Épître aux Hébreux. 19ème livre du Nouveau Testament et 58ème de la Bible.

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Ces notes totalisent l’équivalent d’une quarantaine de pages au format A4. Pour accéder rapidement à un chapitre spécifique, veuillez simplement introduire un argument de recherche tel que, par exemple « Chapitre 11 ». Après une, ou très peu d’occurrence(s), vous arriverez sur le texte biblique du chapitre en question suivi de notes. L’introduction ci-dessous, comprenant aussi le but et le sujet de l’épître et ses particularités donne une bonne vue d’ensemble de cette lettre adressée aux Hébreux.

Introduction
Ce livre présente d’une manière remarquable le Seigneur Jésus Christ qui occupe une place centrale. Ce livre est parmi les plus difficile à comprendre. Pour bien en saisir le contenu, il est nécessaire d’avoir une connaissance approfondie du service divin judaïque tel qu’il est notamment décrit dans le livre du Lévitique. Remarquons que cette épître ne mentionne pas de destinataires, pas plus qu’un auteur. La désignation “aux Hébreux” n’apparaît que dans les dernières années du 2ème siècle. Comme aucun autre nom ne nous est connu, cette appellation doit remonter à une tradition très ancienne. Mais qui étaient ces Hébreux et où demeuraient-ils? La Bible emploie ce terme pour désigner les Israélites, descendants d’Abraham (voir Gen 14, 13; Phil 3, 5). Mais si cette épître porte ce nom, ce n’est pas uniquement du fait de nombreuses citations de l’Ancien Testament. En effet, cette épître mentionne des expressions telles que les “pères”, les “prophètes”, les “anciens” ainsi que des noms comme Moïse, Josué, Aaron, qui tous appartenaient au peuple d’Israël. On comprend donc que les destinataires étaient familiers avec ces expressions et étaient bien des gens issus du peuple d’Israël. Ces destinataires, qui comprennent que le chemin du salut passe par la foi en Jésus Christ doivent être confortés dans ce nouveau chemin. Selon l’expression de Rom. 11, 5, c’est un “résidu selon l’élection de la grâce” et ce résidu, sous une forte pression extérieure, liée aux persécutions dont ils souffraient, étaient en danger de s’éloigner du christianisme pour retourner au judaïsme. Le danger est grand et cette épître est là pour les fortifier dans la foi. On peut encore ajouter que les destinataires de cette épître, selon ch. 10, 11 et 34 (cf Act. 8, 1) et ch. 13, 10 et 13, vivaient en Palestine alors que les destinataires des épîtres de Pierre (adressées à ceux de la dispersion) vivaient parmi les nations. Voyons maintenant un peu ce qu’il en est de l’auteur de cette épître: il n’est pas mentionné et bien des noms ont été avancés. Tertullien dit que c’est Barnabas. Luther avance Apollos. D’autres pensent que c’est Paul, ou encore Luc, Silas, ou même Aquilas et Priscilla. Les érudits modernes excluent Paul de la liste car le contenu, la structure et le langage ne cadrent pas avec ses autres écrits. Pourtant, l’ancienne tradition alexandrine attribue bien cette lettre à Paul et certains faits renforcent cette thèse. Par exemple, au ch. 13, 23 l’auteur connaissait bien Timothée et Pierre, en 2 Pi. 3, 15 mentionne une lettre de Paul qui devait parvenir aux croyants d’entre les Juifs. Il faut toutefois tenir compte que Pierre a en vue les Juifs de la dispersion et l’épître aux Hébreux ceux de la Palestine. Mais ce qui est certain, c’est que l’auteur de cette épître aux Hébreux garde l’anonymat. Et si Paul en était bien l’auteur, on comprend qu’il garde l’anonymat car il était apôtre des nations et Pierre était celui des Juifs (cf. Gal. 2, 7 et 8). Mais par dessus tout, si l’auteur n’est pas nommé, c’est que, inspiré par le Saint Esprit, ce texte a certainement permis de présenter le Seigneur Jésus seul, en tant qu’apôtre et souverain sacrificateur de notre confession. Origène, un père de l’Eglise (env. 185-254) a déclaré “Le nom de celui qui a écrit la lettre, en vérité Dieu seul le connaît”. Toujours dans les généralités de cette épître, considérons maintenant la date à laquelle elle a été écrite. S’il y a bien des difficultés à propos de l’auteur de cette épître, il en va de même pour la date. Ce qui est certain, c’est que Clément de Rome a transcrit de nombreuses citations de cette épître vers l’an 95 après J.C. De l’épître elle-même, il est évident que les sacrifices de l’ancienne alliance étaient encore offerts dans le temple (voir ch. 9, 6-7; 10, 11). Or le temple et la ville de Jérusalem furent détruits en l’an 70 après J.C. par Titus. Cette destruction n’apparaît pas dans l’épître. De nombreux érudits en ont déduit que la lettre avait été écrite au cours des années 60 à 70. Quant à ceux qui refusent de voir en Paul l’auteur de l’épître, les ch. 2, 3 et 13, 7 leur servent d’arguments. Selon leur interprétation de ces versets, la lettre n’aurait été écrite qu’un certain temps après la mort de l’apôtre. En cela, ils oublient que Paul n’appartenait pas au groupe des apôtres qui virent et entendirent le Seigneur Jésus quand il se trouvait sur la terre. Le diacre Etienne et l’apôtre Jacques faisaient partie de ces conducteurs et leur mort, comme témoins du Seigneur, était déjà mentionnée dans le livre des Actes selon ch. 7, 59 et 12, 1-2.

Le but et le sujet de l’épître:
Par la lecture du livre des Actes, on constate que des milliers de Juifs s’étaient convertis au christianisme suite à la prédication des apôtres. Mais très vite, ces Juifs qui étaient venus à la foi, ces chrétiens, furent persécutés par leurs compatriotes. L’auteur de l’épître aux Hébreux évoque aussi ces persécutions selon ch. 10, 32-34 et 12, 4-11. Les Hébreux étaient aussi devenus paresseux, découragés. Il y avait du recul spirituel. Aussi l’auteur rappelle ce qu’ils étaient au commencement (cf 6, 10; 10, 32; 13, 7). Parmi ces Hébreux, il y en avait même qui songeaient à retourner au judaïsme. Il a donc des exhortations circonstanciées pour eux afin qu’ils tiennent ferme dans la foi et qu’ils persévèrent (cf 2, 1; 3, 6,14; 6, 11; 10, 23,35,36; 13, 7). Il y a aussi de sérieuses mises en garde à ceux qui sont en voie d’abandonner le bon chemin (cf 6, 4-8 et 10, 26-31). Mais le grand sujet qui demeure au cœur de l’épître est Christ. D’un bout à l’autre de l’épître nous retrouvons ce fil conducteur. Souvent, les nombreuses citations de l’AT sont là pour mettre en évidence le contraste entre l’ancienne et la nouvelle alliance et montrer leur accomplissement en Christ. Dans une mesure, on peut considérer cette épître comme un cinquième évangile et qui ferait suite à celui de Matthieu. Dans l’évangile de Matthieu, Christ est présenté au peuple juif comme celui qui accomplit toutes les prophéties de l’AT. Et dans l’épître aux Hébreux, Christ est place devant les croyants issus du peuple juif Christ et son service dans le ciel, comme étant la substance et l’accomplissement des ordonnances en rapport avec le culte de l’ancienne alliance. Remarquons encore que dans cette épître, nous n’avons pas Dieu comme Père des croyants, si ce n’est dans des cas particuliers et un peu différents (comme au ch. 12). Il n’y a pas non plus d’allusion à la position des croyants en Christ. Ceux-ci sont considérés sur la terre mais jouissant d’un libre accès auprès de Dieu et d’un appel céleste. Dans ce sens, l’épître aux Hébreux est une épître du désert. Dans l’AT, le livre du Lévitique est son pendant. En effet, ce livre présente Israël racheté, dans le désert, et pouvant s’approcher de Dieu. Le passage central est Lév. 16 qui décrit le grand jour des expiations et qui est expliqué avec son accomplissement en Hébreux 9 et 10 par l’œuvre de Christ à la croix. On ne trouve pas le temple dans cette épître mais par contre le tabernacle qui se rapporte pourtant, dans deux passages, au sanctuaire céleste (ch. 8, 2 et  9, 11). Et sous une forme imagée, il y a aussi les ordonnances pour le service divin juif selon ch. 9, 8 et 13, 10.

Ses particularités:
Cette épître contient des sujets particuliers, dont :
Voir Christ Nous voyons Jésus (ch. 2, 9) Considérez … Jésus (ch. 3, 9) Comme voyant celui qui est invisible (ch. 11, 27) Fixant les yeux sur Jésus (ch. 12, 2) Considérez celui qui a enduré une telle contradiction (ch. 12, 3)
Quelques notions
Consommer                           ch. 2, 10; 5, 9; 7, 28; 12, 2,23.
Rendre parfait                      ch. 9, 9; 10, 1,14
Amener à la perfection     ch. 7, 19
Parvenir à la perfection    ch. 11, 40
Homme fait, état d’h fait    ch. 5, 14; 6, 1
Perfection                                ch. 7, 11
Parfait                                        ch. 9, 11
Consommateur                      ch. 12, 2
Eternel                                      ch. 5, 9; 6, 2; 9, 12,14,15; 13, 20
Pour l’éternité                      ch. 5, 6; 6, 20; 7, 17,21,28
Aux siècles des siècles     ch. 1, 8; 13, 21
Eternellement                      ch. 7, 24; 13, 8
Meilleur                                 ch. 6, 9; 7, 19,22; 9, 23; 10, 34; 11, 16,35,40
Plus excellent                      ch. 1, 4; 7, 7; 8, 6
Mieux                                    ch. 12, 24
Sanctifier                              ch. 2, 11; 9, 13; 10, 10,14,29; 13, 12
Saint                                      ch. 3, 1; 6, 10; 13, 24
Sainteté                                ch. 12, 10,14
Tabernacle                           ch. 8, 2; 9, 2,3,8
Sanctuaire                           ch. 9, 1
Lieux saints                         ch. 9, 12,24,25; 10, 19; 13, 25

Chapitre 1
1 Dieu ayant autrefois*, à plusieurs reprises et en plusieurs manières, 2 parlé aux pères par* les prophètes, à la fin de ces jours-là, nous a parlé dans [le] Fils**, qu’il a établi héritier de toutes choses, par lequel aussi il a fait les mondes, 3 qui, étant le resplendissement de sa gloire et l’empreinte de sa substance, et soutenant toutes choses par la parole de sa* puissance, ayant fait par lui-même la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté dans les hauts [lieux]; 4 étant devenu d’autant plus excellent que les anges, qu’il a hérité d’un nom plus excellent qu’eux. 5 Car auquel des anges a-t-il jamais dit: «Tu es mon Fils, moi je t’ai aujourd’hui engendré» ? [Psaume 2:7]. Et encore: «Moi, je lui serai pour père, et lui me sera pour fils»? [1 Chroniques 17:13]. 6 Et encore, quand il introduit* le Premier-né dans le monde habité, il dit: «Et que tous les anges de Dieu lui rendent hommage» [Psaume 97:7]. 7 Et quant aux anges, il dit: «Qui fait ses anges des esprits, et ses ministres* une flamme de feu» [Psaume 104:4]. 8 Mais quant au Fils: «Ton trône, ô Dieu, [est] aux siècles des siècles*; c’est un sceptre de droiture que le sceptre de ton règne; 9 tu as aimé la justice et haï l’iniquité*; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons» [Psaume 45:6-7]. 10 Et: «Toi, dans les commencements, Seigneur, tu as fondé la terre, et les cieux sont les œuvres de tes mains: 11 eux, ils périront, mais toi, tu demeures; et ils vieilliront tous comme un habit, 12 et tu les plieras comme un vêtement, et ils seront changés; mais toi, tu es le même, et tes ans ne cesseront point» [Psaume 102:25-27]. 13 Et auquel des anges a-t-il jamais dit: «Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds»? [Psaume 110:1]. 14 Ne sont-ils pas tous des esprits administrateurs, envoyés pour servir en faveur de ceux qui vont hériter du salut?
—      v. 1 : ou : anciennement. — v. 2* : ou : dans. — v. 2** : litt.: en Fils. — v. 3 : la sienne, celle du Fils. — v. 6 : il s’agit du fait, non du temps. — v. 7 : administrateur officiel; ainsi aussi Romains 13:6; 15:16; Philippiens 2:25; Hébreux 8:2. — v. 8 : litt.: au siècle du siècle. — v. 9 : ce qui est sans loi. — v. 12 : Celui qui est et qui ne change pas; comparer Néhémie 9:7.

Commentaires du chapitre 1er
Grandeur et gloire infinie de la personne de Christ, le Fils de Dieu, au-dessus des anges.
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre : v. 1 : cf Prov. 8,22+9 / v. 2 : cf Rom. 8 pour cohéritier / v. 3 : cf Col. 1,16-17. Jean 14. Eph. 1,19-20. Phil. 2,9. Hébr. 8,1 et 10,12 / v. 8 : cf Prov. 16,12 / v. 9 : cf ch. 3,14 / v. 13 : cf Matt. 22,44. Marc 12,36. Luc 20,43. Prov. 16,20

Les chapitres premier de cette épître, avec ceux de l’évangile de Jean et de l’épître aux Ephésiens, constituent des sommets de la Parole de Dieu. Pour mesurer ces chapitres, quelqu’un a cité le Psaume 68, 15: Une montagne de Basan est la montagne de Dieu, une montagne à plusieurs sommets, une montagne de Basan. La clé de l’épître se trouve au ch. 2, 9 (voir Jésus); le but  au ch. 13, 13 (sortir hors du camp vers lui, portant son opprobre). L’auteur de cette épître n’est pas mentionné bien que le style et plusieurs versets laissent penser qu’elle est due à la plume de Paul. Mais si l’auteur n’est pas mentionné, c’est que le Saint Esprit veut nous porter tout entier sur la personne de Christ. Dans les v. 1 et 2, c’est Christ révélé en grâce. Il est cette pierre méprisée pour ceux qui n’ont pas la vie mais précieuse pour ceux qui croient (cf 1 Pi. 2, 7-8). A propos de ce fils donné, il est beau de penser à «j’ai encore un unique fils bien-aimé» (voir aussi Es. 9, 6 et Prov. 8, 22). Ce chapitre démontre aussi que tout est meilleur dans la révélation de Jésus-Christ. Pour le recevoir, les Juifs devaient abandonner la loi et accepter le nouvel ordre de choses. En acceptant ces choses, on sera gardé: 1) de s’écarter ou glisser loin (ch.2, 1). 2) d’abandonner le Dieu vivant (ch.3, 12). 3) d’être paresseux à écouter (ch.5, 11). 4) de fouler aux pieds le Fils de Dieu (ch.10, 29). 5) de se détourner de celui qui parle des cieux (ch.12, 25). En refusant le nouvel ordre de choses, un Juif sera caractérisé par les cinq écueils qui viennent d’être décrits. Pour le chrétien d’aujourd’hui, ces mises en garde sont en relation avec le monde qui cherche à le faire tomber et par conséquent à l’empêcher d’avancer vers l’état d’hommes faits (ch. 6, 1). Un chrétien caractérisé de manière durable par les mêmes écueils est un chrétien de nom et qui n’a pas la vie. Un authentique chrétien qui tombe dans l’un de ces écueils, ou dans d’autres, aura à faire au Dieu d’amour pour le relever. On chante aussi dans un cantique «Qui me relève de mes chutes, c’est Jésus-Christ». Dans les v. 2 à 4, il y a sept faits au sujet de Jésus-Christ: voir la mise en évidence dans la lecture du chapitre. Au sujet de l’empreinte de sa substance, cette empreinte  comprend l’esprit, la lumière, l’amour, la sainteté. Et bien d’autres choses encore. Ces premiers versets attirent aussi l’attention sur bien d’autres passages. Chacun peut approfondir. Entre autres passages: Prov. 8, 22,9. Jean 1 et 14. Col 1, 17. Eph. 1, 19-20. Phil. 2, 9. Héb. 8, 1 et 10, 12. Dans les v. 4 et suivants, il y a sept citations de son excellence. Au v. 4: un nom plus excellent, le nom de Jésus. Le v. 5 démontre bien que Jésus n’a aucune apparenté avec un ange qui n’a pas le titre de Fils. Les anges, dont il est question dans ces versets, sont des êtres supérieurs comme créatures. Toutefois, ils s’éclipsent devant Jésus qui a été envoyé pour ouvrir le chemin à l’encontre de Dieu. Les anges peuvent être appelés fils de Dieu mais quand il leur parle il ne dira jamais à l’un d’eux «Tu es mon fils». Dieu aussi nous appelle fils mais nous ne pouvons pas dire «Je suis le fils de Dieu». De terme mon Fils est exclusivement employé par Dieu au sujet du Seigneur Jésus. Au v. 6 les anges doivent être des adorateurs et au v. 7 ils sont des serviteurs. A ce titre et plus d’une fois, ils exécutent ce que Dieu désire et cela pour le bien des saints. Ils sont même là, en Gethsémané, pour fortifier le Seigneur. Le v. 8 commence par Mais quant au Fils. Il y a donc un contraste au sujet du Fils et ce verset reportent nos pensées au règne millénaire. Ce règne sera caractérisé par la justice, par la droiture, en contraste avec la période actuelle. Cependant, ces versets sont évidemment applicables à d’autres périodes que celle du règne. Par exemple, le v. 9 se rapporte au temps où vivait Christ lors de sa première venue. Dans ce verset et au sujet de l’onction, le Seigneur a été oint d’une huile de joie en rapport avec la royauté du verset 8. Par le dernier mot du v. 9, il est démontré que la position des chrétiens est plus élevée que celle des anges et qu’elle est aussi stable que la place du trône de Christ. Dans les v. 10 à 12, la grandeur du Seigneur est donnée par rapport à la création. Le travail de la création est attribuée au Fils qui est le créateur des cieux et de la terre. Dieu créa pour ainsi dire par les mains de Christ. Un jour, l’ordre des choses sera changé mais Lui demeure le même. Comme créateur, le passé lui appartient. Comme héritier, il possède le futur. Il est aussi extraordinaire de considérer les choses créées comparées avec un habit. La fin de ce chapitre (v. 13 et 14) avec ces mots assieds-toi à ma droite est ce qui est dit au Seigneur après l’accomplissement parfait de toute l’œuvre. Cette œuvre est terminée et Dieu exalte Christ (voir aussi la fin du v. 3). Belle pensée: v. 10 à 12 = dimension du Seigneur; v. 13 = son humilité; v. 14 = sa glorification.

Chapitre 2
1 C’est pourquoi nous devons porter une plus grande attention aux choses que nous avons entendues, de peur que nous ne nous écartions*. 2 Car si la parole prononcée par les anges* a été ferme, et si toute transgression et désobéissance a reçu une juste rétribution, 3 comment échapperons-nous, si nous négligeons* un si grand salut, qui, ayant commencé par être annoncé par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’avaient entendu, 4 Dieu rendant témoignage avec eux par des signes et des prodiges, et par divers miracles et distributions de l’Esprit Saint, selon sa propre volonté ?
5 Car ce n’est point aux anges qu’il a assujetti le monde habité à venir* dont nous parlons; 6 mais quelqu’un a rendu ce témoignage quelque part, disant: «Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme que tu le visites? 7 Tu l’as fait un peu moindre que les anges; tu l’as couronné de gloire et d’honneur, [et l’as établi sur les œuvres de tes mains]; 8 tu as assujetti toutes choses sous ses pieds» [Psaume 8:4-6]; car en lui assujettissant toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti; mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties; 9 mais nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort*, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout**. 10 Car il convenait pour lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât* le chef de leur salut par des souffrances**. 11 Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères, 12 disant: «J’annoncerai ton nom à mes frères; au milieu de l’assemblée je chanterai tes louanges» [Psaume 22:22]. 13 Et encore: «Moi, je me confierai en lui» [Ésaïe 8:17]. Et encore: «Me voici, moi, et les enfants que Dieu m’a donnés» [Ésaïe 8:18]. 14 Puisque donc les enfants ont eu part* au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir** de la mort, c’est-à-dire le diable; 15 et qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude. 16 Car, certes, il ne prend pas les anges, mais il prend* la semence d’Abraham. 17 C’est pourquoi il dut*, en toutes choses, être rendu semblable à ses frères, afin qu’il fût un miséricordieux et fidèle souverain sacrificateur dans les choses qui concernent Dieu, pour faire propitiation pour les péchés du peuple. 18 Car, en ce qu’il a souffert lui-même, étant tenté, il est à même de secourir ceux qui sont tentés. —      v. 1 : litt.: glissions loin. — v. 2 : c. à d. : la loi de Moïse (voir Actes 7:53). — v. 3 : aussi : méprisons, tenons pour rien. v. 5 : le siècle que le Messie devait introduire, en contraste avec ce qui, pour le Juif, était ce siècle-ci, le siècle de la loi. — v. 9* : du fait d’avoir souffert la mort. — v. 9** : ou : chacun. — v. 10* : consommer, ou rendre parfait, dans l’épître aux Hébreux, c’est faire tout ce qui est nécessaire pour rendre propre à remplir un office. — v. 10** : passion, au verset 9. — v. 14* : ont été placés et sont dans cette condition comme leur commun lot. — v. 14** : pluslitt.: la force. — v. 16 : dans le sens de : prendre la cause d’une personne pour lui venir en aide, litt.: la délivrer (voir Jérémie 31:32). — v. 17 : lorsqu’il devint homme : c’est historique.

Commentaires du chapitre 2. La glorieuse personne de Christ
Ce chapitre est une première parenthèse avec l’exhortation à porter de l’attention à la Parole de Dieu
1-4 : le salut à un si grand salut 5-18 : son humanité, ses souffrances
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 1 : cf Act. 7,53  / v. 5 : 1 Cor. 15,24; Matt. 13,41; 2 Thess. 1,7  / v. 9 : Col. 1,20-22 / v. 10 : Rom. 8,18 / v.11 : 1 Cor. 6,11; 1 Pi. 1,2 / v. 12 : Jean 20,17; Matt. 12,.49-50; Marc 3,33-35 / v. 13 : Ps. 16,1 / v. 14 : Jean 1, 14; Rom. 8,2 / v. 18 : Prov. 7,8

Ce chapitre nous présente Christ, accomplissant le dessein de Dieu, d’amener plusieurs fils à la gloire en devenant le chef de leur salut. Pour cela, il devait satisfaire à la sainteté et à la majesté de Dieu tout en rendant impuissant celui qui avait l’empire de la mort. En cela, il devenait pour les saints un souverain sacrificateur qui les secoure. Dans les Hébreux, chaque partie d’un sujet est suivie d’une exhortation, d’un appel, adressés tantôt à la conscience, ou au cœur, en en tous les cas à la responsabilité du lecteur. Les v. 1 à 4 en sont un exemple. Au chapitre premier, Dieu a parlé dans le Fils. Sa grandeur remplit également ce chapitre dont la fin est éloquente. Il s’agit donc d’être énergique et de prendre garde aux paroles qui sortent de sa bouche. Sinon, il y aura des écarts (v. 1). Au v. 2, des messagers célestes furent employés sous la loi pour apporter des communications divines. Cette loi était inexorable. Puis, dans les v. 3 et 4, ce salut est grand en lui-même car il s’étend à tout ce qui nous concerne: transgressions, difficultés dans le chemin, etc. Comment échapper en négligeant un tel salut et que trouver à sa place? Ce salut est surtout grand lorsque nous considérons Jésus qui nous l’a apporté, annoncé, et accompli dans sa mort. Ce salut qui a été confirmé par les apôtres et par Dieu par la distribution de l’Esprit Saint selon son bon plaisir. Au v. 5, l’auteur reprend la suite de son discours sur la supériorité infinie du Fils comparée aux anges. Ceux-ci disparaissent devant sa gloire comme fils de l’homme. Ce monde à venir est le règne millénaire. Dans les v. 6 à 9, il y a tout d’abord ce contraste en comparant la splendeur des œuvres de Dieu dans les cieux avec la petitesse et la misère actuelle de l’homme. Oui, l’homme était fait à la ressemblance de Dieu mais tout a été transgressé dès le début. C’est pourquoi Dieu a introduit ce second homme: Christ. La loi disparaît devant le grand salut en Christ. Le premier homme, Adam, est remplacé par le second. Les anges aussi disparaissent devant la gloire du fils de l’homme. Comme le v. 9 le fait ressortir, Jésus a dû passer par la mort comme Sauveur et c’est ainsi qu’il a été fait “un peu moindre que les anges” qui, eux, ne subissent pas la mort. Mais, par la foi, nous le voyons maintenant là où il est, où Dieu l’a placé, couronné de gloire et d’honneur, Dieu ayant assujetti toutes choses sous ses pieds. Au v. 10, le dessein de Dieu était donc d’amener plusieurs fils à la gloire, la gloire dans laquelle se trouve déjà Jésus, la gloire qui sera manifestée quand il viendra et que toutes choses lui seront assujetties. Oui, pour nous amener à la gloire, pauvres pécheurs que nous étions, il fallait que Christ, que le chef de notre salut, fut consommé, c’est-à-dire rendu propre à cet office de nous amener à la vie par les souffrances subies dans sa course ici-bas, de son agonie en Gethsémané et dans sa mort sur la croix. Oui, il fallait tout cela pour remporter la victoire sur Satan, sur la mort, sur le péché; cette victoire qui est aussi la nôtre. Il est donc le chef de notre salut. Au v. 11, Christ et les siens sont tous d’un devant Dieu. Le v. 12 est pour le résidu d’Israël mais spirituellement pour les croyants de l’Eglise à qui le titre de frères est donné. Au v. 13, Christ est à la tête du résidu, de ceux qui avec Lui se confient en Dieu. Christ les présente à Dieu comme ceux qui lui ont été donnés et qui lui sont associés. Il est le chef de leur salut, il les a mis à part avec lui. Il n’a pas honte de les appeler frères. Ensemble, ils sont une sainte compagnie de témoins devant Dieu. En Es. 8, 18, nous avons l’un présentant le résidu qui reviendra et l’autre annonçant la délivrance de ce résidu. Dans les v. 14 et 15: pour ceux qui sont libérés par la mort de Christ, Satan n’a plus ce pouvoir. Il a été rendu impuissant. Son pouvoir a été brisé à la croix, où Christ a expiré. Le v. 16 dit un dernier mot au sujet des anges et se rattache ainsi au v. 5. Oui, le monde à venir, les souffrances et la mort de Christ, pour amener des fils à la gloire, son triomphe sur Satan,  tout cela ne concerne pas les anges. Christ ne les avait pas en vue quand il a participé à la chair et au sang car les anges fidèles n’ont pas besoin de salut. Jésus prend la semence d’Abraham, c’est-à-dire les croyants. Au v. 17: la sacrificature de Christ pour les croyants prend une grande place dans cette épître. Elle est mentionnée pour la première fois ici. Christ est devenu homme pour pouvoir remplir cet office de sacrificateur dans le ciel. Christ a d’abord fait sur la terre ce qu’il fallait pour expier les péchés. Cela concernait Dieu, sa justice. Alors, dans le v. 18, Christ est là, pour les siens, en sympathie profonde. Il peut nous secourir dans nos exercices car il sait ce que cela comporte.

Chapitre 3
1 C’est pourquoi, frères saints, participants à l’appel céleste, considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de notre confession, 2 Jésus, qui est fidèle à celui qui l’a établi, comme Moïse aussi [l’a été] dans toute sa maison*. 3 Car celui-là a été jugé digne d’une gloire d’autant plus grande que celle de Moïse, que celui qui a bâti la maison a plus d’honneur que la maison. 4 Car toute maison est bâtie par quelqu’un; mais celui qui a bâti toutes choses, est Dieu*. 5 Et Moïse a bien été fidèle dans toute sa maison, comme serviteur, en témoignage des choses qui devaient être dites; 6 mais Christ, comme Fils, sur sa maison; et nous sommes sa maison, si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance.
7 C’est pourquoi, — comme dit l’Esprit Saint: «Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, 8 n’endurcissez pas vos cœurs comme dans l’irritation au jour de la tentation dans le désert, 9 où vos pères m’ont tenté en m’éprouvant, et ont vu mes œuvres durant quarante ans. 10 C’est pourquoi j’ai été indigné contre cette génération, et j’ai dit : Ils s’égarent toujours dans leur cœur et ils n’ont point connu mes voies. 11 Ainsi je jurai dans ma colère : S’ils entrent dans mon repos!»*[Psaume 95:7-11]. 12 Prenez garde*, frères, qu’il n’y ait en quelqu’un de vous un méchant cœur d’incrédulité, en ce qu’il abandonne le Dieu vivant; 13 mais exhortez-vous* l’un l’autre chaque jour, aussi longtemps qu’il est dit: «Aujourd’hui», afin qu’aucun d’entre vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. 14 Car nous sommes devenus les compagnons du Christ, si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout le commencement de notre* assurance, selon** qu’il est dit: 15 «Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs, comme dans l’irritation». (Car qui sont ceux qui, l’ayant entendu, l’irritèrent? 16 Mais [est-ce que ce ne furent] pas tous ceux qui sont sortis d’Égypte par Moïse? 17 Et contre lesquels fut-il indigné durant quarante ans? N’est-ce pas contre ceux qui ont péché et dont les corps sont tombés dans le désert? 18 Et auxquels jura-t-il qu’ils n’entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui ont désobéi*? 19 Et nous voyons qu’ils n’y purent entrer à cause de [l’]incrédulité). —
—      v. 2 : la maison de Dieu; voir Nombres 12:7. — v. 4 : ou : c’est Dieu. — v. 11 (ch. 3) : hébraïsme pour : ils n’entreront pas. — v. 12 (ch. 3) : ou : C’est pourquoi (comme dit l’Esprit Saint : «Aujourd’hui … colère : S’ils entrent dans mon repos!») prenez garde. — v. 13 (ch. 3) : ou : encouragez-vous. — v. 14*(ch. 3) : litt.: l’. — v. 14**(ch. 3) : ou : pendant. — v. 18 (ch. 3) et v. 11 (ch. 4) : voir Deutéronome 1:26, et Nombres 14:43.

Commentaires du chapitre 3
Considérons Jésus
Ce ch, jusqu’au ch 4, 13 forme une deuxième parenthèse avec une exhortation à croire
v. 1-6 : Jésus, le Fils sur sa maison v. 7-19 : le repos n’est pas pour les infidèles
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre : v. 1: cf Jean 5,22; Héb. 12,2-3 / v. 5 : Nom. 12,7-8 / v. 6 : 2 Thes.2,13 / v. 7: Héb.6,5 / v. 12 : Héb. 5,11 / v. 13: Rom.15,14; 1 Thes.5,11; Héb.10,25

Le résumé général de ce livre est contenu dans ces mots Nous voyons Jésus. Le ch. 1 présentait plutôt la dignité du Seigneur. Le côté de son humanité ressort du ch. 2. Au ch. 3 v. 1, deux titres sont donnés au Seigneur: il est l’apôtre (comme au ch.1 «Dieu nous a parlé dans le Fils»). Son deuxième titre est celui de grand souverain sacrificateur (Aaron n’était que souverain sacrificateur). Nous sommes invités à considérer Jésus. L’ouverture de ce chapitre 3 est en quelque sorte le résumé des deux premiers. «Frères saints» donne aussi l’idée de séparation. Comme tels, il faut considérer cette digne personne qui a été rejetée ici-bas: Jésus. Il est important de bien comprendre que ceux auxquels ces paroles sont adressées sont des saints. Dans le cas particulier, ils ont été fait participants, c’est-à-dire qu’ils ont été appelés à avoir part à…  Aussi, s’il y a des exhortations tout au long de cette épître, c’est qu’il peut tout de même se trouver des incrédules, c’est-à-dire certains qui se disent «saints» et qui ne le sont pas: des professants. Au v. 2, Moïse est en quelque sorte effacé devant la personne du Seigneur Jésus ce qui ajoute d’autant plus de valeur à cet adorable Sauveur. Dans cette épître, il n’est pas question du corps de Christ. Ce corps en entier est vivant alors que, dans la confession ou profession, il est fondamental de saisir que des incrédules peuvent en faire partie. La confession ou profession est caractéristique des Hébreux et est en opposition avec le corps de Christ.  Au v. 3, on remarque encore que la supériorité de Jésus est manifestée dans toute l’épître. Dans ces v. 3 à 6, en relation avec la maison, la perfection de Christ est mise en évidence. Jésus lui-même a bâti la maison et il est donc évident qu’il est supérieur à la maison elle-même. Sa mort et sa résurrection sont le fondement de cette maison. Sa gloire en est d’autant plus grande. Au v. 4, c’est Dieu qui bâti toutes choses. Jésus est donc identifié ici avec son Père. Dans ce paragraphe, Jésus est ainsi établi sur sa maison, comme il était couronné de gloire et d’honneur au ch. 2 et assis à la droite de Dieu au ch. 1. Comme ayant autorité sur sa maison, Christ est fidèle (v. 2). A la fin du ch. 2, Christ était fidèle, miséricordieux, secourable. Le péché, dans les Hébreux, est représenté par l’incrédulité. Cela fait penser à Jean 6: beaucoup suivaient le Seigneur et quelques-uns se détournaient. C’est la même chose dans la confession. Le ch. 2, 11-12 désigne ceux qui sont véritablement saints. Et le v. 6b du ch. 3 qualifie également les véritables saints. Versets 1 à 6 : considérer Jésus. Ce qui est remarquable, à propos de la maison du v. 6, c’est que cette maison n’est pas du tout rapportée à Moïse. Moïse, lui, était fidèle dans toute la maison de Dieu comme serviteur, selon Nom. 12, 7. Le “propre” que veulent certains est plus que douteux. Le contraste est serviteur dans, et Christ comme fils sur. Mais la maison est la maison de Dieu. Le Père n’est pas du tout introduit comme tel mais le Fils est sur la maison, comme Fils. La liaison avec le fait qu’elle est la maison de Dieu est évidente puisque lui, Christ, a bâti la maison (v. 3), et que celui qui a bâti toutes choses est Dieu; mais il est sur la maison comme Fils. Versets 7 à 19 : écouter Jésus Depuis le v. 7, il y a des exhortations solennelles introduites par «c’est pourquoi». Sommes-nous attentifs aux exhortations de la Parole, du Saint Esprit? Le Saint Esprit dit et rend témoignage. Mentionné sept fois dans cette épître, il y a là un sujet de méditation. Il démontre aussi, si besoin est, l’inspiration des passages de l’ancien testament. Le chapitre quatre continuera l’enseignement du troisième. Dans ces deux chapitres, pas moins de cinq fois «aujourd’hui». «Demain», seul le Seigneur doit compter pour le chrétien. A propos de ce terme «aujourd’hui», pensons au Pharaon d’Exode ch. 5 à 12. Au chapitre quatre, le repos est spécialement en vue. C’est pourquoi, selon ch. 3 v. 13, exhortons-nous l’un l’autre pour que nous soyons dans un état favorable lorsque Jésus viendra. Remarquons aussi qu’ici, le sens d’exhorter signifie «s’encourager». Quant au terme «aujourd’hui», c’est aussi le terme du temps de la grâce qui dure jusqu’à la fermeture de la parenthèse de ce temps. Au v. 10 “ils n’ont pas connu mes voies”. Il y a une pensée emphatique, c’est-à-dire une responsabilité accrue sur ce fait. Au v. 14 à propos de “compagnons”: on peut mettre le ch. 1, 9, qui est une citation du Ps. 45, 7, en parallèle. Participants du christ a un sens tout différent. Au v. 17 à propos des “corps”: la traduction littérale est “membres” mais toujours employé dans les LXX pour corps morts, cadavres. Au v. 18 à propos de désobéir: l’expression vient de Deut. 1, 26 et Nom. 14, 43. Ces passages se rapportent à l’occasion de la déclaration de Dieu que leurs corps tomberaient dans le désert.

Chapitre 4
1 Craignons donc qu’une promesse ayant été laissée d’entrer dans son repos, quelqu’un d’entre vous paraisse ne pas l’atteindre; 2 car nous aussi, nous avons été évangélisés de même que ceux-là; mais la parole qu’ils entendirent ne leur servit de rien, n’étant pas mêlée avec de la foi dans ceux qui l’entendirent. 3 Car nous qui avons cru, nous entrons dans le repos, comme il a dit: «Ainsi je jurai dans ma colère: S’ils entrent dans mon repos», bien que les œuvres* aient été faites dès la fondation du monde. 4 Car il a dit ainsi quelque part touchant le septième jour: «Et Dieu se reposa de toutes ses œuvres au septième jour» [Genèse 2:2]; 5 et encore dans ce passage: «S’ils entrent dans mon repos!» 6 Puisqu’il reste donc que quelques-uns y entrent, et que ceux qui auparavant avaient été évangélisés ne sont pas entrés à cause de leur désobéissance, 7 encore une fois il détermine un certain jour, disant, en David*, si longtemps après: «Aujourd’hui», comme il a été dit auparavant : «Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs». 8 Car si Josué leur avait donné le repos, il n’aurait pas parlé après cela d’un autre jour. 9 Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu. 10 Car celui qui est entré dans son repos, lui aussi s’est reposé de ses œuvres, comme Dieu s’est reposé des siennes propres. 11 Appliquons-nous donc à entrer dans ce repos-là, afin que personne ne tombe en imitant une semblable désobéissance*. 12 Car la parole de Dieu est vivante et opérante, et plus pénétrante qu’aucune épée à deux tranchants, et atteignant jusqu’à la division de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles; et elle discerne les pensées et les intentions du cœur. 13 Et il n’y a aucune créature qui soit cachée devant lui*, mais toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire.
14 Ayant donc un grand souverain sacrificateur qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, tenons ferme [notre] confession; 15 car nous n’avons pas un souverain sacrificateur qui ne puisse sympathiser à nos infirmités, mais [nous en avons un qui a été] tenté en toutes choses comme nous*, à part le péché. 16 Approchons-nous donc avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour [avoir du] secours au moment opportun.
v. 11 (ch. 3) : hébraïsme pour : ils n’entreront pas. — v. 12 (ch. 3): ou: C’est pourquoi (comme dit l’Esprit Saint : «Aujourd’hui … colère : S’ils entrent dans mon repos!») prenez garde. — v. 13 (ch. 3) : ou : encouragez-vous. — v. 14*(ch. 3) : litt.: l’. — v. 14**(ch. 3) : ou : pendant. — v. 18 (ch. 3) et v. 11 (ch. 4) : voir Deutéronome 1:26, et Nombres 14:43. — v. 3 (ch. 4) : les œuvres de Dieu qui préparaient le repos. — v. 7 (ch. 4) : c. à d. : dans le Psaume de David. — v. 13 (ch. 4) : ou : elle. / v. 15 : ou : pareillement à nous.

Commentaires du chapite 4.
Jésus Christ, Fils de l’homme  //  Le repos et les ressources pour l’atteindre
Du ch 3 jusqu’au ch 4, 13 :  une deuxième parenthèse avec une exhortation à croire Du ch. 4, 14 au ch 8, 2 : Jésus Christ, grand souverain sacrificateur
v. 1-10 : les croyants entrent dans le vrai repos v. 11-13 : la force opérante de la parole de Dieu
v. 14-16 : Jésus, plus grand qu’Aaron, souverain sacrificateur
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre : v. 2: cf Rom 10,17; Nom. 13  / v. 6 : Héb. 3, 19  / v. 7 : Ps. 95, 7  / v. 8: Jos. 13, 2  / v. 12 : Eph. 6, 17  / v. 13: Gen. 3, 7 / v. 14: Jean 5, 10 / v. 15: 1 Pi. 2, 22; 1 Jean 2, 1; Jac. 4, 14-15 /  v.16: Ps. 60, 11

Abandonner Dieu par incrédulité, s’endurcir par la séduction du péché, comme les Israélites dans le désert, a eu pour conséquence d’irriter Dieu et de leur fermer l’entrée du repos en Canaan. Cette pensée du repos étant introduite (fin du ch. 3), donne lieu aux exhortations adressées aux croyants Hébreux. Au v. 1: une promesse a été laissée aux croyants d’entrer dans le repos de Dieu. Ce repos se trouve à la fin de la course. Vouloir s’établir ici-bas afin de s’y reposer à l’aise, évitant les souffrances, etc, c’est paraître avoir perdu de vue le repos de Dieu. Au v. 2, la bonne nouvelle du repos a été annoncée aussi bien à Israël (de façon temporelle en rapport avec le règne) qu’à son peuple céleste, c’est-à-dire à nous qui faisons partie de l’Eglise ou Assemblée (pour l’éternité). Dans ce verset, c’est très sérieux de constater que la Parole de Dieu ne sert de rien si elle n’est pas mêlée avec la foi dans nos cœurs. Au v. 3, nous avons le côté positif de la vérité énoncée au verset précédent. “Nous qui avons cru” est le caractère de ceux qui entrent dans le repos. Ce repos est encore à venir mais il leur appartient. Pour le moment, ils y entrent par la foi. Au v. 4, le caractère du repos après la création, celui du septième jour, est une image du repos à venir. Ce sera un repos après le travail mais ce sera le repos de Dieu. Dieu a voulu que son repos d’amour soit partagé (Soph. 3, 17). Dans les v. 5 à 7, à la création, l’homme n’entra pas dans le repos du fait qu’il n’avait pas travaillé et à cause du péché. Les Israélites, par leur incrédulité et leur rébellion, se privèrent aussi d’entrer dans le repos de Canaan. Alors Dieu, dans son dessein d’amour, introduit quelque chose de nouveau, détermine encore une fois un certain jour où quelques-uns entrent dans son repos. Ce sont les croyants. Au v. 8, il est question de l’introduction du peuple d’Israël en Canaan, par Josué et le repos n’y est pas définitif. Ce n’en fut que l’image et cela est confirmé par la mention d’un “autre jour”. Dans cette épître aux Hébreux, tout ce qui se rapporte à l’ancien ordre de choses est mis de côté pour faire place à quelque chose de plus excellent. Notons à propos de Josué, que nous avons Jésus en grec, comme en Act. 7, 45.  Au v. 9, il y a une vérité consolante. C’est encore à venir mais c’est certain: il reste un repos après le travail, les luttes, la fatigue … le peuple de Dieu y entrera. Et c’est un sabbatisme, c’est-à-dire quelque chose de permanent. Le millenium sera le vrai repos terrestre du peuple terrestre. Le ciel sera le vrai repos pour le peuple céleste. Mais l’état éternel, où Dieu sera tout en tous, sera le repos parfait et définitif pour Dieu et pour tous les rachetés de tous les temps et de toutes les économies.  Le v. 10 donne le caractère du repos dont il est question dans ce chapitre. C’est le repos succédant au travail, comme cela eut lieu lors de la création. Le terrible exemple de la désobéissance d’Israël dans le désert et de ses conséquences est encore une fois placé devant les yeux des professants chrétiens comme un avertissement: cela au v. 11; à propos du mot désobéissance de ce verset 11, rappelons la note du ch. 3, 18 qui elle-même reporte à Deut. 1, 26 et Nom. 14, 43. Il y est question de s’être détournés de l’Eternel. Voilà en quoi consistait la désobéissance. Par la Parole de Dieu, nous savons que ce repos est proche. Poursuivons donc cette course sans nous laisser décourager. C’est ce que nous avons au v. 12. Et dans la suite de ce chapitre il y a, effectivement, les secours précieux nécessaires dont nous avons besoin pour aller courageusement en avant, au milieu de tout ce qui peut se rencontrer sur la route. Ces secours sont la parole de Dieu, la sacrificature de Christ et le trône de la grâce. La parole de Dieu est vivante, c’est-à-dire qu’elle est l’expression exacte de la volonté de Dieu … elle appelle à l’existence et fait rentrer dans le néant .. elle agit sur l’âme .. avec énergie (opérante) .. la force jusqu’où va son action est écrite par “plus pénétrante”. Tout cela pour atteindre ce qu’il y a de plus intime chez l’homme. Elle sépare ce qu’il y a le plus étroitement lié dans nos pensées. Elle nous montre ce qui est de Dieu et ce qui est du moi. Tout a besoin d’être jugé et contrôlé par la Parole. Au v. 13, nous sommes amenés de la parole de Dieu à Dieu lui-même. A partir du v. 14, le grand sujet de la souveraine sacrificature de Christ prend place. C’est un autre mais puissant secours pour nous aider à traverser le désert. Au ch. 3, 1, nous avons considéré l’apôtre! Considérons maintenant le souverain sacrificateur. Si la Parole juge en nous le mal sans réserve, d’un autre côté, la sacrificature de Christ nous est donnée comme aide dans nos infirmités. Christ est un grand souverain sacrificateur car il est Fils de Dieu. Christ était aussi fils de l’homme (v. 15) et comme tel il peut sympathiser à nos infirmités mais non à nos péchés qui sont jugés par la Parole et qu’il faut juger avec elle. Si nous avons péché, nous le confessons à Dieu et nous avons pour avocat auprès du Père, Jésus Christ, le juste. Jésus peut sympathiser par tout ce à quoi nous passons ici-bas. Cela nous conduit au troisième point, au v. 16. C’est le trône de la grâce qui se rattache à la souveraine sacrificature de Christ. Si le trône de Dieu est pour le pécheur non justifié un trône de justice, de sainteté et de jugement, il est pour le racheté un trône de grâce et de miséricorde.

Chapitre 5
1 Car tout souverain sacrificateur pris d’entre les hommes est établi pour les hommes dans les choses qui concernent Dieu, afin qu’il offre et des dons et des sacrifices pour les péchés, 2 étant capable d’avoir de l’indulgence pour les ignorants et les errants, puisqu’il est aussi lui-même enveloppé d’infirmité; 3 et, à cause de cette infirmité, il doit offrir pour les péchés, comme pour le peuple, ainsi aussi pour lui-même. 4 Or nul ne s’arroge cet* honneur; mais [seulement] s’il est appelé de Dieu, ainsi que le fut aussi Aaron. 5 De même le Christ aussi ne s’est pas glorifié lui-même pour être fait souverain sacrificateur, mais celui-là [l’a glorifié] qui lui a dit: «Tu es mon Fils; moi je t’ai aujourd’hui engendré» [Psaume 2:7]; 6 comme il dit aussi dans un autre passage: «Tu es sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec» [Psaume 110:4]; 7 — qui*, durant les jours de sa chair, ayant offert, avec de grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de** la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété***, 8 quoiqu’il fût Fils*, a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes; 9 et ayant été consommé*, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur du salut éternel, 10 étant salué par Dieu souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec, 11 au sujet duquel nous avons beaucoup de choses à dire et qui sont difficiles à expliquer, puisque vous êtes devenus paresseux à écouter. 12 Car lorsque vous devriez être des docteurs, vu le temps, vous avez de nouveau besoin qu’on vous enseigne quels sont les premiers rudiments des oracles de Dieu, et vous êtes devenus tels, que vous avez besoin de lait et non de nourriture solide; 13 car quiconque use de lait est inexpérimenté dans la parole de la justice, car il est un petit enfant; 14 mais la nourriture solide est pour les hommes faits, qui, par le fait de l’habitude, ont les sens exercés à discerner le bien et le mal.
—      v. 4 : litt.: l’. — v. 7* : c. à d. : le Christ. —v. 7** : proprement : hors de (le sauver en le faisant sortir hors de). — v. 7*** : ou : crainte. — v. 8 : allusion au Psaume 2 cité plus haut. — v. 9 : ou : consacré, rendu apte, voir note à 2:10.

Commentaires du chapitre 5
La supériorité de la sacrificature de Christ en contraste avec celle d’Aaron
A partir du v. 11 : répréhension envers les Hébreux
Du ch. 4, 14 au ch 8, 2 : Jésus Christ, grand souverain sacrificateur
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 4: cf Ex. 28, 1 / v. 7: Jean 12, 27; Marc 14, 26; Luc 22, 44  / v. 8 : Prov. 8, 31; Jean 18, 4; Act. 2, 27 / v. 11: Prov. 19, 15 / v. 13: 1 Pi. 2, 2; 1 Cor. 3, 1-2

V. 1 – 10 : La supériorité de la sacrificature de Christ en contraste avec celle d’Aaron
Dans ce chapitre, le grand sujet de la sacrificature de Christ continue. Ce sujet  a été commencé au v. 14 du ch. 4. Cette sacrificature est comparée à celle d’Aaron, en faisant ressortir le contraste avec la personne de Christ. La gloire de la sacrificature de Christ est mise en évidence, ainsi que sa supériorité infinie, de même que sa perfection. Bien qu’il y ait des analogies, tout disparaît devant la supériorité de Christ. Nous avons déjà vu un tel fait dans les chapitres 1 à 4 au sujet des prophètes, des anges, de David, de Moïse, de Josué. Il en est ainsi dans les ch. 5 et suivants au sujet d’Aaron et de la sacrificature lévitique avec les sacrifices qui s’y rapportent. Tout ce qui appartenait au passé n’étaient que des ombres et des figures. Au v. 1, Aaron est pris d’entre les hommes, ainsi que tous ceux qui lui succédèrent dans cet office. Si Christ était un homme, il n’était pas pris d’entre les hommes pécheurs. Il était saint, innocent, séparé des pécheurs (ch. 7). Dans ce premier verset, il y a tout à la fois l’analogie et le contraste. Selon ce verset, le sacrificateur est donc établi pour les rapports des hommes avec Dieu et cela au point de vue du pardon des péchés, du maintien de la puissance et du rétablissement de la communion avec Dieu. C’est pour cela qu’il offre des dons et des sacrifices pour les péchés comme ils sont décrits dans le Lévitique et selon Eph. 5, 2. Ces dons, offrandes et sacrifices étaient tous la figure de l’offrande et du sacrifice parfaits de Christ. Au v. 2, le sacrificateur était donc capable de compatir aux infirmités, les connaissant par expérience. Christ, comme homme, a connu nos infirmités et peut y compatir. Mais si Aaron pouvait être indulgent, il n’en allait pas de même de Christ car Christ est sans péché. Au v. 3, le contraste: Aaron devait offrir des sacrifices pour lui-même, selon Exode 29 et plusieurs passages du Lévitique. Rien de tout cela ne saurait s’appliquer à Christ. Il s’est offert lui-même, mais pour nous. Au v. 4, seul celui qui était appelé de Dieu pouvait officier comme sacrificateur (cf Ex. 28, 1 et en contraste Nom. 16, 2 et 2 Chr. 26, 16-21). Le fait que le sacrificateur était établi de Dieu garantissait au peuple l’acceptation des sacrifices offerts. Dans les v. 5 et 6, on voit que, comme Aaron, Christ a reçu de Dieu la gloire d’être souverain sacrificateur. La déclaration divine contenue dans les deux citations de l’AT fait ressortir le contraste entre les sacrificatures de Christ et d’Aaron. Dans celle de Christ, il y a des traits qui n’appartiennent pas à l’autre et qui la rend infiniment plus excellente. Le Ps. 2, 7 relève la dignité glorieuse de celui qui est établi souverain sacrificateur et qui a été glorifié par Dieu dans ce but. Le Ps. 110, 4 montre l’établissement formel de Christ dans cette charge par la bouche de Dieu même. C’est quand Christ a été glorifié qu’il a reçu cette souveraine sacrificature et cela pour l’éternité. Et ce n’est pas comme successeur d’Aaron. Il s’agit d’un ordre nouveau, l’ordre de Melchisédec. Le mot éternité, dans l’original, a deux sens: celui d’une éternité sans fin et celui d’une continuité ininterrompue plutôt que sans fin quoiqu’elle puisse être aussi sans fin. Le premier sens est en vue dans ce verset. Dans les v. 7 à 10, il y a le chemin par lequel Christ a passé afin d’être consommé, rendu propre à être l’auteur d’un salut éternel pour les siens, et souverain sacrificateur pour eux aussi, dans le ciel. Les supplications du v. 7 sont peut-être une allusion à Job 40, 22. Dans ce même verset: piété ou crainte. Et le mot fils est une allusion au Psaume 2 déjà cité. Au v. 8 le titre de Fils (allusion au Ps. 2) lui donnait autorité de commander. Pour lui, l’obéissance était une chose nouvelle et il l’a apprise par les choses qu’il a souffertes. C’est ainsi qu’il a été consommé, consacré, et amené à la perfection dans la gloire où il se trouve. Donc, au v. 9, consommé a le sens de consacré. Il est ainsi devenu l’auteur de notre salut éternel en contraste avec les délivrances temporelles des Juifs. Ceux qui ont ce salut sont ceux qui obéissent. Quand on croit, il faut obéir et suivre la trace de Jésus. Puis, comme souverain sacrificateur, il accomplit, pour tous ceux qui lui appartiennent, tout ce qui se rapporte à cette sacrificature.

V. 11 – 14 : Répréhension envers les Hébreux
Dans ces versets, l’écrivain interrompt le développement du sujet de la sacrificature qui reprendra au chapitre septième. Il ouvre une parenthèse qui ira jusqu’à la fin du chapitre sixième. Cette parenthèse renferme une répréhension sérieuse à l’adresse des croyants hébreux en raison de leur manque de progrès dans l’intelligence spirituelle des choses qui se rapportent à la position glorieuse de Christ. En même temps, ils sont exhortés d’une manière pressante à saisir les promesses de Dieu et encouragés par la certitude qu’Il les accomplira. Au v. 12, le lait fait penser à la nourriture des enfants en contraste avec la nourriture solide. Dans 1 Pi. 2, 2, le pur lait intellectuel donne l’idée d’une nourriture pure et sans mélange destinée à l’intelligence spirituelle du chrétien pour qu’il croisse à salut. Dans 1 Cor. 3, 1-2, le lait donne l’idée d’un enseignement approprié nécessaire à ces chrétiens charnels. Celui qui en est encore au lait n’est pas nécessairement un chrétien nouvellement converti. Ce peut être un croyant non exercé à la parole de justice. On y est exercé dans la mesure où le Christ est révélé à l’âme et est connu d’elle. La nourriture solide est donc cette parole de justice qui fait connaître la position de Christ glorifié selon la justice de Dieu et qui nous met en rapport avec Dieu.

Chapitre 6
1 C’est pourquoi, laissant la parole du commencement du Christ*, avançons vers l’état d’hommes faits**, ne posant pas de nouveau [le] fondement de la repentance des œuvres mortes et de la foi en Dieu, 2 de la doctrine des ablutions et de l’imposition des mains, et de la résurrection des morts et du jugement éternel. 3 Et c’est ce que nous ferons, si Dieu le permet. 4 Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, et qui ont goûté du don céleste, et qui sont devenus participants de l’Esprit Saint, 5 et qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les miracles du siècle à venir, 6 et qui sont tombés, soient renouvelés encore à la repentance, crucifiant pour eux-mêmes le Fils de Dieu et l’exposant à l’opprobre. 7 Car la terre qui boit la pluie qui vient souvent sur elle, et qui produit des herbes utiles pour ceux pour qui elle est aussi labourée, reçoit de Dieu de la bénédiction; 8 mais si elle porte des épines et des chardons, elle est réprouvée et près de la malédiction, et sa fin est d’être brûlée. 9 Mais nous sommes persuadés, en ce qui vous concerne, bien-aimés, de choses meilleures et qui tiennent au salut, quoique nous parlions ainsi. 10 Car Dieu n’est pas injuste pour oublier votre œuvre et l’amour que vous avez montré pour son nom, ayant servi les saints et les servant [encore]. 11 Mais nous désirons que chacun de vous montre la même diligence* pour la pleine assurance de l’espérance jusqu’au bout; 12 afin que vous ne deveniez pas paresseux, mais imitateurs de ceux qui, par la foi et par la patience*, héritent ce qui avait été promis**. 13 Car lorsque Dieu fit la promesse à Abraham, puisqu’il n’avait personne de plus grand par qui jurer, il jura par lui-même, 14 disant: «Certes, en bénissant je te bénirai, et en multipliant je te multiplierai» [Genèse 22:17]. 15 Et ainsi Abraham, ayant eu patience, obtint ce qui avait été promis*. 16 Car les hommes jurent par quelqu’un qui est plus grand qu’eux, et le serment est pour eux un terme à toute dispute, pour rendre ferme [ce qui est convenu]. 17 Et Dieu, voulant en cela montrer plus abondamment aux héritiers de la promesse l’immutabilité de son conseil, est intervenu par un serment, 18 afin que, par deux choses immuables, dans lesquelles il était impossible que Dieu mentît, nous ayons une ferme consolation, nous qui nous sommes enfuis pour saisir l’espérance proposée, 19 laquelle nous avons comme une ancre de l’âme, sûre et ferme, et qui entre jusqu’au dedans du voile 20 où Jésus est entré comme précurseur pour nous, étant devenu souverain sacrificateur pour l’éternité selon l’ordre de Melchisédec.
—      v. 1* : c. à d. : les premiers éléments de la doctrine. — v. 1** : ou : vers la perfection. — v. 11 : ou : empressement, zèle. — v. 12 : ailleurs : constance, longanimité. — v. 12** et 15 : litt.: la promesse.

Commentaires du chapite 6
Ce chapitre continue le sujet commencé au ch. 5, 11, c’est-à-dire une répréhension envers les Hébreux avec des exhortations mais aussi des encouragements
Du ch. 4, 14 au ch 8, 2 : Jésus Christ, grand souverain sacrificateur
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 5: cf ch 9, 8; Prov. 21, 16 / v. 9: ch 7, 19 / v. 12 :  ch 5, 11 / v. 20: Jean 20, 17

V. 1: l’expression “c’est pourquoi” se réfère à la fin du chapitre précédent et en introduit la conclusion. Ces Hébreux sont exhortés à laisser de côté un état d’enfance pour avancer vers la perfection, c’est-à-dire vers l’état d’hommes faits. Il y a aussi l’expression “la parole du commencement du Christ”. C’est ce qui appartenait aux Juifs avant la venue de Christ (cf Gal. 4, 1-5). C’était le commencement et non la révélation de Christ glorifié dans le ciel. Quant à la perfection, elle constitue l’apanage du nouvel état de choses, c’est-à-dire au christianisme avec Christ glorifié. Dans les v. 2 et 3: il y a une énumération de ce qui constitue “la parole du commencement”. Les œuvres mortes sont le fruit de la nature pécheresse (Eph. 2, 1). Quant à la foi en Dieu, relevons le passage de Matt. 6, 24: Nul ne peut servir deux maîtres; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre: vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. On peut alors compléter par Marc 11, 22: Et Jésus, répondant, leur dit: Ayez foi en Dieu. Quant à la doctrine des ablutions de l’AT, c’est l’une des choses qui caractérisaient les cérémonies et ordonnances de la loi (cf Ex. 30, 20; 40, 12; Lév. 8, 6; 13, 6; 17, 16, etc). Le mot ablution signifie: toilette purificatrice rituelle prescrite par de nombreuses religions. Faire ses ablutions, sa toilette. Quant à l’imposition des mains, elle se pratiquait dans les sacrifices(cf Lév. 1, 4; 4, 15) et à l’égard des personnes (cf Nom. 8, 10; 27, 18). Les doctrines de la résurrection des morts et du jugement éternel étaient un fondement posé pour lequel il n’était pas nécessaire de revenir. Au v. 3, ce “si Dieu le permet”, démontre que c’est Lui qui accorde de saisir la grâce et de recevoir cette vérité toute entière qui se rapporte à cet état d’hommes faits. Mais avant de montrer ce qu’est la perfection d’un christianisme céleste, il y a un terrible danger qui est signalé. C’est celui qui menace ceux qui abandonnent Christ après avoir professé le recevoir. Ainsi, les v. 4 et 5 décrivent les privilèges que le christianisme apportait. La lumière avait éclairé les âmes par la pleine révélation de la connaissance de Dieu. Le don céleste, Christ donné de Dieu avait été présenté, et on avait pu le goûter. Ceux qui étaient introduits dans le milieu chrétien sentaient l’influence du Saint Esprit. Ces versets 4 et 5 étaient une anticipation merveilleuse de puissance qui aura lieu dans le siècle à venir (cf Rom. 8, 18-22). Ces miracles qui s’opéraient étaient un témoignage rendu à la puissance cachée dans le ciel du Sauveur glorifié. Mais toute cette énumération ne suppose cependant pas la possession de la vie. Cela posé, la difficulté que peut présenter ce passage disparaît. Dans les v. 6 à 8, il y a la terrible condition de ceux qui sont entrés dans ce nouvel ordre de choses, au milieu des privilèges célestes découlant de la glorification de Christ, mais qui l’ont abandonner pour retourner au judaïsme. C’est de l’apostasie. Ils agissaient de plein gré, crucifiant le fils de Dieu, l’exposant à l’opprobre et pourtant ils savaient ce qu’ils faisaient. Il ne reste pour eux que le jugement comparé dans les v. 7 et 8 aux bénédictions d’en haut qui n’ont produit que des épines et des chardons (cf Es. 55, 10-11). Mais lorsque ces bénédictions sont reçues, elles produisent du fruit, selon v. 9 et suivants. Nous y trouvons des encouragements pour ceux qui auraient pu être effrayés ou découragés, après avoir été mis en garde par le danger qu’il y avait. Le bien-aimés du v. 9, qui ne se trouve qu’ici dans l’épître, est bien propre à donner du poids à ce qui est ajouté. Malgré leur déclin, le v. 10 montre qu’il y avait la vie en eux. Ici comme en d’autres endroits, il est question de rémunération. Dieu en tient compte en fonction de leur amour pour lui. Au v. 11, l’auteur exprime l’ardent désir de les voir persévérer avec diligence jusqu’au bout, dans la voie chrétienne qui aboutit au repos et à la gloire, objets de l’espérance. Au v. 12, leur course avait donc été ralentie du fait de leur paresse à écouter (cf ch. 5, 11). De là: leur état d’enfance et le danger d’un ralentissement dans la course chrétienne. Ils sont donc exhortés à imiter ceux qui, par la foi et la patience héritent de ce qui avait été promis. Dans les v. 13 à 15, Abraham est un grand exemple de cette foi et de cette patience qui héritent la promesse Celle qui est rappelée ici est celle de Gen. 22, 16-18: J’ai juré par moi-même, dit l’Éternel : Parce que tu as fait cette chose-là, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, certainement je te bénirai, et je multiplierai abondamment ta semence comme les étoiles des cieux et comme le sable qui est sur le bord de la mer; et ta semence possédera la porte de ses ennemis. Et toutes les nations de la terre se béniront en ta semence, parce que tu as écouté ma voix.
Cette promesse accompagnée du serment (v. 17). Et cette promesse, rappelée ici, se termine par l’annonce de Christ, la semence d’Abraham duquel Isaac, mort et ressuscité en figure, était le type. La foi et la patience d’Abraham furent exercées relativement à la naissance si longtemps différée d’Isaac mais encore dans la terrible épreuve d’être appelé à offrir en sacrifice Isaac en qui était appelée une semence. Mais la patience d’Abraham traversa tout et après avoir recouvré Isaac comme de nouveau, il obtint la promesse confirmée par le serment. Dans les v. 16 à 20, il y a, au v. 16, le fait que le serment clôt les contestations parmi les hommes. Il rend aussi ferme ce qui a été convenu. Les hommes jurent par un plus grand qu’eux; mais Dieu, faisant intervenir le serment pour confirmer la promesse, n’ayant personne de plus grand par qui jurer, jure par lui-même (cf Gen. 22, 16 déjà mentionné ci-dessus). Au v. 17, les héritiers de la promesse sont les croyants, vrais enfants d’Abraham. La garantie solennelle sur laquelle repose la foi est fondée sur deux choses immuables comme Lui-même, c’est-à-dire la promesse elle-même d’une part et, d’autre part, le serment. Le serment est ajouté à la promesse pour donner une solennité plus grande et imprimer ainsi plus fortement dans l’âme du croyant la certitude des déclarations de Dieu. Dans ces versets, il y a encore un autre fait qui vient donner à l’espérance de ces croyants hébreux une stabilité parfaite: Christ lui-même est entré au-dedans du voile, dans le sanctuaire céleste, et il y est comme précurseur des siens. L’expression “enfuis” du v. 18b fait penser au meurtrier s’en allant dans une ville de refuge (cf Nom. 35 et Jos. 20). Au v. 19, la foi fait penser à cette chaîne du navire qui relie le navire à l’ancre, qui traverse tout l’espace qui s’étend entre la mer agitée de ce monde et le lieu céleste et immuable dans lequel se trouve l’objet de notre espérance. Au v. 20b, l’auteur revient au sujet de la sacrificature qui avait été interrompu au ch. 5, 11. Il ramène nos pensées à ce système glorieux et céleste. Le chapitre 7 développera Melchisédec, ce type qui nous présente Jésus vrai roi de justice et de paix, vrai sacrificateur du Dieu très-haut. Cette déclaration assure aussi l’accomplissement glorieux des bénédictions futures concernant le résidu d’Israël et la terre millénaire.

Chapitre 7
1 Car ce Melchisédec, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-haut*, qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, et qui le bénit, 2 auquel aussi Abraham donna pour part la dîme de tout*, premièrement, étant interprété, roi de justice, et puis aussi roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix; 3 sans père, sans mère, sans généalogie, n’ayant ni commencement de jours, ni fin de vie, mais assimilé au Fils de Dieu, demeure sacrificateur à perpétuité. 4 Mais considérez combien grand était celui à qui même Abraham donna une dîme du butin, lui le patriarche. 5 Et ceux d’entre les fils de Lévi qui reçoivent la sacrificature ont bien un commandement de dîmer le peuple selon la loi, c’est-à-dire leurs frères, bien qu’ils soient sortis des reins d’Abraham; 6 mais celui qui ne tire pas généalogiquement son origine d’eux, a dîmé Abraham et a béni celui qui avait les promesses. 7 Or, sans contredit, le moindre est béni par celui qui est plus excellent. 8 Et ici, des hommes qui meurent reçoivent des dîmes; mais là, celui de qui il est rendu témoignage qu’il vit; 9 et, pour ainsi dire, Lévi même, qui reçoit des dîmes, a été dîmé en Abraham, 10 car il était encore dans les reins de son père quand Melchisédec alla au-devant de lui.
11 Si donc la perfection était* par la sacrificature lévitique (car c’est en relation avec elle** que le peuple a reçu sa loi), quel besoin était-il encore qu’un autre sacrificateur se levât selon l’ordre de Melchisédec et qui ne fût pas nommé selon l’ordre d’Aaron? 12 Car la sacrificature étant changée, il y a aussi par nécessité un changement de loi. 13 Car celui à l’égard duquel ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont personne n’a été attaché* à l’autel; 14 car il est évident que notre Seigneur a surgi* de Juda, tribu à l’égard de laquelle Moïse n’a rien dit concernant des sacrificateurs. 15 Et cela est encore bien plus évident, si, à la ressemblance de Melchisédec, un autre sacrificateur se lève, 16 qui n’a pas été établi selon la loi d’un commandement charnel, mais selon la puissance d’une vie impérissable. 17 Car [ce] témoignage [lui] est rendu: «Tu es sacrificateur pour l’éternité, selon l’ordre de Melchisédec» [Psaume 110:4].
18 Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité 19 (car la loi n’a rien amené à la perfection), et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu. 20 Et en tant que [cela n’a] pas [eu lieu] sans serment 21 (car ceux-là sont devenus sacrificateurs sans serment, mais celui-ci [l’est devenu] avec serment, par celui qui a dit de lui*: «Le *Seigneur a juré et ne se repentira pas: Tu es sacrificateur pour l’éternité [selon l’ordre de Melchisédec]»), 22 c’est d’une alliance d’autant meilleure que Jésus a été fait le garant. 23 Et ceux-là étaient plusieurs sacrificateurs, parce que la mort les empêchait de demeurer; 24 mais celui-ci, parce qu’il demeure éternellement, a la sacrificature qui ne se transmet pas*. 25 De là vient aussi qu’il peut sauver entièrement* ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux. 26 Car un tel souverain sacrificateur nous convenait, saint*, innocent, sans souillure, séparé des pécheurs, et élevé** plus haut que les cieux, 27 qui n’est pas journellement dans la nécessité, comme les souverains sacrificateurs, d’offrir des sacrifices, d’abord pour ses propres péchés, ensuite pour ceux du peuple; car cela, il l’a fait une fois pour toutes, s’étant offert lui-même. 28 Car la loi établit pour souverains sacrificateurs des hommes qui sont dans l’infirmité*, mais la parole du serment, qui est après la loi, [établit] un Fils qui est consommé pour l’éternité.
v. 1 : voir Luc 1:32. — v. 2 : voir Genèse 14:18-20.
v. 11* : ou : Si donc il y avait perfection. — v. 11** : ou : car c’est sur ce fondement. — v. 13 : ou : n’a été affecté au service de. — v. 14 : ou :s’est levé; les Septante rendaient le «Germe» de Jérémie 23:5; Zacharie 3:8, etc., par : lever [du soleil], ou orient, lever d’un astre : voir Luc 1:78.
v. 21 : ou : celui qui lui a dit. — v. 24 : ou : qui ne change pas, ou intransmissible. — v. 25 : litt.: jusqu’à l’achèvement. — v. 26* : ou : pieux; voir Actes 2:27. — v. 26** : litt.: devenu. — v. 28 : litt.: des hommes ayant infirmité.

Commentaires du chapitre 7
Jésus Christ, grand souverain sacrificateur (ch. 4, 13 à 8, 2)
v. 1-3 : Melchisédec assimilé au Fils de Dieu v. 4-10 : Melchisédec plus grand qu’Abraham
v. 11-17 : l’insuffisance de la sacrificature lévitique v. 18-25 : l’excellence de la sacrificature de Christ
v. 26 – ch, 8, 2 : l’excellence du souverain sacrificateur
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 17 (pour l’éternité): cf 5,6; 6,20; 7,21 / v. 19 : 10,34 / v. 22 : 10,19 / v. 25: Jean 14,19; Rom. 5, 10; Rom. 8,34; 1 Tim. 3, 16; 1 Jean 2, 1; Héb. 4, 15 / v. 28: Eph. 5, 2,25; Gal. 1, 4

V. 1 – 3 : traits de la sacrificature de Melchisédec
L’auteur revient au sujet béni et glorieux de la sacrificature de Christ qui sera mise en contraste avec celle d’Aaron ou de Lévi, pour en montrer l’immense supériorité. A cet effet, et comme il l’a déjà fait pressentir dans les ch. 5, 6,20 et 6, 20, l’auteur prend pour type de la sacrificature de Christ celle de Melchisédec, au sujet de laquelle il y avait beaucoup de choses à dire. La sacrificature de Melchisédec est en dehors de celle d’Aaron. Elle offre des traits tels qu’elle représente exactement celle de Christ. A tort, plusieurs ont cru voir en Melchisédec plus qu’un homme. Cet homme apparaît en Gen. 14 et, historiquement, il n’en est plus parlé dans le reste de l’Ecriture. Il était roi en Salem (v. 2). Plus tard ce lieu deviendra Jérusalem (cf Ps. 76, 2). Melchisédec était non seulement roi de justice mais aussi roi de paix (v. 2) et sacrificateur du Dieu Très-haut (v. 1). Ce titre de “Très-haut” est donné à Dieu lorsqu’il est question du règne millénaire. Melchisédec, roi et sacrificateur, est donc le type du Seigneur quand, ayant établi son royaume sur la terre, il régnera en justice lui, le prince de paix. L’œuvre de la justice sera la paix (cf Es. 32, 1,17 et 9, 6). Il sera sacrificateur sur son trône (Zach. 6, 13). En Genèse 14, Melchisédec est venu à la défaite des rois. Christ en fera de même. En comparant le v. 1er avec Genèse 14 on a: alla au-devant d’Abraham puis fit apporter du pain et du vin. La différence est due au caractère actuel de la sacrificature de Christ pour nous, c’est-à-dire ses soins préventifs et le secours que nous trouvons en Lui. Au v. 3, la différence est établie entre les sacrificatures de Melchisédec et d’Aaron (cf Esdras 2, 62). En Melchisédec, il y a cette sacrificature vivante. en cela type de la sacrificature intransmissible de Christ d’où ce assimilé au Fils de Dieu. Tout est semblable au Fils de Dieu non dans sa personne mais dans son office de sacrificateur. Seulement, la sacrificature de Christ s’exerce dans les cieux.
Dans Melchisédec, l’Esprit de Dieu ne s’intéresse pas à l’homme, mais à son office dont le type est développé dans ce chapitre.
Il est sacrificateur pour l’éternité parce que ce sacrificateur conduit aussi la louange qui ne finit pas.
Dans le temps de l’Eglise, Christ est aussi intercesseur selon le type d’Aaron mais il sera uniquement sacrificateur selon le type de Melchisédec dans le temps futur. Dans Lév. 9, 22-24, Aaron avait aussi, envers le peuple, une sacrificature de bénédiction.

V. 4 -10 : supériorité de la sacrificature de Melchisédec
Après avoir brossé un tableau des traits de la sacrificature de Melchisédec et prouvé qu’en dehors de la sacrificature d’Aaron il y en avait une différente, précisément celle de Melchisédec, supérieure à celle d’Aaron. Et ce sont les v. 4 à 10 qui décrivent plus spécialement cette supériorité. Les paroles reprises du Psaume 110 mettent en évidence une sacrificature supérieure, celle de Christ, typifiée dans celle de Melchisédec. Dans les Hébreux, l’auteur applique ce passage des Psaumes à Christ, ayant en cela l’autorité de Jésus lui-même, qui mentionne ce même Psaume au sujet de sa personne (Matt. 22, 43-44). Pour montrer la supériorité de la sacrificature de Christ selon l’ordre de Melchisédec, l’auteur prend deux traits du passage de Genèse 14, c’est-à-dire: Melchisédec bénit Abraham et 2) Abraham lui donna la dîme du butin. Tout de que fut Abraham, et dont le Hébreux 6 mettait en évidence sa foi et sa patience, fait ressortir la grandeur de Melchisédec. Longtemps après Genèse 14, la loi enseigne que les Lévites devaient dîmer leurs frères. Or le fait qu’Abraham a été dîmé par Melchisédec (v. 6) enseigne que Lévi, descendant d’Abraham, a été dîmé en Abraham. Par là, on comprend bien que la sacrificature de Melchisédec est bien supérieure à celle de Lévi. De plus, les sacrificateurs selon l’ordre de Lévi étaient des hommes mortels (v. 8) tandis que le témoignage rendu à Melchisédec est qu’il était vivant. La deuxième preuve de cette supériorité est évidente au v. 7. Répétons une fois encore que Melchisédec est inconnu, mystérieux; il est grand et ses traits sont démontrés. La Parole enseigne donc clairement ce qu’il est dit du Seigneur quand il est sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec en contraste avec la sacrificature selon l’ordre d’Aaron.
A perpétuité: remarquons que, dans les ch. 9 et 10, la permanence de notre position est mise en évidence. Quant au Juif, chaque péché nécessitait un sacrifice.
La sacrificature selon l’ordre d’Aaron commençait à 30 ans et finissait à l’âge de 50 ans.

V. 11 – 17 : supériorité de la sacrificature de Melchisédec appliquée à Christ
Les v. 12 à 14 montrent que les Hébreux doivent abandonner tout ce qui s’applique à Aaron.Ce groupe de versets continue de développer, mais appliqués au Seigneur, les traits qui appartiennent à la sacrificature selon l’ordre de Melchisédec, et qui démontrent sa supériorité sur celle d’Aaron. Ainsi, la sacrificature lévitique n’était pas le but final des desseins de Dieu. La sacrificature selon l’ordre de Melchisédec, annoncée au Psaume 110, le démontre. Selon le v. 12 le système lévitique, avec à sa base la sacrificature d’Aaron, enseigne un changement. La sacrificature aaronique tombe. Et deux choses démontrent ce changement complet: le Seigneur qui n’est pas de Lévi mais de Juda (cf Gen. 49, 10 et Es. 11, 1). Puis en deuxième lieu: la sacrificature selon l’ordre d’Aaron était établie selon la loi d’un commandement charnel, c’est-à-dire que tout était adapté à l’homme dans la chair. Tout était extérieur et temporaire. Au contraire, le Seigneur, à la ressemblance de Melchisédec, se lève comme sacrificateur selon la puissance d’une vie impérissable. Sa sacrificature est parfaite.

V. 18 – 28 : l’excellence de la sacrificature de Christ et du souverain sacrificateur
Il y a, dans ces versets, un beau contraste avec les v. 10 à 18 du ch. 2.
Au v. 18, la faiblesse du commandement est relevée d’où son abrogation. Pourquoi faible? Parce que Dieu restait caché derrière le voile. L’homme ne pouvait pas l’approcher et ainsi la loi n’a rien amené à la perfection. Par contre, à la fin du v. 19, il en va différemment avec la sacrificature de Christ. Elle introduit quelque chose de meilleur. Ce n’était pas un commandement mais une espérance dans laquelle l’on pouvait s’approcher sans crainte de Dieu. Remarquons que c’est là l’un des grands traits de l’épître aux Hébreux: s’approcher. C’est le privilège de tout vrai chrétien. Les v. 18 à 20 dévoilent chaque secret. Puis, dans les v. 20 à 22, Jésus a été fait garant d’une meilleure alliance, c’est-à-dire d’une nouvelle alliance avec le peuple d’Israël, établie en rapport avec la sacrificature de Christ, reposant donc sur Christ et son œuvre, en contraste avec celle d’Aaron qui reposait sur l’obéissance d’un peuple charnel. Rappelons-nous que l’auteur parle à des Hébreux devenus chrétiens et que les alliances ont rapport avec Israël et non pas aux enfants de Dieu de l’époque de l’Eglise ou Assemblée. Les v. 20 et 21 soulignent encore la supériorité de la sacrificature de Christ dans laquelle il y avait un serment en contraste avec la sacrificature selon l’ordre d’Aaron dans laquelle il n’y avait pas de serment pour assurer une perpétuité. Puis les v. 23 et 24 montrent un nouveau contraste: celui entre la mort et la vie. Christ a la sacrificature qui ne se transmet pas; c’est stable et perpétuel. Au v. 25, il y a une conséquence précieuse pour tout chrétien: c’est à nouveau le fait de pouvoir s’approcher. Ce sont tous les vrais croyants qui ont ce privilège; en jouissons-nous? Nous sommes au bénéfice de l’œuvre de Christ et c’est par Lui que nous avons cette faveur que ni la loi, ni les sacrifices de l’ancienne alliance, ne pouvait donner. Le privilège résultant de la sacrificature de Christ, c’est que tout vrai croyant est sauvé entièrement ou jusqu’à l’achèvement. Si le croyant est affranchi du jugement, il y a encore la course du désert mais il y a aussi l’intercession constante de Christ comme garantie d’un salut total, c’est-à-dire jusqu’à l’achèvement de la course. L’intercession de Moïse, en Exode 17, en est un beau type.
Dans les v. 26 à 28, il y a encore, par contraste, l’excellence suprême de la sacrificature de Christ par rapport à celle d’Aaron. Les sacrificateurs pris d’entre les hommes étaient dans l’infirmité, pécheurs, et devaient d’abord offrir des sacrifices pour eux-mêmes avant d’en offrir pour le peuple. L’entrée du tabernacle était interdite pour le peuple. Quel contraste avec tout authentique chrétien de l’Eglise qui a le privilège d’entrer dans le sanctuaire céleste et de s’approcher de Dieu, là où rien d’impur n’est admis. Ayant une telle position, il convient ainsi d’avoir un souverain sacrificateur tel que le demandent la gloire et la pureté du ciel, de l’avoir là où le croyant est appelé à entrer. Au v. 28, au sujet de la parole du serment de Dieu, c’est: le Seigneur l’a juré. Et ce serment établi un Fils. C’est bien un homme, mais il est Fils de Dieu et il est établi souverain sacrificateur lorsque, après avoir été consommé, consacré (ch. 2, 10), il est entré dans le ciel, rendu parfaitement propre à accomplir son service pour l’éternité. A propos de la fin du v. 27, s’étant offert lui-même: il ne faut pas en faire une application littérale car cela ne veut pas dire qu’il s’est immolé lui-même en faisant un acte de sacrifice. Comme dit, c’est lorsqu’il a été consommé qu’il a été salué sacrificateur (ch. 5, 10). Mais Christ s’est offert, s’est présenté lui-même pour être la victime du sacrifice (cf Gal. 1, 4: 2, 20; Eph. 5, 2,25; Lév. 1, 5,11; 3, 2,8,13; 4, 4,24,29; etc).

Chapitre 8
1 Or la somme de ce que nous disons, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur qui s’est assis* à la droite du trône de la majesté dans les cieux, 2 ministre* des lieux saints et du vrai tabernacle que le *Seigneur a dressé, non pas l’homme.
3 Car tout souverain sacrificateur est établi pour offrir des dons et des sacrifices; c’est pourquoi il était nécessaire que celui-ci aussi eût quelque chose à offrir. 4 Si donc il était sur la terre, il ne serait pas sacrificateur, puisqu’il y a ceux qui offrent des dons selon la loi, 5 lesquels servent la figure et l’ombre des choses célestes: comme Moïse, quand il allait construire le tabernacle, a été averti divinement; car: «Prends garde», dit-il, «à faire toutes choses selon le modèle qui t’a été montré sur la montagne» [Exode 25:40]. 6 Or maintenant [Christ] a obtenu un ministère* d’autant plus excellent, qu’il est médiateur d’une meilleure alliance qui est établie** sur de meilleures promesses; 7 car si cette première [alliance] avait été irréprochable, il n’eût jamais été cherché de lieu pour une seconde; 8 car, en censurant*, il leur dit: «Voici, des jours viennent, dit le *Seigneur, et je conclurai, pour la maison d’Israël et pour la maison de Juda, une nouvelle alliance, 9 non selon l’alliance que j’ai faite avec leurs pères, au jour où je les pris par la main pour les tirer du pays d’Égypte; car ils n’ont pas persévéré dans mon alliance, et moi je les ai délaissés, dit le *Seigneur. 10 Car c’est ici l’alliance que j’établirai pour* la maison d’Israël après ces jours-là, dit le *Seigneur: En mettant** mes lois dans leur entendement***, je les écrirai aussi sur leurs cœurs, et je leur serai pour Dieu, et ils me seront pour peuple, 11 et ils n’enseigneront point chacun son concitoyen et chacun son frère, disant: Connais le *Seigneur; car ils me connaîtront tous, depuis le plus petit jusqu’au plus grand d’entre eux; 12 car je serai clément à l’égard de leurs injustices, et je ne me souviendrai plus jamais* de leurs péchés ni de leurs iniquités**» [Jérémie 31:31-34]. 13 En disant: «une nouvelle», il a rendu ancienne la première: or ce qui devient ancien et qui vieillit, est près de disparaître.
v. 1 : ou : qui est assis. — v. 2 : ici, et vers. 6, voir la note à Romains 15:16.
v. 6* : service officiel, comme Luc 1:23; ailleurs administration. — v. 6** : formellement établie, comme par une loi. — v. 8 : ou : en blâmant. — v. 10* : ici, plutôt : à. — v. 10** : litt.: donnant. — v. 10*** : = intelligence, pensée, en opposition aux sentiments (cœur). — v. 12* : ou : absolument plus. — v. 12** : litt.: actes sans loi, sans frein.

Commentaires du chapitre 8.
Une nouvelle et meilleure alliance
v. 1-2 : voir chapitre 7 v. 3-6 : supériorité de la sacrificature de Christ
v. 7-13 : Jésus, médiateur d’une nouvelle alliance
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 2: cf Rom. 15, 16 (pour ministre) / v. 3: cf 7,27,25 / v. 6 : Jér. 31, 33-34; Héb. 7, 22  / v. 7: Jér. 31, 31; 2 Cor. 3, 14   / v. 8: Rom. 11, 27; Matt. 26, 28  / v. 10: Zach. 8, 8 / v. 11: Es. 54, 13

Les v. 1 et 2 constituent un résumé de tout ce qui a été étudié sur le merveilleux sujet de la souveraine sacrificature de Christ dans le ciel. Ce sujet, introduit à la fin du chapitre deuxième, se continue jusqu’à ce chapitre huitième. Ainsi, la somme de ce que nous disons comprend les ch. 2, 17-18; 3, 1 et suivants; 4, 14-16; 5, 1-11; 6, 20 et 7 en entier. Cette somme, en résumé, est le fait glorieux de la souveraine sacrificature de Christ dans les lieux saints, le ciel, où il s’est assis à la droite du trône de la majesté, c’est-à-dire dans le position suprême de grandeur. Ce qui est indiqué au v. 2 est donc en contraste avec ce qui avait lieu sur la terre. Dans le ciel, Christ officie pour nous, étant salué souverain sacrificateur pour l’éternité. Ce grand fait établi une période nouvelle qui met fin à l’ancienne, non plus seulement sous le rapport des ordonnances lévitiques, mais aussi de l’alliance qui s’y rattachait. Cette alliance est mise de côté pour faire place à une nouvelle et meilleure alliance. C’est le sujet de ce chapitre huit.
Au v. 3, celui-ci, c’est-à-dire Jésus, a eu quelque chose à offrir. Et ce quelque chose c’est lui-même. Il s’est offert lui-même. Ce sacrifice étant accompli, il présente à Dieu, pour les chrétiens de l’Eglise, son intercession dans le ciel. Au v. 4, l’auteur insiste sur ce fait que cela n’avait pas lieu sur la terre. L’Esprit Saint cherche à détacher toujours plus les Hébreux de la scène terrestre pour les diriger dans les choses plus excellentes du ciel. Le v. 5 est clair: tout ce qui se rapportait à la loi n’était que l’ombre des choses célestes. Bien que tout devait être fait selon l’ordre divin, dans ce temps, selon Ex. 25, 9,40; 26, 30; 27, 8, il n’en reste pas moins vrai qu’il ne s’agissait que des figures des choses célestes dont Christ est ministre (v. 2). Que devaient donc préférer les Hébreux: les ombres ou la réalité? Dans le v. 6, on comprend que la réalité est céleste et qu’elle est en Christ, Lui, le médiateur d’une meilleure alliance. Ce sujet d’une meilleure alliance a déjà été touché au ch. 7, 22. Il est donc repris ici, ch. 8, 6. Il sera développé dans la suite du chapitre et au neuvième. Dans ce sujet, la gloire de Christ est mise en évidence. Elle efface toutes les gloires de la période (ou dispensation, ou économie) précédente. La sacrificature aaronique est donc mise de côté. Elle est remplacée par une sacrificature céleste. Alors, maintenant, que devient l’alliance traitée avec les pères et par la médiation de Moïse? Et bien, les versets 6 et suivants démontrent qu’elle est aussi mise de côté pour faire place à une meilleure alliance dont le Médiateur est bien plus grand que Moïse. Cette alliance est aussi établie sur de meilleures promesses. Les promesses de l’ancienne alliance reposaient sur l’obéissance à la loi alors que celles de la nouvelle sont inconditionnelles, ayant pour source la grâce de Dieu seule, et basée sur le sacrifice de Christ. Le ch. 9 en fera la démonstration. Au v. 7, la première alliance était bien irréprochable du côté de Dieu mais non du côté de l’homme, de ce peuple de col roide. Ce peuple était incapable de garder la loi et de ne pas enfreindre cette alliance. Elle devait ainsi être remplacée par une autre et c’est en ce sens qu’elle n’était pas irréprochable. Au v. 8, Dieu fait des reproches mérités au peuple pour n’avoir pas gardé l’alliance. Il le censure puis, dans sa grâce souveraine, Dieu annonce une autre alliance. Dans les v. 8 à 12, l’Esprit Saint cite les magnifiques promesses relatives à cette nouvelle alliance. Le prophète Jérémie les faisait déjà entendre au peuple dans un jour de ruine extrême (Jér. 31, 31,34). Puis, au v. 13, il y a la conclusion: l’ancienne alliance doit disparaître puisqu’il y en a une meilleure. Les bénédictions de la nouvelle alliance ne sont pas développées. Ainsi, les croyants Hébreux sont enseignés à être détachés de la première alliance, comme déjà beaucoup de choses appartenant au judaïsme. Ils sont aussi préservés de s’attacher à ce que comporte la nouvelle alliance qui est pour un temps à venir, une période qui n’est pas celle de l’Eglise. Au v. 4, comme au v. 13, les soins de Dieu sont là pour conduire peu à peu les croyants hébreux à laisser de côté le judaïsme et tout ce qui s’y rapporte, avec tout le ménagement nécessaire.
Au sujet des alliances: pour nous, croyants appartenant au temps de l’Eglise, il n’y a pas d’alliance. Nous sommes, il est claire, sauvés par le sang de l’alliance. Nous bénéficions, avant même le futur résidu d’Israël, des privilèges essentiels de la nouvelle alliance, dont Dieu a posé le fondement au moyen du sang de Christ. Mais c’est en esprit et non selon la lettre. Citons encore deux contrastes entre l’ancienne et la nouvelle alliance: 1) la nouvelle alliance est basée sur la mort de Christ pour les pécheurs et non sur l’obéissance d’hommes pécheurs. 2) la première alliance était établie avec le peuple (v. 9). La nouvelle sera établie non avec eux mais pour eux (v. 8 et 10).

Chapitre 9
1 La première* donc avait aussi des ordonnances pour le culte, et le sanctuaire, un [sanctuaire] terrestre. 2 Car un tabernacle fut construit*, — le premier**, qui est appelé saint, dans lequel était le chandelier, et la table, et la proposition des pains; 3 et après le second voile, un tabernacle* qui est appelé saint des saints, 4 ayant l’encensoir d’or, et l’arche de l’alliance entièrement couverte d’or tout autour, dans laquelle était la cruche d’or qui renfermait la manne, et la verge d’Aaron qui avait bourgeonné, et les tables de l’alliance; 5 et, au-dessus de l’arche, des chérubins de gloire ombrageant le propitiatoire; sur quoi nous n’avons pas à parler dans ce moment en détail.
6 Or ces choses étant ainsi disposées, les sacrificateurs entrent constamment dans le premier tabernacle, accomplissant le service*; 7 mais, dans le second, le seul souverain sacrificateur, une fois l’an, non sans du sang qu’il offre pour lui-même et pour les fautes* du peuple, 8 l’Esprit Saint indiquant ceci: le chemin des lieux saints* n’a pas encore été manifesté, tandis que le premier tabernacle a encore sa place, 9 lequel est une figure pour le* temps présent, dans lequel sont offerts des dons et des sacrifices qui ne peuvent pas rendre parfait quant à la conscience celui qui rend le culte**, 10 [culte qui consiste] seulement en viandes*, en breuvages, en diverses ablutions, ordonnances charnelles imposées jusqu’au temps du redressement**. 11 Mais Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir*, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, 12 et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints*, ayant obtenu une rédemption éternelle. 13 Car si le sang de boucs et de taureaux, — et la cendre d’une génisse avec laquelle on fait aspersion sur ceux qui sont souillés, — sanctifie pour la pureté de la chair, 14 combien plus le sang du Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, pour que vous serviez* le Dieu vivant! 15 Et c’est pourquoi il est médiateur d’une* nouvelle alliance, en sorte que, la mort étant intervenue pour la rançon des transgressions qui étaient sous la première alliance, ceux qui sont appelés reçoivent l’héritage éternel qui a été promis**. 16 (Car là où il y a un testament*, il est nécessaire que la mort du testateur intervienne; 17 car un testament est valide lorsque la mort est intervenue, puisqu’il n’a pas de force tant que le testateur vit). 18 De là vient qu’aussi la première [alliance] n’a pas été inaugurée sans du sang. 19 Car chaque commandement, pour ce qui concerne la loi, ayant été proclamé par Moïse à tout le peuple, il prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau et de la laine écarlate et de l’hysope, et en fit aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, 20 en disant: «C’est ici le sang de l’alliance que Dieu vous a ordonnée» [Exode 24:8]. 21 Et, de la même manière, il fit aspersion du sang sur le tabernacle aussi et sur tous les ustensiles du service. 22 Et presque toutes choses sont purifiées par du sang, selon la loi; et sans effusion de sang il n’y a pas de rémission. 23 Il était donc nécessaire que les images des choses qui sont dans les cieux fussent purifiées par de telles choses, mais que les choses célestes elles-mêmes le fussent par de meilleurs sacrifices que ceux-là. 24 Car le Christ n’est pas entré dans des lieux saints* faits de main, copies des vrais, mais dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face** de Dieu, 25 — ni, non plus, afin de s’offrir lui-même plusieurs fois, ainsi que le souverain sacrificateur entre dans les lieux saints* chaque année avec un sang autre [que le sien] 26 (puisque [dans ce cas] il aurait fallu qu’il souffrît plusieurs fois depuis la fondation du monde); mais maintenant, en la consommation des siècles, il a été manifesté une fois pour l’abolition du péché par son sacrifice*. 27 Et comme il est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela [le] jugement, 28 ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché*, à salut à ceux qui l’attendent.
v. 1 : la première alliance. — v. 2* : voir Exode 26. — v. 2** : c. à d. : la première partie, le lieu saint. — v. 3 : c. à d. : la deuxième partie, le lieu très-saint ou saint des saints.
v. 6 : litt.: les services. — v. 7 : ou : péchés d’ignorance. — v. 8, 12, 24, 25 : ou : lieu très-saint; mais à présent, le voile étant déchiré, les deux sont un. — v. 9* : ou : jusqu’au. — v. 9**, 14 : rendre culte, ailleurs : servir; c’est s’approcher de Dieu avec des prières, ou en offrant, en quelque manière que ce soit, un service religieux. — v. 10* : plutôt : aliments. — v. 10** : le temps de la remise en ordre. — v. 11 : des bénédictions que le Christ devait amener. — v. 15 : ou : de la. — v. 15** : litt.: la promesse de l’héritage éternel. — v. 16 : alliance et testament sont le même mot en grec; proprement : une disposition. — v. 24** : litt.: à la face. — v. 26 : ou : le sacrifice de lui-même. — v. 28 : à part le péché, n’ayant plus rien à faire avec lui.

Commentaires du chapitre 9.
Une meilleure alliance, un meilleur sanctuaire, un meilleur sacrifice
v. 1-5 : ce qui se trouvait dans le tabernacle v, 6-10 : activité dans les sanctuaires
v. 11-23 : sacrifice de Christ et nouvelle alliance v. 24-28 : choses nouvelles et meilleures
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 2: cf Ex. 25, 8; 36, 8; 40, 17; 26, 33; 40, 22-27  / v. 3: cf Ex. 26, 31-33 / v. 4: Lév. 16, 12-13;
Nom. 16, 46; Ex. 16, 33; Nom. 17, 10; Ex. 40, 20; v. 6: Ex. 30, 7-8; Luc 1, 8-10 / v. 7: Ex. 30, 10;
Lév. 16, 2 / v.8: ch. 9, 14; 10, 19-20 / v.11: ch. 3, 1; 8, 2 / v.12: ch. 10, 19; 7, 27; Eph. 1, 7 /
v. 13: 1 Pi. 3, 18 / v. 14: ch. 10, 15; Rom. 5, 1 / v. 15: Jér. 31, 31; Rom. 3, 25; Act. 13, 39 / v. 21: ch. 12, 24; Ex. 29, 12,36 / v. 22: Lév. 17, 11 / v. 23: Rom. 15, 4; ch.8, 1,2,5 / v. 24: ch. 1, 3; 6, 20;
Rom. 8, 34; 1 Jean 2, 1 / v.25: ch. 7, 27 / v. 26: 2 Tim. 1, 10 / v.27: Rom. 6, 23; Job 30, 23;
Ecc. 12, 16 / v.28: 1 Pi. 2, 24

Dans ce chapitre, la joie est placée en rapport avec le trône, respectivement avec cette victime expiatoire qu’est le Christ.
Comme il en a été question au chapitre 8, le sujet d’une meilleure alliance est repris dans ce chapitre 9. Et il y a la démonstration que les promesses de la nouvelle alliance sont inconditionnelles. Le grand sujet de la sacrificature fait donc aussi partie de cette portion. L’Esprit Saint continue de présenter, dans ce chapitre et jusqu’au chapitre 10, 18, le sacrifice unique et parfait de la nouvelle alliance et par conséquent sa valeur, cela en contraste avec les anciennes offrandes. Pour faire ressortir les privilèges rattachés au nouvel ordre de choses, l’écrivain sacré rappelle ce qui avait lieu sous l’ancienne alliance.

V. 1 – 5 : rappel de ce qui se trouvait dans le tabernacle
Dans toute l’épître, il s’agit du tabernacle dans le désert et non du temple dans le pays. Le tabernacle, d’après l’original, … de ce monde c’est-à-dire le tabernacle du désert. Il est en opposition avec le tabernacle du v. 11. A propos du v. 4, le souverain sacrificateur utilisait l’encensoir pour offrir le parfum et cela l’unique jour de toute l’année lorsqu’il entrait dans la présence de l’Eternel. La cruche d’or avec la manne est le souvenir des soins de Dieu pour son peuple (Ex. 16, 32-34). Quant à la verge d’Aaron qui avait fleuri elle était le sceau de la sacrificature (Nom. 17, 10). Quant aux tables de la loi, nommées ici tables de l’alliance, … sur elles était établi le principe de l’obéissance de l’homme. Les sacrifices dont il est question dans les chapitres 9 et 10 se rapportent à ce grand jour des expiations de Lévitique ch. 16.

V. 6 – 10 : deux faits avec leurs conséquences
Il y avait le fait que les sacrificateurs entraient bien constamment dans la première partie du tabernacle pour y accomplir leur service (ou les services) selon Ex. 30, 7-8; Luc 1, 9; 1 Chron. 6, 49; Ex. 27, 21; Lév. 24, 1-9. Le deuxième fait est que seul le souverain sacrificateur pouvait entrer une fois l’an dans le lieu très saint (selon Lév. 16). L’Esprit Saint qui étaient en Moïse enseigne lui-même ce que signifie ces faits. Il y a d’abord que l’accès auprès de Dieu, sous la première alliance, était fermé. En second lieu, on comprend que toutes les ordonnances charnelles du culte mosaïque ne pouvait rendre la conscience parfaite. Pour approcher Dieu, il faut avoir la conscience purifiée du péché. Dans le v. 8, les deux lieux n’en forment plus qu’un seul car le voile a été déchiré (Matt. 27, 51). De même et selon le ch. 10, 19, le sanctuaire céleste est désormais pour tout membre du corps de Christ. En Lév. 16, le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint, avec le sang des victimes, d’abord pour lui et ensuite pour les fautes du peuple. La consistance de ces fautes était les péchés commis par erreur comme l’enseigne des passages tels que Lév. 4 et 5 et Nom. 15, 22-29. Il n’y avait pas de sacrifices pour les péchés commis volontairement. Le coupable était mis à mort (voir Nom. 15, 30-36; Deut. 17, 12).
Au v. 7 : les fautes ou péchés d’ignorance.
V. 8-9 : temps présent. Le tabernacle seul est en vue dans l’épître aux Hébreux et non le temple. Mais le temple existait quand l’épître a été écrite et des sacrifices étaient encore offerts. Ainsi, il y a ce temps présent en contraste avec un temps de redressement. Le premier tabernacle est donc en rapport avec la terre alors que le modèle est dans les cieux.

V. 11 et suiv. : la valeur et la portée et/ou les conséquences du sacrifice de Christ
Il y a donc parfait contraste avec les sacrifices de l’ancienne alliance. Dans les v. 11 et 12: Christ est venu. C’est le grand et glorieux fait posé en premier. Les biens à venir sont ceux qui appartiennent à la nouvelle alliance contractée avec Israël. Christ est entré dans les lieux saints et nous avons en cela le gage de la perfection et de la permanence de l’œuvre accomplie. Dans ce chapitre, il est aussi beaucoup question de sang. Le sang, c’est la vie. Le sang répandu, c’est la mort, c’est-à-dire la vie ôtée mais pour notre Sauveur: la vie donnée. Puis, dans les v. 13 et 14, il y a les conséquences de la rédemption éternelle. Pour les faire mieux ressortir et en accord avec d’autres fait, l’auteur rappelle ce qui avait lieu sous la loi. Au v. 14, il est remarquable de constater que la conscience est non seulement purifiée des péchés positifs mais aussi des œuvres mortes, c’est-à-dire de tout ce que produit la nature pécheresse de l’homme mort, dans ses fautes et dans ses péchés. Ainsi, la conscience étant purifiée, on peut servir Dieu. Ce mot servir, dans l’original, est le même que celui traduit par rendre culte au v. 9. Le sang de Christ nous permet de jouir d’une telle faveur. Dans le v. 15, c’est bien en raison de la grandeur et de la magnificence de l’œuvre de Christ à la croix et en vertu de son sang versé, de sa mort subie, qu’il est devenu médiateur d’une nouvelle alliance fondée sur son sang. Répétons qu’elle concerne Israël pour un temps futur. L’auteur évite de faire une application directe de cette nouvelle alliance. Mais tout est prêt pour qu’elle ait son effet. Toujours est-il que ceux qui sont actuellement appelés (voir ch. 3, 1), les croyants du temps de l’Eglise ou Assemblée, sont au bénéfice de cette rançon et reçoivent l’héritage éternel qui a été proposé. Cet héritage comprend toutes les bénédictions promises qui sont en rapport avec la nouvelle alliance.

V. 16 – 23 : ces versets nous ramènent spécialement à la pensée de l’alliance
Dans les versets 16 et 17, le mot traduit par alliance l’est par testament, c’est-à-dire une disposition. Car l’alliance est une disposition que Dieu fait par rapport à l’homme qui entre en relation avec lui. Un testament est une disposition en faveur de quelqu’un. Ces deux versets forment une parenthèse amenée par l’idée d’héritage. Les versets 18 à 22 nous ramènent au sujet de l’alliance. Dans Ex. 24, 7 et 8, le sang des victimes a scellé l’autorité de la loi sur le peuple qui l’avait acceptée. C’était la sanction de la mort attachée à l’obligation de garder la loi. Au v. 22, presque tout, sous l’ancienne alliance, est purifié par le sang. L’auteur en arrive ainsi à cette grande et capitale vérité proclamée dans toute la loi que sans effusion de sang il n’y a pas de rémission. L’alliance est fondée sur le sang et les souillures purifiées par le même moyen. Dans des passages comme dans Lév. 15 et Nom. 19, l’eau est une figure de la purification morale et pratique, cette purification s’effectuant par l’application au cœur et à la conscience de la Parole, cette parole de Dieu qui juge tout mal et révèle tout bien. Les choses célestes ont besoin d’être purifiées car elles sont souillées par la présence de Satan et de ses anges. Christ, par son sang, a opéré tout ce qu’il faut pour la purification du sanctuaire céleste, tout comme le faisait le souverain sacrificateur une fois l’an selon Lév. 16. Là, c’était en rapport avec le tabernacle terrestre qui était souillé par les péchés des fils d’Israël.
V. 16 : alliance et testament sont le même mot. Le testament est plutôt une disposition envers l’homme. L’alliance est plutôt en rapport avec Dieu. C’est une disposition que Dieu a faite sur le fondement de laquelle l’homme sera en relation avec lui. Mais les v. 16 et 17 forment une parenthèse qui fait allusion en passant à un autre genre de disposition.

V. 24 – 28 : choses nouvelles et meilleures
Au v. 24, il y a le grand fait qui suit le sacrifice de Christ: c’est son entrée dans le sanctuaire céleste en contraste avec l’image du sanctuaire terrestre. Et Christ est maintenant dans ce sanctuaire pour nous. Il y est et y demeure. Notre position ne change pas. Nous sommes sans voile en la présence de Dieu. Quelles perfections dans la personne de Christ et dans son œuvre. Quelle sécurité pour l’âme de tout croyant d’être ainsi représentés par un tel souverain sacrificateur. C’est un contraste avec l’ancienne alliance. En effet, la part des Israélites d’autrefois est retracée dans les v. 25 et 26. L’œuvre n’était jamais parfaite et n’ôtait pas le péché pour toujours. La « consommation des siècles » (v. 26) représente le temps de la patience de Dieu envers l’homme, avant l’œuvre de Christ. En Jean 15, 24, il y a cette consommation des siècles, c’est-à-dire la fin de l’histoire de l’homme mis à l’épreuve, qui met le comble à son péché en rejetant et en crucifiant Jésus. Mais le péché même est aboli par le sacrifice de Christ, ôté de devant les yeux de Dieu. La fin du v. 26 présente l’œuvre de Christ et sa portée générale, le résultat complet et final étant encore à venir. Puis les v. 27 et 28 montrent ce résultat déjà possédé par le croyant, non tel qu’il le sera dans la gloire, mais déjà complet quant à ce qui concerne la conscience. Ainsi, pour lui, le péché est aboli, il est sans voile en la présence de Dieu. Christ est présenté ici sous le caractère de substitut. Il porte les péchés. Il a porté nos en son corps sur le bois 1 Pi. 2, 24. Mais deux réalités terribles attendent l’homme irréconcilié: c’est la mort et après cela le jugement (v. 27). La mort introduit l’homme devant Dieu qui juge. C’est pourquoi la mort est le roi des terreurs (Job 18, 14). Remarquons que la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ est envers tous mais seulement en faveur de tous ceux qui croient (Rom. 3, 22). La fin du v. 28, d’une manière générale, s’applique aussi bien au chrétien de l’époque actuelle de la grâce, qu’au résidu Juif de l’époque future. Dans les Hébreux, l’expression salut revient plusieurs fois. Celle du v. 28 termine cette série qui contient:

  1. Ceux qui vont hériter du salut (ch. 1, 14)
  2. Un si grand salut ( ch. 2, 3)
  3. Le chef de leur salut qui est consommé par les souffrances (ch. 2, 10)
  4. Un salut éternel (ch. 5, 9)
  5. Les choses excellentes tiennent à ce salut (ch. 6, 9)
  6. Ce salut, opéré par Christ, est entier (ch. 7, 25)
  7. Christ … apparaîtra à salut à ceux qui l’attendent (9, 28)

V. 24 : copies. Les choses célestes (ch. 8, 25) étaient l’original. Le tabernacle était la copie qui y répondait, comme Dieu l’avait déclaré à Moïse.
V. 28 : sans péché. C’est-à-dire à part le péché, n’ayant plus rien à faire avec lui. La première fois, il porta le péché et fut fait (ou traité comme le) péché. Maintenant, ayant ôté le péché complètement pour ceux qui l’attendent, il apparaît à eux sans avoir rien à faire avec le péché, sans qu’il en soit besoin: le péché, pour ce qui les regarde, a été ôté à sa première venue.

Chapitre 10
1 Car la loi, ayant l’ombre des biens à venir, non l’image même des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices que l’on offre continuellement chaque année, rendre parfaits ceux qui s’approchent. 2 Autrement n’eussent-ils pas cessé d’être offerts, puisque ceux qui rendent le culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de péchés ? 3 Mais il y a dans ces [sacrifices], chaque année, un acte remémoratif de péchés. 4 Car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés. 5 C’est pourquoi, en entrant dans le monde, il dit: «Tu n’as pas voulu de sacrifice ni d’offrande, mais tu m’as formé un corps. 6 Tu n’as pas pris plaisir aux holocaustes ni aux sacrifices pour le péché; 7 alors j’ai dit: Voici, je viens, — il est écrit de moi dans* le rouleau du livre — pour faire, ô Dieu, ta volonté» [Psaume 40:6-8]. 8 Ayant dit plus haut*: «Tu n’as pas voulu de sacrifices, ni d’offrandes, ni d’holocaustes, ni de sacrifices pour le péché, et tu n’y as pas pris plaisir» — lesquels sont offerts selon la loi, 9 — alors il dit: «Voici, je viens pour faire ta volonté». Il ôte le premier afin d’établir le second. 10 C’est par cette volonté que nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ [faite] une fois pour toutes. 11 — Et tout sacrificateur se tient debout chaque jour, faisant le service et offrant souvent les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés; 12 mais celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu, 13 attendant désormais «jusqu’à ce que ses ennemis soient mis pour marchepied de ses pieds» [Psaume 110:1]. 14 Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés. 15 Et l’Esprit Saint aussi nous en rend témoignage; car, 16 après avoir dit: «C’est ici l’alliance que j’établirai pour eux après ces jours-là, dit le Seigneur: En mettant* mes lois dans leurs cœurs, je les écrirai aussi sur leurs entendements», 17 [il dit]: «Et je ne me souviendrai plus jamais* de leurs péchés ni de leurs iniquités**» [Jérémie 31:33-34]. 18 Or, là où il y a rémission de ces choses, il n’y a plus d’offrande pour le péché.
19 Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints* par le sang de Jésus, 20 par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair, 21 et ayant un grand sacrificateur [établi] sur la maison de Dieu, 22 approchons-nous avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi, [ayant] les cœurs par aspersion purifiés* d’une mauvaise conscience et le corps lavé** d’eau pure. 23 Retenons la confession de notre* espérance sans chanceler, car celui qui a promis est fidèle; 24 et prenons garde l’un à l’autre pour nous exciter à l’amour et aux bonnes œuvres, 25 n’abandonnant pas le rassemblement de nous-mêmes, comme quelques-uns ont l’habitude [de faire], mais nous exhortant [l’un l’autre], et cela d’autant plus que vous voyez le jour approcher. 26 Car si nous péchons volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité, il ne reste plus de sacrifice pour les péchés, 27 mais une certaine attente terrible de jugement et l’ardeur d’un feu qui va dévorer les adversaires. 28 Si quelqu’un a méprisé la loi de Moïse, il meurt sans miséricorde sur [la déposition de] deux ou [de] trois témoins: 29 d’une punition combien plus sévère pensez-vous que sera jugé digne celui qui a foulé aux pieds le Fils de Dieu, et qui a estimé profane* le sang de l’alliance par lequel il avait été sanctifié, et qui a outragé l’Esprit de grâce ? 30 Car nous connaissons celui qui a dit: «À moi la vengeance; moi je rendrai, dit le *Seigneur»; et encore: «Le *Seigneur jugera son peuple» [Deutéronome 32:35-36]. 31 C’est une chose terrible que de tomber entre les mains du Dieu vivant!
32 Mais rappelez dans votre mémoire les jours précédents, dans lesquels, ayant été éclairés, vous avez enduré un grand combat de souffrances, 33 soit en ce que vous avez été offerts en spectacle par des opprobres et des afflictions, soit en ce que vous vous êtes associés à ceux qui ont été ainsi traités. 34 Car vous avez montré de la sympathie pour les prisonniers et vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez pour vous-mêmes des biens meilleurs et permanents. 35 Ne rejetez donc pas loin votre confiance qui a une grande récompense. 36 Car vous avez besoin de patience, afin que, ayant fait la volonté de Dieu, vous receviez les choses promises*. 37 Car encore très-peu de temps, «et celui qui vient viendra, et il ne tardera pas. 38 Or le juste* vivra de foi; et: Si [quelqu’un] se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui» [Habakuk 2:3-4]. 39 Mais pour nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour la perdition, mais de ceux qui croient pour la conservation de l’âme.
—      v. 7: ou: en tête. — v. 8: ou: auparavant. — v. 16: litt.: donnant. — v. 17*: ou: absolument plus. — v. 17**: litt.: actes sans loi, sans frein: comme 8:12.
—      v. 19: voir la note à 9:8. — v. 22*: litt.: quant au cœur, aspergés. — v. 22**: lavé, baigné: il s’agit du corps tout entier; voir la note à lavé,Jean 13:10. — v. 23: litt.: ’. — v. 29: ou: impur.
—      v. 36: litt.: la promesse. — v. 38: quelques-unslisent: mon [homme] juste

Commentaires du chapitre 10.
Un meilleur et seul sacrifice / vers Jésus Christ, le vrai but
v. 1-5 : besoin d’un meilleur sacrifice v. 5-10 : accomplissant la volonté divine
v. 11-14 : un unique sacrifice pour toujours v. 15-18 : le témoignage du Saint-Esprit
v. 19-21 : un chemin nouveau est ouvert v. 22 : entrer dans les lieux saints
v. 23-31 : des biens célestes et permanents v. 32-39: le juste vivra de foi
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 1: cf Prov. 8, 21 / v. 2: cf v. 17,22; 1 Jean 1, 7 / v. 7: cf Jean 4, 34 et 8, 29 /  v. 14: cf Rom. 3, 23-26 /
v. 15: cf v. 29 / v. 17: cf v. 2 et 1 Jean 1, 7 / v. 19: cf Act. 20, 28 /  v. 20: cf Jean 12, 2  /  v. 22: cf Prov. 28, 1; Jean 3, 5; 13, 10-11; 15, 3; 1 Pi. 1, 23; Jac. 1, 18; Ex. 29 /   v. 25: cf Gen. 28, 10-22 / v. 26: cf 2 Thes. 1, 10 /  v. 27: cf Prov. 11, 23 / v. 28: cf Lév. 24, 10-16; Nom. 15, 32-36; Deut. 17, 2-7 /
v. 29: cf ch. 12, 25 / v. 34: cf ch. 11, 25; Matt. 5, 22 / v. 35: cf ch. 11 (clé de ce v.) /
v. 37: cf Jac. 5, 8; Jean 2, 18 /  v. 38: cf Ps. 133 ; Gal. 3, 11; Rom. 1, 17

v. 1-5 : besoin d’un meilleur sacrifice
Dans la première partie de ce chapitre (v. 1-18), nous avons essentiellement Christ représenté comme victime sainte et parfaite. Tous les sacrifices offerts sous la loi n’étaient que des figures et ne pouvaient pas ôter les péchés. Par conséquent, la conscience ne pouvait pas être purifiée non plus. Le chapitre précédent avait déjà évoqué l’offrande de Christ comme victime sans tache. Mais le ch. 10 montre surtout les grands résultats du sacrifice de Christ. En lisant ces chapitres, il est bon d’avoir devant les yeux ce qui avait lieu en Israël au grand jour des expiations, selon Lév. 16. Nous avons ici le commentaire inspiré de ce que signifiaient les cérémonies de ce jour. En Héb. 9, 22b, il y a la toute suffisance du sacrifice de Christ. Qu’étaient donc les sacrifices offerts sous la loi? C’est ce qui va nous être dit.
Au v. 1: les biens à venir sont toutes les bénédictions que le Christ devait apporter. L’ombre ne représente que le contour des choses réelles, attestant aussi leur existence. L’image va plus loin car elle représente non les contours mais ce que sont les choses en réalité. Le « chaque année » indique bien qu’il s’agit des sacrifices de Lév. 16. «rendre parfaits» est le même mot que celui qui est rendu par «consommer» des ch. 2, 10 et 5, 9. Il s’agit ainsi d’être tout à fait propres pour accomplir une chose. Il faut être consommé, rendu parfait, pour pouvoir se trouver dans la sainte présence de Dieu. Les sacrifices offerts sous la loi ne pouvaient pas faire cela pour les hommes pécheurs. La raison en sera expliquée plus loin. Dans les v. 2 à 4: le fait d’offrir ces sacrifices chaque année dénote leur insuffisance et démontre que la conscience de péchés subsiste. Il y avait ainsi un obstacle pour s’approcher de Dieu et cela de manière bilatérale. Pour s’approcher de Dieu, il faut être parfait, rien qui n’accuse, et la loi ne pouvait pas produire ce résultat puisqu’il y avait même, selon v. 3, dans ces offrandes, un acte remémoratif de péchés. Et au v. 4, il y a cette chose impossible: le sang de taureaux et de boucs ne peut pas ôter les péchés. Pour l’Israélite pieux, il y avait bien un soulagement de conscience ce jour-là, mais dès le lendemain, le compte de péchés s’ouvrait de nouveau. Ainsi, l’efficacité des sacrifices n’était pas perpétuelle. Il n’y avait que l’ombre des biens à venir. Ces biens à venir sont introduits avec le v. 5 où nous trouvons la seule vraie victime. De fait, suite à la démonstration de l’incapacité absolue des sacrifices offerts sous la loi pour rendre parfaits ceux qui voulaient s’approcher de Dieu, il résultait la nécessité d’un autre sacrifice qui ait cette efficacité. Mais les conseils de Dieu ont pourvu a tout. Nous pouvons le considérer dans les v. 5 et suivants.

V. 5 – 10 : accomplissant la volonté divine
Le Ps. 40, 6 à 8 est mentionné dans les v. 5 à 7. Le il dit du v. 5 est prononcé par Christ, par la bouche de David (auteur du Psaume cité) parlant en Esprit. Le Saint Esprit déclarait à l’avance, et la venue de Christ dans ce monde, et le but de cette venue en tant qu’homme, c’est-à-dire d’accomplir la volonté de Dieu. La première chose nécessaire était qu’il ait un corps pour pouvoir accomplir cette volonté. Il devait devenir homme et c’est à Dieu qu’il attribue son incarnation car en tout il est serviteur, il est l’homme dépendant. L’expression du Psaume tu m’as creusé des oreilles indique bien la position de serviteur obéissant que Christ a prise. Pour cela, il devait être homme et l’expression est rendue par tu m’as formé un corps dans l’épître aux Hébreux. En entrant dans le monde, Christ savait que Dieu n’avait pas pris plaisir aux sacrifices et c’est ce qui nous est rapporté ici. Plusieurs passages de l’AT mentionne ce déplaisir, dont: Ps. 51, 16; Jér. 6, 20; 7, 21-23; Mich. 6, 6-8. Qui pouvait donc accomplir la volonté de Dieu et se présenter à Lui comme cette offrande parfaite de soi-même, capable d’être agréée de Dieu, et telle qu’elle devint ainsi un sacrifice pour l’abolition du péché? Et bien seul Christ le pouvait et il le déclare dans les v. 7 et 9. Il voulait accomplir cette volonté qui était de résoudre une fois pour toutes la question du péché, afin que Dieu pût sauver en justice des hommes coupables. C’était écrit dans le rouleau du livre, c’était l’accomplissement des conseils de Dieu, dont Christ devenu homme pour glorifier Dieu, était le grand objet de ces conseils divins. L’Esprit Saint insiste sur ces décrets en mettant de côté l’ombre de ces sacrifices de la loi dont les quatre classes sont mentionnées dans ces passages. A la fin du v. 9, il ôte le premier afin d’établir le second. Il s’agit du premier ordre de sacrifices par lequel personne n’était rendu parfait pour s’approcher. Le second ordre de choses se résume dans l’unique sacrifice de Christ. Au v. 10: quel contraste avec le v. 1 car, moyennant le sacrifice de Christ, le croyant est mis à part. avec une conscience déchargée des péchés, et cela une fois pour toutes. Quelle grâce. C’est parfait et c’est pour toujours.

V. 11 – 14 : un unique sacrifice pour toujours
Le contraste entre le système juif et le système chrétien se poursuit ici dans la comparaison faite dans l’action des sacrificateurs. Si Christ est assis à perpétuité quant à son œuvre de salut, il se lèvera quant il viendra tirer vengeance de ses ennemis (v. 13). Il y a ainsi une délivrance parfaite pour les croyants alors qu’un jugement terrible est la part des ennemis. C’est un contraste frappant et solennel. Pour nous croyants, c’est un avenir glorieux et, quant aux choses finales, le Psaume 110 est plein d’enseignements. Pour le présent (2006), le v. 14 indique notre perfection devant Dieu.

V. 15 – 18 : le témoignage du Saint-Esprit
La valeur parfaite et permanente de l’œuvre de Christ est démontrée. Ici, l’auteur cite le témoignage rendu par l’Esprit Saint à l’excellence et à la perfection éternelle de cette œuvre dans son application aux croyants. Ce témoignage est tiré de Jérémie 31. Là, il y a les privilèges de la nouvelle alliance que le Seigneur traitera avec son peuple terrestre, c’est-à-dire avec le nouvel Israël. Ce témoignage consiste en la certitude d’un pardon complet, en vertu de l’œuvre accomplie. Ainsi donc et en résumé, cette première partie du chapitre 10 enseigne que: 1) au v. 10, notre rédemption a une source divine dans la volonté de Dieu. 2) au v. 12, cette rédemption a été accomplie dans une œuvre divine – le sacrifice de Christ. 3) au v. 15, elle a un témoignage divin, celui de l’Esprit Saint. Il y a donc la volonté de Dieu le Père, l’œuvre du Fils, et le témoignage du Saint Esprit.

V. 19 – 21 : un chemin nouveau est ouvert  / V. 22 : entrer dans les lieux saints
Dès le v. 19, il y a une nouvelle section avec, à nouveau, la partie doctrinale de l’épître dont le grand sujet est la sacrificature de Christ dans la gloire.  Ce grand sujet se termine ici. La conclusion pratique de ce qui a été enseigné touchant cette sacrificature et la perfection du sacrifice de Christ, c’est que les croyants ont pleine liberté pour entrer dans les lieux saints. Aucune barrière ne nous en interdit plus l’accès. Le sang de Jésus a satisfait à tout. Le chemin qui donne cet accès au croyant, c’est sa chair, c’est-à-dire que ce voile qui cachait sa gloire divine à l’homme pécheur consistait dans son humanité, son humiliation, son abaissement. Mais à sa mort, le voile a été déchiré, le péché ôté, et dans Christ ressuscité et glorifié à la droite de Dieu, l’homme, par la foi, peut contempler la gloire de Dieu et, bien plus, être admis en sa présence: voilà le chemin. Tout est fait pour que le croyant soit à l’aise et heureux en la présence de Dieu.

V. 23 – 31 : des biens célestes et permanents
Ce qui précède étant posé, il y a d’abord dans les v. 22 à 25 des exhortations fondées sur ces vérités. Il faut d’abord faire profit de s’approcher (v. 22). Puis l’état moral de celui qui s’approche est décrit: être purifiés d’une mauvaise conscience, etc (cf Ps. 32, 1-2). Glorifions Dieu et honorons Christ et son oeuvre en ayant un tel état moral qui saisit tous les enseignements précédents. Si tous ces privilèges nous sont accordés une fois pour toutes, il n’en reste pas moins vrai que le lavage d’eau, cette action de la Parole appliquée à l’âme, continue en pratique. Cette action est figurée par le lavage des pieds selon évangile de Jean, chapitre 13. Au v. 23: la deuxième exhortation présentée est en rapport à notre profession devant les hommes. Cette exhortation, comme d’autres dans cette épître, sont données à dessein pour s’appliquer aussi bien aux saints du temps de la grâce qu’à ceux du futur résidu juif lors de la délivrance d’Israël. Ayons cette espérance et attendons Jésus sans chanceler. V. 24 et 25: nous avons une troisième exhortation qui se rapporte à la communion et aux relations fraternelles de ceux qui avaient été rassemblés en dehors du judaïsme. Il faut penser aux autres et à leur bien spirituel, et à s’encourager mutuellement à marcher dans cet amour qui est la marque de la vie divine en nous. Notre profession est publique et elle se manifeste dans le rassemblement. Abandonner ce rassemblement indique que l’on ne manifeste pas la même solidarité. Un tel état motive la déclaration solennelle et terrible des v. 26 à 31. il fallait donc s’exhorter à demeurer fidèles et fermes dans la confession publique de la foi et cela d’autant plus que le jour approche. Ainsi, les versets 26 à 31 montrent que l’abandon de la profession chrétienne laisse sans espérance. Les terribles conséquences sont retracées et il importe de bien en saisir la portée. La vérité dont il est question au v. 26 est le christianisme tel qu’il est présenté dans ce chapitre. Ainsi, si l’on rejette cet unique sacrifice pour faire sa propre volonté, il n’y a pas d’autres sacrifices mais, v. 27, il y a l’attente terrible d’un juste jugement. En rapport avec ce jugement, les v. 28 et 29 indiquent qu’il est fonction du privilège rejeté et de la connaissance foulée aux pieds. Les expressions du v. 29 sont significatives quant à la gravité, aux yeux de Dieu, d’abandonner une telle vérité. Ne rejetons pas volontairement la grâce de Dieu.

V. 32 – 39: le juste vivra de foi
Pour éviter un sort pareil, et pour encourager les saints à la patience et à la persévérance, l’écrivain sacré rappelle aux Hébreux combien ils ont souffert au commencement de leur carrière chrétienne, après avoir été illuminés par cette lumière céleste de la vérité. L’expérience faite de la grâce de Dieu et des moments de souffrance est bien propre à encourager. Combien les entrailles des Hébreux doivent être touchées à l’ouïe de telles paroles. Non, ce n’est pas le moment de se décourager, maintenant que le but est si près d’être atteint. D’autre part, v. 36, combien il est beau de constater que l’Esprit Saint place devant âmes les choses promises afin que la foi soit encouragée et l’âme fortifiée. Au v. 37, un nouveau et puissant motif pour s’encourager: le Seigneur est proche. Ce mot « vient » indique que le Seigneur est, pour ainsi dire, en route. Que la marche de tout enfant de Dieu soit donc influencée par cette pensée:  il vientAu v. 38, il y a le principe qui est la puissance de cette vie d’attente: c’est la foi. Cultivons là afin de ne pas faire la triste expérience de la suite de ce verset, c’est-à-dire de se retirer et d’être l’objet du déplaisir de Dieu. Au v. 39, il y a la fin bienheureuse du chemin de la foi, c’est-à-dire la conservation de l’âme, la jouissance de la vie éternelle en gloire. Cela est en contraste avec l’issue fatale provoquée par l’abandon de la confiance en Dieu qui a pourtant en vue l’accomplissement de la promesse. Soyons de ceux qui tenons fermes et soyons encouragés devant les déclarations positives de cette fin de chapitre à l’égard des saints.

Chapitre 11
1 Or la foi est l’assurance* des choses qu’on espère, et la conviction** de celles qu’on ne voit pas. 2 Car c’est par elle que les anciens ont reçu témoignage. 3 Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit n’a pas été fait de choses qui paraissent. 4 Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice* il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu rendant témoignage à ses dons; et par lui**, étant mort, il parle encore. 5 Par la foi, Énoch fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à* Dieu. 6 Or, sans la foi il est impossible de lui plaire; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que [Dieu] est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent. 7 Par la foi, Noé, étant averti divinement des choses qui ne se voyaient pas encore, craignit et bâtit une arche pour la conservation de sa maison*; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi.
8 Par la foi, Abraham, étant appelé, obéit pour s’en aller au lieu qu’il devait recevoir pour héritage*; et il s’en alla, ne sachant où il allait. 9 Par la foi, il demeura dans la terre de la promesse comme dans [une terre] étrangère, demeurant sous des tentes avec Isaac et Jacob, les cohéritiers de la même promesse; 10 car il attendait la cité qui a les fondements, de laquelle Dieu est l’architecte et le créateur*. 11 Par la foi, Sara elle-même aussi reçut la force de fonder une postérité*, et [cela], étant hors d’âge, puisqu’elle estima fidèle celui qui avait promis; 12 c’est pourquoi aussi d’un seul, et d’un homme déjà amorti*, sont nés des gens qui sont comme les étoiles du ciel en nombre et comme le sable qui est sur le rivage de la mer, lequel ne peut se compter.
13 Tous ceux-ci sont morts dans la foi*, n’ayant pas reçu les choses promises**, mais les ayant vues de loin et saluées, ayant confessé qu’ils étaient étrangers et forains sur la terre***. 14 Car ceux qui disent de telles choses montrent clairement qu’ils recherchent une patrie; 15 et en effet, s’ils se fussent souvenus de celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu du temps pour y retourner; 16 mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste; c’est pourquoi Dieu n’a point honte d’eux, savoir d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité.
17 Par la foi, Abraham, étant éprouvé, a offert Isaac*; et celui qui avait reçu les promesses offrit son fils unique, 18 à l’égard duquel il avait été dit: «En Isaac te sera appelée [une] semence» [Genèse 21:12], — 19 ayant estimé que Dieu pouvait le ressusciter même d’entre les morts, d’où aussi, en figure, il le reçut. 20 Par la foi, Isaac bénit Jacob et Ésaü à l’égard des choses à venir*. 21 Par la foi, Jacob mourant bénit chacun des fils de Joseph, et adora, [appuyé] sur le bout de son bâton*. 22 Par la foi, Joseph, en terminant sa vie, fit mention de la sortie des fils d’Israël et donna un ordre touchant ses os.
23 Par la foi, Moïse, étant né, fut caché trois mois par ses parents, parce qu’ils virent que l’enfant était beau, et ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi*. 24 Par la foi, Moïse, étant devenu grand, refusa d’être appelé fils de la fille du Pharaon, 25 choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, 26 estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte; car il regardait à la rémunération. 27 Par la foi, il quitta l’Égypte, ne craignant pas la colère du roi, car il tint ferme, comme voyant celui qui est invisible. 28 Par la foi, il a fait la pâque et l’aspersion du sang, afin que le destructeur des premiers-nés ne les touchât pas. 29 Par la foi, ils traversèrent la mer Rouge comme une terre sèche, ce que les Égyptiens ayant essayé, ils furent engloutis. 30 Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent, après qu’on en eut fait le tour sept jours durant. 31 Par la foi, Rahab, la prostituée, ne périt pas avec ceux qui n’ont pas cru, ayant reçu les espions en* paix.
32 Et que dirai-je davantage ? Car le temps me manquera si je discours de Gédéon, de Barac et de Samson et de Jephté, de David et de Samuel et des prophètes, 33 qui par la foi  subjuguèrent des royaumes, accomplirent la justice, obtinrent les choses promises*, fermèrent la gueule des lions, 34 éteignirent la force du feu, échappèrent au tranchant de l’épée, de faibles qu’ils étaient furent rendus vigoureux, devinrent forts dans la bataille, firent ployer les armées des étrangers. 35 Les femmes reçurent leurs morts par la résurrection; et d’autres furent torturés, n’acceptant pas la délivrance, afin d’obtenir une meilleure résurrection; 36 et d’autres furent éprouvés par des moqueries et par des coups, et encore par des liens et par la prison; ils furent lapidés, sciés, tentés; 37 ils moururent égorgés par l’épée; ils errèrent çà et là, vêtus de peaux de brebis, de peaux de* chèvres, dans le besoin, affligés, maltraités, 38 (desquels le monde n’était pas digne,) errant dans les déserts et les montagnes, et les cavernes et les trous de la terre.
39 Et tous ceux-ci, ayant reçu témoignage par la foi, n’ont pas reçu ce qui avait été promis*, 40 Dieu ayant eu en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous.
v. 1*: ferme conviction. / cf aussi 3, 14 — v. 1**: plus litt.: démonstration, mais une démonstration intérieure. — v. 4*: litt.: par lequel; ou: par laquelle [foi]. — v. 4**: ou: par cette [foi]. — v. 5: les Septante rendent ainsi le «marcha avec» de Genèse 5:24. — v. 7: voir Genèse 6:9-22./ v. 4 : par lui  : ou par cette foi; et, dans ce cas, il y a peut-être une allusion à la voix qui de la terre criait vers Dieu avec la supposition, en outre, que la voix se faisait encore entendre comme rendant témoignage de sa foi.
v. 8: voir Genèse 12:1-5. — v. 10: proprement: fabricateur, constructeur public. — v. 11: ou: de concevoir; voir Genèse 21:1-7. — v. 12: = déjà comme mort: comparer Romains 4:19.
v. 13*: ou: selon la foi, c. à d.: ayant seulement la promesse, et non la chose promise. — v. 13**: litt.: les promesses. — v. 13***: ou: pays; voir la note à Matthieu 5:5.
v. 17: voir Genèse 22. — v. 20: voir Genèse 27; 28:1-4. — v. 21: selon Genèse 47:31, dans les Septante. / dans ce v. 17, en rapport avec reçu, l’original n’est mentionné que deux fois dans le NT. L’autre passage se trouve en Act. 28, 7, lorsque Publius reçut ou prit Paul et ses compagnons dans sa maison. Il y a le sens de prendre su soi physiquement ou comme dette ou comme responsabilité. JND continue (cf NT version Pau-Vevey) .. je pense qu’Abraham avait saisi et s’était approprié les promesses, et cependant il renonça à Isaac; elles ne lui avaient pas seulement été données, et puis ôtées par Dieu, sans que lui prît aucune part à ce qui se passait, mais il s’en était emparé par la foi et leur avait donné une place dans son cœur, et il avait eu assez foi en Dieu pour en faire abandon selon la chair.
v. 20 : reçut = employé ainsi, l’original donne le sens de recevoir de nouveau ce qu’on avait, ou ce qui nous appartenait, quand il pouvait sembler qu’on l’avait perdu pour toujours.
v. 23: voir Exode 2:1-2. — v. 31: litt.: avec; voir Josué 2; 6:22-23.
v. 27 et 17 : remarquons que les verbes sont au parfait et c’est digne de remarque. Les autres faits étaient des faits généraux et passagers, des parties de l’ensemble de l’histoire. Ceux-ci sont d’une importance permanente, soit comme plaçant le croyant sur un terrain nouveau, soit parce que, dans leur portée (non pas dans leur répétition extérieure car l’aspersion du sang avait lieu seulement une fois), ils s’étendaient jusqu’au temps de l’épître.
v. 33: litt.: [les] promesses. — v. 37: litt.: en peaux de brebis, en peaux de.
v. 39: litt.: la promesse.

Commentaires du chapitre 11.
Chapitre 10, 23 à 13, 7 : Jésus, le chef de la foi
v. 1-7 : les bases de la foi v. 8-22 : la patience de la foi v. 23-31 : l’énergie de la foi
v. 1-7 : les bases de la foi v. 8-22 : la patience de la foi
v. 23-31 : l’énergie de la foi v. 32-40 : combats, souffrances et témoins de la foi
Passages parmi beaucoup d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 3: cf Prov. 30, 4; 2 Pi. 3, 5-7; Ps. 33, 6; 1 Jean 3, 12 / v. 4: Prov. 10, 7 / v. 11 Rom. 4, 19 /
v. 13: Jean 8, 58; 2 Pi. 1, 9 / v. 16: Apoc. 3, 14; Gal. 2, 20 / v. 18: Gal. 3, 16 / v. 20: Gen. 27;
Gen. 47-48 / v. 22: Gen. 50, 24++; Ex. 13, 19; Jos. 24, 32 / v. 23: Act. 7, 20 / v. 25: Es. 66, 4 /
v. 26: 1 Jean 2, 16 / v. 28: Ex. 12, 13 / v. 31: Jos. ;  Matt. 1, 5; Jac. 2, 25 /
v. 38: Ps. 16, 3 / v. 40: Eph. 4, 13

« La foi » pourrait être le titre de ce chapitre. Entre autres « découpages », nous pouvons remarquer: v. 1 à 7 = quatre exemples de la foi; v. 8 à 22 = sept épreuves de la foi; v. 23 à 31 = sept combats de la foi; v. 32 à 38 = sept délivrances ou victoires de la foi.
Hébreux 11 = la foi // 1 Corinthiens 13 = l’amour // 1 Corinthiens 15 = l’espérance

V. 1 – 7: les bases de la foi
Les Hébreux étaient attachés aux choses visibles et le domaine de la foi leur paraissait un domaine difficile à se mouvoir. C’est une des raisons pour laquelle cette épître est présentée de telle sorte que les choses visibles contrastent avec la foi. En Rom. 4, il y a les exemples d’Abraham et de David qui sont justifiés sur le principe de la foi. Le dernier paragraphe d’Hébr. 10 introduit en quelque sorte le sujet du ch. 11. Ce paragraphe décrit des souffrances. C’est l’occasion pour l’auteur de leur parler de la foi. Le v. 35 du ch. 10 est la clé du ch. 11. Les exemples de l’AT sont là pour leur montrer que le christianisme a changé bien des choses, même si les sains de l’AT attendaient aussi des choses à venir. Cette lignée des témoins sont ceux qui croyaient (ch. 10, 39). Tout cette épître est aussi là pour montrer aux Hébreux la supériorité du christianisme par rapport au judaïsme. Au v. 1, ce n’est pas une définition mais bien un caractère de la foi, une démonstration. La foi rend réel ce qui est irréel aux yeux de l’homme et visible ce qui est invisible. Entre autres, la foi fait que l’âme croit ce que Dieu lui dit concernant son état et le salut qui vient par la foi. La foi est aussi relative à la marche et à la vie chrétienne. Ce ch. 11 en est la démonstration. Nous pouvons y voir aussi quatre parties: Abel à Noé; Abraham à la sortie d’Egypte; sortie d’Egypte à l’entrée en Canaan; Canaan et la suite historique. Dans 1 Corinthiens 12, 8, la foi peut aussi être un don, dans un cas particulier, comme lors de difficultés ou toutes autres circonstances. En effet, un frère peut manifester une foi exceptionnelle dans la sagesse et la puissance de Dieu afin que Dieu intervienne. Au v. 2, Dieu peut témoigner que cette foi lui est agréable et cela depuis Abel. Au v. 3, avant qu’il nous soit parlé d’Abel, il est fait mention de la création.  Par la foi, nous comprenons qu’elle a été faite par la parole de Dieu. Le premier caractère de la foi est donc l’attachement à la parole de Dieu. Il faut la recevoir telle qu’elle nous est donnée, sans la raisonner. La foi comprend souvent des choses sans pouvoir nécessairement les expliquer. Et en lisant la parole, il ne faut pas chercher à tout vouloir expliquer mais reconnaître humblement que des passages de l’Ecriture nous sont trop difficiles. Mais ces passages, nous les comprenons cependant par la foi (cf Rom. 10, 17). Au v. 4, Abel avait compris qu’il fallait un sacrifice pour s’approcher de Dieu et c’est la foi qui lui a révélé cela. Dans ce verset, il y a toute l’annonce du sang versé de Christ, seul moyen par lequel  l’homme peut être justifié: voir Matt. 23, 34-35 et Héb. 12, 24. En un mot, il y a la rédemption en Abel. Quant au v. 5, avec Enoch, il y a l’exemple de la vie d’un racheté. Nous avons été racheté et il y a dès lors une vie nouvelle à réaliser par la foi. En Gen. 5, il est écrit, à deux reprises, qu’Enoch marcha avec Dieu. Dans Col. 1, 10, il y a plaire et la foi est liée avec plaire dans Hébr. 11, 5. A propos d’Enoch, il a eu un fils à l’âge de 65 ans. Puis il fut un exemple à ce fils pendant trois cents ans. Si Abel s’approchait, si Enoch attendait, le v. 6 indique que plaire est à relier avec s’approcher et marcher. Au v. 7, avec Noé, il y a le type du peuple terrestre de Dieu, de ce résidu fidèle d’Israël qui traversera les eaux de la grande tribulation typifiée ici dans les eaux du déluge, afin que ce résidu puisse entrer dans les bénédictions du règne de mille ans. Dans la deuxième partie de ce v. 7, un jugement atteint tous ceux qui ne font pas partie de la maison. Voir aussi: Es. 54, 9 et Ezé. 14, 20.

V. 8 – 22: la patience de la foi
Au v. 8, il y a Abraham. Avec lui commence l’histoire des patriarches. Le père des croyants englobe les v. 8 à 18. L’Esprit de Dieu reprend les actes d’Abraham motivés par la foi.  Ces versets, auxquels il faut ajouter les v. 19 à 22, forment un ensemble dans lequel sept exemples de la patience et de la persévérance de la foi sont mis en évidence. Jusqu’au v. 16, il y a la foi entrant dans l’espérance de la jouissance céleste. Dans ces versets, il y a ce qui caractérisait Abraham. C’était d’abord l’appel, puis l’obéissance, et le fait qu’il demeure comme étranger dans une terre, dans des tentes, en attendant les choses promises. Au v. 10, il y a l’attente de la foi. Avec Abraham, Dieu fait quelque chose de nouveau. Il appelle quelqu’un dehors: sors. Au v. 8, Abraham partait les yeux fermés mais Dieu lui donnait la main. Au v. 9, il réalise la séparation du monde par la foi. Au v. 17, Abraham est totalement soumis à Dieu par la foi. A ce sujet, voir aussi: Jean 8; Luc 3; Gal. 3, 6-7, 27-29. Comme Abraham, il faut sortir de ce milieu néfaste pour la foi, il faut sortir du monde, en être séparé. Au v. 10, Abraham voit le ciel même. Il voit jusque là malgré les diverses épreuves qu’il a endurées avec le sommet de Gen. 22. Au v. 12, la parole mentionne les promesses faites à Abraham: sa postérité. A propos du v. 11, il est remarquable de se souvenir que les trois femmes des patriarches étaient stériles. Devant cette stérilité, la foi est en jeu. Isaac est le seul à avoir prié pendant des années pour que sa femme donne naissance à l’enfant de la promesse. Dans ces hommes, il n’y a ni Josué (considéré comme le chef de la foi), ni Caleb (considéré comme le consommateur de la foi). Au v. 13, la foi a soutenu ces hommes jusqu’au bout, sans qu’ils aient reçu les choses promises. Ils les ont vues et saluées de loin. Ils ont été fermes jusqu’au bout, avec une entière confiance et une ferme assurance. A propos du v. 14, il peut y avoir une pensée pour ceux qui meurent. Nous y avons l’heure de la vérité. C’est l’épreuve suprême. L’on montre si l’on attend les choses à venir et si l’on rejette les choses d’ici-bas. Les v. 15 et 16 confirment cette pensée. Puissions-nous en effet montrer, à chaque occasion, que nous attendons cette patrie céleste au lieu de s’attacher aux choses d’ici-bas. Montrons clairement que nous soupirons après cette nouvelle patrie. Au v. 17, l’Esprit de Dieu reprend le cas d’Abraham et le v. 18 enseigne que, avec Gal. 3, 16 que cette semence est celle de Christ. Cette semence dont il est question est donc toujours celle de Christ. Dans les v. 8 et 17, il y a donc l’appel et l’épreuve en Abraham. Au sujet du v. 19, Gen. 22 donne une explication en ce sens qu’Abraham et Isaac allaient ensemble avant le sacrifice et après. Ainsi, l’expression en figure du v. 19 démontre l’amour du père pour le fils et l’amour du fils pour le père. Dans ce v. 19, la foi était donc en celui qui devait ressusciter d’entre les morts. Pour Dieu qui lit dans les cœurs, Abraham avait déjà offert son fils par la foi mais Dieu l’arrête. Par ce même verset, on comprend qu’Isaac est le type d’un Christ mort et ressuscité. Au v. 20, il est bon de remarquer aussi qu’Isaac agit par la foi en bénissant. Il annonce à Jacob qu’il sera un jour un dominateur, et cela aura lieu au règne de mille ans. Israël sera un centre et cette domination se voit en Gen. 27, 29. Au v. 40 de ce même chapitre de la Genèse, Esaü représente Edom. La grâce envers Esaü est en Gen. 27, 39. Revenons à Hébreux 11 où, au v. 21, il y a la foi de Jacob. La cène provient de Gen. 48 lorsque Jacob bénit Ephraïm et Manassé. Par la foi, Jacob peut voir jusqu’au règne de mille ans. Israël sera une multitude de nations comme il en est fait part à Ephraïm. Le plus jeune est particulièrement béni. Jacob a une fin magnifique, comme le confirme ce v. 21 et Gen. 47, 48. Au v. 22, Joseph réalise qu’il s’en va et peut faire cette annonce à ses frères qui retourneraient en Canaan. Et cet ordre touchant ses os montre la foi en activité et en résurrection. Joseph est mort dans la foi et rappelons que pour l’être, il faut avoir vécu dans la foi.

V. 23 – 31: l’énergie de la foi
Au v. 23, Amram et Jokébed, parents de Moïse, sont pour ainsi dire mentionnés en premier. Il faut désirer, comme eux, que nos enfants soient divinement beaux. Ces v. 23 à 31 présentent sept exemples de l’énergie de la foi. Ces exemples sont introduits par ces mots «par la foi». Jusqu’au v. 23, la patience et la persévérance de la foi ont été considérés. Au v. 24, on s’imagine la joie des parents lorsque Moïse refuse d’être appelé le fils de la fille du Pharaon. Moïse, v. 24 et 25, préfère vivre dans l’opprobre avec son peuple.  Cet opprobre, v. 26, était déjà celui de Christ. Choisissons-nous l’opprobre de Christ? Jusqu’au v. 29, il y a la vie de Moïse. Etienne, dans son discours d’Actes 7, mentionne trois périodes de quarante ans de la vie de Moïse. Entre les v. 29 et 30, remarquons que la période du désert manque. Les murmures du désert en sont peut-être la raison: pas d’actes de foi. Quoiqu’il en soit, l’Esprit de Dieu sait ce qu’il convient de relever. Le v. 27 s’applique aux chapitres 10 et 11 de l’Exode et, dans un autre sens, à Exode 2.

V. 32 – 40: combats, souffrances, témoins … de la foi
Dans la fin du chapitre, les détails concernant les héros de l’ancien testament ne sont plus indiqués. Ces versets présentent une revue sommaire où la foi de ceux ayant fait de grandes actions est d’abord relevée (v. 33 à 35), puis ceux que la foi a soutenu dans de grandes épreuves (v. 35 à 38). C’est l’énergie et la patience de la foi. Si les détails ne sont pas donnés, la raison en est d’une part que le temps manquait à l’apôtre (v. 32) et d’autre part, une fois entré dans le pays promis, le peuple a fourni moins d’exemples dans lesquels se montraient les principes faisant agir la foi. Les v. 39 et 40 doivent être un encouragement pour les Hébreux mais aussi pour les croyants d’aujourd’hui, de savoir que toutes les personnes nommées ont vécu par la foi sans voir, de fait, les choses promises.

Chapitre 12
1 C’est pourquoi, nous aussi, ayant une si grande nuée de témoins* qui nous entoure, rejetant tout fardeau et le péché qui [nous] enveloppe** si aisément, courons avec patience la course qui est devant nous, 2 fixant les yeux* sur Jésus, le chef** et le consommateur*** de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu. 3 Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes.
4 Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang en combattant contre le péché, 5 et vous avez oublié l’exhortation qui s’adresse à vous comme à des fils: «Mon fils, ne méprise pas la discipline* du *Seigneur, et ne perds pas courage quand tu es repris par lui; 6 car celui que le *Seigneur aime, il le discipline, et il fouette tout fils qu’il agrée» [Proverbes 3:11-12]. 7 Vous endurez [des peines] comme discipline*: Dieu agit envers vous comme envers des fils, car qui est le fils que le père ne discipline pas? 8 Mais si vous êtes sans [la] discipline à laquelle tous participent, alors vous êtes des bâtards et non pas des fils. 9 De plus, nous avons eu les pères de notre chair* pour nous discipliner, et nous les avons respectés; ne serons-nous pas beaucoup plutôt soumis au Père des esprits, et nous vivrons? 10 Car ceux-là disciplinaient pendant peu de jours, selon qu’ils le trouvaient bon; mais celui-ci [nous discipline] pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté*. 11 Or aucune discipline, pour le présent, ne semble être [un sujet] de joie, mais de tristesse; mais plus tard, elle rend le fruit paisible de la justice à ceux qui sont exercés par elle. 12 C’est pourquoi, redressez les mains lassées et les genoux défaillants*, 13 et faites des sentiers droits à vos pieds*, afin que ce qui est boiteux ne se dévoie pas**, mais plutôt se guérisse. 14 Poursuivez la paix avec tous, et la sainteté, sans laquelle nul ne verra le Seigneur, 15 veillant de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu; de peur que quelque racine d’amertume, bourgeonnant en haut, ne [vous] trouble, et que par elle plusieurs* ne soient souillés; 16 de peur qu’il n’y ait quelque fornicateur, ou profane comme Ésaü, qui pour un seul mets vendit son droit de premier-né; 17 car vous savez que, aussi, plus tard, désirant hériter de la bénédiction, il fut rejeté, (car il ne trouva pas lieu à la repentance,) quoiqu’il l’eût recherchée* avec larmes.
18 Car vous n’êtes pas venus à la montagne qui peut être touchée, ni au feu brûlant*, ni à l’obscurité, ni aux ténèbres, ni à la tempête, 19 ni au son de la trompette, ni à la voix de paroles, [voix telle] que ceux qui l’entendaient prièrent que la parole ne leur fût plus adressée; 20 (car ils ne pouvaient supporter ce qui était enjoint: «Si même une bête touche la montagne, elle sera lapidée» [Exode 19:13]; 21 et Moïse, si terrible était ce qui paraissait, dit: Je suis épouvanté et tout tremblant;) 22 mais vous êtes venus à la montagne de Sion; et à la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste; et à des myriades d’anges, l’assemblée universelle; 23 et à l’assemblée des premiers-nés écrits dans les cieux; et à Dieu, juge de tous; et aux esprits des justes consommés; 24 et à Jésus, médiateur d’une nouvelle alliance; et au sang d’aspersion qui parle mieux qu’Abel. 25 Prenez garde que vous ne refusiez pas celui qui parle: car si ceux-là n’ont pas échappé qui refusèrent celui qui parlait en oracles sur la terre, combien moins [échapperons]-nous, si nous nous détournons de celui qui [parle ainsi] des cieux, 26 duquel la voix ébranla alors la terre; mais maintenant il a promis, disant: «Encore une fois je secouerai non seulement la terre, mais aussi le ciel» [Aggée 2:6]. 27 Or ce «Encore une fois» indique le changement des choses muables, comme ayant été faites, afin que celles qui sont immuables demeurent. 28 C’est pourquoi, recevant un royaume inébranlable, retenons la grâce* par laquelle nous servions Dieu d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et avec crainte. 29 Car aussi notre Dieu est un feu consumant*.
— v. 1*: témoins de cette vérité de la vie par la foi. — v. 1**: ou: obsède, assaille. — v. 2*: avec le sens de: détourner ses regards d’autres objets et les fixer exclusivement sur un seul. — v. 2**: celui qui commence et marche à la tête. — v. 2***: celui qui mène à son terme et achève parfaitement; comparer 2:10. — v. 5 et 7: discipline: formation morale de l’enfant, non pas punition. — v. 9: nos pères selon la nature. — v. 10: sainteté, ici, non seulement comme caractère, mais dans sa nature propre. — v. 12: voir Ésaïe 35:3. — v. 13*: voir Prov. 4:26. — v. 13**: ou: ne se démette pas. — v. 15: litt.: les plusieurs, c. à d. le grand nombre. — v. 17: c. à d.: la bénédiction; voir Genèse 27:34-38. v. 18: ou: et qui était toute en feu. — v. 28: ou: soyons pleins d’une reconnaissance. — v. 29: voir Deut. 4:24 et 9:3.

Commentaires du chapitre 12.
Chapitre 10, 23 à 13, 7 : Jésus, le chef de la foi
v.1-4 : la course de la foi, le chef de la foi v. 5-17 : discipline et éducation
v. 18-24 : contraste entre ce que la loi offre et ce que les bénédictions de Christ apportent
v. 25-29 : refus d’entendre, mise en garde et conséquences diverses
Passages parmi d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 1: Phil. 3, 14; 1 Cor. 9, 24-25; Act. 20, 24; Ps. 55, 22; 1 Pi. 5, 7; Luc 9, 62; 2 Tim. 2, 4; 4, 7 /
v. 2: Prov. 4, 25; Héb. 3, 1; Phil. 2, 8 / v. 3: Luc 11, 53-54 / v. 4: Héb. 10, 32-34 / v. 5: Prov. 3, 11;
Job 36, 7 /  v. 7: Apoc. 3, 19; Rom. 8, 28 / v. 9: Ecc. 12, 7; Nom. 16, 22; 27, 16; Es. 38, 15-16 /
v. 10: Rom. 5, 3-5; Ps. 57, 2; 119, 71 /  v. 11: 2 Cor. 4, 17; Es. 57, 21; 32, 17 /
v. 12: 1 Tim. 2, 8 / v. 13: Prov. 4, 25-26 / v.14: Phil. 4, 6-7; Col. 3, 15; Eph. 6, 15; Matt. 5, 9; 1 Pi. 1, 15-16; Apoc. 4, 6; Jude 24; 1 Jean 3, 3; Rom. 6, 22 / v. 15: Deut. 29, 18-19; Jon. 2, 9 /
v. 16: Osée 4, 12; 1 Cor. 10, 8; Apoc. 2, 14,20; Gen. 27, 38 / v. 22: Ps. 110, 2 /
v. 24: Jean 13, 12; Gen. 4, 10-12 / v. 25: Act. 7, 38 /  v. 26: Agg. 2, 6

v.1-4 : la course de la foi, le chef de la foi
Au verset premier, retenons le c’est pourquoi, expression souvent employée par l’auteur de l’épître. Cette expression indique une conséquence de ce qui a été annoncé auparavant. L’auteur va donc exposer des conséquences pratiques de ce qu’il vient d’enseigner. Cela s’applique d’une manière spéciale à l’état d’âme des croyants hébreux et aux dangers qu’ils courraient. Il s’applique à ranimer leur zèle et à les encourager. En Jésus, la foi a été consommée, rendue parfaite. Dans ce v. 1, nous avons la course. Dans le v. 4, il y aura le combat. La course ne veut pas signifier la carrière que chaque homme a à accomplir ici-bas, de même que l’achèvement de cette course n’est pas la fin de cette carrière. Pour courir cette course proposée, il faut que rien ne nous accable et que rien ne nous attache pour la freiner ou arrêter. On ne peut pas courir avec un fardeau et on ne peut pas courir si des objets étrangers nous enlacent de choses terrestres. Prenons garde ne pas être enveloppés par le péché.  Au v. 2, et au sujet de cette joie qui était devant lui, il y a le côté de la joie qui était devant lui, et il y a le côté de la joie d’être avec lui, ou de nous avoir avec lui. Mais il y a avant tout cette joie d’être dans la gloire du Père car nous avons ici son chemin personnel. Au v. 4, nous arrivons donc au combat contre le péché alors qu’au verset premier il y avait le péché qui nous enveloppe si aisément et cela venait de l’intérieur. Au v. 4, cela vient de l’extérieur et il y a lieu de combattre. Ces v. 4 et suivants indiquent que les Hébreux s’étaient écartés des souffrances attachées au conflit entre le bien et le mal dans ce monde. Nous aussi, souvent, nous nous relâchons. Mais nous avons Dieu qui nous vient en aide et c’est le sujet de la discipline de cette éducation, de notre volonté bridée pour amener la bénédiction dans nos âmes, sujet développé dans les v. 5 à 11.

V. 5 – 17: discipline et éducation
La discipline ne s’arrête pas au châtiment mais comprend tout ce que comporte l’éducation. C’est pourquoi la verge est aussi comprise. Dans les v. 5 et 6, la discipline est une conséquence de la relation de fils envers Dieu. La souffrance endurée n’est pas le fait d’un châtiment mais le signe du plus tendre amour de la part de Dieu. De ce fait, nous avons le terme discipline ou correction. Cela étant posé, évitons d’être stoïques dans l’épreuve. Evitons aussi de nous laisser aller au découragement. Remarquons, en passant, que le v. 6 signale une différence entre la discipline qui a pour but l’éducation et la verge qui corrige, en châtiant, en raison d’une faute commise. Le grand but de toute épreuve, différente pour chacun, est de participer à la sainteté de Dieu, du Père. Nous sommes dans une position de sainteté (cf Eph. 1) mais Dieu veut que nous lui ressemblions pratiquement et que moralement notre état corresponde à ce qu’Il est. Au v. 12, l’expression c’est pourquoi revient. L’auteur, qui vient de placer devant les yeux de ses lecteurs les grandes vérités touchant le but béni de l’épreuve en tire comme conséquence l’encouragement qui suit. Les Hébreux, sous la discipline du Père, sont encouragés à regarder à la bénédiction qui en serait la suite, car ils connaissaient bien les Ecritures et la citation d’Esaïe reprise ici et qui est bien propre à les encourager en vue d’une bénédiction. Quant à l’âme, à ces genoux défaillants et à ses mains lassées, il y a un manque de foi et de confiance en Dieu. C’est un état d’âme malade qui devient dangereux si un remède énergique n’est pas appliqué. Ce remède, nous l’avons. Ce n’est pas une attente passive qu’un changement se produise mais c’est d’être appuyé fermement sur ce qui a été dit précédemment touchant les tendres soins de Dieu. Alors une vie nouvelle circule dans l’âme lorsque l’on saisit, par la foi, les voies de Dieu envers nous. On retrouve une vigueur qui nous fait aussi avoir à nos pieds des sentiers droits (v. 13). Au v. 14, la première chose, c’est-à-dire la paix, a rapport à nos relations les uns envers les autres tandis que la sainteté a rapport à nos relations avec Dieu. Poursuivre la paix, c’est s’efforcer d’éviter des dissensions entre chrétiens qui nuisent au développement de la vie spirituelle. C’est aussi apporter avec douceur ce qui apaise les querelles et évite les froissements. Apportons la paix avec nous, là où nous allons. Mais cette paix avec tous ne doit jamais s’obtenir au dépens de la sainteté, de ce qui touche nos rapports avec Dieu. Il faut poursuivre ces deux choses simultanément. La sainteté pratique, c’est la séparation, pour Dieu, de toute souillure, de tout ce qui est mal (cf 2 Cor. 6, 17-18 et 7, 1) … et en même temps, une marche dans tout ce qui est selon Dieu. Si nous cédons à quelque chose qui porte atteinte à sa sainteté, notre vue spirituelle s’obscurcit, comme aussi notre jouissance des choses de Dieu est altérée. Dans les v. 15 et 16, il y a trois dangers signalés et il y a donc lieu de veiller, d’où veillant au début du v. 15. C’est une parole d’avertissement bien motivée. Premier danger: de peur que quelqu’un ne manque de la grâce de Dieu. Deuxième danger: de peur que quelque racine d’amertume … Troisième danger: de peur qu’il n’y ait quelque fornicateur … Quant au premier danger, ne négligeons pas ce précieux trésor de la grâce dont les épîtres parlent beaucoup. Que ce trésor soit multiplié en nous. Quant au deuxième danger, il y a la conséquence d’un manque de grâce tout comme le troisième est une conséquence du deuxième. Une racine d’amertume ne pourra jamais se développer sur le terrain de la grâce mais sans grâce, cette racine se développera. La racine a déjà tout le caractère des fruits qu’elle produit. C’est un poison en soi et de l’amertume dans les tristes et fâcheuses conséquences qui en résultent. Si la racine n’est pas extirpée, il y a donc un troisième danger dont l’exemple d’Esaü est significatif: fornication, adultère, abandon du christianisme. A propos de ce christianisme, il faut se souvenir que les Hébreux sont considérés relativement à leur profession sans qu’il soit question de la réalité de la vie divine chez eux. Cette question de l’abandon du christianisme a déjà été touché dans les chapitres 6 et 10.

V. 18 – 24: contraste entre ce que la loi offre et l’apport des bénédictions de Christ
Dans ces versets, l’auteur trace un parallèle frappant entre ce que la loi offrait et les bénédictions que Christ a apportées. Le contraste entre les deux lui sert d’argument puissant pour démontrer combien il serait insensé et coupable pour abandonner l’un et retourner à l’autre. Nous y voyons, par ces versets, que la loi tenait l’homme pécheur à distance et s’il voulait s’approcher de Dieu dans cette condition, c’était la mort pour lui et ce qui dépendait de lui. Moïse était tout effrayé et tremblant, chose que ne révèle pas Exode 20. Mais ici, l’Esprit Saint nous rapporte ce qui se passait dans le cœur de Moïse, mis en présence de la majesté divine, de Dieu se révélant dans toute la gloire de sa sainteté et de sa justice. Quel contraste au v. 22: nous y avons la montagne de la grâce montrant l’intervention de la souveraine grâce de Dieu envers Israël lorsque tout avait faillit sous la responsabilité de la loi. Partout, Sion est présente comme le lieu où l’Eternel habite et d’où découle la bénédiction. Tout ce qui est décrit dans les v. 22 à 24 présente la scène millénaire à laquelle les croyants Hébreux étaient spirituellement parvenus, choses espérées, à venir, non encore établies mais auxquelles nous appartenons déjà. Après Sion, lieu de la demeure sur la terre, nous montons jusqu’à la Jérusalem céleste, la cité du Dieu vivant. Sion est le siège de la puissance du Messie sur la terre. Mais le fils de l’homme a un héritage dont les limites s’étendent à tout l’univers (cf Ps. 8; Eph. 2, 20-22; Phil. 2, 9-11). Dans tout cet univers, la Jérusalem céleste en est pour ainsi dire la métropole. En Apocalypse 21, il y a la sainte cité, nouvelle Jérusalem, soit pour le millénium, soit pour l’état éternel. C’est l’Eglise. Dans l’Apocalypse, c’est donc ce que nous serons. Dans les Hébreux, c’est où nous serons. Dans ce lieu, il y a d’abord ces êtres qui sont les indigènes du ciel, qui ont été préservés de la chute et qui sont dans leur demeure naturelle. Ce sont ces anges, cette assemblée universelle. En Apoc. 5, nous les voyons autour du trône. En montant plus haut encore, cette scène merveilleuse nous présente un objet particulier. C’est l’assemblée des premiers-nés (v. 23). C’est l’Eglise. Dans ce v. 23, le mot original rendu par assemblée, que nous trouvons deux fois, diffère. Il y a distinction en ce que l’assemblée des premiers-nés est composée par ceux qui ne sont pas nés là, c’est-à-dire qui ne sont pas indigènes des cieux comme les anges. Ils sont les objets des conseils de Dieu. Ils sont de glorieux héritiers et les premiers-nés de Dieu selon ses conseils éternels en vertu desquels ils sont inscrits dans les cieux. La place des premiers-nés n’est pas sur la terre. Il ne s’agit pas de promesses, comme aux saints de l’AT qui, n’ayant pas reçu l’accomplissement des promesses pour la terre, ne manqueront pas d’en jouir dans le ciel. Ainsi donc, l’Eglise tient le premier rang dans les conseils de Dieu et elle vient en dernier dans l’ordre des révélations. Dans le v. 23b, Dieu juge de tous, nous allons pour ainsi dire sur l’autre versant de la montagne où nous voyons Dieu saluer une autre classe de bienheureux habitant la gloire céleste. Ce sont les esprits des justes consommés qui ont achevé leur course et qui, par leur foi, ont vaincu dans les combats. Dieu, juge de tous, les a reconnus pour siens avant que l’assemblée céleste fut révélée. En rapport avec les voies de Dieu sur la terre, ils ont été fidèles, sans recevoir les promesses, mais maintenant, dans le repos du ciel, ils attendent la résurrection et la gloire (cf ch. 11, 39-40). Au v. 24, nous redescendons vers le peuple terrestre pour lequel il y a encore des bénédictions en réserve, cela sur le principe de la grâce et en vertu de la nouvelle alliance (cf ch. 10).

V. 25 – 29: refus d’entendre, mise en garde et conséquences diverses
A propos des v. 25 à 27, souvenons-nous que le peuple d’Israël refusa d’entendre et n’a pas échappé dans son histoire passée. Alors combien moins échappera-t-on maintenant si l’on se détourne de celui qui parle des cieux. Depuis les cieux, Dieu nous révèle qu’il va encore une fois non seulement secouer la terre comme autrefois (cf Ex. 19, 18), mais aussi les cieux, selon la prophétie d’Aggée 2, 6). Cet ébranlement dont il est ici question indique la dissolution de toutes les choses créées (cf 2 Pi. 3, 7+12). Alors prendront place les choses immuables de la nouvelle création (v. 25-29). Dans les v. 28 et 29, l’auteur tire pour les croyants la conséquence de ce qu’il vient d’exprimer. Oui, ces croyants arrivés par la foi à la possession de toutes ces gloires millénaires et éternelles, constituent la partie céleste de ce royaume qui ne peut être ébranlé et qui sera introduit de fait par l’ébranlement des choses muables. Ils étaient les premiers fruits de la nouvelle création et, quant au présent, ils recevaient déjà ce royaume. Et c’est le privilège de tout croyant de se mouvoir par la foi dans l’ensemble de cet ordre de choses si élevées auxquelles ils appartiennent. Alors, connaissant toutes ces choses et comme nous l’exhorte le v. 28, servons Dieu. Et servir, dans l’épître aux Hébreux, se rapporte surtout au culte que nous avons à rendre à Dieu.

Chapitre 13
1 Que l’amour fraternel demeure. 2 N’oubliez pas l’hospitalité; car par elle quelques-uns, à leur insu, ont logé des anges. 3 Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez liés avec eux, de ceux qui sont maltraités, comme étant vous-mêmes aussi dans le corps. 4 Que le mariage soit [tenu] en honneur à tous égards*, et le lit sans souillure; mais** Dieu jugera les fornicateurs et les adultères. 5 Que votre conduite soit sans avarice, étant contents de ce que vous avez présentement; car lui-même a dit: «Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point» [Josué 1:5]; 6 en sorte que, pleins de confiance, nous disions: «Le *Seigneur est mon aide et je ne craindrai point: que me fera l’homme ?» [Psaume 118:6].
7 Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu, et, considérant l’issue de leur conduite, imitez leur foi.
8 Jésus Christ est le même, hier, et aujourd’hui, et éternellement. 9 Ne soyez pas séduits par des doctrines diverses et étrangères, car il est bon que le cœur soit affermi par la grâce, non par les viandes, lesquelles* n’ont pas profité à ceux qui y ont marché**. 10 Nous avons un autel dont ceux qui servent le tabernacle n’ont pas le droit de manger; 11 car les corps des animaux dont le sang est porté, pour le péché, dans les lieux saints*, par le souverain sacrificateur, sont brûlés hors du camp. 12 C’est pourquoi aussi Jésus, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. 13 Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre; 14 car nous n’avons pas ici de cité permanente, mais nous recherchons celle qui est à venir. 15 Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges, c’est-à-dire le fruit des lèvres qui confessent* son nom. 16 Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices.
17 Obéissez à vos conducteurs et soyez soumis, car ils veillent pour vos âmes, comme ayant à rendre compte; afin qu’ils fassent cela avec joie, et non en gémissant, car cela ne vous serait pas profitable.
18 Priez pour nous, car nous croyons que nous avons une bonne conscience, désirant de nous bien conduire en toutes choses. 19 Mais je vous prie d’autant plus instamment de faire cela, afin que je vous sois rendu plus tôt.
20 Or le Dieu de paix qui a ramené* d’entre les morts le grand pasteur des brebis, dans [la puissance du]** sang de l’alliance éternelle, 21 notre seigneur Jésus, vous rende accomplis en toute bonne œuvre pour faire sa volonté, faisant en vous ce qui est agréable devant lui, par Jésus Christ, auquel soit la gloire aux siècles des siècles! Amen.
22 Or je vous exhorte, frères, à supporter la parole d’exhortation, car ce n’est qu’en peu de mots que je vous ai écrit. 23 Sachez que notre frère Timothée a été mis en liberté: s’il vient bientôt, je vous verrai avec lui. 24 Saluez tous vos conducteurs et tous les saints. Ceux d’Italie vous saluent. 25 Que la grâce soit avec vous tous! Amen.
—  v. 4*: ou: chez tous, ou parmi tous. — v. 4**: plusieurs: car. — v. 9*: plutôt: «non par des aliments qui». — v. 9**: = qui en ont usé (selon les rites prescrits). — v. 11: voir la note à 9:8. — v. 15: ou: bénissent.  —  v. 20*: litt.:le ramenant, celui qui ramène; c’est caractéristique, sans question de temps. — v. 20**: ou:en [vertu du].

Commentaires du chapitre 13.
Chapitre 10, 23 à 13, 7 : Jésus, le chef de la foi ;
v. 8 à 16 : vers Jésus, hors du camp ; v. 17 à 25 : épilogue
Passages parmi d’autres en relation avec quelques versets de ce chapitre :
v. 1: Rom. 12, 10; 1 Thess. 4, 9; 1 Cor. 16, 14 / v. 3: Héb. 10, 33-34 / v. 5: 1 Tim. 6, 10; Eph. 5, 5;
Phil. 4.11-13; Gen. 28, 15 / v. 9: Col. 2, 11; 1 Tim. 4, 3 / v. 11: Lév. 16, 27 / v. 12: Eph. 2, 13;
Apoc. 5, 8-9 / v. 14: Phil. 3, 20 / v. 15: 1 Pi. 2, 5; CC 7, 13 / v. 16: 1 Cor. 13, 3 /
v. 17: 1 Thess. 5, 12-13; 1 Cor. 16, 15-16 / v. 18: 1 Thess. 5, 25; Rom. 15, 30; 2 Cor. 1, 11; Col. 4, 3 /
v. 20: Rom. 15, 33; Phil. 4, 6-7 / v. 21: Ez. 37, 24-26; Eph. 2, 10 / v. 22: Prov. 18, 1; Jean 21, 25

A propos du v. 1, puisse l’amour fraternel montrer des signes de la vie en Dieu. Ainsi, quelques caractères et fruits de cette vie seront manifestés. L’amour fraternel se montre aussi dans l’hospitalité et dans la sympathie témoignée à ceux qui souffrent. Ce sont les v. 2 et 3. Au v. 4, le mariage doit être tenu en honneur, respecté, et le chrétien doit marcher dans la pureté. Celui qui enfreint ce que Dieu institue ne demeurera pas impuni puisque Dieu jugera les fornicateurs et les adultères. Au v. 5: avarice ou amour de l’argent.  Au v. 8, il y a celui qui demeure, en contraste avec les choses changeantes des hommes (v. 9). Ainsi, un cœur, vraiment satisfait de Christ, sera gardé contre la recherche des doctrines diverses et étrangères. Elles ne le séduiront pas car un tel cœur, enseigné par de fidèles conducteurs, aura trouvé en Christ le repos. Il s’agit donc de doctrines étrangères au christianisme. Les viandes du v. 9 proviennent des sacrifices judaïques.  Et au v. 10, nous avons le culte chrétien dans cet autel, tandis que ceux qui restaient attachés au tabernacle, c’est-à-dire au culte Juif, n’avaient pas la possibilité de jouir du culte chrétien, de Christ lui-même, de se nourrir de lui, la grande et sainte victime.
Les v. 11 et 12, dans lesquels une raison est donnée à ce qui précède, il est démontré que ceux qui restaient attachés au système judaïque n’avaient rien: ni du type, ni de l’antitype. Ils ne pouvaient rien manger de ces victimes et n’avaient aucun droit à Christ. Mais cela conduit l’Esprit à nous enseigner de précieuses vérités touchant Christ qui est l’antitype, Lui qui n’a pas été mis à mort à Jérusalem (cf Jean 8, 59; 10, 31), mais, selon les desseins de Dieu, hors de la porte. C’est loin du temple, en dehors de l’enceinte des Juifs que Jésus a été crucifié. Et l’image ou le type de cela est donc la victime brûlée tout entière hors du camp selon Lév. 16, 14, 15 et 27, dans le but de sanctifier le peuple par son propre sang, ce sang qui était porté dans le lieu saint pour faire propitiation. Et c’est ainsi que Christ est venu avec son propre sang et est entré dans les lieux saints (Héb. 9, 11-12). Et au v. 13, il y a l’exhortation pour les croyants Hébreux qui doivent abandonner le système judaïque selon lequel l’accès au dedans du voile, où était manifestée la présence de Dieu, était fermé. Ces croyants sont donc exhortés à se placer sur le terrain chrétien, vers Jésus. Ils ne devaient pas rester dans le camp, rester attachés à une religion terrestre. Ainsi donc et non seulement aux croyants Hébreux mais pour ceux de toute la période de l’Eglise, cette exhortation est adressée. Il faut se dégager de liens de toute religion fondée sur des ordonnances terrestres afin de se trouver avec Jésus sur le vrai terrain chrétien. En Jean 9, l’aveugle-né chassé de la synagogue, parce qu’ayant confessé Christ, a trouvé le Seigneur, également chassé et méprisé par les Juifs. A propos de ce v. 13, le camp est appelé de ce nom du fait que le peuple d’Israël était rangé comme une armée autour du tabernacle de Dieu. C’était le camp de Jéhovah. Maintenant qu’Israël a rejeté le Sauveur, et depuis le rejet d’Etienne, l’histoire de l’homme sous sa responsabilité en Israël est terminée. L’âme d’Etienne est reçue dans le ciel et Israël devra attendre que tous les héritiers soient rassemblés pour recevoir par pure grâce les bénédictions de Dieu par le moyen du Sauveur qu’il (Israël) a rejeté. Le système du camp, avec tout ce qu’il y a d’extérieur, est terminé et mis de côté. Mais l’homme a formé un nouveau camp car l’esprit judaïque s’était introduit avec tant de force et de si bonne heure dans l’Eglise qu’il y forma un nouveau camp, un système. L’esprit charnel de l’homme et la ruse de l’ennemi, opérant sur la chair, ont fait de l’Eglise un camp. Il s’agit donc maintenant (2006) de se tenir hors de ce nouveau camp. Le v. 14 démontre encore qu’une religion terrestre n’apporte rien. Et le v. 15 mentionne le sacrifice que les Hébreux, ainsi que tout croyant, ont a offrir à Dieu. Avec le v. 16, il y a un amour pratique qui déborde. En effet, un cœur qui adore est disposé à la bienfaisance. Cela se répand sur nos frères et aussi sur les hommes de ce monde. Dieu prend plaisir à de tels sacrifices. Deut. 26, 1-15 présente le même enseignement: il y a louanges et actions de grâce envers l’Eternel puis la bienfaisance est exercée envers le lévite, l’étranger, etc. Dans le v. 17 et dans sa grâce, Dieu suscite des conducteurs pour conduire les âmes dans la vérité. Ces conducteurs sont comme des sentinelles qui avertissent contre les attaques subtiles de l’ennemi. Ils ont une grande responsabilité et souvent un service difficile et pénible. Ce sont ceux qui comprennent leurs privilèges le plus complètement qui porteront leurs responsabilités le plus fidèlement. Au v. 18, il y a l’exemple d’un vrai et humble conducteur. Puis le v. 19 mentionne la confiance dans les prières des saints. Elle est touchante. Elle exprime la confiance que Dieu écoute et exauce les prières qui lui sont adressées. Cette confiance donne à la prière sa valeur et son efficacité. Dans les v. 20 et 21, nous arrivons à la conclusion de l’épître. Il y a d’abord une prière pour les destinataires directs de l’épître. L’auteur a demandé leurs prières pour lui et il prie pour eux. Touchante réciprocité. Au v. 20, il y a la seule mention de la résurrection de cette épître, bien qu’étant partout supposée. Au v. 22, la manière dont l’auteur de l’épître prie ces Hébreux de supporter ces paroles était bien propre à toucher et à gagner leurs cœurs car les exhortations données tout au long de cette épître ont touché à ces cordes sensibles chez eux. Au v. 24, la salutation est pour les conducteurs et pour les saints. La lettre est pour chacun d’eux. Ainsi, jusqu’à la fin de ce chapitre, l’auteur procède envers les Hébreux en leur enlevant pièce après pièce ce qui les attachait au judaïsme en substituant Christ à tout. Il leur démontre qu’on ne peut pas être chrétien et juif en même temps et qu’il est impossible de prétendre servir le tabernacle tout en participant à l’autel chrétien qui repose sur la mort de Christ et ses résultats.

Autres pensées sur l’ensemble de l’épître
L’épître aux Hébreux reprend comme doctrine ce que les évangiles rapportent historiquement. Dans cette épître, le Seigneur nous est présenté comme ce Dieu vivant, et comme ayant droit à la vie, et comme la détenant, pour nous: c’est précisément là, la sacrificature selon l’ordre de Melchisédec. Un autre titre de l’épître aux Hébreux, c’est l’autel occupé et le sépulcre vide. La gloire personnelle de Christ est le fondement de chacune des autres gloires. Si les évangiles nous présentent les gloires morales du Seigneur Jésus, l’épître aux Hébreux nous présente Christ assis dans le ciel avec une constellation de gloires officielles. Dès le v. 19 du ch. 10, nous abordons un enseignement pratique, après avoir considéré la partie doctrinale. C’est la structure de l’épître aux Hébreux, structure qui se trouve dans d’autres épîtres comme celles aux Ephésiens, Colossiens, Romains, Galates. Les chrétiens sont associés aux gloires de Christ de sorte que nous pouvons dire hardiment que nous n’attendons pas le royaume pour savoir ce qu’est la gloire, car nous le savons en partie. Nous possédons donc des gloires que le monde ne connaît pas. Et quant à Christ: levons les yeux et voyons l’agneau dans les gloires qu’il a acquises; baissons les yeux ici-bas et voyons le Saint dans les gloires qui lui ont été données. C’est de là que part l’application morale. La foi est un principe qui saisit en Dieu deux choses différentes: elle le voit comme Celui qui justifie l’impie (Rom. 4) et ici elle voit en Dieu le rémunérateur de ceux qui le recherche (ch. 11). Tout le ch. 11 se rattache au v. 35 du ch.10 et en est comme l’illustration. La structure de l’épître est telle qu’il nous faut, sortant de la présence de Dieu, dire au monde que nous sommes des étrangers au milieu de lui. Elle nous dit notre droit à nous tenir dans la présence de Dieu avant de nous faire entendre l’appel dont nous sommes appelés. Dieu m’appelle et en Lui j’ai toutes choses. La mort suit le péché comme l’ombre accompagne l’objet. Qu’est-ce que d’être spirituel sinon d’avoir la pensée du Saint Esprit.
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