5ème livre de l’Ancien Testament : le Deutéronome

 

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Deutéronome ch. 26 (autres chapitres « à long terme »)

Texte biblique :

1 Et quand tu seras entré dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne en héritage, et que tu le possèderas, et y habiteras, 2 alors tu prendras des prémices de tous les fruits de la terre, que tu tireras de ton pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, et tu les mettras dans une corbeille, et tu iras au lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire habiter son nom ; 3 et tu viendras vers le sacrificateur qu’il y aura en ces jours-là, et tu lui diras : Je déclare aujourd’hui à l’Éternel, ton Dieu, que je suis arrivé dans le pays que l’Éternel a juré à nos pères de nous donner. 4 Et le sacrificateur prendra la corbeille de ta main, et la posera devant l’autel de l’Éternel, ton Dieu. 5 Et tu prendras la parole, et tu diras devant l’Éternel, ton Dieu : Mon père était un Araméen* qui périssait, et il descendit en Égypte avec peu de gens, et il y séjourna, et y devint une nation grande, forte, et nombreuse. 6 Et les Égyptiens nous maltraitèrent, et nous humilièrent, et nous imposèrent un dur service ; 7 et nous criâmes à l’Éternel, le Dieu de nos pères, et l’Éternel entendit notre cri, et vit notre humiliation, et notre labeur, et notre oppression ; 8 et l’Éternel nous fit sortir d’Égypte à main forte, et à bras étendu, et avec une grande terreur, et avec des signes et des prodiges ; 9 et il nous a fait entrer dans ce lieu-ci, et nous a donné ce pays, pays ruisselant de lait et de miel. 10 Et maintenant, voici, j’ai apporté les prémices du fruit de la terre que tu m’as donnée, ô Éternel ! Et tu les poseras devant l’Éternel, ton Dieu, et tu te prosterneras devant l’Éternel, ton Dieu. 11 Et tu te réjouiras de tout le bien que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donné, et à ta maison, toi et le Lévite et l’étranger qui est au milieu de toi.

12 Quand tu auras achevé de lever toute la dîme de ta récolte*, dans la troisième année, qui est l’année de la dîme, tu la donneras au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin, et à la veuve ; et ils la mangeront dans tes portes et seront rassasiés. 13 Et tu diras devant l’Éternel, ton Dieu : J’ai emporté de ma* maison les choses saintes, et je les ai aussi données au Lévite, et à l’étranger, à l’orphelin, et à la veuve, selon tout ton commandement que tu m’as commandé ; je n’ai transgressé aucun de tes commandements, ni ne les ai oubliés. 14 Je n’ai pas mangé de ces choses dans mon affliction, et je n’en ai rien emporté quand j’étais impur*, et n’en ai point donné pour un mort ; j’ai écouté la voix de l’Éternel, mon Dieu : j’ai fait selon tout ce que tu m’as commandé. 15 Regarde de ta sainte demeure, des cieux, et bénis ton peuple Israël et la terre que tu nous as donnée, comme tu avais juré à nos pères, un pays ruisselant de lait et de miel.

16 Aujourd’hui l’Éternel, ton Dieu, te commande de pratiquer ces statuts et ces ordonnances ; et tu les garderas et tu les feras de tout ton cœur et de toute ton âme. 17 Tu as fait promettre aujourd’hui à l’Éternel qu’il sera ton Dieu, pour que tu marches dans ses voies, et que tu gardes ses statuts, et ses commandements, et ses ordonnances, et que tu écoutes sa voix ; 18 et l’Éternel t’a fait promettre aujourd’hui que tu seras pour lui un peuple qui lui appartienne en propre, comme il t’a dit, et que tu garderas tous ses commandements, 19 pour qu’il te place très-haut en louange et en renommée et en beauté, au-dessus de toutes les nations qu’il a faites ; et que tu seras un peuple saint, [consacré] à l’Éternel, ton Dieu, comme il l’a dit.

— v. 5 : Syrien. — v. 12 : proprement : rapport. — v. 13 : litt.: la. — v. 14 : ou : pour un usage impur.

 

Notes :

Pour clore cette suite d’ordonnances, nous avons (ch. 26) un tableau de toute beauté du culte en relation avec la jouissance du pays, selon les promesses de Dieu. Ce tableau est rempli d’instruction pour nous aussi.

Au v. 1 : premièrement, le grand sujet du Deutéronome y reparaît comme partout. Ce sujet, c’est Israël qui se trouve dans le pays que Dieu lui avait donné comme héritage.
Mais, quant au culte, il ne s’agit pas ici de s’approcher de Dieu dans le sanctuaire, par des sacrifices qui, supposant le péché, ouvraient le chemin pour que le peuple se trouvât en présence de l’Éternel. Ici, le peuple jouit de la promesse et se présente en adorateur, rendant des actions de grâce avec toute jouissance (cf v. 2, 10). En présentant les prémices du pays de la promesse, il fallait se rendre dans le lieu où l’Éternel avait placé son nom.

Quel était donc l’esprit de ce culte ?

Au v. 3 : premièrement, il était basé sur la confession ouverte que le peuple était en pleine jouissance du résultat de la promesse de Dieu. « Je déclare aujourd’hui à l’Éternel, ton Dieu, que je suis arrivé dans le pays que l’Éternel a juré à nos pères de nous donner ». C’est là le premier trait de ce culte : c’est la profession véritable d’être dans la jouissance du résultat de la promesse. C’est reconnaître la fidélité de Dieu dans la communion actuelle de sa bonté. Alors l’offrande peut être présentée (v. 4). Puis, dans la présence de l’Éternel, l’adorateur faisait confession de la rédemption et de la délivrance du peuple (v. 8). Un Syrien, qui allait périr, avait été le père de ce peuple (v  5) ; puis après, quand ses enfants opprimés par les Égyptiens avaient crié à l’Éternel (v. 7), l’Éternel les avait exaucés (v. 8) et délivrés à bras étendu, puis les avait fait entrer, en déployant sa puissance, dans le pays dont ils jouissaient (v. 9).

Le second trait de leur culte est donc la confession de ce que leur misère avait été, de leur impuissance dans le passé (v. 8) et que leur rédemption avait été accomplie par l’Éternel seul, à qui ils étaient redevables de toutes ces bénédictions. (v. 10). Là-dessus, l’adorateur s’adressait directement à l’Éternel en lui offrant les prémices de ces bénédictions. C’était reconnaître Dieu dans les bénédictions (effet infaillible d’une œuvre de Dieu dans le cœur), seul moyen d’en jouir vraiment, car les bénédictions de Dieu détournent le cœur de Lui si leur premier résultat n’est pas de le tourner vers Lui. C’est là l’histoire d’Israël, et mille fois, hélas ! celle de nos propres cœurs dans les détails de notre vie. Avant de jouir de la bénédiction, le cœur pieux y reconnaît Dieu lui-même. La conduite d’Éliézer, serviteur d’Abraham, envoyé pour chercher une femme à Isaac, nous en offre un bel exemple (Gen. 24). Ensuite (au v. 11) il est ajouté : « Et tu te réjouiras de tout le bien que l’Éternel, ton Dieu, t’aura donné ». Ils devaient en jouir avec Dieu. Remarquez ici que, par conséquent, l’esprit de grâce se manifeste tout de suite dans cette joie : « Toi et Le lévite et l’étranger qui est au milieu de toi ». On ne peut se réjouir vraiment de la bénédiction de Dieu devant Lui pour autant que l’esprit de grâce y ait sa place. Ne sommes-nous pas appelés à hériter de Sa bénédiction ?

Dans les v. 12 et suivants : la même vérité se retrouve encore dans les dîmes de la troisième année, données aux pauvres, au lévite, etc., selon l’esprit dont nous venons de parler. Un autre trait de l’état du cœur du vrai adorateur était la sainteté en consacrant avec droiture de cœur à l’Éternel, ce qui lui était dû selon la grâce (v. 14). On ne devait rien lui dérober en se l’appropriant ; on ne devait rien profaner en l’appliquant à soi-même, à un usage souillé ou intéressé. En fait, selon v. 13, la conscience quant à la consécration à l’Éternel était bonne à l’égard des choses par lesquelles l’adorateur le reconnaissait comme vrai et seul auteur de toutes les bénédictions du peuple. Et comme l’Éternel en était l’auteur, le fidèle, en communion avec Lui, en jouissait dans l’esprit de sainteté, de consécration à Dieu, et dans l’esprit de bonté et de grâce qui était en Lui, envers les pauvres et les délaissés. Le caractère de Dieu se retrouve continuellement dans ce passage ; Son nom est mentionné dans ce qui est reconnu comme étant en communion avec son peuple ; si cela était oublié, le peuple était coupable et souillé en profanant le nom de l’Éternel. La sainte consécration à Dieu, et l’expression de Sa bonté sont de toute beauté (v. 15).

Ensuite (v. 16 et suivants) l’adorateur implore la bénédiction du Dieu qui s’intéresse à tout son peuple, non sur lui-même, mais sur tout Israël, sur le pays qui était la preuve de Sa fidélité et des richesses de Sa bonté. Ce culte était donc un lien entre le peuple et Dieu dans la communion avec Lui, en reconnaissant ce qu’Il était et en y rendant témoignage. Ainsi, selon les commandements de l’Éternel, considérés comme les conditions de ce lien, Dieu avait en ce jour-là reconnu le peuple (v. 17), et le peuple avait reconnu l’Éternel pour son Dieu (v. 18).

Après cela vient la sanction, c’est-à-dire ce qui donne vigueur à sa loi, dans les conséquences (malédiction ou bénédiction) qui devaient correspondre à l’obéissance ou à la désobéissance. Le chap. 27 et les deux suivants traitent de ce sujet.

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