v. 6 et 7). David peut toutefois déjà s’appuyer fermement sur cette alliance et sur les promesses de Dieu.

Versets 8 à 39 : après les dernières paroles de David, Dieu permet que la mémoire des hommes forts, compagnons de son oint jusqu’à l’établissement définitif de son règne, soit conservée. D’autres hommes pourtant dévoués, comme Itthaï et Shobi, qui se trouvèrent sur le chemin de David lorsqu’il fuyait Jérusalem, ne sont pas mentionnés ici; ceux qui le sont étaient les associés de la première heure tout comme les douze disciples étaient distingués pour avoir accompagné le Seigneur pendant tout son ministère.

Dans ces versets, ces hommes sont au nombre de trente-sept (v. 39). Dans le Ps. 87, le caractère des hommes forts est relevé: ce qui les caractérisait, cette association avec l’oint, ainsi que le don de la grâce.

Quant à Joab, son nom ne se trouve pas dans ces versets. Il en est exclu car ses qualités (égoïstes) ne trouvent pas une place dans le registre de Dieu. Si tel était le cas, la parole énumérerait tous les grands héros de l’humanité. En effet, parmi les actions de Joab, jamais elles n’ont eu pour point de départ la communion avec son maître. Joab est donc passé sous silence.

Parmi les hommes forts, la Parole en cite d’abord trois qui furent plus honorés que tous les autres. Ces hommes avaient fait preuve d’une énergie persévérante pour la délivrance du peuple de Dieu. Dans leur combat, ils ne comptaient pas sur eux-mêmes, mais sur l’Eternel, ce qui est répété deux fois (v. 10 et 12). Bette persévérance qui relève du fait que tous trois avec David (v. 9). David leur inspirait le courage et la patience dans l’effort. David était leur modèle, lui-même étant entre les mains de Dieu. Quant au premier (v. 8), il y a peut-être erreur de traduction ou de copiste, lorsqu’on compare ce verset avec 1 Chr. 11, 11. Le second,  Eléazar, s’arrête lorsque sa main est lasse (v. 10); il y a en effet des limites au combat de la foi. Mais la persévérance d’Eléazar réside dans le fait que sa main reste attachée à l’épée. Puissions-nous faire de même avec nos armes spirituelles. Au sujet du troisième, Shamma (v. 11), puissions-nous, comme lui, défendre notre portion de champ qui est céleste. Défendons aussi notre nourriture qui est également céleste. Soyons comme Shamma qui était avec David malgré la fuite du peuple.

Les versets 13 à 17 présentent une seconde série de trois chefs. Ils ne sont pas mentionnés dans l’acte que ces versets relatent mais le sont par la suite par leurs actions d’éclat. Cette omission remarquable de leurs noms dans la relation de leur exploit est due au fait qu’il s’agit du dévouement de la foi et non pas de l’énergie de la persévérance. Le dévouement est toujours obscure. Quel homme a le droit de se vanter en considérant que le dévouement coule de source pour le cœur d’un serviteur qui connaît et apprécie le maître. Le danger ne les épouvantait pas lorsqu’il s’agissait d’aller puiser une goutte d’eau au puits de Bethléhem. Leur satisfaction était de faire la volonté du maître. Dieu enregistre ce dévouement dans son livre et le roi, s’il provoque ce dévouement, se dévoue aussi (v. 17). Le v. 16 indique aussi que tout ce qui pour Christ, est pour Dieu. Et Dieu l’accepte, offert par Christ, comme un sacrifice excellent. Les actions faites par ces trois hommes n’atteignent pas celles des trois premiers,

Versets 18 et 19 : les actions d’Abishaï sont relevées. Elles n’atteignaient cependant pas la valeur des précédentes.

Ensuite, (v. 20), c’est Benaïa contre les ennemis du dehors, il frappe deux héros ou lions de Moab. La grande affection de Benaïa l’amène à reproduire les traits de son modèle et cette marche trouve sa récompense (v. 23). Puissions-nous avoir une telle place au sein de Jésus, voir sa face.

Ascaël (v. 24), n’a pas de mention spéciale. En effet, sa confiance en lui-même lui fit perdre de bonne heure sa carrière dans sa rencontre avec Abner. Finalement nous en avons trente (v. 24) moins renommés que les précédents, quoique le Seigneur n’oublie aucun des siens. Et David devait avoir de la douleur, en parcourant cette liste, se  terminant par Urie, le Héthien.


Texte biblique du chapitre 24
* 1 Et la colère de l’Éternel s’embrasa de nouveau contre Israël; et il incita David contre eux, disant: Va, dénombre Israël et Juda. 2 Et le roi dit à Joab, chef de l’armée, qui était avec lui: Parcours, je te prie, toutes les tribus d’Israël depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, et qu’on dénombre le peuple, afin que je sache le nombre du peuple. 3 Et Joab dit au roi: Que L’Éternel, ton Dieu, ajoute au peuple cent fois autant qu’il y en a, et que les yeux du roi, mon seigneur, le voient! Mais pourquoi le roi, mon seigneur, prend-il plaisir à cela?
4 Mais la parole du roi prévalut sur Joab, et sur les chefs de l’armée; et Joab et les chefs de l’armée sortirent de devant le roi pour dénombrer le peuple, Israël.
5 Et ils passèrent le Jourdain et campèrent à Aroër, à droite de la ville qui est au milieu du torrent de Gad, et vers Jahzer. 6 Et ils vinrent en Galaad, et dans le bas pays de Hodshi*, et vinrent à Dan-Jaan, et dans les environs de Sidon. 7 Et ils vinrent à la ville forte de Tyr, et dans toutes les villes des Héviens et des Cananéens, et sortirent au midi de Juda, à Beër-Shéba. 8 Et ils parcoururent tout le pays, et revinrent à Jérusalem au bout de neuf mois et vingt jours. 9 Et Joab donna au roi le chiffre du recensement du peuple; et il y avait d’Israël huit cent mille hommes de guerre tirant l’épée, et des hommes de Juda, cinq cent mille hommes.
10 Et le cœur de David le reprit, après qu’il eut dénombré le peuple; et David dit à l’Éternel: J’ai grandement péché dans ce que j’ai fait; et maintenant, ô Éternel, fais passer, je te prie, l’iniquité de ton serviteur, car j’ai agi très-follement. 11 Et le matin, quand David se leva, la parole de l’Éternel vint à Gad, le prophète, le voyant de David, disant: 12 Va, et parle à David: Ainsi dit l’Éternel: Je t’impose [l’une de ces] trois choses; choisis-en une, et je te la ferai. 13 Et Gad vint vers David, et lui rapporta [cela], et lui dit: La famine viendra-t-elle sur toi sept ans dans ton pays; ou veux-tu fuir trois mois devant tes ennemis, et qu’ils te poursuivent; ou y aura-t-il trois jours de peste dans ton pays? Sache maintenant, et vois quelle parole je rapporterai à celui qui m’a envoyé. 14 Et David dit à Gad: Je suis dans une grande détresse. Que nous tombions, je te prie, dans les mains de l’Éternel, car ses compassions sont grandes; et que je ne tombe point dans la main des hommes.
15 Et l’Éternel envoya la peste en Israël depuis le matin jusqu’au temps assigné; et il mourut du peuple, depuis Dan jusqu’à Beër-Shéba, soixante-dix mille hommes. 16 Et l’ange étendit sa main sur Jérusalem pour la détruire; et l’Éternel se repentit de ce mal, et dit à l’ange qui détruisait parmi le peuple: Assez! Retire maintenant ta main. Or l’ange de l’Éternel était près de l’aire d’Arauna, le Jébusien.
17 Et David, quand il vit l’ange qui frappait parmi le peuple, parla à l’Éternel, et dit: Voici, moi j’ai péché, et moi j’ai commis l’iniquité, mais ces brebis, qu’ont-elles fait? Que ta main, je te prie, soit sur moi et sur la maison de mon père.
18 Et Gad vint vers David, ce jour-là, et lui dit: Monte, dresse un autel à l’Éternel dans l’aire d’Arauna, le Jébusien. 19 Et David monta selon la parole de Gad, comme l’Éternel l’avait commandé. 20 Et Arauna regarda, et il vit le roi et ses serviteurs qui passaient vers lui; et Arauna sortit, et se prosterna devant le roi, le visage contre terre. 21 Et Arauna dit: Pourquoi le roi, mon seigneur, vient-il vers son serviteur? Et David dit: pour acheter de toi l’aire, pour bâtir un autel à l’Éternel, afin que la plaie soit arrêtée de dessus le peuple. 22 Et Arauna dit à David: Que le roi, mon seigneur, prenne et offre* ce qui est bon à ses yeux. Vois, les bœufs seront pour l’holocauste, et les traîneaux à fouler et l’attirail des bœufs, pour le bois. 23 Tout cela, ô roi! Arauna le donne au roi. Et Arauna dit au roi: L’Éternel, ton Dieu, veuille t’avoir pour agréable! 24 Et le roi dit à Arauna: Non, car certainement j’achèterai de toi pour un prix, et je n’offrirai* pas à l’Éternel, mon Dieu, des holocaustes qui ne coûtent rien. Et David acheta l’aire et les bœufs pour cinquante sicles d’argent. 25 Et David bâtit là un autel à l’Éternel, et offrit* des holocaustes et des sacrifices de prospérités. Et l’Éternel fut propice au pays; et la plaie fut arrêtée de dessus Israël.

/ v. 6: ou, comme nom propre: le pays de Thakhtim-Hodshi. / v. 22, 24: offrir, ici: offrir sur l’autel même (comme Lév. 14:20 et Juges 6:26; 13:16, 19).

Commentaires du chapitre 24

Troisième partie: ch. 21 à 24: appendice.
Chapitre 24:

Dénombrement du peuple, punition et grâce

Le deuxième livre de Samuel se termine par une merveilleuse révélation de l’œuvre rédemptrice qui avait été donnée sous l’économie de la loi.

Au v. 1, la colère de l’Eternel s’embrase à nouveau contre Israël. La Parole n’en rappelle pas l’occasion. Cependant, au ch. 21, nous avions remarqué que des faits passés depuis longtemps étaient toujours devant Dieu qui agissait en temps opportun pour châtier ou discipliner son peuple. Dans 1 Chr. 21, 1, Satan était même l’instrument employé contre Israël pour séduire David. Cela était aussi le cas quant à Job. L’accusateur des frères aurait voulu que Dieu maudisse le peuple et son prince. Mais il ne savait pas que Dieu l’employait comme serviteur involontaire de ses desseins pour bénédiction finale et le triomphe de ses élus.

Mais pourquoi donc ce dénombrement était-il contraire à la pensée de l’Eternel? Cela d’autant plus que plusieurs dénombrements des hommes valides d’Israël avaient été ordonnés et approuvés de Dieu (voir Ex. 38, Nom. 1; 26, etc). Tous ces dénombrements avaient des caractères selon la pensée de Dieu ce qui n’est pas le cas de celui de 2 Sam. 24. Au ch. 22, 1 on se souvient que David était délivré de tous ses ennemis. Il n’avait donc pas besoin de prendre connaissance du nombre de ses guerriers. Le v. 2 en montre le but et David le dit à Joab. Ce but était de savoir le nombre du peuple, sa force, trompé en cela par Satan. Ainsi, à la fin de sa vie, David tombe dans une tentation contraire à son caractère d’homme humble. Autrefois la convoitise des yeux et de la chair l’avaient entraîné et il en a été sévèrement puni. Maintenant, tenté par l’orgueil de la vie, il ne résiste pas au désir de se rendre compte de ses propres forces, afin de savoir en quelle mesure il peut s’appuyer sur elles. Le châtiment l’atteint pour lui montrer et lui apprendre qu’il ne doit compter que sur Dieu seul.

Au v. 3, comme en 1 Chr. 21, 6, David est même repris pas Joab. Le roi devient même un objet de honte. Joab refuse en quelque sorte le commandement de David car il savait qu’il n’y avait aucun profit à tirer de cet acte. Toutefois le désir du roi prévaut, et ce dénombrement dure plus de neuf mois (v. 4 à 9).

Versets 10 à 14 : au v. 10 le fruit amer de ce désir est évident. Tant de peines dépensées pour un but si misérable et de plus il y manquait quelque chose puisque Lévi et Benjamin n’avaient pas été dénombrés. Devant ce résultat incomplet, David devait ressentir doublement la folie de son acte. La seule ressource possible pour David est la prière.  Dans les v. 11 à 14 la foi de David se montre par son choix. Des trois choses proposées par Gad, il choisit la dernière, se remettant ainsi entre les mains de la justice divine.

Versets 15 à 25 : dans les v. 15 et 16, il y a l’exécution de ce jugement. Au moment où Jérusalem va être frappé, Dieu se repend et arrête la main de l’ange. Dieu se repend non à cause de la repentance de David, mais à cause de la sienne propre: son jugement cède le pas à la grâce sans que ni l’un ni l’autre ne soient affaiblis ou sacrifiés.

Mais au v 17, David, pendant la destruction, intercédait pour que le jugement retombe sur lui afin que les brebis soient épargnées. Un autre a pris notre jugement sur lui, celui qui ne le méritait pas, celui qui était parfait.

Maintenant un troisième grand fait se présente. Le premier était la grâce, le deuxième un arbitre entre Dieu et les hommes, le troisième est le sacrifice. Jérusalem est épargnée, mais il faut un sacrifice offert à Morija, selon v. 18 à 25, dans l’aire d’Arauna, le Jébusien. Dans ces versets, ce n’est plus le tabernacle de Moïse, mais l’aire d’un Jébusien, étranger aux promesses, qui devient le lieu de rencontre entre Dieu et son peuple.

Vue d’ensemble des deux livres de Samuel
Ces livres de 31 et 24 chapitres formaient à l’origine un seul volume. Les auteurs de la version des Septante (la traduction grecque de l’AT, vers l’an 200 av. J.C.) introduisirent la séparation en deux livres. Le premier se termine par la mort de Saül et le second commence par le règne de David. La plupart des versions actuelles reprennent cet ordre. Mais qui est l’auteur de ces livres? Ces livres n’en font pas mention. Toutefois, la tradition juive du Talmud, Samuel est l’auteur du récit concernant son époque (ch. 1 à 24 du premier livre). Les derniers chapitres du premier livre, ainsi que le deuxième livre, ont peut-être été écrits par les prophètes Gad et Nathan (voir 1 Chron. 29, 29). La mention de Tsiklag en 1 Sam. 27, 6, ayant appartenu aux rois de Juda «jusqu’à ce jour» … justifie pour certains un indice permettant de situer la rédaction de ces livres après la division du royaume sous Roboam. Le premier livre de Samuel va depuis la naissance de Samuel jusqu’à la mort de Saül, soit environ 90 ans (1010-970 av. J.C.).

Quant au but de ces livres, il y a la transition entre la période des juges et celle des rois. Samuel est à la fois le dernier juge et le premier prophète (cf Act. 3, 24 et 13, 20). Au début de 1 Samuel, il y a bien des manquements en Israël avec la faillite de la sacrificature puis à l’époque des deux fils de Samuel (1 Sam. 2, 22-25; 4, 17-18; 8, 1-2).  Même l’arche de l’alliance fut prise par l’ennemi. Dieu suscite donc en Samuel le premier prophète qui introduit la royauté sous Saül, le roi selon la chair, puis avec David, le roi selon le cœur de Dieu (1 Sam. 13, 14).

Jérusalem devient le centre politique et religieux d’Israël (2 Sam. 5, 6-12 et 6.1-17). La signification de la royauté, instituée par Dieu, est mise en évidence par les paroles de l’Éternel en 2 Sam. 7, 4-16 et celles de David en 2 Sam. 23, 1-7. Elles annoncent aussi, prophétiquement, le règne millénaire du Messie.

Ces livres contiennent aussi quelques particularités. Il y a la signification en type de ces livres: Samuel présente une belle image des voies de Dieu en rapport avec le temps de la grâce sous David. David, type de Christ, est d’abord pourchassé et méprisé par le roi Saül qui représente l’homme selon la chair. Il faut la mort de cet adversaire pour que David puisse régner. Mais le règne de David est caractérisé par le combat. Celui de son fils Salomon sera caractérisé par la paix. David représente Christ qui est maintenant rejeté mais qui exercera le jugement lors de sa venue (voir le Ps. 110). David est oint de l’Éternel. Cela fait déjà allusion au Messie. Cette expression «oint» est souvent citée dans les deux livres de Samuel, la première fois étant au ch. 2, 10, presque autant que dans tous les autres livres de l’Ancien Testament.

Comme particularité, on peut aussi mentionner la prière: elle joue un rôle important. Quelques passages entre autres avec, d’abord, le rappel que «Samuel» signifie demandé à Dieu ou Dieu a exaucé. Sa mère, Anne, a prié et a remercié (dans 1 Sam. ch. 1 et 2). L’Éternel a donné la victoire à Israël en exauçant la prière de Samuel (1 Sam. 7, 5,9). Lorsque le peuple réclama un roi comme les nations, Dieu a répondu à la prière (1 Sam. 8, 6-9). Samuel, homme de prière, reçoit des révélations de Dieu (1 Sam. 9, 15). Il ne cesse pas de prier pour Israël (1 Sam. 12, 19,23). Il prie pour Saül et le peuple (1 Sam. 15, 11).

L’arche de l’alliance constitue aussi une particularité: l’arche, avec le propitiatoire, était le trône de l’Éternel au milieu de son peuple. Autrement dit le témoignage de sa présence. L’histoire de cette arche, dans les deux livres de Samuel, montre l’état du peuple aux yeux de Dieu. Elle se trouvait à Silo (1 Sam 3, 3) où Samuel était aussi. Au ch. 4, elle fut transférée de Silo jusqu’au camp militaire d’Israël. Puis elle fut entre les mains de l’ennemi et Eli mourut lorsqu’il appris cette nouvelle. Les Philistins furent punis par Dieu (1 Sam. 5). Puis en 1 Sam. 6, 1 à 7, 2, l’arche voyage jusqu’à Kiriath-Jéarim. Elle y sera vingt années. Il faut attendre David pour qu’elle soit amenée à Sion, le lieu que l’Éternel avait choisi pour y faire habiter son nom. Voir 2 Sam. 6; Deut. 12, 5; Ps. 132. Le temple de Salomon fut construit dans cet endroit (1 Rois 6 à 8).

L’analyse de ces livres se trouve dans l’entête des commentaires propres à chaque chapitre. Ci-dessous les très grandes lignes:

Premier livre, ch. 1 à 7                   Samuel, juge et prophète de Dieu

Chapitres 8 à 15                             Samuel et Saül

Chapitres 16 à 31                           Saül et David

Deuxième livre, ch. 1 à 10            Le développement du règne de David

Chapitres 11 à 20                           Le déclin de son règne

Chapitres 21 à 24                           Appendice

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