Épître de Paul aux Éphésiens. 10ème livre du Nouveau Testament et 49ème de la Bible.

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Le texte biblique de chacun des six chapitre est suivi de notes succinctes

Texte de la Bible du chapitre 1

1 Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, aux saints et fidèles dans le christ Jésus, qui sont à Éphèse: 2 Grâce et paix à vous, de la part de Dieu notre Père et du seigneur Jésus Christ!

3 Béni soit le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de* toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ; 4 selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour,

5 nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, 6 selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce dans laquelle il nous a rendus agréables dans* le Bien-aimé; 7 en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes selon les richesses de sa grâce: 8 laquelle il a fait abonder envers nous en toute sagesse et intelligence,

9 nous ayant fait connaître le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, 10 qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, [savoir] de réunir en un toutes choses dans le Christ*, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, 11 en lui, en qui nous avons aussi été faits héritiers, ayant été prédestinés selon le propos de celui qui opère toutes choses selon le conseil de sa volonté, 12 afin que nous soyons à la louange de sa gloire, nous qui avons espéré à l’avance dans le Christ: 13 en qui vous aussi [vous avez espéré] *, ayant entendu la parole de la vérité, l’évangile de votre salut; auquel aussi ayant cru, vous avez été scellés du Saint Esprit de la promesse, 14 qui est les arrhes de notre héritage, pour* la rédemption de la possession acquise, à la louange de sa gloire.

15 C’est pourquoi moi aussi, ayant ouï parler de la foi au seigneur Jésus qui est en* vous, et de l’amour que [vous avez] pour tous les saints, 16 je ne cesse de rendre grâces pour vous, faisant mention [de vous] dans mes prières, 17 afin que le Dieu de notre seigneur Jésus Christ, le Père de gloire, vous donne [l’]esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance, 18 les yeux de votre cœur étant éclairés, pour que vous sachiez quelle est l’espérance de son appel, et quelles sont les richesses de la gloire de son héritage dans les saints, 19 et quelle est l’excellente grandeur de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’opération* de la puissance de sa force, 20 qu’il a opérée dans le Christ, en le ressuscitant d’entre les morts; — (et il l’a fait asseoir à sa droite dans les lieux célestes, 21 au-dessus de toute principauté, et autorité, et puissance, et domination, et de tout nom qui se nomme, non seulement dans ce siècle, mais aussi dans celui qui est à venir; 22 et il a assujetti toutes choses sous ses pieds, et l’a donné [pour être] chef* sur toutes choses à l’assemblée, 23 qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous;)

— v. 3: litt.: en. — v. 6: ou, selon d’autres: grâce dont il nous a gratifiés dans (nous plaçant en lui dans une position de faveur). — v. 10: c. à d. sous l’autorité de Christ. — v. 13: ou: [vous êtes]; ou bien: [vous avez été faits héritiers]. — v. 14: ou: jusqu’à; — on peut lier pour la rédemption aussi bien à arrhes qu’à scellés.

Commentaires (introduction et chapitre premier)

Les vérités contenues dans cette épître ont une influence sur notre vie. Elles sont malheureusement de plus en plus négligées et cela même par des chrétiens qui les avaient connues et maintenues. En faisant ressortir les conséquences pratiques de ces vérités, on pourra remédier à l’état de ruine dans lequel l’assemblée se trouve. Soyons réveillés par l’étude de cette épître aussi bien sur le plan individuel que sur ceux de famille et d’assemblée.

Quelques mots, en introduction, sur la ruine et le témoignage :
Reconnaissons l’état de ruine non seulement de l’Eglise mais aussi du témoignage suscité au 19ème siècle. Le corps de témoins dans lequel nous nous trouvons n’est-il pas en ruines? Après s’être séparé du mal, la ruine s’est étendue à ce corps de témoins. Mais souvenons-nous que si les porteurs du témoignage peuvent être ruinés, le témoignage de Dieu ne l’est pas. Ce témoignage a été laissé entre nos mains. S’il y a infidélité, Dieu n’a pas encore ôté l’administration des vérités confiées. Paul avait été un administrateur fidèle de ces vérités. Comme ensemble, ces vérités sont entre des mains coupables, mais le témoignage demeure. Ainsi, comme ensemble, nous sommes solidaires et c’est avec humiliation que nous acceptons le jugement de Dieu sur notre infidélité.

Il y a assurément des arguments contre la valeur du témoignage. Ainsi, dans la ruine, on cherche la compagnie de chrétiens qui se réunissent à peu près comme nous. Les fausses doctrines qui peuvent les avoir caractérisés au début, n’ont plus à leurs yeux qu’une importance restreinte. Dans cette pensée, encore quelques pas et c’est l’abandon complet du témoignage. On trouve aussi, comme argument, notre prétention à posséder seuls la table du Seigneur. Ainsi on affirme que des centaines de communautés chrétiennes possèdent la table du Seigneur. Cette pensée est la conséquence de l’abandon de la vérité fondamentale que Dieu nous a confiée dans le jour actuel. Cette vérité, c’est l’unité du corps de Christ : c’est l’Eglise. Il faut distinguer la table du Seigneur et la cène. Si la cène se trouve à de nombreux endroits, la table se trouve uniquement où l’unité de Christ, du corps de Christ, est reconnue et proclamée. Si ce principe était reconnu partout, il n’y aurait qu’une congrégation et nous n’aurions pas à nous séparer. Le résultat de la ruine est que l’Eglise est devenue invisible dans le monde. Alors Satan nous dit: pourquoi vous en occuper? Mais si elle invisible elle n’en existe pas moins sur la terre aux yeux de Dieu et aux yeux de la foi. Nous pouvons même dire que la vérité de l’unité du corps de Christ est le point de départ pratique de toutes les relations des chrétiens entre eux, et que, sans cette vérité, ces relations ne peuvent exister dans leur intégrité. Cette épître prouvera cela.

Commentaires cu chapitre premier
Les conseils de Dieu ne sont pas amoindris par la ruine de l’Eglise. Et le Seigneur s’occupe de l’assemblée. Ainsi il y a des conseils de Dieu au niveau individuel et il y a une mesure de leur accomplissement. Le ch. 1 fait ainsi part des conseils de Dieu.  D’abord à notre position individuelle, au v. 3, puis, au v. 4, ressort le caractère de sainteté joint à celui d’être irréprochables.Dans les v. 5 et 6, il y a une relation. Quant à notre position, ce qui nous en est dit au v. 4, dépend du nom de Dieu et au v. 5 de celui du Père. Le v. 7 nous rappelle que nous avons été pris si bas pour nous placer si haut. Ce passage montre que Dieu est glorieux en grâce selon la gloire de sa grâce. Dans les v. 3 à 8 il y a, dans ces conseils de Dieu, une partie qui nous concerne. Dans les v. 9 et 10, une autre partie qui se rapporte à Christ. Dans les v. 11 et 12 une troisième partie à relative à l’héritage. Les conseils de Dieu comportent encore d’autres choses. Ils paraissent dans les v. 17 et 18: … l’espérance de son appel. Cette espérance est d’être un jour avec Christ dans la gloire. Quant à l’unité du corps de Christ, elle constitue aussi une partie de ces conseils, la quatrième dans ce point de vue; c’est la fin du ch. 1. Corps de Christ ici-bas, tête dans le ciel, l’homme mystique est formé, il n’est pas à venir. L’ensemble est aussi appelé le Christ en 1 Cor. 12, 12. En Ephésiens ch. 2, v. 13 et 19, il y a tout ce qui a été réuni par l’œuvre de la croix, juifs et gentils, juifs et grecs, et la paix porte un double caractère, c’est-à-dire avec les hommes et avec Dieu. Voilà les uns les autres, un accès auprès du Père par un seul Esprit; c’est une seule famille; c’est la vérité de l’unité de famille développée dans les écrits de Jean et qui n’est touchée ici qu’en passant.

Dans cette épître, les conseils de Dieu sont également à l’égard de la gloire de Christ. Comme Chef de l’assemblée, Christ doit tenir toutes choses réunies en un sous sa main. L’assemblée est dans sa relation la plus intime avec lui. Elle est dans une relation intime comme ceux qui la composent le sont avec le Père lui-même. Et dans les voies de grâce envers l’assemblée, Dieu est aussi révélé dans deux caractères distincts, à savoir en rapport avec Christ et en rapport avec les chrétiens. Notre rapport avec notre Dieu et Père est en vertu de l’excellence de la propre relation de Christ avec Lui. Cette épître fut écrite quand l’apôtre était en prison. Cela montre qu’il y avait des persécutions, des difficultés. Le terme traduit par fidèle, également dans les Colossiens, peut être aussi rendu par croyant. Etre croyant au commencement c’était être fidèle L’apôtre s’adresse à ceux qui, par grâce, gardaient fidèlement la foi qu’ils avaient reçue. Dieu a doué Paul d’une manière toute particulière pour communiquer ses conseils et ses voies en Christ. Il avait doué Jean pour révéler son caractère et la vie telle qu’elle avait été manifestée en Jésus. Et dans notre épître, nous voyons que Christ est le fondement sur lequel toutes nos bénédictions sont assises. C’est selon l’efficacité de son œuvre et l’acceptation de sa Personne que les fidèles sont présentés devant son Dieu et Père. La bénédiction de l’assemblée c’est d’être béni avec Jésus. En général, dans cette épître, le croyant est vu en Christ et non Christ dans le croyant, bien que cela soit aussi vrai. Nous sommes aussi conduits à considérer les privilèges du croyant et de l’assemblée plus que la plénitude de Christ lui-même. Dans les Colossiens,  nous avons plus spécialement le développement de la vie du croyant en Christ qui considère Christ en nous. Mais dans les Ephésiens, nous sommes placés en Christ en relation avec Dieu le Père. C’est le caractère le plus élevé de notre témoignage ici-bas. Nous sommes assis dans les lieux célestes. Dans les Ephésiens, et c’est aussi une base de l’enseignement, nous avons Dieu comme le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ et le Père de notre même Seigneur. Nos bénédictions se rapportent à ces deux titres. Jésus fut l’homme parfait avec son Dieu et fut Fils avec son Père.

Cette épître considère aussi le côté de Dieu en premier, c’est-à-dire que nous commençons par la gloire de Dieu et non pas par l’homme pécheur. Ainsi les voies de Dieu sont envisagées au point de vue de ces pensées. Nous sommes donc élus en Lui. Les v. 4 à 7 développent ces bénédictions et le moyen d’y participer. Dans les v. 8 à 10, il est question du propos arrêté de Dieu pour la gloire de Christ en qui nous possédons ces bénédictions..

Ensuite, dans les v. 11 à 14, il y a l’héritage de l’Esprit. Le fidèle en est scellé et jouit, par ce même Esprit, des arrhes de notre héritage.

Dans les v. 15 et suivants,  l’apôtre adresse une prière dans laquelle il demande que ses enfants soient dans la foi, connaissent leurs privilèges et la puissance pour y être introduits. C’est la même puissance qui a ressuscité Christ d’entre les morts et qui l’a placé à la droite de Dieu. En peu de mots nous avons d’abord l’appel de Dieu, puis ce que les saints sont devant Lui en Christ; ensuite ayant montré le plein conseil de Dieu quant à Christ, nous avons l’héritage de Dieu dans les saints puis la prière demandant que nous connaissions ces deux choses. Et enfin la puissance par laquelle nous y sommes introduits et en jouissons. On peut aussi remarquer, dans ce premier chapitre, de quelle manière le Saint Esprit tient continuellement devant nos yeux le fait que tout est en Christ. La bénédiction a son origine en Dieu lui-même. Nous apprenons aussi que notre place en Christ nous a été donnée avant que le monde existât. Cette expression n’est pas simplement celle de la souveraineté de Dieu et la bénédiction ne peut être faite que sur la pure grâce de Dieu d’où le rappel de la promesse sans condition faite à Abraham.

La prière du v. 15 à la fin du chapitre est pour les saints. Elle découle de la révélation qui précède et qui est fondée sur la manière dont les enfants de Dieu ont été introduits dans leurs bénédictions en Christ. Nous sommes ainsi conduits dans toute la vérité à l’égard de Christ et de l’assemblée. Nous comprenons aussi la place que Christ prend dans l’univers. Christ a créé l’univers comme Fils et il le reprend comme homme. Cette prière est fondée sur le titre de Dieu de notre Seigneur Jésus Christ alors que la prière du ch. 3, 14 et suivants sera basée sur le titre de Père de notre Seigneur Jésus Christ. Il y a là plus de communion que de conseils. Ici Christ est envisagé comme homme et c’est Dieu qui le ressuscite (v. 20). La prière est divisée  en deux parties, à savoir que les Ephésiens comprennent avec tous les saints :

  1. Quels sont l’appel et l’héritage de Dieu
  2. Dans la deuxième partie, la puissance qui les met en possession de ce que cet appel de Dieu leur confère, savoir cette même puissance qui a placé Christ à la droite de Dieu l’ayant ressuscité d’entre les morts.

La position du croyant est céleste, parce que son Sauveur y est. On peut comparer un chef de famille qui travaille hors de son domicile mais qui ne songe pas à confondre celui-ci avec l’usine ou le bureau. Etre absent de la maison, ne l’empêche aucunement d’y avoir son «chez lui» où sont ses affections, ses intérêts, tout ce qu’il possède. Tel est le lien pour le racheté, le ciel et tout ce qui concerne le bien-aimé, concerne au même titre ceux qui sont rendus agréables en Lui, au v. 6. Il y a aussi cette longue phrase des v. 3 à 14 qui ne supporte aucune coupure, car tout se tient, tout est lié dans la pensée de Dieu. Remarquons la similitude des v. 6 et 12, de la louange en rapport avec la grâce et la gloire.

C’est plus précisément au v. 17 que l’apôtre adresse sa prière. Il demande que les saints comprennent d’abord leur position (v. 18) puis la puissance qui les introduit dans les v. 19 et 20. En Christ, nous possédons tout : La gloire – Jean 17, 22, la joie – Jean 15, 1, la paix – Jean 14, 27, l’amour du Père – Jean 17, 26

Et Paul ne demande pas que les saints aient part à ces choses, car elles leur appartiennent déjà. Mais Paul demande qu’ils en jouissent et ce sont les yeux de notre cœur qui doivent s’ouvrir sur ces réalités.

Texte de la Bible du chapitre 2

1 — et vous, lorsque vous étiez morts dans vos fautes et dans vos péchés, 2 (dans lesquels vous avez marché autrefois, selon le train de ce monde, selon le chef de l’autorité de l’air, de l’esprit qui opère maintenant dans les fils de la désobéissance; 3 parmi lesquels, nous aussi, nous avons tous conversé autrefois dans les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés* de la chair et des pensées; et nous étions par nature des enfants de colère, comme aussi les autres. 4 Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés,) 5 alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ (vous êtes sauvés par [la] grâce), 6 et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le christ Jésus, 7 afin qu’il montrât dans les siècles à venir les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le christ Jésus. 8 Car vous êtes sauvés par la grâce, par la foi*, et cela ne vient pas de vous, 9 c’est le don de Dieu; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie; 10 car nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le christ Jésus pour les bonnes œuvres que Dieu a préparées à l’avance, afin que nous marchions en elles.

11 C’est pourquoi souvenez-vous que vous, autrefois les nations dans la chair, qui étiez appelés incirconcision par ce qui est appelé la circoncision, faite de main dans la chair, 12 vous étiez en ce temps-là sans Christ, sans droit de cité en Israël et étrangers aux alliances de la promesse, n’ayant pas d’espérance, et étant sans Dieu* dans le monde. 13 Mais maintenant, dans le christ Jésus, vous qui étiez autrefois loin, vous avez été approchés par le sang du Christ. 14 Car c’est lui qui est notre paix, qui des deux en a fait un et a détruit le mur mitoyen de clôture, 15 ayant aboli dans sa chair l’inimitié, la loi des commandements [qui consiste] en ordonnances, afin qu’il créât les deux en lui-même pour être un seul homme nouveau, en faisant la paix; 16 et qu’il les réconciliât tous les deux en un seul corps à Dieu par la croix, ayant tué par elle l’inimitié. 17 Et il est venu, et a annoncé la bonne nouvelle de la paix à vous qui étiez loin, et la [bonne nouvelle de la] paix* à ceux qui étaient près; 18 car par lui nous avons, les uns et les autres*, accès auprès du Père par un seul Esprit. 19 Ainsi donc vous n’êtes plus étrangers ni forains, mais vous êtes concitoyens des saints et gens de la maison de Dieu, 20 ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin*, 21 en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple* saint dans le Seigneur; 22 en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par* l’Esprit.

— v. 15: litt.: chez. — v. 19: non la chose faite, mais la force opérante; voir 3:7. — v. 22: tête. — v. 3 (ch. 2): les choses voulues. — v. 8 (ch. 2): litt.: car par la grâce vous êtes sauvés par le moyen de la foi; voir Romains 3:24.
— v. 12: ou: athées. — v. 17: litt.: a évangélisé la paix…, et la paix. — v. 18: litt.: tous les deux. — v. 20: ici, comme 1 Pierre 2:6. — v. 21: la maison même. — v. 22: ou: en.

Commentaires du chapitre 2
Au chapitre premier, en raison de notre relation individuelle avec le Père, Christ est premier-né entre plusieurs frères. Dans le chapitre deuxième, il est question de notre relation comme corps de Christ en rapport avec la résurrection du second homme. Ce chapitre deux présente aussi l’opération de la puissance de Dieu sur la terre, pour amener des âmes à la jouissance de leurs privilèges célestes et de former l’assemblée ici-bas. Ce sont davantage les conseils de Dieu que le déploiement des privilèges des croyants. Et ce qui en opère l’accomplissement, ce ne sont pas les conseils, mais c’est la grâce et la puissance. Voilà ce qui amène les âmes au résultat que cette puissance doit produire selon les conseils de Dieu. C’est Christ qui est d’abord vu comme mort, c’est-à-dire là où nous étions à cause du péché, mais aussi ressuscité. Morts avec Christ dans nos fautes et dans nos péchés, puis vivifiés avec Lui (v. 5).

Au v. 17, il est question de ceux qui étaient près et de ceux qui étaient loin, cela en rapport avec les formes terrestres de la religion dans le système qui existait sur la terre. Ainsi les formes établies provisoirement sur la terre n’ont pas de valeur puisque tous les conseils de Dieu sont arrêtés pour sa propre glorification. Cette religion terrestre était pour la manifestation des voies de Dieu comme ombres des choses à venir. Pour ce but, la grâce prend des personnes de l’une et de l’autre chose, c’est-à-dire les juifs qui étaient près et les gentils qui étaient loin, en référence à la religion terrestre. Et ces deux classes forment un seul corps, un homme nouveau, une nouvelle création en Christ (v. 18).

Dans ce chapitre, il y a les gentils dans les v. 1 et 2  et les juifs au v. 3. L’apôtre, dans ces premiers versets, parle de l’éloignement de l’homme de Dieu et tout le monde marche dans la puissance du prince de l’air. Toutefois les juifs n’étaient pas, comme les gentils, sous le gouvernement des démons; mais ils étaient conduits par les mêmes convoitises que celles par lesquelles les démons agissaient sur les pauvres païens. Quant à la nature humaine, c’est-à-dire à la chair, ils étaient aussi des enfants de colère. Le terme: par nature, au v. 3, se rapporte aux actes accomplis dans le corps. C’était la conséquence naturelle de l’état où tout homme se trouve par la naissance. Ainsi la colère est liée à l’état naturel. Il y a donc des choses qui vont ensemble tout comme, par exemple, le lien entre le bien et la justice. Mais Dieu est au-dessus de tout cela; à ceux qui sont dignes de colère, il peut être riche en miséricorde. C’est ainsi que Dieu agit, ici, envers les objets de sa grâce, selon sa propre nature miséricordieuse. Verset 5: non seulement nous avons été vivifiés, mais  vivifiés ensemble avec Christ. Jésus est sorti de la mort d’entre les morts et nous en sortons avec Lui. Dieu nous fait part de cette vie. La résurrection a aussi mis fin à toutes les distinctions, puisque juifs et gentils se trouvent ensemble dans cette mutuelle position en Christ. C’est une nouvelle condition décrite par la position de Christ lui-même. Oui c’est bien par grâce que nous sommes sauvés (v. 8). Nous serons compagnons du Fils de Dieu dans la gloire et témoins de cette grâce. Maintenant nous ne sommes pas encore dans la gloire, c’est par la foi que nous sommes sauvés, et la foi n’est pas de l’homme. Tout est de Dieu et personne ne peut se glorifier. Nous sommes donc l’ouvrage de Dieu. Croire est un don de Dieu. Et au v. 10 il y a ces bonnes œuvres qui doivent être caractérisées selon le caractère de celui qui a opéré en nous, nous créant selon ses propres pensées. Ici ce n’est pas l’homme qui fait des œuvres pour s’approcher de Dieu, mais c’est parce que nous sommes proches de Dieu que nous pouvons accomplir des œuvres.

Ce qui opère tout, c’est le Seigneur Jésus; et les juifs, tout comme les gentils, ont été approchés par le sang du Christ (v. 13). Christ a abattu la paroi mitoyenne et a annulé la loi des commandements pour lesquels les juifs, qui se distinguaient par ces ordonnances, étaient séparés des gentils,(dans les v. 14 et 15). Remarquons que ces ordonnances avaient leur sphère d’action dans la chair. Christ a aboli tout cela par sa mort. Les gentils sont approchés par le sang de Christ et le mur mitoyen a été abattu afin de réconcilier les uns et les autres dans un seul corps, ayant par la croix non seulement fait la paix, mais détruit l’inimitié qui existait entre le juif et le gentil idolâtre, loin de Dieu. Christ, qui a fait cette paix, n’est pas le Jéhova des juifs. Ce nom de Jéhovah n’était pas pour les païens. Mais pourtant Jéhovah est le père des chrétiens, des rachetés de Jésus Christ, adoptés pour faire partie de la famille de Dieu. Et la vraie maison de Dieu lui-même c’est la bourgeoisie chrétienne et céleste. Voilà la grâce. Et quant à notre position dans ce monde, nous sommes un seul corps, l’assemblée sur la terre. Au v. 20, les apôtres et prophètes du Nouveau Testament sont le fondement de cet édifice dont Christ est la maîtresse pierre du coin. En Christ tout le bâtiment s’élève pour être un temple et Dieu est présent dans ce temple par son esprit. D’une part cette assemblée est progressive sur le fondement, et d’autre part l’union dans laquelle les croyants se trouvent forment la maison de Dieu sur la terre. Il est important de savoir la différence entre l’édifice qui s’élève et qui sera complet quand Christ viendra, d’avec le temple actuel sur la terre. Dans le premier Christ est le constructeur, et il construit jusqu’à l’achèvement, et les portes du hadès ne prévalent pas contre cette œuvre. Dans ce cas, jamais quelqu’un construit, mais à côté de cela, le corps professant est manifesté et vu comme un tout sur la terre, et l’homme est envisagé comme le construisant. C’est 1 Cor. 3. Il y a la responsabilité de l’homme. Dans les Ephésiens, il n’y a pas seulement l’œuvre progressive, où Christ construit, mais en même temps il y a l’édifice actuel comme un fait dans la bénédiction qui lui appartient et cela sans référence à la responsabilité humaine dans la construction.

Ainsi donc dans le premier chapitre nous avions les conseils et les intentions de Dieu qui commençaient par la relation des fils et du Père. Puis lorsqu’il est parlé de l’opération de Dieu, montrant l’assemblée comme le corps de Christ, unie à Lui qui est le Chef en toutes choses, le second chapitre traite de l’œuvre qui appelle l’assemblée en dehors du monde. L’assemblée est placée d’un côté croissant pour être un temple saint, et d’un autre, comme étant l’habitation de Dieu ici-bas par l’Esprit.

Le ch. 2 parle bien du corps au v. 7, mais l’introduction de la maison est un élément nouveau. Individuellement le croyant est le temple de Dieu, mais l’ensemble des chrétiens devient la maison de Dieu sur la terre. C’est une merveilleuse et solennelle vérité, c’est un immense privilège et une source de bénédiction, mais aussi une responsabilité. Quand on parle du corps, nous y voyons le fruit du dessein éternel de Dieu et de sa propre opération, mais bien que l’Esprit puisse appliquer ce nom à l’assemblée de Dieu sur la terre comme étant composés de vrais membres de Christ, ce corps comme formé par la puissance vivifiante de Dieu selon son dessein éternel, se compose de personnes unies à la tête comme de vrais membres. La maison sur la terre est le fruit d’une œuvre confiée aux hommes et non l’objet des propres conseils de Dieu, quoique la cité de l’Apocalypse y réponde dans une certaine mesure. Ainsi donc cette maison est composée des vrais appelés de Dieu et c’est Dieu qui l’édifie, comme en Act. 2, 47. Mais il ne faut pas confondre le résultat pratique de cette œuvre sous la responsabilité des hommes. Dans cette maison il peut y avoir des pierres qui ne sont pas de vraies pierres, mais elle reste la demeure de Dieu. Il est cependant impossible qu’une personne qui n’est pas née de Dieu soit membre du corps de Christ. Quant à l’unité de l’édifice, cet édifice s’accroît et c’est l’œuvre de Dieu selon ch. 2, 21. C’est aussi l’œuvre de Christ en Matt. 16. Nous, nous ne voyons pas que ce temple se bâtit, mais Dieu le voit. Dieu veut cet édifice complet pour les temps éternels. A cause de notre ruine, nous ne voyions pas l’élévation de ce temple. Mais la dernière pierre est bientôt posée et Christ est l’angle et en plus la clef de voûte, selon Zach. 3,  9 et 4, 7. Notre notion de cet édifice c’est la maison où Dieu habite par son Esprit. Cet édifice nous l’avons ruiné. Quant au grand sujet de l’unité du corps, il se trouve dans les chapitres 3 et 4. Il avait été touché à la fin du ch. 1.

Dans le ch. 3 nous verrons l’administration du mystère confié à Paul, c’est-à-dire du conseil de Dieu quant à l’Eglise. Il y a lieu d’insister sur ces choses que Paul présentait. Les chrétiens d’aujourd’hui en sont les dépositaires. Alors comment réalise-t-on l’unité? Ceci constitue la seconde partie de l’épître, c’est-à-dire réaliser ce qu’est l’Eglise dans la pensée de Dieu. Il faut d’abord comprendre l’unité du corps de Christ. Pour vraiment réaliser cela il faut une marche et une communion, d’où les exhortations du ch. 4 et la prière de l’apôtre du ch. 3, 14-21. Quel bel exemple que l’exemple du corps où les membres naturels s’harmonisent, s’avertissent, s’aident, se supportent, parce ce corps est un. Toutes les exhortations du ch. 4, s’appliquent au conditionnement du corps. Avec le ch. 4, 1, 1 Cor. 12 et Rom. 12 sont à considérer. Il faut réaliser l’unité du corps et non la proclamer comme vérité sans sentir la nécessité de la réaliser pratiquement. Cela se voit dans nos rapports les uns avec les autres. Avons-nous de l’humilité, de la douceur, du support. Si tel est le cas, il y a encore quelque amour en nous. Sinon nous devenons indifférents à cette vérité de l’unité du corps. Au ch. 4, 3: garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix, c’est la réalisation pratique de l’unité du corps. Ne gardons pas l’unité du corps qui existe, mais aimons de cœur tout membre du corps même si mon prochain n’a aucune idée de cette unité. Connaissant l’unité du corps, on peut réaliser, même avec le chrétien le plus ignorant, que nous appartenons tous deux à un seul corps. Avec un tel croyant, nous pouvons rechercher en quoi nous pouvons trouver un terrain commun. Nous serons gardés d’esprit sectaire. On peut réaliser, même avec ceux qui ignorent cette vérité, les rapports qui en découlent.

Texte de la Bible du chapitre 3

1 C’est pour cela que moi, Paul, le prisonnier du christ Jésus pour vous, les nations 2 — (si du moins vous avez entendu parler de l’administration de la grâce de Dieu qui m’a été donnée envers vous: 3 comment, par révélation, le mystère m’a été donné à connaître (ainsi que je l’ai déjà écrit en peu de mots; 4 d’après quoi, en le lisant, vous pouvez comprendre quelle est mon intelligence dans le mystère du Christ), 5 lequel, en d’autres générations, n’a pas été donné à connaître aux fils des hommes, comme il a été maintenant révélé à ses saints apôtres et prophètes par* l’Esprit: 6 [savoir] que les nations seraient cohéritières et d’un même corps et coparticipantes de sa* promesse dans le christ Jésus, par l’évangile; 7 duquel je suis devenu serviteur, selon le don de la grâce de Dieu qui m’a été donné* selon l’opération de sa puissance. 8 À moi, qui suis moins que le moindre de tous les saints, cette grâce a été donnée d’annoncer* parmi les nations les richesses insondables du Christ, 9 et de mettre en lumière devant tous quelle est l’administration du mystère caché* dès les siècles en Dieu qui a créé toutes choses; 10 afin que la sagesse si diverse de Dieu soit maintenant donnée à connaître aux principautés et aux autorités dans les lieux célestes, par l’assemblée, 11 selon le propos des siècles*, lequel il a établi dans le christ Jésus notre Seigneur, 12 en qui nous avons hardiesse et accès en confiance, par la foi en lui. 13 C’est pourquoi je [vous] prie de ne pas perdre courage à cause de mes afflictions pour vous, ce qui est votre gloire. 14 — C’est pour cela que je fléchis mes genoux devant le Père [de notre seigneur Jésus Christ], 15 duquel est nommée toute famille* dans les cieux et sur la terre; 16 afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d’être fortifiés en* puissance par son Esprit, quant à l’homme intérieur; 17 de sorte que le Christ habite, par la foi, dans vos cœurs, 18 [et que vous soyez] enracinés et fondés dans l’amour; afin que vous soyez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, et la profondeur et la hauteur, 19 — et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance; afin que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. 20 Or, à celui qui peut faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou pensons, selon la puissance qui opère en nous, 21 à lui gloire dans l’assemblée dans le christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles! Amen).*

— v. 5: ou: en. — v. 6: plusieurs lisent: la. — v. 7: quelques-uns lisent: grâce… qui m’a été donnée. — v. 8: évangéliser (annoncer la bonne nouvelle). — v. 9: non pas caché maintenant, mais caché dans les âges passés. — v. 11: ou: propos éternel. — v. 15: famille, dans le grec, se rattache par dérivation à Père. — v. 16: en, et par. — v. 21: tout le chapitre 3 est une parenthèse, depuis le verset 2.

Commentaires du chapitre 3
Ce chapitre traite de l’administration de ces choses confiées à Paul. Il mentionne spécialement l’introduction des gentils sur le même pied que les juifs. Cela constitue une nouveauté dans les voies de Dieu.

Dans cette épître, il y a aussi le sujet de l’évangélisation en rapport avec l’unité du corps. En parlant de ce sujet, anticipons quelque peu sur le chapitre quatrième. Le ch. 4, 7-15 montre qu’il y a un corps de Christ ici-bas et les dons sont le moyen de le faire arriver à sa perfection. En cela, il y a un nouveau danger en ce sens que, dans la chrétienté il y a l’ennemi pour détruire. Cet effort de destruction aboutira à l’apostasie qui amènera la chrétienté qui reniera le Père et le Fils. Quant à l’évangile, l’Esprit de Dieu opère puissamment dans ce monde. L’action de l’évangile n’est pas spécialement confiée à ceux qui connaissent  les vérités qui viennent d’être exposées. On va même dire que, si nous avons été fidèles,  nous en aurions été des agents les plus actifs. Mais vu notre infidélité à l’égard de l’évangélisation, nous en portons la conséquence et Dieu opère puissamment par toutes sortes d’agents. Toutefois le témoignage que Dieu a confié aux frères a au moins le résultat que beaucoup d’hommes vont, sous la libre action de l’Esprit, annoncer l’évangile dans ce monde; cela en reniant tout caractère ecclésiastique ce qui n’existait pas auparavant. Ces chrétiens ignorent cependant une vraie séparation du monde et l’ennemi s’en sert pour nous ébranler dans notre témoignage et nous amener à les imiter. Dans leur désir d’attirer les âmes, ils usent des moyens de ce monde par des annonces dans les journaux, des affiches, etc. Si nous nous associons à ces chrétiens, nous renierons ce qui doit nous distinguer dans la prédication de l’évangile. Ce que Dieu a confié au témoignage va plus loin que d’amener des âmes au salut. Pour cela, il faut réaliser ce qu’est l’assemblée. Nous ne limiterons alors pas l’évangile au pardon des péchés et à la justification par la foi. C’est ce que représente le ch. 4, 10 et suivants. Ceux qui annoncent le salut parmi les chrétiens, et dont nous ne renions aucunement le zèle et le dévouement, au contraire, disent cependant à ceux qui acceptent le salut : restez où vous êtes dans vos églises. Nous devrions leur dire qu’il y a un témoignage rendu dans ce monde, et qu’il y a dans ce monde un seul corps de Christ, une habitation de Dieu par l’Esprit, et que c’est là et nulle part ailleurs qu’est la place des rachetés. Cette vérité reçue dans l’âme la sort nécessairement de tous les systèmes religieux humains.

Le corps s’édifiant lui-même :
Il y a,  au ch. 4, 15 et suivants, après la mention de dons destinés à l’édification du corps de Christ dans les v. 9 à 13, il y a donc cet accroissement de lui-même. N’en est-il pas ainsi de notre corps naturel! Avons-nous compris que chaque membre a une place dans le corps en relation avec le Chef et que ce membre a un travail de manière à ce que ce corps fonctionne et s’accroisse. Chaque croyant a donc une fonction active et chaque partie du corps est appelée une jointure du fournissement. Ainsi, rencontrer dans l’assemblée des saints et dans la vie journalière une paresse spirituelle, est affligeant. C’est pourtant général. C’est aussi l’ignorance de la vérité du corps qui fait perdre à la plupart des chrétiens tout sentiment de solidarité. Ce sont des vérités premières et capitales auxquelles il faut revenir. Il y a aussi un appel de Dieu avec deux caractères qui sont au ch. 4, 17 (la marche) à 5, 21 (la soumission), en rappelant d’abord qu’au ch. 1, 18 il y avait l’appel individuel. Au ch. 4, 1 c’est l’appel dont nous avons été appelés et c’est le côté collectif de l’appel. Les chrétiens sont donc appelés à être ici-bas un seul peuple, un seul édifice, un seul corps, autrement dit à une position collective dans laquelle nous sommes unis avec la tête.

Revenons au chapitre troisième. Si les deux premiers chapitres donnent les pensées de l’œuvre de Dieu, le troisième est une parenthèse qui développe le mystère et qui présente en même temps, dans la prière qui le termine, le second caractère de Dieu mentionné au commencement de l’épître, savoir celui de Père de notre Seigneur Jésus Christ. Le mystère dont il est question c’est le mystère du Christ, mystère qui n’avait jamais été donné à connaître dans les siècles passés mais qui maintenant était révélé par l’Esprit aux apôtres et prophètes.

Les prophètes mentionnés ici au v. 5 sont ceux du Nouveau Testament. Le mystère avait dû être caché. En effet, placer les gentils sur le même pied que les juifs eut été renverser le judaïsme tel que Dieu l’avait établi. Un mur mitoyen était là. Le juif devait respecter cette séparation. Le mystère révélé va mettre toute barrière de côté. Les prophètes et même Moïse avaient bien montré que les gentils se réjouiraient un jour avec le peuple. Oui, ce qui avait été entièrement caché en Dieu était cette distinction qui allait être abolie. Puis, dans le siècle à venir, les gentils seront bénis mais Israël sera un peuple spécial et séparé. Mais dans l’assemblée toute distinction terrestre est perdue. Nous sommes un dans le Christ. Voilà  pourquoi l’évangile de l’apôtre s’adressait aux gentils. Par ailleurs, il ne nous appartient pas de développer l’accomplissement et les conseils de la révélation de la nature de Dieu. Ce sont les richesses incompréhensibles du Christ en qui Dieu se révèle, et en qui toutes les pensées de Dieu sont accomplies et développées. C’est les conseils de Dieu à l’égard du Christ, tête de son corps, et l’instrument et le témoin de cette grâce pour annoncer aux gentils les richesses incompréhensibles, c’est Paul. C’est sa fonction apostolique par rapport aux gentils. Paul a encore comme fonction d’éclairer les hommes à l’égard de ce mystère caché depuis le commencement du monde en Dieu. Ces deux parties du mystère se retrouvent en Col. 1, 23 à  25 et sont à mettre en parallèle du ch. 3, 17.

Paul éclairait les âmes à l’égard de ce mystère et de son ’administration. Il y a le conseil de Dieu en vue et son accomplissement dans le temps, savoir son conseil réunissant l’assemblée sous Christ, son Chef. Il y a ainsi une relation avec Dieu et au v. 12 il y a la hardiesse et la confiance par la foi en Lui.

Si Paul est emprisonné, ne soyons pas découragés. En effet, il y a la preuve et le fruit de cette position glorieuse que Dieu avait accordé aux gentils et dont les juifs étaient jaloux. Ainsi l’administration des conseils de Dieu peut être accomplie et elle nous fait voir Christ comme centre de toutes les voies de Dieu.

Au v. 14 c’est au Père de notre Seigneur Jésus Christ que l’apôtre s’adresse tout comme, au chapitre premier, il s’était adressé au Dieu de Jésus. Ainsi toute famille se range sous ce nom de Père de notre Seigneur Jésus Christ. Répétons que sous le nom de Jéhova il n’y avait que les juifs. En pensant à Amos 3, 2, il est question de la famille. Dans les Ephésiens, c’est toute famille. Oui, comme Père du Seigneur Jésus Christ, il y a l’assemblée, les anges, les juifs, les gentils, tous sont là. Tout se coordonne sous ce nom de Père de notre Seigneur Jésus Christ. L’objet de la demande de l’apôtre, dans cette fin de chapitre, c’est que ces Ephésiens fussent capables de saisir toute la portée de ses conseils et l’amour du Christ qui en était pour leur cœur, le centre assuré. Pour cela il faut que l’Esprit habite dans nos propres cœurs et soit ainsi le centre intelligent de toute connaissance. Celle-ci se perd dans l’étendue que Dieu seul rempli : longueur, largeur, hauteur, profondeur (v. 18).  Celui qui a accompli tout de sa gloire, remplit lui-même le cœur d’un amour plus puissant que la gloire dont il est le centre (v. 17), cela afin de nous donner la force qui nous rend capables en paix et en amour de contempler tout ce qu’il a fait, la sagesse de ses voies et la gloire universelle. Celui qui remplit tout, remplit par-dessus tout, nos cœurs. Et la gloire n’a pas de limite, c’est la plénitude de Dieu (v. 19). Ce qui est présenté ici est une chose objective avec la réalisation de ce qui a été placé devant nous. Le v. 21 revient à la thèse posée à la fin du ch. 2 à savoir Dieu qui habite dans l’assemblée par l’Esprit et Paul désire que les chrétiens, et nous tous, marchions d’une manière digne de l’appel. Cet appel était d’être un, le corps de Christ, ce corps manifesté sur la terre dans sa vraie unité par la présence de l’Esprit Saint. Ainsi la position tout entière du chrétien est comprise dans l’expression: leur appel. Si le ch. 1 présente les saints devant Dieu, la prière du ch. 3 présente Christ en eux. Au v. 20 remarquons une puissance qui opère en nous. C’est ce qui distingue la prière du ch. 1 de celle-ci. Au ch. 1 l’appel et l’héritage étaient dans le propos arrêté de Dieu; la prière de l’apôtre était que les croyants les connaissent ainsi que la puissance qui en permet la jouissance. Dans le ch. 3, c’est ce qui est en nous et l’apôtre demande que cette puissance existe et cela comme puissance actuelle dans l’assemblée.

Texte de la Bible du chapitre 4

1 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de l’appel dont* vous avez été appelés, 2 avec toute humilité et douceur, avec longanimité, vous supportant l’un l’autre dans l’amour; 3 vous appliquant à garder l’unité de l’Esprit par* le lien de la paix. 4 [Il y a] un seul corps et un seul Esprit*, comme aussi vous avez été appelés pour une seule espérance de votre appel. 5 [Il y a] un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême. 6 [Il y a] un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tout*, et partout**, et en nous tous. 7 Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. 8 C’est pourquoi il dit: «Étant monté en haut, il a emmené captive la captivité, et a donné des dons aux hommes» [Psaume 68:18]. 9 Or, qu’il soit monté, qu’est-ce, sinon qu’il est aussi descendu dans les parties inférieures de la terre? 10 Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplît toutes choses; 11 et lui, a donné les uns [comme] apôtres, les autres [comme] prophètes, les autres [comme] évangélistes, les autres [comme] pasteurs et docteurs*; 12 en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ; 13 jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait*, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ: 14 afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine dans la tromperie des hommes, dans leur habileté à user de voies détournées pour égarer; 15 mais que, étant vrais dans l’amour, nous croissions en toutes choses jusqu’à lui qui est le chef*, le Christ; 16 duquel* tout le corps, bien ajusté et lié ensemble par chaque jointure du fournissement, produit, selon l’opération de chaque partie dans sa mesure, l’accroissement du corps pour l’édification de lui-même en amour. 17 Voici donc ce que je dis et témoigne dans le Seigneur, c’est que vous ne marchiez plus comme le reste des nations marche, dans la vanité de leurs pensées, 18 ayant leur entendement obscurci, étant étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement* de leur cœur; 19 et qui, ayant perdu tout sentiment moral, se sont livrés à la débauche, pour pratiquer avidement* toute impureté.

20 Mais vous n’avez pas ainsi appris le Christ, 21 si du moins vous l’avez entendu et avez été instruits en lui selon que la vérité est en Jésus: 22 [c’est-à-dire], en ce qui concerne votre première manière de vivre*, d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt selon les convoitises trompeuses**, 23 et d’être renouvelés dans l’esprit de votre entendement,

24 et d’avoir revêtu le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité.

25 C’est pourquoi, ayant dépouillé le mensonge, parlez la vérité chacun à son prochain; car nous sommes membres les uns des autres. 26 Mettez-vous en colère et ne péchez pas: que le soleil ne se couche pas sur votre irritation; 27 et ne donnez pas occasion au diable. 28 Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais plutôt qu’il travaille en faisant de ses propres mains ce qui est bon, afin qu’il ait de quoi donner à celui qui est dans le besoin. 29 Qu’aucune parole déshonnête ne sorte de votre bouche, mais celle-là qui est bonne, [propre] à l’édification selon le besoin, afin qu’elle communique la grâce à ceux qui l’entendent. 30 Et n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. 31 Que toute amertume, et tout courroux, et toute colère, et toute crierie, et toute injure, soient ôtés du milieu de vous, de même que toute malice; 32 mais soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant les uns aux autres comme Dieu aussi, en Christ, vous a pardonné*.

— v. 1: ou: selon lequel. — v. 3: ou: dans. — v. 4: ou aussi: Le corps est un, et l’Esprit un, et ainsi de suite. — v. 6*: ou: sur tous. — v. 6**: le «tout» peut s’appliquer à des personnes: parmi tous. — v. 11: docteur, celui qui enseigne. — v. 13: litt.: à l’homme fait. — v. 15: tête. — v. 16: = à partir duquel.
— v. 18: ou: aveuglement. — v. 19: litt.: avec cupidité.
— v. 22*: = votre conduite précédente. — v. 22**: litt.: de déception.

Commentaires du chapitre 4
Au v. 1, Paul rappelle qu’il est prisonnier. Le principal motif est qu’il a annoncé la vérité d’une seule famille entre juifs et gentils. Etant prisonnier, Paul en profite comme un puissant motif pour toucher le cœur des chrétiens d’entre les gentils. Avec amour, il montre (v. 2) que la première chose à laquelle il s’attend de la part de ses chers enfants dans la foi, c’est cette unité et son maintien. Le moyen de la maintenir  sont les vertus du v. 2: humilité, douceur, support, amour. Nous y avons le vrai fruit de la proximité de Dieu. Pour cela il faut en jouir dans sa présence, avoir accès auprès de Dieu, jouir de sa présence par l’Esprit Saint, être un seul corps réconcilié avec Dieu, voilà l’appel des chrétiens (ch. 2), et le ch. 3 a développé ces choses dans toute leur étendue. L’application se trouve dans le ch. 4.

Le v. 4 rappelle que les fidèles doivent chercher à garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. Trois choses sont liées à cette exhortation:

  • le devoir de marcher d’une manière digne de son appel
  • l’Esprit dans lequel il faut marcher
  • la diligence pour garder l’unité de l’Esprit par le lien de la paix

Garder l’unité de l’Esprit n’est pas une similarité de sentiments. C’est l’unité des membres du corps de Christ établie par le Saint Esprit et maintenue pratiquement par une marche en harmonie avec l’Esprit de grâce. Il est évident que cela se rapporte à la terre et à la manifestation de cette unité sur la terre. Cette unité peut être envisagée en rapport avec le Saint Esprit, en rapport avec le Seigneur ou encore en rapport avec Dieu. Ainsi dans le cœur des individus, il y a un effet produit afin qu’ils s’entendent et plus encore: qu’ils soient un seul corps. L’Esprit est à la source de l’espérance. Voilà l’unité essentielle, réelle et qui subsiste.

Au v. 5, il y a un seul Seigneur auquel se lie une seule foi et un seul baptême. C’est la profession publique et la confession de Christ comme Seigneur. Voir 1 Cor. 1, 2.

Au v. 6, il y a un seul Dieu et Père: voilà les puissants liens d’unité, à savoir:

  • l’Esprit de Dieu
  • la seigneurie de Christ
  • l’universelle présente de Dieu le Père

Le tout tend à amener en unité, comme à un centre divin, ceux qui sont en relation avec chacune de ces choses. Tout s’accorde pour former les croyants en un seul corps dans ce monde. On ne peut pas être chrétien sans être un avec tous ceux qui le sont. Mais si tout est là, il y a lieu de maintenir pratiquement l’unité. Remarquons encore que les trois sphères d’unité présentées dans les v. 4 à 6 n’ont pas la même étendue. Le cercle s’agrandit chaque fois. A l’unité de l’Esprit au v. 3, nous trouvons liée l’unité du corps, l’unité essentielle et réelle produite par la puissance de l’Esprit, liant à Christ tous ses membres. Au Seigneur se lie, au v. 5, l’unité de la foi du baptême. Là, chaque individu a la même foi, le même baptême: c’est la profession extérieure. Une profession qui se rapporte à celui qui a des droits sur tous ceux qui s’appellent de son nom. Et le troisième caractère d’unité se rattache à des droits divins au v. 6. Et ces droits s’étendent à toutes choses quoi que le lien de cette unité soit plus étroit pour le croyant parce que celui qui a des droits sur toutes choses, demeure dans les croyants.

Donc en résumé:

  1. un seul corps et un seul Esprit, une seule espérance de notre appel
  2. un seul Seigneur auquel se rattachent une seule foi, un seul baptême
  3. un seul Dieu et Père de tous qui est au-dessus de tout, partout, et dans tous les chrétiens.

Voilà les trois grandes relations dans lesquelles les chrétiens sont placés comme étant, dans leur nature, les fondements de l’unité et les motifs pour la maintenir. Ces relations s’étendent successivement en grandeur (extension des cercles). La relation immédiate s’applique aux mêmes personnes. Au caractère de celui qui est la base de la relation élargie (le Dieu et Père), l’idée du seul corps et du seul Esprit est rattachée.

En relation avec l’Esprit, sa présence unit le corps et lie les membres de ce corps. En relation avec le Seigneur, ses droits sont plus étendus. Il n’y est pas des membres du corps. C’est la profession dans le monde et c’est une profession individuelle. L’unité de sentiment, de désir et de cœur est recommandé, mais il ne s’agit pas seulement de cela ici. Ici, il s’agit de maintenir la réalisation et la manifestation d’une unité qui tient à l’existence et à la position éternelle de l’assemblée en Christ. Il faut du support et, même si l’on n’accepte pas ce qui est contraire à la Parole, il faut supporter dans certains cas ceux qui sont dans une position qui la contredit.

Au v. 7: Christ dans le ciel est chef sur toutes choses. Comme tel, Christ trouve bon de donner la grâce ou le don. Si nous sommes uns quant à notre position, nous avons une place individuelle quant au service et selon les droits souverains du Seigneur dans l’œuvre. Pour donner cela, il y a le titre de Christ pour sa personne avec ce rappel que Christ a vaincu Satan (v. 8-10). En montant en haut, le Seigneur a placé l’homme victorieux au-dessus de toutes choses et a emmené captive la puissance qui auparavant dominait l’homme.

Dans les v. 11 et suivants, le Seigneur communique, à des hommes délivrés de la puissance de l’ennemi, des dons qui sont la preuve de ce pouvoir. Remarquons la citation du Ps. 68, à mettre en rapport avec notre v. 8. Christ a donc reçu ces dons comme chef du corps. Il est aussi le canal pour les communiquer à d’autres. Ce sont des dons pour les hommes, aux hommes. Dans ces dons, il n’y a pas des dons miraculeux, mais ce que le Seigneur confère, en tant que chef, à des individus. Ces individus sont des dons et sont les serviteurs du Seigneur pour former les saints afin de jouir de la présence de Jésus et d’édifier le corps. La persistance de ces dons est établie quant à la puissance par l’Esprit. En 1 Cor. 12 il y a une différence et le tout se complète. Quant à Christ, il est caractérisé par trois choses dans ces versets:

  1. un homme monté en haut
  2. un homme qui a reçu pour les hommes les dons de Dieu
  3. un homme qui a emmené captif celui qui tenait l’homme en captivité

Quelle belle pensée avec ces caractères de Christ et ces dons: c’est complet. Et la communication de ces dons n’est-elle pas le témoignage de l’œuvre complète et glorieuse du Seigneur. Christ est placé sur le trône de Dieu. Il tient cette position non seulement par son titre de créateur, qui lui appartenait déjà, mais par celui de Rédempteur qui met à l’abri du mal tout ce qui se trouve dans la sphère de la puissante efficacité de son œuvre.

Au v. 11, Christ a donc donné des dons aux hommes et c’est Christ monté en haut qui a reçu comme homme ces dons de puissance. Reçu, c’est de cette manière que le Ps. 68 et Act. 2, 33 expriment cela. Soulignons encore que les dons des v. 11 et suivants, ne sont pas des dons qui sont des signes de puissance spirituelle propre à agir sur ceux de dehors. Ce sont des ministères pour le rassemblement et l’édification et sont établis par Christ, comme chef du corps par le moyen des dons, dont il revêt les personnes de son choix. Ces dons ne sont donc pas ici présentés comme des dons dispensés par le Saint Esprit. Ici, quelle que soit l’étendue de la gloire de Christ, Christ a tout premièrement pour objet d’accomplir les voies de Dieu en amour en rassemblant les âmes et en particulier de les accomplir envers l’assemblée. C’est dans l’assemblée que la nature de Dieu, ses conseils de grâce, et l’œuvre efficace de Jésus, se concentrent dans leur objet. Les apôtres et prophètes posent les fondements du bâtiment céleste. Les autres appartiennent au ministère de tous les temps et remarquons encore que l’apôtre, avant l’exaltation de Christ ne voit rien d’existant, sinon l’homme enfant de colère, ainsi que la puissance de Satan. Puis il voit l’efficacité de la croix qui nous a réconciliés et a aboli la distinction entre juifs et gentils. La croix est pleinement manifestée. Les prophètes dont il est question sont ceux du Nouveau Testament. Ces dons sont des canaux de communications des grâces du chef, selon les liens que le Saint Esprit forme entre la tête et le corps, l’effet des dons et le perfectionnement des saints.

 Au sujet du v. 14, remarquons d’abord que Christ a été révélé dans sa plénitude afin que les membres soient formés à sa ressemblance. Ainsi l’assemblée et chacun des membres de Christ seraient remplis des pensées et des richesses de Christ bien connues, et cela au lieu du ballottage par toutes sortes de doctrines mises en avant par l’ennemi pour tromper les âmes. Le chrétien doit ainsi toujours plus ressembler à son chef en usant pour soi-même d’amour et de vérité, les deux choses dont Christ est manifesté, expression au v. 15. La vérité expose les vraies relations de toutes les choses les unes avec les autres en rapport avec le centre de toutes qui est Dieu révélé. L’amour est ce que Dieu est au milieu de tout et Christ comme lumière met tout à sa place. Et Christ a été l’amour, il est notre modèle et nous sommes unis autour de Lui comme membre de son corps.

Si le v. 11 présente les dons spéciaux et permanents, le v. 16 présente ce que chaque jointure fournit à sa place propre. Les deux choses ont leur fonction pour la formation et la croissance du corps, et avec cette croissance de chaque membre du corps de Christ individuellement, jusqu’à la mesure de Christ, se termine ce développement des conseils de Dieu relativement à l’union de Christ et de l’assemblée. Nous avons ce double caractère du corps de Christ en haut, et de la demeure de l’Esprit sur la terre. Ces deux vérités vont ensemble et ont chacune leur importance distinctive. Elles concilient les opérations certaines et immuables de la grâce dans le chef avec les manquements de l’assemblée responsable sur la terre.

A partir du v. 17 nous trouvons les exhortations pour une marche qui convienne à la position que Dieu nous a faite. Sa grâce et sa gloire sont ainsi identifiées dans notre pleine bénédiction. Il y a d’abord le contraste entre l’ignorance et l’état d’un homme qui a appris Christ, comme étant la vérité en Jésus. Dans les Ephésiens, il y a plutôt des contrastes et en Colossiens plutôt le développement de la vie.  Ce contraste c’est d’avoir dépouillé le vieil homme qui se corrompt et d’avoir revêtu le nouvel homme Christ. Ce n’est pas une amélioration du vieil homme, mais c’est d’avoir dépouillé et revêtu Christ.

Dans ces versets, l’apôtre ne perd pas de vue l’unité du corps puisque nous sommes membres les uns des autres (v. 25). Le vieil homme est sans Dieu. Le nouvel homme est créé. C’est une nouvelle création, une création selon le modèle de ce qu’est le caractère de Dieu, justice et sainteté de la vérité (v. 24). Et pour subsister dans le bien devant Dieu, il faut cette énergie divine, cette vie divine. La vérité au v. 25 est cette expression juste et parfaite de ce qu’est une chose. Ici la vérité n’est pas en rapport avec Dieu, puisque Dieu n’est pas l’expression de quelque chose. Tout se rapporte à Lui, il est le centre de tout. Revêtir le nouvel homme, c’est, comme il est dit ailleurs, être participant de la nature divine.

Adam, en étant parfait et innocent, n’avait rien de cela. Adam était tenu d’obéir à Dieu dans une chose où il n’y avait ni bien ni mal à connaître, mais simplement un commandement. Maintenant en Christ, la part du croyant est la participation à la nature divine elle-même, et cela en connaissant le bien et le mal.

A la fin du ch. 4 (v. 30) il est question de l’Esprit. Par conséquent, ne donnons pas au diable l’occasion d’entrer et d’agir sur la chair. D’un autre côté, il ne faut pas attrister le Saint Esprit qui demeure en nous. La rédemption de la créature n’est pas encore arrivée, mais nous avons été scellés pour cela. Alors il faut respecter et chérir ce saint et puissant hôte qui demeure en nous. Alors nous pourrons faire taire l’amertume, etc. (v.31). Nous pourrons être des imitateurs de Dieu, selon ch. 5, 1. Et le ch. 4, 32 et le début du ch. 5 montre le beau et magnifique privilège qui découle de la vérité que nous sommes participants de la nature divine, et que son Esprit est en nous. Les deux grands principes subjectifs du chrétien, c’est d’avoir dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme, puis l’Esprit Saint qui demeure en lui. Voilà le modèle de vie donné au chrétien. Et il n’y a rien de plus précieux, être une nouvelle création. Le nouvel homme est créé dans la perfection du caractère moral de Dieu et quant à l’Esprit, il ne faut pas l’attrister. Les deux éléments de notre état sont donc le nouvel homme et la présence du Saint Esprit de Dieu nommés ainsi ici en rapport avec le caractère de Dieu. C’est subjectif et objectivement, nous voyons au début du ch. 5 Dieu comme modèle de notre marche en rapport avec les deux mots qui expriment l’essence de Dieu, savoir amour et lumière.

Au v. 32: «Vous pardonnant les uns aux autres». N’est-ce pas être imitateurs de Dieu et marcher dans l’amour, comme Christ a marcher et nous a aimés et s’est livré pour nous! Que Dieu nous donne de regarder à Jésus de manière à ce que son image soit empreinte sur nous et qu’en quelque sorte nous marchions comme Lui.

Texte de la Bible du chapitre 5

1 — Soyez donc imitateurs de Dieu comme de bien-aimés enfants, 2 et marchez dans l’amour, comme aussi le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur.

3 Mais que ni la fornication, ni aucune impureté ou cupidité*, ne soient même nommées parmi vous, comme il convient à des saints; 4 ni aucune chose honteuse, ni parole folle ou plaisanterie, lesquelles ne sont pas bienséantes, mais plutôt des actions de grâces. 5 Cela en effet vous le savez, connaissant qu’aucun fornicateur, ou impur, ou cupide (qui est un idolâtre), n’a d’héritage dans le royaume du Christ et de Dieu*. 6 Que personne ne vous séduise par de vaines paroles; car, à cause de ces choses, la colère de Dieu vient sur les fils de la désobéissance. 7 N’ayez donc pas de participation avec eux; 8 car vous étiez autrefois ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur; marchez comme des enfants de lumière 9 (car le fruit de la lumière [consiste] en toute bonté, et justice, et vérité),

10 éprouvant ce qui est agréable au Seigneur. 11 Et n’ayez rien de commun avec les œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt reprenez-les aussi; 12 car les choses qu’ils font en secret, il est honteux même de les dire. 13 Mais toutes choses, étant reprises par la lumière, sont manifestées; car ce qui manifeste tout, c’est la lumière; 14 c’est pourquoi il dit: «Réveille-toi, toi qui dors, et relève-toi d’entre les morts, et le Christ luira sur toi» [Ésaïe 60:1]. 15 Prenez donc garde à marcher* soigneusement, non pas comme étant dépourvus de sagesse, 16 mais comme étant sages; saisissant* l’occasion, parce que les jours sont mauvais. 17 C’est pourquoi ne soyez pas sans intelligence, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. 18 Et ne vous enivrez pas de vin, en quoi il y a de la dissolution*; mais soyez remplis de l’Esprit**, 19 vous entretenant par des psaumes et des hymnes et des cantiques spirituels, chantant et psalmodiant de votre cœur* au Seigneur; 20 rendant toujours grâces pour toutes choses, au nom de notre seigneur Jésus Christ, à Dieu le Père*; 21 étant soumis les uns aux autres dans la crainte de Christ.

22 Femmes, soyez soumises à vos propres maris comme au Seigneur; 23 parce que le mari* est le chef** de la femme, comme aussi le Christ est le chef** de l’assemblée, lui, le sauveur du corps. 24 Mais comme l’assemblée est soumise au Christ, ainsi que les femmes le soient aussi à leurs maris en toutes choses. 25 Maris, aimez vos propres femmes, comme aussi le Christ a aimé l’assemblée et s’est livré lui-même pour elle, 26 afin qu’il la sanctifiât, en la purifiant par le lavage d’eau par [la] parole; 27 afin que lui se présentât l’assemblée à lui-même, glorieuse, n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, mais afin qu’elle fût sainte et irréprochable.

28 De même aussi, les maris doivent aimer leurs propres femmes comme leurs propres corps; celui qui aime sa propre femme s’aime lui-même. 29 Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ l’assemblée: 30 car nous sommes membres de son corps, — de sa chair et de ses os. 31 «C’est pour cela que l’homme laissera son père et sa mère et sera joint à sa femme; et les deux seront* une seule chair» [Genèse 2:24]. 32 Ce mystère est grand; mais moi je parle relativement à Christ et à l’assemblée. 33 Toutefois, que chacun de vous aussi en particulier aime sa propre femme comme lui-même; et quant à la femme, qu’elle craigne son mari.

— v. 3: avidité de posséder quoi que ce soit. — v. 5: ou: de celui qui est Christ et Dieu. — v. 15: litt.: comment vous marchez. — v. 16: litt.: achetant. — v. 18*: débauche, dérèglement moral. — v. 18**: litt.: remplis en Esprit. — v. 19: litt.: dans votre cœur. — v. 20: ou: à celui qui est Dieu et Père.
— v. 23*: ou: l’homme en contraste avec la femme. — v. 23**: la tête. — v. 31: litt.: seront pour.
— v. 32: ou: usant de grâce les uns envers les autres comme Dieu aussi, en Christ, a usé de grâce envers vous.

Commentaires du chapitre 5
Au ch. 5, 1-2, il y a ce que l’on voit en Christ, cette grâce qui agit dans l’homme et qui fait qu’il se dévoue à Dieu, quoi que ce soit en faveur d’autres. Il en est de même en nous et cette dévotion du cœur vers Dieu est la pierre de touche de l’activité du cœur chrétien.

Au sujet de la croissance, v.13, remarquons que les jeunes sont pressés de jouir des privilèges des adultes. Par contre, combien il est affligeant de voir que trop souvent il leur est égal de prolonger toute leur vie un état spirituel infantile.

Dans les v. 22 à 24, de même qu’on quitte un vêtement pour un autre, nous avons dépouillé le vieil homme et revêtu le nouvel homme. Le vêtement de quelqu’un ne passe pas inaperçu. Quel est le nôtre aux yeux de tous? Remarquons à la fin du ch. 4, et au début du ch. 5, les trois personnes divines qui sont là:

  • le Saint Esprit au v. 30
  • Dieu au ch. 5, 1
  • Jésus au ch. 5, 2

Reprenons quelques conséquences pratiques de l’appel. Les deux caractères de l’appel, à être un seul corps et à être individuellement tel que Christ dans la gloire, sont réunis depuis le ch. 4, 17 au ch. 5, 21 : il faut marcher d’une manière digne des deux caractères de notre appel. Le ch. 5 ajoute à ces vérités que nous possédons la vie, l’esprit et la nature de Dieu. Nous sommes faits lumière et nous pouvons marcher dans l’amour. Ainsi la conséquence ou la connaissance de l’appel de Dieu est d’une immense importance pour notre marche. Les exhortations relatives à notre appel collectif sont au ch. 4, 25 à 32. Le poids est mis sur le fait que nos rapports seront basés sur Christ et sur l’union des membres de son corps et selon la vérité. Au sujet du ch. 4, 25, on voit qu’il ne faut pas pardonner à moitié ou ne pas dire les choses à moitié. Dans la portée de ces exhortations dans un sens négatif, ce n’est pas maintenir l’unité du corps, mais c’est déshonorer le témoignage de Dieu. L’unité du corps doit influencer sur nos relations comme au ch, 5, 21. En étant deux à comprendre l’unité du corps, à l’extrême même sur toute la terre, il faut être soumis l’un à l’autre, s’exhorter l’un l’autre, dépouiller le vieil homme. En Col. 3, 5-8, c’est en dépouiller les actes du vieil homme. Le vieil homme lui est dépouillé, mais il faut en dépouiller les actes. Quand nous marchons dans l’amour, nous apportons  le parfum de Christ dans nos rapports les uns avec les autres. Et Christ nous est donné comme modèle à imiter. Encore deux caractères de l’amour: 1) l’amour descendant quand Christ s’est livré pour nous; 2) l’amour montant quand son sacrifice à Dieu monte en parfum de bonne odeur.

Dans notre appel et selon v. 7 à 13, il faut marcher dans la lumière et c’est une arme selon Rom. 13, 12.  Au v. 11 il y a lieu d’être interpellés. Dans ce monde, en tant qu’ayant une position céleste, nous avons besoin d’être réveillés (cf v. 14 et Es. 60, 1). Le cœur naturel de l’homme peut s’endormir parce que le vieil homme est en lui. Voilà notre tendance. C’est celle des vierges de la parabole. Aujourd’hui on oublie la vérité de l’unité du corps de Christ  et des dissensions se manifestent. Et si Dieu nous châtie, nous sommes réveillés pour un moment et nous nous rendormons de nouveau, d’où l’importance de ce v. 14: «Réveille-toi, toi qui dors».

L’épouse de Christ et les relations mutuelles.
Les v. 22 et suivants nous montrent les rapports de Christ avec l’épouse qui sont une forme nouvelle et plus intime d’unité comme membre de son corps (v. 30). Ces rapports sont basés sur une relation d’amour avec Christ et cela occasionne des conséquences pratiques dans notre marche, selon v. 22 et 23. Ainsi nos relations domestiques seront selon Dieu dans la mesure où nous connaîtrons la relation dans laquelle nous sommes avec Christ. Pour réaliser sérieusement le mariage chrétien, il nous faut connaître notre union avec Christ comme son Epoux. Et cette relation de l’épouse avec Christ, que nous avons en commun avec tous les chrétiens, doit avoir une influence prépondérante sur notre vie chrétienne. L’épouse c’est: l’attente collective du Seigneur.

En Apoc. 22, 16-17 il y aussi ce caractère d’unité sous la forme de l’épouse. En Apocalypse le Seigneur se présente l’Eglise comme son Epouse. Il est homme mais il est aussi Dieu et il est l’étoile du matin. Cet astre qui n’éclaire rien sur la terre mais qui illumine le ciel à son apparition. L’étoile divine qui va se lever pour nous à l’horizon. En Apocalypse nous avons l’ensemble de ceux qui lui appartiennent pour lui dire: «Viens». C’est une attente collective. L’Epouse ne peut exprimer son attente que par l’Esprit. Des milliers d’enfants de Dieu ne s’occupent pas de cet ensemble et de cette vérité. Une grande partie de notre faiblesse, dans l’attente de la venue du Seigneur, vient du manque de jouissance de nos relations avec Lui. Ce qui produit une attente réelle, c’est l’intensité de désir et la connaissance du lien qui fait de nous un tout: l’attente individuelle du Seigneur. Il est aussi dit en Apocalypse: «que celui qui entend dise: viens». C’est individuel et chaque chrétien est appelé à attendre le Seigneur. Il y a là un état inférieur de connaissance mais à ceux qui ne comprennent pas la relation de l’épouse avec l’époux, il est dit: «Que celui qui entende dise: Viens». Si nous ignorons l’attente collective, le Seigneur fait appel à notre attente individuelle. Confessons d’une part avec humiliation l’ignorance de nos relations mais ne nous décourageons pas d’attendre individuellement le Seigneur.

Dans ces relations, il faut aussi la crainte, cette sainte crainte. Il s’agit donc de reconnaître l’Epoux comme notre Seigneur. Cette pensée implique la crainte selon Eph. 5, 22-33. Cette pensée montre que Christ a des droits sur nous et il faut lui montrer la crainte et la soumission. Nous appartenons à celui qui a tout payé pour nous acquérir. Nous reconnaissons ses droits et nous le craignons. Et à la crainte se trouve associée à l’amour. Craindre le Seigneur n’est pas la peur, mais c’est reconnaître les droits absolus qu’Il a sur nous ainsi que la dignité souveraine de celui qui nous a acquis.  Reconnaître la seigneurie de Christ est un des grands secrets de notre vie chrétienne. Ainsi on met de côté notre propre volonté et on obéit à celle du maître. Nous ne choisissons donc pas notre propre chemin, notre église, nos relations mondaines, notre propre jugement du bien et du mal. Soyons donc conduit par notre unique conducteur et non par notre propre conscience. Nous serons soumis au Christ (v. 24) et du moment que la volonté de Christ  se fait connaître, on ne discute pas mais on fait cette volonté même sans la comprendre.

L’amour: il est précieux de connaître l’amour dans la relation de Christ avec l’assemblée et c’est ce qui caractérise la relation entre le mari et la femme. Puissions-nous sonder l’intimité de nos relations avec Christ.

Dans les v. 25 et 26, le fait que le Christ s’occupe de nous en amour, nous purifie et n’opposons pas un obstacle à cette sanctification et à cette purification dans notre marche. Le Seigneur nous purifie chacun individuellement mais aussi l’ensemble dans notre passage. L’œuvre de purification envers l’Eglise ne se terminera que lorsqu’Il se présentera son épouse glorieuse, v. 27. Ses conseils envers l’épouse seront pleinement accomplis les conseils de Christ mais aussi les conseils de Dieu quant à l’unité de sa famille dans son temple et du corps de Christ. Et si nous avons manqué à notre responsabilité, Christ ne manque pas à l’accomplissement de ses conseils.

Texte de la Bible du chapitre 6

1 Enfants, obéissez à vos parents dans le Seigneur, car cela est juste. 2 «Honore ton père et ta mère», (c’est le premier commandement avec promesse,) 3 «afin que tu prospères et que tu vives longtemps sur la terre» [Exode 20:12; Deutéronome 5:16]. 4 Et vous, pères, ne provoquez pas vos enfants, mais élevez-les dans la discipline et sous les avertissements du Seigneur. 5 Esclaves, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement, en simplicité de cœur*, comme à Christ, 6 ne servant pas sous leurs yeux seulement, comme voulant plaire aux hommes, mais comme esclaves de Christ, faisant de cœur la volonté de Dieu, 7 servant joyeusement, comme asservis au Seigneur et non pas aux hommes, 8 sachant que chacun, soit esclave, soit homme libre, quelque bien qu’il fasse, le recevra du Seigneur. 9 Et vous, maîtres, faites-en de même envers eux, renonçant aux menaces, sachant que et leur maître et le vôtre est dans les cieux, et qu’il n’y a pas d’acception de personnes auprès de lui.

10 Au reste, mes frères, fortifiez-vous dans le Seigneur et dans la puissance de sa force; 11 revêtez-vous de l’armure complète de Dieu, afin que vous puissiez tenir ferme contre les artifices du diable: 12 car notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la [puissance] spirituelle de méchanceté qui est* dans les lieux célestes. 13 C’est pourquoi prenez l’armure complète de Dieu, afin que, au mauvais jour, vous puissiez résister, et, après avoir tout surmonté*, tenir ferme. 14 Tenez donc ferme, ayant ceint vos reins de [la] vérité, et ayant revêtu la cuirasse de la justice, 15 et ayant chaussé vos pieds de la préparation de l’évangile de paix; 16 par-dessus tout, prenant le bouclier de la foi par lequel vous pourrez éteindre tous les dards enflammés* du méchant. 17 Prenez aussi le casque du salut*, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu; 18 priant par toutes sortes de prières et de supplications*, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications** pour tous les saints, et pour moi, 19 afin qu’il me soit donné de parler à bouche ouverte pour donner à connaître avec hardiesse le mystère de l’évangile, 20 pour lequel je suis un ambassadeur lié de chaînes, afin que j’use de hardiesse en lui, comme je dois parler.

21 Mais afin que vous aussi vous sachiez ce qui me concerne, comment je me trouve, Tychique, le bien-aimé frère et fidèle serviteur dans le Seigneur*, vous fera tout savoir: 22 je l’ai envoyé vers vous tout exprès, afin que vous connaissiez l’état de nos affaires, et qu’il console vos cœurs.

23 Paix aux frères, et amour, avec la foi, de la part de Dieu le Père et du seigneur Jésus Christ! 24 Que la grâce soit avec tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus Christ en pureté*!

— v. 5: litt.: de votre cœur.
— v. 12: ou: les [puissances] spirituelles de méchanceté qui sont. — v. 13: ou: accompli, mené à bonne fin. — v. 16: ou: brûlants. — v. 17: plutôt ce qui sauve que le salut en lui-même; comparer Luc 2:30; 3:6; Actes 28:28. — v. 18*: litt.: toute prière et supplication. — v. 18**: litt.: toute persévérance et supplication.
— v. 21: qui servait Paul, comme servant le Seigneur.
— v. 24: proprement: en incorruption.

Commentaires du chapitre 6
Le début de ce chapitre indique que les enseignements sont pour les enfants avec leurs parents, pères et enfants, serviteurs et maîtres, maîtres et serviteurs. Tout cela ce sont les soins du Saint Esprit. Ainsi le christianisme élève même des serviteurs à une position que les circonstances de leur avilissement social ne saurait affecter. Les exhortations pour les enfants doivent être dans le Seigneur. Et c’est précieux de pouvoir considérer les enfants qui appartiennent à ceux qui sont dehors et non pas à ce monde dont Satan est le prince. Ainsi les enfants ont droit à cette précieuse position d’être l’objet des soins que prodigue l’Esprit Saint à tous ceux qui sont dans la maison de Dieu. Il est très important de relever le devoir des enfants envers les parents. C’est le premier commandement auquel est rattachée une promesse: celle du v. 3. Au v. 4 ce sont les pères qui sont concernés. Les cœurs doivent être engagés envers eux. Il ne faut pas détruire la puissante garantie pour les enfants contre le mal  qui est dans ce monde. Cette garantie réside dans le fait que Dieu forme le cœur des enfants autour de ce centre heureux. Et le père doit veiller là à ce que l’affection des enfants soit attirée par ce centre et le père doit aussi élever ses enfants sous le joug de Christ, dans la discipline et sous les avertissements. Il faut les traiter et les élever comme le Seigneur les élèverait.

Remarquons dans ces passages que, dans les relations considérées, c’est du côté où la soumission est due que les exhortations commencent. C’est un caractère du christianisme dans un monde mauvais où la volonté de l’homme est la source de tout mal. Le principe de soumission et d’obéissance est le principe guérissant de l’humanité. Mais il faut y introduire Dieu et le principe qui gouverne le cœur de l’homme, l’homme pour le bien, c’est l’obéissance. Se départir de l’obéissance, c’est entrer dans le péché, et un père qui doit commander et diriger doit le faire en obéissant à Dieu et à sa Parole, comme Christ qui faisait la volonté de Dieu. Il faut être aussi soumis l’un à l’autre selon ch. 5, 21. Le point de départ de toute la vie d’un vrai chrétien c’est l’obéissance, selon 1 Pi. 1, 2. Et quant à l’esclave, quelle élévation, faisant la volonté de Dieu selon notre v. 6. Cela fait toute la différence de la condition d’un pauvre esclave. Le maître lui-même avait dans le ciel le même maître que l’esclave, un maître auprès duquel il n’y a pas d’égard à l’apparence des personnes (v. 9). Et c’est aux maîtres que l’apôtre donne ce dernier rapprochement, car le christianisme est délicat dans tout ce qu’il déploie et qui ne fausse jamais ses principes. Il est beau de voir la manière dont la doctrine divine entre dans tous les détails de la vie et jette le parfum de la perfection dans toutes les relations.

Ceci étant posé, relevons maintenant que le chrétien a des ennemis à combattre. Ce sont les v. 10 et suivants, bien connus. Pour le chrétien ces combats sont contre les principautés et les autorités, bref, cette puissance spirituelle de méchanceté dans les lieux célestes. Et si nous faisons un parallèle avec Israël, on voit que nous sommes dans le désert mais aussi dans les lieux célestes, ayant passés le Jourdain, étant morts et ressuscités avec Christ. Et pour jouir de cette position, le combat est devant nous et nous voulons en jouir d’une manière pratique. Et pour jouir de cette position, pour y mettre le pied, il faut la force du Seigneur. Et c’est de cela dont il est question au v. 10. L’ennemi est rusé et il s’agit de faire face à ce stratagème. Il faut s’armer de la panoplie de l’armure complète de Dieu et nos regards sont d’abord dirigés en haut, car c’est dans l’intimité des conseils de la grâce de Dieu que l’homme se fortifie pour le combat auquel il ne saurait échapper. Puis il faut l’armure complète car le manque d’une seule pièce nous expose à Satan de ce côté là. Quant aux ennemis à combattre, ils ont comme caractère d’être des principautés et des autorités, de posséder une énergie de mal dont la source et la volonté dominent ceux qui ne savent pas comment lui résister. Ces êtres ont aussi de la force pour faire valoir cette volonté. Ils tiennent leur énergie de Dieu, mais ils l’ont abandonnée.  La  source de leurs actions est dans leur propre volonté. C’est une action indépendante de Dieu. Ce sont des principautés et des autorités. Il y en a aussi qui sont bonnes et la volonté de celles-ci n’est que celles de faire ce que Dieu veut. Les principautés et autorités rebelles abritent les ténèbres de ce monde. Et ce monde qui n’a pas la lumière de Dieu est dans les ténèbres et les démons y gouvernent. Dieu n’est pas en cela si ce n’est qu’il tient le pouvoir suprême en toutes choses, faisant tout tourner à sa gloire et en résultat aux biens de ses enfants. Ces principautés dominent donc dans ce monde mais elles sont dans les lieux célestes et sont occupées là avec une méchanceté spirituelle et exécutent une influence spirituelle comme ayant la place de Dieu. Ces puissances ont aussi comme sphère de leurs exercices, les convoitises de l’homme et même les terreurs de sa conscience. Pour résister à ces ennemis il faut donc l’armure de Dieu. Et quand ces ennemis se manifestent il y a constitution de ces mauvais jours. Et ces mauvais jours dans un sens  c’est l’absence actuelle de Christ rejeté et dans cette période, cette puissance de méchanceté se montre parfois d’une manière plus particulière, cette puissance se fait parfois sentir plus que d’autres fois. Pour résister contre ces efforts, il faut tenir ferme. Il faut donc non seulement jouir en paix de Dieu et des conseils de Dieu, mais il faut maintenir ici-bas le témoignage pur et sans corruption. Il faut donc vaincre les ruses du diable puisque sa puissance sur nous est brisée. Si nous résistons aux tentations personnelles du diable, il s’enfuira de nous. Il sait qu’il a rencontré Christ et que Christ l’a vaincu. Mais les ruses du diable sont toujours là. Et remarquons qu’en mettant premièrement la chair de côté, l’ennemi n’a plus de prise. Et le tout se termine par la prière, c’est-à-dire par l’expression d’une entière et continuelle dépendance de Dieu dans laquelle le guerrier chrétien se trouve.

Examinons maintenant ces armes de Dieu pour les connaître. Ces armes sont pratiques. Il s’agit ici de résister à l’ennemi et de maintenir notre terrain contre lui. Devant Dieu nous n’avons pas besoin d’armure, car Christ lui-même est notre justice et nous sommes la justice de Dieu en lui. Tout est paix, tout est parfait. Mais dans ce monde nous avons besoin d’une armure réelle et pratique. Premièrement il faut avoir les reins ceints de la vérité au v. 14. Les reins sont la place de la force et quand ils sont ceints comme il faut, ils représentent les affections intimes et les mouvements du cœur. Si Satan prend possession du cœur alors cette pièce de l’armure ne sera plus apte à appliquer la vérité aux mouvements les plus intimes, au premier mouvement du cœur. Et ces reins, il faut les ceindre à tout moment, et cette œuvre se fait avec Dieu en appliquant la vérité à nos âmes en sa présence et en jugeant  tout en nous par ce moyen. C’est brider notre volonté, c’est faire jouir au nouvel homme d’une communion non interrompue avec Dieu. C’est aussi, comme ici, être gardé des attaques de Satan, c’est réprimer de mauvaises pensées, c’est se juger soi-même, mais c’est aussi l’action de la vérité qui agit dans la révélation de toutes choses comme elles sont de ce que Dieu enseigne et de garder ainsi le cœur dans ses pensées divines. Les reins ceints sont donc une figure communément employée pour représenter un esprit et un cœur gardé en bon ordre pour la Parole de Dieu et dans la présence de Dieu.

Dans ce même v. 14, il y a la cuirasse de la justice. Nous y trouvons donc une conscience qui n’a rien à se reprocher. Nous savons que Satan se sert de la conscience pour enlacer l’homme dans ses pièges. Et si l’on maintien la vérité, on a Satan pour ennemi. Et pour avoir une bonne conscience et marcher ainsi sans crainte, il faut marcher avec Dieu, pour l’amour de Dieu, pour l’amour de la justice. Voilà comment obtenir cette cuirasse et que l’on peut avancer sans crainte face à l’ennemi et l’on acquiert une bonne conscience devant Dieu par le sang de l’Agneau. Si j’ai une mauvaise conscience, je suis sans force, je suis fâché contre moi-même et je m’irrite contre les autres. Quand le cœur est en paix avec Dieu, et qu’il n’a rien à se reprocher, quand la volonté propre est tenue en échec, la paix règne dans l’âme, étant tels, nous sommes en paix, réalisant ce qu’est le Dieu de paix et la paix de Jésus remplit le cœur et nous en arrivons au v. 15 avec les pieds qui sont chaussés de cette paix, pour marcher dans l’esprit de paix. Et en rapport avec toutes ces armes, il y a une arme défensive qui est nécessaire par-dessus toutes les autres pour que nous soyons capables de tenir devant les ruses de l’ennemi. Cette arme est pratiquement maintenance dans sa force  pour l’emploi des précédentes: c’est le bouclier de la foi (v. 16), c’est-à-dire une confiance pleine et entière en Dieu, la conscience de sa grâce et de sa faveur maintenues dans le cœur. Ici la foi n’est pas simplement la réception du témoignage de Dieu, mais elle est l’assurance présente du cœur à l’égard de ce que Dieu est pour nous et une assurance fondée sur le témoignage qu’il a rendu de lui-même. La foi est la confiance dans son amour et dans sa fidélité ainsi que dans la puissance, et l’œuvre de l’Esprit est de nous inspirer de cette confiance et lorsqu’elle existe, les attaques de l’ennemi et ses efforts pour détruire et affaiblir nos cœurs sont inutiles. Les darhes tombent dans la terre sans nous atteindre. Alors deux choses sont vivantes dans nos esprits, le salut et la délivrance de Dieu : c’est le casque du salut et l’épée de l’Esprit au v. 17. Oui Dieu est pour nous et il l’a été quand nous n’avions aucune force, en nous donnant ce salut quand nous ne pouvions rien. Notre confiance est en Dieu lui-même et le casque du salut est sur notre tête; nous sommes donc munis de ce qui nous protège dans notre marche ainsi que dans la confiance pratique en Dieu et dans la connaissance de Dieu qui en découle. Nous devenons en état de nous servir des armes offensives, c’est-à-dire de l’épée de l’Esprit, cette arme c’est donc la Parole de Dieu au v. 17. Et c’est de cette arme que Jésus se servait pour répondre à l’ennemi. Cette arme place l’homme dans sa vraie position selon Dieu, comme homme obéissant dans les circonstances où il se trouve. Satan ne peut rien contre un tel homme et pour résister aux ruses du diable, c’est d’agir selon la Parole. Et cette épée, c’est l’épée de l’Esprit, c’est-à-dire que l’intelligence et la capacité de l’homme ne sont pour rien. Et derrière toute cette armure, il y a un état, une disposition: c’est la dépendance de Dieu qui s’exprime par la prière: «priant en tout temps» (v. 18). Cette prière est l’expression du besoin de l’homme, du désir du cœur. Soyons vigilants et diligents pour nous servir de cette arme. Et pour nous en servir en toute opportunité, la prière est fondée sur l’immense privilège d’avoir avec Dieu des intérêts communs, soit quant à nous-mêmes, soit quant à ceux qui sont siens et même quant à la gloire de Christ. L’apôtre connaît ces besoins et demande avec effusion de cœur l’intercession des saints.

Au v. 21 la mission de Tychique était l’expression de la certitude qu’avait l’apôtre de l’intérêt de l’amour des Ephésiens qui désiraient avoir de ses nouvelles. Il y a une preuve touchante de la confiance de l’apôtre et de leur affection. L’apôtre présente les Ephésiens comme jouissant des privilèges les plus élevés en Christ. Ils ne sont pas blâmés. Et la dernière chose que Paul avait à placer devant eux, c’était bien cette armure de Dieu pour repousser les assauts de l’ennemi et croître en paix vers la tête. Si l’apôtre ne parle pas de la venue du Seigneur dans cette épître, c’est qu’il suppose les croyants dans les lieux célestes, et non pas sur la terre, traversant ce monde en attendant qu’Il vienne les prendre et rendre le bonheur au monde. Ce que les saints attendent dans cette épître c’est que toutes choses soient réunies sous Christ, leur vrai chef, selon les conseils de Dieu, les bénédictions sont dans les cieux, le témoignage dans les cieux, l’assemblée est assise dans les cieux, le combat est dans les cieux.

Et pour terminer l’apôtre leur souhaite son souhait d’amour, de paix et de foi au v. 23. Terminant cette épître, par la salutation tracée de sa main, cette épître exposait la position et les privilèges des enfants de Dieu et de l’assemblée dans leur union avec Christ.
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