2ème épître aux Corinthiens, de Paul. 47ème livre de la Bible et 8ème du Nouveau Testament

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Chapitre 1 (introduction et commentaires)

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 1.             Tribulations et consolations
v. 01 et 02 :   salutations
v. 03 à 10 :    exercices personnels de Paul
v. 11 à 17 :    Paul et les Corinthiens
v. 18 à 22 :    la fidélité de Dieu et l’unité de l’Esprit
v. 23 à 24 :    les mobiles de l’amour de Paul (jusqu’au ch. 2, 4)

Paul écrit cette deuxième épître en étant influencé par les consolations de Christ, consolations éprouvées au fort de la détresse en Asie et renouvelées au moment où il écrit cette lettre en relation avec les bonnes nouvelles de Corinthe communiquées par Tite. Maintenant que l’apôtre est heureux à l’égard des Corinthiens, il peut leur faire part de ses consolations par la grâce qui en avait été la source. La première lettre de Paul avait donc réveillé la consciences des Corinthiens en rétablissant la crainte de Dieu dans leurs cœurs et l’intégrité de leur marche. Le cœur de Paul est ravivé à l’ouïe des bonnes nouvelles alors qu’il avait été précédemment abattu par leur état. Les exercices de cœur peuvent être variés et compliqués pour celui qui sert Christ et qui veille sur les âmes. Ainsi la restauration spirituelle des Corinthiens a dissipé l’angoisse de Paul et a renouvelle en lui la joie. Puis Paul revient sur les souffrances qu’il a endurées à Éphèse et développe d’une manière remarquable la puissance de la vie qu’il réalisait en Christ. Ainsi, après avoir adressé sa 1ère lettre depuis Éphèse, l’apôtre avait envoyé Tite pour s’informer de leur état. Paul avait abandonné son œuvre dans la Troade pour se rendre en Macédoine, à la rencontre de Tite, et c’est là que ce dernier lui a donné de bonnes nouvelles de l’assemblée se réunissant à Corinthe. C’est de là que cette seconde épître est écrite. Paul était allé une 1ère fois en passant près des Corinthiens, puis une 2ème fois par sa 1ère épître puis il les visite une 3ème fois par cette seconde lettre (ch 12, 14 et 13, 1). En ce qui concerne sa 2ème visite personnelle à Corinthe, elle est relatée dans la seule mention d’Act. 20, 2-3. Voilà pour les circonstances extérieures lorsque Paul écrivit cette seconde lettre. L’enseignement de cette lettre pourrait être intitulé «le ministère chrétien». Si cette définition est vraie, elle est loin de donner l’ensemble des vérités que le Saint Esprit y présente. Ainsi, au ch. 1er, nous trouvons les conditions propres à un ministère de la part d’un chrétien qui peut être béni au dehors.  

Versets 1 et suivants : l’apôtre s’adresse à tous les saints d’Achaïe aussi bien qu’à ceux de la ville de Corinthe qui est la capitale de cette contrée. La 1ère pensée de l’apôtre, c’est de bénir Dieu et de le reconnaître comme la source de toute consolation. Pour cela, il faut que l’âme réalise la dépendance de Dieu et se tienne dans sa présence. Après ces paroles encourageantes, l’apôtre présente d’une manière expérimentale la doctrine de la puissance de la vie en Christ. En fait, le commencement de cette épître présente la puissance expérimentale ce ce qui est enseigné doctrinalement en Rom. 5, 12 à Rom. 8. C’est très instructif sous ce rapport et si cela ne va pas plus loin que dans les Éphésiens ou les Colossiens, nous avons cependant, dans une mesure, ce qui est enseigné dans les Colossiens. Ainsi, la puissance de la vie en Christ a son déploiement et sa force dans la mort à tout ce qui est temporel et à tout ce qui nous lien à l’ancienne création et à la vie mortelle elle-même. Ainsi l’apôtre, en prise avec des épreuves terribles, avait même désespéré de sa vie. Mais il avait réalisé par la grâce et la puissance de cette vie en Christ qui a remporté la victoire sur la mort. Il peut verser ainsi à pleines mains aux Corinthiens les consolations de la vie qui devait les relever. De ce fait, il y a un Dieu qui conduit toutes choses dans le service des saints, qu’il s’agisse des douleurs par lesquelles ils passent comme pour tout le reste.
À propos des v. 3 et 4, l’expression «Béni soit le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ» revient 3 fois, à savoir dans 1 Pi. 1, 3, où l’apôtre béni Dieu pour avoir été régénéré. Dans les épîtres de Pierre, le chrétien a devant lui cette espérance vers laquelle il marche.  Cette expression revient aussi dans Eph. 1, 3. Dans l’épître aux Éphésiens, le chrétien a tout. Si dans Pierre il y a l’espérance et la marche jusqu’au but, eh bien dans les Éphésiens, le chrétien a tout. Il est introduit dans le ciel et a toute bénédiction spirituelle. Là, le monde a disparu pour le chrétien, sauf pour y rendre témoignage et y combattre. D’en haut, le chrétien voit le monde sous ses pieds. Dans Pierre, le chrétien est dans ce monde et dans les Éphésiens il est dans le ciel. Le chrétien est comme l’Israélite qui mangeait la manne dans le désert et qui se nourrissait du vieux blé du pays. Alors, dans les Corinthiens, nous avons probablement le plus étonnant des 3 passages. Nous y avons un homme affligé et éprouvé qui souffre, qui désespère même de vivre et qui est comme jeté dans la poussière de la mort. Et bien dans ces circonstances difficiles, cet homme rend grâce. Ainsi Dieu se sert des circonstances les plus douloureuses pour se glorifier et faire de lui ce canal de bénédictions nouvelles pour d’autres. Paul est satisfait de souffrir parce que Dieu le console et l’encourage dans toute son affliction. Cela non seulement pour ses propres besoins mais afin d’être capable d’encourager ceux qui peuvent être dans quelque affliction que ce soit. Cette pensée se retrouve aussi dans la suite de l’épître où Paul se compare à un vase de terre dans lequel Dieu a mis son trésor. Le vase est fêlé ou brisé et c’est la mort qui opère en l’apôtre afin que la lumière se répande au dehors et puisse apporter la vie dans le cœur des Corinthiens. Ce qui donne de la puissance au ministère de Paul, avant tout, c’est qu’il en avait fini avec l’homme dans la chair. Il était un chrétien affranchi et plus que cela, il pratiquait l’affranchissement. C’est différent d’expliquer ce que c’est que d’être mort avec Christ et de le réaliser. L’apôtre le réalisait pleinement. Un chrétien retenu dans les liens du monde politique, artistique, scientifique, du monde où l’on s’amuse, du monde religieux, ne sera jamais un chrétien affranchi. L’affranchissement comprend le fait d’être mort au péché (Rom. 6, 2), d’être mort à la loi (dans les Galates), et, dans 2 Cor. 1, il y a cette sentence de mort afin de ne pas avoir confiance en soi-même mais en Dieu qui ressuscite les morts selon ce que Paul réalise au v. 9. Ainsi, en réalisant cette sentence de mort en soi-même, on ne peut avoir confiance qu’en Celui qui ressuscite les morts. Il faut arriver à la fin de la 2ème aux Corinthiens pour apprendre que, au commencement de sa carrière, l’apôtre avait fait cette expérience tendant au même but. Dieu l’avait transporté au 3ème ciel et lorsqu’il descendit de ces hauteurs, le danger commença. Il aurait pu s’enorgueillir et prendre confiance en lui-même mais il doit réalise «ma grâce te suffit». Tout au long de sa carrière, il faut se méfier du «moi» et pouvoir dire «je ne suis rien» (ch. 12, 11). On n’est plus rien et la pratique de l’affranchissement ne peut aller au-delà de cette expérience. Alors, si l’on est rien, c’est que Christ est tout. POUR MOI VIVRE C’EST CHRIST.

Versets 20 et suivants : à propos des promesses du v. 20, remarquons que les promesses se résument en Lui. Dans Gal. 3, 14, le Saint Esprit fait partie de ces promesses. Dans Tite 1, 2, la vie éternelle en est une autre, ainsi que la gloire, la justice, le pardon, l’héritage. Puis, dans les v. 21 et 22, il y a ce qui caractérise le chrétien, à savoir qu’il est lié fermement à Christ et forme une même plante avec Lui. Il est oint de l’Esprit. Le chrétien est scellé du Saint Esprit qui lui apporte la conscience de l’entière connaissance de sa relation avec Dieu, relation dont le Seigneur jouissait lui-même comme homme ici-bas. Voilà les choses que Paul annonçait. Il prêchait le fils de Dieu, Jésus Christ. Il montrait la valeur de sa personne et de son œuvre et ce qu’elles étaient pour Dieu et pour nous. Il affirmait qu’en dehors de Christ, les chrétiens n’avaient rien et lui ne voulait pas d’autre place. Il n’avait qu’une pensée, celle d’être trouvé en Lui sans autre justice que celle de Dieu. Il n’avait qu’un désir, celui de le connaître en traversant ce monde et de le reproduire dans sa marche. Il n’avait qu’une ambition, celle de L’atteindre dans la gloire.

Au début de cette épître, rien de plus touchant que l’œuvre de l’Esprit dans le cœur de l’apôtre. Le mélange de reconnaissance et d’adoration envers Dieu, de joie dans les consolations de Christ et d’affection pour ceux à l’égard desquels il se réjouissait maintenant, est d’une beauté que l’esprit de l’homme ne saurait absolument pas imiter.  

Dans cette 2ème épître, la sainteté n’est pas présentée comme dans la 1ère. Il y a lieu de la présenter quand elle manque. L’apôtre réalise aussi les prières des Corinthiens pour lui de sorte que son succès dans l’évangile fut dans leurs cœurs comme un intérêt personnel dans une chose qui leur serait propre. Paul peut en vérité leur demander leurs prières car il s’était conduit avec une sincérité sans mélange, spécialement parmi eux. Cela le conduit à expliquer aux Corinthiens les motifs de ses mouvements, ce dont il ne leur avait pas parlé auparavant, rapportant ces mouvements à ses propres plans, et à ses propres motifs dans sa soumission au Seigneur. Paul est toujours maître, sous l’autorité de Christ, de ses mouvements, mais il peut parler maintenant librement de ce qu’il avait décidé et des motifs que, auparavant, l’état des Corinthiens ne lui permettait pas de leur communiquer. Paul veut les satisfaire, leur expliquer les choses, de manière à démontrer son amour parfait pour eux et à maintenir en même temps sa parfaite liberté en Christ. On peut aussi remarquer avec quelle manière, et tout en montrant son affection et sa tendresse, l’apôtre maintient son autorité en la rappelant aux fidèles de Corinthe en déployant toute sa douceur. Les Corinthiens avaient besoin de l’exercice de cette autorité même s’ils n’étaient par des Crétois. Mais il y avait chez les Corinthiens un relâchement de moralité qui exigeait de la délicatesse et des soins afin qu’ils ne se cabrassent pas mais qui demandaient de l’autorité et une bride, de peut qu’en leur laissant la liberté, ils ne tombassent dans toutes sortes de mauvaises voies. Et Paul revient à la certitude qui est en Christ, base de toute son assurance. Paul les ramène toujours au fondement, à la doctrine sûre, commune, à tous ceux qui avaient travaillé au commencement au milieu d’eux. L’apôtre pose donc ici les grands principes de la joie et de l’assurance chrétienne. Il s’agit donc de la manière selon laquelle nous sommes placés par la puissance de Dieu en sa présence dans la position et dans l’état dans lesquels cette puissance nous introduit d’après les conseils de sa grâce. La simple certitude était en Jésus selon ce qui avait été dit. Il n’y a pas là un «oui» et puis un «non». Le oui restait toujours oui. C’est un principe d’une immense importance. En Christ, il n’y a pas seulement des promesses mais l’amen aux promesses de Dieu, leur vérité et leur réalisation. Tout est donc à Christ et en Christ. Mais comment participer à ces promesses? Et bien c’est ici que l’Esprit Saint présente la seconde partie des voies de la grâce car nous sommes en Christ et Lui en nous. Cela non seulement selon l’instabilité de la volonté de l’homme et la faiblesse qui le caractérise dans ses œuvres passagères et muables car tout ce que Dieu a promis est en Christ. En jouir est une autre chose. En plus, nous sommes oints (v. 21) et nous avons par Jésus reçu l’Esprit. Dieu a aussi pris soin que nous comprenions, par l’Esprit, ce qui nous est gratuitement donné en Christ. L’Esprit devient dans nos cœurs les arrhes de ce que nous posséderons pleinement en Christ plus tard (v. 22). Nous sommes marqués du sceau de Dieu pour en jouir. Nous avons les arrhes dans nos cœurs et nos affections sont engagées. Établis en Christ, l’Esprit Saint nous scelle quand nous croyons, pour nous faire jouir déjà ici-bas, ce ce qui est en Christ.

Chapitre 2

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 2.             Restauration d’un pécheur
v. 01 à 04 :    les mobiles de l’amour de Paul (avec v. 23 et 24 du ch. 1er
v. 05 à 11 :    instructions sur la discipline
v. 12 à 17 :    le témoignage de l’apôtre

Ainsi, dans la 1ère épître, il y a eu de la bénédiction extérieure, avec des dons spirituels, mais aussi de l’orgueil, de la confiance en eux-mêmes. Le résultat en fut des divisions et des désordres. Ils étaient désunis pour le bien et unis pour le mal. Ils étaient même indifférents à ce qui déshonorait le nom de Christ.  L’apôtre avait alors pris occasion pour faire ressortir que l’ordre sied à la maison de Dieu. Bien sûr, en comprenant cela, le témoignage serait plus puissant vis-à-vis du monde. Les Corinthiens ont reçu l’exhortation de Paul. Ils perdent leur confiance en eux. Ce ch. 2 montre alors une tristesse selon Dieu qui remplit leur cœur et les amène à la repentance. Il y a donc une liaison entre les deux épîtres. L’apôtre leur montre aussi qu’il n’a aucune confiance en lui-même. Il se sert de ses propres expériences pour leur édification. L’apôtre connaissait la tristesse et aussi la puissance de Satan dans le monde. Ainsi, n’ayant aucune confiance en lui, il peut apporter aux Corinthiens les consolations. Ils ont surmonté certains dangers mais d’autres dangers se présentent car Satan ne se tient jamais pour battu. S’il n’a pas réussi à nous vaincre d’un côté, il nous attaquera de l’autre. Alors, quel est le danger que coure maintenant les Corinthiens, eux qui avaient été ramenés à une juste appréciation de la pensée divine en relation avec la discipline, et qui étaient remplis de zèle pour juger le mal selon 2 Cor. 7. Les Corinthiens sont maintenant unanimes pour le bien et pour exercer une action contre le méchant. Ils avaient fait comparaître le méchant devant leur tribunal et l’avaient ôté du milieu d’eux. Et bien, au lieu de les louer de ce qu’ils avaient accompli leur devoir, l’apôtre leur parle selon le v. 8, à savoir qu’il faut être unis dans l’exercice de l’amour. Ainsi, avec le retranchement, tout n’est pas fini; ce méchant, selon v. 7, est accablé de misère et l’assemblée le laisse dans cet état. Où est donc l’amour? Et bien l’apôtre en profite pour montrer ce qu’il faut faire envers un homme humilié et repentant. Paul veut leur apprendre l’amour, lui qui avait pleuré et aussi rempli d’affliction pour eux. S’il pleure, c’est afin qu’ils connussent l’amour qu’il avait si abondamment à leur égard. L’apôtre est ainsi rempli d’amour pour eux et trop angoissé pour attendre leur propre réponse à sa lettre. De ce fait, il leur envoie Tite afin qu’ils lui rendent compte de leur état. Et en attendant, il est lui-même dans la Troade, selon

Versets 12 et suivants. L’apôtre va même au devant de Tite dans la Macédoine et n’a pas de repos tant qu’il ne l’a pas rencontré. Combien tout cela touche nos cœurs car il n’y a rien de plus béni, de plus heureux, pour nous, que l’évangile. Quelle joie de voir l’évangile pénétrer dans la conscience et amener les âmes au Seigneur par la conversion. Mais dans le cas précis, ce qui importait avant tout pour Paul, c’était de constater une vraie restauration dans ses bien-aimés enfants dans la foi. Il faut une assemblée qui passe par une repentance complète et par le jugement d’elle-même, un chemin dans lequel le Seigneur peut être glorifié. Voilà ce qui rempli le cœur de l’apôtre. Remarquons encore, en revenant au v. 5, «si quelqu’un». L’apôtre ne qualifie pas quelqu’un de «frère» s’il n’y a pas eu de restauration. Voilà quelque chose d’utile pour la conduite de l’assemblée envers ceux qui sont retranchés. Mais si quelqu’un se repent (v. 9), il ne faut pas le laisser en proie à l’accablement. Il s’agit d’être obéissant en toutes choses puis l’apôtre pardonne et cela avant de prononcer un jugement retardé, à savoir de livrer un tel homme à Satan. Satan qui exploite tout pour répandre à nouveau la désunion (v. 11). Alors, au v. 14, Paul donne une conclusion. Et s’il a abandonné momentanément l’œuvre en Troade, il l’a reprise après sa 2ème visite à Corinthe, selon Act. 20, 2-6. L’apôtre fait monter l’odeur du parfum de Christ dans ce v. 14. Il proclame la valeur de Son œuvre en ajoutant que nous sommes la bonne odeur de Christ pour Dieu. L’apôtre persécuté, voué à la mort, humilié, n’ayant aucune confiance en lui, mais ayant besoin d’être consolé, EST la bonne odeur de Christ. Il se présente comme tel. Et nous, sommes-nous le parfum de Christ? Aujourd’hui, 2013, les hommes suivent de triomphe de Christ, qu’ils le veuillent ou non … mais quelle est leur attitude vis-à-vis de l’évangile? Cela décide de leur sort. Puis au v. 17, il y a un beau tableau de toute l’activité de l’apôtre. Cette activité est de la part de Dieu, qui est devant Dieu, et qui parle en Christ. Toutes les ambitions de Paul se concentrent sur ce point. Agir par Dieu, agir devant Dieu, agir en Christ pour n’être plus séparé de Lui. Ainsi donc l’apôtre ne veut pas que Satan tire un avantage dans ce cas de discipline, pour mettre du désaccord entre lui et les Corinthiens, car il savait bien à quoi l’ennemi voulait en venir. Il connaissait le but de l’ennemi qui cherchait à se servir de cette affaire et cela donne l’occasion à Paul de montrer comme il porte toujours, sur son cœur, les saints de Corinthe. L’apôtre donne donc la priorité aux Corinthiens et cela doit lui être difficile mais il se console d’avoir manqué une œuvre d’évangélisation par la pensée qu’après tout, Dieu le menait comme en triomphe. L’évangile que l’apôtre portait avec lui, ce témoignage de Christ, était comme le parfum des drogues aromatiques que l’on brûlait dans les processions triomphales, signe de mort pour quelques-uns des captifs, signe de vie pour d’autres. Le parfum de la bonne odeur de Christ était pur dans les mains de l’apôtre qui ne frelatait pas, comme quelques-uns, le vin qu’il fournissait car il travaillait dans l’intégrité chrétienne, devant Dieu.

Chapitre 3

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 3.             Le ministère de la nouvelle alliance – le témoignage collectif de                            l’assemblée 
v. 01 à 06 :    l’assemblée, la lettre de Christ
v. 07 à 16 :    les ministères de la loi et de l’Esprit
v. 17 et 18 :   contempler la gloire de Christ

Dans cette 2ème épître, il est aussi beau de considérer un sujet particulier, celui du ministère avec son fonctionnement, la tâche qui lui incombe, et les qualités pour être un ministre de Christ. Le ministère, dans cette épître, n’a pas seulement le caractère du ministère apostolique de la Parole. Ici, le ministère est proprement le service. Et nous avons tous un service même si nous n’avons pas tous le ministère de la Parole. Et souvenons-nous que le plus infime service aux yeux des hommes a une importance très grande aux yeux de Dieu. Il y a aussi le service pécunier à l’égard des saints (ch. 8 et 9) et nous verrons comment s’y prendre pour l’exercer. Soyons bien pénétrés de cette vérité À SAVOIR QUE, SI NOUS N’AVONS PAS UN DON DE L’ESPRIT, EN FAVEUR DE L’ASSEMBLÉE OU POUR LE MONDE, NOUS AVONS TOUS UN SERVICE PARTICULIER AUQUEL NOUS DEVONS VAQUER AUSSI SOIGNEUSEMENT QU’À UN SERVICE PUBLIC. Si un service public a plus d’apparence aux yeux des hommes, il offre aussi plus de dangers pour celui qui l’exerce. En rapport avec le premier chapitre, nous nous souvenons que, pour qu’un service soit selon le Seigneur, il faut se considérer comme rien. C’est dans la mesure où cela est réalisé que le ministère chrétien est beau. À la fin du ch. 1, nous avons vu que l’objet du ministère est Christ. Au ch. 2, le ministère n’a pas seulement pour but de présenter Christ mais il y a aussi une action de l’Assemblée en vue de la discipline. À la fin du chapitre 2, le ministère est la présentation de la victoire de Christ aux hommes et la présentation du parfum de Christ à Dieu. Dans le ch. 3, il y a une nouvelle fonction du ministère qui a pour but non seulement de présenter le parfum de Christ dans le monde mais de lui adresser une lettre de Christ connue et lue de tous les hommes. Si les Corinthiens étaient la lettre de recommandation de l’apôtre et bien, cette lettre était pour lui identique à la lettre de recommandation de Christ. Paul n’avait pas écrit son propre nom sur le cœur des Corinthiens mais celui de Jésus. Et dans l’histoire de l’Église, combien de ministres de Christ, au lieu de suivre l’exemple de l’apôtre, ont hélas pour triste fonction d’écrire un nom d’homme, ou un nom de la secte à laquelle ils appartiennent ou toute autre chose, encore, sur le cœur des croyants. Et bien nous, comme les Corinthiens, nous sommes le fruit du ministère de l’apôtre qui est contenu dans la Parole. Comme eux, nous sommes appelés à être la lettre de recommandation de Christ. Remarquons que le ministère de l’apôtre est ici non pour appeler des individus mais pour former un ensemble. En effet, l’apôtre ne dit pas «vous êtes des lettres» mais «LA lettre». Il est aussi vrai que, tout chrétien individuellement, doit représenter Christ devant le monde. À la fin de ce ch. 3, Paul confie un secret qui permettra aux Corinthiens, comme à tout chrétien, d’être l’épître de Christ. Ce secret est d’avoir toujours comme objet la contemplation du Seigneur (v. 18). Cette contemplation nous transforme graduellement à son image glorieuse, de telle manière que le monde puisse ne voir que Lui dans Son assemblée.

Dans ce ch. 3, une autre fonction importante du ministère chrétien est relevée avec un enseignement en vue. C’est ainsi que l’apôtre présente l’ensemble de la doctrine chrétienne dans la parenthèse des verset 7 à 16. Il y a un résumé de cette doctrine qui est en contraste absolu avec ce que la loi avait enseigné jusque là. Il est important, comme chrétien, de connaître non seulement la grâce mais de la comprendre réellement sans la séparer entièrement de la loi. Il y a ici la différence entre le ministère de la lettre, c’est-à-dire de la loi, et le ministère de l’Esprit. Il est d’abord montré que le ministère de la loi est un ministère de mort. La loi promet la vie mais elle est un ministère de mort à cause du péché. L’homme est convaincu de péchés et sous la loi il trouve un ministère qui le tue. C’est le sujet de Romains ch. 7. En contraste avec ce ministère de la mort, il y a le ministère de l’Esprit car le Saint Esprit apporte la vie dans l’âme. Si le ministère de la loi est un ministère de condamnation, celui de l’Esprit est un ministère de justice. Non pas une justice humaine et légale, mais la justice de Dieu. C’est le contenu même de l’évangile. Dieu a pu concilier sa haine pour le péché avec son amour pour le pécheur. La justice de Dieu est une justice justifiante et non pas une justice en condamnation. Cette conciliation de 2 choses inconciliables ne peuvent être trouvées qu’à la croix de Christ où la justice et la paix se sont entre-baisées. Rien de cela n’existait avant le ministère chrétien qui est le résumé de toutes les pensées à l’égard des hommes. C’est dans le ministère chrétien que nous apprenons à connaître Dieu dans toute sa gloire, dans toute la perfection de sa nature et de son caractère. Au v. 11, ce qui demeure, c’est le caractère de lui-même. Ce que Dieu est a été montré dans l’œuvre de la croix pour nous et cette œuvre subsiste à jamais en gloire.

Et le v. 17 nous indique que là où se trouve l’esprit du Seigneur, il y a la liberté. La loi était un ministère d’esclavage qui rendait l’homme incapable de s’approcher de Dieu. La grâce nous permet de contempler sans voile la personne du Seigneur Jésus. Oui, avoir une pleine liberté pour entrer devant lui, c’est posséder le secret par lequel on peut réellement être devant le monde UNE LETTRE DE CHRIST. Considérer la gloire du Seigneur nous transforme graduellement à sa ressemblance. Cette transformation est partielle car nous n’avons pas atteint la perfection et nous ne l’atteindrons jamais ici-bas. Au sujet de cette lettre: avons-nous un voile (soucis, égoïsme, mondanité) qui cache notre appartenance à Christ ou empêche notre rayonnement chrétien? Sommes-nous tachés ou indéchiffrables? .. au lieu d’être cette lettre connue et lue de tous! Et bien la gloire de la face de Moïse jugeait les pensées et les intentions du cœur, causait de la frayeur et menaçait de mort et de condamnation le désobéissant et le pécheur qui pouvait se tenir dans la présence de Dieu. Mais la gloire de la face de Jésus, d’un homme dans le ciel, est la preuve que tous les péchés de celui qui voit cette gloire sont effacés car Celui qui est dans cette gloire les a tous portés avant de monter en haut et il a dû les enlever tous pour entrer dans cette gloire. Nous contemplons cette gloire par l’Esprit qui nous a été donné ou en vertu de ce que Christ y est entré. Par contraste à Ex. 32, 30, Christ a fait propitiation et est monté. C’est pourquoi nous contemplons cette gloire avec joie et nous aimons la voir. Chaque rayons que nous voyons briller est la preuve qu’aux yeux de Dieu nos péchés ne sont plus. À la fin de la parenthèse des v. 7 à 16, il y a allusion aux Juifs où l’apôtre compare les systèmes de la loi et de la grâce. Ainsi, sous la grâce, plus rien n’est voilé mais le voile est sur le cœur des Juifs qui lisent l’Ancien Testament. C’est lorsqu’Israël se tournera vers le Seigneur que le voile sera ôté tout comme Moïse entrait dans le tabernacle pour parler à Dieu, pour l’écouter, lorsqu’il enlevait le voile. 


Chapitre 4

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 4.             La source de puissance du service       
v. 01 à 06 :    l’évangile de la gloire de Christ
v. 07 à 12 :    la faiblesse du serviteur et la puissance de Dieu
v. 13 à 18 :    la résurrection et la gloire à venir

L’apôtre en revient au ministère en relation avec ses souffrances en montrant que la doctrine de Christ vainqueur de la mort, lorsqu’elle est vraiment reçue dans le cœur, nous rend victorieux de toute crainte de la mort et de toutes les souffrances qui se rattachent au vase de terre dans lequel ce trésor est porté. Christ, comme vu au ch. 3, 8-9, est le fondement du ministère de la justice et de l’esprit. En Le contemplant face à face, l’apôtre use d’une grande hardiesse et sa foi ne fléchit pas devant les difficultés. L’apôtre, connaissant cette doctrine, a le courage de ne rien cacher de la gloire de Jésus. Il ne corrompt pas la doctrine mais la manifeste pure et brillante dans toute la clarté qu’il l’avait reçue. C’est la parole de Dieu. Et il faut recevoir cette parole de l’apôtre telle qu’il l’a reçue lui-même. Cette parole de Dieu est inaltérée et l’apôtre se sent ainsi approuvé et se recommande à toute conscience d’homme devant Dieu (v. 2). Oui la gloire de Jésus ressort de la prédication et l’apôtre et tous ne peuvent pas dire cela. La gloire du Seigneur est présentée sans voile dans la prédication pure de Paul. Il y a la liaison établie entre la gloire accomplie quant à la personne de Christ, comme résultat de l’œuvre et de la rédemption, et le ministère qui, par la puissance de l’Esprit agissant dans l’instrument choisi du Seigneur, annonce cette gloire au monde. Ce ministère rend les hommes responsables de la réception de la vérité et de la soumission à ce Christ glorieux qui, du ciel, s’annonce en grâce comme ayant accompli la justice pour le pécheur (v. 5). Voilà le chemin pour s’approcher de Dieu. Choisir un autre chemin, c’est déclarer insuffisant et imparfait ce que Christ a fait et ce qu’il est. Ainsi la pure lumière est l’heureux séjour de ceux qui entrent par le moyen annoncé par l’apôtre. Si cette révélation est cachée, elle l’est pour ceux qui sont perdus. Pour ceux-là, la bonne nouvelle de la gloire de Christ qui est l’image de Dieu (v. 4) ne resplendit pas dans leurs cœurs. Ainsi lorsque Christ est annoncé d’une telle manière, la conséquence en est l’acceptation joyeuse de la bonne nouvelle et la soumission du cœur à l’évangile. Une autre conséquence en est l’aveuglement par Satan. Paul ne se prêche pas lui-même. Il prêche Jésus. Le resplendissement de l’évangile de la gloire de Christ est l’œuvre de la puissance de ce même Dieu qui, par sa seule parole, fait luire instantanément la lumière du sein des ténèbres (v. 6). L’évangile brille par une opération divine semblable à celle qui, au commencement, avait fait briller la lumière du sein des ténèbres par une simple parole. Le cœur de l’apôtre était le vase dans lequel cette lumière avait été allumée pour luire au milieu du monde devant les yeux des hommes. Ce qui luisait était la révélation de la gloire qui resplendit dans la personne de Christ et qui, par la puissance de l’Esprit de Dieu, agissait dans le cœur de l’apôtre pour que cette gloire brillât par l’évangile devant le monde. La puissance de Dieu opérait pour la faire briller en disant «que la lumière soit, et la lumière fût».

Versets 7 et suivants : le trésor de la révélation de cette gloire est déposé dans des vases de terre afin que la puissance qui agissait fut celle de Dieu seul et non celle des instruments. La faiblesse des instruments se montre lors de circonstances éprouvantes par lesquelles Dieu fait passer le témoignage. La puissance divine se manifeste d’autant plus lorsque le vase montre sa faiblesse au milieu des difficultés qui se rencontrent sur la terre. Dès lors, le témoignage était rendu et produit alors même que l’homme se trouvait abattu et sans ressource en présence de l’opposition suscitée contre la vérité. Les v. 8 à 10 indiquent ce contraste entre le vase et la ressource en Dieu. Il était évident qu’il y avait là une puissance en dehors de l’homme. Comme serviteur du Seigneur, Paul réalisait dans son cœur la mort de tout ce qui était vie humaine. Ainsi la mort opérait dans l’apôtre et ce qui était de l’homme, de la vie naturelle, disparaissait afin que la vie en Christ puisse se déployer en lui de la part de Dieu et  par sa puissance. Quel ministère, quelle vocation glorieuse d’être ainsi assimilé à Christ, d’être le vase de sa puissance de sa vie pure … même d’être moralement semblable à Jésus moyennant l’abnégation absolue de soi-même! Nous avons là l’essence du christianisme. C’est pourquoi aussi, au v. 13, l’apôtre peut se servir des paroles de l’esprit de Christ dans les Psaumes en disant «J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé». Autrement dit, quel qu’en soit le prix, en dépit de tout danger et de toute opposition, j’ai parlé pour Dieu, j’ai rendu mon témoignage, j’ai eu assez de confiance en Dieu pour rendre témoignage à Dieu et à sa vérité, quelles qu’en fussent les conséquences, même si je mourrais en le faisant, c’est-à-dire, j’ai agi comme Christ l’a fait. Et pourquoi cela: parce que, v. 14, je serai dans cette même gloire où Christ se trouve dans le ciel. Ici, il faut encore distinguer, outre les souffrances de Christ pour la justice et son œuvre d’amour et ses souffrances pour le péché. Quant aux premières, c’est notre privilège de les partager avec lui. Dans les autres il est seul. Cela aide à comprendre la fin du chapitre dans le fait que, si l’homme extérieur dépérit, l’homme intérieur se renouvelle et ce sujet des souffrances continue avec cette légère affliction d’un moment car elle est estimée en vue de la gloire d’où une souffrance passagère mais une opération produisant un poids éternel de gloire. Cela dépasse toute expression, même la plus du langage et des pensées humaines. Ainsi ce renouvellement a lieu et le découragement ne s’empare point de l’apôtre. Il ne regarde pas aux choses qui se voient mais aux choses éternelles. Ainsi la puissance de la vie divine, avec toutes ses conséquences, se déploie dans l’âme de l’apôtre par la foi. Il connaît le résultat de tout, de la part de Dieu. La gloire est l’ensemble de toutes les perfections de Dieu mises en lumière depuis la croix. Le point culminant de ces perfections, c’est l’amour qui a pris envers nous le nom sublime de la grâce, qui nous a tiré du fond de l’abîme. Voilà ce qu’est l’évangile de la gloire de Dieu. Sous la loi, il y avait bien une certaine gloire mais pas LA GLOIRE (cf Ex. 33, 18). Au v. 16, on comprend que l’homme intérieur est toujours le nouvel homme (cf Eph. 3, 16 et 4, 23). La fin du chapitre donne des expressions telles que nous ne pouvons pas en employer de plus fortes et de plus absolues pour exprimer la jouissance actuelle de la gloire. Au ch. 5, on verra que l’apôtre parle de la gloire en rapport avec son corps mais au ch. 4, il est question de la gloire actuelle pour son âme. Traitons donc aussi bien notre homme intérieur que notre homme extérieur!  

Cf encore, à propos du v. 6 : … au ch. 5, 17, il sera question d’une nouvelle création aussi supérieure à la première que le ciel est supérieur à la terre, une création qui a pour théâtre non pas le monde tout entier mais un pauvre cœur d’homme, infirme et ténébreux. Les choses vieilles sont passées. Toutes choses sont faites nouvelles (ch. 5, 17).  Remarquons que les ch. 3 et 5 de cette épître sont remplis du sujet de la gloire. Il s’agit donc d’en avoir une vue claire et nette. Et dans le ch. 4, il y a un trait qui se trouve dans l’ensemble de cette 2ème aux Corinthiens, à savoir que, d’une part, si l’apôtre se considère comme rien, nous voyons cependant sa personne du début à la fin. C’est que le sujet et le ministère montré dans sa personne évoque qu’il a suivi de près le Maître. Il est devenu ministre de Christ et ce n’est pas son œuvre à lui mais celle de Dieu et il peut en parler comme d’une création nouvelle. Aussi a-t-il une pleine liberté pour parler de lui-même à propos du vase de terre qui peut être brisé (v. 7) dont nous avons un bel exemple dans les compagnons de Gédéon qui ont livré un combat en Madian. Il s’agit de briser les cruches pour faire resplendir la lumière.


Chapitre 5

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 5.             Les mobiles du service
v. 01 à 08 :    La gloire, terme du service
v. 09 à 15 :    Sainte crainte et obéissance de cœur du croyant
v. 16 à 21 :    La réconciliation

Comme déjà constaté dans les chapitres précédents, les chrétiens ont leur part aux choses invisibles et glorieuses. Au début du ch. 5, l’apôtre sait que nous avons aussi un édifice de la part de Dieu. C’est une précieuse certitude et l’expression NOUS SAVONS est une expression technique pour dire ce qu’est la portion des chrétiens. Les chrétiens savent que cet édifice de la part de Dieu est une partie de leur foi. Ils savent que la gloire qui appartient au Seigneur est, par la puissance de l’Esprit Saint, une espérance réelle et pratique dans notre cœur pour une réalité présente par la foi. Puis l’apôtre, ou le chrétien, voyant cette gloire comme une chose qui lui appartient, et dont il doit être revêtu, le fait gémir dans la tente. Cela non pas comme tant de gens le font du fait que les desseins de la chair ne peuvent être accomplis mais parce que le corps est une entrave qui affaiblit la vie divine et le prive de la pleine jouissance de cette gloire que la vie nouvelle voyait et désirait. Voilà ce que Paul réalise pour lui-même. Ainsi, gémir dans l’attente (v. 2 et 4), n’est pas un point de vue humain mais c’est tout de même un fardeau qui empêche de jouir de la gloire. L’apôtre voit dans le Christ glorifié une puissance de vie capable d’absorber et d’annuler toute trace de mortalité. Le fait que Christ est dans la gloire était le résultat de cette puissance et en même temps la manifestation de la portion céleste qui appartient aux siens. L’apôtre ne désirait donc pas d’être dépouillé mais d’être revêtu. Il désirait aussi que la mortalité qui caractérise sa nature humaine, terrestre, disparût devant la puissance de vie qu’il voyait en Jésus et qui était sa vie. Cette puissance était telle qu’il n’était pas nécessaire de mourir. Le chrétien était formé dans ce but et non pour autre chose. Dieu forme le chrétien pour cette gloire. Et, v. 5, tout revient à Dieu. C’est une joie de pouvoir tout lui attribuer et de le glorifier comme le Dieu d’amour et de pouvoir se reposer sur une œuvre accomplie, l’œuvre de Dieu. Ne sommes-nous pas «l’ouvrage de Dieu» (v. 17). Pour jouir de cette espérance, il y a aussi autre chose. C’est d’avoir les arrhes de l’Esprit (v. 5). Il y a donc la gloire devant nous, étant formés pour elle par Dieu lui-même, et nous avons les arrhes de l’Esprit jusqu’à ce que nous soyons dans la gloire. Et le temps venu, nous pourrions être transformés en gloire sans passer par la mort car ce qui est mortel sera absorbé par la vie (v. 4). Voilà notre portion dans le dernier Adam. Ensuite, l’apôtre traite de l’effet de la vie dans la portion naturelle du premier homme déchu, la mort et le jugement car le témoignage est, ici, complet. Pour l’homme mortel, il y a 2 objets de crainte. Ce sont la mort et le jugement. Pour le chrétien, tout est différent. Selon les v. 6 à 8, le chrétien a confiance même dans la mort. C’est un caractère de la marche par la foi. Alors si vraiment nous préférons être absents de corps et présents avec le Seigneur, cherchons à lui plaire et à lui être agréables.

Un autre point se trouve dans les v. 9 et 10 lorsqu’il est question du tribunal de Christ. La pensée de ce tribunal est solennelle. Il s’agit cependant d’une pensée précieuse et heureuse. En comprenant réellement la grâce, et en étant formés, alors nous apprécierons d’être dans la pleine lumière. C’est une délivrance précieuse de s’y trouver. C’est même un soulagement de savoir que tout est dans la parfaite lumière en Dieu et s’il y a en nous des péchés, de nombreux péchés, cachés, que personne n’a connu, et bien par la foi et pour la foi, et lorsque nous jouissons d’une paix solide, c’est heureux que tout soit mis en lumière. Et devant Dieu, nous ne trouvons en nous-mêmes que du péché mais Dieu, tout amour dans cette lumière, nous a vivifiés. Dieu est lumière. La grâce fait que nous ne craignons pas la lumière. Nous savons que le péché a été ôté pour ce qui regarde la gloire de Dieu. L’offense n’est plus sous ses yeux. Nous sommes donc dans la lumière par la foi quand notre conscience est dans la présence de Dieu. Puis nous serons, selon la perfection de cette lumière, lors de notre parution au tribunal du Christ, lumières dans le Seigneur. Il y a encore plus que cela car, quand le chrétien est ainsi manifesté, il est déjà glorifié et parfaitement semblable à Christ et n’a aucun reste dans la mauvaise nature dans laquelle il a péché. Le chrétien glorifié peut regarder en arrière car, dans tout le chemin où il fut conduit en grâce, Dieu l’a aidé, soutenu, gardé de chutes, Lui qui ne retire pas ses yeux de dessus le juste. Il connaît comme il a été connu. Il s’agit donc d’une histoire de grâce et de miséricorde. Maintenant, en regardant en arrière, les péchés ne pèsent pas car Dieu les a expiés en vertu de l’œuvre de Christ. Mais tout sera encore plus clair quand les choses seront devant moi. Tout est donc bénéfice devant ce tribunal. Aucune trace de mal sera en nous. Ne craignons donc pas de voir toutes choses placées devant Dieu. S’il y a de la crainte, c’est que nous ne sommes pas affranchis quant à être justice de Dieu en Christ et que nous ne sommes pas dans la pleine lumière. Christ a tout ôté. Une autre pensée, dans ces v. 9 et 10, est celle de la rétribution. Ainsi, toutes choses, bonnes ou mauvaises, seront jugées selon un jugement divin. Il y aura de l’adoration en relation avec ce que Dieu aura été pour nous puisque même il y aura des récompenses alors que nous ne méritons rien. La lumière sera appréciée, les voies de Dieu seront connues et comprises dans toutes leurs perfections. Ainsi la majesté de Dieu aura été maintenue par son jugement en même temps que la perfection de la tendresse de ses voies resteront gravées comme éternel souvenir dans nos âmes. Comprendre la lumière, c’est y être et en jouir. La lumière, c’est Dieu lui-même. C’est donc un bonheur de se trouver dans la parfaite lumière dont le sujet est ici présenté du côté de la conscience. Dieu maintient sa majesté par le jugement qu’il exécute (cf Ps. 9, 16). Ce jugement s’exerce dans le gouvernement du monde et dans le jugement final pour les croyants, selon ce passage relatif au tribunal de Christ. Mais il est aussi d’un grand profit pour notre âme. Il faut avoir le jugement de Dieu présent à nos pensées et que cela soit un moyen pour maintenir l’immuable majesté de Dieu dans notre conscience. Le sentiment d’un Dieu juge ne connaît pas la grâce. La sainte autorité de Dieu s’affirme aussi dans le jugement et fait partie de nos relations avec Lui. Ce sentiment, avec la gloire et la jouissance de la grâce, fait partie de nos saintes affections spirituelles. C’est la crainte du Seigneur. Ainsi, la conscience d’être manifesté devant le tribunal de Christ engage le cœur du croyant à accepter de Dieu et à rechercher à plaire au Seigneur à tous égards. Ces 2 grandes pensées de marcher dans la lumière, et la conscience étant pure dans la lumière, avec le sentiment de jugement, se rattachent à la doctrine de Christ le Sauveur dont l’amour nous étreint afin que nous puissions vivre pour celui qui pour nous est mort et a été ressuscité (selon v. 13 à 16). Revenons au tribunal de Christ pour préciser que nous y avons la manifestation de tout ce qu’une personne a été devant un trône, caractérisé par le jugement, sans que la personne en question soit jugée comme coupable. En paraissant devant ce tribunal, nous sommes déjà glorifiés. Ainsi, un tel moment n’éveille pas en Paul l’anxiété ou la crainte. Mais Paul réalise la solennité d’un tel moment car il sait combien le Seigneur doit être craint. La conséquence, c’est de persuader d’autres qui ont besoin de cette sainte crainte. Dans la nature de Dieu, deux parties dans son caractère à savoir le jugement de tous dans un amour parfait. Ces deux parties de sa nature et de son caractère sont unis pour nous en Christ et sont à nous en Lui. Le croyant est donc en Christ, la justice de Dieu, sur son trône et d’après sa nature même. Il faut avoir cela devant soi. Oui devant le tribunal Christ est notre justice. Et nous sommes cette justice, la justice de Dieu en Lui. Aucune question n’est soulevée et nous adorons devant cette grâce. C’est pourquoi une partie essentielle de la nature divine qui est l’amour agira en nous et envers les autres. Puis, sachant combien le Seigneur doit être craint, nous persuaderons les hommes. C’est ce que l’apôtre cherche avec ardeur afin qu’ils fussent sauvés selon l’œuvre qui l’avait ainsi amené près de Dieu et c’est vers cette œuvre qu’il se tourne selon les v. 13 et suivants. Ainsi, comme saints, ne craignons pas d’être manifestés. Que la pensée du tribunal soit une puissance actuelle et sanctifiante. Ce chapitre nous présente la gloire avec la certitude personnelle d’en jouir, puis le tribunal de Christ et enfin, à la fin du chapitre, l’amour de Christ dans sa mort, tous étant déjà morts et ressuscités avec Lui, l’âme de l’apôtre étant déjà dans la pleine lumière en reflétant ce qui se trouvait dans cette lumière à savoir la gloire du Christ monté en haut comme homme. L’opération active de l’amour de Jésus en Paul, par la vue du tribunal qui attendait tous les hommes, le fortifiait. Ce passage donne ainsi une merveilleuse combinaison de motifs pour agir sur notre cœur, sur notre conscience. C’est dans une conscience pure que ces choses peuvent avoir toutes ensembles leur force. Sachant cela, on comprend qu’il y a un service à rendre aux autres. Paul ajoute ainsi quelque chose qui caractérise sa marche et qui est le résultat de la mort et de la résurrection de Christ. C’est qu’il vivait dans une sphère complètement nouvelle, dans une nouvelle création (v. 17). Il avait laissé en arrière tout ce qui appartient à une existence naturelle dans la chair ici-bas. Il vit pour Jésus. Les chrétiens sont donc en relation avec ce nouvel ordre de choses dans lequel Christ existe en tant que ressuscité (v. 14 à 17). La mort est prononcée sur tout le reste. Dans la fin du chapitre relevons que, comme première vérité présente en rapport avec le ministère de l’apôtre, c’est que Dieu était en Christ lorsque Christ était ici-bas. Dieu était en Lui en amour. Trois choses caractérisent cela: 1) Dieu était là, en Christ, pour réconcilier le monde avec lui-même puis 2) ne pas leur imputer leurs fautes et 3) donner, par cet ambassadeur qu’est l’apôtre, la parole de la réconciliation. Comme résultat de cette 3ème conséquence de l’incarnation, l’apôtre prend le caractère d’ambassadeur pour Christ. Cette ambassade suppose donc l’absence de Christ. Son ambassadeur agit à sa place. Le message était fondé sur une autre vérité d’une importance incommensurable, à savoir que Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a fait «péché» (traité comme le péché le mérite) pour nous afin que nous devinssions justice de Dieu en Lui (v. 21). C’était là le vrai moyen de nous réconcilier pleinement et entièrement avec Dieu, selon la perfection divine pleinement révélée. Encore un détail à propos du v. 20 qui expose la manière dont l’apôtre exerçait son ministère envers le monde. Remarquons l’ardeur de Paul en rapport avec la gloire céleste (v. 2) et en rapport avec le fait d’être agréable au Seigneur (v. 9). Au v. 17 encore, Dieu ne recommande pas les vieilles choses mais il se plaît à faire toutes choses nouvelles.

En rapport avec le ministère, les chapitres précédents présentaient le ministère par Paul en faveur du peuple de Dieu. Ici, chapitre 5, le ministère s’étend au-dehors, vers le monde en leur disant «prenez garde au jugement de Dieu». Ne plus vivre pour soi mais pour Christ. Voilà un caractère chrétien. L’homme cherche à porter du fruit pour son égo. Ne recherchons pas quelque chose pour notre usage (cf Amos 6, 5) mais pour l’usage de Dieu. Pour le ministère, la fin de 2 Corinthiens ch. 5 nous éclaire en rapport avec l’évangélisation, selon v. 14 à 21: annoncer un salut complet, dans toute sa force et dans toute sa puissance.


Chapitre 6

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 6.             Les caractéristiques du service
v. 01 et 13 :   les souffrances du serviteur
v. 14 à 18  :   sainteté pratique et communion (yc ch. 7, 1)

À la fin du ch. 5, on a vu que le ministère de l’évangile s’adressait à tous les hommes et, dans les v. 1 à 10 du ch. 6, il est précisé que cet évangile contient une exhortation particulière aux nations d’où «travaillant à cette même œuvre, nous aussi, nous exhortons à ce que vous n’ayez pas reçu la grâce de Dieu en vain» (v. 1). Que veut bien signifier cette expression? Et bien comprenons que cela n’a rien à voir avec la perte du salut ou que l’on peut abuser de la grâce. D’une part Dieu ne réduit jamais la responsabilité de l’homme, ou du chrétien, et d’autre part seule la grâce peut nous délivrer des conséquences de notre faillite en relation avec notre responsabilité. Depuis le début de l’histoire, ces 2 principes sont maintenus dans leur rigueur. Ainsi, la pensée de la grâce peut nous délivrer des conséquences lorsque nous ne sommes pas conséquents avec notre responsabilité. Puis le v. 2 (tiré d’És. 49, 8) est une parenthèse. Le prophète Ésaïe mentionne un serviteur infidèle. Puis le Seigneur, est venu remplacé Israël devant Dieu, est le serviteur fidèle (cf Es. 49, 4). Israël avait reçu la grâce de Dieu en vain. Et la suite de ce passage d’Ésaïe (v. 5 et 6) continue d’éclairer le début de 2 Cor. 6. Ésaïe présente le fait que Jésus serait une lumière des nations. Ainsi son travail n’est pas perdu et le fruit en est porté jusqu’aux limites du monde. Pour Israël non plus, ce travail ne sera pas perdu dans l’avenir selon la promesse faite au résidu dont, justement, Es. 49, 8. Pour les nations, pour nous, c’est maintenant le temps agréable, c’est maintenant le jour du salut. Avec cela, le passage de 2 Cor. 6 v. 1++ devient clair. L’apôtre exhorte alors les nations à ne pas faire comme Israël, c’est-à-dire de ne pas recevoir la grâce de Dieu en vain. Prenons garde et marchons d’une manière qui soit en accord avec cette grâce.

Versets 3 à 10 : Paul, un modèle, n’a pas reçu la grâce de Dieu en vain. Il se présente comme un serviteur de Dieu. Les qualités morales, qui recommandent un serviteur, sont là. Dans les v. 6 et 7, par exemple, la parole de la vérité n’est-elle pas à la base de toute notre vie chrétienne. La marche est aussi un combat. Il y a les armes de la main gauche, c’est-à-dire le bouclier de la foi, et de la main droite, c’est-à-dire la Parole de Dieu. Ce sont des armes de justice. Les v. 8 et 9 nous font penser à un serviteur remarquable, à J.-N. Darby. Il fut accusé d’être un faux docteur et un séducteur mais il était véritable aux yeux de Dieu. Son nom était un opprobre pour ceux qui le prononçait. Il était traité en inconnu mais par Dieu il était bien connu. Cherchons cela pour nous-mêmes. Dans tout ce passage, il en ressort que Paul arrive à produire tous les caractères de son Sauveur; il en est parfaitement heureux et cela même s’il ne trouve rien dans ce monde. Il faut méditer ce passage souvent afin d’en porter les caractères. On peut les réaliser. L’exemple de Paul nous le prouve. Et nous apprenons aussi à ne pas perdre courage en progressant dans l’excellence du service. La question est de savoir quelle place le Seigneur occupe-t-il dans notre cœur et dans nos pensées.

Versets 11 et suivants : belles exhortations pour notre vie pratique. Un chrétien est, dans ce monde, un homme étrange. Il est inconnu, attristé, etc. Mais, aux yeux de Dieu, c’est tout le contraire selon les v. 8 à 10. Alors, les exhortations dans les v. 11 et suivants peuvent paraître étroites et sévères mais elles procèdent du cœur large de l’apôtre (v. 11). Si le mot de séparation nous rebute, sachons que celui qui dit sainteté dit séparation (selon Lév. 20, 26). Les v. 14 et 15 indiquent, par exemple, l’importance du mariage. Un mariage mal assorti n’est pas selon la Parole. Puis les v. 16 à 18 sont là pour nous enseigner l’importance de la séparation, séparation du monde religieux en particulier. Sachons toutefois que cette séparation offre des compensations incomparables. Il y a par-dessus tout, en relation avec les réunions d’assemblée, la présence du Seigneur Jésus au milieu des saints. Il y a également, de fait, cette jouissance de relations bénies avec notre Père. Et au ch. 7, 1, il y a la séparation du mal sous toutes ses formes.

Quant aux résultats pratiques de la réception de la grâce, il se résume en un seul mot qui est la sainteté. Le v. 11 se relie au v. 1er. La sainteté pratique comprend toute la vie chrétienne comme témoignage dans ce monde. Ainsi la fin de ce ch. 6 (v. 11 à 18) nous présente une exhortation à la sainteté. Relevons 3 caractères de la sainteté pratique que sont 1) la sainteté quant à nos associations avec le monde puis 2) la sainteté quant à nos associations religieuses et 3) la sainteté individuelle. En comprenant cela, la sainteté pratique pénétrera toute notre vie chrétienne. Le livre du Lévitique, qui mentionne beaucoup la sainteté, indiquent ces 3 caractères au ch. 19, 14 à 19. Nous y trouvons des mises en garde quant à l’accusation, à l’association avec le monde, à l’association religieuse; la sainteté individuelle est aussi là lorsqu’il est question du triste mélange de 2 espèces de fil. Cette sainteté individuelle se trouve donc dans 2 Cor. 7, 1.

Avant d’aborder ces points, l’apôtre a d’abord parlé selon le v. 11. Comprenons que, lorsqu’il est question de l’élargissement du cœur, il faut qu’il s’élargisse en rapport avec une marche de sainteté. Et quant à la séparation du monde, il y a dans les v. 12, 13 et 14 une opposition absolue entre l’élément chrétien et l’élément du monde. Alors au v. 16 nous trouvons le 2ème élément qui est la séparation du monde religieux. Souvenons-nous aussi que la séparation est bonne lorsqu’elle est pour Dieu. Et pas autre chose. Voilà ce qui nous sépare de la religion du monde. En se séparant pour Dieu, nous connaîtrons des relations de fils et de filles (v. 18). Et quant à notre sainteté personnelle (ch. 7, 1), puissent nos actes extérieures, y compris nos paroles, correspondre à ce qu’il y a dans nos cœurs et exprimer, selon le Ps. 17, 3 «ma pensée ne va pas au-delà de ma parole». Ayons de la réalité dans nos vies chrétiennes. Ayons un esprit d’humiliation et de repentance afin que nous soyons des témoins plus fidèles.


Chapitre 7

Ch. 1 à 7 :     le service de Paul pour le Seigneur
Ch. 7.             Le but du service
v. 01 :             sainteté pratique et communion (avec v. 14 à 18 du ch. 6)
v. 02 à 07 :    les exercices de Paul à l’égard des Corinthiens
v. 08 à 16 :    l’amour se réjouit avec la vérité   

Si le ch. 6 a montré l’apôtre comme ministre de Christ, le 7ème relate quelque chose de plus précieux encore. C’est ce qu’il y a dans son cœur, selon le v. 3, «vous êtes dans nos cœurs». Le cœur de l’apôtre, qu’il s’agisse de la vie ou de la mort, va tout entier au devant de ses enfants dans la foi. Si les Corinthiens étaient à l’étroit dans leurs cœurs, selon l’expression vue au ch. 6, ce n’est pas le cas de Paul dont le cœur est si large à leur égard. Aussi, l’apôtre a le désir de réveiller ces cœurs afin qu’ensemble, ils aient une seule pensée, un seul but, un sentier, un objet. L’épître aux Philippiens indique quel est l’objet de l’apôtre. Ce dernier, par son ministère, veut maintenant non seulement faire en sorte que les Corinthiens demeurent dans le chemin de la sainteté (ch. 6) mais aussi dans le chemin de l’amour qui lie les enfants de Dieu les uns aux autres et tous ensemble à Christ. Pour cela, l’apôtre est plein de courage malgré qu’il semble peu estimé (v. 2). Il y a donc chez les Corinthiens, malgré leur restauration, des gens qui cherchent à déprécier l’apôtre. Les premiers versets indiquent que l’apôtre n’est plus intéressé, pour quelque profit que ce soit, et qu’il n’use pas de l’autorité qui est la sienne car il en a déjà usé dans la 1ère épître. Maintenant, l’apôtre ouvre son cœur et déploie toute l’affection qu’il a pour eux.

Dans ce chapitre, il relève aussi autre chose. À savoir que son ministère avait produit des fruits (v. 11). En lisant ce verset, on pourrait se demander pourquoi donc l’apôtre s’était-il montré si sévère envers eux puisqu’il était démontré qu’ils n’avaient trempé en rien dans le péché odieux qui s’était produit parmi eux. Et bien c’est que, malgré cette non culpabilité relative, ils avaient un grand besoin de repentance (selon v. 10). Mais pourquoi de la repentance car ils n’étaient pas complices et s’étaient montrés purs dans l’affaire … que s’était-il donc passé? Et bien, selon la 1ère épître, il y avait la preuve qu’ils étaient des chrétiens charnels et non des chrétiens spirituels. Ils étaient restés à l’état de petits enfants en Christ. Les Corinthiens se servaient de leurs dons pour s’exalter eux-mêmes et pour satisfaire leur orgueil. Voilà quel était l’état de cette assemblée. Tout cela est instructif pour nous, chrétiens du 21ème siècle. Il est en effet clair que, si un mal se produit dans l’assemblée, il faut ôter le méchant du milieu de nous. Il faut même aller plus loin. Si un mal se développe dans l’assemblée, la cause peut en être un état non jugé. Quand un mal éclate, il n’y a pas seulement un coupable mais c’est toute l’assemblée. Il est donc important de réaliser ce que signifie cette repentance dont il n’y a pas de regret (v. 9 et 10). Il faut un jugement complet de soi-même dans la présence divine.

La fin du chapitre montre un 3ème résultat du ministère de l’apôtre envers les Corinthiens. Le 1er était donc de lier leurs cœurs dans l’amour fraternel avec celui de Paul. Le 2ème de produire une repentance à salut. Le 3ème, dans les derniers versets de ce chapitre est l’obéissance (cf v. 15). Le ministère selon Dieu, s’exerçant au milieu des chrétiens, pousse à l’obéissance. Un chrétien désobéissant peut s’attendre à la discipline ou au jugement de Dieu. Il en va de même pour une assemblée désobéissante. Ainsi l’apôtre peut dire l’obéissance de nous tous. Le v. 15 ajoute encore la crainte et le tremblement, expressions qui reviennent dans toute la Bible pour désigner la complète méfiance de soi-même. La crainte dénote qu’il n’y a aucune force en nous pour faire la volonté de Dieu.

À propos de ce chapitre, on se rappelle qu’après avoir quitté Throas, car il n’avait pas trouvé Tite qui devait lui apporter la réponse à sa 1ère lettre aux Corinthiens, Paul s’était rendu en Macédoine sans passer par Corinthe. Là non plus il n’a pas trouvé de repos. Il a été affligé de toutes manières. Au-dehors des combats, au-dedans des craintes. Mais Dieu qui console ceux qui sont abattus l’a consolé avec l’arrivée de Tite qui l’avait attendu avec anxiété. Non seulement Tite le console car les bonnes nouvelles de Corinthe lui font du bien. La joie de l’apôtre a dissipé son affliction et son cœur était à vivre et à mourir avec eux. L’apôtre a aussi vu les fruits moraux de l’opération de l’Esprit dans les fidèles de Corinthe, leurs désirs, leurs larmes et leur affection envers lui. Et son cœur revient à eux pour panser selon l’expression de son amour toutes les blessures que sa 1ère lettre avait pu faire dans leurs cœurs, quelles que nécessaires qu’elles fussent.

En rapport avec le ministère de l’apôtre, et des première et deuxième épître, n’oublions jamais que ceux qui nous reprennent et qui nous avertissent avec le plus de sévérité sont généralement ceux qui nous aiment le plus (cf Apoc. 3, 19). L’assemblée a jugé le mal au milieu d’elle et a montré sa pureté et sa droiture selon le v. 11. Et si même elle avait supporté un affreux péché, c’était par ignorance et par négligence. Mais les Corinthiens ont dû s’en humilier et leur état a permis à un mal d’apparaître au milieu d’eux. Ils en avaient éprouvé une tristesse selon Dieu. Le v. 10 indique aussi que le simple regret, la honte, le remord, ne sont pas la repentance. La repentance consiste à porter sur mes péchés le même jugement que Dieu puis à reconnaître le mal et à l’abandonner, cela qu’il s’agisse des actes commis avant ou après la conversion. La repentance est le 1er fruit de la foi.


Chapitre 8 et chapitre 9

Ch. 8 et 9 :    la collecte pour les croyants en Judée
Ch. 8.             La disposition à donner
v. 01 à 08 :    en rapport avec les assemblée de la Macédoine
v. 09 à 15 :    la grâce d’en haut et les soins fraternels
v. 16 à 24 :    comment gérer la bienfaisance
Ch. 9.             La grâce pour donner
v. 01 à 07 :    donner sans attendre et avec joie
v. 08 à 15 :    les fruits de la libéralité et le don suprême de Dieu

Jusqu’ici et suite aux exhortations de la 1ère épître, nous avons vu qu’il y a eu chez les Corinthiens repentance et restauration et cela même si des choses sont encore à reprendre. Lorsqu’une assemblée est en bon état, il ne faut pas penser que la limite atteinte ne peut pas être dépassée. Il y a toujours des progrès à faire en zèle et en affection pour Christ, en dévouement pour l’évangile et en amour les uns pour les autres. Les chapitres 8 et 9 présentent ainsi un autre caractère du ministère. C’est un ministère peut-être moins remarqué mais très précieux. Il s’agit donc des besoins matériels des saints (ch. 8, 4). Ce service ou ministère consiste en aumônes, en dons d’argent, destinés à la subsistance des bien-aimés à Jérusalem qui étaient dans la misère. Les frères de Jérusalem avaient contre eux non seulement les puissances persécutrices du monde mais aussi celles de leur propre nation. Dans 1 Cor. 16, 1, un enseignement avait été donné afin de mettre de côté ce qui était nécessaire pour ce service. Il en est donc fait mention ici ainsi que dans Rom. 15, 25-26. Paul était sur le point d’aller à Jérusalem pour porter aux frères les dons des assemblées des nations. Il y a une belle libéralité de la part des Macédoniens. La Parole indique qu’ils ont même donné au-delà de leur pouvoir. Ces assemblées étaient aussi persécutées mais il y avait beaucoup d’amour. Rien ne les arrêtait lorsqu’il s’agissait de contribuer au soulagement des frères.

Quant aux riches Corinthiens, ils n’avaient pas été à la hauteur des pauvres macédoniens. Ne voyons-nous pas, à cet effet, que dans la prospérité les cœurs se dessèchent et s’occupent des choses de la terre. À l’inverse, lorsque la prospérité n’existe pas, les cœurs sont plus portés vers le service du Seigneur. Dans ces ch. 8 et 9, tout en traitant les Corinthiens avec une douceur infinie, l’apôtre cherche à activer leur zèle en leur montrant comment le Seigneur agit dans les assemblées de Macédoine.

Ce service est ainsi très précieux lorsqu’il est accompli avec amour et il contient peut-être plus de bénédictions que le ministère de la Parole même exercé par des dons éminents. Ainsi le Seigneur y est attentif. Et les assemblée de Macédoine  (ch. 8, 4) demandent comme une grâce de pouvoir ainsi manifester leur amour envers les saints de Jérusalem. Posons-nous cette question: avons-nous l’habitude de considérer la collecte pour les saints comme une grâce? Et les Macédoniens demandent aussi à Paul d’apporter la collecte. Le grand apôtre accepte. Ce n’était pas une petite chose en ce temps-là de se charger d’un tel fardeau. L’apôtre veillait en outre scrupuleusement sur son dépôt. La gloire de Christ était impliquée, à ses yeux, dans l’administration de ce trésor. Et bien ce dévouement de l’apôtre l’a précipité en apparence dans les plus grandes difficultés car il fut l’occasion de sa captivité (Act. 24, 17). Paul manque d’être massacré par les Juifs. Puis il fut fait prisonnier et passa des années en captivité et fut transport à Rome lié de chaînes et termina sa carrière comme martyre. Mais Dieu s’est servi de toutes les circonstances pour nous donner des instructions précieuses dans la parole. Le passage du v. 7 (ch. 8) est frappant du fait que, dans la 1ère épître, Paul rendait grâce à Dieu pour ce qu’il en était des Corinthiens en relation avec la connaissance de la Parole. Maintenant, ces mêmes choses subsistent mais la repentance leur avait donné un élément nouveau, à savoir l’amour. Si, dans la 1ère épître, les Corinthiens avaient tout, il leur manquait l’amour car leurs cœurs étaient rétrécis. Le monde s’en était emparé. Et bien maintenant, ils ont, dans leur sincérité et dans leur amour, une belle disposition à répandre ce que Paul attendait de leur part. Cependant, ils ont besoin d’être plus exhortés que les pauvres Macédoniens. Paul avait donc envoyé Tite chez les Corinthiens en raison de la crainte d’une mauvaise posture de leur part envers leurs frères de la Macédoine. Dans la mission de Tite, des préparatifs sont là afin que son voyage de Macédoine en Achaïe, difficile de ce temps-là, se passe bien. De même, les Macédoniens prennent soin de Paul. Tout cela peut sembler prudent et hors de proportion, ayant comme but un simple secours. Mais il s’agit de manifester un amour pratique, l’amour de Christ. Pouvait-il y avoir un but plus élevé que celui-là? Et au v. 18, il y a un frère remarquable dont nous ne connaissons pas le nom. Un autre frère très zélé est mentionné au v. 22. Voilà donc 2 frères dont le zèle est indiqué. En plus il y a Tite dont le nom n’est pas indiqué dans ce v. 22. Au v. 23,Tite est l’associé et le compagnon d’œuvre de Paul auprès d’eux. Les deux autres frères sont des envoyés des assemblées, la gloire de Christ (v. 23). Tout cela est précieux. Leurs noms ne sont pas donnés mais ils sont la gloire de Christ. Voilà le fruit d’une marche fidèle.

Le chapitre 9 recèle aussi de pensées précieuses. Ce chapitre contient les conséquences de la fidélité de ce ministère dans la charité qui avait si peu d’apparence. Il y a une conséquence au v. 6. Et n’oublions pas que ce qui est mentionné, autrement dit si nous gardons pour nous-mêmes les biens que Dieu a mis entre nos mains, nous ne semons pas du tout ou nous semons chichement. Mettre de côté une partie de son superflu, c’est semer chichement. Accumuler les biens que Dieu nous donne, c’est les détourner du but pour lequel Dieu les a mis entre nos mains. Quelqu’un qui sème chichement ne peut pas s’attendre à des bénédictions abondantes même quant aux choses de la terre.

Une autre conséquence de la fidélité dans le service pécunier est celle du v. 7. Remarquons-y l’expression «Dieu aime». Dieu aime celui où se rencontre le désir joyeux de servir le Seigneur de ses biens de la terre. Oui dans la proportion où j’emploierai joyeusement les choses d’ici-bas pour le service de Celui qui me les a confiés, j’aurai dans mon âme une jouissance spéciale de l’amour de l’approbation de Dieu,

Versets 8 à 11 : 3ème conséquence. Il s’agit du fait que Dieu fait abonder la grâce  envers eux afin qu’ils puissent abonder pour toute bonne œuvre. Dieu honore les saints qui ont employé leurs biens pour Lui. Il augment les fruits de leur justice. Ces fruits sont la conséquence d’une marche juste et fidèle. On peut alors répandre au dehors avec une entière libéralité et sans restriction.
Versets 12 et 13 : 4ème conséquence. C’est l’administration de cette charge. Ce n’est pas peu de choses que des actions de grâce montent continuellement vers Dieu à notre sujet, du fond du cœur de tous les saints qui ont été secourus par nous. Ils rendent grâce ici pour deux choses. D’abord pour la profession de leurs frères d’être soumis à l’évangile du Christ puis pour la libéralité de leurs dons. Ces dons ne sont pas seulement pour les nécessités, pour une circonstance spéciale, mais coulent constamment vers tous.
Enfin au v. 14, une dernière conséquence. Ce sont les supplications et c’est un privilège, pour un serviteur fidèle, d’en être l’objet de la part des saints. Ainsi, ils sont gardés de dangers et peut-être de fautes aussi.

Puis au v. 15, l’apôtre termine par ces mots «Grâces à Dieu pour son don inexprimable». Oui nous avons vu la mesure de la grâce la plus grande envers nous dans le fait que Christ a été pauvre afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis. Ici, il y a la mesure la plus grande de la libéralité de Dieu à notre égard qui consiste en ce don inexprimable, ce don de la personne de Christ lui-même. Ainsi, à partir d’une question que nous pourrions trouver secondaire, concernant la bienfaisance, l’apôtre porte nos pensées sur les plus glorieux sujets à savoir: l’abaissement du Seigneur (ch 8, 9). Voilà … un simple, repas, une rencontre de famille, un cadeau fait ou reçu avec affection … sont des occasions de rendre grâce à Dieu et à penser au don par excellence, ce don que le Dieu d’amour a fait au monde en lui envoyant son fils (ch. 9, 15).


Chapitre 10

Ch. 10 à 13 : Paul défend son apostolat
Ch. 10          Humilité et hardiesse
v. 01 à 02 :    douceur et fermeté
v. 03 à 11 :    les lettres de Paul et sa présence – une même autorité
v. 12 à 18 :    le serviteur et le domaine de son service

Ce chapitre contient un côté du ministère qu’il est important de considérer. Ainsi, lorsqu’un serviteur reçoit un don spirituel du Seigneur, il arrive qu’il exerce ce don indépendamment de son état moral. Cet état ne correspond plus à la valeur du don. Dans ce chapitre, l’apôtre se montre personnellement au niveau du ministère qu’il exerçait. Son état moral correspondait à son ministère. Cela confère une grande valeur à son service. Sa personne et sa conduite était la reproduction de ce qu’il prêchait. Sa parole correspondait à ses actes et l’état de son cœur correspondait à sa parole. Son maître était son exemple. Dans ce chapitre 10, il y a le contraste entre la conduite de Paul et celle des faux apôtres et des faux docteurs. L’assemblée de Corinthe venait d’échapper aux entreprises de Satan qui utilisait de faux docteurs pour la détruire, en introduisant un esprit charnel, un manque de vigilance. La conséquence en sont du mal et de la corruption. La 1ère épître a donc produit son effet et cela d’une telle manière que Paul pouvait dire «je me glorifie de vous» (ch. 7, 4). Devant un tel tableau, il semble que l’assemblée est restaurée définitivement mais attention … l’ennemi prépare toujours de nouvelles attaques. Les Corinthiens ne semblent pas s’en rendre compte alors que le mal est déjà là, il menace et agit sournoisement. D’abord pour les séparer de l’apôtre puis les détruire. Devant de tels dangers, il s’agit d’être sur ses gardes et de veiller sans cesse, non seulement comme individu, mais comme assemblée. Délivrés de certaines choses, qui pouvaient entraver notre vie chrétienne, veillons à ne pas s’endormir car l’ennemi car l’ennemi ne dort pas (cf ch. 11, 14-15). L’apôtre met ainsi en garde les Corinthiens en appelant ses adversaires «des hommes» (ch. 11, 13). L’œuvre de ces hommes doit les démasquer. Le travail souterrain de ces hommes a pour but de miner l’autorité des apôtres comme il a pour but aujourd’hui de miner l’autorité de la Parole qu’ils nous ont transmise. Ces hommes sont assez audacieux pour déclarer que Paul marchait selon la chair (v. 2). Ces hommes disent aussi que Paul a de l’autorité lorsqu’il est loin mais aucune quand il est là (c’est le sens ces v. 10 et 1). Il y avait, en ce temps là, des hommes qui prenaient eux-mêmes le titre d’apôtre et qui plaçaient leur propre autorité en regard de la faiblesse apparente de Paul. Si Satan cherche à annuler l’autorité du serviteur de Dieu, dans l’estime de tous, c’est, en fin de compte, pour s’attaquer à Christ. Entre ces faux docteurs et les vrais apôtres, l’on pourrait assister à une lutte d’hommes à hommes. En réalité, c’est la guerre de Satan contre le Seigneur. Ruiner l’autorité de l’apôtre, c’est perdre l’œuvre du Seigneur au milieu des chrétiens. Au v. 1er, Paul accepte ce que ses adversaires disent de lui. C’est vrai qu’il était hardi lorsqu’il n’était pas au milieu d’eux et qu’il était craintif en y étant. Mais ce qu’il voulait montrer aux yeux de tous était la douceur et la débonnaireté de Christ. Il voulait reproduire ce caractère au milieu des Corinthiens. La débonnaireté n’impute pas le mal. La douceur impute ses droits pour servir les autres. Quant à l’autorité, l’apôtre déclare (v. 8) qu’elle est donnée par le Seigneur pour l’édification et non pour la destruction.

Au v. 12, nous apprenons que, en tant que chrétien, il ne faut pas se comparer aux autres chrétiens car en le faisant, on acquiert une bonne opinion de soi-même. Il ne faut pas non plus se comparer à soi-même ce qui serait le comble de l’orgueil. Ce qu’il faut faire, c’est se comparer à Christ. En faisant cela, on atteint immédiatement les dernières couches de l’humiliation. Car comment avoir une pensée élevée de soi-même quand on se place devant Dieu! C’est ce que faisait Paul et son caractère se fondait dans celui de Christ afin de pouvoir exhorter les autres. Il se cachait derrière son maître. Il faut s’en souvenir. En présence de Christ nous sommes humbles et nous serons humbles de manière habituelle si nous sommes habituellement dans la présence du Seigneur. Ne quittons pas cette présence. Et si l’on peut se glorifier, c’est bien dans le Seigneur (v. 17). À deux reprises l’apôtre disait «je me glorifie de vous». Il montrait combien il estimait, ce que Dieu dans sa grâce, avait produit dans leurs cœurs. En fait, Paul ne se glorifiait pas en eux car, s’agissant de lui-même, il pouvait se glorifier dans son infirmité (ch. 11, 30). On peut, là, se glorifier. Et bien voilà tout ce que nous avons à rechercher. Puissions-nous être recommandés du Seigneur et cela (v. 18) dans toute notre vie chrétienne. Ne parlons pas de nous-mêmes, ne nous attribuons aucune importance quelconque. Le Seigneur recommande celui qu’il approuve lorsque ses serviteurs sont vraiment humbles et il a soin de leur ménager une place d’honneur et une influence bénie sur d’autres, à la gloire de Christ.

Ce chapitre montre donc que certains avaient profité de la patience de Paul et de son absence pour déprécier son ministère. Paul, qui n’avait pu se résoudre de se rendre auprès des Corinthiens avec la verge pour réprimer lui-même le mal (v. 2), avait préféré leur écrire en attendant de voir l’effet que produirait sa lettre. On méprisait Paul qui, pourtant, était humble. Oui, c’est que l’homme naturel n’admire que ce qui a de l’éclat et il juge (v. 7) selon l’apparence. Les armes d’un soldat de Christ ne sont pas charnelles (v. 4). Apprenons à ne pas nous laisser séduire par des qualités humaines telles que l’éloquence ou le charme personnel. Il faut suivre la Parole et pas celui qui la présente, si doué soit-il. C’est le principe d’après lequel Paul agissait. Il cherchait à amener à l’obéissance tous ceux qui écoutaient Dieu. Ensuite, il agirait avec sévérité contre toute désobéissance une fois que l’obéissance aurait été pleinement établie et que ceux qui voudraient réfuter seraient ramener à l’ordre. C’est un principe précieux. Oui la puissance et la direction de l’esprit agissent en plein, avec toute patience, pour ramener à l’ordre et à une marche digne de Dieu, allant jusqu’au bout, dans les remontrances de la grâce.


Chapitre 11 

Ch. 10 à 13 : Paul défend son apostolat
Ch. 11.           Folie et glorification
v. 01 à 20 :    Paul, les Corinthiens et les faux prophètes
v. 21 à 33 :    Les épreuves de Paul

Paul, s’il se glorifie, c’est par exemple dans son infirmité. Les faux apôtres cherchent à affaiblir son influence pour établir la leur. Ainsi, lorsque Paul est appelé à parler de lui-même il dit «je parle comme un homme hors de sens», c’est-à-dire «appelez-moi un insensé si je viens à parler de mes mérites». Il est obligé de s’exprimer ainsi pour s’opposer à ceux qui voudraient détourner les Corinthiens de la foi en accaparant leur confiance. Ces faux docteurs … que présentaient-ils aux Corinthiens? Ils se représentaient eux-mêmes. Voilà la différence des ministères selon Dieu et selon l’homme. Le ministère humain a comme résultat, et non comme but, soulignons-le, de mettre en avant l’homme. Le ministère qui a sa source en Dieu a pour but de présenter Christ. Remarquons que Paul, à dessein, ne mentionne pas le nom de ces faux docteurs. Mais il est triste de constater combien le ministère de ces faux docteurs a de l’influence sur les Corinthiens, ceux qui sont charnels, et qui les laissent faire. Le v. 4 démasque le danger qui les menace. Prêcher un autre Jésus, recevoir un esprit ou un évangile différent. Ce sont trois principes fondamentaux. Ces principes sont à la base du christianisme et les yeux des croyants peuvent être assez obscurcis pour ne pas voir le travail des faux docteurs qui viennent ainsi saper les fondements de la foi et les préparer à supporter de fausses doctrines. Un faux enseignement a une influence terrible. Ainsi le v. 20 indique ce qui ressort de la pensée par laquelle on supporte tout de la part de ceux qui se recommandent eux-mêmes, se mesurant entre eux et réussissant à s’introduire au milieu des enfants de Dieu. Paul fait le contraire car il possède une autorité venant de Dieu pour venir frapper les opposants. De ce fait, il a le droit de dire «si je reviens, je serai peut-être obligé d’agir ainsi». Toutefois, en lisant ces chapitres, il ressort que Paul n’a pas songé un instant à opposer son autorité à celle des ouvriers trompeurs. Dans sa pensée, toute l’autorité que le Seigneur avait mise entre ses mains avait pour but l’édification de l’assemblée de Christ. Quant au caractère de son ministère, selon ce ch. 11, une seule pensée est là. C’est celle de présenter Christ comme seul moyen de les détourner du mal et les attacher aux choses excellentes. Paul représentait ainsi Christ dans sa personne. C’est une chose très belle que l’enseignement mais une chose plus belle encore que de montrer, dans sa conduite, la douceur et la débonnaireté de Christ. Ainsi, les âmes sont souvent amenées vers le Seigneur par les caractères qu’elles constatent chez les serviteurs de Christ que par tout ce qu’elles peuvent entendre de leurs bouches. Cela est visible, par exemple, au v. 2. Vis-à-vis des Corinthiens, les faux apôtres ont une jalousie humaine car ils veulent en faire leurs disciples. Ce qu’il faut, c’est en faire les disciples de Christ comme «être fiancés à un seul mari» afin d’être présenté au Christ comme une vierge chaste (cf Eph. 5). C’était le but du Seigneur en se donnant lui-même et c’est aussi le but de l’apôtre de lier ces Corinthiens à Christ. C’est bien là le but à rechercher. Puisse le Christ habiter par la foi dans nos cœurs de sorte que chacun le voit en nous et dise «j’ai eu affaire avec Christ, j’ai trouvé celui qui est lumière dans cet humble chrétien qui venait me parler et cela m’a attaché à Jésus seul»! C’est ainsi que Paul a été manifesté envers les Corinthiens (v. 6, etc). Au v. 10, un autre caractère de Christ est aussi représenté par Paul. Christ est donc la vérité en ce qu’il est toute la pensée de Dieu devant les hommes. Cette pensée est maintenant dans l’apôtre car la vérité de Christ était en lui. Le caractère suprême de Christ (v. 11) est l’amour. L’apôtre s’en réfère à Dieu en s’exprimant «Dieu sait si cet amour est en moi»; Paul avait dit auparavant «l’amour du Christ nous étreint».
Après avoir présenté tout cela, l’apôtre répond aux faux docteurs qui venaient au milieu des saints, déguisés en «ange de lumière» car il ne faut pas oublier que c’est aux doctrines séductrices que Satan sait donner la plus belle apparence
. Aujourd’hui, un faux docteur peut avoir l’apparence d’un véritable saint dans la conduite. C’est l’apparence d’un ange de lumière et pourtant le caractère est celui du serpent qui a séduit Ève par sa ruse. Et bien, après avoir répondu à toutes les intentions de ces gens là, l’apôtre va parler des souffrances qu’il a endurées et endure pour Christ. C’est le v. 18 et la description des v. 23 à 31. Le livre des Actes énumère les circonstances traversées par l’apôtre Paul. Il y a aussi beaucoup de choses passées sous silence du fait que les Actes relatent que trois faits repris dans ce chapitre. Si l’apôtre mentionne toutes ces tribulations, c’est en se réjouissant d’avoir été estimé digne de souffrir des épreuves et des opprobres pour le nom de Christ. Paul ne se plaint pas car il participe aux souffrances de Christ. Ce qui ajoutait à ses souffrances, en l’assiégeant tous les jours, c’était la sollicitude pour toutes les assemblées (v. 28). Il complétait ainsi les souffrances de Christ pour son corps qui est l’Église. Après avoir mentionné tout cela, il ajoute que, s’il faut se glorifier, c’est dans son infirmité. Il développe cette pensée à la fin du chapitre 11 et dans le 12ème.

Ainsi, dès le début de son ministère, Paul a connu la persécution, lui qui a été à Damas et qui en est sorti dans une corbeille (v. 32 et 33). Paul est vraiment descendu bas mais il a été élevé dans le 3ème ciel. Paul a été abaissé mais il a ce souvenir glorieux d’être élevé jusque-là. Pourtant, un ange de Satan sera là (ch. 12, 7) pour le souffleter et l’abaisser jusqu’au niveau de Job le patriarche. Ainsi, il faut se glorifier uniquement dans ses infirmités car c’est là que la puissance de Jésus se développe et faire de nous des vases de sa puissance.

Remarquons que les Corinthiens étaient moins spirituels que les Éphésiens qui avaient éprouvés ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas. Ils les avaient trouvé menteurs (cf Apoc. 2, 2). Beaucoup de chrétiens courent les mêmes dangers que les Corinthiens car, au fond, ils trouvent que le véritable christianisme est trop exigeant. Par contre, un évangile qui exalte l’homme et accorde une place à la chair sera supporté. Derrière ces ouvriers trompeurs, il y a leur maître qui est Satan et qui est démasqué par Paul. Satan, ce chérubin resplendissant (Ezé. 28, 12), sait encore revêtir cette apparence afin de tenter les hommes par sa ruse, de la même manière qu’il séduisit Ève (cf v. 3 et 14). Satan est plus dangereux dans son apparence de serpent subtil que lorsqu’il attaque de front comme un lion rugissant (1 Pi. 5, 8). Les ruses de Satan seront déjouées en restant attachés à la parole du Seigneur. Dans la suite du chapitre, dans cette liste de souffrances, il y a leur consistance selon ce que l’apôtre mentionnait au ch. 4 v. 17, à savoir cette légère tribulation d’un moment. Quel secret en tout cela … c’est que plus nous serons occupés du Seigneur, moins il nous restera de temps pour penser à nos petites difficultés. Que sont-elles lorsqu’on les comparent aux grandes tribulations qu’a connues l’apôtre. Mais, ce qui nous assiégera jamais assez, c’est la sollicitude pour toutes les assemblées (v. 28). Elle se manifeste en tout premier lieu par des prières.

Chapitre 12

Ch. 10 à 13 : Paul défend son apostolat
Ch. 12            Dans le 3ème ciel et sur la terre
v. 01 à 06 :    Paul au 3ème ciel
v. 07 à 10 :    l’écharde de Paul
v. 11 à 21 :    amour et vérité

Ce que Paul exprime, au début du chapitre, montre qu’il n’y a aucun profit de se glorifier, même d’un homme en Christ. Dans ce qu’il avait réalisé, le corps n’avait aucune part. Ce corps étant mis de côté, par ce qui élève de la terre, on peut alors se glorifier de ce qui donne une part dans le ciel. Cette part, c’est Christ et sa gloire. C’est la joie de son cœur, la portion dont il se glorifie volontiers. Voilà d’heureux serviteurs en réalisant que la portion de Christ est telle que l’on est content d’oublier ce qui peut exalter l’homme et cela afin de gagner Christ. Ainsi l’homme, même un homme en Christ, ne peut pas se glorifier dans l’homme, mais il peut se glorifier en Christ. Et ce que Paul a vécu en entendant des choses dans lesquelles les hommes dans le corps n’étaient pas capables d’entrer, et qu’il ne convenait pas à un homme mortel d’énoncer, des choses dont le mode d’existence d’un homme dans le corps ne comptent pas, et bien choses avaient produit l’impression la plus profonde sur l’apôtre. Ces choses le fortifiait pour le ministère, choses qui ne pouvaient pas être introduites dans la condition d’un homme ici-bas. Bien des leçons pratiques se rattachent à cette grâce merveilleuse faite à l’apôtre. Nous sentons l’effet, comme la force et la manière de voir et de juger, que cette grâce a produit sur le ministère de celui qui a connu une telle condition. La mission de l’apôtre fut extraordinaire mais toujours est-il qu’il avait ce trésor dans un vase d’argile. Rien ne corrige la chair. Une fois revenu à la conscience de son existence humaine sur la terre, la chair de l’apôtre aurait voulu attirer avantage de la faveur dont il avait joui pour l’élever à ses propres yeux. Afin que la chair et le moi ne puissent se prévaloir, Dieu veille et, dans sa grâce, il pourvoit au danger dans lequel se trouve son pauvre serviteur. Plus le privilège est grand, plus le danger l’est aussi. Impossible de corriger la chair. La présence de Dieu fait taire la chair mais, une fois hors de sa présence, elle se vantera de l’avoir été. Le dépouillement s’opère par des voies préventives et même par l’humiliation d’une chute comme ce fut le cas pour Pierre. Remarquons encore que ce dépouillement, comme vérité, a déjà eu lieu en relation avec notre position en Christ. Ainsi, il nous faut faire l’expérience de ce qu’est le vase dans lequel ce trésor est contenu. Pour cela, Dieu nous forme. Dans son gouvernement, Dieu sait comment réunir les souffrances pour Christ et la discipline de la chair dans la même circonstance (cf Héb. 12, 1-11). Ce qui fait souffrir l’apôtre discipline la chair et l’empêche de s’enorgueillir. Il faut donc réaliser que l’homme, dans la présence de Dieu, comme Paul l’a goûtée au 3ème ciel, et bien que expérience pratique est à acquérir pour la même chose ici-bas. Autrement dit, il faut que la chair soit annulée. La chair est un compagnon gênant pour le travail. Dans le 3ème ciel, le «moi» est complètement perdu. C’est pourquoi il se glorifiait d’un tel homme mais cet homme, et c’est humiliant d’y penser, a dû faire l’expérience pénible de ce qu’est la chair … méchante, méprisable et égoïste. Si l’on regarde au parfait modèle, la différence est sans comparaison. Christ a pu se trouver sur la montagne en gloire et revenir dans la plaine en présence de Satan et de la multitude. Paul est cependant un serviteur remarquable et une puissance merveilleuse a été développée en lui par le Saint Esprit mais il n’y a pas chez lui l’égalité constante qui était en Christ. Ceux qui sont tels que Paul sont des cordes que Dieu touche, qui produisent une musique merveilleuse. Christ est la musique elle-même. Alors Christ peut déployer sa puissance dans l’infirmité du vase. Ainsi humilié, nous apprenons notre désobéissance. Et la puissance du Christ s’accomplit dans l’infirmité. C’est un principe général. Ce qui constitue l’infirmité dans ce chapitre, ce n’est pas en rapport avec le péché dans la chair mais ce qui est le contraire de la force de l’homme. Christ, lui, ne s’est jamais appuyé sur la force humaine mais il vivait à cause du Père (cf Jean 6, 57). La puissance du Saint Esprit se déployait en lui et Paul avait besoin que sa chair soit réduite à la faiblesse afin qu’il n’y eût pas en elle le mouvement du péché qui était naturel. Lorsque la chair est réduite à son incapacité, alors Christ peut déployer sa force et la force s’accomplit dans l’infirmité. Ainsi, dans le ciel, il y a une mesure, une ineffable source de ministère. La force est introduite dans l’humiliation de l’homme tel qu’il est dans ce monde, quand l’homme est réduit à néant et que Christ déploie en lui cette force. Et la puissance qui opère est celle de Christ. Dans les chapitres précédents, et au début de cette épître, les vraies caractéristiques du ministère par rapport aux aspects de celui-ci ont été relevées. Dans le chapitre 11, c’est la force pratique qui est relevée, particulièrement dans ce vase qu’est l’apôtre Paul. Le témoignage est la source de cette force. Il y a ainsi dans ce chapitre deux points importants en relation avec le ministère, à savoir 1) en quoi consiste la puissance du ministère et 2) où faut-il en chercher la source. Le 2ème point est d’abord exposé pour en venir à la puissance du ministère. La source du ministère ne consiste pas à suivre des écoles pour développer un don. Cette source ne se trouve que dans le nouvel homme. Paul, élevé aux pieds de Gamaliel, est bien placé pour en parler. La source: dans le 3ème ciel, n’avons-nous pas cette pensée heureuse du tabernacle qui est en dehors de la terre et dont le 1er élément est l’autel d’airain, là où Jésus a été élevé de la terre. Et le lieu saint est en type ce lieu où nous sommes présentés à Dieu, en Christ, et capables de rendre culte, lieu et âmes illuminés du Saint Esprit. Puis vient le lieu très-saint qui est le type du 3ème ciel. Là, nous entrons par l’Esprit à travers le voile déchiré mais l’apôtre y a été ravi en réalité. Puis, la puissance du ministère: il s’agit de cette puissance qui s’accomplit dans l’infirmité. Il nous faut être rien à nos yeux pour que cette puissance s’accomplisse.

Versets 11 et suivants : après le développement de cela, la fin du chapitre renseigne sur d’autres choses que le fruit de l’Esprit dans le cœur du racheté puisque nous y trouvons des œuvres de la chair. Ce qui est mentionné est humiliant (cf v. 20 et 21). Les Corinthiens avaient marché selon la chair malgré leurs dons et beaucoup d’entre eux avaient déshonoré le nom de Jésus. En apparence, ils sont bien revenus de leurs errements mais sans que leurs consciences eussent été atteintes et que la repentance fut produite dans leurs cœurs. Il est possible de vivre dans la puissance du nouvel homme et de suivre le chemin de la chair tout en marchant avec les enfants de Dieu. C’est ainsi que l’on afflige ceux qui ont à cœur la gloire de leur Sauveur. Ayons donc soin de bannir de notre vie tout ce qui ne correspond pas au caractère de Christ afin que notre conduite le glorifie et que notre désir soit de vivre selon le nouvel homme et dans cette puissance.
L’on peut penser que l’apôtre a été chagriné de constater les suppositions faites à son sujet en relation avec des motifs intéressés et des ruses qu’on lui prêtait selon v. 14 et 16 à comparer avec le ch. 7,2-3 et Act. 20, 22. Pourtant, Paul, avec ses compagnons d’œuvre, marchait sur les mêmes traces que celles de Christ (v. 18). S’il répond longuement à ces calomnies, ce n’est pas pour se justifier mais du fait qu’il a en vue l’édification de ces bien-aimés Corinthiens (v. 19). Ne pas reconnaître le ministère de l’apôtre revient à rejeter l’autorité de la Parole et combien de soi-disant chrétiens d’aujourd’hui rejettent telles parties de la Parole inspirée et particulièrement les épîtres de Paul. Cette négligence conduit aux péchés mentionnés dans les v. 20 et 21.

Ce chapitre a dépeint l’état le plus glorieux auquel un chrétien puisse être élevé et la condition la plus misérable dans laquelle il peut tomber. Quel contraste entre cette élévation dans le 3ème ciel et la vile dégradation charnelle. Le chrétien est capable des deux. Dont acte, leçon et avertissement pour chaque racheté.

 Chapitre 13 

Ch. 10 à 13 : Paul défend son apostolat
Ch. 13           Annonce de la visite
v. 01 à 06 :    un avertissement
v. 07 à 10 :    un message d’amour
v. 11 à 13 :    salutations   

Dans cette seconde épître nous a enseigné et entretenu du sujet du ministère ou service apostolique et chrétien. Il est frappant de constater que l’autorité du ministère pour châtier ne vient qu’en dernier. Le ministère chrétien a surtout été développé comme ministère de l’Esprit, de la grâce et de la liberté. Puis ce ministère a aussi été vu en pratique envers le monde, l’assemblée, et la marche dans la sainteté. Il y a aussi eu un enseignement de ce ministère en rapport avec les plus humbles fonctions jusqu’au bien matériel des enfants de Dieu. Ce ministère a été considéré aussi dans la propre personne de l’apôtre qui a reproduit les caractères de Christ aux yeux de tous, ayant trouvé sa source et sa puissance en Lui. Alors, dans ce dernier chapitre de 2 Corinthiens, Paul en arrive à un sujet tout autre. C’est le sujet de l’autorité. Dans les chapitres précédents, que d’obstacles sur la route de l’apôtre. Il y a aussi eu de faux apôtres qui prétendaient recevoir l’autorité parmi les Corinthiens en combattant l’autorité de Paul. Et bien jamais l’apôtre n’a parlé d’exercer son autorité en châtiment et au v. 10, il dit ce qu’il évoquait déjà au ch. 10, 8. L’apôtre avait devant lui d’édifier (cf aussi Eph. 2, 20). L’apôtre use ainsi de son autorité pour l’édification et pour détruire les forteresses élevées par Satan (ch. 10, 2-3) puis pour tirer vengeance de toute désobéissance (ch. 10, 6). C’est seulement arrivé à la fin de l’épître que l’apôtre peut dire, au v. 2 «si je viens encore une fois, je n’épargnerai pas» puis au v. 10 «j’userai de sévérité». Si, dans la 1ère épître, il avait décidé de livrer le méchant à Satan, il semble que ce jugement a été suspendu car, dans la 2ème épître, on voit que tout cela était pour produire un jugement complet du mal. En 1 Tim. 1, 19, Hyménée et Alexandre furent livrés de fait  à Satan. Et dans 2 Cor. 13,  nous voyons Paul qui est décidé à frapper, mais à contrecœur, au v. 3, ses adversaires qui essaient d’amener les Corinthiens à mettre en doute si Christ parlait réellement par son moyen. Il ressort que Satan a toute audace dans sa guerre contre Christ. Mais au v. 5, l’apôtre leur donne la justification péremptoire de sa mission divine. En effet, si Christ était en eux, ils avaient l’esprit de Dieu et cette bénédiction leur a été communiquée par le ministère de Paul qui avait été le moyen de les amener par la foi à cette position bénie. Puis il prend l’image d’un creuset où l’on ne trouve que des scories au milieu du métal précieux d’où l’expression «à moins que vous ne soyez réprouvés»  (v. 5). Si Christ, le métal précieux, était en eux, pouvaient-ils être des réprouvés? Ces versets (6, etc) dénotent encore la tendresse de Paul qui consent même à être un réprouvé afin qu’aucune valeur quelconque ne soit trouvée en lui. Paul est heureux d’être entièrement mis de côté pourvu que eux soient dans le bon chemin et qu’ils fassent ce qui est agréable à Dieu. Alors Paul termine cette belle épître (v. 11) en les exhortant, comme assemblée, à faire cinq choses, à savoir 1) de se réjouir. Et la joie est une barrière pour opposer tout ce que Satan cherche pour mécontenter nos âmes. 2) il faut se perfectionner (cf v. 9). Et l’image est prise d’un objet qu’il faut faire fonctionner convenablement. De nos jours, une montre est un bel exemple. Il faut travailler pour que, individuellement et en assemblée, chaque rouage fonctionne selon un bon ordre afin que Dieu puisse approuver. Puisse cette expression «perfectionnez-vous» parler à nos consciences. 3) il faut être consolé ou encouragé. C’est important dans la vie chrétienne. Une bonne conscience nous encourage, avec le sentiment de l’approbation divine dans notre marche. 4) il faut avoir un même sentiment. Puissent les enfants de Dieu marcher dans un même sentier. 5) il faut vivre en paix. La joie, la paix, une même pensée se trouvent aussi dans l’épître adressée aux Philippiens.


Les éléments d’un bon état d’une assemblée locale font que Dieu aime à se tenir dans la vie de ceux qui réalisent ces
cinq choses puisque la Parole ajoute «et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous» (v. 11). Ces choses sont bien sûr désirables pour chaque assemblée locale, peu importe qu’elle soit grande ou petite, afin de représenter l’assemblée de Dieu dans ce monde. Puissent ces préceptes être désirés par chaque enfant de Dieu. Méditons-les. Cherchons à réaliser ces choses. Alors, au lieu d’une marche de faiblesse et de désunion, d’insouciance et de sommeil, la vie de l’assemblée s’épanouira de manière à ce que le monde lui-même rende ce témoignage «Dieu est réellement au milieu d’eux; le Dieu d’amour et de paix est avec eux».

Autres remarques générales

  • Écrite vers l’an 60 (la 1ère épître vers l’an 59). L’assemblée à Corinthe a vu le jour dans les années 51 à 54 lors du 2ème voyage missionnaire de l’apôtre Paul. Si la 1ère était adressée à tous les saints en tous lieux, la 2ème est limitée aux saints qui sont à Corinthe et dans l’Achaïe. Il y a donc déjà une différence de caractère entre les 2 épîtres. Après ces brèves remarques sur la date, l’auteur et les destinataires de cette épître, voyons un peu son sujet et son but:
  • Cette épître, qui passe pour être l’une des plus difficiles du NT, contrairement à la 1ère, contient peu de doctrine. Nous y trouvons des témoignages très personnels de l’apôtre Paul. En cela, elle rejoint celle aux Philippiens. La 2ème aux Corinthiens montre le désir profond de l’apôtre d’une pleine restauration de la communion avec eux. De ce fait, les mots service, ministère, administration, consoler, reviennent plus que dans les autres épîtres de Paul. Dans les ch. 1 à 7, Paul évoque les motifs qui l’avaient poussé à agir dont Christ était la source. Les ch. 8 et 9 constituent la 2ème partie de cette lettre et traite de la collecte pour les pauvres en Judée (cf aussi 1 Cor. 16; Rom. 15, 25-28; Gal. 2, 10). La 3ème partie se trouve dans dès le ch. 10 jusqu’au 13, 10. Là, Paul doit à nouveau s’occuper d’un thème négatif, déjà abordé dans 1 Cor. 1, 9 et suivants. Un groupe de personnes, constituant un parti, s’est mis à contester son ministère. Ces gens se placent au-dessus de l’apôtre et réclament des preuves écrites de son apostolat et eux-mêmes s’attribuent une autorité apostolique (ch. 10, 18; 1, 5, 13 à 15; 12, 10) tout en se vantant de leur origine juive (ch 11, 22) et en introduisant de fausses doctrines (ch. 10, 2-5 et 11, 2-4). Paul ne cherche pas à se justifier  mais il essaie une nouvelle fois de toucher les cœurs de ces Corinthiens soumis à de telles mauvaises influences. Ainsi, Paul expose de nombreux éléments de sa vie et de son service pour le Seigneur.
  • Relevons encore, comme particularités, les relations entre Paul et l’assemblée à Corinthe ainsi que Tite. Pour Tite:
    • o   C’est le véritable enfant de Paul selon la foi (Tite 1, 4). Paul a donc été l’instrument employé par Dieu pour amener Tite à la foi au Seigneur Jésus. Ce disciple, non mentionné par Luc dans les Actes, collaborera intimement aux travaux de l’apôtre. Le nom de ce compagnon de Paul est mentionné 13 fois dans le NT dont 9 fois dans la 2ème aux Corinthiens. Par l’un ou l’autre de ces passages, on apprend que Tite est d’origine grecque. Dans l’épître aux Galates, Tite accompagnait Paul et Barnabas afin d’examiner la question de la loi en compagnie des autres apôtre et des anciens. Paul, selon 2 Cor. 12, 18, envoya donc Tite à Corinthe afin de se rendre compte de la situation. Peu de temps après, ils se rencontrèrent (2 Cor. 2, 13; 7, 6, 13, 14). Tite leur apporta la 2ème épître (2 Cor. 8, 6, 16, 23). Quelques années plus tard, Paul lui écrivit l’épître qui porte son nom. On trouve encore le nome de Tite dans la dernière épître écrite par l’apôtre (2 Tim. 4, 10). Tite a donc été, jusqu’à la fin, un fidèle collaborateur de Paul.
  • Pour  les relations entre Paul et l’assemblée à Corinthe :
    • o   Bien des chercheurs émettent des idées compliquées et incohérentes à ce sujet. Il est possible que, dans 1 Cor. 5, 9, Paul fasse allusion à une lettre précédente et non conservée. Mais retenons ce qui donne une image plus simple des relations de Paul avec l’assemblée à Corinthe sur la base du Nouveau Testament et des 2 épîtres écrites à cette assemblée. Ainsi, Paul a écrit la première avec beaucoup de tristesse vu l’état affligeant de cette assemblée. Paul désirait faire une 2ème visite mais il y renonça afin d’éviter une confrontation inévitable vu leur état (2 Cor. 1, 15, 23; 2, 1). Mais il envoyé Tite. Puis Paul écrivit la 2ème lettre alors qu’il était en Macédoine tout en étant affligé (2 Cor. 2, 4; 7, 8). L’homme de 1 Cor, 5 qui est de toute évidence, malgré les dires de certains, le même que celui de 2 Cor. 2 et 7. Paul avait ainsi envoyé Tite avec larmes. On ne voit donc pas l’utilité d’une 3ème missive. Et lorsque Paul se sert de l’expression «3ème fois», il évoque un 3ème projet à venir alors qu’il envisageait, dans la réalité, une 2ème visite. Selon Actes 20, cette entrevue a bien eu lieu lors de son séjour de 3 mois en Grèce. C’est aussi à cette occasion que Paul a écrit la lettre aux Romains dans laquelle il mentionne son prochain voyage à Jérusalem (Rom. 16, 25), la servante Phoebé à Cenchrée (Rom. 16, 1), et son hôte Gaïus (Rom. 16, 23; 1 Cor. 1, 14).

 

 

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