Sixième livre de la Bible : livre de Josué. Commentaires.

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Généralités

Avec Josué, nous abordons les livres historiques. Moïse, représentant de la loi, ne peut faire entrer personne dans les choses du ciel. Par sa désobéissance de Meriba, il est mis de côté, et en Josué, qui est le nom hébreu de Jésus, nous avons justement le type de Christ s’occupant de nous pour nous faire entrer dans la jouissance des choses célestes. Le Seigneur a préparé Josué, combattant en Ex. 17, 9, apprenant en Ex. 33,
11, servant en Nom. 11, 28, rendant témoignage en Nom. 14, 6, qui prend donc ses responsabilités. 

Les enseignements de ce livre sont à confronter avec Col. 3, 1 où il est question des choses célestes. Le Jourdain est une figure de la mort. Nous sommes morts, nous sommes ressuscités en Christ, et sommes entrés dans les lieux célestes, c’est d’avoir passé le Jourdain, à la lumière de Col. 3, 1 et d’autres passages. C’est pourquoi notre combat est là (Éph. 6). En franchissant le Jourdain, c’est la mort de la chair, la mort complète au monde. Tout le livre de Josué nous présente la puissance de l’esprit de Christ parmi les siens pour les introduire dans les résultats du salut. 

Deux choses nous représentent la vie chrétienne :        

  •      Le désert où la patience du peuple de Dieu à travers ce pays altéré et sans eau, est mise à l’épreuve.
  •      Canaan où a lieu le combat,  figure de notre combat d’Éph. 6, 12. Tout ce combat est l’effet de la puissance de Dieu, la mort et la destruction de l’homme naturel.

Son auteur, sa date

Même si aucun passage ne mentionne Josué comme étant l’auteur de ce livre, il n’en reste pas moins vrai que, dès ces temps anciens, les Juifs lui en attribuent la rédaction. Le Talmud indique même que Josué l’aurait écrit en entier mis à part les derniers versets du chapitre 24 qui seraient de la main de Phinées. Un passage comme le ch. 24, 26 (voir aussi ch 6, 25 et 15, 63) confirme la pensée que le document écrit par Josué, et ajouté à la loi de Moïse, est bien le «livre de Josué».

Ce livre couvre la période allant depuis l’entrée d’Israël dans le pays de Canaan (vers 1406 avant Jésus Christ) jusqu’à la mord de Josué (environ 10 ans après).


Son but et quelques traits particuliers

… est de posséder la terre promise (cf par ex. Gen. 13, 14-17). Mais pour la posséder, il faut l’obéissance et la foi. En figure, ce récit montre comment la puissance du Saint Esprit permet aux croyants de s’approprier les bénédictions de Dieu. Canaan représente, pour les croyants, les bénédictions spirituelles dans les lieux célestes (Eph. 1, 3). Ainsi, les guerres d’Israël contre les Cananéens païens évoquent le combat du chrétien contre les puissances maléfiques des lieux célestes (Eph. 6, 12). Les Israélites devaient, selon le commandement de l’Éternel, exterminer
les Cananéens. Cela paraît cruel mais, après avoir patienté environ 400 ans envers ce peuple idolâtre, avec tant de débordements immoraux, le temps du jugement est là, comme annoncé du reste à l’égard des Amoréens qui constituaient un des peuples principaux de Canaan (cf Gen. 15, 16). Les Israélites furent ainsi la verge que Dieu utilisa pour punir la méchanceté de ces nations. Autrefois, Sodome et Gomorrhe furent anéanties pour des motifs semblables. Malheureusement, les Israélites ont aussi désobéis et la conséquence fut l’introduction de l’idolâtrie au milieu d’eux avec les conséquences qui suivirent après de nombreux avertissements et une longue patience de Dieu.  Apprenons, en tant que chrétiens, à ôter tout mal dans notre vie (2 Cor. 7, 1; Col. 3, 5; etc). Notons encore le long jour de Josué au ch. 10, 4-14 et Guilgal, ce lieu de la circoncision où il faut retourner. Ce retour évoque la réalisation pratique, pour le croyant, que la chair de péché ne possède plus aucun droit dans le croyant (cf par ex Jos. 5, 1-10).

La Bible, livre de Josué, notes sur le chapitre :

 01 – Introduction + Josué, le nouveau conducteur d’Israël

02 – Rahab et les deux espions

03 – La traversée du Jourdain

04 – Les pierres dressées en mémorial

05 – La circoncision à Guilgal et la Pâque

06 – La prise de Jéricho

07 – Aï; Acan et l’interdit

08 – Victoire sur Aï; l’autel sur la montagne d’Ebal

09 – La ruse des Gabaonites

10 – La défaite des rois au sud de Canaan

11 – La défaite des rois au nord de Canaan

12 – Énumération des rois vaincus des deux côtés du Jourdain

13 – L’ordre de Dieu et les deux tribus et demie

14 – Caleb reçoit Hébron en héritage


15
 – L’héritage de la tribu de Juda

16 – L’héritage des fils de Joseph. Éphraïm.
17 – L’héritage des fils de Joseph. Manassé.
18 – La tente d’assignation dressée à Silo. Héritage de Benjamin.
19 – L’héritage de Siméon, de Zabulon, d’Issacar, d’Aser


20
 – Les six villes de refute pour l’homicide
21 –  Les quarante-huit villes pour les lévites

22 – Retour des 2 1/2 tribus et l’autel au-delà du Jourdain.

23 – Exhortations de Josué aux chefs des tribus
24 – Alliance de Josué avec le peuple à Sichem. Mort de Josué.

Chapitre
01

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitres 01 à 05 : le passage du Jourdain

Chapitre 1 : Josué, le nouveau conducteur d’Israël

Dans ce livres les chapitres à 12 nous présenteront le récit de la conquête du pays de Canaan, les ch. 12 à 24 la répartition du pays entre les tribus. A l’origine, Josué s’appelait Osée, c’est-à-dire «délivrance» en Nom. 13, 9, tandis que Josué veut dire Jésus, la délivrance ou le salut de Dieu. 


En résumé, ce chapitre présente dans les v. 1 à 3 le nouveau conducteur du peuple ainsi que le caractère du pays promis. Les v. 4 à 9 montrent les frontières du pays et des instructions pour en prendre possession. Ensuite, Josué donne, selon v. 10 et 11, un commandement aux officiers. Puis les v. 12 à 18 sont en rapport avec les deux tribus et demie de Galaad.


Voyons maintenant quelques détails de ce chapitre ainsi que des commentaires servant d’introduction au livre de Josué.


En type, ce livre présente le sujet de l’épître aux Éphésiens. La traversée du désert était arrivée à son terme. Il s’agit maintenant pour Israël de passer le Jourdain sous la conduite d’un nouveau guide et de prendre possession du pays de la promesse en dépossédant les ennemis qui l’habitaient. N’en est-il pas de même pour nous, nous qui devons livrer le combat de la foi contre les malices spirituelles qui sont dans les lieux célestes. Il y a une différence entre le type et la réalité. Pour nous, le désert et Canaan subsistent ensemble. La bénédiction n’en est que plus étendue. Le désert nous apprend que nous avons besoin d’être encore humiliés et éprouvés pour connaître ce qui est dans nos cœurs. Mais nous nous trouvons en même temps dans les pâturages herbeux et les eaux paisibles d’une riche contrée dont nous goûtons les prémices. Dans cette nouvelle étape de l’histoire d’Israël, Dieu pourvoit le peuple d’un nouveau conducteur. Il s’agit de Josué qui est un type de Christ. Il apparaît pour la première fois en Ex. 17, où nous avons la clef de son caractère typique. Tandis que Moïse, type en cet endroit de l’autorité divine, qui se tenait en haut de la montagne, pendant le combat, il y avait en bas dans la plaine, un homme associé au peuple qui le conduisait, un homme en qui est l’Esprit de Dieu (selon Nom. 27, 18). En cet homme, Josué, qui dirigeait la bataille de l’Eternel, nous reconnaissons Christ, Christ en nous, parmi nous ici-bas, dans la puissance du Saint Esprit. Comme Moïse a conduit le peuple dans le désert, Josué le conduira en Canaan.


La suite du chapitre, après ce nouveau conducteur présenté dans les v. 1 et 2, il y a le pays avec ses limites. Pour entrer en Canaan, il fallait passer le Jourdain (v. 1) sous la conduite de Josué. L’héritage était un pur don de la grâce de Dieu (voir Deut. 9). Mais il fallait entrer en possession, fouler tout lieu de la plante du pied (v. 3). En type, toutes les choses des v. 2 et suivants sont aussi notre part. Nous entrons en possessions de nos bénédictions célestes en ayant passé à travers la mort et la résurrection avec Christ et par la puissance de son esprit. Le v. 5 montre un trait qui caractérisait alors le pays. C’est que l’ennemi s’y trouve. Il y a des obstacles. De fait, partout où nous poserons le pied, un adversaire surgira. Canaan n’est pas le ciel, tel que nous le trouvons par la mort corporelle, mais c’est le ciel dans lequel se trouve l’ennemi, le ciel, scène du combat actuel du chrétien. Mais les promesses sont là. «Personne ne tiendra devant toi». Souvenons-nous aussi que notre puissance est en Christ. C’est ainsi que personne ne peut tenir devant nous, mais dès que nous comptons sur notre propre force, nous pourrons faire l’expérience qui sera celle d’Israël avec Aï, selon ch. 7, 3 à 5.


À propos des frontières du v. 4, sachons que les Israélites n’ont jamais pu atteindre toutes les étendues. Et nous, est-ce que nous atteignons tout ce que nous avons dans les lieux célestes … il faudra connaître à fonds (1 Cor. 13, 12) afin de mesurer l’étendue de notre héritage. Les limites du pays sont constituées d’un désert, d’une montagne, d’un fleuve, d’une mer. Ce qui se trouve en dehors de ce pays fertile n’est pas pour le peuple. Il ne doit pas y poser le pied. Ces 4 limites représentent les caractères du monde avec son aridité, sa puissance, sa prospérité, son agitation.


Dès le v. 6, nous trouvons les qualités morales nécessaires pour entrer en Canaan. Après la foi, qui fait reposer le pied partout, il y a l’énergie spirituelle. L’apôtre Pierre mentionne cette énergie comme étant une vertu de la foi. (2 Pi. 2, 5). Cette vertu se trouve en Christ, tout comme elle se trouvait en Josué. Nous devons trouver notre force en Christ (Col. 1, 10). Ce principe important nous conduit dans le chemin de l’obéissance qui est tracé au v. 7. Il faut donc l’énergie spirituelle qui est nécessaire pour obéir.  Le v. 8 indique qu’il faut quelque chose de plus. C’est la parole; il faut l’étudier afin de lui obéir. C’est dans ce but qu’il faut la lire et s’il en était ainsi, combien cela changerait le cours de la vie des chrétiens. Au v. 9 il y a un dernier principe qui attire notre attention sur le fait 1) qu’aucune indécision dans la marche, 2) aucune épouvante, 3) aucune contrainte, ne doivent nous caractériser devant l’ennemi. Satan ne peut rien contre un croyant qui revêtu de tels caractères. C’est Dieu qui nous commande de nous fortifier et d’être ferme.  Il est précieux de voir ces principes établis tout au commencement de ce livre, avant qu’Israël ait fait un seul pas. Ayons aussi en mains les armes bien fourbies avec lesquelles on remporte les victoires.


Versets 10 à 18 : ceux qui entrent en Canaan sont mentionnés. Il y a le peuple et aussi les deux tribus et demi qui s’associent à leurs frères et sont au premier rang pour combattre, mais non pour se mettre en possession du pays, car leur territoire est en deçà du Jourdain. Ces deux tribus et demi sont l’image d’une foule de chrétiens. Aujourd’hui ce serait plutôt neuf tribus et demi dans la situation des deux et demi. C’est l’image des chrétiens dont le fond de la vie se borne aux circonstances de la vie, aux besoins de chaque jour à l’abondance ou à la disette, etc. Ce sont des chrétiens qui ont un christianisme non mondain, mais terrestre. C’est le type de ceux qui rabaissent le christianisme à une vie de foi pour les circonstances terrestres qu’ils traversent. Cette tendance à rabaisser le christianisme s’étale de nos jours comme une doctrine. On ne connaît peu de choses d’un Christ auquel on se confie pour la conduite de la vie journalière. On connaît bien Christ comme Berger, mais l’étendue de ses ressources, même sous ce caractère, est peu apprécié. S’il nous conduit dans ce monde, il ne nous y fait pas reposer. Les verts pâturages et les eaux paisibles ne sont ni l’herbe, ni les enclos, ni les villes du pays de Galaad, mais les gras pâturages du pays de la promesse. Que par là nous puissions apprendre à sortir du monde pour être occupés d’un Christ glorifié, pour être attiré avec lui dans la Canaan céleste. Combattons pour avoir ces privilèges en Christ. Réalisons les par la foi. Jouissons-en par la puissance de l’Esprit. 


Dans les temps et au milieu de toutes les circonstances, le secret de la stabilité et de la paix, se trouvent dans le fait rappelé au v. 6, 7, 9, 18, par ce: «Ne t’ai-je pas commandé», «Fortifie-toi et sois ferme». 


Nous avons donc dans ce chapitre, le conducteur, le pays et ses limites, les qualités morales nécessaires pour entrer en Canaan, ceux qui entrent en Canaan.

Chapitre
02

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitres 01 à 05 : le passage du Jourdain

Chapitre 2 : Rahab et les deux espions

Dans le ch. 1, deux classes de personnes : 9 ½ tribus d’une part et 2 ½ d’autre part. Le caractère moral de cette dernière classe n’est pas à la hauteur de leur vocation. Toutefois, les hommes prennent part au combat pour assurer à Israël la possession de son héritage. 


Une troisième classe de personnes se trouve au chapitre 2. C’est Rahab et sa maison. Cette classe, constituée de Gentils, aura part à la jouissance des promesses faites à Israël. Rahab appartient donc, par sa naissance, à la vaste classe mentionnée en Éph. 2, 11-12: «C’est pourquoi souvenez-vous que vous, autrefois les nations dans la chair, qui étiez appelés incirconcision par ce qui est appelé la circoncision, faite de main dans la chair, vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu dans le monde. ». Rahab appartient à cette classe des Gentils, parmi lesquels elle est une personne dégradée (la prostituée – Héb. 11, 31; Jac. 2, 25). Au v. 11 Rahab comprend le jugement de Dieu qui atteindra son peuple. Et comme son peuple, elle est remplie de crainte. Si le peuple avait perdu tout courage, la crainte que connaissait Rahab était, pour elle, le commencement de la sagesse. Elle regarde à Dieu et sait (v. 9), que ce Dieu est un Dieu de grâce pour son peuple. Par la foi elle recherchera ce Dieu qui est la ressource des siens. Rahab a entendu ce que l’Eternel a fait. Elle réalise que pour lui être favorable, il faut qu’elle soit avec le peuple. Ainsi, quand les espions se présentent, Rahab les reçoit en paix. Héb. 11, 31 fait allusion à sa foi. Elle ne fait donc pas comme le monde qui cherche partout et de tous temps à se débarrasser du témoignage de Dieu. Rahab comprend que ces espions sont le moyen employé de Dieu, moyen qui la fera échapper au jugement futur. Sa vie, et celle de ses proches, (v. 12 et 13) sera conservée. Il y aura délivrance. Dans cet acte, elle s’identifie avec l’Israël de Dieu, et sa foi reçoit une réponse
immédiate
. Ce n’est pas tout. Dans le cordon du fil écarlate, nous avons le symbole sans apparence de la mort d’un être qui aurait pu dire: «Je suis un ver et non point un homme» (cf Ps. 22, 6). Ce cordon lui suffit comme gage et sauvegarde, tout comme le sang de l’agneau pascal éloignait le jugement de l’ange exterminateur. Ce cordon écarlate va garantir la maison de tous ceux qui s’y trouvent quand la muraille elle-même s’écroulera au bruit des trompettes de Jéhovah. Remarquons encore que ce sont des témoins vivants qui sont les garants que la mort (ce type du cordon écarlate) est la sauvegarde de Rahab. Pour nous, il en est de même, Christ étant ce témoin vivant devant Dieu, efficace, parfait en rédemption, de son sang versé à la croix pour nous.


Versets 18 et suivants : la foi de Rahab n’attend pas que le peuple soit entré au pays. À peine les espions sont-ils partis, qu’elle se hâte de mettre le cordon. Elle témoigne, elle a cru, elle parle hautement. De sa fenêtre, elle proclame Christ et l’efficacité de son œuvre pour qui sauve une misérable pécheresse. En Jac. 2, 25, Rahab est un exemple des œuvres de foi. Il est impossible que la foi aille sans les œuvres. Trahir sa patrie dans ce cas, est un acte de foi, qui abandonne tout pour le peuple de Dieu. Le sens humain réprouve cela, tout comme il réprouverait Abraham qui a offert son fils en holocauste ou Marie qui a brisé ce vase d’albâtre. Matt. 1, 5 établit combien Rahab a reçu récompense car elle a une place d’honneur qui lui est réservée au nombre de celles qui, parmi le peuple terrestre de Dieu, forment la lignée du Messie


Josué avait cette tâche redoutable de faire entrer le peuple dans le pays. Par trois fois, au chapitre premier, il y avait: «Fortifie-toi et sois ferme». Les deux grands obstacles, lors de l’entrée d’Israël en Canaan, étaient la frontière du Jourdain et la redoutable forteresse de Jéricho. Josué envoie deux espions et Dieu les conduit chez Rahab qui a entendu ce que Dieu avait fait pour son  peuple. Elle a cru en lui et nous la voyons agir car la foi sans les œuvres est morte. Jacques la prend comme exemple de cette vérité (Jac. 2, 25). Avec le cordon d’écarlate, Rahab se met sans tarder à l’abri du jugement. Puis au v. 24, il est le rapport des deux espions est remarquable: «L’Eternel a livré» et non pas «livrera». La foi de Rahab est belle. La Parole la relate dans les passages cités des épîtres aux Hébreux et de Jacques. Elle fait
contraste avec les habitants de Jéricho qui avaient entendu comment l’Éternel opérait au milieu d’Israël mais seule Rahab a cru, seule Rahab se range du côté des Israélites. 


N’en est-il pas de même  aujourd’hui? Tous entendent l’évangile mais combien croient? C’est cela qu’il faut retenir lorsqu’il peut nous paraître choquant, en un certain sens, qu’elle trahisse son peuple. Rahab, qui n’avait pas les lumières que nous avons, nous présente un grand exemple de foi.


Plusieurs versets (comme le v. 9) relatent la frayeur qui est sur les habitants de Jéricho. La parole d’en-haut est un jugement pour le monde; Jean 12, 31 en fait écho: «Maintenant est le jugement de ce monde». Mais pour tout pécheur, comme le cas de Rahab le démontre, le message de Dieu est celui de la délivrance. Ici il y a délivrance pour Rahab et jugement pour les habitants incrédules de Jéricho. Dans de telles circonstances, avec le fait que le jugement allait s’abattre sur Jéricho, Rahab voulait être sauvée. Elle a bien réalisé les paroles d’És. 27, 5: «Ou bien, qu’il saisisse ma force, qu’il fasse la paix avec moi, qu’il fasse la paix avec moi ! » (Ésaïe 27:5)… cette paix avec elle. Rahab en appelle à la bonté de Dieu. Et ce cordon d’écarlate nous parle du sang de Christ. Ce précieux signe de la faveur de Dieu qui montre sa parfaite satisfaction au sujet du péché. Le cordon d’écarlate à sa fenêtre était la démonstration de sa foi.

Chapitre
03

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Chapitres 01 à 05 : le passage du Jourdain

Chapitre 3 : la traversée du Jourdain

Si les deux premiers chapitres de Josué introduisent au cœur même du récit, le chapitre 3 relate la traversée du Jourdain par le peuple d’Israël pour entrer en Canaan. Lors de la sortie de l’Égypte, deux grands événements avaient eu lieu avec la Pâque et la traversée de la mer Rouge. Le Jourdain constitue un troisième grand événement. Chacun de ces trois faits est un symbole de la croix de Christ. Mais la croix est si riche, si variée, si infinie d’aspects, qu’il faut tous ces types, et bien d’autres, afin d’en saisir la profondeur et l’étendue. La Pâque présente la croix de Christ qui met les enfants de Dieu à l’abri de son jugement: «Je passerai par-dessus». L’amour épargne ainsi le peuple qui, de lui-même, ne pouvait pas plus éviter le jugement que les Égyptiens. La Pâque présente encore une autre vérité en ce que Christ a subi extérieurement, et dans les profondeurs de son être, le jugement de Dieu pour nous à notre place. Les Israélites étant à l’abri, et se nourrissant de lui dans sa mort avec le sentiment de l’amertume du péché, les herbes amères, mais un péché complètement expié. La mer Rouge présente un second aspect de la croix du Christ. Celui de la rédemption. Il s’agit d’un peuple racheté (Ex. 15). Dieu est pour le peuple (Ex. 14, 14). La Pâque arrêtait Dieu comme juge et mettait Israël en sureté. À la mer Rouge, Dieu intervient comme Sauveur (Ex. 15, 2). Dans cette scène, il y a le type de la mort et du jugement supporté par un autre. Pour nous, enfants de Dieu (Jean 1, 12), le Seigneur s’est présenté. Et sur l’autre bord de la mer Rouge, il y a tout à la fois le type de la résurrection de Christ et l’étendue de la délivrance opérée en faveur du peuple. Par la mer Rouge, c’est le salut et en effet Israël (cf Ex. 15, 13) sera conduit jusqu’à «la demeure de ta sainteté». Ceux qui acceptent Jésus Christ comme Sauveur sont également amenés à Dieu (1 Pi. 3, 18), et ont accès auprès de Lui (Éph. 2, 18). Nous sommes ses enfants (1 Jean 3, 1). 


Si l’expiation est typifiée à la Pâque, et si la rédemption accomplie (le salut acquis) l’est à la mer Rouge, le Jourdain présente autre chose. Le Jourdain typifie que le peuple doit être dans un état convenable pour entrer en possession du pays de la promesse, de Canaan. Entre la mer Rouge et le Jourdain, Israël avait traversé le désert. Jusqu’à Sinaï c’était la grâce et depuis Sinaï c’était la loi. La loi leur a permis d’éprouver ce qui est dans leurs cœurs. L’épreuve a démontré, et démontrera, que ce cœur est charnel. L’état d’Israël, démontré dans la traversée du désert, était un obstacle absolu; il fermait les portes de Canaan. Israël est arrivé au bout de son expérience dans la chair. Le Jourdain barre la route tout comme la mer Rouge l’empêchait de sortir d’Egypte. Ce Jourdain présente un nouveau type de la mort. Ce type est la fin de l’homme dans la chair et, du même coup, la fin de la puissance de Satan. Seule la grâce de Dieu pouvait faire passer ce peuple. L’arche (v. 4) allait le conduire. Les sacrificateurs, représentants du peuple, se chargent de porter l’arche de l’alliance (v. 6). Par la distance d’environ un kilomètre (v. 4), l’arche garde sa prééminence. Les eaux furent coupées dès que les pieds des sacrificateurs furent posés dans les eaux du Jourdain. Israël est donc au bénéfice de la puissance divine. Cette puissance est aussi pour les croyants de l’Église. En effet, tout ce que nous étions dans la chair a trouvé fin dans la croix de Christ. Christ est notre arche et en Lui finit ma personnalité comme fils d’Adam. En Lui nous avons une puissance victorieuse qui nous introduit dans la vie de résurrection de Christ, au-delà de la mort, en pleine jouissance des choses que cette vie possède, bien que la mort n’est pas encore engloutie en victoire (1 Cor. 15, 54). Nous pouvons nous approprier le fait que la grâce de Dieu nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ. 


Dans les deux types de la mer Rouge et du Jourdain, il y avait l’ennemi à la mer Rouge. C’était l’armée du Pharaon qui poursuivait Israël. Au Jourdain, c’est différent car c’est dans le pays que l’ennemi va se manifester. Les expériences de Sinaï, les expériences du vieil homme dans la chair, sont finies. Le Jourdain montre que, par la connaissance acquise par la foi, l’enfant de Dieu change d’état. Il n’est plus associé à la nature adamique. Le chrétien connaît une nouvelle association, celle avec un Christ mort et ressuscité. Canaan fera connaître les expériences du nouvel homme, non pas sans faiblesse et sans chute, si la vigilance manque, mais avec une puissance à disposition. Nous pouvons toujours faire usage de cette puissance afin d’être forts dans la bataille et de résister aux ruses subtiles de l’ennemi. 


L’entrée en Canaan correspond donc à posséder le ciel par la foi, et à en jouir. Pour cela, il faut que nous soyons morts avec Christ dont la traversée du Jourdain est le type. En voyant cette arche au milieu du Jourdain, qui garantit le passage du peuple, nous pouvons bien dire que l’amour a été fort comme la mort, la mort qui l’avait conduit dans ces flots afin de nous en arracher. Le passage du Jourdain par Israël est souvent considérer comme une figure de l’entrée du croyant dans le ciel après la mort. Comme nous l’avons vu dans cette étude, il y a quelque chose de plus que cette simple application. Avant de passer le fleuve, les Israélites devaient faire deux choses: 1) regarder l’arche v. 3 et 2) se sanctifier v. 5. Ils devaient se sanctifier
à cause des choses merveilleuses du lendemain. 38 ans auparavant, les Israélites avaient été refoulés, car dans leur audacieuse incrédulité ils voulaient battre les ennemis. Mais ils avaient été battus et repoussés. Maintenant le Seigneur leur montre que sa voie ne peut être suivie que dans la force découlant de l’arche.

Chapitre
04

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitres 01 à 05 : le passage du Jourdain

Chapitre 4 : les pierres dressées en mémorial

Le ch. relevait la délivrance d’un ancien état et l’introduction dans un nouvel état, type de notre nouvel état en Christ. Dieu qui révèle ces états à la foi. C’est quelque chose qui est fait et accompli, pour la foi, en Christ. Ce nouvel état représente l’affranchissement de l’âme, c’est-à-dire: «Je suis mort avec Christ et Christ vit en moi». Plus vite se produit l’affranchissement et mieux cela vaut. Mais il  peut venir bien après la conversion. Un long travail peut avoir lieu avant
l’affranchissement, qui est progressif, puis nous nous rendons compte que tout est accompli en Christ. L’affranchissement en lui-même n’est pas une expérience mais un état saisi par la foi. C’est une expérience dans le sens que je me vois en Christ. C’est donc différent de la rédemption avec l’œuvre accomplie en dehors de moi. L’affranchissement, c’est  la signification du Jourdain pour la foi, pour nous chrétiens.


Versets 1 à 8 : un mémorial de cette étape de la traversée du Jourdain est nécessaire.  Pour ce faire, Josué commande à 12 représentants, un par tribu, de prendre 12 pierres du milieu du Jourdain. Ces pierres représentent un signe pour Israël. Elles sont posées au lieu où le peuple allait passer sa première nuit. Ce lieu, c’est Guilgal. Ces pierres représentent les 12 tribus. Au v.
5
, il y avait l’arche. L’arche était garante que le peuple serait arraché de la mort. L’arche se trouvait au lieu même duquel il fallait être délivré. Ces 12 pierres prises du milieu du Jourdain deviennent un monument à l’entrée même de Canaan, à Guilgal, un endroit clé pour le peuple qui sera enseigné à y revenir toujours. Ces pierres sont donc un signe sous leurs yeux et ceux de leurs enfants. Comme Israël, nous sommes des trophées de la victoire remportée sur les eaux impétueuses du fleuve. Christ s’est placé dans la mort parce que nous y étions. Le fait moral de contempler ces pierres, ce mémorial,  a son antitype selon Rom. 6, 10-11; il s’agit de nous tenir comme étant morts au péché, en considérant Christ qui a subi le jugement à notre place. Guilgal c’est la réalisation morale du Jourdain. Peut-être que beaucoup étaient indifférents à ces pierres parlantes. Mais nous sommes appelés à nous souvenir que ce monument nous rappelle les paroles du passage cité de l’épître aux Romains (ch. 6), c’est-à-dire d’être morts au péché, mais vivants à Dieu dans le Christ Jésus. Les 12 pierres de Guilgal parlent à la conscience d’Israël.

Versets 9 à 13 : un autre monument est élevé au milieu du Jourdain. Ce monument doit parler sérieusement au cœur d’Israël. C’est la foi seule qui peut le voir car, de fait, ce monument est invisible, couvert qu’il est par les eaux du Jourdain. Ces pierres ne sont donc pas le symbole d’une résurrection mais essentiellement de la mort de Christ. C’est le fleuve de la mort. Jésus est entré dans cette mort pour moi, me délivrant du vieil homme, et laissant ce vieil homme avec sa vie au fond du Jourdain. Ces eaux nous ont ensevelis; cela dans la personne de Christ. Les eaux de la mort ont passé sur Christ. Il a bu la coupe. Le monument reste et la croix demeure en témoignage éternel d’un amour qui est allé jusqu’à la mort. Là, Dieu a pu mettre tout ce qui est du vieil homme dans la mort. Le v. 18 indique bien que la sentence est exécuté, que le vieil homme est condamné, la condamnation passée, la mort vaincue. Mais la mort reste. Le Jourdain qui était un obstacle pour Canaan devient maintenant cette barrière qui nous sépare non seulement de la lointaine Egypte mais aussi du désert de Sinaï, de nous-mêmes. Sommes-nous heureux d’en avoir fini avec l’homme, avec nous-mêmes? Quant aux 2½ tribus, elles ont bien passé le Jourdain avec leurs frères (v. 12 et 13), mais deux choses leur restèrent inconnues: 1) la valeur du pays de Canaan et 2) la valeur de la mort, Lorsque les guerriers rejoignirent femmes et enfants, le Jourdain ne les a pas retenus. Si le Jourdain était la barrière pour les 10½ tribus qui séparait tout ce qui n’avait aucune valeur à leurs yeux, les 2½ n’ayant pas reconnu ces deux valeurs du pays de Canaan et de la mort, s’en retournent en deçà du Jourdain.


Versets 14 et suivants : Josué qui est élevé (v. 14) tout comme le Seigneur Jésus l’a été en vertu de son œuvre accomplie dont le résultat est l’introduction d’une jouissance actuelle de la possession future de la gloire. Cette élévation a donc lieu devant nous yeux. Il y a, dans la figure de Salomon (1 Chr. 29, 23-25), Christ qui est élevé, et un peuple qui lui est soumis. Ses frères courberont les genoux devant lui. Puis en 2 Chr. 32, 23, dans la figure d’Ézéchias, il y a un Christ élevé à la vue de toutes les nations. Enfin, Phil. 2, 9-11, montre que tous se courberont devant celui qui s’est abaissé jusqu’à la mort de la croix.

Le passage du Jourdain correspond à notre mort et à notre résurrection avec Christ. L’homme qui ressort du Jourdain est un homme nouveau, renouvelé. Quant au vieil homme, il est resté dans le Jourdain, comme ces 12 pierres au milieu de l’eau, (v. 9). L’homme qui sort est une nouvelle création, un nouvel homme. Ce nouvel homme est représenté par les 12 autres pierres, prises dans le fleuve, et mises en mémorial sur la rive du pays de la promesse. Ainsi, rappelons que la Pâque m’apprend que je suis délivré du jugement de Dieu, la mer Rouge m’enseigne que je suis libéré de mes ennemis extérieurs, Satan et le monde, le Jourdain enfin nous fait comprendre que j’en ai aussi fini avec la chair, ce redoutable ennemi intérieur. La conversion nous fait saisir les deux premières vérités. La troisième correspond à ce que l’on appelle l’affranchissement. Il est remarquable de constater que les 2½ tribus ne sont pas oubliées dans les mentions des 12 pierres. Elles ne font qu’un avec les autres 10½ tribus et cela malgré leur faible foi. Ainsi ces 2½ tribus nient, en fait, l’unité d’Israël mais Israël est néanmoins un aux yeux de Dieu. Il en va de même pour l’Église qui a beaucoup d’éléments qui nient l’unité du corps de Christ, par une mauvaise position, mais elle reste unie aux yeux de Dieu. Si ces deux monceaux de pierres scellent en figure la mort et la résurrection de Christ, une seule pierre aurait suffit mais, comme cela a été démontré, ce monceau embrasse tout Israël.

Chapitre
05

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitres 01 à 05 : le passage du Jourdain

Chapitre 5 : la circoncision à Guilgal et la Pâque

Jusqu’ici, au ch. 1 : les principes moraux pour prendre possession de Canaan. Et au ch. 2 : Dieu sort des limites d’Israël. Les lieux célestes sont présentés en type. L’on y entre sur le principe de la foi. Puis dans les ch. 3 et : présentation du secret pour y entrer.

Versets 1 à 9 : un autre secret, celui de la victoire, se trouve au ch. 5. Qui dit victoire, dit ennemis» (v. 1). Dieu va mettre Israël en état de remporter la victoire. Pour cela Dieu dépouille son peuple de toutes les armes et ressources que celui-ci trouverait en lui-même. En effet, la chair ne peut entrer dans le combat. Dieu juge la chair, la met de côté. C’est le dépouillement de la chair. C’est la signification de la circoncision. Ce fait est accompli pour tout croyant, qu’il le sache ou pas (cf Col. 2, 9-15). Et dans Phil. 3, 3, il y a le contraste établi entre la circoncision faite de mains et la vraie circoncision qui est celle du Christ. Il ne faut avoir aucune confiance dans la chair. Voilà la vraie circoncision, celle qui nous permet de rendre culte par l’Esprit.

La  circoncision a eu lieu à Guilgal. Il y a là encore un secret, ou plutôt une deuxième vérité. La circoncision était donc le jugement, le retranchement de la chair, un fait accompli en Christ (Col. 2, 11). Le côté pratique, c’est Guilgal, autrement dit l’endroit de la circoncision. C’était là l’endroit avant tout combat et après chaque victoire. Il fallait revenir à ce lieu. Il fallait toujours que la chair soit tenue pour morte. Guilgal est donc la mortification de nos membres qui sont sur  la terre (cf Col. 3, 5-8).


Versets 10 à 15 : la Pâque est célébrée (v. 10). Puis il y a de la nourriture. C’est le vieux blé du pays (v. 11 et 12). C’est la nourriture de Canaan. Ainsi, après les premières conditions pour mener la bataille, ces conditions étant le jugement opéré à la croix dans le dépouillement de la chair et par la réalisation de ce jugement dans la pratique, il faut une autre ressource. En effet, avant de se lever pour combattre, Israël doit s’assoir à la table de Dieu. Il doit se nourrir; là est la force positive. Il ne faut pas se nourrir de n’importe quoi. Il faut se nourrir de Christ. Christ est la source de la force. Avec un cœur ainsi nourri, comme on le verra au chapitre suivant, il est facile de remporter les victoires. Et il faut nous nourrir de Christ à chaque instant afin d’être prêts au premier signal, d’être prêts à nous lever pour marcher à la victoire. Christ lui-même est notre aliment. Il nous est présenté ici sous trois aspects différents: 1) la Pâque; 2) le blé du pays 3) la manne. Le v. 11 présente donc ce vieux blé du pays après la Pâque. Il s’agissait de ces pains sans levain et de ce grain rôti dans ce même jour. Dieu leur donne une nourriture qu’ils n’avaient pas connue en Égypte. Ainsi le blé rôti de Canaan est un Christ céleste, glorieux, mais un Christ homme qui avait traversé ce monde souillé dans une humanité sans tâche, comme le pain était sans levain. Dans cette même humanité, il avait traversé le feu du jugement, comme le grain rôti. Nous sommes donc appelés à nous nourrir d’une telle nourriture, d’un tel Christ, et en le faisant, nous serons transformés à la manière de 2 Cor. 3, 18, de gloire en gloire. De même nous porterons ces caractères et le monde le remarquera dans nos actes, dans nos paroles, par l’amour, l’intercession, la patience, la dépendance, etc. Le v. 12 précise que le temps de la manne est terminé. C’est une nourriture transitoire, une nourriture pendant le voyage. Si actuellement nous pouvons nous nourrir de la manne et du vieux blé du pays, la manne prendra fin lorsque nous serons ravis d’ici-bas. La fin du chapitre, depuis le v. 13, présente le chef de l’armée de l’Éternel. Près tous ces préparatifs, le combat va commercer. Le chef se révèle au dernier moment, au moment nécessaire, lorsque Josué était près de Jéricho. La foi peut compter sur lui pour l’instant du besoin. Il faut ce chef de l’armée pour combattre dans une bonne direction, pour remporter les victoires. Ce représentant, cet ange de l’Éternel, revient souvent dans l’Ancien Testament (par exemple en Ex. 23, 21 lors du passage de la mer Rouge). Il fut aussi manifesté comme voyageur dans le désert. Ici, il l’est comme chef d’armée en Canaan. Plus tard, il le sera dans le royaume et demeurera en paix au milieu d’eux. Quelle condescendance ! Ici il est là avec une épée nue dans sa main. C’est cette épée qui portera les coups. Cet ange avec l’épée est apparu en Nom. 22, 23, puis ici en Jos. 5. Aussi en 1 Chr. 21, 16 … chaque fois dans des circonstances différentes. De même nous pouvons avoir à faire à cet ange de ces trois façons, à savoir: 1) celui qui nous protège sans que nous le sachions souvent. 2) celui qui nous aide dans nos combats et nous fait remporter des victoires (comme ici en Jos. 5). 3) celui qui tourne son épée contre nous en discipline. 


Dans le combat, il n’est pas possible de rester neutre (fin du v. 13). Josué le comprend bien. Puisse-t-il être un exemple pour nous. Celui qui se révèle à Josué revendique son caractère de sainteté (v. 14). Si l’on se trouve sous la conduite de ce conducteur divin, il est impossible personnellement ou comme peuple, de rester en contact avec le mal ou la souillure dans la marche. C’est à cause de cela que le peuple fut vaincu devant Aï (ch. 7). Garder un mal non jugé dans notre cœur nous expose au jugement de Dieu. Ainsi en est-il dans l’assemblée


Encore :

Les ennemis extérieurs réapparaissent. Mais ils sont sans force et découragés à cause des fils d’Israël (v. 1). L’acte de la circoncision (v. 2 et suivants) correspond au jugement qu’il faut porter sur chaque réapparition de la chair en nous. La première condition nécessaire pour pouvoir considérer le monde comme n’étant rien est de savoir que nous n’en sommes pas. Le croyant ne doit pas seulement se contenter d’être à l’abri du jugement de Dieu mais il doit réaliser qu’il n’est pas du monde et qu’il est appelé à jouir des choses célestes. Se nourrir du vieux blé du pays (v. 11), c’est se nourrir de Christ glorifié. C’est aussi réaliser la connaissance et la jouissance de notre union avec lui. Manger du cru du pays (v. 12), c’est être, en figure, dans le ciel. La manne, nourriture du désert, cesse. Elle n’est plus nécessaire. Pour nous croyants de l’Église, il s’agit de réaliser une position céleste et jouissant de la rédemption d’une manière toute nouvelle. Au début, le croyant pensait à ses péchés, à Christ qui les a ôtés, apprenant qu’il était un pauvre pécheur et que Christ l’a fait entrer dans sa présence de Dieu. Puis il y a tout cet accroissement spirituel. C’est une chose de traverser ce désert avec Christ, trouvant en Lui tout ce dont j’ai besoin. Et c’est autre chose de ne pas avoir en soi l’activité de la chair, afin que, étant introduit dans le ciel, l’on puisse manger ce que ce pays produit. Pour manger la Pâque, il faut être à Guilgal. Puis, sans la circoncision, la fête des pains sans levain paraît une chose impossible. Il faut la séparation de la chair pour pouvoir jouir de la sainteté en Christ. Le grain rôti c’est Christ ressuscité d’entre les morts sans avoir senti la corruption. Si à la Pâque on se nourrit d’un Christ mort, en Canaan on se nourrit d’un Christ vivant et ressuscité. C’est l’image du blé du pays. Dans le désert, Christ est donné pour répondre à chacun de nos besoins et nous communiquer la force nécessaire pour le traverser. Christ nous est donné en tant que «manne» et en tant que «eau du rocher». Guilgal représente en quelque sorte le fait d’être revêtu de l’armure complète de Dieu. La mortification de la chair est la base de cette vraie force spirituelle. C’est une condition sine qua non de tout service réel pour Christ. C’est aussi indispensable pour réaliser notre position comme étant ressuscités avec Lui. Au sujet du vieux blé du pays, nous avons selon l’ordre divin, ce vieux blé du pays et ensuite le cru de la terre, c’est-à-dire d’abord Christ, puis ensuite la jouissance des choses célestes.

Chapitre
06

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitre 6 : la prise de Jéricho

Le peuple est enfin arrivé en présence de cet obstacle terrible qui est dressé devant lui pour l’empêcher de prendre possession de Canaan. En lisant le v. 1, on peut bien penser qu’il est impossible d’entrer dans Jéricho, ni d’en sortir. Les hautes et terribles murailles de cette ville semblent être infranchissables. Ainsi en est-il dans la vie de chaque croyant: lorsque nous voulons prendre position, lorsque nous voulons entrer dans ce qui nous est promis, beaucoup de choses se dressent devant nous, beaucoup de choses différentes pour chaque chrétien mais toutes ces choses se trouvent résumées dans ces murailles de Jéricho. Par cet obstacle, l’ennemi réussi trop souvent à couper l’élan de bien des croyants. Il les fait même retourner et les empêche ainsi de prendre possession de ces biens célestes. Mais, heureusement, il y a des âmes préparées  par Dieu, des âmes qui ne reculent pas devant les difficultés. Il y a un moyen pour vaincre toutes difficultés, aussi grandes soient-elles. C’est la foi. La foi, c’est la simple confiance placée dans le Seigneur. C’est l’absence complète de confiance en soi-même. Ces deux choses étant inséparables. La foi compte sur la puissance de Dieu et c’est là son premier grand caractère (1 Cor. 2, 5). Cette puissance divine est absolument nécessaire pour renverser l’obstacle. Cette puissance divine fait appel à la foi; aucune apparence de sagesse humaine. Que ce soit dans le choix des armes ou dans les moyens de combattre, les Israélites n’ont aucun pont à faire, aucun arrangement. Il ne faut pas se concerter pour trouver les moyens de remporter la victoire car Dieu lui-même a tout ordonné et la foi se soumet à l’ordre divin. Elle se sert des moyens que Dieu indique. Elle n’en invente pas. Quel contraste avec le monde qui pourrait dire: pourquoi des complications, pourquoi chaque jour le tour de la ville, pourquoi sept fois le septième jour, et ce cortège, et l’arche et des trompettes, pourquoi? Apprenons que la foi ne demande pas «pourquoi». Elle accepte ce qui vient de Dieu pour remporter la victoire au lieu d’être battue par l’ennemi. La foi se soumet d’abord et comprend ensuite. La foi dira: «Pourquoi ces sept jours , cette arche, ce cortège, ces corps, ces cris de joie?», mais elle le dira seulement après s’être soumise. Car comprendre avant de se soumettre n’est pas un acte de foi. Ainsi la foi marche en avant dans la dépendance de Dieu. La foi est mise à l’épreuve du fait qu’il faut marcher six fois un tour, puis sa patience a son œuvre parfaite dans le septième jour où il y a sept fois le tour de la ville. Cette foi de grand prix porte encore d’autres caractères; elle nous associe avec Christ en ce que Dieu range son peuple autour de l’arche dans le combat. L’arche ne précède plus le peuple, mais les hommes armés vont devant l’arche avec les sacrificateurs et l’arrière-garde ferme la marche. L’arche exalte Christ avec elle-même, car elle-même formait le corps d’armée, proprement dit le centre indispensable, la force de résistance. L’attitude du peuple, autour d’elle, le proclame. Sans elle, ni combat, ni victoire. Nous avons aussi un parfait témoignage rendu à la puissance de l’arche en la présence de l’ennemi dans ces sept sacrificateurs avec sept trompettes qui sonnent. La foi
est zélée pour présenter Christ et lui rendre témoignage. Zélé pour le service qui est en même temps le combat: v. 12 Josué se lève de bonne heure et, v. 15, ils se levèrent.

Le zèle de l’un provoque et encourage le zèle des autres. Dans l’ensemble de ce chapitre, nous tirons aussi la précieuse leçon que tout est de Dieu. Les Israélites n’auraient jamais pu, même avec les armes les plus perfectionnées de l’époque, franchir l’obstacle. C’est Dieu qui manifeste sa puissance. Il en va de même, pour l’Église d’aujourd’hui, pour l’évangélisation. A quoi bon s’organiser, faire envoyer des évangélistes ici et là, faire ce mélange de ce qu’est de l’homme et de Dieu, au lieu de laisser Dieu seul agir. Ne mettons jamais en avant nos moyens et nos ressources, ne considérons jamais l’œuvre humaine. Laissons Dieu seul agir et soyons caractérisés par la foi tout en discernant ce que Dieu place devant nous afin d’accomplir tout service qu’il accorde à chacun.


Cette muraille correspond donc à de grosses difficultés que Satan met devant nous pendant notre pèlerinage et cela dès le début, image de ce premier obstacle en Canaan. Alors pour y faire face, il faut laisser le Seigneur diriger les choses. Et pour nous, il faut la confiance, le zèle, la foi. Il faut ce témoignage bien clair auquel correspond les sept trompettes. Il faut la persévérance par ces tours autour de Jéricho. Ainsi la patience devait avoir son œuvre parfaite. Avant tout, il faut la chose principale, le Seigneur avec nous, typifié dans l’arche qui s’était tenu pour Israël dans le Jourdain et qui est maintenant avec lui pour donner la victoire. Dieu choisit les choses faibles du monde pour couvrir de honte les choses fortes (1 Cor. 1, 27).  N’oublions pas que nos armes sont spirituelles, elles sont puissantes. Et s’il y a des «Jéricho» sur notre route, apprenons-en à en faire le tour, à regarder à Dieu, et lorsque le moment sera venu, les murailles tomberont, tout comme elles tombèrent ce septième jour. Il est aussi solennelle de voir que cette ville sera anathème, maudite. Seule Rahab va être épargnée avec les siens en réponse à sa foi. Jéricho, c’est le monde envisagé comme ville destinée à la perdition et que les croyants, comme soldats du Christ, dans la puissance de la résurrection du
Christ, viennent à vaincre.


Chapitre
07

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan
Chapitre 7 : Aï; Acan et l’interdit

Après le remarquable chapitre 6, avec le tableau d’une victoire sur la forteresse de Jéricho, il serait logique qu’Israël aille de victoires en victoires. Il n’en est rien. Le chapitre 7 en est la démonstration. Israël est défait devant Aï. Aï était, humainement parlant, très peu redoutable. En fait, la victoire de Jéricho a été un danger dans le cœur de Josué et du peuple. Cette victoire avait été remportée dans la pleine dépendance de Dieu, mais est-ce que l’homme ne s’en attribue pas volontiers quelque chose! Si c’est le cas, le prochain combat est perdu d’avance. Pourtant, Josué (v. 2) renouvelle ce qu’il avait fait à propos de Jéricho (cf ch. 2, 1) en envoyant des hommes pour explorer le terrain à conquérir. Remarquons que ces hommes envoya ces hommes de Jéricho et non de Guilgal qui est le lieu où la chair doit être jugée. Josué qui, jusqu’ici avait été le type de Christ en esprit, devient ici, Josué homme. N’en est-il pas ainsi souvent de nous.  Dès que nous oublions Guilgal, nous faisons place au vieil homme. Nous négligeons le jugement du vieil homme. Ainsi les v. 3 et suivants nous apprennent que Josué écouta les explorateurs. Puis tout le peuple suit Josué. Ils ont entière confiance en eux-mêmes. C’est dangereux. En plus, comme ce chapitre le démontre (dès le v. 1), il y a quelque chose de bien plus grave. Ce sont ces objets, du butin enfouis dans la terre au fond de la tente. Il y a de l’interdit. Au ch. 6, 18 Dieu avait maudit Jéricho et ce qui appartenait à Jéricho était sous la malédiction de Dieu. Nul n’osait prendre quelque chose dans cette ville sous peine de devenir interdit (ou anathème) lui-même.  


Un seul homme, Acan, avait désobéi. Par sa convoitise, il avait détourné des choses maudites. Cet homme avait suivi la pensée naturelle. Il avait vu (v. 21). Acan avait des yeux qui savaient discerner les belles choses parmi le butin. Par les yeux, lorsqu’il n’y a pas de sentinelle pour veiller, l’interdit s’empare du cœur et excite la convoitise. «Je les ai convoités» (v. 21). Puis la convoitise a conçu et engendré le péché. «Je les ai pris». Tout cela, ce manteau, cet argent, cet or, deviennent la proie d’Acan. Ce sont plutôt ces choses qui ont fait de lui leur proie. Ne soyons pas la proie du prince de ce monde


Il est notoire (v. 1), et c’est significatif, que le péché d’un seul homme engage tout le peuple. Dieu a toujours devant les yeux l’unité de son peuple. Les individus sont membres d’un seul tout, solidaires les uns des autres. Aujourd’hui, la puissance du Saint Esprit, non contristé, dans l’Assemblée, met au jour tout ce qui déshonore Christ parmi les siens. Il n’en a pas été ainsi pour Israël dans ce chapitre 7. Le péché d’Acan est le moyen de faire ressortir le mal caché au sein du peuple. Comme il en ressort de ces lignes, si mal il y a, et lorsque l’assemblée est dans un bon état, elle est avertie par le Saint Esprit et se trouve en demeure d’ôter le mal du milieu d’elle, voire d’ôter le méchant. Devant Dieu, le péché d’un seul homme, au sein du peuple de Dieu (aujourd’hui l’assemblée), est le péché de tous. Même dans un temps de ruines, il faut que les fidèles soient pénétrés d’un mal potentiel qui rend nécessaire un jugement. Il faut que nos cœurs soient habitués à prendre cette position devant Dieu afin de maintenir le caractère «d’assemblée de Dieu». S’habituer au mal, le tolérer, mène sur un terrain qui n’est pas celui de la Parole. Israël (v. 11) forme un tout. Comme tel, Israël a été châtié (v. 5 et 6). 3000 hommes se sont enfuis devant ceux d’Aï et environ 36 tombèrent. Israël est ramené au niveau des Amoréens. Triste expérience, mais expérience nécessaire. Ils avaient oublié Guilgal c’est-à-dire ce lieu du jugement de la chair. Guilgal est nécessaire. Pour l’apôtre Paul, SON Guilgal était  une écharde dans la chair par l’action d’un ange de Satan. Il fallait cela pour le maintenir à Guilgal. Pour les Israélites, il fallait ce châtiment des hommes d’Aï. Pour nous chrétiens, puissions-nous toujours être en communion avec le Seigneur et maintenus à Guilgal. Soyons en garde. Même Josué (v. 6), en se jetant devant l’arche, a une attitude regrettable. Où était était l’arche qui était dans le combat de Jéricho et devant laquelle les murs étaient tombés? Le cœur de Josué en reconnait la valeur, mais il s’exprime en
regrets de ce que Dieu a fait lui-même. L’attitude de Josué révèle sa faiblesse (v. 7 à 9). Josué déclare (v. 9b) «Que feras-tu pour ton grand nom?» C’est bien différent de ce qui nous est rappelé par Moïse en Ex. 32, 11-13. Là, Moïse pouvait intercéder pour le peuple tandis que Josué a besoin de retrouver pour lui-même sa communion perdue. Josué était dans une fausse position (v. 2). C’est l’Éternel qui doit le reprendre. Il devait agir. En Jug.  20, nous avons le contraire. Israël avait d’abord du s’humilier puis agir. Quel désordre la chair introduit dans les choses de Dieu. Soyons comme l’apôtre Paul, n’ayons aucune confiance en la chair. 


Mais l’humiliation n’est pas négligée dans ce récit. L’humiliation est nécessaire lorsque l’assemblée n’est pas dans un bon état et d’autant plus lorsqu’il y a retranchement selon la Parole. Ainsi, dans cette affaire «d’Aï», c’est l’Éternel lui-même qui juge chacun par son œil scrutateur (v. 14 et 15). La conscience est réveillée. Le moi est jugé. Chacun prend sa place en présence du jugement. (cf quelque chose de similaire en 2 Cor. 7, 10-11). Suite au péché condamné par l’Éternel (v. 11 et suivants), il est nécessaire de se sanctifier. Ce sujet est introduit. Au ch. 5, 7, Josué avait présenté la sainteté individuelle. Ici (v. 13) il est question de la sainteté collective. En 2 Cor. 6, 16 à 7, 1, il y a une liaison entre ces deux faces de la sainteté. Voir aussi, en relation avec la sainteté, 1 Cor. 3, 17. Dans ce v. 13 il y a encore un détail intéressant: «pour demain». Cela nous montre que nous ne devons pas attendre l’heure du culte pour se sanctifier. Il faut le faire à l’avance, continuellement, pour que nous puissions apporter la louange qui lui est due.


Versets 16 et suivants : Josué fait approcher Israël selon les tribus (v. 16). La sainteté pratique collective est mise en évidence (v. 17). Remarquons ici que 2 Cor. 7, 1 relève la sainteté individuelle inséparable de la sainteté collective et des promesses qui lui sont faites. Soyons gardés de ne pas être limités à la sainteté individuelle car il y a la sainteté collective et c’est dans cette sainteté collective que Dieu nous considère. Dieu nous considère tous ensemble comme formant un seul corps uni par le Saint Esprit à son Fils bien-aimé glorifié. Il faut être solidaire du peuple de Dieu. Toute cette affaire d’Acan fut donc jugée dans la vallée d’Acor (fin du chapitre) (cf Osée 2, 15). C’est consolant  de réaliser que la bénédiction est donnée sur le seuil même du jugement. C’est là que Josué trouva le relèvement de son âme pour marcher désormais avec Dieu et conduire le peuple à la victoire. Ce sera également là que le peuple d’Israël trouvera la bénédiction de Dieu selon Osée. Faisons attention au grand nom que nous représentons (v. 9). Lorsque Dieu révèle quelque chose agissons sans tarder (v. 15). L’interdit ou anathème sert à montrer que ce peuple, si puissant en Dieu, est très faible en lui-même car la force de Dieu se retire. Cette force abandonne le peuple parce que Dieu ne peut être en communion avec le péché. Ainsi quand l’esprit est contristé par un membre du corps, tout le corps est affaibli.


Encore :

À la fin du v. 5, le jugement a pour effet de fondre le cœur du peuple. Dieu est déshonoré par le péché d’Israël et par la fuite d’Israël. Aussi la réponse de l’Éternel porte sur ces deux points: 1) il relève Josué. 2) l’interdit empêche cependant la communion d’Israël avec Dieu. 


Il est nécessaire que le péché, au milieu du peuple de Dieu, soit jugé. Il y a le principe que le jugement commence par la maison de Dieu avant que Dieu puisse juger le monde. Ainsi le jugement d’Aï aura lieu seulement au ch. 8. Remarquons d’autre part que plus nous serons fidèles, plus nous serons aux prises avec les attaques de l’ennemi. 


Selon le v. 1, il y a eu un crime. Il ressort du récit du chapitre que tous, sauf un, étaient innocents. Mais le péché de ce seul les rendaient tous coupables. C’est une grosse épreuve. Devant l’épreuve, ne soyons pas découragés et ne sous-estimons pas l’ennemi. Ne disons jamais: c’est une chose sans importance.  Israël nous en donne le flagrant exemple dans ce chapitre. En relation avec ce chapitre, des passages comme le Ps. 119, 169-170, Héb. 12, etc., sont bien à propos. Acan fait penser à un ennemi intérieur. Il représente, pour nous, le  péché dans la chair. Le beau manteau de Shinhar représente la mondanité. Acan recherchait la conformité extérieure avec Babylone. Autrement dit, il se conformait au monde. La conformité au monde nous laisse sans puissance pour lui résister et pour rendre un  témoignage effectif (appliquons plutôt 2 Pi. 3, 11). Acan a été loin, en toutes choses, de Dieu. Apprenons que notre âme, nos biens, notre vie, tout doit être mis à la disposition de notre Dieu. Le péché
peut entraver (ou différer) l’accomplissement des conseils de Dieu à l’égard
de la bénédiction.


Dans le combat contre Aï, il manquait l’arche qui était en type la présence du Seigneur Jésus, sa grâce, sa gloire. Le bois de sittim, dont elle était faite, représente son incarnation; Dieu était là manifesté en chair. Ceux qui regardaient l’arche ne voyaient pas le bois de sittim car il était recouvert d’or. La justice divine incorruptible de Dieu était manifestée en Christ. En plus, il y avait des chérubins d’or qui couvraient le propitiatoire de l’arche. Ce sont des emblèmes de puissance, de jugement et de gloire. Le tout cela était caché par une couverture de bleu de sorte que les yeux de Jéricho ne voyaient que le côté céleste de la gloire de Christ, comme aussi les Israélites qui suivaient cette arche. En cette arche résidait le secret de leur victoire.  Remarquons qu’Acan n’était pas un personnage quelconque. Il était de la tribu royale de Juda, de laquelle le Messie lui-même devait sortir en son temps. Acan était un prince de sa tribu et par conséquent il devait savoir tout ce que Dieu avait dit aux Israélites par Moïse. Et de même il leur avait été enjoint de ne rien avoir à faire avec les abominations des Amoréens. Au ch. 6, 17 à 19, Dieu se réservait les choses qui résistaient au feu, comme l’or et l’argent. Ce sont ces métaux indestructibles. Acan s’est endurci dans la mesure où il a attendu d’être appelé lui-même pour confesser son péché. Il y avait de l’interdit dans sa tente. Le monde (Aï) va triompher. Et dans la chrétienté pourquoi est-que le monde triomphe? N’est-ce pas parce qu’il y a de l’interdit dans ce camp. Qui y a-t-il dans ce lieu de ma tente: la richesse, la mode, est-ce que cela a prit dans l’âme la place de la parole et de la bonne volonté du Seigneur?  Aujourd’hui le sort est supprimé parce que Dieu et Père par le Saint Esprit envoyé par la parole écrite. Jugeons nous nous-mêmes par cette parole et nous ne serons pas jugés publiquement par le Seigneur. 

Chapitre
08

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitre 8 : victoire sur Aï ; l’autel sur la montagne d’Ebal

Le méchant (Acan) a donc été enlevé de l’assemblée. Dieu a aussi démontré à Israël qu’il ne faut pas avoir confiance en soi-même. Une confiance en soi-même devient le chemin d’une défaite. Ainsi Israël a du être jugé. Il fallait qu’il se purifie du mal. Le jugement de soi-même et la sanctification pratique ne sont toutefois pas encore la restauration de l’âme. Il faut que la communion avec Dieu, interrompue par le péché, soit rétablie. Le chapitre 8 relève que tout devient compliqué lorsque l’on a pas suivi le simple chemin de la foi. Certes, l’âme humiliée se retrouve avec Dieu et Dieu peut marcher avec elle. Mais les conséquences du chemin de la chair se font sentir. Dieu s’en servira néanmoins pour la bénédiction finale. Mais répétons que le chemin n’a plus la simplicité du sentier primitif de la foi. Il en est ainsi autrement à Aï qu’à Jéricho. Il est vrai que la même puissance s’y trouve mais l’armée doit faire des manœuvres. Elle se sépare en deux corps. 5000 hommes (v. 12) se mettent en embuscade et le reste du peuple attire les défenseurs d’Aï hors de leur forteresse. En considérant les batailles de Jéricho et d’Aï, on pourrait croire qu’à Aï il y a toutes sortes de combinaisons humaines par les arrangements avec ces différents corps. En réalité ce ne sont pas plus qu’à Jéricho des moyens humains. La différence est que Dieu avait ordonné les dispositions prises devant Jéricho afin qu’Israël connaisse sa puissance. À Aï, Dieu ordonne ces moyens pour que le peuple apprenne à connaître sa propre faiblesse. Mais à Jéricho comme à Aï, la puissance de Dieu n’a pas changé. Cette puissance donne la victoire à Israël. Alors que Josué étendait le javelot (v. 18 et 26), en obéissance à Dieu et pendant tout le long du combat, Dieu livre Aï.


Relevons que ces arrangements dont il a été question ne constituent pas une division. Mais il y a de la diversité. La diversité n’est pas une division. Mais la diversité se montre dans l’unité. Il y a diversités d’action et de service, mais c’est une action commune. Le corps est un. Les diverses parties sont reliées ensemble et ce qui les relie c’est Josué avec son javelot. Si l’on ne tient pas compte de cette unité, on est défait dans la bataille. Et l’enseignement de 1 Cor. 12, quant à l’Église, est bien claire. Ainsi, les récits en rapport avec Aï font ressortir la grande vérité que le peuple est un, un a) dans sa victoire, b) dans sa faute, c) dans sa défaite, d) dans le jugement du mal, e) dans sa restauration.


À propos de la division, l’on entend dire de nos jours: qu’importe les divisions, n’avons-nous pas toujours le même but ! Les pauvres enfants de Dieu sont dispersés et divisés et se contentent de dire: qu’est-ce que cela fait ? Ne disons pas comme cela, car Christ n’est-il pas mort pour rassembler en un les enfants de Dieu dispersés (Jean 11, 52). Si Dieu rassemble, c’est le loup qui disperse.


Le récit de Josué 8 indique qu’Israël a retrouvé la communion avec Dieu. Dans toute la scène, la présence de Josué caractérise d’une manière très bénie toute l’activité du peuple. La défaite d’ d’Israël (au ch. 7) a eu pour effet que les Israélites apprirent à connaître leur propre cœur et le caractère du Dieu qui les conduisait. Les résultats pratiques de cette leçon relèvent du ch. 8 et plus spécialement de son dernier paragraphe.


Versets 27 à 29 : ces versets renseignent sur les résultats de la discipline. Le peuple est maintenant obéissant et dépendant. L’humiliation a pour effet de rappeler au cœur d’Israël et de son conducteur les prescriptions de Deutéronome chapitre 27. À propos du v. 29 (pendaison du roi d’Aï), le Dieu saint ne pouvait demeurer avec la souillure. Josué en tient compte. S’il n’avait pas tenu compte de la sainteté divine, Josué serait tombé dans la même faute (l’interdit avec le méchant Acan parmi le peuple) qui avait appelé le châtiment sur le peuple. Deut. 21, 21-23 relie les deux faits de Jos. 7 et 8, à savoir qu’il faut d’abord enlever le méchant de l’assemblée (Acan) avant de pouvoir combattre contre l’ennemi du dehors (le roi d’Aï). Le jugement du roi d’Aï présente encore autre chose. La potence du roi d’Aï était à Ebal, c’est-à-dire à la place du jugement et de la malédiction de l’ennemi d’Israël. Mais le peuple lui-même est obligé de se tenir sur cette montagne où la malédiction de Dieu est prononcée sur lui (Deut. 27). Cette conclusion terrible de la loi à laquelle Israël ne pouvait échapper, Dieu l’a réduite à néant par la croix de Christ. Ainsi l’autel établi dans cette circonstance sur Ebal faisait, pour ainsi dire, contrepoids en grâce à la malédiction. Christ l’a portée sur la croix pour nous en racheter. Ainsi dans la croix de Christ, nous pouvons voir, comme Israël le voyait en type, l’ennemi, le diable défait, anéanti. Il y a aussi toute la malédiction qui pesait sur nous en type, à Ebal, malédiction effacée à tout jamais dans les réalités du jugement de Celui qui a pris cette place pour nous. Gal. 3, 10-13 reprend la même relation bénie entre Ebal et la croix.


Versets 30 à 35 : un autre résultat de la discipline (v. 30 et 31). C’est qu’Israël humilié est en état de rendre culte. La grâce de Dieu vis-à-vis d’Israël lui permet ainsi d’avoir communion après le péché du chapitre 7. Cette grâce n’affaiblit point la responsabilité des chers enfants de Dieu. Un double de la loi de Moïse devait être écrit sur de grandes pierres dressées et enduites de chaux (v. 32). Cette loi fut lue tout haut devant l’assemblée d’Israël (v. 35). N’oublions pas que Jésus Christ est à la fois pour nous Sauveur et Seigneur, c’est-à-dire qu’il fait grâce mais qu’il a aussi tous les droits sur nous. Sa grâce remplit nos bouches de louange dans le culte. Mais le sentiment  de notre responsabilité nous engage à poursuivre la sainteté et la vérité qui relèvent de notre bon combat pour prendre possession du pays de la promesse.


Les v. 20 à 35 répondent aux instructions de Deut. 11, 29 et 27, 11 à 14. Hommes, femmes, enfants, c’est-à-dire tout le peuple est réuni, y compris l’étranger, donc probablement Rahab aussi. Le peuple est donc réuni au lieu qu’il leur a été désigné pour écouter la loi de l’Éternel. Au centre de ce lieu, il y a l’arche sainte, type de Christ. Des holocaustes, des sacrifices de prospérité sont en effet un signe d’adoration, de joie, de communion, belle image d’une réunion.


La restauration, comme ce chapitre l’enseigne, est toujours une chose longue et pénible. Apprenons à avoir confiance en Dieu. Cela simplifie les choses. Pour les grandes choses comme pour les petites, sachons nous confier en Lui. En réponse à la question du ch. 7,
9 (crainte devant l’ennemi), Dieu répond en donnant la victoire. L’artisan de la victoire c’est Josué qui est à nouveau ici un type du Seigneur. Avec son javelot étendu vers la ville, Josué donne à chaque participant le signal. Il y a le rappel d’un plan d’ensemble. Voilà ce que Jésus est pour nous. C’est lui qui connait le rôle que doit remplir chaque soldat, lui qui place chacun à son poste, lui enfin qui donne le signal de chaque mouvement. 

Chapitre
09

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitre 9 : la ruse des Gabaonites

 

En avançant dans la lecture de ce livre, le constat est là : l’ennemi se manifeste sous de nouveaux aspects. À Jéricho il s’agissait de l’obstacle qui tombe devant la foi. Satan ne s’était toutefois pas découragé. Il a tendu des convoitises et l’interdit entra dans le camp d’Israël lors de l’affaire d’Acan. Il occupait aussi les âmes de leur victoire et la confiance en soi s’emparait du cœur. Ces ruses de Satan, ces attaques de l’ennemi, sont cependant pour Israël l’école de Dieu. Les Israélites prennent petit à petit conscience de leur responsabilité qui était bien peu réalisée. Ici, ch. 9, le récit présente d’une façon spéciale les artifices du diable. Contre de tels artifices, il s’agit d’être revêtu de l’armure complète de Dieu. Comme déjà vu, il y a une analogie entre le livre de Josué et l’épître aux Éphésiens. Ainsi, en Éph. 3, 16 et 20, la puissance divine en nous correspond à l’épée divine de Jos. 5. En Éph. 6, 10, nous trouvons sa puissance avec nous et toutes les pièces de l’armure correspondant au conflit avec la puissance du mal. Cette puissance maléfique sera bien visible dans les chapitres suivants de Josué. Pour se glorifier Dieu emploie diverses sortes de vases depuis les plus faibles (1 Cor. 1, 27-28) jusqu’aux plus considérés comme, par exemple, Saul de Tarse. Par ces moyens, il ressort que tout est de Dieu et que, du côté de l’homme, de notre côté, il n’y a rien. N’ayant rien en nous, nous avons tout en Lui. Que cette connaissance des faits puisse nous tenir dans une dépendance continuelle de la main qui se sert de nous. C’est le chemin de la puissance. 


Dans ce récit en rapport avec les habitants de Gabaon (v. 3), Satan a su s’y prendre. En outre, une fois de plus, l’Éternel n’a pas été consulté (v. 14). À la fin du ch. 8, nous avons vu combien la Parole était importante aux yeux des Israélites. Maintenant, voilà qu’ils oublient de parler avec Dieu. Ils n’entrent pas en communion avec Lui pour connaître ses pensées. Satan réussit de ce fait à leur faire perdre le sentiment de leur dépendance. Il les intimide par la coalition de plusieurs rois pour, d’un commun accord, faire la guerre à Josué (v. 1 et 2). Les Israélites commencent à arrêter leurs yeux sur cette puissance formidable prête à les écraser. Puis, sans transition, Satan leur offre la ressource des habitants de Gabaon qui viennent au camp de Guilgal. Israël va tomber dans le piège. Israël n’était pas prêt. Les princes qui conduisirent ce peuple ne se rendirent pas compte de ce qui se tramait bien que les hommes d’Israël, au moins pour un moment, entrevirent ce qui se tramait (v. 6 et 7). Pour avoir la vraie intelligence selon Dieu, il faut l’humilité va avec l’œil simple. Pour Israël, lorsque les Gabaonites disent «traitez alliance avec nous», quelle belle occasion puisqu’ils avaient l’ennemi devant eux. Voilà un renfort bienvenu pour le vaincre. Mais en fait c’est un piège de Satan. Pourtant ces Gabaonites avaient de bonne intentions, ils se déclaraient comme serviteurs (v. 8). Satan fait bien les choses pour disposer Israël favorablement. Les Gabaonites proclamaient aussi la puissance du Dieu d’Israël, ce qu’il avait fait en Égypte, au désert, mais pas un mot de ce qu’il avait fait en Canaan. Satan se trahirait s’il venait à parler des lieux célestes et de leurs combats. On reconnaît chez les Gabaonites des convictions religieuses accentuées, mais ils sont déguisésC’est le monde sous les dehors de la piété, le monde religieux. Israël n’avait jusqu’ici cherché aucun secours humain, mais comment résister à ceux qui professent avoir le même but, les mêmes aspirations. Et pourtant ces Gabaonites étaient ces mêmes Cananéens que Dieu avait commandé d’exterminer. Israël tombe dans les filets de l’ennemi. Ils avaient négligé de consulter l’Éternel (v. 14).  En signe de communion (v. 14) les Israélites prirent des provisions de ces hommes. L’alliance est conclue. Le mal est introduit au milieu du camp d’Israël. Quel artifice diabolique ! Satan offre au peuple le moyen de vaincre l’ennemi, Et ce moyen, c’est d’introduire le monde dans le camps. Satan se rend en quelque sorte lui-même mais il a la partie ouverte pour toute autre entreprise. 


Dans la seconde partie du chapitre, et par le v. 23, ces Gabaonites sont toutefois sous la malédiction divine. En type de ce récit, il ressort aussi que l’histoire de l’Église est reconnaissable. Du temps des apôtres déjà, les âmes des chrétiens étaient séduites par les beaux semblants d’une religion terrestre et mondaine. C’est Satan qui gagne la partie, qui dresse son trône au milieu de l’Église. Et à la fin Satan y habite (cf Apoc. 2, 13). Dès lors, le combat n’est plus seulement avec les ennemis de dehors. Il faut désormais tenir compte de la puissance du mal dans l’Église. Si Josué ch. 9 typifie l’entrée du mal dans l’assemblée, son développement ne s’y trouve pas. C’est la grâce de Dieu. Il délivre certaines conséquences du péché. Il laisse en subsister d’autres. Les Gabaonites devaient rester parmi le peuple, comme témoignage perpétuel de leur faute. Les Israélites devaient supporter ces Gabaonites mais ils les laissaient à la place de la malédiction. C’était une race maudite. Ils n’étaient préservé que par le nom de l’Éternel. Israël devait supporter son humiliation mais en évitant désormais toute communication avec eux. Leur fin est relatée en 2 Sam. 21 avec leur destruction par Saül. Ils sont chassés par la chair. C’est aussi par un acte charnel qu’ils étaient entrés dans l’assemblée. Ce sont les pensées de l’homme. Le chemin de Dieu est tout autre. Il faut que ses enfants sentent le mal. C’est ainsi que se manifeste leur communion avec Lui dans un jour mauvais. Il faut prendre le mal sur soi. Et si nous ne pouvons pas purifier la place (la grande maison), il faut nous humilier en se purifiant individuellement des vases à déshonneur. Cela, un chrétien mondain ne l’apprend jamais. La présence du monde dans l’Église ne n’humilie pas le «vase à déshonneur»; au contraire, il défend cette situation. L’amitié du monde est pourtant inimitié contre Dieu (cf Jac. 4, 4). Soyons sur nos gardes. Ne concluons pas d’alliance avec le monde, le monde religieux. Une telle alliance est d’abord une désobéissance et elle ouvre ensuite la porte à beaucoup d’infidélité. 


En pensant à ces Gabaonites, on peut se demander si Dieu les aurait reçus s’ils étaient venus avec un cœur brisé, avec une confusion humiliée. Nous le pensons lorsque nous considérons les instructions de Moïse où l’étranger peut être introduit dans les privilèges d’Israël. Et l’exemple de Rahab en était la preuve. Celle-ci devint la femme de Salmon, prince de Juda. Les
Gabaonites restèrent, à cause de leur ruse, coupeurs de bois et puiseurs d’eau. 

Chapitre
10

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Chapitre 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitre 10 : la défaite des rois au sud de Canaan

Victoire de Gabaon, avec leur allié Israël, sur plusieurs rois qui se sont mis ensemble pour leur faire la guerre. En reconsidérant les premiers chapitres, Satan joue un rôle évident. Satan a diverses combinaisons pour atteindre son but. En plus, dans sa formidable activité, il se cache. Aucun symptôme extraordinaire ne laisse même soupçonner sa présence. Cette présence est si peu apparente que le monde même nie l’existence de Satan. En ne prenant pas garde, on tombe vite dans ses pièges. Ici, en écoutant Adoni-Tsédek (v. 1 et suivants), en pesant le tout, on se déciderait facilement pour les Cananéens contre Gabaon, resp. contre Israël. C’est Satan contre Dieu. L’ennemi réussit à cacher Dieu. C’est pourquoi soyons attachés à la Parole qui révèle le contraire en Christ qui apporte, dans sa personne: la bonté, la vérité, la lumière, la justice, la sainteté parfaite. Ces caractères mettent Satan à nu; ses desseins et ses ruses sont exposés au grand jour. L’âme, connaissant Dieu, n’a plus de difficulté pour juger entre le bien et le mal qui se trouvent dans ce monde. La lumière manifeste toute chose. Soyons donc en garde contre les ruses de Satan qui nous  propose Acan, les Gabaonites, la confiance en soi-même qui relève d’orgueil spirituel, etc. Ne tombons pas dans ses pièges. Soyons attachés au Seigneur pour lutter contre l’adversaire. Dans son carquois, Satan a deux grands moyens pour corrompre les enfants de Dieu. 1) Il y a d’abord l’interdit, c’est-à-dire le monde introduit dans le cœur, comme ce fut le cas avec Acan au ch. 7. Puis il y a 2) ce moyen qui consiste dans l’alliance avec Gabaon, c’est-à-dire le monde introduit dans la marche. Gardons-nous de ces deux embûches. Gardons-nous du monde religieux.


Dans ce chapitre, Satan n’est pas au bout de ses artifices. En effet, une nouvelle confédération de rois s’organise. Elle est donc dirigée contre Gabaon. Une question (v. 6) est de savoir si Israël montera? En laissant cette confédération exterminer Gabaon, Israël trouverait un excellent moyen de se débarrasser des conséquences de sa faute mais qu’en serait-il de l’humiliation ! Et où serait la droiture envers Dieu comme envers l’homme? D’autre part, monter, c’est accepter définitivement l’alliance avec le monde. Satan est coutumier de pareil dilemme. Que de fois il les a mis en travers du chemin de l’homme par excellence, qui fut parfait en toute chose. C’est en dépendant de Dieu qu’on se tire de la difficulté et cela à l’école de Guilgal. La leçon du piège de Gabaon est apprise. Satan est déjoué. Mais Guilgal ne préserve pas automatiquement Israël. Ce qu’il faut, c’est l’application pratique de la croix de Christ dans tous les détails de notre vie dans la chair. Il faut donc la circoncision et Guilgal qui sont deux choses inséparables. C’est ainsi que, dans les v. 6, 7 et 15, l’attitude qu’il faut avoir est indiquée. Cette attitude correspond, dans le NT, à Col. 2, 20-23: «Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde, établissez-vous des ordonnances, – ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas ! – (choses qui sont toutes destinées à périr par l’usage,) selon les commandements et les enseignements des hommes (qui ont bien une apparence de sagesse en dévotion volontaire et en humilité, et en ce qu’elles n’épargnent pas le corps, ne [lui] rendant pas un certain honneur), pour la satisfaction de la chair ? »


Il ressort de ces textes que le jugement de soi produit la dépendance qui se montre dans d’heureuses communications avec Dieu. Ainsi, l’Éternel parle à Josué (v. 8). Puis c’est Josué qui parle à l’Éternel (v. 12) et l’Éternel lui répond (v. 14). Une telle dépendance conduit à la victoire. En effet, l’Éternel n’est plus obligé de prendre parti contre eux, comme à Aï, mais il combat pour eux (v. 11 à 14). Il en résulte une des victoires les plus signalées car il n’y a plus eu de jour comme celui-là, ni avant, ni après (v. 14). Le Dieu de toute la création a fait durer ce jour plus longtemps pour permettre au peuple de glaner jusqu’aux derniers fruits de sa victoire. Et Dieu déclare hautement qu’Israël est l’objet de sa faveur spéciale. Dieu répond à ces cœurs jugés, humiliés, brisés. Et Dieu écoute la voix d’un homme. Dès lors, Israël marche de victoire en victoire: pas d’arrêt (v. 19). Il faut défaire les ennemis jusqu’au dernier. Les cinq rois sont pris et pendus à cinq arbres. Une expérience précédente aide Josué a discerner son chemin, de ce qu’il a été fait avec Dieu. Josué a l’habitude de ce qui convient à la sainteté de Dieu (selon v. 26 et 27). Rempli de courage par la Parole de Dieu (v. 8), il encourage lui-même le peuple (v. 25). Makkéda, Libna, Lakis, Guézer, Eglon, Hébron, Debir, sont leurs étapes victorieuses. Ils prennent possession de l’héritage et s’en retournent au
camp de Guilgal (v. 43). Dans cette confédération de rois, Adoni-Tsédek était roi de Jérusalem. Adoni-Tsédek veut dire seigneur de justice. Quelle différence avec Melchisédec, roi de justice en Gen. 14. L’un est contre Israël et l’autre avait béni Abram. Dans Josué ch. 10, il y a donc pour Israël une fâcheuse conséquence. C’est la conséquence de l’infidélité relevée au chapitre précédent. En effet, Israël n’avait pas besoin d’alliance; ils avaient l’Éternel avec eux. Cette alliance affaiblit Israël. Mais la grâce de Dieu, malgré cela, donnera la victoire.


Au sujet de ce jour qui est prolongé (v. 13 et 14), sachons aussi que Dieu prolonge sa patience dans ce temps de la grâce qui dure depuis deux mille ans. C’est un miracle bien plus grand encore. Toutes choses sont possible à celui qui croit (Marc 9, 23). Et Dieu fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Matt. 5, 45). Mais viendra le jour où le Dieu de paix brisera Satan sous nos pieds (Rom. 16, 20).  En même temps, il mettra les ennemis du Seigneur pour marchepieds de ses pieds. Il est beau de constater Israël qui remporte des victoires sur de grandes villes. Il est continuellement répété: Josué et tout Israël. Pour nous, c’est «Jésus et les siens». Regardons à Lui pour remporter des victoires avec Lui. Josué a sans cesse besoin d’être fortifié car les ennemis auxquels il a à faire sont puissants. Même
si la terreur d’Israël était tombée sur ces ennemis, Josué avait de quoi être effrayé devant des hommes vaillants et décidés. Mais Josué est fortifié. Plusieurs passages le montrent. Israël doit encore lutter contre les fuyards qui se sont réfugiés des villes fortes (cf v. 19). Israël devra encore conquérir le nord du pays, nous le verrons au chapitre 11. Et enfin, il faudra revenir contre les Anakim, toujours (aussi au ch. 11). En fait, Israël devra lutter jusqu’à ce que le pays se repose de la guerre. Et la défaite des cinq rois correspond bien à Col. 2, 15.

Chapitre
11

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Chapitres 1 à 12 : la conquête du pays de Canaan

Chapitre 11 : la défaite des rois au nord de Canaan

Rappelons que le grand sujet du livre de Josué est de s’emparer de Canaan. Pour nous chrétiens, cela correspond à rechercher les choses qui sont en haut où le Christ est assis à la droite de Dieu. 


Josué ch. 11 contient la description du combat final qui ouvre définitivement toute la Palestine à Israël. La possession de Canaan est le grand sujet du livre de Josué. Au milieu des choses, qui sont contenues dans les lieux célestes, nous avons Christ comme possession spéciale. Un autre grand sujet se trouve dans ce livre; il s’agit de Satan qui cherche par tous les moyens à nous empêcher de jouir des choses de Canaan, des choses célestes. De là, le combat ouvert ou caché que nous avons à soutenir et dont l’issue est fatalement une défaite dès que Satan réussit à détourner nos regards de Christ pour les porter sur le monde. Ces genres d’attractions nous sont présentés dans les ch. à 11 de Josué. Apprenons donc à nous défier davantage de nous-mêmes  et à nous confier en Christ. Soyons amenés à cette position élevée, celle d’un chrétien qui marche humblement dans ce monde ayant son cœur et ses affections dans le ciel.


Dans Josué ch. 11, il y a une dernière confédération de rois qui est réunie à celle du ch. 9. La confédération du ch. 10 a été détruite. Satan (v. 4) cherche à écraser Israël sous le nombre. Satan n’ayant pas réussi par la ruse, il prend maintenant cette inimitié ouverte, avouée du monde, contre le peuple de Dieu. Il s’agit d’une lutte en rase campagne. C’est ce que nous rencontrerons toujours lorsque, dans un esprit de dépendance et d’humble obéissance à la Parole, nous aurons déjoué les ruses de l’ennemi. Alors l’ennemi soulèvera le monde contre nous. Les hommes s’allient pour faire la guerre à Dieu. D’habitude ils s’allient pour améliorer, pour réformer le monde et c’est pourquoi nous avons toutes sortes de sociétés politiques, philanthropiques, religieuses, qui veulent civiliser, instruire, moraliser leurs semblables. Ayons conscience que toute cette activité, en apparence louable, n’est que de l’opposition cachée contre Dieu, contre sa Parole et ses desseins de grâce. Car Dieu ne cherche pas à améliorer l’homme, il mentirait à sa Parole, qui déclare l’homme perdu, sans ressources. Les meilleures alliances des hommes ne sont au fond que la guerre déguisée de l’homme naturel contre Dieu. 


Ce chapitre 11 présente encore autre chose. C’est la guerre ouverte entre Satan et les élus de Dieu. Pour faire face aux assauts de l’ennemi, nous avons la foi et la parole pour vaincre le monde (cf 1 Jean 5, 4 et 1 Jean 2, 14). Dans le livre de Josué, depuis le ch. 8, la Parole de Dieu avait pris place dans le cœur et les pensées de Josué et du peuple. Au ch. 10, c’est encore le cas. Et dans le onzième chapitre la parole est devenue comme l’habitude de leur conduite en toutes choses (selon v. 9, 12, 15, 20, etc). Au ch. 8, la Parole formait le cœur et les pensées de Josué. Ici, c’est l’épée de l’Esprit arme son bras. Satan ne peut rien contre elle.  À l’école de la Parole de Dieu, on est enseigné à juger toutes les ressources de la puissance humaine. Tout ce qui est humain devient des objets de jugement (cf v. 9). Nous le voyons en ce que les jarrets à leurs chevaux sont coupés et du fait qu’Hatsor est brûlée (cf v. 11 et 13). La capitale du monde ne pouvait en aucune manière devenir un centre pour Israël. Il en est toujours ainsi, qu’il s’agisse de Hatsor, de Rome ou de Babylone, que de telles choses soient brûlées au feu, spirituellement parlant, en attendant qu’elles le soient de fait, que tout ce qui est du monde soit jugé dans notre esprit.


Dans ces versets, comme au v. 14, où il ne restait rien de ce qui respirait, il en ressort que l’épée avait exercée son jugement de destruction. L’Éternel l’avait commandé. Au sens spirituel, la fidélité du croyant consiste à placer l’homme entièrement sans merci sous l’épée du jugement. De l’homme rien ne doit subsister dans la terre de la promesse. Quel beau tableau si cela durait ! Mais nous verrons que tel n’est pas le cas.


Rappelons enfin que les Anakims étaient grands (cf Nom. 13, 34 et Deut. 9, 1). Ces Anakims,  devant qui le peuple avait autrefois reculé, sont maintenant entièrement détruits par Josué, villes comprises (v. 21). C’est que Josué recevait la Parole et il comptait sur la promesse de Dieu (cf Deut. 9, 3, etc). Le Dieu de paix brisera également bientôt Satan lui-même sous nos pieds. Nous savons que Satan ne peut pas ravir notre salut, mais notre témoignage le gène. C’est pourquoi il nous fait la guerre pour nous empêcher de servir Christ. Et dans Job, nous avons bien l’activité que Satan exerce dans le ciel et sur la terre. Soyons attachés à Christ car Satan n’oublie pas que nous pouvons rien faire séparés de Christ. Mais rien ne peut nous séparer de l’amour de Christ. Sachons lutter selon Éph. 6, 12 et suivants.


En comparant notre chapitre avec des passages comme Matt. 5, 44 «Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent], et priez pour ceux qui [vous font du tort et] vous persécutent» ou Rom. 12, 20 «Si donc ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en faisant cela tu entasseras des charbons de feu sur sa tête», il y a des temps de grâce, le nôtre, et des temps de jugement, de colère.

Chapitre
12

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Chapitres 01 à 12 : la conquête du pays de Canaan
Chapitre 12 : énumération des rois vaincus des deux côtés du Jourdain

Avec ce chapitre nous entrons dans la deuxième partie du livre. La première, ch, 1 à 11, nous a entretenu des victoires de Josué, type de Christ. Dans la puissance de l’Esprit au milieu des saints, il procurait à Israël l’entrée en possession des choses promises. Dans le cours de ces victoires, l’armée de l’Eternel et Josué lui-même, envisagé non plus comme type, mais comme homme sujet à l’infirmité, a fait sans doute bien des expériences de sa faiblesse. Il est nécessaire que ses expériences soient relevées lorsque nous entrons en scène comme instrument de la puissance divine. Dans ce livre, le point capital est la grâce qui donne la victoire à Israël pour l’établir en Canaan et non pas la responsabilité du peuple une fois établi. Le côté de la responsabilité dans l’histoire d’Israël est relevée dans le livre des Juges. Aussi quel contraste entre ces deux livres ! Il en est de même pour l’Église. Plusieurs passages, notamment dans plusieurs épîtres de Paul, décrivent l’œuvre parfaite de Dieu établie au commencement; puis l’œuvre confiée aux mains de l’homme avec des résultats tels que nous trouvons aussi, en Apocalypse chapitres 2 et 3.

Revenons au livre de Josué qui relève, au ch. 11, 23, que le pays se reposa de la guerre. C’est donc la paix. En effet, nous n’avons pas seulement les victoires, mais les fruits de la victoire, la paix. Cette paix que l’Église goûtera aussi pleinement lorsque nous serons de fait au ciel. Cette paix est aussi mentionnée dans les ch. 14, 15 et 21, 44. Pour nous, croyants du 21ème siècle, s’il y a maintenant des luttes, des combats, sachons que bientôt ce sera la paix éternelle.

La seconde partie de Josué, ch. 12 à 24, traite du partage du pays. La prise de possession du pays sera sujette à des causes de faiblesses. Cette faiblesse du peuple s’était déjà manifestée lors des combats relatifs à la prise de possession du pays.

Dans ce chapitre 12, les victoires d’Israël sont enregistrées. Tout est enregistré. Ainsi, 33 rois, dont 2 au-delà du Jourdain, sont tombés devant le chef de l’armée de l’Éternel. Tout ce que la grâce a produit en nous, tout ce que la foi a conquis, le Seigneur l’attribue à la foi. Remarquons, que, comme autre vérité, les victoires sont énumérées une fois le combat terminé. En cela, apprenons à oublier les choses qui sont derrière, pour pouvoir faire une chose , atteindre le but (cf Phil. 3, 13-14,). C’est Dieu lui-même qui comptera nos victoires. En attendant, courons afin d’atteindre ce but qui est le christ Jésus, notre Seigneur. Remportons le prix car la fin du combat est proche. D’autres nous ont devancé, disons comme eux: «J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi» (2 Tim. 4, 7).

Chapitre
13

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Chapitres 13 à 22 : le partage du pays de Canaan entre les douze tribus

Chapitre 13 : l’ordre de Dieu et les deux tribus et demie

Cette grande partie présente le grand sujet de la division du pays jusqu’au retour des deux tribus et demie en-deçà du Jourdain (ch 22). Les chapitres 20 et 21 sont relatifs aux villes de refuge et celles pour les Lévites. Le partage du pays est détaillé dans les chapitres 13 à 19. Les ennemis sont vaincus. L’énumération des rois vaincus a été faite au chapitre 12. Les ennemis sont vaincus mais tous ne sont pas exterminésIl y aura toujours des ennemis jusqu’à la venue du Seigneur. Le dernier ennemi qui sera vaincu, c’est la mort (cf 1 Cor. 15, 26 et 54).


Israël doit déposséder ces ennemis car, tant qu’ils possèdent quelque chose, la jouissance du peuple de Dieu n’est pas complète; de plus, en présence d’ennemis, le peuple est en danger de chute permanent. En effet, un ennemi qui n’est pas anéanti ne tardera pas à relever la tête et à séduire le peuple dès que l’occasion se présentera. D’ailleurs, les Israélites tombèrent dans ce piège lorsqu’ils étaient en paix sur la terre. 


Au sujet des deux tribus et demi : (Josué 13:13) « – Mais les fils d’Israël ne dépossédèrent pas les Gueshuriens et les Maacathiens; et Gueshur et Maaca habitent au milieu d’Israël jusqu’à ce jour. ». Et en rapport avec Juda: (Josué 15:63) «Mais les Jébusiens qui habitaient Jérusalem, les fils de Juda ne purent pas les déposséder, et le Jébusien a habité avec les fils de Juda à Jérusalem jusqu’à ce jour.». Quant à Éphraïm(Josué 16:10) «Mais ils ne dépossédèrent pas le Cananéen qui habitait à Guézer; et le Cananéen a habité au milieu d’Éphraïm jusqu’à ce jour; et il a été asservi au tribut.». Quant à Manassé: (Josué 17:12) «Mais les fils de Manassé ne purent pas déposséder [les habitants de] ces villes-là, et le Cananéen voulut habiter dans ce pays.».


Aucune tribu n’est à la hauteur de son appel bien que, dans ces passages, il y a plus ou moins de fidélité déployée pour rendre les Cananéens inoffensifs. Les résultats de ce manque de fidélité, de ce qu’aucune tribu n’a été à la hauteur de son appel, sont que tous les principes mondains qu’Israël avait combattus ne tardèrent pas à pénétrer au milieu de lui. Les prophètes relèveront que les convoitises, la confiance en leur propre force, la recherche d’alliance avec les nations, faisaient partie de toute l’existence du peuple. Il y avait aussi l’idolâtrie des Cananéens; elle a envahi Israël comme une gangrène: corruption, mensonge, injustice, mépris de Dieu, violence, rébellion ouverte. Toutes ces choses qui constituait l’iniquité des Amoréens devinrent la triste portion du peuple de l’Éternel. Israël lui-même, chose horrible, remplace et devient pour ainsi dire, cette armée des Cananéens que Satan menait à l’assaut contre l’Eternel. Israël rejette et crucifie le Christ, le Fils de Dieu. Mais quelle grâce merveilleuse de Dieu qui rétablira ce peuple dans le millenium. Dans ces chapitres, remarquons encore les soins minutieux que prend l’Esprit de Dieu pour définir la place et les limites de chaque tribu afin que tous en prennent connaissance et se rendent compte exact de leur part d’héritage. N’en est-il pas aussi pour chaque croyant dans la fonction départie dans le corps de Christ.


Les versets 14 et 33 indiquent la part de Lévi. Selon Nom. 18, 20 et Deut. 18, 1, nous nous souvenons que ni les sacrificateurs, ni toute la tribu de Lévi, ne pouvaient avoir d’héritage en Israël. Leur héritage consistait d’une part dans l’Éternel le Dieu d’Israël et de l’autre dans les sacrifices de l’Éternel faits par feu. Il en va de même pour nous qui n’avons aucune part ici-bas. Notre privilège est de nous tenir devant Dieu, de le servir, bien plus, de le posséder lui-même, d’avoir communion avec lui. Notre part dans le Fils est aussi constituée par les sacrifices faits par feu à l’Eternel, c’est-à-dire Christ selon toute la perfection de son œuvre et de sa personne devant Dieu. Christ en qui et en quoi Dieu prouve éternellement ses délices. Nous avons communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ. Pour les sacrificateurs de la tribu de Lévi, il y aura aussi une bénédiction lorsqu’Israël jouira de la paix et de la joie millénaire sous le règne du Messie (selon Èze. 44, 28 à 30); l’Église (cf Apoc. 4 et 5) aura en quelque sorte les mêmes choses, c’est-à-dire une communion parfaite avec Dieu et avec l’Agneau qui sera la part de notre héritage éternellement. 


Encore :

Verset 1 : l’Éternel parle de ce grand pays qu’il reste à posséder. Les frontières ont été indiquées au ch. 1, 4. Elles sont faciles à retenir. Au nord : une grande montagne qui fait penser à l’orgueil et à la vanité. Au sud : un grand désert qui fait penser à l’aridité. À l’orient : l’Euphrate qui parle de prospérité et d’affaire. Au couchant : une grande mer, c’est-à-dire ce qui est impétueux, sans cesse agité


Ne franchissons donc pas ces frontières car en le faisant, même par curiosité, l’on risque de ne plus pouvoir revenir. Par contre, recherchons les trésors inépuisables qu’il y a à l’intérieur du pays. Nous y trouverons, parmi beaucoup d’autres, quelques mines (cf Éph. 3, 18-19).

Chapitre
14

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Chapitres 13 à 22 : le partage du pays de Canaan entre les douze tribus

Chapitre 14 : Caleb reçoit Hébron en héritage

 

L’Éternel avait désigné par leur nom ceux qui auraient la charge de partager le pays entre les tribus (cf Nom. 34, 16 à 29). Au v. 6, les fils de Juda s’avancent mais c’est Caleb qui prend la parole. Caleb (cf v. 12) est un magnifique exemple de la persévérance de la foi; sa force n’a pas changée. C’est remarquable. És. 40, 31 montre le secret de cette force: (Ésaïe 40:31) «mais ceux qui s’attendent à l’Éternel renouvelleront leur force; ils s’élèveront avec des ailes, comme des aigles; ils courront et ne se fatigueront pas, ils marcheront et ne se lasseront pas.» Par cette force divine, Caleb va vaincre la force humaine des Anakims; ces géants avaient autrefois tant effrayé le peuple. Caleb est un type de la persévérance de la foi. Il est mentionné pour la première fois en Nom. 13, 7 lorsque Moïse envoie du désert de Paran un homme de chaque tribu, pour reconnaître le pays. Parmi ces douze hommes, se trouve donc Caleb, fils de Jephunné et Osée fils de Nun. Moïse nomma ce dernier Josué (cf Nom. 13, 9 et 17). Depuis ce moment,  le nom de Caleb est intimement lié à celui de Josué. On peut dire qu’il en est inséparable. Depuis Nombres ch. 13,  ils ont des intérêts communs. Lors de la reconnaissance du pays, des fruits magnifiques avaient été rapportés. L’on aurait pu alors penser que Caleb aurait demandé, par exemple, Eshcol comme portion du pays. Mais la foi de Caleb a trouvé quelque chose de mieux. C’est Hébron. Là, il avait mis le pied. Hébron, nom sur son cœur, pendant quarante-cinq ans jusqu’au jour où, paraissant devant Josué, il réclame cette montagne dont l’Éternel a parlé. Hébron pour être sa possession perpétuelle. Hébron n’était rien aux yeux de la chair mais était tout pour la foi. Pour la chair, ce nom ne pouvait inspirer que de l’effroi car les Anakims y demeuraient, ces géants dont le nom seul avaient fait fondre le cœur du peuple. Mais l’âme de Caleb a un puissant souvenir de ce lieu, de la sépulture des pères. Cette place qui représentait de si grands souvenirs devenait la récompense de Caleb. Ce lieu est la place de la mort. C’est la fin de l’homme. Hébron est la place spéciale où le croyant trouve la fin de lui-même, c’est la croix de Christ. C’est de là (Gen. 37, 14) que Joseph se met en route pour aller à la recherche de ses frères. Hébron (Jos. 21) deviendra une ville de refuge et la propriété des Lévites. Puis (2 Sam. 2, 1 à 4), c’est le point de départ de la royauté de David. C’est aussi là que toutes les tribus d’Israël reconnaissent leur roi et se soumettent. 

Tout comme Abraham, Caleb trouve dans ce lieu d’Hébron la fin du moi, l’anéantissement de lui-même, les choses vieilles sont passées. Caleb est un homme qui se met en marche, ne comptant pas sur lui-même, mais ne dépendant que de Dieu. Il marche jusqu’à ce qu’il ait atteint son but, c’est-à-dire la pleine jouissance des promesses à l’endroit même où l’homme a trouvé sa fin. Jusqu’ici, deux points caractérisent Caleb: 1) Son nom inséparable de celui de Josué et 2) un objet spécial (Hébron) a attiré ses affections. Son cœur en a été emparé. Il en a conservé le souvenir tout le long de son pèlerinage dans le désert.

Désormais, un 3ème point qui caractérise Caleb en ce qu’il réalise son espérance. Pendant 45 ans, il a eu les yeux pleins de la réalité et de la beauté des choses qu’il a vues et qui deviennent l’objet de son espérance. Le psalmiste (Ps. 63, 1-2) réalise cet exemple de marche de Caleb. Il a vu Dieu dans le sanctuaire. C’est là qu’il prend son point de départ, descend sur la terre, plein de la réalité glorieuse des choses divines qui vont soutenir son cœur tout le long du pèlerinage par lequel il veut les atteindre. Un 4ème point est que le désert perd toute attraction et apparaît dans toute sa sécheresse, son horreur, l’âme étant nourrie de la moelle et de la graisse du sanctuaire.  Ces quatre points étant évoqués, revenons à la persévérance qui forme le caractère dominant de Caleb. Un tel caractère peut exister et existe chez lui car les quatre points exprimés sont réalisés. Caleb gagne donc son héritage par sa persévérance à suivre l’Éternel, à l’inverse d’un Salomon, par exemple, qui n’a pas suivi pleinement l’Éternel (cf 1 Rois 11, 6). Pour Salomon, le monde a eu ses attraits. Petits au commencement, ces attraits ne tardèrent pas à l’envahir et son royaume fut perdu.

Quant à Caleb, il persévère dans l’espérance, la marche et le combat. Après avoir combattu pendant cinq ans dans la prise de possession de Canaan, il combat encore pour s’emparer de sa portion spéciale. Est-ce que nous combattons aussi pour pouvoir jouir de nos privilèges. C’est actuel. Caleb (v. 11) n’a perdu aucune force. C’est un caractère qui accompagne la persévérance. Il a sa confiance en Dieu. Puis (v. 12), ce «peut-être» indique que Caleb ne se défiait nullement de l’Éternel. Mais il se défiait de lui-même. La réalisation de la force est en proportion de la défiance de soi-même. C’est ainsi que l’on marche de force en force. És. 40, 28-31 présente cette même vérité d’une manière admirable. Comme caractère accessoire de la persévérance, il y a aussi le fait que la persévérance se produit chez les autres. Au sujet de Caleb nous voyons cela d’une manière bénie dans le cercle de sa famille (selon ch. 15, 16 et Jug.  1, 12-13). Othniel, son neveu, sera le premier juge d’Israël (Jug. 3). Après avoir été vainqueur dans le combat pour lui-même (Jos. 15, 16), il est suscité pour délivrer les autres et persévère dans ce nouveau caractère jusqu’au bout. Acsa fille de Caleb, est un nouvel exemple de persévérance en ce qu’elle incite son mari Othniel à demander davantage (selon ch. 15 , 16 et suivants).

Avant de quitter le sujet de la persévérance, combien il est beau de voir Caleb qui a suivi pleinement l’Éternel (v. 14), non parfaitement, mais pleinement, d’une manière complète. Au sujet de cette persévérance, le Nouveau Testament répond largement à quoi elle s’applique. Des passages comme Act. 1, 14; 2, 42; 1 Tim. 5, 5; 4, 16; 2 Tim. 3, 10, sont des exemples pour montrer que la persévérance s’applique à tous les détails de la vie chrétienne. Puissions-nous connaître cette vie mieux afin qu’au bout de notre carrière  Dieu lui-même puisse dire de nous, comme il l’a dit à Caleb: il a pleinement servi l’Éternel le Dieu d’Israël. La foi a été souvent comparée à une main avec laquelle nous nous approprions les trésors de la grâce divine. En contraste avec la foi, les dix espions de Nom. 13, 32, jugeaient d’après les choses visibles.

Cette fin de chapitre, avec la bénédiction de Josué (v. 13), représente une belle récompense que peut goûter Caleb.  

Chapitre
15 à 19

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Chapitres 13 à 22 : le partage du pays de Canaan entre les douze tribus

Ch. 15 : l’héritage de la tribu de Juda

Après l’attribution du lot de Juda, voici un autre exemple de foi hardie et courageuse, à nouveau dans la famille de Caleb. Auprès de Caleb, son neveu Othniel et sa fille Acsa avaient été à bonne école. Caleb a certainement appliqué l’instruction de Deut. 6, 7. Jour après jour, ils avaient pu entendre parler Caleb du bon pays, du fruit miraculeux qu’il en avait rapporté. Ils avaient aussi pu voir Caleb dans sa marche fidèle et persévérante puis dans ses combats pour la pleine possession de ce pays. Ainsi on voit que tout ce qui était en Caleb a porté du fruit. Ce pays de Canaan, centre des pensées et des affections de leur père, Othniel et Acsa ont eux-mêmes appris peu à peu à l’aimer. Le moment venu, la foi apparaît. Celle d’Othniel s’empare de Kiriath-Sépher et celle d’Acsa, qui devient sa digne compagne, réclame une portion supplémentaire de la terre de Canaan. Caleb avait demandé, ch. 14, 12, Acsa demande, ch. 15, 19. Demandons et il nous sera donné, Matt. 7, 7.

Au sujet de l’héritage de Juda, le v. 63 nous montre que les Jébusiens ne peuvent pas être dépossédés. Ceux-ci conserveront une place forte à Jérusalem : la forteresse de Sion, jusqu’au règne de David, comme vu dans les ch. à 12. On voit que la guerre de conquête est terminée. Les rois ennemis sont abattus. Le moment tant attendu où Israël prend possession de son héritage est arrivé. Toutefois il y a des mais, comme celui du v. 63. La victoire n’est pas complète bien que les ennemis soient sans force, ils sont loin d’avoir tous disparus.

 

Ch. 16 : l’héritage des fils de Joseph. Surtout, ici, Éphraïm

Au v. 10 de ce chapitre, un ennemi n’est non plus pas dépossédéCette fois-ci c’est le cananéen de Guézer. Tout comme Juda, et ici Manassé, aucune tribu ne réussira à être entièrement maitresse de son territoire. Au v. 10 on pourrait croire que ces Cananéens sont inoffensifs, asservis qu’ils sont aux tribus, la Parole nous apprend qu’ils deviendront des pièges au milieu d’Israël l’entraînant au mal et à l’idolâtrie. Pour nous-mêmes ne tolérons pas dans nos cœurs certains ennemis qui ne nous paraissent pas dangereux. Il faut connaître ses ennemis, et ensuite les combattre sans merci, avec le secours du Seigneur.

 

Ch. 17 : l’héritage des fils de Joseph. Surtout, ici, Manassé

On peut remarques avec quel soin l’Éternel trace les limites de chaque tribu. L’une après l’autre chacune reçoit son lot, avec en premier lieu, l’indication du contour, puis la liste des villes qui s’y trouvent. Ainsi la carte de Canaan, telle qu’elle se présente à la fin de la Bible, est découpée comme, par exemple, la Suisse l’est avec les cantons. Dieu met tout à fait le même soin quand il s’agit de tracer à chaque chrétien ses limites par rapport à ses frères et la liste de ce qu’il a à faire. Ainsi chacun occupe une place bien précise dans sa propre famille. Puis dans la grande famille de Dieu, qui est l’assemblée, chaque membre a aussi sa place et sa fonction. Que viennent faire alors dans les familles, comme dans l’assemblée, les jalousies, les mécontentements, les critiques et les réclamations. Voyons Éphraïm (fin du chapitre). Il n’est pas satisfait, sa montagne ne lui plait pas, elle lui demande trop d’effort. Il veut autre chose. Quelle différence avec Caleb, appréciant sa montagne à lui et prêt à combattre pour en prendre possession.

 

Quelques commentaires des ch. 18 et 19

La tente d’assignation dressée à Silo. L’héritage de Benjamin (ch. 18) ; l’héritage de Siméon, Zabulon, Issacar, Aser (ch. 19)
 

Les commentaires du ch. 18 s’appliquent aussi au ch. 19. Sept tribus n’ont pas encore reçu leur héritage. Josué fait alors un relevé du pays, une sorte de plan cadastral et distribue les différentes régions par tirage au sort. Naturellement Dieu dirige le sort selon sa volonté. Le hasard n’existe pas. Et le chrétien ne devrait pas parler de chance ou de malchance. Dans le Ps. 16, 6 nous entendons quelqu’un et c’est par avance Christ lui-même, qui déclare : « Les cordeaux sont tombés pour moi en des lieux agréables ; oui, un bel héritage m’est échu ». Les cordeaux servaient justement à tracer les contours d’une propriété. Soyons nous aussi reconnaissants du lot qui nous est échu par la volonté de Dieu. Josué, qui était de la tribu d’Éphraïm, donne l’exemple à ses frères en choisissant son héritage dans la montagne qu’eux avaient dédaigné, ch. 17, 16. Thimnath-Sérakh signifie « proportion abondante ». Les longues listes de villes nous rappellent encore une chose. Nous, chrétiens qui faisons partie des nations, étions sans droit de cité en Israël. Mais maintenant, approchés par le sang du Christ, nous sommes devenus concitoyens des saints (Éph. 2, 12, 13, 19). Notre bourgeoisie est dans les cieux (Phil. 3, 20). Bientôt nous habiterons la cité céleste, ne l’oublions jamais.

Chapitres
20 et 21

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Chapitres 13 à 22 : le partage du pays de Canaan entre les douze tribus

Chapitre 20 : les six villes de refuge pour l’homicide

Chapitre 21 : les quarante-huit villes pour les Lévites


Les chapitre 21 et 22 donnent des instructions sur les villes susmentionnées et au sujet desquelles il y a lieu de citer Ex. 21, 13 ; Nom. 35, Deut. 19, 1 Chr. 6, et Héb. 6, 18-20. Ce dernier passage fait une allusion évidente aux villes de refuge :
« afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il était impossible que Dieu mentît, nous ayons une ferme consolation, nous qui nous sommes enfuis pour saisir l’espérance proposée, laquelle nous avons comme une ancre de l’âme, sûre et ferme, et qui entre jusqu’au dedans du voile où Jésus est entré comme précurseur pour nous, étant devenu souverain sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec. »


Comme beaucoup de types de l’Ancien Testament, celui des villes de refuge offre, dans son application aux croyants, des contrastes plutôt que des rapprochements. Par exemple, rapprocher les villes de refuge à la croix de Christ, serait bien maigre et bien imparfait. L’application directe de ce type est plutôt historique et prophétique. Le meurtrier involontaire préfigure Israël meurtrier de Christ par ignorance. Dans un autre sens, les Juifs, chefs et peuple, étaient des meurtriers volontaires (cf Matt. 21, 38 et Luc 19, 14). Selon la prophétie le meurtrier volontaire a déjà été mis à mort partiellement par la ruine de Jérusalem. En réalité, ce jugement du meurtrier volontaire indument recelé dans la ville de refuge, est encore à venir. Pour ainsi dire, sous le temps de la grâce, on peut concevoir le tableau suivant : les serviteurs de Dieu peuvent être comparés aux Lévites. Comme eux ils n’ont point d’héritage. C’est un contraste avec Israël. Ces serviteurs servent de refuge aux Israélites car ils sont considérés comme étant sous la garde de Dieu. Mais les meurtriers
volontaires tomberont entre les mains du vengeur. Liés à l’Antichrist, ils deviendront les tristes objet du jugement divin. Quant au meurtrier involontaire, ils pourront rentrer dans leur portion et dans leur héritage lors du changement de sacrificature. C’est Jos. 20, 6. Ceci est développé dans les Hébreux, lorsque la sacrificature de Christ, selon le type d’Aaron, aura fait place à la sacrificature éternelle selon l’ordre de Melchisédec. 


Après la brève présentation de l’application directe de ces chapitres, voyons un peu le contraste que présente ce type lorsqu’il est comparé à la position chrétienne d’Héb. 6, 18-20. Le meurtrier involontaire avait une assurance restreinte d’atteindre la ville de refuge. Il devait aussi attendre la mort du souverain sacrificateur pour pouvoir entrer dans son héritage ce qui représente
un type de la fin de la sacrificature aaronique de Christ comme déjà considéré.
De plus, la situation à l’intérieur même de la ville était précaire (cf Nom. 35 et Jos. 20). En effet, ces passages indiquent que les ressources de la foi, les meilleures pour les moins coupables en Israël, sont bien pâles et incertaines en comparant avec les ressources de la grâce d’Héb. 6., 18-20. 


Par l’étude de ce sujet et par contraste, on peut mesurer combien nous sommes privilégiés sous le temps de la grâce. Puissions-nous saisir ce qui nous proposé et nous l’approprier.

En Deut. 4, 41-43* trois villes de refuge avaient déjà été établies par Moïse. Trois autres le sont à présent dans le pays même, au nord, au centre et au midi. Chacune de ces villes se trouve sur une montagne, selon ch. 20, 7.

« Alors Moïse sépara trois villes, en deçà du Jourdain, vers le soleil levant,  afin que l’homicide qui aurait tué son prochain sans le savoir, et qui ne l’aurait pas haï auparavant, s’y enfuît, et que, s’enfuyant dans l’une de ces villes-là, il vécût :  Bétser, dans le désert, sur le plateau, [qui est] aux Rubénites ; et Ramoth, en Galaad, [qui est] aux Gadites ; et Golan, en Basan, [qui est] aux Manassites.  


Quant au ch. 21, consacré aux lots des Lévites, quarante-huit villes leur sont attribués réparties sur l’héritage des autres tribus. Mais ces villes ne sont pas leur héritage, car ils ne devaient pas en posséder. L’Éternel était leur héritage. 

Chapitre
22

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Chapitres 13 à 22 : le partage du pays de Canaan entre les douze tribus

Chapitre 22 : retour des 2½ tribus et l’autel au-delà du Jourdain


Au premier chapitre, deux tribus et demie étaient passées en armes devant leurs frères pour combattre les ennemis de l’Éternel dans le pays de la promesse. Maintenant ils reçoivent la permission de Josué pour retourner dans leur héritage de l’autre côté du Jourdain. Ces deux tribus et demie avaient été  fidèles aux ordres de Moïse et de Josué en observant le commandement de l’Éternel et n’abandonnant point leurs frères. L’obéissance à des commandements positifs et l’amour fraternel les avait caractérisé pendant le temps de la conquête. En apparence il n’y a rien à reprendre en elles. Toutefois, comme cela a été relevé au premier chapitre (et aussi en d’autres endroits), leurs cœurs n’étaient pas, en type, aux choses célestes; leur point de départ était leur bétail. De ce fait, un premier danger, signalé en Nom. 32, est là. Ce danger est en relation avec l’influence exercée sur le reste du peuple qui pourrait perdre courage. Cela eût pu attirer la colère de l’Éternel sur Israël. Mais ils furent délivrés de ce piège qui, cependant, existe. Un autre danger, plus réel, relevait de ces principes qui agissaient sur leurs proches. Ainsi, Jaïr et Nobak appellent des villes de leur nom. Ce sont des principes entièrement mondains. Nous pouvons comparer Nom. 32, 31 à 42 avec Gen. 4, 17. Ainsi, la position de ces deux tribus et demie indique le danger de faire tomber des hommes de foi et de les rabaisser à leur niveau au lieu de les élever au niveau céleste. Le danger d’un christianisme clairement rabaissé est là (cf v. 5); l’obéissance à des commandements connus et l’amour fraternel ne suffisent pas. Il faut que tout soit le résultat de l’amour. Il faut constamment cette impulsion donnée par l’amour pour que le vrai nerf de toute la conduite soit maintenu. N’avons-nous pas, dans ces deux tribus et demie, l’image des chrétiens qui acceptent, en quelque mesure, les principes du monde pour conduite ! Lorsqu’il en est ainsi, la position chrétienne devient très compliquée … alors que la position de ceux qui marchent par la foi est très simple. Les positions d’Abraham et de Lot démontrent cela. Ainsi, en fait de complications, ces deux tribus et demie se virent obligées de bâtir des enclos pour leurs troupeaux, d’établir leur famille dans des villes murées, d’abandonner femmes et enfants pour passer quelques années loin d’eux, cela sans pouvoir les rendre témoins des merveilles que l’Éternel avaient opérées en faveur de son peuple.


Enfin, ces guerriers rentrent dans leurs foyers. Mais ils s’aperçoivent d’une complication nouvelle : c’est le Jourdain qui les sépare du reste des tribus. Ils sont inquiets. Ils craignent que le lien de communion entre eux et
leurs frères ne soit pas tellement réel. Leur position les expose à une division. Ils pensent que leurs frères pourraient les traiter en étrangers. Ce danger les oblige, pour ainsi dire, à établir un autel. C’est l’autel de Hed par lequel ils proclament hautement qu’ils servent l’Éternel comme avant. C’est une bruyante profession consécutive à leur position douteuse. Ce témoignage est établi selon leur propre sagesse. Il n’y a pour le moment rien à dire à cette confession de foi, représentée dans l’autel de Hed. Mais est-ce que cela ne donne pas l’apparence d’établir un autre centre de rassemblement ? Cet autel était dans leur pensée destinée à relier ensemble les parties séparées d’Israël. Il était érigé en opposition à celui du tabernacle de Silo. Cette confession remplace en quelque sorte le seul vrai centre d’unité, Christ, et cela le déshonore; c’est un acte humain. Leur invention pour maintenir l’unité leur donne l’apparence de la nier. Une nouvelle complication naît en ce qu’ils s’exposent à être mal compris, à soulever les autres tribus contre eux et à être exterminés. Il en est ainsi aujourd’hui dans la chrétienté où l’on devient toujours plus élastique pour faire cette unité qui a été niée. Dans cet autel de Hed, il y a aussi l’indépendance; de ce fait, l’unité est en danger. Alors Phinées, qui est un exemple de zèle pour Christ, est choisi avec les principaux pour aller prendre connaissance de ce qui se passe et parler aux deux tribus et demie. Trois cas leur sont présentés liés d’une manière intime dans lesquels Israël tout entier est responsable : 1) le premier est au v. 20 : ce péché d’Acan qui convoita les choses du monde, qui a introduit l’interdit dans l’assemblée. 2) au v. 17 l’iniquité de Péor était une chose pire encore. C’était l’alliance adultère avec le monde religieux, on ne tenait pas compte de la sainteté de Dieu. Qu’en est-il de l’Église ? Donc le second piège des croyants c’est de penser que le culte peut s’allier à la religion du monde et ainsi Acan et Péor sont les deux principes actuels de l’existence de l’Église. 3) Phinées présente dans l’autel de Hed un troisième fait. C’est donc l’indépendance, la ruine du témoignage. Ce n’est autre chose que le péché de rébellion contre l’Éternel et contre l’assemblée d’Israël (v. 19). Si le saint zèle de Phinées conjure le danger, celui-ci demeure néanmoins en principe. Dans la chrétienté d’aujourd’hui, l’indépendance est affichée hautement, comme qualité, comme devoir. On oublie qu’il n’y a qu’un autel, qu’une table et chaque jour on en établit de nouvelles. On se rebelle contre l’Éternel. On méprise l’unité du peuple de Dieu et le seul centre d’unité, le Seigneur Jésus lui-même.


Soyons en garde contre ces trois choses qui attirent le jugement de Dieu sur sa maison. Ces trois choses que sont, en résumé : la mondanité, puis une alliance avec le monde religieux et enfin l’indépendance, ce dernier principe étant le plus subtile parce que comme principe du péché, il est à la base de tout le reste.


Quant aux dix tribus et demie, elles devaient être très émues lorsqu’elle apprirent l’érection d’un second autel en deçà du Jourdain (v. 11). Phinées avait déjà montré beaucoup de zèle lors du scandale de Baal-Péor (en Nom. 25, 6-15). Ce qui est reproché aux deux tribus et demie, est montré au v. 19. Il s’agit de l’autel qui a été bâti outre l’autel de l’Éternel.


D’autre part (cf v. 8), ne gardons pas pour nous ce que le Seigneur nous révèle
par grâce. Il faut le partager avec nos frères. L’autel qui est bâti par ces guerriers qui rentrent dans le pays, n’est-il pas un signe de l’abandon de l’Éternel. Les deux tribus et demie proclament leur indépendance; c’est une difficulté qui n’aurait pas existé s’ils étaient restés en Canaan.

Chapitres
23 et 24

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Chapitres 23 et 24 : la fin de la vie de Josué

Chapitre 23 : exhortations de Josué aux chefs des tribus


Israël est en possession de son héritage. Josué est vieux, fort avancé en âge. Il est prêt de s’en aller. Lorsque les soutiens extérieurs viennent à manquer, tout manque en apparence. Mais Josué rappelle que tel n’est pas le cas (voir les v. 3 et 10). Rien ne manque quand la foi est là ! Mais là où il n’y a pas la foi, tout s’écroule. Cela est arrivé non seulement à Israël mais aussi à l’Église. Le peuple devait désormais se maintenir à la hauteur des privilèges reçus. l fallait que la puissance de l’Esprit, vue en Josué, ait son influence dans
leurs âmes et dans leurs vies tout entières. Au chapitre premier, Josué avait été fortifié et il a tenu ferme. Maintenant (v. 6) Josué peut leur dire : « Fortifiez-vous beaucoup ». Cette force spirituelle doit se montrer chez le peuple dans l’obéissance à la parole écrite afin de et de pratiquer. Ces mêmes choses avaient été enjointes à Josué (au ch. 1). Le peuple avait Josué comme modèle et nous, enfants de Dieu de la période de la grâce, n’avons-nous pas le vrai Josué, le modèle parfait, le chef et le consommateur de la foi. Nous avons Jésus.


Dans le chapitre 23, Josué a conscience de ce qui se passerait après son départ. Tout comme Paul, Josué entrevoyait un déclin. Mais il y a un fil conducteur à travers les ruines et, comme guide infaillible, il y a la Parole (cf Act. 20, 32). Il faut garder la Parole pour ne pas tomber au niveau des nations et de leurs abominations.

Au v. 7, la pente est insensible et glissante. Outre l’obéissance à la Parole, il y a encore d’autres moyens pour conserver les bénédictions. Par exemple, l’attachement à l’Éternel (v. 8) et, comme corollaire, l’expérience faite par le peuple de la force de l’Éternel en s’attachant à Lui (v. 9 et 10). Un troisième moyen est la vigilance (v. 11). Veillons sur nos cœurs.  Ne tolérons pas l’entrée parfois subtile des convoitises qui affaiblissent les affections pour le Seigneur, car cela oblige le Seigneur à nous juger lorsque lui-même est remplacé par des objets indignes d’être comparés à Lui (cf v. 12 à 16).

Chapitres 23 et 24 : la fin de la vie de Josué

Chapitre 24 : alliance de Josué avec le peuple à Sichem. Mort de Josué.

Dans ce chapitre Dieu récapitule toutes ses voies de grâces envers Israël depuis Abraham jusqu’à la pleine possession de Canaan. Plutôt que d’être touché par cette grâce et que le peuple, renseigné sur les voies de l’Éternel, demande que cette grâce continue de les garder, nous lisons : « Nous servirons l’Éternel » (v. 8). 


La folie du peuple le fait se tenir aux principes de la loi, se confiant en lui-même. Le fait que Dieu termine ce livre de Josué par la manifestation de sa grâce a de l’importance pour nous. Lorsque nous sommes dans les lieux célestes, c’est-à-dire que nous jouissons de la communion divine, Dieu nous entretient de cette grâce et affermit nos cœurs. Par le récit de ce chapitre, c’est donc en Canaan, pays de la promesse, qu’Israël apprend à connaître pour la première fois l’idolâtrie de ses pères, puis la ruine totale de la souche dont il était sorti, et enfin son éloignement complet de Dieu (cf v. 2 à 10). Il en est de même pour l’Église. La ruine du premier chapitre ne nous apparait dans son entière réalité que quand nous sommes complètement délivrés. Il faut bien comprendre cette vérité afin de pouvoir, en tant que croyants, jouir des bénédictions de Canaan et de notre place glorieuse en Christ. De même,  c’est après notre introduction dans les  bénédictions spirituelles que l’épître aux Éphésiens nous dit : « Lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés ».


Au v. 3, en Abraham, nous avons l’élection, l’appel de la foi et les promesses. 

Au v. 4, en Jacob et Ésaü, nous trouvons le libre choix de la grâce. 

Au v. 5, en Egypte, Israël apprend à connaître le pardon.

Au v. 6, à la mer Rouge, c’est la délivrance.


Encore la grâce : dans le désert (v. 7), lors du passage du Jourdain (v. 11), lors de l’introduction en Canaan (v. 13).


Malgré toute cette grâce qui déborde, Israël n’a pas perdu confiance en lui-même, « Nous le servirons », répond-il. Pourtant, son histoire était là pour l’instruire. 


Les dieux étrangers étaient parmi eux (v. 14). Ces dieux n’ont jamais été enlevés. L’idolâtrie remplit toute l’histoire d’Israël. Dieu les laisse aller, leur ruine devient complète. Ils n’ont pas voulu de la grâce qui était leur seule ressource et une pierre, image de la loi, reste moralement dressée en témoignage et en jugement contre eux jusqu’à ce qu’Israël revienne un objet de grâce. 


Ce chapitre enseigne aussi que le témoignage de la famille est très important (v. 15). Les devoirs du chef et sa responsabilité à cet égard sont grands. La Parole contient beaucoup d’exemples dans lesquels il ressort que Dieu unit la famille à son chef en rapport avec les bénédictions qu’il accorde mais aussi avec les épreuves par lesquelles il faut passer.

Après l’énumération de toute cette grâce dans (v. 2 à 13), Josué pose la question au peuple (v. 15), de choisir « qui vous voulez servir » ! Nul ne peut  servir deux maîtres à la fois (Luc 16, 13). Nous ne pouvons pas compter sur nos propres forces pour servir le Seigneur (cf v. 19 et suivants). Il faut compter sur celui qui nous a choisi (Jean 15, 16). 


Josué termine donc sa course. Il a été un fidèle conducteur. Il a marché dans le désert. Il a marché par la foi. Il a combattu le bon combat, le combat de la foi. Il a enseigné, il a donné l’exemple. C’est bien un type de Jésus, le grand conducteur, le vainqueur, le chef et le consommateur de la foi. Ayons les yeux fixés sur Lui. 

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