Épître aux Galates. 9ème livre du NT, 48ème de la Bible. Commentaires.

Retour au menu « Nouveau Testament »
♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

L’épître aux Galates


 

01

02

03

04

05

06

 AUTRES REMARQUES GÉNÉRALES

****** 

Introduction
Cette épître n’est pas adressée aux assemblées mais aux croyants dispersés dans la Galatie (cf Act. 16, 6 et 18, 23). Elle a été écrite probablement une à deux années avant celle aux Romains, c’est-à-dire vers l’an 56 ou 57. Remarquons qu’il y a une Galatie en Asie Mineure et une province romaine plus étendue qui s’appelait Galatia. Dans le cas de cette province, les assemblées d’Iconium, de Lystre et de Derbe seraient inclues. Cette épître, qui a plutôt le caractère d’une apologie, ne développe pas une vérité particulière. Par son contenu, elle se rapproche de celle aux Romains. Mais à l’inverse des Romains, elle ne pose pas la foi chrétienne mais elle s’oppose à des docteurs et à des doctrines qui cherchaient à rattacher le christianisme au judaïsme. La saine doctrine était falsifiée et les assemblées de Galatie, sans rejeter Christ et son œuvre, ont néanmoins prêté l’oreille à des hommes qui étaient jaloux de l’apostolat de Paul. Ces Galates aimaient une religion avec l’homme au centre ou, pour le moins, laissant place aux opinions et à l’activité de l’homme. Sans s’en rendre compte, ces hommes entrainent les Galates dans une chute. Devant tout cela, l’apôtre s’oppose aux efforts de l’ennemi et remet en lumière les premiers principes de la vérité chrétienne qui consiste en la justification par la foi. Donc cette épître est pour tous les croyants, pour tous les temps, pour les ramener à l’évangile, à ses éléments les plus simples telle la grâce. C’est ainsi qu’il y a de forts contrastes comme celui entre le christianisme et le judaïsme, entre la religion de l’Esprit et celle de la chair, etc. En rapport avec une telle situation, le début de cette épître est bien particulière en ce que le langage de l’apôtre est mesuré, froid, et reste froid dans toute l’épître. L’on y rechercherait en vain une expression de bien qui pourrait encore exister chez les Galates. Ces Galates se sont détournés vers un évangile différent. En les comparant avec les corinthiens, ces derniers étaient dans un meilleur état. Dans l’épître aux Galates, il n’y a pas d’expressions d’amour de l’apôtre envers eux comme c’était le cas dans celle aux Corinthiens. Mais c’est bien en raison de son amour, réel et fidèle, que l’apôtre ne peut laisser libre cours à sa tendresse  vis-à-vis des Galates. En s’adressant à eux, Paul s’adresse aux assemblées de la Galatie. Il ne les met pas en relation avec d’autres assemblées ou d’autres saints ou fidèles. Ces Galates sont en danger de renoncer au sentier de la volonté et d’abandonner la foi des saints. Ces Galates se trouvent isolés. Il suffit d’un pas pour les séparer tout à fait des autres croyants. Et bien dans cette épître, un mérite est d’éveiller en nous une conscience pour lutter contre le mal. Il y en a trop pour lesquels la vérité divine peut être altérée et la conscience rester insensible, cela même lorsque le mal est dévoilé et l’erreur vigoureusement réfutée à la lumière de la Parole. L’ennemi est aussi habile pour parer les erreurs de toutes sortes d’adjonctions propres à agir sur l’esprit et les sentiments. Ainsi, ces croyants peuvent l’oreille à la séduction et en même temps la fermer à la célérité. L’épître aux Galates nous apprend ce qu’il en est des fausses doctrines et de ceux qui les apportent. Les fausses doctrines sont du levain, aussi bien que le mal moral. Cette épître pose donc la question, ou l’a fait poser … mais combien y a-t-il de religions dans le monde? En réalité, il y a celle de la chair et celle de l’Esprit. La 1ère est aussi vieille que le péché et la 2ème aussi ancienne que la rédemption. Ces deux religions sont donc à l’origine de l’histoire de l’humanité et sont personnifiées en Caïn et en Abel. La religion de la chair a des prétentions dont 1) que l’homme en chute est capable d’acquérir une justice qui le fasse agréer de Dieu. 2) qu’elle ignore totalement l’état de ruine de l’homme et 3) qu’elle ignore l’état du monde. Ajoutons que la loi n’est pas une 3ème religion mais qu’elle a servi à prouver la ruine de l’homme et son incapacité à acquérir une justice devant Dieu. Il y a donc la religion de la chair en Caïn, puis la loi, religion que Dieu a donné à la chair dans le peuple Juif. La 3ème forme de la religion de la chair, qui est un véritable chef d’œuvre de Satan, pour tromper l’homme, se trouve dans les Galates. Nous y avons le commencement de cette nouvelle forme de la religion de la chair et qui s’est développée sous le nom de chrétienté. Cette religion n’était pas celle des Galates au début puisqu’ils avaient reçu l’Esprit en vertu de la foi. Au début, la religion des Galates n’était pas celle de la chair mais celle de l’Esprit. Mais tout a bientôt changé. Des docteurs judaïsant leur ont dit d’ajouter quelque chose à ce qu’ils ont reçu par le ministère de Paul. C’est la religion de la chair qui leur a été proposée. Ce n’est pas que la grâce est contestée mais l’on veut perfectionner le chrétien par la loi. On veut retenir la loi comme règle de vie. On veut détourner le chrétien de Dieu et de Christ. Il y a un mélange qui détruit la base du christianisme. Ceci donne un système nouveau qui, après avoir rétabli le vieil homme, n’accepte plus sa condamnation complète, ni sa mort, ni la crucifixion de la chair, ni l’anéantissement de la justice humaine, ni la condamnation définitive du monde. Ce système, modeste au départ, a fleuri depuis. C’est la religion d’aujourd’hui et l’aboutissement de l’incrédulité complète en est l’apostasie. Et bien il faut se séparer de cela. La religion de l’Esprit connaît ces choses et s’en sépare car elle est basée sur une toute autre connaissance, celle de Christ. En 2 Cor. 5, 17 «En sorte que si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles;». Ainsi donc les Galates, en accord avec l’épître aux Romains, est remplie de sujets tels que la justice divine, l’homme entièrement mis de côté, la loi sans force, le monde jugé, un nouvel et un second homme introduits, Christ avec lequel le 1er homme (Adam) n’a point de contact quelconque. Les Galates présentent aussi les 4 vérités que l’on trouve dans l’évangile que sont la fin du vieil homme pour introduire le nouvel homme, puis la fin de la chair (ch. 5, 24), et en 3ème lieu la fin de la loi et enfin la fin du monde (ch. 6, 14). Ne pas reconnaître cela, c’est abandonner le christianisme et voilà pourquoi l’épître aux Galates est la seule qui dévoile par amour le témoignage d’affection quoiqu’elle exprime les douleurs profondes d’un amour rempli d’angoisses qui va jusqu’à mettre en doute la présence de la vie divine chez les Galates (ch. 4, 19).

Commentaires du ch. 1   

Ch. 1 et 2

Partie historique

Ch. 1

L’évangile et l’appel de Paul # v.1 à 5 : salutations # v. 6 à 12 : l’évangile de Paul # v. 13 à 24 : l’apostolat de Paul

Tout, dans la conversion de Paul et dans son appel, élimine l’activité de l’homme. C’est même un disciple tout simple qui lui imposa les mains et l’engagea à être baptisé (Act. 9, 22). Dieu avait donc dirigé les circonstances extérieures à propos de la conversion et de l’appel de l’apôtre afin qu’il ne restât pas la moindre place à l’homme et à son intervention. Le temps fut venu pour Paul de commencer son service en tant qu’apôtre des nations. L’Esprit Saint (Act. 13, 2) fut en activité. L’Esprit Saint dans le passage cité et, dans le v. 1er de Galates ch. 1, Jésus Christ et Dieu le Père. En principe, il en est toujours ainsi. L’homme est absent. 1 Cor. 12 ainsi qu’Eph. 4, 1 indiquent que le Seigneur donne des évangélistes, que Dieu opère tout en tous, et que l’Esprit Saint distribue. Certes, les frères âgés d’une assemblée peuvent donner leur accord au service d’un frère, le recommander à la grâce spéciale de Dieu, mais cela n’a rien à voir avec l’appel. Au v. 4 «en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais». N’est-ce pas une chose oubliée facilement. Tant alors que maintenant, en ce que l’on veut retourner dans un monde qui a crucifié le Seigneur.

Versets 6 et suivants : après le début du chapitre qui constitue une d’introduction, Paul annonce sans aucun préambule, un sujet très important qui remplissait son cœur. Il est pressé comme Élihu en Job 32, 18. Oui, nous pourrions aussi être étonnés de ce que l’ennemi ait réussi, après si peu d’années, à troubler des chrétiens récemment encore si heureux et à les détourner du fidèle enseignement de l’apôtre. C’est le constat des v. 6 et 7. Mais n’oublions pas que ces croyants n’avaient pas la Parole de Dieu entre les mains, comme nous l’avons aujourd’hui. Toutefois, il était étonnant qu’ils se soient détournés si vite. À qui donc ces Galates ont-ils prêté l’oreille si ce n’est à des prédicateurs d’un autre évangile. Il n’y a pas 2 évangiles. Quand on ôte quelque chose à l’évangile de Dieu, et qu’on ajoute quelque chose d’humain, ce n’est plus l’évangile de Dieu. En acceptant cet autre message, on se détourne de Dieu et de son fils. Dans les Galates, le moyen de séduction qu’utilise l’ennemi, c’est la loi qui dit à l’homme «fais ceci, et tu vivras», c’est-à-dire le contraire de ce que Paul a annoncé. L’on ne dit pas qu’il faut abandonner Christ mais on veut placer son œuvre à côté de la personne de Jésus et de son œuvre. On veut ajouter la circoncision, mélanger la grâce et la loi. Et depuis ces jours le mal a beaucoup augmenté. Si l’on compare catholiques et protestants, il y a une très grande différence sous un rapport mais les deux sont sur le même terrain. On ne prêche pas la circoncision, on ne parle pas d’un retour à la loi, mais l’on place sa propre activité sous les formes les plus diverses. Les unes plus raffinées, les autres plus grossières, à côté de l’œuvre de Christ et même à sa place. Partout, il y a une tendance, à des degrés divers, à mélanger à la grâce des œuvres légales, des œuvres de propre justice. Ainsi, le christianisme, de nos jours, porte tout le caractère fatal de cette confusion de principes entre la loi et la grâce, entre la chair et l’Esprit, et cette confusion vise à troubler les âmes et à pervertir l’évangile de Christ. Alors Paul condamne au v. 8. C’est solennel et c’est l’Esprit Saint qui parle par l’apôtre. Rien ne doit être mêlé à l’évangile du Christ. Si quelqu’un ajoute à ce qui est reçu, qu’il soit anathème. On pourrait se demander ce qui pousse l’apôtre à parler d’une manière aussi sévère. Jalousie à cause de ces docteurs, sauvegarde de son honneur personnel … non, ce qui le pousse, c’est l’amour pur, divin, envers les Galates et une profonde sollicitude pour leur bien spirituel. L’apôtre se place sous les conséquences terribles qu’une telle manière de faire, de la part des faux docteurs, aurait (ou avait déjà) entraîné vis-à-vis des Galates. Il ne faut pas pervertir l’évangile de Dieu. De tels sentiments devraient remplir nos cœurs lorsque nous voyons tous ce que l’on offre aujourd’hui aux croyants. En laissant faire, on voit combien notre amour et notre sollicitude pour les frères sont petits. Quant à nous-mêmes, nous sommes responsables d’être vigilants à l’égard de ce que nous entendons ou lisons et de prendre garde à qui nous prêtons l’oreille. N’ayons pas la liberté de tout lire et d’aller partout. Remarquons aussi que dans ce domaine, le désir de plaire aux hommes joue souvent un grand rôle. On va ici ou là pour ne pas offenser des voisins ou des amis. Mais souvenons-nous qu’un cœur large et un esprit tolérant deviennent inquiétants et infligeants lorsque la vérité divine est en jeu. Que fait-on si la personne et/ou l’œuvre de Christ sont attaquées? Alors, v. 10, plaisons à Christ et supportons, en défendant la vérité, de s’entendre dire que nous n’avons pas d’amour, que nous sommes orgueilleux, intolérants mais recherchons l’approbation de Dieu. Ainsi, l’évangile de Paul n’était pas selon l’homme (v. 11).

Versets 11 et suivants : recevons l’évangile de Paul qui a été converti d’une façon extraordinaire et a reçu des révélations tout aussi extraordinaires (v. 12). L’histoire de Paul, qui était un ardent zélateur de la loi, condamne les Galates (v. 13 et 14). Paul a été mis à part dès le ventre de sa mère. C’est par lui qu’il plaisait maintenant à Dieu de révéler son Fils. Paul, un vase d’élection (Act. 9, 15), donne un enseignement pour notre joie et notre affermissement dans la foi. L’évangile de Paul ou «son évangile», c’est cette révélation spéciale en relation avec l’union de Christ de de l’assemblée qui est son corps. Il plût à Dieu de révéler son Fils en Paul. C’est différent de la déclaration faite à Pierre (Matt. 16, 17) dans laquelle Dieu lui révéla son Fils. L’évangile de Paul, c’est aussi l’évangile de la gloire du Christ (cf 2 Cor. 4, 4), en bref c’est l’évangile d’un Sauveur mort et ressuscité et chef du corps (Eph. 1, 2++). Ainsi donc l’évangile de Paul n’est pas selon l’homme. Il n’a pas reçu conseil des hommes (v. 16 et 17). Il reçut des révélations de Dieu. Il a aussi été formé dans le silence de l’Arabie cela après avoir prêché quelques jours dans la synagogue de Damas (Act. 9, 19-20). Puis, cette longue période de 3 ans, en Arabie, dont il ne nous est rien dit d’autre. Alors, après ces 3 années, il y a le second séjour de Paul à Damas. Ensuite, selon v. 18 et 19, il y a ce retour à Jérusalem qui fut de courte durée (v. 15). Là, il a vu le frère du Seigneur puis il alla en Syrie et en Cilicie. Les chrétiens glorifiaient Dieu en raison de la conversion de Paul (v. 21 à 24). Dans ces versets, nous apprenons que des assemblées de Judée, dont les saints n’avaient jamais vu l’apôtre, étaient cependant reconnaissants envers Dieu car celui qui persécutait autrefois les disciples annonçaient maintenant la foi qu’il détruisait jadis. Combien cela doit parler aux Galates, dont les assemblées furent formées par Paul, à la suite d’un travail pénible et persévérant. Hélas, ces Galates qui ont vu Paul à l’œuvre, ne comprennent plus. Ils blessent même son cœur et se laissent ensorceler par des séducteurs Juifs.

En résumé de ce chapitre premier, il ressort que le ministère n’est pas de la part des hommes, qu’il n’est pas par l’homme, et qu’il n’a pas besoin de l’homme (v. 1). Ensuite il ne s’adresse pas à l’homme pour le satisfaire ou lui complaire (v. 10). La prédication de Paul n’était pas selon l’homme et ni apprise à l’école de l’homme (v. 11 et 12). Paul avait été mis de côté pour lui substituer Christ mais Christ a été révélé en lui dans un homme nouveau et uni à lui dans un homme en Christ.




Commentaires du ch. 2

Ch. 1 et 2 Partie historique
Ch. 2 Les relations de Paul avec les autres apôtres

Au début du chapitre, il est fait mention de ces 14 années en partant depuis sa conversion (cf ch. 1, 18). Onze ans se sont donc passés depuis son 1er séjour à Jérusalem. Les ch. 11 à 14 du livre des Actes nous renseignent sur cette période. Paul fut à Tarse et alla à Antioche avec Barnabas qui était allé le chercher. C’est de là qu’ils ont commencé leur 1er voyage. La fin d’Actes 11 indique que ces hommes allèrent en Judée pour apporter le produit d’une collecte. Et là, Saul a été à Jérusalem juste, semble-t-il, en passant car, à la fin d’Actes 12, cette visite est mentionnée sans autre commentaire. En ce qui concerne la visite dont fait part Gal. 2, elle est commentée en détails dans le 15 des Actes. Les Actes rapportent les raisons extérieures qui engagèrent l’apôtre à entreprendre ce voyage; les Galates nous apprennent que c’est selon une révélation, c’est-à-dire selon une direction d’en-haut. Avec cette révélation, Dieu voulait que la question de la circoncision soit traitée à Jérusalem afin de maintenir l’unité dans le témoignage et dans le service. En même temps, Paul devait être amené dans une communion plus proche avec les autres apôtres. Cette question de la circoncision était aussi un sujet de dispute à Jérusalem (cf Act. 15, 5). Cette question menaçait de conduire à une grande rupture. Il fallait donc qu’elle soit résolue. Elle le fut et cela d’une manière heureuse car, après l’examen de cette affaire et après des débats parfois agités, et bien les exigences des croyants qui inclinaient pour la loi furent repoussées et la vérité de l’évangile fut conservée aux chrétiens d’entre les nations. Dans les v. 4 et 5, les motifs du voyage de l’apôtre à Jérusalem, et son attitude énergique pour la vérité, étaient autres. Il s’agissait de s’opposer à certaines personnes avec énergie, de les repousser et de se détourner d’elles. L’apôtre donne constamment de telles exhortations dans ses épîtres. C’est de cela qu’il s’agit dans les v. 4 et 5 à l’endroit de faux frères appelés tels du fait qu’ils ne veulent pas la vérité et ont l’intention d’épier la liberté qu’il y a en Christ. Paul ne songeait pas à discuter sur la vérité avec ces personnes égarées qui n’en voulaient pas. Ces personnes qui ne voulaient pas la vérité voulaient remettre ces croyants sous la servitude de la loi qui n’apporte à l’homme que malédiction et perdition. Paul est fidèle (v. 10) et ce n’est pas pour rien que des apôtres comme Jacques, Céphas et Jean (v. 9), considérés comme des colonnes, donnèrent à Paul et à Barnabas la main d’association pour aller vers les nations. Paul a eu un service béni et fructueux pendant des années et les preuves de sa mission et de ses aptitudes exceptionnelles avaient été données. Et dans les Galates, non seulement les efforts de l’ennemi en vue de placer les croyants sous le joug de la loi furent anéantis, mais aussi que le lien de la communion dans le service entre les différents conducteurs fut affermi. Dieu, une fois encore, fait ressortir le bien du mal que se proposait l’ennemi.

Mais, dans les v. 11 et suivants, Paul rapporte un épisode qui nous apprend combien peu il considérait les hommes, même s’ils étaient apôtres avant lui, qui se conduisaient comme si ils étaient des supérieurs dont il faut chercher l’approbation. Cet épisode inflige aux légalistes un coup d’autant plus sévère qu’il n’était pas prémédité et qui n’était nullement à la louange du très estimé apôtre Pierre, apôtre de la circoncision. La Parole de Dieu est vraiment, sous tous les rapports, pure, fidèle, sûre. La balance juste n’épargne personne. D’autre part, il est remarquable que Pierre n’eût jamais gardé rancune à son fidèle frère et co-esclave suite à ce blâme, sans ménagement, qu’il a reçu (v. 14). Pierre (2 Pi. 3, 15-16) mentionne le bien-aimé frère Paul. Bel exemple à suivre.

Ainsi, ce compte-rendu s’amorce au v.11 alors que les v. 1 à 10 continuait le sujet du ch. 1 en ce que Paul ne dépendait pas des hommes mais du Seigneur.

Paul y montre aussi combien l’évangile et la loi sont inconciliables. Oui dans cette suite du ch. 2, si la loi est une règle parfaite, elle est sans puissance pour l’homme dans la chair. L’Évangile révèle des choses célestes: Christ dans la gloire et nous transforme à son image. Lorsque Pierre veut retourner à la loi, Paul lui résiste en face. Si Pierre avait donné la main d’association à Paul, à Jérusalem, et bien ici à Antioche, l’apôtre lui résiste en face. La raison est donc que, selon v. 12 et 13, Pierre s’est détourné de ceux des nations lorsque quelques-uns, venus d’auprès de Jacques, sont venus. Pierre a eu crainte d’eux et de ceux de la circoncision dont Jacques est généralement tenu comme le représentant d’un christianisme encore en relation avec la synagogue de la loi. Pierre, influent, avait entraîné les autres Juifs, et même Barnabas, par sa dissimulation. L’influence de Pierre est grande. Elle est aussi pernicieuse. L’influence est généralement là lorsqu’un principe charnel, ou de coutume, et d’usage religieux, est en vue (cf Act. 11, 3). Il ressort qu’il n’était pas permis à un Juif, gardant la loi, d’entrer et de manger avec les incirconcis. Pierre, comme croyant, avait bien compris cela, en se rendant autrefois chez Corneille, centurion romain. Il avait aussi mangé à Antioche, chez des croyants d’entre les nations. Le passage de Galates 2 indique combien Pierre manque, en retournant chez les Juifs ou plutôt en se détournant de ceux des nations. Les conséquences d’un tel manquement sont graves. C’est le v. 14. En de telles occasions, l’ennemi pourrait insinuer que ce n’est pas grave. Toutefois, l’intervention de Paul démontre le contraire. Dieu désire voir en nous un sentiment plus profond pour tout ce qui regarde Christ et l’évangile. Paul devait intervenir d’autant plus énergiquement que Pierre se dérobait en agissant comme le fils de Jonas. Son énergie est particulière dans ce blâme du fait que cette intervention à Antioche a eu lieu après la solennelle rencontre de Jérusalem au cours de laquelle Pierre était intervenu avec hardiesse pour la liberté que Dieu avait donnée aux croyants des nations, lui qui fut choisi pour annoncer l’évangile aux nations au début des Actes. Paul discerne donc en Pierre ce mauvais penchant, dans la conduite de son compagnon de service, et l’interpelle ainsi devant tous (v. 14). Pierre, qui avait prouvé dans ses relations avec les croyants des nations qu’il était libéré avec ses frères Juifs dans la foi, du joug intolérable de la loi, veut-il désormais mettre les nations sous ce même joug, et les obliger à judaïser? Puis, dans les v. 15 et 16, Paul poursuit ce qu’il en est des œuvres de loi sans s’en référer toutefois directement à Sinaï. Ainsi, quelle que soit la loi qui est mise en avant, tout principe légal détruit la grâce et rend toute justification impossible (v. 17). Pierre, certainement, n’avait pas pensé lui-même à être trouvé «pécheur» et faire Christ «ministre de péché». Paul avait raison. Si l’on réédifie un système dont on a été délivré en Christ, c’est en quelque sorte condamner la délivrance dont il est question. C’est être trouvé pécheur et transgresseur (v. 18). Christ, qui incite à tourner le dos à la loi, et à ne chercher la justification uniquement en Lui, était devenu un ministre de péché. Quel résultat ! combien Pierre a dû être effrayé d’où l’avertissement pour nous aujourd’hui de ne pas rester sur des ordonnances religieuses extérieures et de reconnaître que, sur ce chemin, on ne fait rien d’autre que mettre la chair, c’est-à-dire l’homme, à la place de Christ.

Les deux institutions du christianisme sont le baptême et la cène. Et elles ont été beaucoup utilisées pour faire d’elles un oreiller pour la conscience et pour leur emploi extérieur à détourner les yeux de la personé et de l’œuvre de Christ. Être baptisé, et participer occasionnellement à la cène sont deux points extérieurs sans plus pour d’innombrable chrétiens professants. Là, se reposer sur des ordonnances signifie se reposer sur la chair. La loi (v. 19 à cf avec Rom. 7, 12) ne peut apporter que la mort. Dans tout ce passage, Paul parle de lui personnellement car il avait saisi tout cet enseignement pour lui-même. Mais il est clair qu’il est pour tous. Si Paul répète «je suis mort», je … je, etc, ce n’est pas sans intention et chaque lecteur ou auditeur sincère pouvait se poser la question «ceci, est-il vrai de moi, puis-je parler de cette façon?». Paul peut aussi s’exprimer au v. 20 «je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi …». Depuis que Paul avait vu Jésus sur le chemin de Damas il n’y avait plus pour lui que ce seul but, ce seul objet, vivre Christ. Vivre ainsi n’annule pas la grâce de Dieu car, v. 21, Dieu est glorifié. C’est donc la grâce seule qui a pu amener un tel changement et produire par ce moyen une nouvelle création dans laquelle les choses vieilles sont passées (cf 2 Cor. 5, 17). Ce v. 21 termine l’enseignement de Paul en condamnant ces pauvres docteurs de la loi et en montrant où conduisaient leurs efforts. Ce sont eux qui annulent la grâce de Dieu et qui privent Dieu de sa gloire en mettant les œuvres de l’homme à côté des opérations merveilleuses de Dieu et par là, dépouillaient la mort de Christ de toute signification, de toute valeur.

Dans les v. 10 à 13 Pierre, comme autrefois lors de son reniement, a peur de l’opinion. Combien nous-mêmes il s’agit de veiller sous ce rapport strictement sur nos actes. Certes, nous ne sommes pas en danger de tomber sous le joug de la loi mais ne serons-nous pas tentés de retourner dans le monde d’où la grâce de Dieu nous avait complètement libérés ! Ce sujet reviendra. Le chrétien est donc mort à la loi (v. 19), au péché (Rom. 6, 11), au monde (Gal. 6, 14), et aux éléments du monde (Col. 2, 9-10). Un chrétien affranchi de la loi est un chrétien qui est en Christ et Christ est en lui (v. 20). Nous avons le droit, et le pouvoir, de tenir la chair pour morte du fait que Christ est mort et que nous vivons sa vie de résurrection. En vivant en Christ, je traite la chair comme morte. Je ne suis pas débiteur de la chair. Désormais l’objet pour lequel la créature vit, c’est Christ. Et Paul vit dans la foi de Jésus Christ. Christ était la source de sa vie. Il était sa vie. Il en était aussi l’objet. C’est ce qui caractérise la vie de Christ en nous. Il en est l’objet Lui seul. L’épître aux Galates, comme le livre des Actes, confirment combien les premiers chrétiens d’origine juive avaient de la peine à se détacher des ordonnances, celles ce la circoncision, de l’observation de la loi. Une conférence avait eu lieu à Jérusalem pour régler ces questions en Actes ch. 15. Mais Satan ce ne renonce jamais volontiers à une arme dont il s’est déjà servi avec succès. Ainsi les Galates, bien que n’étant pas Juifs, étaient tombés dans ce piège et Paul s’attache à en montrer le terrible danger. Retourner à la loi, c’est engager les croyants à judaïser et à faire des œuvres. Cela revient à dire que l’œuvre de Jésus n’était pas suffisante. À ceux qui veulent faire quelque chose pour ajouter à leur salut, le v. 16 donne une réponse en ce que l’homme n’est pas justifié selon le principe des oeuvres.

Commentaires du ch. 3

Ch. 3 et 4 Partie doctrinale
Ch. 3 La foi et la loi

Si les chapitres 1 et 2 contiennent aussi une préface avec cette belle description du chrétien qui est individuellement affranchi à la fin du chapitre 2, et bien les chapitres 3 et 4 contiennent l’exposé doctrinal de l’épître.

Versets 1 à 14 : cet exposé commence à mettre sous nos yeux l’état lamentable dans lequel, sous l’influence d’un faux enseignement, était tombées les assemblées de la Galatie. L’apôtre décrit cet état avec des termes très forts car la ruine est à la porte. Satan réussissait à enlever la croix aux yeux de ces assemblées. Les Galates, par l’action du diable, en étaient là. Il y a une donc une source satanique dans cette entreprise pour égarer ces chrétiens. Les Galates ont-ils abandonné la croix qui est le fondement du salut ! (cf ch. 2, 20-21). Est-ce que les Galates avaient leur vie nouvelle caractérisée par les œuvres de loi, c’est-à-dire «fais ceci et tu vivras», eux qui avaient été caractérisés par le don du Saint Esprit? Non car c’est pas la foi qu’ils avaient reçu la prédication de l’évangile et qu’ils avaient été scellés du Saint Esprit. La croix avait mis fin à la chair de sorte que l’Esprit ne pouvait s’accorder avec la chair. Par la foi, il y a une nouvelle vie par laquelle rien de ce qui est de la chair ne peut entrer. Alors, est-ce à la chair qu’il faut s’intéresser pour être rendus parfaits? Et bien la partie doctrinale de cette épître va répondre sur cette question capitale. Tant que le chrétien est ici-bas, il y aura ce combat continuel entre la chair et l’Esprit. Et l’Esprit et la foi peuvent remporter la victoire et avoir le dessus. Voilà pourquoi ces 4 premiers versets montrent la folie d’achever par la chair ce qui a été commencé par l’Esprit. La loi s’accorde toujours avec la chair. C’est à la chair que la loi a été donnée comme moyen de se justifier devant Dieu. La vie de l’Esprit avait amené les Galates à la souffrance au début et maintenant, retournant à la loi, il se trouve que leurs souffrances avaient été vaines. Alors, dans les v. 5 à 9, et comme déjà vu au ch. 1, 6, la personnalité de l’apôtre disparaît lorsque Dieu nous parle de ce qu’il a opéré par son moyen. Dieu est ici celui qui fournit l’Esprit et qui opère des miracles au milieu des Galates. Et plus ces dons sont élevés, moins il y a de la place pour l’homme qui est mis de côté (ch. 1). Les Galates avaient reçu l’Esprit de cette grâce avec des dons miraculeux et cela provenait de la foi et non des œuvres de la loi. Abraham, qui cru Dieu, est un bel exemple. Il a eu son fils sur le principe de la foi. La bénédiction des nations dépendait de cela. Remarquons ces mots «l’écriture, prévoyant que Dieu,…» (v. 8). Ces mots indiquent la préscience absolue de Dieu quant à l’écriture dont les rationalistes ne veulent pas. Alors, dans les versets 10 à 14, il est démontré que si la foi nous place sur un terrain de bénédiction, et bien la loi nous place sous la malédiction. La loi n’est pas croire, mais faire. (v. 10 qui cite Deut. 27, 26. Avec la loi, il n’y a pas la montagne de Garizim mais uniquement celle d’Ébal. C’est pourquoi, ayant passé le Jourdain (cf Hab. 2, 4), il n’est pas question de faire mais de commencer par la justice et la vie de la foi. Dans Habakuk, il faut croire puis vivre alors que dans les livres du Lévitique et du Deutéronome, il fallait faire puis vivre. Mais pour nous, il y a plus. En effet, il y a Christ qui nous a racheté de la malédiction de la loi étant fait malédiction pour nous. C’est le seul qui méritait la bénédiction et le seul qui ne pouvait être atteint par la malédiction. Mais ce qu’il n’était pas, c’est-à-dire malédiction, et bien il a été fait malédiction pour nous, sans aucun motif si ce n’est son amour envers le pécheur en se chargeant de ses péchés. Jésus est fait malédiction mais la bénédiction ne se fait pas attendre car cette bénédiction d’Abraham parvint aux nations dans le Christ Jésus (v. 14).

Ainsi ce chapitre est rempli de ces 2 grandes vérités : la foi et l’Esprit.

 Versets 15 à 20 : les bénédictions d’Abraham, ainsi que la foi, les promesses, conduisent à l’alliance, l’alliance de Christ. En cela, la loi n’a aucune place. Les promesses sont le fruit de l’alliance de Dieu avec Abraham. Elles sont confirmées à la semence d’Abraham qui est Christ. La loi ne change rien à tout cela, elle ne change rien au propos arrêté de Dieu et au système de la grâce. Il en va de même de l’héritage des nations. Remarquons en passant que la loi n’a jamais rien donné mais elle a toujours exigé. Cette loi, qui a été ajoutée à tout un système existant en soi, avait pour but de faire ressortir le mal, le péché et plus encore pour ajouter la transgression au péché, une transgression délibérée. Voilà pourquoi elle avait été établie. Comme résultat, le pécheur devenait un pécheur convaincu et amené en jugement. Tout cela jusqu’à la venue de Jésus. La loi était un système ordonné par les anges (v. 19). Elle n’avait, comme la grâce et la promesse, sa source directe en Dieu. La loi était, si l’on peut dire, un système secondaire avec un but spécial qui n’était pas établi pour l’éternité. Moïse, qui l’avait donnée, était médiateur entre le peuple et Dieu. Le système de la loi était absolument conditionnel; le système de la grâce (v. 20) y est opposé. La grâce donne et ne demande rien en raison de Christ sur lequel toutes les bénédictions sont éternellement établies.

Versets 21 à 29 : aucun antagonisme entre la loi et les promesses. Ici, la vie est introduite en dehors de la loi et le but pour lequel la loi a été donnée est aussi mentionné. Ce but n’était pas de faire vivre mais de montrer, par l’Écriture, que toutes choses étaient renfermées sous le péché. La loi a montré la complète perdition de l’homme. Elle l’a même prouvée. Sous le régime de la loi, aucun espoir; nul n’échappait. Dès lors, un seul moyen restait à l’homme. C’est la foi qui saisit la promesse inconditionnelle offerte à quiconque sur le pied de la grâce. Au v. 23, l’apôtre s’adresse aux Juifs qui avaient reçu la loi. Les Juifs étaient spécialement sous la conduite ou la gouverne de la loi dans l’attente de la venue du Messie. Puis la foi étant venue, les Juifs n’étaient plus sous le gouverneur de la loi. Tous étaient sur le même pied, aussi bien les Galates que les Juifs. Les Galates n’avaient pas été baptisés pour Moïse mais pour Christ. La portée de leur baptême avait Christ et non Moïse pour sujet. Ils avaient revêtu Christ. Toute distinction n’était plus car tous sont «un» dans le Christ Jésus.

Ainsi donc, cette épître est nécessairement élémentaire car les Galates abandonnaient les fondements et l’apôtre insiste sur cela. Cette épître présente aussi le principe sur lequel Abraham était placé devant Dieu et la déclaration que c’était en lui que les Gentils seraient bénis. À propos des anges, qui brillaient dans la gloire du Sinaï, le Psaume 68 en fait part.

Au ch. 2 les sujets de la justification et de la vie étaient là, au ch. 3 l’Esprit. Et tout cela est nôtre par la foi. Par contre, des œuvres de loi ne peuvent qu’apporter le jugement et la mort. Les Galates l’avaient compris. En général, on se converti et on est scellé du Saint Esprit. Mais chez des âmes très faibles, il peut y avoir la foi, mais pas encore cette foi qui saisit Christ seul et se détourne de tout. Mais Dieu fera son œuvre dans cette âme. Et l’œuvre achevée, cette âme réalisera ce que veut dire «être scellé du Saint Esprit» (cf Rom. 8, 15; Eph. 1, 13). Puis, en rapport avec la malédiction de Christ,  elle nous montre la complète identification de Christ avec la condition de ceux qui étaient sous la malédiction de la loi. Il a pris leur position dans la pleine acceptation du terme et cela devant Dieu. Voilà pourquoi la malédiction a pu être éloignée de nous en justice et que la grâce a pu être donnée. Si les ch. 3 et 4 mentionnent la doctrine du salut par la foi, les ch. 5 et 6 présentent la vie pratique du racheté sous la grâce.



Commentaires du ch. 4

Ch. 3 et 4 Partie doctrinale
Ch. 4 La position de fils et non plus d’esclave

Le chapitre 3 a montré la différence entre la loi et la foi. Il a aussi traité les rapports entre la promesse et la loi. Il a aussi présenté, enfin, le but de la loi comme conducteur jusqu’à Christ. Avec le chapitre 4, l’apôtre donnera un enseignement sur la condition des croyants sous l’ancienne alliance et comment, sous la loi, ils ont été rachetés par Christ afin de recevoir l’adoption. Puis l’apôtre montre, en prenant Agar et Sara pour type, comment la loi enfante pour la servitude et exclut l’héritage alors que la grâce a pour résultat la liberté et conduit à la bénédiction.

Versets 1 à 11 : incompatibilité absolue de la religion de la chair avec la religion de l’Esprit. Les principes de la religion de la chair sont exactement les mêmes dans le judaïsme que dans le paganisme. Quant à la religion de l’Esprit, ces principes sont basés sur la foi et la grâce. Ce sujet sera repris au chapitre cinquième lorsque des exhortations découlant de la doctrine exposées dans les chapitres 3 et 4 seront données. Et selon les v. 1 à 11, les points de contact entre la religion du Juif sous la loi et celle du Gentil plongé dans l’idolâtrie sont mis en relief. Ainsi, avant le don du Saint Esprit, et avant la Pentecôte, les Juifs, ainsi que les disciples avec eux, étaient encore en bas âge. C’est le cas de tous les croyants Juifs avant la formation de l’Église. Ils sont comme un esclave dont la dignité future est cachée et c’est le Père qui allait révéler l’époque où ils seraient déclarés héritiers. Oui quel contraste avec la description d’un chrétien affranchi (selon ch. 3, 27 à 29). Et l’on voudrait faire retourner à l’enfance ces croyants de Galatie. Il ne s’agit pas de mépriser les privilèges juifs mais, ce que ce peuple possédait, était en attente d’avoir mieux. Ces Juifs étaient asservis sous les éléments du monde tout comme les idolâtres. Les idolâtres avaient des principes de vouloir faire, etc, afin de se rendre les idoles propices. Il fallait donc observer certaines fêtes et aussi s’abstenir de certaines choses. Ces prescriptions sont différentes de la pensée de Dieu. Elles servent cependant à convaincre l’homme de son état de péché. Ce fait d’observer et de s’abstenir repose sur 3 principes qui sont 1) que l’homme est perfectible 2) que l’on peut s’approcher de Dieu et acquérir une justice acceptable et 3) que le monde n’est pas condamné. Le ch. 5, en particulier ses versets 1 à 5, indiquera comment le chrétien est mort avec Christ à tous les éléments du monde. Oui, l’accomplissement de ce temps de l’enfance est bien là. Et ainsi Dieu a envoyé son Fils né de femme sous la loi. Le terme recevoir l’adoption a une portée qui dépasse de beaucoup les bénédictions juives. Cette adoption était aussi bien pour les Juifs que pour les Gentils d’où l’expression nous reçussions. Il s’agit de recevoir la position de fils comme un don gratuit de Dieu lui-même. Cela était nécessaire car le Juif était dans la position d’esclave alors que le Gentil n’avait aucun droit quelconque à la bénédiction. Puis, une fois la relation établie, il y a une intimité qui nous fait dire «Abba, Père» (v. 6 cf Rom. 8, 15). Ces Galates d’entre les Gentils sont ainsi en danger de retourner aux éléments religieux du monde. Ces éléments, quant au principe, sont identiques pour les Gentils et les Juifs, d’où aussi la citation de 2 Chr. 13, 9 en relation avec le v. 8. Ceux qui veulent les ramener aux éléments du monde sont ces faux frères Juifs sortis du judaïsme. Devant tout cela, l’apôtre craint que son travail soit vain. Remarquons aujourd’hui que les principes de la chrétienté, lorsqu’ils ne sont pas la négation de la Parole de Dieu, ne diffèrent en rien des éléments du monde, tout comme cette épître nous présente ces éléments en rapport avec le judaïsme ou la paganisme. Tous les efforts de l’homme pour s’approcher de Dieu sont inutiles. Notre seule ressource, c’est la foi en un Christ mort et ressuscité.

Versets 12 à 20 : l’apôtre supplie les Galates d’être comme lui, c’est-à-dire d’abandonner tout privilège juif, en les considérant comme une perte, voire comme des ordures, afin de gagner Christ. Paul, dépouillé de tout, ce dont un Juif aurait pu se vanter, était assimilable à ces Galates sortis du paganisme sans avoir droit à rien. Paul avait en plus cette infirmité, cette écharde dans la chair qui faisait de lui un être faible, pauvre, même un objet de dégoût. Mais Dieu accomplissait sa puissance au travers de ce vase. Et l’expérience est salutaire lorsque l’impression sanctifiante de l’épreuve qui atteignait l’apôtre est là; même s’il est question des yeux, que ces Galates auraient donnés à l’apôtre, rien ne nous autorise à dire que cette écharde résidait en cela. La Parole ne juge pas utile de nous en révéler la nature exacte. Les efforts de l’ennemi sont donc là afin que la vérité enseignée par Paul ne soit pas reçue. Revenir aux observations et aux abstentions de la loi fait agir comme si Christ n’avait pas été formé en eux. L’apôtre était ainsi comme en travail d’enfantement à leur égard.

Versets 21 à 31 : l’exhortation se fait toujours plus pressante. Elle montre à ces Galates la folie de ceux qui cherchent à les séduire. Et l’on devient aussi fou en les écoutant. Ces versets démontrent que les 2 systèmes de la loi et de la promesse sont inconciliables. Ce passage est un principe pour indiquer que, lorsque nous avons la chair, nous l’avons jusqu’à la fin (v. 13 et 14). Mais la différence, c’est que le croyant ne tire pas son origine de la chair alors qu’Ismaël, fils d’Agar, la tire. Quant au croyant, quoique ayant été complètement libéré de l’esclavage de la chair, il y a lieu de veiller continuellement afin de ne lui donner aucun prétexte de se montrer et d’agir car nous avons été enfanté non par la servante mais par la femme libre. Isaac, né de la promesse, n’a rien à faire avec la chair. Sara était stérile et la vie d’Isaac provint uniquement de l’Esprit et de la fidélité de Dieu à ses promesses. Il y a insistance sur l’allégorie présentée avec Agar et Sara car ce sont 2 alliances. Agar ou Sina correspond à la Jérusalem de maintenant, qui est dans la servitude avec ses enfants. L’autre Jérusalem est la Jérusalem d’en haut. Il y a cette seconde alliance qui n’a rien à voir avec Sinaî. Cette seconde alliance, c’est cette femme libre qui est notre mère, qui nous a enfanté. Nous sommes sortis d’elle, de la libre alliance de la grâce. Pareillement à Isaac, nous sommes enfants de promesse et cette femme libre est notre mère. C’est la citation d’Es. 54, 1-2. Entre ces différentes sources, il n’y a pas de point commun d’où le «chasse la servante et son fils». Ceux qui ont été amenés par le ministère de l’apôtre n’ont rien de commun avec ceux dont il est fait mention dans ce passage. Il y a donc une différence entre ceux qui sont fils de la femme libre et ceux qui sont engendrés sous l’esclavage. Précisons encore, dans ce passage difficile, que la Jérusalem d’en haut (v. 26) n’est pas la Jérusalem céleste mais la Jérusalem fondée sur la grâce d’origine divine et non sous la loi. Il en est de même de la femme qui représente Israël en Apoc. 12.


Commentaires du ch. 5

Ch. 5 et 6 Partie des exhortations
Ch. 5 La liberté du Christ et la marche par l’Esprit

   

Versets 1 à 10 : n’y avons-nous pas la conclusion de tout ce qui précède? Le point principal est que Christ nous a affranchi. Cet affranchissement consiste dans la délivrance du joug de la loi et du joug du péché. Il est rare de rencontrer des chrétiens qui réalisent une telle délivrance. Trop de chrétiens se contentent de l’œuvre de la croix et de l’assurance qui donne un accès en justice devant la face de notre Dieu. L’affranchissement va plus loin. Non seulement Christ est mort pour nous, mais nous sommes morts avec lui, morts à la loi qui a épuisé sur Christ crucifié toute sa puissance de condamnation, morts aux péchés dans la chair puisque ce jugement a été exécuté sur Christ, morts enfin au monde puisque ce monde a été définitivement jugé par la résurrection de Christ qui l’avait fait mourir. Ainsi, une religion selon la chair est basée sur les principes de l’homme et n’a pas de raison d’être. L’affranchissement nous place dans la vraie liberté. Nous sommes des enfants de la femme libre.


Ce chapitre montre à nouveau Paul exhorter les Galates à tenir ferme contre l’ennemi qui voudrait les réduire à l’esclavage par la circoncision. Cet acte est de peu d’importance en apparence mais il est l’engagement solennel d’accomplir toute la loi. En tombant dans ce piège, pour faire plaisir aux Juifs, ces Gentils, ces Galates, perdent tous les privilèges qu’il y a dans le Christ. Le régime opposé à la loi est diamétralement différent (v. 5). Le régime de la loi a la chair pour base alors que celui de la grâce a sa source en Christ et se résume dans son œuvre et dans sa personne. C’est le régime de la liberté, le régime de la grâce qui est le plus complet car il nous apporte la foi, l’Esprit et la justification. C’est très indépendant de l’homme et c’est très complet. Et la justice a une espérance qui est la gloire. Voilà le christianisme dans sa plus simples expression dont le v. 5 ne dépasse cependant pas les conséquences de la justification par la foi. Mais l’affranchissement de la loi est le sujet capital de l’épître aux Galates. Ce sujet a pour conséquence la mort du vieil homme, la condamnation de la chair par la croix de Christ, la mort au monde. L’épître aux Romains nous présente le combat qui mène à l’affranchissement; celle aux Galates montrent plutôt les conséquences du non affranchissement. Le v. 6 introduit l’amour avec cette chose efficace de la foi opérante, précisément, par l’amour.


Les v. 11 et 12 (cf Act. 16, 3) rappellent ces faux frères qui disaient que Paul prêchait la circoncision (cf ch. 2, 4 avec les mensonges sous-entendus). Si cela est vrai, pourquoi Paul est-il persécuté par les Juifs? Puis, avec les v. 13 à 15, le 3ème grand sujet de cette épître commence. Le 1er sujet était de montrer ce que l’homme était aux yeux de Dieu. Le second était la loi. Le 3ème trait est celui de la chair en opposition avec l’Esprit. L’apôtre indique aux Galates que la faveur accordée par l’affranchissement, c’est-à-dire la liberté (v. 1 et 13), les oblige à une vie pratique que la loi ne peut pas octroyer. Ceux qui sont du Christ ont crucifié la chair (v. 24). Ainsi la liberté ne sert pas la chair mais elle est au service de l’amour, de la famille de Dieu. La loi ordonnait l’amour mais l’Esprit de Dieu l’accomplit. C’est l’aboutissement du régime de la grâce. Et, même avec la grâce, il est tristement possible de se dévorer, ce qui amène le renversement du témoignage. Au v. 15, la parole d’avertissement de l’apôtre était à l’attention des deux parties mais sans doute, surtout, à ceux d’entre eux qui étaient légaux. Mais prenons garde que l’amour ne manque pas de l’autre côté aussi. Ne soyons pas conduits par la chair mais par l’Esprit.


Versets 16 à 26 : conséquences pratiques de l’affranchissement. L’apôtre insiste afin que nous ne déshonorions pas Christ; c’est difficile du fait que la chair est en nous. Pour honorer Christ, il faut marcher par l’Esprit. Avec une telle marche, la convoitise de la chair est impossible. La chair et l’Esprit s’excluent mutuellement d’où cette lutte continuelle. En dehors de ces 2 principes, il y a l’homme qui contient et l’Esprit, et la chair, d’où la victoire ou la défaite dans la lutte engagée. Les œuvres de la chair (v. 19 à 21) sont manifestes; la loi, d’origine divine, s’y oppose. Mais la loi ne fournit pas le moyen de résister à ces choses. Ces œuvres de la chair condamnent l’homme qui n’a aucun droit au royaume. L’Esprit n’a aucun rapport quelconque avec ces œuvres charnelles. Alors il y a le fruit de l’Esprit (v. 22 à 26). Ce fruit forme un bloc dans lequel tout se tient. Contre un tel fruit, il n’y a pas de loi. Il y a, dans ce fruit, les résultats en nous relativement à l’œuvre de Dieu (3 résultats), puis relativement aux hommes (5 résultats), et relativement à nous-mêmes (1 résultat qui est celui de la tempérance). Alors, pour le croyant, la conclusion est au v. 25. C’est de marcher par l’Esprit. Puis le v. 26 établit la liaison avec le chapitre 6 qui évoquera le monde. Et puis chez l’homme, outre les œuvres de la chair, il y a ce désir de s’acquérir un nom dans le monde et cela s’appelle «la vaine gloire». Si Christ voulait approuver le vieil homme, Christ ne serait plus Christ. Ainsi donc, le monde, le vieil homme, ne supporte par Christ. L’homme est toutefois religieux et sent le besoin d’une religion même perverse. Le prince du monde se servira de la religion charnelle pour exciter la chair. Une fois réveillée, cette religion charnelle devient l’ennemie de la religion spirituelle. En agissant en grâce, la volonté divine est que nous soyons au-dessus du péché donc en-dehors de sa domination. La chair voudrait profiter de la grâce comme une occasion de pécher sans contrainte. La vraie sainteté est accomplie sans la loi. La justice non plus n’est pas fondée sur la loi. La puissance et la règle pour la sainteté proviennent de l’Esprit et non de la loi. Remarquons, dans ce ch., que l’Esprit nous fait vivre (v. 25). Marcher (v. 16 et 25) «par l’Esprit», cet Esprit qui s’oppose à la chair (v. 17), nous conduit (v. 18), amène à maturité (v. 22). Mais, pour porter ce fruit, il faut réaliser le v. 24, à savoir «crucifier la chair» car on est «du Christ».

 

Commentaires du ch. 6

Ch. 5 et 6

Partie des exhortations

Ch. 6

Les conséquences pratiques

Versets 1 à 10:
conclusions pratiques tirées de toute la doctrine de cette épître. Comme cela a été considéré, seuls peuvent subsister, devant Dieu, ceux qui sont nés de l’Esprit, qui sont dans le Christ, et qui appartiennent à ce second homme qui est Christ. Mais la chair ou le vieil homme se trouve même dans un homme en Christ qui peut ainsi se laisser surprendre par quelque faute (v. 1). Les hommes du v. 1 sont des hommes spirituels qui ne sont pas tombés pour avoir oublié le caractère du nouvel homme. Néanmoins, si un tel homme fait une faute, il faut le reprendre dans un esprit de douceur.

Puis l’exhortation des v. 2 à 5 s’adresse à ceux qui ont des rapports entre eux. L’amour peut conduire à porter les charges les uns des autres. En cela, Christ est le parfait modèle. Ceux qui voulaient ramener ces Galates à a loi ne touchaient pas à ces fardeaux ou alors seulement d’un doigt (cf Luc 11, 46 en contraste avec Rom. 12, 2; Phil. 1, 10 et Eph. 5, 10). Ainsi ces faux frères ne peuvent se glorifier de rien. Ils n’avaient pas travaillé pour le Seigneur. Ces faux frères ne portaient pas la charge de leurs frères de sorte que chacun portait son propre fardeau.
Le v. 6 est, ou semble, abrupte … là où il se trouve. Voyons deux explications. D’une part, nos cœurs peuvent bien recevoir la Parole puis être occupés de leurs propres intérêts plutôt que de penser aux intérêts des ouvriers du Seigneur. Faisons participer les serviteurs du Seigneur à l’hospitalité, à la nourriture, aux vêtements, etc. C’est l’aide pécuniaire. D’autre part et comme deuxième explication de ce v. 6, il peut faire allusion à une manière détournée aux prétentions des judaïsants qui auraient pu se vanter auprès des Galates de ne pas chercher les biens temporels et de n’avoir d’autre but, en enseignant, que le perfectionnement des Gentils en contraste avec Paul qui, ayant reçu grâce et apostolat pour l’obéissance de la foi des nations, les exhortait à la libéralité. Ainsi ces faux frères auraient pu avoir un autre but que l’argent en désirant avoir des adeptes tout en excluant l’apôtre.
Les v. 7 à 10 reviennent au sujet immuable de l’épître en relation avec la religion de la chair qui ne peut pas se concilier avec celle de l’Esprit. Vouloir confondre ou réunir ces religions revient à se moquer de Dieu. La religion de la chair mène à la corruption alors que celle de l’Esprit mène à la vie éternelle. Préférer les semailles de la moisson de la chair aux semailles de la moisson de l’Esprit, c’est se moquer de Dieu. Et pour l’Esprit, la communion avec Christ signifie aussi «faire du bien».

 

Versets 11 à 16 : quelle sollicitude de l’apôtre pour ces assemblées de Galatie, ces assemblées qui sont en danger. C’est la seule occasion que mentionne la Parole avec le fait que l’apôtre écrit une lettre en entier de sa propre main. Et ceux qui désirent circoncire n’observent même pas la loi. Alors pourquoi cette circoncision … si ce n’est pour en tirer du profit pour soi-même et de se glorifier dans la chair. Ces hommes reculent devant l’opprobre du Christ et attachent à leur religion que des formes judaïques car ils ne pouvaient se résoudre à avoir mauvaise apparence ni à répudier entièrement la chair comme une chose qui ne mérite que la croix (cf ch. 5, 24). Appartenir à une religion qui condamne le monde est très déshonorant pour la chair. La vraie religion fait perdre la gloire que nous aurions investi devant d’autres.
Et le mot de la fin, c’est de se glorifier en la croix de Jésus (v. 14). Cette épître est la croix appliquée à tout ce qui est de l’homme. Ce mot de la fin rejoint celui du commencement selon ch. 1, 4 «qui s’est
donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu’il nous retirât du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père». Ainsi, en conclusion, il ne reste rien de l’homme ni de la loi. Ce qui subsiste pour l’homme, c’est ce qui a trait à la nouvelle création (v. 15). Alors, pour ceux qui marchent selon cette règle, c’est la paix et la miséricorde (v. 16). Et cette bénédiction embrasse l’Israël de Dieu représenté aux Israélites qui reçoivent l’évangile.

 

Enfin, les versets 17 et 18 indiquent que l’apôtre ne veut pas de nouveaux troubles sur ce sujet car tout est dit. L’apôtre lui-même porte dans son corps les marques que la vérité apporte aux fidèles. La vérité attire des marques car les adversaires ne peuvent pas les porter. Ce sont les marques du Seigneur Jésus, ces marques que l’on verra sur son propre corps.

Paul a donc écrit cette épître de sa propre main. D’habitude il utilise un frère comme Tertius dans l’épître aux Romains et habituellement il termine ses lettres de sa propre main comme garantie de leur exactitude (cf 1 Cor. 16, 21 et 2 Thes. 3, 17). La preuve est là, en ce que Paul attache à ses écrits qui n’étaient pas de simples lettres d’homme à homme. Ils contiennent une autorité qui exige l’emploi d’une telle précaution. Remarquons que le monde acceptera une religion qui tolère son esprit et s’adapte à la chair qu’il veut épargner même si un tel peut ressentir des privations. L’important, dans ces cas, est le «moi» soit en activité, même s’il faut connaître des privations. On ne veut pas de la grâce suffisante de Dieu qui condamne la chair qui est incapable du bien, comme n’ayant rien fait de bon en elle, ce que proclame la croix. Autrement dit, ce qu’est l’homme en Dieu, et ce que sont la sainteté et l’amour, revêtent aux yeux du monde la plus entière dégradation car cela met à bas tout orgueil. En regardant à la croix de Christ, on ne se glorifie pas soi-même.

 

Au sujet des stigmates de l’apôtre (v. 17), ce sont les stigmates du Seigneur. À l’époque, un esclave était marqué d’un fer chaud pour indiquer à quelle personne il appartenait. Les blessures qui avaient été infligées à l’apôtre montrent clairement et entièrement qui était son maître. N’avons-nous pas les belles initiales de Jésus dans ces marques?

 

Dans l’entier de cette épître, il est ressorti qu’un retour au judaïsme est jugé comme étant identique à l’idolâtrie païenne. Christ vit en nous en contraste avec le moi. Mais comme vérité systématique cette épître ne montre ni le croyant en Christ, ni Christ dans le croyant.

 

 

Autres remarques générales

Paul, dont le nom est mentionné aux ch. 1, 1 et 5, 2, en est l’auteur. Du ch. 1, 11 au ch. 2, 10, il est clairement mention de lui. Plusieurs pères de l’Église font mention de cette lettre.

  • Les Galates, tout comme les Gaulois, habitants primitifs de la France actuelle, sont d’origine celte. Au 3ème siècle av. J.C., ces Celtes s’établirent dans une région où se trouvaient des centres urbains importants dont Ancyre, l’Ankara d’aujourd’hui. Les Romains, vers l’an 25 av. J.C., englobèrent en une seule région le territoire des descendants celtes avec des contrées plus méridionales, celles de Pisidie, Phrygie et une partie de la Lycaonie, comprenant les villes d’Iconium, Lystre, Derbe et Antioche de Pisidie. Ainsi, la lettre de Paul peut, ou ne peut pas, comprendre cette dernière extension. Mais, afin d’établir la date de rédaction de cette épître, cette dernière question relève de quelque importance.
  • Paul a visité ces contrées, avec ou sans extension, lors de ses voyages (1, 2 et 3). Il peut aussi avoir écrit avant l’un de ses voyages de sorte qu’il est difficile de savoir si les assemblées destinatrices sont aussi celles de l’extension romaine. Ainsi et selon les hypothèses, cette lettre pourrait avoir été écrite depuis Antioche, ou depuis Corinthe où il resta 18 mois, ou …. Selon les cas, retenons vers 51 ou 52 apr. J.C.
  • Son motif et son sujet sont surtout en relation avec de faux frères qui annonçaient un évangile différent de celui que Paul avait prêché à ces assemblées. Ces docteurs judaïsants reconnaissaient qu’il faut la foi en Christ mais ils soutenaient que ce n’était pas suffisant et que les croyants des nations devaient s’identifier au peuple d’Israël en se faisant circoncire et en observant la loi du Sinaï. Pour parvenir à leurs fins, ces docteurs enseignaient que l’autorité des apôtres qui ont vécu avec le Seigneur (cf ch. 2, 9) représentaient les colonnes du christianisme et que leur autorité pouvait être jugée supérieure à toute autre. Paul, n’avait pas exigé des Galates une stricte observance de la loi afin de faciliter leur chemin. Selon ces docteurs, Paul aurait trompé les Galates pour ce qui concerne leur salut et devenait, par là même, un ennemi (cf ch. 4, 9). Par cette intrigue, les judaïsants étaient parvenus à mettre du trouble et de l’ébranlement chez les Galates. Leur confiance était entamée et ils commençaient déjà à observer la loi et pensaient à se faire circoncire (ch. 4, 10 et 5, 2-12). Cela a même abouti à de violentes querelles dans l’assemblée, probablement du fait que certains résistaient (cf ch. 5, 15). Les Galates en étaient là lorsque Paul entendît parler de l’évolution de leur état. La lettre qu’il leur écrivit alors est sérieuse, sévère et combative. Le sujet est donc la relation du chrétien avec la loi du Sinaï.
  • Outre l’introduction et la conclusion, cette lettre contient une partie historique, une autre doctrinale (à partir du ch. 3) et une dernière avec des exhortations (ch. 5 à ch. 6, 16). Cette épître n’a rien perdu de son actualité aujourd’hui puisque, dans une bonne partie de la chrétienté, le formalisme, le ritualisme, et les bonnes œuvres, tendent à remplacer ou à compléter la foi en l’œuvre expiatoire de Christ sur la croix, la marche par l’Esprit et les œuvres de foi. Ajoutons que cette lettre, de même que celle aux Romains, a joué un rôle important dans la vie et le service de Martin Luther en relation avec la justification par la foi sans les œuvres .

 

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦
Retour au menu « Nouveau Testament »

 

Advertisements