Évangile selon MATTHIEU. 40ème livre de la Bible et premier du Nouveau Testament

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Actuellement, seuls les chapitre 1 à 15 sont en ligne. Les autres sont prévus à raison de + ou – quatre chapitres par mois

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Généralités

 

Introduction

Dans l’Ancien Testament, Dieu reste toujours caché derrière le voile. Dans le Nouveau Testament, Dieu se manifeste. Dans les Évangiles, Il se révèle comme étant doux, débonnaire, humain, Dieu sur la terre. Les évangiles racontent la vie du Seigneur et le présentent à nos cœurs, soit par ses actes, soit par ses discours, et dans les divers caractères qui, sous tous les rapports, le rendent précieux aux âmes des rachetés. Les caractères du Seigneur forment ensemble la plénitude de sa gloire personnelle pour autant que nous soyons capables d’en saisir quelque chose.

Dans les évangiles il faut cependant excepter les relations de Christ avec l’Église. Il y a bien le fait qu’il bâtirait une église mais cela aura lieu après son ascension. Et chaque évangile présente un caractère particulier de Christ. Il y a aussi la différence qui existe entre les trois premiers évangiles et celui de Jean. Les trois premiers montrent Christ présenté à l’homme, afin que l’homme le reçoive, et son rejet par l’homme. Jean, au contraire, prend dans ce rejet, le point de départ de son évangile; il présente la nature divine manifestée dans une personne en présence de laquelle l’homme et le juif se sont trouvés. Mais ils ont rejeté Jésus Christ Fils de Dieu. 


Mais l’évangile de Matthieu présente, plus précisément, l’accomplissement de la promesse de la prophétie. C’est Emmanuel au milieu des Juifs et rejeté par eux qui heurtent contre la pierre d’achoppement. Christ sème dès lors la Parole, car il était inutile de chercher du fruit. Viennent ensuite l’Église et le royaume substitués à Israël qui aurait été béni selon les promesses, mais qui les a refusées en rejetant la personne de Jésus. Jésus est avec les pauvres du troupeau qui ont écouté la parole du Seigneur, dans ce lieu, où la lumière s’est levée sur le peuple assis dans les ténèbres. La mission de baptiser part aussi de là et s’applique aux nations.

Pour faire ressortir le caractère de Matthieu, rappelons brièvement le caractère des autres évangiles. On sent d’abord combien Jean est différent des autres appelés «synoptiques ». Dans Jean, les Juifs sont traités comme des réprouvés, alors que la grâce souveraine du Père attire et l’élection y est mise en relief. Les brebis entendent sa voie mais les Juifs ne l’entendent pas, parce qu’ils ne sont pas ses brebis. Dans Jean il n’y a pas de généalogie, car il est venu d’auprès du Père et dans le monde.


Dans Matthieu il y a une généalogie qui remonte à la souche de promesses en Abraham et en David. Ce n’est pas la généalogie humaine qui remonte jusqu’à Adam. Les évangiles synoptiques racontent ainsi la manière dont Christ a été présenté aux hommes pour être reçu, puis son rejet, puis sa résurrection.

Marc et Luc mentionnent aussi son ascension. 


Dans Luc la généalogie remonte à Adam. Et lui le second homme, le dernier Adam, monte dans le ciel depuis Béthanie en bénissant les siens.

En Marc nous trouvons le serviteur et prophète. Cet évangile commence par son ministère précédé de celui de Jean Baptiste. Nous y avons à la fin, comme en Matthieu, sa rencontre avec les disciples en Galilée, après sa résurrection. Mais depuis le v. 9 du dernier chapitre de Marc, il y a aussi un appendice qui se trouve en Luc et même en Jean, qui est rapidement raconté. C’est le côté céleste de ces derniers événements et une commission plus générale et plus universelle donnée aux croyants. Elle porte le salut ou la condamnation dans toute la création sous le ciel. Le mot «évangile » signifie : bonne nouvelle.


Matthieu place devant nous le Seigneur sous le caractère de Messie promis aux Juifs. Il est appelé au ch. 1, 1 : Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. 


Chaque récit dans les évangiles est donné en raison du caractère propre. En faisant un seul récit, d’un même épisode, on ne distinguerait plus rien. Il en est ainsi tout au long des quatre évangiles, quoique ce ne soit pas toujours facile à discerner. Sous la loi, Dieu ne sortait jamais et l’homme ne pouvait pas entrer. Dans le christianisme, Dieu est sorti et l’homme est entré. Ces choses appartiennent à l’essence de chacune de ces deux économies, et à cet égard, Tite 1, 2 ; 2 Tim. 1, 9-10 ; Prov. 8, 29-31 et Rom. 16, 25 et 26 sont à méditer. Ayons le désir que Dieu  soit non seulement glorifié par nous, mais en nous. C’est là notre privilège par la grâce qui est en Christ et par notre union avec lui, qui est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. Plus nous sommes de petits enfants obéissants et humbles, plus nous réalisons cette glorieuse position. Un jour nous connaîtrons comme nous avons été connus. Plus Christ est objectivement notre portion et notre occupation, plus nous lui ressemblerons subjectivement. 


Remarquons encore que dans bien des manuscrits et dans des éditions de bibles, l’ordre des livres est différent. Sachant que cet arrangement des livres ne se rattache pas à la révélation elle-même. Les termes de Christ, de Messie, ou de ce qu’il en est de la traduction de «oint», sont équivalents. Les évangiles développent ainsi les caractères de Christ non d’une manière dogmatique, à part Jean dans un certain point, mais il raconte l’histoire du Seigneur de manière à la représenter dans ses divers caractères d’une manière beaucoup plus vivantes que si cela nous avait été communiqué sous forme de doctrine. 

Chapitre 1                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham :

Abraham engendra Isaac ; et Isaac engendra Jacob ; et Jacob engendra
Juda et ses frères ;

et Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar ; et Pharès engendra Esrom ; et Esrom engendra Aram ; 4 et Aram engendra Aminadab ; et Aminadab engendra Naasson ; et Naasson engendra Salmon ; et Salmon engendra Booz, de Rachab ; et Booz engendra Obed, de Ruth ; et Obed engendra Jessé ; 6 et Jessé engendra David le roi ; et David le roi engendra Salomon, de celle [qui avait été femme] d’Urie ; 7 et Salomon engendra Roboam ; et Roboam engendra Abia ; et Abia engendra Asa ; 8 et Asa engendra Josaphat ; et Josaphat engendra Joram ; et Joram engendra Ozias ; 9 et Ozias engendra Joatham ; et Joatham engendra Achaz ; et Achaz engendra Ézéchias ; 10 et Ézéchias engendra Manassé ; et Manassé engendra Amon ; et Amon engendra Josias ; 11 et Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la transportation de Babylone ; 12 et après la transportation de Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; et Salathiel engendra Zorobabel ; 13 et Zorobabel engendra Abiud ; et Abiud engendra Éliakim ; et Éliakim engendra Azor ; 14 et Azor engendra Sadok ; et Sadok engendra Achim ; et Achim engendra Éliud ; 15 et Éliud engendra Éléazar ; et Éléazar engendra Matthan ; et Matthan engendra Jacob ; 16 et Jacob engendra Joseph, le mari de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

17 Toutes les générations, depuis Abraham jusqu’à David, sont donc quatorze générations ; et depuis David jusqu’à la transportation de Babylone, quatorze générations ; et depuis la transportation de Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

18 Or la naissance de Jésus Christ arriva ainsi : sa mère, Marie, étant fiancée à Joseph, avant qu’ils fussent ensemble, se trouva enceinte par l’Esprit Saint. 19 Mais Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas faire d’elle un exemple, se proposa de la répudier secrètement. 20 Mais comme il méditait sur ces choses, voici, un ange du *Seigneurlui apparut en songe, disant : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre auprès de toi Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint ; 21 et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jésus*, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés. 22 Or tout cela arriva, afin que fût accompli ce que le *Seigneur a dit par le prophète, disant : 23 «Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel» [Ésaïe 7:14], ce qui, interprété, est : Dieu avec nous. 24 Or Joseph, étant réveillé de son sommeil, fit comme l’ange du *Seigneur le lui avait ordonné, et prit sa femme auprès de lui ; 25 et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté son fils premier-né ; et il appela son nom Jésus.


v. 20 : *Seigneur, ici et dans la suite : le Seigneur Dieu ou l’Éternel de l’Ancien Testament. — v. 21 : Jésus : transcription de l’hébreu Jéshua ou Joshua = l’Éternel [est] sauveur.

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 1                Retour au début

I = Ch. 1, 1 à 4, 11 : l’introduction du roi

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 17 : la généalotie de Jésus Christ

Versets 18 à 25 : l’ange apparaît et parle à Joseph

 

Matt. 1,

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v.01 à 17

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 Ch. 3 v. 23 à 28

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v. 18 à 25

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Le livre d’Ésaïe est beaucoup cité dans Matthieu. Dans la seconde partie, qui commence au ch. 40, il y a, dans les ch. 40 à 48, le péché du peuple en rapport avec la controverse de l’Éternel avec les idoles. Les ch. 48 à 59 font part du rejet du Messie. Depuis le ch. 59 il s’agit de la restauration du peuple. Comme conséquence de son rejet par Israël, il y a premièrement le royaume révélé tel qu’il se trouve en Matthieu ch. 13; puis l’Église au ch. 16 et enfin le royaume de la gloire au ch. 17.


Versets 1 à 17
 : la généalogie de Jésus Christ. Dans cet évangile, le Seigneur Jésus est présenté comme étant l’objet des promesses et des prophéties faites au peuple de Jéhovah. De ce fait, les citations de l’Ancien Testament sont fréquentes dont, en particulier, celles d’Ésaïe qui a beaucoup mentionné le Christ. Cela est précieux car cet évangile a été écrit en vue des croyants d’entre les Juifs afin de fortifier leur foi en la personne de leur Messie, ce Messie que le peuple avait rejeté.

La généalogie est, comme indiquée au v. 1, celle de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Jésus Christ est donc l’héritier des promesses faites à Abraham et l’héritier du trône de David. Cette généalogie part d’Abraham et traverse trois séries de quatorze générations chacune, pour arriver à Joseph, époux de Marie, mère de Jésus. Du côté juif, la généalogie de Jésus devait être paternelle et la liste présentée est, pour eux, officielle et seule valable. Jésus, était estimé fils de Joseph parmi les Juifs (Luc 3, 23). Et pour les trois séries de quatorze générations chacune, elles correspondent aux 3 grandes phases de l’histoire d’Israël depuis l’appel d’Abraham, c’est-à-dire : 1) d’Abraham à David (v. 2 à 6). 2) de David jusqu’à la transportation à Babylone (v. 7 à 11). 3) puis après la transportation de Babylone jusqu’à la naissance de Christ (v. 12 à 16).

Dans la généalogie, des rois sont omis. Parmi eux, Joakhaz et Jehoïakim. C’est que le but était d’avoir quatorze générations dans chaque période. Il fallait aussi que cette généalogie soit reconnue par les Juifs et les rois étaient connus de chacun.

 

La venue de Christ est une pure grâce. Le Seigneur vient de la part de Dieu et apporte la grâce et la vérité. Dans cette généalogie, glorieuse pour le juif orgueilleux, il y a, à côté de noms remarquables (comme Abraham, David, Ézéchias), il y a de tristes souvenirs comme Joram, Achaz, Manassé. Cette généalogie comprend aussi des noms qu’il serait facile d’omettre dans une généalogie officielle. Mais Dieu a des raisons de les citer. Il y a quatre femmes auxquelles se rattachent des souvenirs des faits humiliants dans l’histoire des ancêtres. Tamar (v. 3) rappelle l’immoralité de Juda; Rahab (v. 5) la prostituée; Ruth (v. 5) n’a rien de déshonorant mais c’est une Moabite. Il y a aussi le nom de la mère de Salomon (v. 6) qui rappelle le grave péché de David. Ces noms font honte au cœur naturel qui cherche des sujets de gloire dans l’homme. Mais les péchés que rappellent ces noms font ressortir l’immense grâce de Dieu qui s’est occupé de tels êtres en leur donnant un Sauveur. Dieu leur a donné l’honneur de figurer dans la généalogie du Messie, il est donc vrai que là où a abondé le mal, la grâce y a surabondé (selon Rom. 5, 20).

Versets 18 à 25 : la naissance de Jésus. L’ange du Seigneur et Joseph. Le récit en est très court dans Matthieu. Mais il est suffisant pour établir, dans les Écritures, que Jésus, méconnu et rejeté par son peuple, était bien le Messie promis. L’évangéliste mentionne que sa naissance a eu lieu conformément
à la prophétie en ce que la vierge concevra et enfantera un fils et appellera son nom Emmanuel (voir Es. 7, 14).  Comme son nom l’indique (Emmanuel), si Marie mettait au monde un fils étant bien le sien, il est d’origine divine : Emmanuel. Quant au nom de Jésus, il signifie Jéhovah Sauveur. Ce nom indique que Christ est bien l’Éternel, mais l’Éternel Sauveur, entrant par la naissance dans ce monde, comme un homme, afin de sauver les pécheurs du milieu de son peuple et du monde entier. Ainsi la personne de Jésus est merveilleuse et insondable. Il est homme tout en étant Dieu. Il fallait qu’il soit homme pour pouvoir mourir, mais il fallait qu’il soit Dieu afin de pouvoir triompher de la mort, ressusciter et entrer dans la gloire. Aussi l’union de la divinité et de l’humanité de Christ était un mystère insondable que Dieu seul connaît et qui fait le sujet de notre adoration et de nos louanges dès maintenant et pour l’éternité. Cette personne est si glorieuse qu’il dit lui-même que seul le Père le connaît et que seul le Fils connaît le Père et celui à qui il voudra le révéler (selon Matt. 11, 27).

Plusieurs titres sont donnés à Jésus : l’héritier de David (voir aussi Gal. 3, 16 et Jean 7, 42); le Sauveur de son peuple; et puis le titre d’Emmanuel. Selon v. 20 à 23, ces titres se lient à sa gloire au milieu d’Israël. Ces titres impriment aussi à cet évangile son caractère, c’est-à-dire la manière dont Christ y est présenté.

Encore : les faits rapportés relativement à la naissance de Jésus sont d’une grande importance aussi bien pour les Juifs que pour nous. En effet, Dieu a daigné lier sa propre gloire à nos intérêts, c’est-à-dire à l’homme. Remarquons aussi que c’est l’ange qui dit qu’il faut mettre le nom de Jésus. Ce nom est en rapport avec la délivrance d’Israël caractérisé par l’état où le péché l’avait plongé. C’était pour sauver son peuple. Et l’ange, chose remarquable, appelle Joseph fils de David. Joseph, homme juste, simple de cœur et obéissant, discerne sans difficulté la révélation du Seigneur et il y obéit. 

Remarquons que cet évangile ne mentionne pas la crèche et ni ce qui rappelle sa pauvreté. Au contraire Dieu veille à ce que son Fils soit honoré par quelques nobles visiteurs dont les mages venus de l’Orient. Quant aux principaux parmi les Juifs, aucun n’est moralement qualifié pour venir se prosterner devant le Messie d’Israël. L’histoire est sombre, le cruel Hérode règne à Jérusalem et c’est une violation de Deut. 17, 15, car Hérode c’est un Édomite. 

 

 

 

Chapitre 2                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Or, après que Jésus fut né à Bethléhem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici, des mages de l’orient arrivèrent à Jérusalem, 2 disant : Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde ? car nous avons vu son étoile dans l’orient, et nous sommes venus lui rendre hommage*.

Mais le roi Hérode, l’ayant ouï dire, en fut troublé, et tout Jérusalem avec lui; 4 et ayant assemblé tous les principaux sacrificateurs et scribes du peuple, il s’enquit d’eux où le Christ devait naître. Et ils lui dirent : À Bethléhem de Judée ; car il est ainsi écrit par le prophète: 6 «Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es nullement la plus petite parmi les gouverneurs de Juda, car de toi sortira un conducteur qui paîtra mon peuple Israël» [Michée 5:2].

Alors Hérode, ayant appelé secrètement les mages, s’informa exactement auprès d’eux du temps de l’étoile qui apparaissait; 8 et les ayant envoyés à Bethléhem, il dit : Allez et enquérez-vous exactement touchant le petit enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, en sorte que moi aussi j’aille lui rendre hommage. 9 Et eux, ayant ouï le roi, s’en allèrent ; et voici, l’étoile qu’ils avaient vue dans l’orient allait devant eux, jusqu’à ce qu’elle vint et se tint au-dessus du lieu où était le petit enfant. 10 Et quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une fort grande joie. 11 Et étant entrés dans la maison, ils virent le petit enfant avec Marie sa mère ; et, se prosternant, ils lui rendirent hommage* ; et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des dons, de l’or, et de l’encens, et de la myrrhe. 12 Et étant avertis divinement, en songe, de ne pas retourner vers Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.

13 Or, après qu’ils se furent retirés, voici, un ange du *Seigneur apparut en songe à Joseph, disant : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et fuis en Égypte, et demeure là jusqu’à ce que je te le dise ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. 14 Et lui, s’étant levé, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. 15 Et il fut là jusqu’à la mort d’Hérode, afin que fût accompli ce que le *Seigneur avait dit par le prophète, disant : «J’ai appelé mon fils hors d’Égypte» [Osée 11:1]. 16 Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient joués de lui, fut fort en colère ; et il envoya, et fit tuer tous les enfants* qui étaient dans Bethléhem et dans tout son territoire, depuis l’âge de deux ans et au-dessous, selon le temps dont il s’était enquis exactement auprès des mages. 17 Alors fut accompli ce qui a été dit par Jérémie le prophète, disant: 18 «Une voix a été ouïe à Rama, [des lamentations, et] des pleurs, et de grands gémissements, Rachel pleurant ses enfants ; et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont pas» [Jérémie 31:15].

19 Or, Hérode étant mort, voici, un ange du *Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte, 20 disant : Lève-toi et prends le petit enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël ; car ceux qui cherchaient la vie du petit enfant sont morts. 21 Et lui, s’étant levé, prit le petit enfant et sa mère, et s’en vint dans la terre d’Israël; 22 mais, ayant ouï dire qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode son père, il craignit d’y aller ; et ayant été averti divinement, en songe, il se retira dans les quartiers de la Galilée, 23 et alla et habita dans une ville appelée Nazareth ; en sorte que fût accompli ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen*.

—  v. 2 : se dit à l’égard de Dieu et à l’égard des hommes. — v. 11 : rendre hommage, ailleurs adorer (Jean 4:20-24). — v. 16 : plutôt : enfants mâles. — v. 23 : pour ce nom, comparer aussi Ésaïe 11:1, où l’hébreu de branche est «nétser».

 

 

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 2               Retour au début

Ch. 1, 1 à 4, 11 : l’introduction du roi

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 12 : les mages

Versets 13 à 18 : Hérode et les enfants de Bethléhem

Versets 19 à 23 : le retour de l’Égypte

 

Les récits de Matthieu ch.2 ne se trouvent pas dans les autres évangiles


Versets 1 à 12
 : les mages. Ils comprirent, par une étoile, que le roi des Juifs était né. Les mages s’occupaient, entre autres sciences, d’astrologie et de magie. Ils étaient un honneur dans les cours royales. Mais ceux de ces versets sont sans doute pieux car ils savaient qu’un roi était promis aux Juifs (cf Nom. 24, 17 par exemple). Les mages se mettent alors en route afin de rendre hommage au roi des Juifs. Mais, arrivés à Jérusalem, ils ne remarquent pas une population heureuse. En fait, le peuple d’Israël n’attendait pas plus son roi que les chrétiens n’attendent aujourd’hui la venue de Jésus (cf 1 Thes. 1, 10). La venue des mages met Hérode et Jérusalem en émoi. Cet émoi, ce trouble, font comprendre dans quel triste état se trouve le peuple. Pourtant ce peuple qui avait été ramené de captivité, conservé sur la terre au travers de mille difficultés, gémit maintenant sous le joug des Romains avec Hérode, un roi exécrable. Et bien ce peuple, malgré les Écritures en leur possession, n’attend pas l’arrivée du Fils de David. Au contraire, sa naissance les trouble. La présence de Dieu gène les hommes plus que leurs maux et leurs peines. Il en va donc de même pour le temps de l’Église. Malgré toute la lumière à disposition … on n’attend pas le Seigneur. Pourtant la Parole est là pour montrer clairement qu’il va venir, mais on perd de vue cette vérité qui déplaît au cœur naturel. À Jérusalem, l’homme le plus troublé est le roi Hérode. Il l’est à tel point qu’il fait venir secrètement les mages (v. 7). Puis dans les v. 11 et 12, il ressort que Dieu qui veille sur son Fils. Il faut qu’il reçoive, à son entrée dans ce monde, les honneurs dus à un roi. Les chefs de son peuple n’étant pas en état de le faire, ce sont ces mages qui accomplissent ce service. Puis Dieu ne permet pas que les mages retournent vers Hérode.

En Luc, ce sont quelques bergers qui voient aussi le Seigneur. Dès le début de sa vie ici-bas, le précieux Sauveur a été  méconnu et méprisé. Mais alors comme aujourd’hui, Dieu a toujours appelé quelques-uns pour le discerner, le recevoir et l’honorer.

L’Hérode dont il est question, est Hérode le Grand, d’origine Iduméenne, c’est-à-dire issu d’Édom. Par ses nombreux mariages, il était allié à la célèbre famille des Macchabées, famille juive. C’est par cette finesse qu’il obtint des Romains le trône de Judée. Hérode est un tyran cruel et ambitieux; il faisait mourir tous ceux qui lui portaient ombrage, que ce soit parmi le peuple ou dans sa famille. Pour rendre son règne tolérable aux Juifs, qui le haïssaient, il fit restaurer splendidement le temple de Jérusalem, travaillant 46 ans à cette reconstruction (selon Jean 2, 20). Puis Hérode mourut l’année après le massacre des enfants de Bethléhem, après un règne de 34 ans. Son fils Archélaüs, qui lui succéda, fut aussi cruel que son père; mais son règne fut court. Puis l’Hérode dont il est question dans les évangiles, pendant le ministère du Seigneur, était un autre fils d’Hérode le Grand. Cet autre fils était tétrarque de la Galilée (selon Luc 3, 1) et il régna jusqu’à la mort du Seigneur. Hérode, nommé Hérode Agrippa I, dont il est question en Actes 12, était petit-fils d’Hérode le Grand et roi de Judée. Agrippa II, fils d’Agrippa I, était aussi un Hérode. 

Encore, à propos de l’étoile : remarquons qu’elle n’a pas conduit les mages de leur contrée jusqu’en Judée. Ce qui ressort, c’est que Dieu a voulu faire connaître le témoignage de la naissance du Sauveur à Hérode et aux chefs du peuple. Ici donc, les mages retrouvent l’étoile qu’ils avaient vue de leur pays et elle les conduit à la maison où était le petit enfant, suite à la parole qui disait que Jésus allait naître à Bethléhem. La visite des mages a lieu quelque temps après la naissance de Jésus; en effet, ils avaient d’abord vu, sans doute, l’étoile à l’époque de sa naissance. Puis Hérode, dans ses calculs, se dirige d’après le moment de l’apparition de l’étoile dont il s’était renseigné auprès des mages. Leur voyage a pris un certain temps puisque la naissance de Jésus est racontée au chapitre premier. C’est pourquoi le v. 1 du ch. devrait être traduit : « Or Jésus ayant été né » ; mais cela ne peut pas se dire en français. Remarquons aussi que les prophéties de l’Ancien Testament sont citées de trois manières à ne pas confondre, par : 1) Afin que fût accompli (Matt. 1, 22; 2, 15). 2) En sorte que fût accompli (Matt. 2, 23). 3) Alors fût accompli. (Matt. 2, 17).

Ces nuances répondent à la pensée du passage et se complètent l’une l’autre.


Versets 13 à 18 : Hérode et les enfants de Bethléhem. Dieu veille sur l’enfant divin qui est exposé à la haine de Satan et des hommes. Il parle en songe aux mages puis à Joseph. Au-dessus des hommes, il y a Dieu et Hérode l’ignore (voir Ps. 97, 7). La colère d’Hérode (v. 16), est facile à comprendre. Satan en est à la base. L’effort de Satan, démontré dans un tableau symbolique (voir Apoc. 12, 4), a pour but de  dévorer l’enfant mâle qui devait naître de la femme, la femme étant un symbole d’Israël. Ici, Hérode décide de faire tuer tous les petits enfants mâles depuis l’âge de deux ans et au-dessous. On en déduit qu’il s’est écoulé environ deux ans depuis que l’étoile était apparue aux mages d’Orient. À ce moment-là Jésus était dans sa 2ème année. En rapprochant les autres événements, on peut penser que les bergers n’étaient pas là en même temps que les mages puisque les bergers apparaissent à la naissance de Jésus. Les mages arrivèrent plus tard. Il y a donc un massacre (v. 16). Ce massacre est l’accomplissement d’une prophétie, celle de Jér. 31, 15. Il est triste de penser que l’un des premiers effets de la présence de Christ ici-bas fut le massacre de petits enfants. Cela indique, une fois de plus, ce qu’est le cœur de l’homme. Mais ces enfants auront part à la gloire de Christ. C’est beau. Et si la terre se vide, c’est pour remplir le ciel. 


Versets 19 à 23 : le retour de l’Égypte. Joseph, qui avait obéit pour s’en aller, obéit pour revenir. Joseph, en apprenant qu’Archélaüs règne en Judée, est craintif. Alors, par un autre songe, il se retire en Galilée et se fixe à Nazareth. C’est le lieu où Joseph habitait auparavant puisqu’il était allé, avec Marie, à Bethléhem en vue du recensement ordonné par Auguste. Christ allait s’appeler « Nazaréen » (v. 23 + cf És. 11, 1). Ce terme indique non seulement qu’il venait de cette ville, dont le nom signifie « séparé, consacré » mais désigne aussi le caractère de Jésus comme le vrai nazaréen, l’homme absolument séparé de toute influence de ce monde pour servir Dieu dans une parfaite consécration. Sa perfection, comme nazaréen, provenait de sa divinité et se réalisait dans sa parfaite humanité.

La bourgade de Nazareth et la Galilée étaient méprisées des Juifs. Pourtant les Galiléens étaient aussi des Juifs. Jésus vint ainsi dans l’humilité pour nous sauver. Il est l’homme de douleur (Es. 53, 3). Il doit fuir la persécution et rentrer dans son pays; il doit se retirer dans une contrée méprisée. Puis là, dans l’humilité, il passe trente années sur lesquelles nous n’avons pas de détails, sauf ce qui est dit en Luc 2, 41 à 52 et en Marc 6, 3. Nous y apprenons qu’il est charpentier.

Nazareth implique donc aussi la racine de David selon la note du v. 23  (Bible J.N. Darby) : « pour le nom de Nazareth, comparer aussi És. 11, 1, où l’hébreu de la branche est « nétser ». Ce que nous trouvons à Nazareth est comme une préface qui indique ce que sera le livre de la vie de Jésus. Le chapitre 3 commencera avec le témoignage précis de Jean-Baptiste qui va devant la face de l’Éternel. C’est le témoignage clair et précis de Mal. 3, 1.

 

 

 

Chapitre 3                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Or, en ces jours-là vient Jean le baptiseur, prêchant dans le désert de la Judée*, 2 et disant : Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché. 3 Car c’est ici celui dont il a été parlé par Ésaïe le prophète, disant : «Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du *Seigneur, faites droits ses sentiers» [Ésaïe 40:3]. 4 Or Jean lui-même avait son vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins ; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.

5Alors Jérusalem, et toute la Judée, et tout le pays des environs du Jourdain, sortaient vers lui; 6 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, confessant leurs péchés.

Et voyant plusieurs des pharisiens et des sadducéens venir à son baptême, il leur dit : Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient ? 8 Produisez donc du fruit qui convienne à la repentance 9 et ne pensez pas de dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ; car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham. 10 Et déjà la cognée est mise à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. 11 Moi, je vous baptise d’eau pour la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales : lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu. 12 Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible*.

13 Alors Jésus vient de Galilée au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui; 14 mais Jean l’en empêchait fort, disant : Moi, j’ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! 15 Et Jésus, répondant, lui dit : Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d’accomplir toute justice. Alors il le laissa faire. 16 Et Jésus, ayant été baptisé, monta aussitôt, s’éloignant de l’eau; et voici, les cieux lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venir sur lui. 17 Et voici une voix qui venait des cieux, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir.
— v. 1 : voir Josué 15:61. — v. 12 : qui ne s’éteint pas.


 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 3               Retour au début

I =  Ch. 1, 1 à 4, 11 : l’introduction du roi
Ce chapitre présente :
Versets 01 à 12 : la prédication de Jean le baptiseur
Versets 13 à 17 : le baptême de Jésus

Matt. 3

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v. 01 à 12

 Ch. 1 v. 01 à 08

 Ch. 3 v. 01 à 18

 –

v. 13 à 17

 Ch. 1 v. 09 à 11

 Ch. 3 v. 21 à 23

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Versets 1 à 12 : la prédication de Jean le baptiseur. Sa mission d’annoncer et de préparer la venue du Seigneur; c’est un précurseur; c’est la voix de celui qui crie dans le désert, en disant: « Préparez le chemin du Seigneur, faites droit ses sentiers » (Es. 40, 3). Il s’agit d’une préparation morale pour la réception du roi … comme ce qui se passait autrefois lorsque les chemins étaient préparés. On enlevait alors tous les obstacles, on nivelait, on redressait, de manière à faciliter la marche du roi et de sa suite, car les routes n’étaient pas entretenues comme elles le sont aujourd’hui.

Matthieu ne mentionne, comme Luc, la naissance de Jean. Ici, comme en Marc, Jean apparaît soudain, prêchant dans le désert de la Judée. Mais pourquoi prêcher dans le désert ? … parce que le désert représente le cœur du peuple, le cœur naturel de tout homme devant Dieu. Jean portait le vêtement des prophètes (voir 2 Rois 1, 8). Il était entièrement séparé du monde et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage (v. 4). Les sauterelles, grosses et abondantes en Orient, servent peut-être encore à l’alimentation des habitants de ces contrées. Ce qui est sûr, c’est que celui qui vit pour Dieu, séparé de ce monde, ne se nourrit pas de ce que le monde peut fournir. Celui qui reçoit le ministère de Jean se repent, et reçoit le baptême qu’il prêche, celui de la repentance. Il est alors rendu propre pour recevoir le Messie. Aujourd’hui (2017) le principe est le même en ce que tout pécheur qui confesse ses péchés et qui reconnaît le jugement qu’il a mérité, peut recevoir le ciel et dire avec le psalmiste : « Tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (Ps. 32, 5).

Puis (v. 7 et suivants), il y a la scène avec les pharisiens. Jean les taxe comme étant une « race de vipères ». En effet, pour recevoir le baptême, et avoir part au royaume des cieux, il faut être conscient et ne pas mépriser les droits de Dieu. Or, les pharisiens et les sadducéens méprisaient ces droits. C’est pourquoi Jean ajoute « Produisez donc du fruit qui convienne  à la repentance ». Autrement dit : reconnaissez avec droiture votre état de péché. Il faut des fruits qui prouvent la réalité de ce que l’on professe. Se vanter d’une position d’enfants d’Abraham ne suffit pas. C’est pourquoi Jean ajoute encore que le jugement ne s’exécutait pas encore. La hache n’était pas encore levée mais elle était déjà posée auprès de l’arbre, prête à frapper, si les fruits de la repentance ne se produisaient pas.

Alors (v. 11 et 12) Jean annonce l’arrivée de Jésus qui ne baptiserait pas d’eau mais de l’Esprit Saint et de feu. L’Esprit Saint sera la puissance de vie. Et le feu est le signe du jugement de Christ sur ceux qui ne le recevraient pas. Quant au van, il sert à séparer la balle du grain lorsque le blé est battu. L’aire était Israël et l’Éternel venait pour accomplir ce triage et exécuter plus tard le jugement. 


Versets 13 à 17 : le baptême de Jésus et le Saint Esprit descendant sur Jésus. Quelle scène merveilleuse que celle du baptême de Jésus ! … un jour, un homme arrive, le plus humble de tous. Il vient de Nazareth et demande, lui aussi, le baptême.  Jean le reconnaît (voir Jean 1, 29 à 31). Quel mystère ! Cet homme, au lieu de paraître dans l’éclat de sa gloire messianique, vient en grâce se joindre aux pécheurs repentants. Il prend place au milieu d’eux et les accompagne dès leurs premiers pas dans le chemin que Dieu leur ouvre. Jésus est là pour les sortir de leur triste condition et pour les conduire aux bénédictions qu’il apporte ! Les pécheurs repentants étaient les seuls sur la terre d’Israël en qui Jésus put prendre plaisir.

Puis (v. 16 et 17), le Saint Esprit descendant sur Christ. Dieu, de sa demeure céleste, contemple cette scène merveilleuse dans laquelle Jésus se confond avec les autres hommes, en refusant toute distinction. Alors Dieu lui-même, publiquement, proclame ce qui distingue son Fils. Et, lorsque Jésus fut baptisé, les cieux s’ouvrent et une voix se fait entendre dans ce moment sublime « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Ces choses merveilleuses sont présentées comme le ciel qui s’ouvre avec la voix de Dieu qui proclame que Jésus est son Fils. En plus, la trinité qui se manifeste pour la première fois, en ce que le Père envoie le Saint Esprit sur le Fils. Le Seigneur est scellé du Saint Esprit en vertu de sa nature divine. Puis, dans la puissance de cet Esprit, cet homme divin accomplira son ministère de grâce au milieu des hommes. Quant au croyant il ne peut être scellé du Saint Esprit qu’une fois accomplie l’œuvre expiatoire de Christ. Et la forme sous laquelle le Saint Esprit descend sur Christ exprime, par cette colombe : humilité, grâce, douceur, c’est-à-dire ce qui a caractérisé Jésus dans son service d’amour ici-bas.

Encore : la position que le Fils prend montre que ce Fils, contre lequel les principaux consultent, est bien reconnu de l’Éternel (comme au Ps. 2, 1-4). Quant à la trinité, si le Saint Esprit se trouve partout dans l’Ancien Testament, la pleine révélation des trois personnes de l’unité de Dieu, base du christianisme, est réservée pour le moment où le Fils de Dieu prend sa place au milieu des pauvres de son troupeau. Quelle grâce que celle du christianisme ! Rappelons que l’expression « royaume des cieux » ne se trouve qu’en Matthieu. Ce royaume des cieux, c’est le royaume de Dieu, mais le royaume de Dieu prenant particulièrement le caractère de royaume céleste. Plus loin, ce royaume sera séparé en royaume de notre Père, puis en royaume du Fils de l’homme. Cette dispensation devait remplacer celle de Sinaï.


Dans la figure des arbres, les seuls hommes qui étaient réellement bons étaient ceux qui se confessaient mauvais. Remarquons que Jean Baptiste ne présente pas, ici, le Messie comme le Sauveur venu en grâce mais comme un chef venu du royaume et comme Jéhovah qui devait exécuter le jugement si le peuple ne se repentait pas. Ainsi, la loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean. Une chose nouvelle, qui est le royaume des cieux, est alors annoncée. La fin de l’histoire du peuple de Dieu en jugement est aussi annoncée. La cognée est mise à la racine des arbres. Le van est dans la main de celui qui vient. Le froment est assemblé dans le grenier de Dieu. La balle est brûlée, expression qui signifie, comme indiqué plus haut, la fin de l’histoire du peuple de Dieu en jugement. C’est un terrain dans lequel l’homme est perdu et attend le
jugement. L’histoire de l’homme responsable est close. C’est pourquoi, ailleurs, il est dit : en la consommation des siècles (Héb. 9, 26). Jésus a été manifesté une fois par l’abolition du péché par son sacrifice. Ceux qui sont sauvés, dont font partie ceux qui appartiennent au résidu juif, auront part à l’éternité dans le ciel. Mais Christ étant rejeté, l’histoire de la responsabilité est finie et nous entrons en pure grâce comme des êtres qui étaient voués à la perdition.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Chapitre 4                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Alors Jésus fut emmené dans le désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. 2 Et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela il eut faim. 3 Et le tentateur, s’approchant de lui, dit: Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. 4 Mais lui, répondant, dit: Il est écrit: «L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» [Deutéronome 8:3].

Alors le diable le transporte dans la ville sainte, et le place sur le faîte du temple*, 6 et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit: «Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur [leurs] mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre» [Psaume 91:11-12]. 7 Jésus lui dit: Il est encore écrit: «Tu ne tenteras pas le *Seigneur ton Dieu» [Deutéronome 6:16].

Le diable le transporte encore sur une fort haute montagne, et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire, 9 et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu me rends hommage*10 Alors Jésus lui dit: Va-t’en, Satan, car il est écrit: «Tu rendras hommage* au *Seigneur ton Dieu, et tu le serviras** lui seul» [Deutéronome 6:13].

11 Alors le diable le laisse: et voici, des anges s’approchèrent et le servirent*.

12 Or, ayant ouï dire que Jean avait été livré, il se retira en Galilée; 13 et ayant quitté Nazareth, il alla demeurer à Capernaüm, qui est au bord de la mer*, sur les confins de Zabulon et de Nephthali, 14 afin que fût accompli ce qui avait été dit par Ésaïe le prophète, disant:  15  «Terre de Zabulon, et terre de Nephthali, chemin de la mer au delà du Jourdain, Galilée des nations: 16 le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière; et sur ceux qui sont assis dans la région et dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée» [Ésaïe 9:1-2]. 17 Dès lors Jésus commença à prêcher et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché.

18 Et comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs; 19 et il leur dit: Venez après moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. 20 Et eux aussitôt, ayant laissé leurs filets, le suivirent. 21 Et, passant de là plus avant, il vit deux autres frères, Jacques le [fils] de Zébédée, et Jean son frère, dansla nacelle avec Zébédée leur père, raccommodant leurs filets, et il les appela; 22 et eux aussitôt, ayant quitté la nacelle et leur père, le suivirent.

23 Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute sorte de maladies et toute sorte de langueurs parmi le peuple. 24 Et sa renommée se répandit dans toute la Syrie; et on lui amena tous ceux qui se portaient mal, qui étaient affligés de diverses maladies et de divers tourments, et des démoniaques, et des lunatiques, et des paralytiques, et il les guérit. 25 Et de grandes foules le suivirent de la Galilée, et de Décapolis, et de Jérusalem, et de Judée, et de par delà le Jourdain.

— v. 5: ici et ailleurs: le temple en général, l’ensemble des cours et bâtiments sacrés. — v. 9, 10*: adorer; voir note à 2:11. — v. 10**: servir, ici (et ailleurs) dans le sens de rendre culte. — v. 11: ici, servir, dans le sens propre. — v. 13: ici, la mer de Galilée ou lac de Tibériade ou de Génésareth. — v. 21: ou: en nacelle, à bord, ainsi souvent.

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 4                Retour au début

I  Ch. 1, 01 à 04, 11 : l’introduction du roi

II Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Ce chapitre présente :
Versets 01 à 11 – la tentation (comprenant l’obéissance, la dépendance, la mondanité).
Versets 12 à 17 – le retour de Jésus en Galilée.
Versets 18 à 22 – l’appel des disciples
Versets 23 à 25 – l’activité de Jésus

 

Matt. 4

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v. 01 à 11

 Ch. 1 v. 12 et 13

 Ch. 4 v. 01 à 13

 –

v. 12

 Ch. 1 v. 14

 Ch. 4 v. 14

 Ch. 4 v. 01 à 03

v. 13 à 16

 –

 Ch. 4 v. 31a

 –

v. 17

 Ch. 1 v. 14 et 15

 Ch. 4 v. 14 et 15

 Ch. 4 v. 43 et 45

v. 18 à 22

 Ch. 1 v. 16 à 20

 Ch. 5 v. 1 à 11

 –

v. 23 à 25

 Ch. 1 v. 35 à 39

 Ch. 4 v. 42 à 44

 –

Versets 1 à 11 : la tentation. À la fin du chapitre précédent, l’action de la Trinité (le Père, le Fils, le Saint Esprit) a été relevée, de même que la relation de Jésus avec Dieu. L’ennemi de nos âmes, le diable, ne supporte pas ces qualités d’action et de relation. Dans les tentations, le Seigneur est le Fils de Dieu mais aussi le Fils de l’homme et c’est comme tel qu’il veut obéir à Dieu. Pour nous-mêmes, les croyants qui sommes en relation avec les personnes divines, le combat avec l’ennemi de nos âmes est constant. Il faut que Jésus y entre et combatte pour nous. Et c’est ce que nous voyons dans les v. 1 à 11. Jésus fait notre place avec Dieu et il prend notre place vis-à-vis de l’ennemi pour lier l’homme fort qui nous tenait captif. Jésus prend donc notre position dans le combat. C’est solennel. Tout dépend de sa victoire. Si le second Adam avait failli comme le premier, tout serait fini, tout serait perdu. Mais cela n’était pas possible, ne se pouvait pas. Jésus, comme homme, a vaincu pour nous, a vaincu Satan. Satan voulait le faire sortir de sa d’homme en lui disant, dans ce qui constitue la première épreuve ou tentation : « Si tu es Fils de Dieu ». Et le Père venait de le reconnaître comme tel. En lui proposant de faire des pains avec des pierres, Satan veut le faire sortir de sa position d’homme. Mais le Fils de Dieu, restant dans sa position d’homme serviteur, répond que l’homme vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Bel et parfait exemple ! Un seul texte des Écritures suffit pour réduire au silence le diable. Relevons encore que ce combat n’est pas livré en Éden, au milieu de jouissance qui témoigne de la beauté de Dieu, mais il s’est livré dans le désert, après quarante jours de jeûne ! Aujourd’hui (2017), Dieu nous accorde la grâce de nous servir de la Parole ! … la Parole entre nos mains pour obéir à Dieu dans ce monde, pour savoir se fier à Lui.

 

Dans la seconde épreuve que subit le Seigneur, pour nous, Satan dit à Jésus de se jeter en bas depuis le faîte du temple. Mais Dieu sera fidèle à la promesse du Ps. 91, 11 et 12 : « Car il commandera à ses anges à ton sujet, de te garder en toutes tes voies : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre. » obéir à Satan eût été sortir du chemin de l’obéissance. Dans ce chemin d’obéissance, il faut compter sur Dieu et ne pas, comme Satan, le tenter. En fait, l’expression « tenter Dieu » revient à ne pas se fier à Lui. À l’opposé, la perfection est de se confier en Lui et de lui obéir. C’est ce que fait Jésus, homme, parfait modèle. Il faut donc suivre un chemin d’obéissance et dépendre de Lui. Alors, au terme de ces deux premières épreuves, les deux éléments de la vie du nouvel homme, dans la vie de Christ en nous, sont là : l’obéissance et la dépendance. Christ en était la parfaite illustration. Lorsque Satan présente traîtreusement la Parole comme un piège, la Parole suffit comme réponse parfaite pour conduire les pas et les pensées de l’homme.
La  première tentation est en rapport avec une chose nécessaire au corps, alors que la deuxième est une tentation spirituelle. Et tenter Dieu dans ce sens, c’est faire quelque chose pour éprouver la vérité de ce qu’il a dit. Dans le Ps. 91, 11 et 12 cité, Satan omet une partie de ce psaume, à savoir « de te garder en toutes tes voies ». Ces voies étaient des voies d’obéissance. Hors de ces voies d’obéissance, nous ne pouvons plus compter sur la protection divine. 


Dans la troisième épreuve, Satan se découvre. Il n’agit plus par ruse mais offre le monde et sa gloire au Seigneur s’il lui rend hommage ! Tomber dans ce piège, c’est se trahir. Ce qu’il faut, c’est résister au diable et il s’enfuira. Le monde, c’est l’appât que Satan peu offrir pour qu’on le suive. Jésus répond encore par la Parole en disant : « Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu » (Deut. 6, 13). Cette parole suffit pour la défaite certaine de l’ennemi des âmes. Au v. 11, le diable quitte le Sauveur; si l’homme a dû combattre et vaincre par l’obéissance aussi simple, alors les anges de Dieu lui-même sont là pour le servir. En terminant cette section, remarquons une fois encore la manière dont le Seigneur a fait et pris notre place au côté de Dieu, cela en rapport avec Dieu, par son œuvre, mais aussi par le combat où il a lié l’homme fort. La troisième et dernière tentation est en rapport avec la gloire du monde. Pour recevoir la domination des mains de Dieu, Jésus préfère passer par la mort plutôt que de reconnaître Satan pour recevoir quelque chose de lui. Satan donne bien son pouvoir à l’homme (cf Dan. 11, 39) mais, à la fin, il sera détruit par le souffle de la bouche de son vainqueur à la croix (cf 2 Thes. 2, 8; Apoc. 13). Par son ministère, Christ a pillé les biens de Satan (voir Act. 10, 38). 


Versets 12 à 17 : le retour de Jésus en Galilée. Jésus va exercer son ministère au milieu du peuple tout en annonçant l’évangile du royaume. En Galilée, ayant quitté Nazareth, il demeure à Capernaüm. C’est un endroit qui est appelé « sa ville ». C’est là que la lumière, selon la prophétie, doit briller (voir És. 9, 1 et 2). Matthieu présente alors celui qui est le sujet de la prophétie. Il commence son témoignage avec les pauvres du troupeau. Capernaüm est l’endroit voulu de Dieu. Les actes de Jésus ont accompli cette prophétie. Jésus, tout comme Jean l’avait publié, annonçait un appel à la repentance. Le royaume s’est approché et sa puissance devait venir d’en-haut sur la terre. Aujourd’hui, le roi est assis dans le ciel sur le trône du Père et le royaume existe en mystère


Versets 18 à 22 : l’appel des disciples. Le tableau complet se trouve au chapitre 10. L’on peut relever, ici, la puissante attraction de l’appel du Seigneur. Il attache les âmes à Lui. Les disciples quittent tout et tout autre lien est rompu. L’appel va faire d’eux des pécheurs d’hommes. 


Versets 23 à 25 : l’activité de Jésus. Tout son ministère est résumé dans le seul v. 23 : « Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute sorte de maladies et toute sorte de langueurs parmi le peuple »Un résumé plus complet de ce ministère est complété, avec intention, par les v. 17 à 22. Quant aux v. 24 et 25, ils annoncent l’effet de ce ministère en Palestine et dans toutes les contrées avoisinantes. Il s’agissait d’un ministère accompagné d’une puissance propre à attirer l’attention. La puissance de Dieu manifestée en bonté sur la terre est là. Il faut aussi que les disciples, comme la multitude, comprennent quel était le vrai caractère de ce royaume qui allait être introduit. Il faut aussi savoir qui y aura part et, par conséquent, comment y entrer ! Le ministère de Jean le baptiseur, du reste, avait détaché un résidu de la masse pénitente du peuple.


Encore : dans l’évangile selon Matthieu, l’Esprit de Dieu mentionne le ministère de Jésus après la mort de Jean le baptiseur. Dès lors, Jésus est positionné au milieu d’Israël et est en même temps exposé à toutes les tentations de Satan. Puis sa position prophétique, annoncée par Ésaïe, ainsi que la proclamation du royaume sont présents et sont proches.

Au jour où Christ régnera, la bénédiction s’étendra dans toutes les limites et jusqu’aux extrémités de la terre. Certains pays mêmes, telle que l’Assyrie et l’Égypte seront particulièrement favorisés (voir Es. 19,  24 et 25). 

 

Chapitre 5                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Or, voyant les foules, il monta sur la montagne* ; et lorsqu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui ; et ayant ouvert la bouche, il les enseignait, disant : Bienheureux les pauvres en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux ; 4 bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés ; 5 bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront de la terre* ; 6 bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c’est eux qui seront rassasiés ; 7 bienheureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite ; bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu ; 9 bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu ; 10 bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux. 11 Vous êtes bienheureux quand on vous injuriera, et qu’on vous persécutera, et qu’on dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi. 12 Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense est grande dans les cieux ; car on a persécuté ainsi les prophètes qui ont été avant vous.

13 Vous êtes le sel de la terre* ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes.

14 Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée. 15 Aussi n’allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. 16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnesœuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

17 Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir ; 18 car, en vérité, je vous dis : Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit accompli. 19 Quiconque donc aura supprimél’un de ces plus petits commandements et aura enseigné ainsi les hommes, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; et quiconque l’aura pratiqué et enseigné, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. 20 Car je vous dis que, si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

21 Vous avez ouï qu’il a été dit aux anciens : «Tu ne tueras pas ; et quiconque tuera, sera passible du jugement». 22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère légèrement contre son frère sera passible du jugement ; et quiconque dira à son frère : «Raca*», sera passible [du jugement] du sanhédrin ; et quiconque dira «fou», sera passible de la géhenne** du feu. 23 Si donc tu offres ton don à l’autel, et que là il te souvienne que ton frère a quelque chose contre toi, 24 laisse là ton don devant l’autel, et va d’abord, réconcilie-toi avec ton frère ; et alors viens et offre ton don. 25 Mets-toi promptement d’accord avec ta partie adverse, pendant que tu es en chemin avec elle, de peur que ta partie adverse ne te livre au juge, et que le juge ne te livre au sergent, et que tu ne sois jeté en prison ; 26 en vérité, je te dis : Tu ne sortiras point de là, jusqu’à ce que tu aies payé le dernier quadrant*.

27 Vous avez ouï qu’il a été dit : «Tu ne commettras pas adultère». 28 Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. 29 Mais si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un de tes membres périsse, et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne*. 30 Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un de tes membres périsse, et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne*.
31 Il a été dit aussi : «Si quelqu’un répudie sa femme, qu’il lui donne une lettre de divorce*». 32 Mais moi, je vous dis que quiconque répudiera sa femme, si ce n’est pour cause de fornication, la fait commettre adultère ; et quiconque épousera une femme répudiée, commet adultère.

33 Vous avez encore ouï qu’il a été dit aux anciens : «Tu ne te parjureras pas, mais tu rendras justement au *Seigneur tes serments». 34 Mais moi, je vous dis de ne pas jurer du tout ; ni par le ciel, car il est le trône de Dieu ; 35 ni par la terre, car elle est le marchepied de ses pieds ; ni par Jérusalem, car elle est la ville du grand Roi. 36 Tu ne jureras pas non plus par ta tête, car tu ne peux faire blanc ou noir un* cheveu. 37 Mais que votre parole soit : Oui, oui ; non, non* ; car ce qui est de plus vient du mal**.

3Vous avez ouï qu’il a été dit : «Œil pour œil, et dent pour dent». 39 Mais moi, je vous dis : Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre ; 40 et à celui qui veut plaider contre toi et t’ôter ta tunique, laisse-lui encore le manteau ; 41 et si quelqu’un veut te contraindre de faire un mille, vas-en deux avec lui. 42 Donne à qui te demande, et ne te détourne pas de qui veut emprunter de toi.

43 Vous avez ouï qu’il a été dit : «Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi». 44 Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent], et priez pour ceux qui [vous font du tort et] vous persécutent, 45 en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. 46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ? Les publicainsmême n’en font-ils pas autant ? 47 Et si vous saluez vos frères seulement, que faites-vous de plus [que les autres] ? Les nationsmême ne font-elles pas ainsi ? 48 Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.


— v. 1 : la montagne en contraste avec la plaine. — v. 5 et 13 : ou : pays ; voir Psaume 37:11. Hériter du pays (ou posséder le pays), c’était, pour un Juif, hériter de la terre, et vice versa. — v. 13 : ou : pays. — v. 16 : plutôt : justes et droites— v. 19 : ou : violé. — v. 22* : stupide, — vaurien. — v. 22** : voir note à 11:23. — v. 26 : le quart d’un as ou sou romain. — v. 29, 30 : voir note à 11:23. — v. 31 : Deutéronome 24:1. — v. 36 : un seul. — v. 37* : c. à d. : franchement oui et franchement non. — v. 37** : ou : du méchant, ici et 6:13. — v. 46 :  publicains : voir note à 9:10. — v. 47 : les peuples non juifs.

 

 

 

 

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II à Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 12 : le caractère pour avoir part au royaume et la portion qu’ils auront

Versets 13 à 16 : leur position dans le monde

Versets 17 à 48 : les rapports des principes du royaume avec la loi


Pour ch. 5 à 8 v. 1 de Matthieu, voir Luc 6 v. 20 à 7 v. 1. Il n’y a pas de corres-pondance dans les évangiles de Marc et de Jean


Ce chapitre 5 s’intègre et 
forme un tout avec les ch. 6 et 7. Les chapitres se divisent ainsi :

6, 01 à 18 : l’esprit dans lequel les disciples de Jésus doivent faire les bonnes œuvres

6, 19 à 34 : la séparation d’avec l’esprit du monde

7, 01 à 06 : l’esprit des rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes

7, 07 à 12 : la confiance en Dieu

7, 13 à 23 : l’énergie qui doit les caractériser  pour entrer dans le royaume et le moyen pour eux de discerner

7, 13 à 23 : ceux qui chercheront à les tromper. Vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper

7, 24 à 29 : enfin l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur, la vraie sagesse à ceux qui l’écoutent. 

Dans le chapitre 5, le Seigneur rassemble tout d’abord ses disciples et proclame les grands principes, les principes essentiels qui devaient servir de base morale à son royaume et caractériser ceux qui devaient y avoir part. Ces principes sont énoncés dans les versets 1 à 16. Les caractères et la position des vrais enfants du royaume s’y trouvent. Ce qui suit, et jusqu’à la fin du ch. 7, consiste en avertissements contre les égarements du cœur de l’homme. Les anciens dictons et préceptes qui avaient cours parmi les Juifs sont mis en contraste avec les exigences de moralité du royaume des cieux. Cet ensemble n’envisage pas la rédemption, ni le pécheur, mais relève les caractères qui conviennent au royaume. Dans son enseignement, le Seigneur embrasse les promesses pour la terre (v. 5) et pour les cieux (v. 11 et 12). Ces passages ne montrent pas la large grâce annoncée aux pécheurs; ils montrent le chemin tracé pour les fidèles qui désirent avoir part au royaume qui était annoncé.

 

Le « sermon sur la montagne » est le nom donné aux paroles de Jésus reportées dans les chapitres 5, 6 et 7. Bien qu’ayant été prononcées en diverses occasions, ces paroles sont concentrées dans cet évangile. Ces chapitres 5, 6 et 7 relèvent de ce qui est dit au Ps. 40, 9, c’est-à-dire Jésus qui annonce la justice à la grande congrégation. Si tous les Juifs prétendaient avoir part au royaume, du fait qu’ils étaient enfants d’Abraham, Jésus leur enseigne ce qui doit caractériser ceux qui y auront effectivement part. 


Les caractères des « bienheureux », mentionnés au début du chapitre, doivent être les nôtres, croyants de l’Église, en attendant qu’ils soient ceux des futurs témoins de Christ au milieu du peuple terrestre d’Israël, dans l’attente de leur roi ; nous aussi, nous attendons le Seigneur. À propos d’Israël, les v. 25 et 26 indiquent que Dieu était leur partie adverse en raison des péchés du peuple. Israël est actuellement comme en prison. Il en ressortira que lorsqu’il aura reçu le double pour tous ses péchés et payé jusqu’au dernier quadrant. 


Encore quelques pensées dans l’ordre des versets :


Versets 1 à 12 :ce sont les « bienheureux ». Le royaume s’est approché. Il faut se repentir pour y entrer. Dès le début des discours de ces chapitres, nous voyons ce qui caractérise le royaume et ce qui caractérise ceux qui en feront partie. Les caractères de ceux qui sont appelés « bienheureux » sont là. Dans la Parole, et c’est remarquable, ceux qui sont désignés comme étant bienheureux ont besoin d’encouragement. Il faut de l’encouragement par fidélité aux principes divins. En effet, si l’on accepte les principes des hommes, et que tous disent du bien de nous, alors l’on s’expose au jugement de Dieu (voir Luc 6, 26).

Les pauvres en esprit (v. 3) sont ceux qui ne raisonnent pas et qui ne font pas valoir leur intelligence; ils ne discutent pas ce que Dieu dit. Ils croient comme de petits enfants et possèdent le royaume (voir ch. 11, 25; 18, 3; 19, 14). C’est l’opposé de ce qui caractérise les hommes d’aujourd’hui. Ceux qui mènent deuil (v. 4) constatent les ravages du péché ainsi que le rejet du roi et de son autorité. Quand le roi régnera, ils seront consolés. Les débonnaires (v. 5) sont ceux qui sont doux de caractère et qui n’insistent pas sur leurs droits dans ce monde. Quand le roi fera valoir ses droits, alors ils hériteront du pays. Ceux qui ont faim et soif de la justice ne la trouvent pas dans ce monde mais ils en seront rassasiés quand Christ régnera (v. 6). Quant aux miséricordieux (v. 7), qui agissent d’après les principes de la grâce, miséricorde leur sera faite à leur tour; ils seront délivrés de la condition difficile dans laquelle le roi trouvera le résidu confiant en lui, lorsqu’il apparaîtra. Le cœur pur (v. 8) est un cœur qui n’a que des motifs purs, réglés à la lumière de Dieu qui juge les pensées et les intentions du cœur. C’est un cœur qui ne désire obéir qu’à Dieu et de ne faire que ce qui lui plaît. Ceux qui procurent la paix (v. 9) sont bienheureux; ils sont bienheureux au milieu des troubles et de l’agitation causés par les conséquences du péché. Les persécutés ne sont pas oubliés (v. 10), ainsi que ceux qu’on injurie, qu’on persécute, au v. 11. À eux la récompense est grande dans les cieux et non seulement dans le royaume.

En terminant cette partie (v. 1 à 12), rappelons-nous que ces caractères doivent être les nôtres aujourd’hui en attendant qu’ils soient ceux des futurs témoins de Christ au milieu du peuple apostat, dans l’attente de leur roi. Jésus désire aussi voir en nous de tels caractères quand il viendra.


Versets 13 à 16 : « sel » et « lumière ». Ces versets ajoutent, aux caractères des bienheureux, deux autres traits représentés par le sel et la lumière. Le sel est l’emblème de ce qui conserve la pureté et ce qui empêche la corruption. Le croyant est appelé à maintenir ce caractère au milieu du monde. Il faut qu’il en reproduise les effets dans son entourage. Il s’agit donc de se séparer de la corruption et de ne pas se mêler au monde, faute de quoi le sel perd sa saveur. Quant à la lumière, il est nécessaire qu’elle soit mise en évidence car elle manifeste tout et brille dans la nuit. Le boisseau est un instrument de mesure qui pouvait, selon les besoins, être renversé pour en faire un pied de lampe. Mais ici, le boisseau représente les affaires de la vie qui empêchent si souvent notre lumière de luire. Puissions-nous être fidèles afin que les hommes voient briller la lumière en nous mais en l’attribuant à Dieu … comme au commencement de l’histoire de l’Église (voir Act. 2 ,47 et 5, 13). 


Versets 17 à 48 : cette portion présente la loi qui est maintenue et même dépassée dans le royaume. Il faut maintenir les exigences de la loi envers soi-même et appliquer les principes de la grâce aux autres. Jésus apporte la grâce mais ne diminue pas les exigences de la loi. Jésus a accompli la loi et les prophètes; cela ne consiste pas seulement d’accomplir certains actes mais il s’agit bien de l’état du cœur devant Dieu. Les paroles de Jésus, comme au v. 22, sont solennelles et font voir ce qu’est le mal aux yeux de Dieu. Le v. 24 établit le principe selon lequel on ne peut pas se présenter devant Dieu rendre culte si l’on est pas en règle avec son frère. Les v. 25 et 26 en font l’application à Israël qui, par ses péchés, avait Dieu comme partie adverse. Israël a rejeté Christ et le jugement l’a atteint. Israël est « comme en prison » et en sortira lorsqu’il
aura reçu le double pour ses péchés (voir Es. 40, 1 et 2). 


Puis il faut renoncer à tout ce qui peu être une occasion de chute (v. 27 à 30). Ce sujet reviendra au ch. 18,
8 à 10.

Il faut aussi que toute parole soit prononcée avec le sentiment de la présence de Dieu (v. 33 à 37). Il faut se sonder, sous son regard, pour dire franchement « oui » ou franchement « non ».

La fin du chapitre, depuis le v. 38, démontre que le disciple de Christ se caractérise par le principe de la grâce selon lequel Dieu agit en tant que Père. Le croyant ne doit considérer personne comme son ennemi. Il faut faire du bien à tousL’amour s’élève au-dessus de toute considération charnelle

 

 

 

Chapitre 6                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Prenez garde de ne pas faire votre aumônedevant les hommes, pour être vus par eux ; autrement vous n’avez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. 2 Quand donc tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, pour être glorifiés par les hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! 3 Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, 4 en sorte que ton aumône soit [faite] dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera.

Et quand tu pries, ne sois pas comme les hypocrites, car ils aiment à prier en se tenant debout dans les synagogues et aux coins des rues, en sorte qu’ils soient vus des hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! 6 Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui [demeure] dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera. 7 Et quand vous priez, n’usez pas de vaines redites, comme ceux des nations, car ils s’imaginent qu’ils seront exaucés en parlant beaucoup. 8 Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton nom soit sanctifié ; 10 que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre. 11 Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut ; 12 et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs ; 13 et ne nous induis pas en tentation*, mais délivre-nous du mal**. 14 Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous ; 15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes.

16 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas, comme les hypocrites, un air morne, car ils donnent à leur visage un air défait, en sorte qu’il paraisse aux hommes qu’ils jeûnent. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! 17 Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage, 18  en sorte qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui [demeure] dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera.

19 Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille gâtent, et où les voleurs percent et dérobent ; 20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent ; 21 car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur.

22 La lampe du corps, c’est l’œil ; si donc ton œil est simple, ton corps tout entier sera [plein de] lumière ; 23 mais si ton œil est méchant, ton corps tout entier sera ténébreux ; si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres !

24 Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre : vous ne pouvez servir* Dieu et Mammon**25 C’est pourquoi je vous dis : Ne soyez pas en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus : la vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? 26 Regardez aux oiseaux du ciel : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n’assemblent dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup mieux qu’eux ? 27 Et qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille ? 28 Et pourquoi êtes-vous en souci du vêtement ? Étudiez les lis des champs, comment ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent ; 29 cependant je vous dis que, même Salomon dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un d’eux. 30 Et si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs qui est aujourd’hui, et qui demain est jetée dans le four, ne vous [vêtira-t-il] pas beaucoup plutôt, gens de petite foi ? 31 Ne soyez donc pas en souci, disant : Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ? 32 car les nationsrecherchent toutes ces choses ; car votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ; 33 mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa* justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. 34 Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine.

— v. 1 : d’autres lisent : justice. — v. 13* : c. à d. : ne nous fais pas entrer en tentation. — v. 13** : ou : du méchant, ici et 5:37. — v. 24* : servir, ici : être esclave, servir comme tel. — v. 24** : la Richesse personnifiée. — v. 32 : les peuples non juifs. — v. 33 : sa, se rapporte à Dieu.



 

 

 

 

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II Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 18 : la manière de pratiquer la piété

Versets 19 à 34 : le but de la vie 


Pour ch. 5 à 8 v. 1 de Matthieu, voir Luc 6 v. 20 à 7 v. 1. Il n’y a pas de correspondance dans les évangiles de Marc et de Jean


Ce chapitre 6 s’intègre et forme un tout avec les ch. 5 et 7. Les chapitres se divisent ainsi :

5, 01 à 12 : le caractère pour avoir part au royaume et la portion qu’ils auront

5, 13 à 16 : leur position dans le monde

5, 17 à 48 : les rapports des principes du royaume avec la loi

7, 01 à 06 : l’esprit des rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes

7, 07 à 12 : la confiance en Dieu

7, 13 à 23 : l’énergie qui doit les caractériser pour entrer dans le royaume +

7, 13 à 23 : le moyen pour eux de discerner ceux qui chercheront à les tromper +

7, 13 à 23 : la  vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper

7, 24 à 29 : enfin l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur, la vraie sagesse à ceux qui l’écoutent.

Dans le sermon sur la montagne (Matthieu ch. 56 et 7), un principe le caractérise encore : c’est l’introduction du « Père ». Jésus place ses disciples en rapport avec son Père comme étant leur Père. Il leur révèle le nom du Père afin qu’ils soient en relation avec lui et qu’ils agissent d’après ce qu’il est. Pourtant, dans cette partie, il n’est pas question de la rédemption mais bien du caractère et de la nature du royaume et de ceux qui pourraient y entrer. Dans cette partie de l’évangile, il s’agit aussi de la position du Sauveur qui est l’objet de l’enseignement de l’Esprit. Ici, les détails de sa vie ne sont pas en vue. Ce discours donne les principes du royaume tout en supposant le rejet du roi.


Versets 1 à 18 : le Seigneur indique quel mobile doit diriger le disciple dans la pratique de la piété envers Dieu et envers les hommes. Elle s’exprime par l’aumône et le pardon pour les hommes, puis par la prière et le jeûne vis-à-vis de Dieu. C’est Dieu qu’il faut avoir en vue dans la réalisation de ces choses et non les hommes; de fait, c’est à Dieu que le disciple (ou croyant) aura à faire pour tous ses actes. Il s’agit donc d’avoir l’approbation de Dieu qui, au temps voulu, nous récompensera selon ce que nous aurons fait pour lui. Au temps propre, le Père, qui voit dans le secret, donnera la louange. Il vaut mieux recevoir la louange de notre Père que celle des hommes. Quelle perte s’il faut recevoir la louange de la part des hommes, louange qui passe, et ne pas recevoir celle de Dieu qui demeure pour l’éternité. Agissons toujours en vue de Dieu et non pas en vue d’autrui. Il en va de même pour la prière. Prions pour présenter de véritables besoins et non pas comme l’accomplissement d’un acte méritoire.

Dans les v. 8 à 14, le Seigneur enseigne aux disciples une prière en rapport avec l’état dans lequel ils se trouvaient : ils attendaient l’établissement du royaume. Ils avaient demandé que tout, ici-bas, fut en harmonie avec le caractère du Père et de son royaume. Les prières des croyants, qui peuvent contenir des mêmes pensées, sont en rapport avec la révélation que Dieu a faite de ses pensées à l’égard de l’Église et de nos relations avec Lui. C’est pourquoi le croyant de l’Église ne peut  pas user systématiquement de cette formule de prière. Exposons ces choses selon Dieu comme en Jean 15, 7 et aussi comme en Luc 11,
5. Ces passages indiquent que l’on peut placer des besoins devant Dieu simplement tels qu’ils existent. 


Versets 19 à 34 : le but de la vie. Il faut que le croyant agisse en vue d’un avenir céleste. Il ne faut pas s’occuper des choses de la terre où tout est vanité mais il faut s’amasser des trésors dans le ciel. Là seront démontrés les résultats de notre fidélité à Christ lui-même, notre grand trésor. Que notre cœur puisse s’attacher à ce qu’il aime ! Que l’objet de notre cœur soit dans le ciel ! Comportons-nous comme des bourgeois du ciel (ch Phil. 3, 20). L’œil simple, v. 22 et 23, consiste à avoir devant soi que Christ et ce qu’il lui convient. L’œil méchant caractérise celui qui s’attache au monde et qui n’a pas la lumière nécessaire pour se conduire selon la pensée de Dieu. L’œil qui ne voit que Christ est plein de lumière. La lumière est révélée à chacun par Dieu mais si elle ne produit pas d’effet, alors les ténèbres seront grandes; lorsque la lumière se fera au jour du jugement, il sera trop tard. Avec l’œil simple, l’on ne servira qu’un maître. Si l’on veut en servir deux, on en négligera un. On le haïra même, on le méprisera (c’est la pensée des v. 24 à 34). Et, avec des cœurs mauvais comme celui de l’homme (cf Jér. 16, 9), il est facile de savoir quel maître sera le plus vite méprisé : Dieu ou Mammon (le monde). Se détourner de Dieu et des soucis de la vie présente revient à Le mépriser. Le danger est alors réel : être de plus en plus attachés aux choses de la terre et au monde ! C’est pourquoi le Seigneur nous exhorte à ne pas être en souci du lendemain. Dieu prend soin de tout, des oiseaux, des lis, alors il prendra aussi soin de nous (selon Rom. 8, 32). N’ajoutons pas la peine d’aujourd’hui à celle de demain, car le Seigneur vient, et il prépare aussi la nourriture aux petits du corbeau et donne à tous la nourriture en son temps.

 

 

 

 

Chapitre 7                                                              Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés : 2 car, du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré. 3 Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne t’aperçois pas de la poutre qui est dans ton œil ? 4 Ou comment dis-tu à ton frère : Permets, j’ôterai le fétu de ton œil ; et voici, la poutre est dans ton œil ? 5 Hypocrite, ôte premièrement de ton œil la poutre, et alors tu verras clair pour ôter le fétu de l’œil de ton frère.

Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, ni ne jetez vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent à leurs pieds, et que, se retournant, ils ne vous déchirent.

Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; 8 car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert. Ou quel est l’homme d’entre vous, qui, si son fils lui demande un pain, lui donne une pierre, 10 et s’il demande un poisson, lui donne un serpent ? 11 Si donc vous, qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! 12 Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes.

13 Entrez par la porte étroite ; car large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle ; 14 car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent.

15 Or soyez en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais qui au dedans sont des loups ravisseurs. 16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? 17 Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, mais l’arbre mauvais produit de mauvais fruits. 18 Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits. 19 Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. 20 Ainsi vous les reconnaîtrez à leurs fruits.

21 Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22 Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? 23 Et alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité*.

24 Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ; 25 et la pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et ont donné contre cette maison ; et elle n’est pas tombée, car elle avait été fondée sur le roc. 26 Et quiconque entend ces miennes paroles, et ne les met pas en pratique, sera comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable ; 27 et la pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et ont battu cette maison, et elle est tombée, et sa chute a été grande.

28 Et il arriva que, quand Jésus eut achevé ces discours, les foules s’étonnaient de sa doctrine ; 29 car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes.


— v. 23 : iniquité : ici, marche sans loi, sans frein.

 

 

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II Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée
Ce  chapitre présente :
Versets 01 à 06 : l’esprit des rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes
Versets 07 à 12 : la confiance en Dieu
Versets 13 à 23 : l’énergie qui doit les caractériser pour entrer dans le royaume +
Versets 13 à 23 : le moyen pour eux de discerner ceux qui chercheront à les tromper +
Versets 13 à 23 : la vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper
Versets 24 à 29 : l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur et la vraie sagesse à ceux qui l’écoutent. 

Pour ch. 5 à 8 v. 1 de Matthieu, voir Luc 6 v. 20 à 7 v. 1. Il n’y a pas de correspondance dans les évangiles de Marc et de Jean


Ce
chapitre 7 s’intègre et forme un tout avec les ch. 5 et 6. Les chapitres se divisent ainsi :

5, 01 à 12 : le caractère pour avoir part au royaume et la portion qu’ils auront

5, 13 à 16 : leur position dans le monde

5, 17 à 48 : les rapports des principes du royaume avec la loi

6, 01 à 18 : la manière de pratiquer la piété

6,  19 à 34 : le but de la vie 


Versets 1 à 6  : rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes. Si le chapitre 6 a enseignait sur l’exercice de la piété envers Dieu et envers les hommes, le septième, dans son début, montre la conduite à tenir vis-à-vis de nos frères et de nos semblables. Une mise en garde (v. 1 à 5), contre la propension du cœur naturel à juger les autres, est nécessaire. Souvenons-nous que, de la mesure dont nous mesurerons, il nous sera mesuré (cf ch. 6, 14 et 15). Soyons plutôt miséricordieux. Ces enseignements sont aussi de saison dans les familles; les enfants sont prompts à s’accuser, à se juger les uns les autres ! Enseignons leur à regarder d’abord à Dieu afin qu’ils apprennent à se juger eux-mêmes devant Lui.

Au ch. 5, 11-12, il y a la révélation de la partie céleste du royaume, car le Seigneur supposait l’opposition au témoignage des disciples ainsi que les combats. Ainsi la partie positive de l’enseignement du Seigneur, embrasse les paroles, les promesses, comme au v. 5, pour la terre et aussi pour les cieux (donc selon ch. 5, 11-12).

Puis, dans nos rapports avec les autres hommes, ayons du discernement au sujet des choses saintes afin de savoir quand les présenter aux hommes. C’est ce que le v. 6 enseigne. Il s’agit de saisir les occasions ! (comme en Col. 4, 5).


Versets 7 à 12 : la confiance en Dieu. Le Seigneur revient sur le sujet de la prière. S’il est vrai que notre Père sait ce dont nous avons besoin, il veut néanmoins que nous mettions de l’énergie et de la persévérance dans nos requêtes. Ces versets montrent la manière d’agir de notre Père. Puisse cette manière avoir son expression en nous afin que nous soyons aussi des modèles pour les autres.


Versets 13 à 23 : l’énergie nécessaire pour entrer dans le royaume. Le moyen pour eux de discerner ceux qui chercheront à les tromper et la vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper. Le chemin étroit et le chemin large sont d’abord mentionnés (v. 13 et 14). Dans le chemin étroit, peu y entrent car il n’offre pas au cœur naturel l’aliment qu’il désire; en un mot, cet aliment est le péché. Le péché conduit à la mort et au jugement. Il est plus facile de se laisser aller au chemin large, c’est-à-dire au flux entraînant de ce monde et au penchant naturel de son propre cœur. Les cœurs naturels aiment ce qui est facile et ce qui donne du plaisir. Ce qui se trouve sur le chemin large attire donc la chair. Ce chemin est caractérisé par tout ce que le monde approuve et qui ne demande aucun effort. Une porte, pour entrer dans ce chemin, est aussi représentée par le luxe, les études, les lectures, le choix des camarades, les exercices corporels de tous genres, et d’autres choses qui agissent d’autant plus subtilement que plusieurs sont utiles et même nécessaires. Pour user ce choses utiles et même nécessaires d’une manière saine, il faut de la vigilance qui ne s’obtient qu’en écoutant la Parole de Dieu. Mais choisissons le chemin resserré et demeurons-y car il mène à la vie. Faisons le choix de Moïse, selon Héb. 11, 25 et 26:

« choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte ; car il regardait à la rémunération. »

Puis, v. 15 à 23, de faux prophètes et de faux ouvriers sont là. Les choses mondaines ne sont pas seules à nuire aux croyants. En effet, tout en affectant un certain dédain des choses mondaines, il y a des personnes qui ont l’apparence des brebis et qui font partie du troupeau du bon berger. Mais, en réalité, il s’agit de loups ravissants, introduisant de faux enseignements, etc. Pour toutes ces personnes, le fruit démontrera la réalité de leur profession. Ces avertissements sont toujours à propos et seront particulièrement appréciés par le futur résidu juif dans les temps terribles d’épreuves qu’il traversera avant la venue glorieuse de Christ. C’est en vue de cette venue que le Seigneur a prononcé ces discours. Ces discours s’adressaient au résidu juif d’alors, et demeurent écrits pour le résidu à venir. De tels passages, comme aussi Matt. 24, 11 à 13, font comprendre combien il faudra lutter pour entrer par la porte étroite.


Versets 24 à 29 : l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur et la vraie sagesse pour ceux qui l’écoutent. C’est la conclusion qui termine ces discours. Le Seigneur expose, d’une manière solennelle, la différence qu’il y a entre le fait d’écouter ces paroles et celui de les mettre en pratique. Il faut donc faire la volonté de Dieu. En cela, la preuve de la mise en pratique des paroles est faite. L’on est alors comme ce roc qui demeure éternellement. Il faut saisir que l’on est sauvé par la foi sans œuvre de loi ! Mais n’oublions pas que les œuvres qui découlent de la foi sont inséparables du salut.

Enfin (v. 28 et 29), l’effet de ces paroles divines, propres à introduire dans la vie éternelle, se font faites entendre aux oreilles de chacun, de la bouche même de l’Éternel, Dieu avec nous, venu en grâce pour sauver sa créature perdue. 


Dans tous ces passages, il n’est pas parlé de la rédemption ni du pécheur, mais du caractère nécessaire convenable pour entrer dans le royaume. L’état requis précède l’entrée l’établissement du royaume. Dieu voyait le cœur.


À la fin de ces discours, présentant les grands principes du royaume des cieux, le Seigneur descend de la montagne. Alors commence la présentation à Israël de l’Éternel venu en grâce au milieu de ce peuple. 

 

 

Chapitre 8                                                              Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et quand il fut descendu de la montagne, de grandes foules le suivirent. Et voici, un lépreux s’approchant, se prosterna devant lui, disant: Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. 3 Et [Jésus], étendant la main, le toucha, disant: Je veux, sois net. Et aussitôt il fut nettoyé de sa lèpre. 4 Et Jésus lui dit: Prends garde de ne le dire à personne; mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que Moïse a ordonné, pour qu’il leur serve de témoignage*.

Et comme il entrait dans Capernaüm, un centurion vint à lui, le suppliant, et disant:  Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie, horriblement tourmenté. Et Jésus lui dit: J’irai, moi, et je le guérirai. 8 Et le centurion répondit et dit: Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri; car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’autrui], ayant sous moi des soldats; et je dis à l’un: Va, et il va; et à un autre: Viens, et il vient; et à mon esclave: Fais cela, et il le fait. 10 Et Jésus, l’ayant entendu, s’en étonna, et dit à ceux qui [le] suivaient: En vérité, je vous dis: je n’ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi. 11 Et je vous dis que plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux; 12 mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors: là seront les pleurs et les grincements de dents. 13 Et Jésus dit au centurion: Va, et qu’il te soit fait comme tu as cru; et à cette heure-là son serviteur fut guéri.

14 Et Jésus, étant venu dans la maison de Pierre, vit la belle-mère de Pierre couchée là et ayant la fièvre; 15 et il lui toucha la main, et la fièvre la quitta; et elle se leva et le servit.

16 Et le soir étant venu, on lui apporta beaucoup de démoniaques; et il chassa les esprits par [une] parole, et guérit tous ceux qui se portaient mal; 17 en sorte que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant: «Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies»*

18 Or Jésus, voyant de grandes foules autour de lui, commanda de passer à l’autre rive. 19 Et un scribe s’approchant, lui dit: Maître*, je te suivrai où que tu ailles. 20 Et Jésus lui dit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. 21 Et un autre de ses disciples lui dit: Seigneur, permets-moi de m’en aller premièrement et d’ensevelir mon père. 22 Mais Jésus lui dit: Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts.

23 Et quand il fut monté dans la nacelle, ses disciples le suivirent; 24 et voici, une grande tourmente s’éleva sur la mer, en sorte que la nacelle était couverte par les vagues; mais lui dormait. 25 Et les disciples s’approchèrent et le réveillèrent, disant: Seigneur, sauve-[nous]! nous périssons. 26 Et il leur dit: Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi? Alors, s’étant levé, il reprit les vents et la mer, et il se fit un grand calme. 27 Et les gens s’en étonnèrent, disant: Quel est celui-ci, que les vents même et la mer lui obéissent!

28 Et quand il arriva à l’autre rive, dans le pays des Gergéséniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent à sa rencontre; [et ils étaient] très-violents, en sorte que personne ne pouvait passer par ce chemin-là. 29 Et voici, ils s’écrièrent, disant: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus*, Fils de Dieu? Es-tu venu ici avant le temps pour nous tourmenter? 30 Et il y avait, loin d’eux, un grand troupeau de pourceaux qui paissait. 31 Et les démons le priaient, disant: Si tu nous chasses, permets-nous de nous en aller* dans le troupeau des pourceaux. 32 Et il leur dit: Allez. Et eux, sortant, s’en allèrent dans le troupeau des pourceaux; et voici, tout le troupeau des pourceaux se rua du haut de la côte dans la mer; et ils moururent dans les eaux. 33 Et ceux qui les paissaient s’enfuirent; et, s’en étant allés dans la ville, ils racontèrent tout, et ce qui était arrivé aux démoniaques. 34 Et voici, toute la ville sortit au-devant de Jésus; et l’ayant vu, ils le prièrent de se retirer de leur territoire.


— v. 4: voir Lévitique 14. —v.17 : [Ésaïe 53:4].  — v. 19: maître qui enseigne, docteur, ici et souvent ailleurs. — v. 29: plusieurs omettent: Jésus. — v. 31: plusieurs: envoie-nous.

 

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 8                Retour au début

II = Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée
Ce chapitre 8 présente : la puissance de Jésus sur les maladies et sur Satan

Versets 01 à 15         Trois guérisons

Versets 16 à 27         À la suite de Jésus

Versets 28 à 34         Au pays des Gergéséniens


Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

v. 02 à 04

 Ch. 1 v. 40 à 45

 Ch. 5 v. 12 à 16

v. 05 à 13


 Ch.  7 v. 02 à 10

v. 14 à 17

 Ch. 1 v. 21 à 34

 Ch. 4 v. 31 à 41

v. 18 à 22


 Ch. 9 v. 57 à 62

v. 23 à 27

 Ch. 4 v. 35 à 41

 Ch. 8 v. 22 à 25

v. 28 à ch. 9 v. 1

 Ch. 5 v. 01 à 21

 Ch. 8 v. 26 à 40

Les chapitres précédents ont présenté les principes du royaume de Christ avec une esquisse de son ministère. Le chapitre 8 mentionne la présentation sommaire d’Emmanuel, le chemin de Jésus sur la terre, la plénitude de la grâce. Mais l’homme qui ne veut pas de Dieu. Tout cela a lieu en Israël. Mais l’oeuvre s’étend au monde en grâce et en jugement. C’est un tableau remarquable de la présence d’Emmanuel et de son effet, à savoir : la grâce, la bonté en puissance sur la terre, la manière dont cela a été reçu et le résultat de sa manifestation pour le cœur de l’homme. Le chapitre 9 présentera plus précisément son ministère. 


Versets 1 à 15 : trois guérisons. La lèpre est une figure du péché sous son caractère de souillure, un mal sans autre moyen de guérison que la puissance de l’Éternel (cf Lév. 14). L’homme, souillé par le péché, est incapable d’accomplir la volonté de Dieu. Dans le début du chapitre, le Seigneur est présenté personnellement au peuple avec le qu’il est rejeté. Jésus est rejeté et Israël remplacé par l’Église. Le royaume, pour Israël, est différé. Jésus descend de la montagne et de grandes foules le suivent. C’est alors qu’un lépreux vint à sa rencontre (v. 2). L’Éternel seul peut guérir la lèpre. Le lépreux avait appris que Jésus possédait la puissance nécessaire pour guérir mais il n’était pas assuré de sa bonne volonté puisqu’il lui dit: « Si tu veux ». Mais l’amour et la puissance sont là. L’Éternel était là en grâce pour guérir. Jésus répond « Je veux » (v. 3). Seul Jésus pouvait dire: « Je veux ». Mais Jésus était aussi là pour s’approcher de l’homme, comme étant lui-même « homme ». Il met alors sa main sur le lépreux, il le touche – quel beau tableau ! Jésus, Fils de Dieu, est capable de tout ! Amour, bonne volonté, mais Jésus, homme, au milieu d’une race contaminée qu’il touche dans sa grâce … sans être rebuté par le mal, … sans être contaminé par la souillure bien qu’il la touchât pour la guérison du lépreux. Et si l’homme est guéri, c’est parce que l’Éternel était là, homme au milieu de son peuple. Voilà le grand fait par lequel cette partie de l’évangile commence. Un autre élément accompagne cette scène. C’est que Jésus reconnaît l’autorité du système au milieu duquel il se trouve du fait que le lépreux doit se montrer au sacrificateur. Mais ce lépreux étant guéri, reconnaissait la puissance divine de celui qui l’avait guéri.

Dans les v. 5 à 13 un deuxième fait, parallèle à celui-ci. Il s’agit d’un Gentil avec une foi non rétrécie par l’égoïsme orgueilleux des Israélites. Cet homme, dont la foi saisissait la puissance divine, demande à Jésus de guérir son serviteur. L’humilité de ce Gentil, qui ne s’estime pas digne que Jésus entre sous son toit, est remarquable. À ses yeux, un mot du Seigneur suffirait pour la guérison de son serviteur … tout comme ses soldats lui obéissent au moindre commandement. Jésus reconnaît sa foi : le mot est dit et le serviteur est guéri. Une autre vérité ressort de ce fait en ce que la foi des Gentils est reconnue. Quant aux les enfants du royaume qui ne veulent pas de Jésus, sont jetés dehors (v. 12). D’autres, comme ce centurion, sont accueillis. Pour être accueillis, il faut s’approcher de Dieu (voir ch. 11, 28). Jésus était le centre nécessaire de tout ce qui peut être reconnu. Quelle puissance ! Quelle bonté ! … mettant de côté tous les effets du péché et la domination de Satan dans ce monde.

Un troisième fait : la fièvre (v. 14 et 15) symbolise l’agitation qui caractérise l’homme sans Dieu. Le péché prive du repos et de la paix qui sont la part de celui qui a été amené à Dieu. Et il y a aussi l’activité fiévreuse qui nous entoure. Ne nous agitons pas dans ce monde afin d’y obtenir une propre satisfaction. En fait, il s’agit d’une distraction qui empêche de penser à Dieu. De cette manière l’homme est incapable de servir Dieu. Il pense ne pas avoir assez de temps pour lui-même et ne peut pas en consacrer à Dieu. Jésus touche alors la main de la belle-mère de Pierre qui est guérie de sa fièvre. Puis elle se lève et sert le Seigneur.


Versets 16 à 27 : « à la suite de Jésus ». Mais malgré toute cette puissance, et cette bonté, et ses miracles, il n’en reste pas moins vrai que Jésus est le méprisé et le rejeté des hommes (selon v. 20 et 21). Jésus n’est pas de ce monde; le suivre c’est rompre entièrement avec le monde. Le Seigneur est venu en grâce dans ce monde car ce monde était sans Dieu; il faut que Dieu ait un droit absolu sur le cœur pour le séparer du monde, ce monde qui s’était arrangé sans lui. Pour attacher le cœur entièrement à celui qui était venu le chercher, c’est-à-dire à Jésus, ce dernier ne recherche pas l’admiration de la foule ! Il fait son œuvre et la multitude, curieuse, n’est rien pour lui.

Puis il passe à l’autre rive (v. 23 à 27). Alors, accompagner le Sauveur, être avec lui, … ce n’est pas la tranquillité mais bien l’exercice de la foi; en effet, une tempête s’élève et le bateau est couvert par les vagues. Le Seigneur dort et semble étranger au péril des siens. Les disciples pensent qu’ils seront engloutis; c’est un manque de foi (le monde dirait « un accident ») car ils pensent que les conseils de Dieu et le Seigneur lui-même allaient être engloutis avec eux ! Ils sont pourtant là, dans la même barque, avec le Seigneur ! … alors un seul mot de sa part calme les eaux et le vent. La compagnie du Seigneur, lorsqu’il est rejeté, nous conduit dans l’orage. Il semblait tout laisser aller sans y porter attention. Mais grâce à Dieu, aujourd’hui aussi (2017), nous sommes avec lui dans la même barque. Il exerce la foi et paraît être indifférent à l’égard des difficultés. Mais lui-même n’est pas inquiet; sa grâce et sa puissance se réveillent au temps opportun. C’est le caractère du chemin dans lequel le Seigneur a introduit les siens en quittant la foule de ce monde. Mais il y a plus. 


Versets 28 à 34 : « au pays des Gergéséniens ». Après les démoniaques du v. 16, deux autres sont là (v. 28, 33). Ils font penser à l’homme violent qui n’est plus maître de lui-même et dangereux pour ses semblables. C’est l’affreux caractère de l’homme tombé par le péché entre les mains de l’ennemi et qui a transformé ce monde en un sépulcre, le péché y étant entré, et par le péché la mort. Mais Jésus est venu avec puissance pour détruire l’oeuvre du diable. Sa présence manifeste la puissance de l’ennemi. Celle-ci se réveille et se montre. C’est même parce que Satan agit que le Seigneur permet la manifestation et la réalité de cette puissance. Ces êtres immondes deviennent les vases de l’énergie de l’ennemi  qui précipitent dans la destruction. Et là encore un mot du Seigneur délivre celui que le monde ne pouvait retenir. Mais le monde ne peut pas supporter Dieu si près de lui et là encore, sous l’influence tranquille de Satan, plus dangereuse que sa force, il se débarrasse du Seigneur (cf v. 34). Là, il n’est pas question de la puissance de Satan puisqu’un mot suffit pour l’anéantir ! Mais il y a son influence sur le cœur. Quel spectacle ! Ce qui manifeste Dieu, manifeste aussi Satan. Il y a la délivrance de ceux qui sont assujettis à sa puissance mais l’homme ne veut pas de Dieu. Tel est l’histoire du Sauveur de Dieu dans ce pauvre monde.

 

 

Chapitre 9                                                              Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et étant monté dans la nacelle, il passa à l’autre rive, et vint dans sa propre ville. 2 Et voici, on lui apporta un paralytique couché sur un lit. Et Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Aie bon courage, [mon] enfant, tes péchés sont pardonnés. 3 Et voici, quelques-uns des scribes dirent en eux-mêmes: Cet homme blasphème. 4 Et Jésus, voyant leurs pensées, dit: Pourquoi pensez-vous du mal dans vos cœurs? Car lequel est le plus facile, de dire: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi et marche? 6 Or, afin que vous sachiez que le fils de l’homme a le pouvoir* sur la terre de pardonner les péchés…; alors il dit au paralytique: Lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. 7 Et il se leva et s’en alla dans sa maison. 8 Et les foules, ayant vu cela, furent saisies de crainte, et elles glorifièrent Dieu qui donnait un tel pouvoiraux hommes.

Et Jésus, passant de là plus avant, vit un homme nommé Matthieu, assis au bureau de recette; et il lui dit: Suis-moi. Et se levant, il le suivit. 10 Et il arriva, comme il était à table dans la maison, que voici, beaucoup de publicains* et de pécheurs vinrent et se mirent à table avec Jésus et ses disciples; 11 ce que les pharisiens ayant vu, ils dirent à ses disciples: Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs? 12 Et Jésus, l’ayant entendu, leur dit: Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. 13 Mais allez et apprenez ce que c’est que: «Je veux miséricorde et non pas sacrifice» [Osée 6:6]; car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs.

14 Alors les disciples de Jean viennent à lui, disant: Pourquoi, nous et les pharisiens, jeûnons-nous souvent, et tes disciples ne jeûnent pas? 15 Et Jésus leur dit: Les fils de la chambre nuptialepeuvent-ils mener deuil tant que l’époux est avec eux? Mais des jours viendront, lorsque l’époux leur aura été ôté; et alors ils jeûneront. 16 Et personne ne met un morceau de drap neuf à un vieil habit, car la pièce emporte [une partie] de l’habit, et la déchirure en devient plus mauvaise. 17 On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement les outres se rompent, et le vin se répand, et les outres sont perdues; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et tous les deux se conservent.

18 Comme il leur disait ces choses, voici, un chef [de synagogue] s’étant approché lui rendit hommage, disant: Ma fille vient de mourir, mais viens et pose ta main sur elle, et elle vivra. 19 Et Jésus se levant le
suivit, ainsi que ses disciples. 20 Et voici, une femme qui avait une perte de sang depuis douze ans s’approcha par derrière et toucha le bord de son vêtement; 21 car elle disait en elle-même: Si seulement je touche son vêtement, je serai guérie*. 22 Et Jésus, s’étant retourné et la voyant, dit: Aie bon courage, [ma] fille; ta foi t’a guérie*. Et la femme fut guériedès cette heure. 23 Et Jésus, étant arrivé à la maison du chef [de synagogue], et voyant les joueurs de flûte et la foule qui faisait un grand bruit, 24 dit: Retirez-vous, car la jeune fille n’est pas morte, mais elle dort. Et ils se riaient de lui. 25 Et lorsque la foule eut été mise dehors, il entra et prit sa main, et la jeune fille se leva. 26 Et le bruit s’en répandit par tout ce pays-là.

27 Et comme Jésus passait de là plus avant, deux aveugles le suivirent, criant et disant: Aie pitié de nous, Fils de David! 28 Et quand il fut arrivé dans la maison, les aveugles vinrent à lui. Et Jésus leur dit: Croyez-vous que je puisse faire ceci? Ils lui disent: Oui, Seigneur. 29 Alors il toucha leurs yeux, disant: Qu’il vous soit fait selon votre foi. 30 Et leurs yeux furent ouverts. Et Jésus leur parla sévèrement, disant: Prenez garde que personne ne le sache. 31 Mais eux, étant partis, répandirent sa renommée dans tout ce pays-là.

32 Et comme ils sortaient, voici, on lui amena un homme muet, démoniaque. 33 Et le démon ayant été chassé, le muet parla. Et les foules s’en étonnèrent, disant: Il ne s’est jamais rien vu de pareil en Israël; 34 mais les pharisiens disaient: Il chasse les démons par le chef des démons.

35 Et Jésus allait par toutes les villes et par les villages, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute maladie et toute langueur.

36 Et voyant les foules, il fut ému de compassion pour elles, parce qu’ils étaient las et dispersés, comme des brebis qui n’ont pas de berger. 37 Alors il dit à ses disciples: La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers: 38 suppliez donc le Seigneur de la moisson, en sorte qu’il pousse des ouvriers dans sa moisson.

— v. 6 et 8: pouvoir, autorité, la puissance avec le droit de l’exercer. — v. 10: publicains ou péagers: Juifs percevant les impôts pour le compte de l’occupant romain, considérés comme trahissant leurs compatriotes, soupçonnés de malversations, méprisés et assimilés aux pécheurs notoires. — v. 15: les compagnons de l’époux. — v. 21, 22: litt.: sauvée.

 

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 9                Retour au début

II = Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

 

Chapitre 9 : l’appel de Matthieu et d’autes miracles

Versets 01 à 08      la guérison d’un paralytique

Versets 09 à 13      l’appel de Matthieu

Versets 14 à 17      le vin nouveau et les vieilles outres

Versets 18 à 26      la résurrection d’une jeune fille

Versets 27 à 34      la guérison de deux aveugles et d’un muet

Versets 35 à 38      les brebis sans berger

Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

 

v. 02 à 08

 Ch. 2 v. 01 à 12

 Ch. 5 v. 17 à 26

 

v. 09 à 13

 Ch. 2 v. 13 à 17

 Ch. 5 v. 27 à 29

 

v. 14 à 17

 Ch. 2 v. 18 à 22

 Ch. 5 v. 30 à 39

 

v. 18 à 26

 Ch. 5 v. 22 à 43

 –

 

v. 27 à 34


 –

 

v. 35 à ch. 10 v. 1

 Ch. 6 v. 07 à 13

 Ch. 9 v. 1 à 6

 


Ce 
chapitre présente une quintuple manifestation de la puissance du royaume qui s’était approché dans la personne de Jésus. La fille ressuscitée est la fille de Jaïrus. Le chapitre 8 indiquait déjà la triste condition de l’homme par la lèpre, la souillure, la fièvre et par les démoniaques. En plus (selon Matt. 9, 27, 32 et 11, 5) , sont ajoutés des muets, des aveugles et des sourds. Ne ressort-il pas, dans ces trois dernières catégories, que leurs sens sont fermés aux appels du Seigneur et qu’ils ne peuvent pas le prier !

Matthieu ch. 9 présente le caractère du ministère de Jésus; le ch. 8 présentait la dignité de sa personne et la valeur de ce qu’il était. Jésus accomplit le Ps. 103, 3: « C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, qui guérit toutes tes infirmités ». C’est un témoignage de bonté envers Israël. C’est aussi une démonstration de la gloire de celui qui se trouvait au milieu de son peuple.

Dans  le ch. 8 comme dans le ch. 9, Jésus prend le titre de Fils de l’homme; c’est son titre de prédilection en amour pour nous, titre d’une plus vaste portée que celui de Christ. Jésus est donc là comme Emmanuel, l’Éternel, sous le nom de Fils de l’homme, titre de toute importance. Le Fils de l’homme devait être fort pour Dieu (selon Ps. 80, 17). Le nom de Christ est en rapport avec celui qui prend le royaume en gloire depuis le ciel. Et lui-même ne se présente jamais comme le Christ. 


Versets 01 à 08 : la guérison d’un paralytique. Dans ce cas, Jésus répond encore à la foi et ce n’est pas à celle du paralytique quoique l’on puisse penser ! Il répond à la foi de ceux qui apportent le paralytique. Le paralytique est une figure de l’incapacité où se trouve placé l’homme par le péché. Comme tel, il ne peut rien faire pour avoir la vie. Ainsi ceux qui ont la vie nouvelle doivent aider ceux qui en sont privés. C’est ce
que firent ces personnes. Belle image ! Soyons des porteurs de paralytiques ! Quant au Seigneur, rejeté, il prend toujours le titre de Fils de l’homme (v. 6). Devant ce miracle, les foules constatent et glorifient Dieu. Ces hommes sont frappés par la puissance de Dieu sans être attirés par son amour. Les sentiments produits par la vue de miracles ne sauvent pas. Pour cela il ne faut pas seulement constater, mais croire que le Fils de l’homme est Jéhovah; c’est Emmanuel, c’est Dieu avec nous. Au v. 8, la foule pense que Dieu donne un tel pouvoir aux hommes du fait que Jésus prend le titre de Fils de l’homme ! Bien-entendu, Jésus seul a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés. Le pardon était là, dans Sa personne, de même que la grâce pour les pécheurs.


Versets 09 à 13 : l’appel de Matthieu. Comme le montrera le chapitre 10, Dieu veut s’associer des hommes
pour accomplir son œuvre. Et il ne prend pas un pharisien ou un docteur de la loi; leurs titres ne suffisent pas pour être appelés. Mais il appelle un péager. Les Juifs méprisent les péagers. Jésus s’asseye alors dans la maison de Matthieu (v. 10) avec les publicains et les pécheurs. D’où la remarque déplaisante des pharisiens (v. 11). Mais dans ces v. 11 à 13, n’avons-nous pas une belle définition de la grâce venue au milieu d’eux dans la personne de Jésus ! Jésus veut faire miséricorde à tous (voir Osée 6, 6). 


Versets 14 à 17 : le vin nouveau et les vieilles outres. Dans cette section, Jésus compare ses disciples à la position des amis d’un époux dans le jour des noces. Il y a de la joie dans la présence de l’époux. Le jeûne ne convient pas. Mais Jésus parle aussi de son rejet puisqu’il y aura un temps où il faudra jeûner ! Dans les v. 16 et 17 Jésus enseigne que la grâce qu’il apporte est une chose entièrement nouvelle; elle ne peut pas être contenue dans les formes légales du judaïsme et ni convenir à la propre justice des pharisiens. Jésus montre que tout doit être nouveau sous le régime de la grâce qu’il introduit dans ce monde. Le régime légal ne pouvait pas convenir à la grâce. Au sujet du v. 17 : c’est donc un nouvel enseignement en ce que, pour contenir le vin nouveau de l’évangile, les vieilles outres de la religion judaïque ne faisaient plus l’affaire.


Versets 18 à 26 : la résurrection d’une jeune fille. Marc et Luc nous disent qu’il s’agit de la fille de Jaïrus. Dans ce récit, et en contraste avec ceux qui méconnaissaient ou méprisaient la personne de  Jésus, nous aimons voir la foi du père qui sait que, si Jésus touche sa fille morte, elle vivra. Et il y a aussi la foi de cette femme (v. 20 à 22) qui, en route, touche le vêtement de Jésus et est assurée de la guérison. Avec cette perte de sang, cette femme est l’image de la vie qui s’en va. Mais par-dessus tout, il y a l’amour infatigable du Seigneur Jésus. En dehors de ces circonstances, il y a un enseignement qui montre le but du ministère de Jésus en rapport avec Israël. La jeune fille morte représente l’état de mort morale de la nation. Le Seigneur est venu pour réveiller Israël, pour l’appeler à la vie, ce qui n’aura lieu qu’aux temps de la fin, puisqu’il a été rejeté. Mais en attendant, tous ceux qui, individuellement, sentent la gravité de leur état, à l’exemple de cette femme, et qui ont la foi, peuvent profiter de la puissance et de l’amour du Seigneur pour être guéri. 


Versets 27 à 34 : la guérison de deux aveugles et d’un muet. Les aveugles représentent un autre côté de l’état moral d’Israël, à savoir qu’ils ne peuvent pas profiter de la lumière venue de la personne de Jésus. Mais, au milieu de ce triste état, ceux qui font appel au Fils de David, trouvent en lui la réponse à leur foi et profitent de la lumière qu’il apporte. Et si Jésus défend aux aveugles de leur dire ce qui leur était arrivé, c’est parce qu’il ne veut pas exciter la curiosité des soi-disant « forts ». Il est venu pour répondre aux besoins des pécheurs. Il ne cherche pas la gloire qui vient des hommes.

Puis il y a la guérison de cet homme muet. Un homme muet ne peut rien faire, rien dire de l’amour de Dieu ni des perfections de Jésus, ni des choses célestes. Mais  Jésus est là pour le délivrer de la puissance de Satan et le rendre capable de parler. Il peut désormais parler de Jésus, voir ses beautés, etc. Heureux changement ! C’est la grâce, c’est la puissance de Dieu. C’est passer de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu. Devant de tels miracles (v. 33 et 34), la présente de Jésus devient insupportable aux pharisiens. Elle est même plus insupportable au monde que la présence de Satan. En effet, l’activité de Jésus, en grâce et en amour, remplit de haine et de jalousie les orgueilleux pharisiens. Ces pharisiens craignent de voir diminuer leur prestige devant les hommes et n’hésitent pas à attribuer au diable la puissance du Fils de Dieu. Ils le rejettent ainsi formellement et commettent ainsi  ce qui est appelé « le blasphème contre l’Esprit », (selon ch. 12, 31). Dans son chemin, Jésus rencontre de la foi, mais il se heurte aussi à la plus terrible incrédulité (v. 34). 


Versets 35 à 38 : les brebis sans berger Jésus est rejeté mais il poursuit son œuvre et prêche l’évangile du royaume. Il met sa puissance et son amour à la disposition de ceux qui en sentent le besoin.

Chapitre 10                                                              Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et ayant appelé ses douze disciples, il leur donna autorité sur les esprits immondes pour les chasser, et pour guérir toute maladie et toute langueur. Or ce sont ici les noms des douze apôtres: le premier, Simon appelé Pierre, et André son frère; Jacques le [fils] de Zébédée, et Jean son frère; Philippe et Barthélemy; Thomas et Matthieu le publicain; Jacques le [fils] d’Alphée, et Lebbée surnommé Thaddée; 4 Simon le Cananéen*, et Judas l’Iscariote, qui aussi le livra.

Jésus envoya ces douze et leur donna des ordres, disant: Ne vous en allez pas sur le chemin des nations, et n’entrez dans aucune ville de Samaritains; mais allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Et quand vous irez, prêchez, disant: Le royaume des cieux s’est approché. Guérissez les infirmes; [ressuscitez les morts]; rendez nets les lépreux; chassez les démons: vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. Ne faites provision ni d’or, ni d’argent, ni de cuivre dans vos ceintures, 10 ni d’un sac pour le chemin, ni de deux tuniques, ni de sandales, ni d’un bâton, car l’ouvrier est digne de sa nourriture. 11 Et dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous qui y est digne; et demeurez là jusqu’à ce que vous partiez. 12 Et quand vous entrerez dans une maison, saluez-la. 13 Et si la maison [en] est digne, que votre paix vienne sur elle; mais si elle n’[en] est pas digne, que votre paix retourne à vous. 14 Et si quelqu’un ne vous reçoit pas et n’écoute pas vos paroles, — quand vous partirez de cette maison ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds*. 15 En vérité, je vous dis: le sort du pays de Sodome et de Gomorrhe sera plus supportable au jour de jugement que celui de cette ville-là. 16 Voici, moi je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes; 17 et soyez en garde contre les hommes, car ils vous livreront aux sanhédrinset vous fouetteront dans leurs synagogues; 18 et vous serez menés même devant les gouverneurs et les rois, à cause de moi, en témoignage à eux et aux nations. 19 Et quand ils vous livreront, ne soyez pas en souci comment vous parlerez, ni de ce que vous direz; car il vous sera donné dans cette heure-là ce que vous direz; 20 car ce n’est pas vous qui parlez, mais c’est l’Esprit de votre Père qui parle en vous. 21 Et le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant; et les enfants s’élèveront contre leurs parents et les feront mourir; 22 et vous serez haïs de tous à cause de mon nom; et celui qui persévérerajusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. 23 Mais quand on vous persécutera dans cette ville, fuyez dans l’autre; car, en vérité, je vous dis: Vous n’aurez point achevé [de parcourir] les villes d’Israël, que le fils de l’homme ne soit venu. 24 Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni l’esclave au-dessus de son seigneur. 25 Il suffit au disciple
qu’il soit comme son maître, et à l’esclave qu’il soit comme son seigneur: s’ils ont appelé le maître de la maison Béelzébul*, combien plus les gens de sa maison? 26 Ne les craignez donc pas; car il n’y a rien de couvert qui ne sera révélé, ni rien de secret qui ne sera connu. 27 Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le dans la lumière; et ce qui vous est dit à l’oreille, prêchez-le sur les toits*28 Et ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent pas tuer l’âme; mais craignez plutôt celui qui peut détruire et l’âme et le corps, dans la géhenne*. 29 Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou? Et pas un seul d’entre eux ne tombe en terre, sans votre Père. 30 Et pour vous, les cheveux même de votre tête sont tous comptés. 31 Ne craignez donc pas: vous valez mieux que beaucoup de passereaux. 32 Quiconque donc me confessera devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux; 33 mais quiconque me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. 34 Ne pensez pas que je sois venu mettre la paix sur la terre; je ne suis pas venu mettre la paix, mais l’épée: 35 car je suis venu jeter la division entre un homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; 36 et les ennemis d’un homme seront les gens de sa maison. 37 Celui qui aime père ou mère plus que moi, n’est pas digne de moi; et celui qui aime fils ou fille plus que moi, n’est pas digne de moi; 38 et celui qui ne prend pas sa croix et ne vient pas après moi, n’est pas digne de moi. 39 Celui qui aura trouvé sa vie, la perdra; et celui qui aura perdu sa vie pour l’amour de moi, la trouvera. 40 Celui qui vous reçoit, me reçoit; et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’a envoyé. 41 Celui qui reçoit un prophète en qualité de prophète, recevra la récompense d’un prophète; et celui qui reçoit un juste en qualité de juste, recevra la récompense d’un juste. 42 Et quiconque aura donné à boire seulement une coupe d’eau froide à l’un de ces petits, en qualité de disciple, en vérité, je vous dis, il ne perdra point sa récompense.


— v. 4: ou: Zélote. — v. 14: voir note à Marc 6:11. — v. 17: tribunaux locaux juifs. — v. 22: litt.: endurera. — v. 25: voir 12:24. — v. 27: toits en terrasse. — v. 28: voir note à 11:23.

 

 

 

 

 

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II = Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Chapitre 10 : les douze apôtres. Choix. Envoi. Mission

Versets 01 à 15 : le choix des disciples et leur mission.

Versets 16 à 31 : persécution des témoins de Jésus Christ

Versets 32 à 42 : Jésus Christ, pierre de touche

Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

 

v. 01 à 42

 Ch. 3 v. 13 à 19

 Ch. 6 v. 07 à 13

 Ch. 6 v. 12 à 19

 Ch. 9 v. 01 à 06

 


Ce chapitre tout entier renseigne sur la mission des douze disciples. Le chapitre 9 se terminait par une exhortation à la prière en sorte que des ouvriers soient poussés dans la moisson. Le chapitre 10 s’ouvre alors avec l’appel et l’envoi des douze. N’avons-nous pas le fait qu’ils sont eux-mêmes la réponse à leurs prières. Et aujourd’hui, lorsque nous demandons que telle ou telle chose s’accomplisse dans le service du Seigneur, n’avons-nous pas souvent cette réponse : c’est à vous de le faire. Quelque soit la mission à effectuer, il faut que des personnes soient mises à part. Il faut aussi de la puissance conférée et l’indication de la bonne manière de procéder. Trois points importants : les personnes mises à part, la puissance conférée et la bonne manière de faire.

Versets 1 à 15 : le choix des disciples et leur mission. Le nom de chacun des 12 disciples choisis est donné (v. 2 à 4). Jésus (v. 1) leur confère la puissance nécessaire. Cette puissance s’exerce dans deux sphères : 1) la sphère spirituelle en relation avec les esprits immondes qui devaient leur être soumis, leur obéir. 2) la sphère physique en rapport avec toute espèce de maladie physique.

Puis (v. 5 – 42) l’énumération des instructions leur est donnée pour l’accomplissement correct de leur mission. Le premier enseignement concerne la sphère de leur service, il s’agit uniquement des brebis perdues de la maison d’Israël. De ce fait, de ce point de vue, l’évangile du 21ème siècle, et des siècles précédents, ne découle pas de la mission des douze. À propos d’Israël, Israël est perdu et encore chassé ou dispersé, perdu spirituellement et dispersé géographiquement (voir v. 6 et Jér. 50, 6 et 17). Cette distinction est importante dans toute l’Écriture. Ce v. 6 s’applique donc à ceux qui sont perdus spirituellement. En effet, l’évangile d’aujourd’hui, celui de la grâce, s’adresse aussi bien aux Juifs qui sont rentrés dans leur pays qu’aux Israélites dispersés géographiquement. En recevant l’évangile de la grâce, un Israélite devient membre du corps de Christ qui est la vraie Église universelle. 


Les villes d’Israël (v. 6) sont le champ de la mission des douze. En considérant le résultat, il ressort que les prédictions de cette mission n’ont pas été vraiment réalisées. Comment l’expliquer ? C’est que le témoignage, près du royaume, a été suspendu; il sera repris aux temps de la fin. Les disciples sont donc considérés comme des hommes représentatifs. Le royaume, tel que présenté à ce moment-là a été rejeté en Christ. Par conséquent le témoignage a été retiré (cf ch. 16, 20). Ce témoignage sera repris quand le temps de l’Église sera terminé. Alors, avec la reprise du témoignage, le royaume pourra être établi (comme l’annonce Dan. 7). Et, en attendant ce royaume, il faudra s’attendre à être traité comme le maître, mais ne pas avoir de crainte, quelle que soit l’attitude des hommes.

Le message des douze (v. 7) est résumé en six mots. Il correspond au message de Jean Baptiste du ch. 3, 2 et au message du Seigneur du ch. 4, 17. La seule différence, c’est qu’ici le « repentez-vous » est omis. Ils annonçaient que le royaume s’était approché car le roi étant près d’eux. Voilà ce qu’ils annonçaient. C’était la bonne nouvelle du royaume et ils devaient confirmer ce qu’ils disaient en manifestant la puissance du royaume et en apportant gratuitement la guérison et la délivrance.

Dans  les v. 9, 10, etc, il ressort que les douze devaient se passer de toutes les précautions ordinaires d’un voyageur prudent; ils devaient être totalement dépendant de leur maître. Alors, dans leur ministère, les disciples devaient chercher à savoir qui était dignes, c’est-à-dire rechercher ceux qui craignaient le Seigneur. D’autre part, il fallait témoigner contre ceux qui ne voulaient pas du Seigneur; leur responsabilité est beaucoup plus grande que celle de Sodome et Gomorrhe (v. 15).


Versets 16 à 39 : persécution des témoins de Jésus Christ. Dans les v. 16 et suivants, Jésus avertit les disciples qu’ils auraient à rencontrer l’opposition, la réjection et la persécution. Il les instruit de l’attitude à adopter. Ils seraient comme des brebis au milieu des loups. Ils étaient comme leur maître dans leur position et il fallait être aussi comme lui dans leur caractère, à savoir : prudents et simples. Il ne faut pas s’inquiéter de la défense parce que Dieu est là et l’Esprit du Père est là. L’Esprit parlerait en eux et par eux (v. 20). Dans certains cas, il y aurait une haine qui ne tiendrait aucun compte de toute affection naturelle (par exemple : v. 35). Et pour ceux qui ne passeraient pas par le martyre, la persévérance jusqu’à la fin signifierait le salut. Le sens de « la fin » est indiqué au v. 23. « la fin » est la venue du Fils de l’homme. Le Seigneur parlera de nouveau de « la fin » au chapitre 24. Ainsi donc, la mission que le Seigneur inaugurait s’étend jusqu’à sa seconde venue.

Dans  les v. 26 à 33 il y a trois sources d’encouragement, à savoir : 1) la lumière qui brille sur tous les mauvais desseins des hommes qui seront tous balayés. Faisons luire cette lumière. 2) la sollicitude du Père jusqu’au plus petit détail. 3) la récompense d’être reconnu publiquement par le Seigneur devant le Père qui est dans les cieux. La foi seule permet de saisir ces ressources.

Le  v. 28 indique clairement que l’âme n’est pas sujette à la mort. C’est différent pour le corps. « détruire l’âme dans la géhenne » n’est pas l’équivalent de tuer, La signification est « faire périr » ou « ruiner ». La pensée « d’annihilation » n’est pas du tout là. Ainsi, même si l’expression « d’immortalité de l’âme » n’est pas dans la Parole, le v. 28 montre clairement que l’âme est immortelle. 


Versets 32 à 42 : Jésus Christ, pierre de touche. Les termes du v. 34 « paix et épée », semblent en contradiction avec Luc 1, 79 ; 2, 14 ou Act. 10, 36. Ce n’est pas le cas. Car si Dieu s’est approché des hommes en Christ, avec un message de paix, il a été rejeté. Dans cette partie de l’évangile de Matthieu, sa rejection se dessine. Ainsi, il déclare que l’effet de sa venue sera la division et la guerre. La paix sur la terre sera établie à sa seconde venue. Les anges avaient vu cela à l’avance à sa naissance. La paix est le but final, mais la croix est imminente.


Les derniers versets indiquent que, pour la populace, les disciples sont, comme leur maître, impopulaires. On ne veut pas d’eux et pas de leur maître. En fait, on ne veut pas Dieu lui-même. Mais, il faut persévérer. Ainsi, tout service rendu, même aussi insignifiant que de donner une coupe d’eau froide à boire (v. 42) ne perdra pas sa récompense dans le jour à venir. La prudence du serpent et la simplicité des colombes sont des qualités rares et il faut le secours de l’Esprit pour être sage quant au bien, et simple quant au mal (Rom. 16, 19). Comme Fils de l’homme, Jésus est l’héritier de tout ce que Dieu destine à l’homme. Luc donne plus de détails en ce qui concerne le Fils de l’homme puisque Matthieu nous entretient surtout du rejet d’Emmanuel.


Bien qu’ayant sa propre rejection en vue, le Seigneur agit encore dans le cercle des promesses. Et il envoie ses disciples dans le champ où il cherche encore des brebis. Ils annoncent l’arrivée prochaine du royaume des cieux puis exercent la puissance que Jésus leur avait confiée, cette puissance de détruire parmi les hommes toute la puissance de l’ennemi, jusqu’à celle de la mort elle-même. Jésus peut donc conférer le pouvoir de faire des miracles.


Dans ce discours du Seigneur, nous remarquons qu’une partie se passe lorsque le Seigneur est là, alors que l’autre s’accomplirait après sa mort, voire jusqu’à son retour. Il s’agit toujours d’un service au milieu d’Israël quoique le fait dut s’étendre aux Gentils, par le moyen même de la persécution suscitée par les Juifs.


Au sujet du v. 42, rappelons que la valeur de nos actes dépend des motifs qui nous les font accomplir. Prendre sa croix (v. 38), c’est porter le signe distinctif des condamnés à mort. On en a donc fini avec le monde et ses plaisirs. À vue humaine, c’est perdre sa vie mais le maître affirme que c’est la seule manière de la gagner. Pour cela, il faut que ce soit pour l’amour de lui.


Le ch. 11 fera voir le changement qui est survenu historiquement lors du rejet du Christ par l’homme et la place que prend le Christ seul resté debout devant Dieu au milieu de la ruine du monde et d’Israël.

 

 

 

 

Chapitre 11                                                                  Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et il arriva, quand Jésus eut achevé de donner ses ordres à ses douze disciples, qu’il partit de là pour enseigner et prêcher dans leurs villes.

Et Jean, ayant ouï parler dans la prison des œuvres du Christ, envoya par ses disciples, 3 et lui dit: Es-tu celui qui vient, ou devons-nous en attendre un autre? 4 Et Jésus, répondant, leur dit: Allez, et rapportez à Jean les choses que vous entendez et que vous voyez: les aveugles recouvrent la vue et les boiteux marchent; les lépreux sont rendus nets et les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l’évangile est annoncé aux pauvres. 6 Et bienheureux est quiconque n’aura pas été scandalisé en moi.

Et comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire de Jean aux foules: Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? 8 Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme vêtu de vêtements précieux? Voici, ceux qui portent des choses précieuses sont dans les maisons des rois. 9 Mais qu’êtes-vous allés voir? Un prophète? Oui, vous dis-je, et plus qu’un prophète; 10 car c’est ici celui dont il est écrit: «Voici, moi j’envoie mon messager devant ta face, lequel préparera ton chemin devant toi» [Malachie 3:1]. 11 En vérité, je vous dis: parmi ceux qui sont nés de femme, il n’en a été suscité aucun de plus grand que Jean le baptiseur; mais le moindre dans le royaume des cieux est plus grand que lui. 12 Mais, depuis les jours de Jean le baptiseur jusqu’à maintenant, le royaume des cieux est pris par violence, et les violents le ravissent. 13 Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean. 14  Et si vous voulez recevoir [ce que je vous dis], celui-ci est Élie qui doit venir. 15 Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende. 16 Mais à qui comparerai-je cette génération? Elle est semblable à de petits enfants assis dans les marchés, et criant à leurs compagnons, 17 et disant: Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé; nous vous avons chanté des complaintes, et vous ne vous êtes pas lamentés. 18 Car Jean est venu ne mangeant ni ne buvant, et ils disent: Il a un démon. 19 Le fils de l’homme est venu mangeant et buvant, et ils disent: Voici un mangeur et un buveur, un ami des publicains et des pécheurs. Et la sagesse a été justifiée par ses enfants.

20 Alors il commença à adresser des reproches aux villes dans lesquelles le plus grand nombre de ses miracles avaient été faits, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties: 21 Malheur à toi, Chorazin! malheur à toi, Bethsaïda! car si les miracles qui ont été faits au milieu de vous eussent été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties sous le sac et la cendre. 22 Mais je vous dis que le sort de Tyr et de Sidon sera plus supportable au jour de jugement que le vôtre. 23 Et toi, Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusque dans le hadès*; car si les miracles qui ont été faits au milieu de toi eussent été faits dans Sodome, elle serait demeurée jusqu’à aujourd’hui. 24 Mais je vous dis que le sort du pays de Sodome sera plus supportable au jour de jugement que le tien.

25 En ce temps-là, Jésus répondit et dit: Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. 26 Oui, Père, car c’est ce que tu as trouvé bon devant toi. 27 Toutes choses m’ont été livrées par mon Père; et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; ni personne ne connaît le Père, si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra le révéler. 28 Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. 29 Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire* et humble de cœur; et vous trouverez le repos de vos âmes. 30 Car mon joug est aisé et mon fardeau est léger.

— v. 23: expression très-vague, comme shéol dans l’Ancien Testament, le lieu invisible, où les âmes des hommes vont après la mort; distinct de géhenne, le lieu des tourments infernaux. — v. 29: plein de douceur et de bonté.

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 11                Retour au début

II = Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée
Chapitre 11 : la réjection de Christ par le peuple

Versets 01 à 06 : les disciples de Jean auprès de Jésus

Versets 07 à 19 : Jésus rend témoignage à Jean

Versets 20 à 24 : reproches de Jésus à quelques villes

Versets 25 à 30 : la révélation du Père et l’appel au Sauveur

Dans Matthieu

Voir Luc

v. 02 à 19

 Ch. 7 v. 18 à 35

 

Versets 01 à 06 : les disciples de Jean auprès de Jésus. Si les douze ont été envoyés au chapitre 10, le Seigneur continue son activité personnelle. Jean le baptiseur est en prison (v. 1). L’écho des œuvres de Jésus parvient aux oreilles de Jean. Jean s’attendait à ce que Jésus intervienne en sa faveur. Jésus, qui guérissait et opéraient tant de miracles, semble oublier son précurseur. La foi de Jean est mise à l’épreuve et elle est quelque peu ébranlée. Mais la réponse de Jésus (v. 4 à 6) démontre qu’il accomplira la prophétie d’Es. 61, 1. Alors bienheureux celui qui n’est pas scandalisé par l’humiliation de Jésus et par l’absence de gloire extérieure qui caractérisera sa seconde venue.


Versets 07 à 19 : Jésus rend témoignage à Jean. Jean n’était ni un roseau ni un homme vêtu de vêtements précieux. Mais il était plus qu’un prophète; il était le messager annoncé par Malachie. Il a été aussi le prophète Élie de la première venue (v. 14b) et marquait la fin d’une époque. La loi et les prophètes vont jusqu’à lui et depuis là, donc à partir de Jean, le royaume des cieux était ouvert. Pour ravir l’entrée de ce royaume, il fallait la violence ou l’énergie de la foi. Lorsque le royaume sera établi visiblement, il ne faudra pas la même énergie. Tout ceci montre la grandeur de Jean. Au v. 11, la grandeur de Jean est sans égale. Après avoir parlé de Jean, de sa grandeur et de la position qui lui avait été donnée quant à son ministère, le Seigneur se penche sur l’indifférence du peuple. Les hommes de ce peuple sont semblables à de petits enfants (voir v. 16 et 17), irrités, et ne veulent pas « entrer dans le jeu ». Aucune trace de repentance dans ce peuple. Devant le ministère de Jean, tout comme devant le ministère de Jésus, qui étaient venus plein de grâce, cette foule trouve le moyen d’en vouloir à l’un comme à l’autre. On en veut à Jean en disant qu’il avait un démon; c’est un mensonge. On en veut aussi au Seigneur parce qu’il s’était assis avec les publicains et les pécheurs (v. 19). Pour ceux du peuple, c’était dans le sens le plus bas. En réalité, c’était dans le sens le plus élevé. Quant à nous,  marchons dans l’obéissance à Dieu avec une bonne conscience; alors nous ne craindrons pas la boue que les adversaires remueront. Jean a enduré cela, le Fils de l’homme lui-même aussi.

À propos du v. 15, peuple est mis à l’épreuve sur le plan moral en ce sens qu’il devait recevoir Élie d’une manière spirituelle. Le résultat de cette épreuve est donné immédiatement après dans les paroles du Seigneur (selon v. 16 et suivants); nous y  voyons le vrai caractère de cette génération. Nous y voyons aussi les voies de Dieu, en rapport avec la personne de Jésus, mises en évidence par son rejet même. Dans le témoignage rendu par Jean à Jésus, il y avait aussi les chants lugubres de Jean (v. 17b) et le son attrayant de la flûte (v. 17a) de Jésus. Israël ne veut pas s’humilier par le premier, ni se réjouir de l’autre. Tout cela avait pris fin. 


Versets 20 à 24 : reproches de Jésus à quelques villes. Le Seigneur rejeté constate que plusieurs villes, privilégiées en raison des miracles accomplis en leur sein, ne se sont pas repenties. Leur responsabilité en est d’autant plus grande et le jugement plus sévère. Ainsi pour Chorazin, Bethsaïda, Capernaüm. Les hommes de ces villes ont rejeté Jésus, fils de David, fils d’Abraham. Un triste sort leur est réservé. Notons qu’il y a controverse au sujet de leurs sites aujourd’hui encore. 


Versets 25 à 30 : la révélation du Père et l’appel au Sauveur. Mais Jésus, dans de tels moments de crise, se repose sur le propos du Père et sur la perfection de ses voies. Les voies de Dieu, du Père, conduisent à l’accomplissement de son propos. Dans le monde, il y a des sages (voir 1 Cor. 1, 20, etc)  qui sont indifférents. Mais il y a aussi les petits enfants et c’est à eux que le Père révèle des choses de toute importance pour le présent. Dieu agit toujours ainsi (1 Cor. 1, 21-31). Le propos de Dieu s’accomplira; le royaume présenté en Christ est, ou allait être, rejeté. Le royaume prendra alors un caractère caché en raison de l’absence du roi. En attendant le rétablissement du royaume, il y a ceux qui se placeront sous le joug du Fils et qui goûteront ainsi, dans leurs âmes, le repos du royaume (v. 28 et 29). Le propos de Dieu est que toutes choses soient placées entre les mains du Fils. Maintenant, toutes choses lui ont déjà été remises (voir par exemple Col. 1, 16-17). Et dans le jour à venir, nous le verrons disposer de tout dans un jugement puissant, discriminatoire. Aujourd’hui, il révèle le Père. Le Fils est si véritablement Dieu qu’il y a en lui des profondeurs insondables connues du Père seul (v. 27). Jésus révèle donc le Père. Jésus se repose dans la connaissance du Père, de son amour, de son conseil, de ses voies. Ceux qui viennent à Jésus sont introduits dans ce repos et son invitation s’adresse à ceux qui cherchent sincèrement et pieusement. En ce temps-là, les « appelés » étaient ceux qui sentaient et se sentaient le joug de la loi. Les paroles du Seigneur s’adressent donc au résidu pieux au milieu de la masse incrédule du peuple. Ils peuvent alors échanger le joug pesant de la loi contre le joug aisé et léger de Christ. Ils apprendraient de Christ ce que la loi ne pouvait jamais leur enseigner. Jésus les enseigne d’une manière nouvelle, lui-même étant l’exemple de son enseignement. Jésus manifeste pleinement la débonnaireté et l’humilité. 


Si Jésus, dans les v. 25 et suivants, était sensible au mépris du peuple qu’il aimait, de son peuple, il était avant tout l’homme obéissant et soumis à la volonté de son Père; il agissait comme Seigneur des cieux et de la terre. Le Seigneur manifeste, dans ces versets, et cela dans l’exercice de cette souveraineté, sa sagesse divine et la perfection de son caractère. Relevons, au v. 27, que la gloire de la personne de Jésus apparaît au milieu de son rejet et de son abaissement. Jésus est toujours l’homme soumis et obéissant, mais a toujours conscience de sa gloire et c’est ce qui fait ressortir la beauté de son humiliation. Le joug du Seigneur (v. 30), c’est la soumission à la volonté de son Père. Pour le cœur renouvelé, ce joug est aisé et le fardeau léger, car c’est le sien. Il le porte avec nous et nous jouissons de sa communion au travers des épreuves. Le joug est une lourde pièce de bois servant à atteler les bœufs, et c’est le symbole de l’obéissance et du service.

Au v. 29, il y a aussi, en Jésus, la manifestation de soumission et de pauvreté de l’esprit. Heureux celui qui ne se scandalisait pas de la chétive apparence du roi d’Israël. Dieu manifesté en chair, ne venait pas chercher la pompe de la royauté, quoique elle lui fût due, mais il venait chercher la délivrance des hommes malheureux. Son œuvre révélait un caractère bien plus profondément divin qui avait une source d’action bien autrement glorieuse que celle qui dépendait de la possession du trône de David. Et le cœur de chacun, comme celui de Jean Baptiste, devait être mis à l’épreuve pour montrer s’il appartenait au résidu repentant qui discernait les voies de Dieu, ou à l’inverse, s’il appartenait à la foule
orgueilleuse qui recherchait sa propre gloire, n’ayant ni la conscience exercée devant lui, ni le sentiment de ses besoins et de sa misère. 


Dans Matthieu nous voyons celui qui a été obéissant pour nous appeler à l’obéissance envers lui, une obéissance qui n’est pas pesante, mais qui conduit au repos.

 

 

 

Chapitre 12                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

En ce temps-là, Jésus allait par les blés, un jour de sabbat*; et ses disciples avaient faim, et se mirent à arracher des épis et à manger. Et les pharisiens voyant [cela], lui dirent: Voilà, tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire en un jour de sabbat. 3 Mais il leur dit: N’avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, et ceux qui étaient avec lui; 4 comment il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de proposition, qu’il ne lui était pas permis de manger ni à ceux qui étaient avec lui, mais aux sacrificateurs seuls*5 Ou n’avez-vous pas lu dans la loi, que, le jour de sabbat, les sacrificateurs dans le temple profanent le sabbat et ne sont pas coupables? Mais je vous dis qu’il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. Et si vous aviez connu ce que c’est que: «Je veux miséricorde et non pas sacrifice» [Osée 6:6], vous n’auriez pas condamné ceux qui ne sont pas coupables. Car le fils de l’homme est seigneur du sabbat.

Et étant parti de là, il vint dans leur synagogue. 10 Et voici, il y avait [là] un homme qui avait la main sèche. Et ils l’interrogèrent, disant: Est-il permis de guérir, le jour de sabbat? — afin de l’accuser. 11 Mais il leur dit: Quel sera l’homme d’entre vous, qui aura unebrebis, et qui, si elle vient à tomber dans une fosse un jour de sabbat, ne la prendra et ne la relèvera pas? 12 Combien donc un homme vaut-il mieux qu’une brebis! De sorte qu’il est permis de faire du bien le jour de sabbat. 13 Alors il dit à l’homme: Étends ta main. Et il l’étendit, et elle fut rendue saine comme l’autre.

14 Et les pharisiens, étant sortis, tinrent conseil contre lui pour le faire périr; 15 mais Jésus, le sachant, se retira de là; et de grandes foules le suivirent, et il les guérit tous. 16 Et il leur défendit expressément de rendre son nom public, 17 afin que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant: 18 «Voici mon serviteur que j’ai élu, mon bien-aimé, en qui mon âme a trouvé son plaisir; je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera [le] jugement aux nations. 19 Il ne contestera pas, et ne criera pas, et personne n’entendra sa voix dans les rues; 20 il ne brisera pas le roseau froissé, et il n’éteindra pas le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait produit en victoire le jugement; 21 et les nations espéreront en son nom» [Ésaïe 42:1-4].

22 Alors il lui fut amené un démoniaque aveugle et muet, et il le guérit; de sorte que l’homme aveugle et muet parlait et voyait. 23 Et toutes les foules étaient hors d’elles et disaient: Celui-ci serait-il le fils de David? 24 Mais les pharisiens, ayant entendu cela, dirent: Celui-ci ne chasse les démons que par Béelzébul, chef des démons. 25 Et Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit: Tout royaume divisé contre lui-même sera réduit en désert; et toute ville ou maison divisée contre elle-même ne subsistera pas. 26 Et si Satan chasse Satan, il est divisé contre lui-même; comment donc son royaume subsistera-t-il? 27 Et si c’est par Béelzébul que moi je chasse les démons, vos fils par qui les chassent-ils? C’est pourquoi ils seront eux-mêmes vos juges. 28 Mais si moi je chasse les démons par l’Esprit de Dieu, alors le royaume de Dieu est parvenu jusqu’à vous. 29 Ou comment quelqu’un pourra-t-il entrer dans la maison de l’homme fort et piller ses biens, si premièrement il n’a lié l’homme fort? et alors il pillera sa maison. 30 Celui qui n’est pas avec moi, est contre moi; et celui qui n’assemble pas avec moi, disperse. 31 C’est pourquoi je vous dis: tout péché et [tout] blasphème* sera pardonné aux hommes; mais le blasphème* contre l’Esprit ne sera pas pardonné aux hommes. 32 Et quiconque aura parlé contre le fils de l’homme, il lui sera pardonné; mais quiconque aura parlécontre l’Esprit Saint, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans celui qui est à venir.

33 Ou faites l’arbre bon et son fruit bon, ou faites l’arbre mauvais et son fruit mauvais, car l’arbre est connu par son fruit. 34 Race de vipères, comment, étant méchants, pouvez-vous dire de bonnes choses? car de l’abondance du cœur la bouche parle. 35 L’homme bon, du bon trésor, produit de bonnes choses, et l’homme mauvais, du mauvais trésor, produit de mauvaises choses. 36 Et je vous dis que, de toute parole oiseuse qu’ils auront dite, les hommes rendront compte au jour de jugement; 37 car par tes paroles tu seras justifié, et par tes paroles tu seras condamné.

38 Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens lui répondirent, disant: Maître, nous désirons voir un signe de ta part. 39 Mais lui, répondant, leur dit: Une génération méchante et adultère recherche un signe; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas le prophète. 40 Car, comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. 41 Des hommes de Ninive se lèveront au jugement avec cette génération et la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas*. 42 Une reine du midi se lèvera au jugement avec cette génération et la condamnera, car elle vint des bouts de la terre pour entendre la sagesse de Salomon, et voici, il y a ici plus que Salomon*.

43 Or quand l’esprit immonde est sorti d’un homme, il va par des lieux secs, cherchant du repos, et il n’en trouve point. 44 Alors il dit: Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti. Et y étant venu, il la trouve vide, balayée et ornée. 45 Alors il va, et prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui-même; et étant entrés, ils habitent là; et la dernière condition de cet homme-là est pire que la première. Ainsi en sera-t-il aussi de cette génération méchante.

46 Et comme il parlait encore aux foules, voici, sa mère et ses frères se tenaient dehors, cherchant à lui parler. 47 Et quelqu’un lui dit: Voici, ta mère et tes frères se tiennent dehors, cherchant à te parler. 48 Mais lui, répondant, dit à celui qui lui parlait: Qui est ma mère, et qui sont mes frères? 49 Et étendant sa main vers ses disciples, il dit: Voici ma mère et mes frères; 50 car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère.

— v. 1: litt.: un (ou le) sabbat, et souvent ailleurs. — v. 4: voir Lévitique 24:5-9 et 1 Samuel 21:6. — v. 11: une seule. — v. 31: ou: injure, parole injurieuse. — v. 32: icilitt.: dit [une] parole. — v. 41: voir Jonas 2 et 3. — v. 42: cf 1 Rois 10:1-13.

 

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 12                Retour au début

II = Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Chapitre 12 : la réjection de Christ par les chefs du peuple

Versets 1 à 8     : le Fils de l’homme seigneur du sabbat

Versets 9 à 13   : la guérison d’un homme ayant la main sèche

Versets 14 à 21 : toujours en relation avec le sabbat

Versets 22 à 32 : le blasphème contre l’Esprit

Versets 33 à 37 : bon trésor et mauvais trésor

Versets 38 à 42 : le signe de Jonas

Versets 43 à 45 : le sort d’Israël incrédule

Versets 46 à 50 : la mère et les frères de Jésus

Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

 

v. 01 à 14

 Ch. 2 v. 23 à ch. 3 v. 6

 Ch. 06 v. 01 à 11

 

v. 15 à 21

 Ch. 3 v. 07 à 12

 Ch. 06 v. 17 à 19

 

v. 22 à 45

 Ch. 3 v. 20 à 30

 Ch. 11 v. 14 à 36

 

v. 46 à 50

 Ch. 3 v. 31 à 35

 Ch. 08 v. 19 à 21

 

Ce chapitre relève que le Seigneur très clairement rejeté par les chefs des Juifs et non seulement, comme vu au chapitre précédent, par les villes de Galilée. 


Versets 1 à 8 : le Fils de l’homme seigneur du sabbat. Versets 9 à 13 : la guérison d’un homme ayant la main sèche. Dans ces deux cas, le sabbat est au centre du débat. Mais le Seigneur justifie l’action de ses disciples pour quatre raisons au moins :

1.  En ce qui concerne le roi David (v. 3 et 4), ses besoins ont prévalu sur toute institution religieuse. Ceux qui étaient avec lui sont associés. Maintenant, même si les règlements concernant le sabbat des Juifs étaient enfreints, les disciples de Jésus lui sont associés et doivent être couverts.

2.  Le temple avait pris le pas sur le sabbat (v. 5) car les sacrificateurs avaient toujours travaillé le jour de sabbat et n’étaient pas coupables. Maintenant, Jésus déclare être plus grand que le temple (v. 6). Dieu était en Christ dans une mesure plus complète qu’il ne l’avait jamais été dans le temple.

3.  La citation d’Osée 6, 6 : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice » auquel le Seigneur avait fait allusion., s’appliquait bien dans ces cas. Les disciple ne sont pas coupables et ne devaient pas être condamnés (v. 7).

4.  Enfin (v. 8) Jésus affirmait que, comme Fils de l’homme, il était seigneur du sabbat. En d’autres termes, le sabbat n’avait aucun pouvoir contraignant sur lui. Il l’avait institué et il pouvait en disposer comme il le voulait. 


Versets 14 à 21 : toujours en relation avec le sabbat. Le Seigneur répond aux objections des chefs du peuple en leur disant qu’il n’avait aucun remords de travailler un jour de sabbat pour sauver une brebis (cf v. 11 et 12). Il est donc permis de faire du bien le jour du sabbat (v. 12b). Ce n’est pas l’avis des pharisiens. La dureté de leur cœur est manifeste dans les v. 14 et suivants. Donc, le Seigneur exerce la miséricorde mais la dureté de leurs cœurs est telle que la miséricorde de Jésus fait monter en eux des pensées de meurtre. Dès ce moment, ils décident de le faire mourir. Dès lors, Jésus commence à mettre fin au témoignage. Il défend ainsi, à ceux envers lesquels il exerçait encore sa miséricorde, de rendre son nom public (v. 16). Puis (v. 18 à 21), Matthieu mentionne la magnifique prophétie És. 42, 1 à 4 ; la démonstration est faite de son accomplissement par Jésus. Une partie de cette prophétie aura encore lieu lors de la seconde venue de Jésus qui n’a pas encore produit le jugement en victoire. Mais ici-bas Jésus a rencontré sans contestation, ni cri, et sans écraser ses ennemis, la haine et la réjection. Voilà à quoi il fut confronté lors de sa première venue. V. 20 : rien n’a moins de valeur qu’un roseau froissé  et rien n’est plus rebutant à l’odorat qu’un lumignon qui fume. Les pharisiens sont semblables à l’un et à l’autre. Mais Jésus ne les brisera pas ni ne les éteindra avant que le temps du jugement soit là. Ainsi donc il y a chez les pharisiens la haine meurtrière et chez Jésus une douceur et une humilité telle qu’il est amené à suspendre tout acte de jugement et à accepter leur méchanceté sans contestation ni protestation.

En rapport avec le jour du sabbat, remarquons que l’amour et la bonté de Dieu sont au-dessus des cérémonies quelques simples qu’elles soient. Le sabbat rappelait l’alliance de Dieu avec son peuple (voir Ex. 31, 16 et 17 et Ezé. 20, 12). 


Versets 22 à 32 : le blasphème contre l’Esprit. Matthieu relate le cas d’un homme rendu à la fois aveugle et muet par un démon. Jésus fait un miracle en guérissant cet homme. Les foules, dans l’admiration, commencent à se demander s’il n’est pas le vrai fils de David. Les pharisiens, témoins de cela, sont acculés aux grands moyens et ils répètent plus hardiment encore l’affirmation blasphématoire de la puissance qu’il détient sera celle de Satan (v. 24b). Ce blasphème des pharisiens, resté sans réponse une première fois (ch. 9, 34), en reçoit une dans ce deuxième cas; le Seigneur relève le défit. Il prend d’abord les pharisiens sur le terrain de la raison, puisque leurs accusations impliquaient une absurdité, en ce sens que si Satan chassait Satan il détruirait son propre royaume (selon v. 26 et suivants). Jésus donne aussi la vraie explication. Il était homme ici-bas, agissant par l’Esprit de Dieu (v. 28). Comme tel il avait lié Satan, l’homme fort (v. 29). Maintenant, Jésus arrachait à son pouvoir ce qui n’avait été que ses biens. C’est une nouvelle preuve que le royaume est au milieu d’eux. Ceci clarifie aussi la situation. Ne pas être du côté de Christ c’est être contre lui; ne pas assembler avec Lui, c’est disperser (v. 30).  Le Seigneur démasque la nature véritable de leurs péchés qui est au-delà des limites du pardon malgré le fait que toutes sortes de péchés peuvent être pardonnés. C’est que, dans le Fils de l’homme, Dieu leur était présenté objectivement. Par l’Esprit, ils pouvaient être amenés à la repentance et être pardonnés. Mais blasphémer contre le Saint Esprit, par qui seules la repentance et la foi sont révélées dans l’âme, c’est se placer dans une position désespérée. C’est refuser pour soi-même la repentance et la foi, c’est verrouiller la barre et barrer la seule porte qui conduit au salut (v. 31 et 32). Les pharisiens sont des arbres absolument mauvais, une race de vipères.

Encore : au v. 24 : si les foules proclament le Fils de David, les religieux sont remplis de jalousie et scellent leur propre état en se plaçant sous le jugement définitif de Dieu en disant que Jésus agit par la puissance de Béelzébul. Au v. 29 : il y a le fait que la présence de Jésus met tout à l’épreuve; tout se concentre en lui de la part de Dieu. Au v. 31 : blasphémer contre le Saint Esprit c’est reconnaître l’exercice d’une puissance qui est celle de Dieu et l’attribuer à Satan. Au v. 32 : en relation avec le blasphème contre l’Esprit, « ce siècle-ci » est le siècle de la loi. « Le siècle à venir », c’est le siècle où le Seigneur établira son royaume. Entre deux, il y a le temps actuel qui est celui de la grâce. Ainsi aujourd’hui il y a possibilité de se repentir, de croire et d’avoir la vie éternelle. Que l’ennemi ne nous trouble pas pendant le temps de la grâce ! Jésus a aussi dit : « Père, pardonne-leur » ! (Luc 23, 34). À propos des démons : les idolâtres les adorent (voir 1 Cor. 10, 19 et 20). 


Versets 33 à 37 : bon trésor et mauvais trésor. Le Seigneur démasque les cœurs et déclare qu’ils seraient jugés par leurs paroles. Au jour du jugement, si les hommes devront rendre compte de paroles oiseuses, qu’en sera-t-il des paroles méchantes ? Le v. 38 manifeste alors que les pharisiens sont moralement aveugles et insensibles,  corrompus et méchants. 


Versets 38 à 42 : le signe de Jonas. Les pharisiens ignorent tous les signes qui ont été donnés précédemment. Précédemment, en plus de ceux du chapitre 12, il y a eu cinq signes au ch. 8 et cinq dans le ch. 9. Les hommes faisant partie de cette génération méchante et adultère, ne pouvaient pas percevoir le signe le plus évident. Aucun autre signe ne sera donné, sinon le plus grand de tous, celui de la propre mort de Jésus et sa résurrection. Le type se trouve dans l’histoire remarquable de Jonas. Le fait des Ninivites, comme celui de Salomon, sont rappelés. Il y avait eu aussi des résultats remarquables, mais Jésus est rejeté, lui qui est infiniment au-dessus d’eux tous. Il y a donc (v. 40), trois jours et trois nuits. On a souvent objecté cela en disant que le Seigneur n’a passé ni trois nuits, ni trois jours, dans le sépulcre. Cette apparente inexactitude provient de la manière de compter des Juifs. Une journée était considérée comme entière même si une partie de temps seulement entrait dans l’espace de temps embrassé. Ainsi le Seigneur fut enseveli le vendredi soir, premier jour, le sabbat dans le sépulcre, et il ressuscite le matin du premier jour, troisième jour. Dans ce chapitre, Jésus a déjà évoqué le fait qu’il est plus grand que le temple (v. 6). Il est aussi plus grand que Jonas et plus que Salomon (v. 41 et 42). Il souligne que Jonas et Salomon furent des signes aux nations. Le cadre d’Israël est débordé. Les Gentils avaient eu des oreilles pour entendre et un cœur pour apprécier alors que les Juifs pharisaïques, qui entourent le Seigneur, étaient aveugles et farouchement opposés.


Versets 43 à 45 : le sort d’Israël incrédule. Le Seigneur mentionne quelle sera la fin de cette génération incrédule. L’esprit immonde d’idolâtrie, qu’ils avaient possédé dans leur histoire passée, était effectivement sorti d’eux. Christ, qui révèle le vrai Dieu, aurait dû occuper la maison. Mais ils le rejettent. L’esprit immonde allait donc revenir avec sept esprits plus méchants que lui-même.  Cette parole du Seigneur se réalisera dans les derniers jours sous l’Antichrist. La génération incrédule des Juifs adorera l’image de la bête et sera asservie à des puissances sataniques terriblement fortes. Lorsque le jugement s’abattra, les Juifs apostats, sur qui il tombera, seront pires que tous ceux qui les ont précédé. Cela est aussi valable, sans doute, pour les générations des nations. L’esprit immonde dont il est question est, à n’en pas douter, l’esprit d’idolâtrie qui n’avait pas été en Israël depuis la captivité de Babylone. Cet esprit, avec sept esprits plus méchants, reviendra. L’état final de la génération perverse du peuple sera plus mauvais que lors des péchés précédents. Ces paroles auront leur accomplissement à la fin du siècle, quand les Juifs seront de nouveau idolâtres, et que toute la puissance du démon sera développée sous l’Antichrist.

Comprenons aussi, pour soi-même, que si un vice est vaincu sans Dieu, rien n’est réellement gagné. En effet, l’on peut chasser un vice grossier et le remplacer par un péché plus subtil. Satan règne alors plus que jamais dans un tel cœur. 


Versets 46 à 50 : la mère et les frères de Jésus. Ce chapitre se clôt sur l’incident significatif concernant la mère et les frères de Jésus. En Marc 3, 21 et 31, un mauvais esprit de ses proches était souligné. Ce n’est pas le cas ici. Le Seigneur se sert alors de leur intervention pour désavouer une relation purement naturelle et pour montrer que ce qui compterait dorénavant, c’était une relation de nature spirituelle. Pour avoir une vraie relation avec Jésus, il faut faire la volonté du Père qui est dans les cieux. Jésus met pour ainsi dire de côté l’ancien lien formé par sa venue comme fils d’Abraham, fils de David. Le lien désormais reconnu est celui formé par l’obéissance à la volonté de Dieu. 


Dans la fin du chapitre, Jésus rompt les liens qui subsistent naturellement entre lui et le peuple selon la chair. Il le fait publiquement. Dès lors, ses paroles et ses actes rendent témoignage à l’oeuvre nouvelle qu’il faisait réellement sur la terre. 


Si le Seigneur rompt les liens entre lui et le peuple, c’est que le peuple, comme le démontre ce chapitre et le précédent, méprise le Seigneur. Si les rapports cessent, un système entièrement différent est mis en évidence. Il s’agit du royaume sous une forme particulière. Jésus accepte ce rejet, tout abominable qu’il fut, comme étant la volonté du Père. Il dépend de son Père et non des hommes. Mais il y a donc une position nouvelle : le Fils révèle le Père. Jésus s’est entièrement soumis et pour le résidu, pour nous, il faut s’abaisser et entrer comme renié par le monde, d’une manière consciente, dans la possession de nos privilèges sur un terrain plus élevé, le terrain céleste.


Au ch. 13, Jésus quitte la maison et s’assied au bord du lac. Il prend une position nouvelle en dehors d’Israël pour annoncer à la multitude ce qu’était réellement son œuvre : un semeur sorti pour semer. 


Le chapitre 12 marque donc la fin de la première partie de cet évangile par le rejet du Messie.

 

 

 

 

Chapitre 13                                                               Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et en ce jour-là, Jésus, étant sorti de la maison, s’assit près de la mer. 2 Et de grandes foules étaient rassemblées auprès de lui, de sorte que, montant dans une nacelle, il s’assit; et toute la foule se tenait sur le rivage. 3 Et il leur dit beaucoup de choses par des paraboles, disant: Voici, un semeur sortit pour semer. 4 Et comme il semait, quelques [grains] tombèrent le long du chemin, et les oiseaux vinrent et les dévorèrent. 5 Et d’autres tombèrent sur les endroits rocailleux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre; et aussitôt ils levèrent, parce qu’ils n’avaient pas une terre profonde; 6 et, le soleil s’étant levé, ils furent brûlés, et parce qu’ils n’avaient pas de racine, ils séchèrent. 7 Et d’autres tombèrent entre les épines, et les épines montèrent et les étouffèrent. 8 Et d’autres tombèrent sur une bonne terre et produisirent du fruit, l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente. Qui a des oreilles pour entendre*, qu’il entende.

10 Et les disciples, s’approchant, lui dirent: Pourquoi leur parles-tu en paraboles? 11 Et lui, répondant, leur dit: C’est parce qu’à vous il est donné de connaître les mystères du royaume des cieux; mais à eux, il n’est pas donné. 12 Car à quiconque a, il sera donné, et il sera dans l’abondance; mais à quiconque n’a pas,  cela même qu’il a sera ôté. 13 C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce que voyant ils ne voient pas, et qu’entendant ils n’entendent ni ne comprennent. 14 Et par eux s’accomplit la prophétie d’Ésaïe qui dit: «En entendant vous entendrez et vous ne comprendrez point, et en voyant vous verrez et vous n’apercevrez point; 15 car le cœur de ce peuple s’est épaissi, et ils ont ouï dur de leurs oreilles*, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient des yeux, et qu’ils n’entendent des oreilles, et qu’ils ne comprennent du cœur, et qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse» [Ésaïe 6:9-10]. 16 Mais bienheureux sont vos yeux, car ils voient, et vos oreilles, car elles entendent; 17 car en vérité, je vous dis, que plusieurs prophètes et [plusieurs] justes ont désiré de voir les choses que vous voyez, et ils ne les ont pas vues, et d’entendre les choses que vous entendez, et ils ne les ont pas entendues.

18 Vous donc, écoutez la parabole du semeur. 19 Toutes les fois que quelqu’un entend la parole du royaume, et ne [la] comprend pas, le méchant vient et ravit ce qui est semé dans son cœur; c’est là celui qui a été semé le long du chemin. 20 Et celui qui a été semé sur les endroits rocailleux, c’est celui qui entend la parole, et qui la reçoit aussitôt avec joie; 21 mais il n’a pas de racine en lui-même, mais n’est que pour un temps: et quand la tribulation ou la persécution survient à cause de la parole, il est aussitôt scandalisé. 22 Et celui qui a été semé dans les épines, c’est celui qui entend la parole; et les soucis* de ce siècle** et la tromperie des richesses étouffent la parole, et il*** est sans fruit. 23 Et celui qui a été semé sur la bonne terre, c’est celui qui entend et comprend la parole, qui aussi porte du fruit, et produit l’un cent, l’autre soixante, l’autre trente.

24 Il leur proposa une autre parabole, disant: Le royaume des cieux a été fait semblable à un homme qui semait de bonne semence dans son champ. 25 Mais pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie parmi le froment, et s’en alla. 26 Et lorsque la tige monta et produisit du fruit, alors l’ivraie aussi parut. 27 Et les esclaves du maître de la maison, s’approchant, lui dirent: Seigneur, n’as-tu pas semé de bonne semence dans ton champ? D’où vient donc qu’il a l’ivraie? 28 Et il leur dit: Un ennemi a fait cela. Et les esclaves lui dirent: Veux-tu donc que nous allions et que nous la cueillions? 29 Et il dit: Non, de peur qu’en cueillant l’ivraie, vous ne déraciniez le froment avec elle. 30 Laissez-les croître tous deux ensemble jusqu’à la moisson; et au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Cueillez premièrement l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler, mais assemblez le froment dans mon grenier.

31 Il leur proposa une autre parabole, disant: Le royaume des cieux est semblable à un grain de moutarde qu’un homme prit et sema dans son champ: 32 lequel est, il est vrai, plus petit que toutes les semences; mais quand il a pris sa croissance, il est plus grand que les herbes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent et demeurent dans ses branches.

33 Il leur dit une autre parabole: Le royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme prit et qu’elle cacha parmi trois mesures de farine, jusqu’à ce que tout fût levé.

34 Jésus dit toutes ces choses aux foules en paraboles, et sans parabole il ne leur disait rien; 35 en sorte que fût accompli ce qui a été dit par le prophète, disant: «J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je proférerai des choses qui ont été cachées dès la fondation du monde» [Psaume 78:2].

36 Alors, ayant congédié les foules, il entra dans la maison; et ses disciples vinrent à lui, disant: Expose-nous la parabole de l’ivraie du champ. 37 Et lui, répondant, leur dit: Celui qui sème la bonne semence, c’est le fils de l’homme; 38 et le champ, c’est le monde; et la bonne semence, ce sont les fils du royaume; et l’ivraie, ce sont les fils du méchant; 39 et l’ennemi qui l’a semée, c’est le diable; et la moisson, c’est la consommation du siècle*; et les moissonneurs sont des anges. 40 Comme donc l’ivraie est cueillie et brûlée au feu, il en sera de même à la consommation du siècle*41 Le fils de l’homme enverra ses anges, et ils cueilleront de son royaume tous les scandales* et ceux qui commettent l’iniquité**, 42 et ils les jetteront dans la fournaise de feu: là seront les pleurs et les grincements de dents. 43 Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Qui a des oreilles pour entendre*, qu’il entende.

44 Encore, le royaume des cieux est semblable à un trésor caché dans un champ, qu’un homme, après l’avoir trouvé, a caché; et de la joie qu’il en a, il s’en va, et vend tout ce qu’il a, et achète ce champ-là.

45 Encore, le royaume des cieux est semblable à un marchand qui cherche de belles perles; 46 et ayant trouvé une perle de très-grand prix, il s’en alla, et vendit tout ce qu’il avait, et l’acheta.

47 Encore, le royaume des cieux est semblable à une seinejetée dans la mer et rassemblant [des poissons] de toute sorte; 48 et quand elle fut pleine, ils la tirèrent sur le rivage, et s’asseyant, ils mirent ensemble les bons dans des vaisseaux, et jetèrent dehors les mauvais. 49 Il en sera de même à la consommation du siècle*: les anges sortiront, et sépareront les méchants du milieu des justes, 50 et les jetteront dans la fournaise de feu: là seront les pleurs et les grincements de dents.

51 Jésus leur dit: Avez-vous compris toutes ces choses? Ils lui disent: Oui, [Seigneur]. 52 Et il leur dit: C’est pour cela que tout scribe qui a été fait disciple du* royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui produit de son trésor des choses nouvelles et des choses vieilles.

53 Et il arriva que, quand Jésus eut achevé ces paraboles, il se retira de là. 54 Et étant venu dans son pays,  il les enseignait dans leur synagogue, en sorte qu’ils étaient étonnés et disaient: D’où viennent à celui-ci cette sagesse et ces miracles? 55 Celui-ci n’est-il pas le fils du charpentier? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie? et ses frères, Jacques, et Joses*, et Simon, et Jude? 56 Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes auprès de nous? D’où donc viennent à celui-ci toutes ces choses? 57 Et ils étaient scandalisésen lui. Et Jésus leur dit: Un prophète n’est pas sans honneur, si ce n’est dans son pays et dans sa maison. 58 Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de leur incrédulité.

— v. 9 : plusieurs omettent : pour entendre. — v. 15 : ils sont devenus durs d’oreille. — v. 22* : litt.: le souci. — v. 22** : = de ce monde (le sens du mot grec est originairement : la vie dans l’homme, puis, par dérivation, un âge, un siècle, l’éternité). — v. 22*** : ou : elle. — v. 39, 40 : la fin du temps actuel. — v. 41* : scandale,  ailleurs : occasion de chute (proprement : trébuchet, ou crochet de détente d’un piège). — v. 41** : iniquité, ici, marche sans loi, sans frein ; comme 7:23. — v. 43 : plusieurs omettent : pour entendre. — v. 47 : seine : sorte de filet qu’on place verticalement et parallèlement au rivage, puis qu’on ramène vers le rivage. — v. 49: la fin du temps actuel. — v. 52: litt.: au ; ou pour le. — v.55 : plusieurs : Joseph. — v. 57 : voir note au verset 41.

 

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 13                 Retour au début

III = Ch. 13 à 20 : le service du roi en rejeté (2ème grande partie)

Chapitre 13 : sept paraboles dont six du royaume des cieux

Versets 01 à 09 : la parabole du semeur

Versets 10 à 17 : pourquoi Jésus parlait en paraboles

Versets 18 à 23 : l’explication de la parabole du semeur

Versets 24 à 58 : les six paraboles du royaume des cieux avec :

Versets 24 à 30 : la parabole de l’ivraie

Versets 31 + 32 : la parabole du grain de moutarde

Versets 33         : la parabole du levain

Versets 36 à 43 : l’explication de la parabole de l’ivraie

Versets 44        : la parabole du trésor

Versets 45 + 46 : la parabole de la perle de grand prix

Versets 47 + 48 : la parabole du filet

Versets 49 à 52 : ce que Jésus fera ensuite

Versets 53 à 58 : Jésus dans son pays

Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

 

v. 01 à 53

 Ch. 4 v. 1 à 34

 Ch. 08 v. 04 à 18

 Ch. 13 v. 18 à 21

 

v. 54 à 58

 Ch. 6 v. 1 à 6

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Ce chapitre se situe, dans le temps, à la période lors de laquelle les chefs du peuple avaient blasphémé contre le Saint Esprit (ch. 12, 22-32); s’ensuit un jugement sur le système tout entier même si la patience de Dieu cherchait encore tous ceux qui avaient des oreilles pour écouter. L’homme, sous le régime de la loi, a montré qu’il ne pouvait pas atteindre à la justice légale et qu’il ne pouvait pas recevoir Dieu venu en grâce. La grâce et la vérité vinrent par Jésus Christ. L’homme Christ Jésus était là pour gagner l’homme et pour guérir, par sa puissance, tous les maux auxquels l’homme avait été assujetti par le péché. Mais l’homme n’a pas voulu du Fils de Dieu, de Jésus Christ. 


Ainsi (v. 1) Jésus sort de la maison. C’est est un signe de ce changement dans les voies de Dieu. Jésus présente alors la parabole du semeur. Cela signifie qu’il ne cherche plus de fruit mais qu’il apporte dans ce monde ce qui devait en produire. Le Seigneur ne va pas plus loin que la parole du royaume. Ce chapitre contient sept paraboles. La première n’est pas une similitude du royaume; les autres le sont. Les paraboles deux, trois et quatre présentent la forme que prendrait le royaume dans le monde. Les trois dernières (cinq, six et sept) présentent les pensées de Dieu en établissant de cette manière le royaume et puis le résultat de tout à la fin du siècle.


Versets 01 à 09 : la parabole du semeur. Elle indique l’effet visible de la parole sur les individus. C’est l’oeuvre extérieure de Christ comme semeur. L’oeuvre du Saint Esprit, enseignée ailleurs, n’est pas ici. Ici, Christ sème. Le troisième terrain de cette parabole est un mal très subtil; c’est le monde et les affaires. Ce n’est grossier comme péché mais, néanmoins, la parole est étouffée et ne produit rien. Cela se trouve aussi chez le chrétien. Il n’est pas mort, mais il dort.

Dans cette parabole, le semeur n’est pas nommé car il s’agit de l’effet de la parole dans le cœur de l’homme indépendamment de celui qui la sème.

Par contre (v. 24 à 30), dans la parabole du froment et de l’ivraie, qui présente une similitude du royaume, celui qui sème prend le caractère de Fils de l’homme et non pas celui de Christ qui a été rejeté. Ici encore se trouve le caractère général de l’oeuvre que le Seigneur faisait. Il semait. Et il ne faut pas chercher le résultat personnel dans l’individu mais le résultat public dans le monde. Le monde est le champ où il a semé de la bonne semence et l’homme est responsable dans le résultat produit. C’est alors que l’ennemi sème de l’ivraie. L’ivraie gâte l’ensemble de la récolte dans le champ; le mal qui est fait est sans remède. Ainsi le royaume des cieux présente dans ce monde une récolte gâtée en ce qu’il y a d’une part le fruit de l’oeuvre du Seigneur et de l’autre celui de l’oeuvre de l’ennemi. Dans cette parabole, se trouve ce qui arrivera dans le royaume avant la manifestation du roi et avant l’exécution du jugement par lui. Quand le roi sera là, il n’y aura plus de paraboles. Le mystère de Dieu sera terminé.


Versets 10 à 17 : pourquoi Jésus parlait en paraboles. Ces versets mentionnent le jugement du peuple selon la prophétie d’Es. 6, 9-10. Mais il y a aussi la séparation d’un résidu reconnu du Seigneur. Les disciples ont donc posé la question au Seigneur « pourquoi leur parles-tu (aux foules) en paraboles (v. 10). Sa réponse enseigne qu’il y a maintenant une différence entre la masse du peuple et ceux qui écoutent sa Parole et la reçoivent (comme déjà vu au ch. 12, 46 à 50). Jésus explique aux disciples les enseignements contenus dans les paraboles. Ceux qui reçoivent Christ ont seuls l’intelligence des pensées de Dieu. Aujourd’hui comme alors. Cela est caché à tous ceux qui ne reçoivent pas Christ. Le royaume des cieux ne pouvait pas s’établir en gloire, comme les prophètes l’avaient annoncé, puisque le roi était rejeté. Le royaume s’établissait alors d’une manière mystérieuse. Par ses enseignements, le Seigneur fait comprendre aux disciples quelle sera la forme de ce royaume prendra jusqu’à son établissement en gloire. C’est pourquoi il dit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des cieux; mais à eux, il n’est pas donné. Car à quiconque a, il sera donné, et il sera dans l’abondance; mais à quiconque n’a pas, cela même qu’il a sera ôté » (cf v. 11 et 12). Ceux qui recevaient Jésus entreraient dans la plénitude des bénédictions qu’il apportait, tandis que le peuple, qui se vantait de ses privilèges de peuple de Dieu sur la terre, tout en rejetant Jésus, perdrait les privilèges qu’il avait possédés jusque-là. Ainsi, par sa propre faute, il s’est privé de tout droit à la bénédiction, jusqu’à ce qu’il soit reçu en grâce en vertu de la mort de Christ. C’est précisément ce qui va arriver à la chrétienté. On célèbre (ou on célébrait) les avantages du christianisme sur le paganisme et le judaïsme; les protestants se vantent des lumières qu’ils possèdent à la suite de la Réformation, tandis que le catholicisme prétend toujours être la vraie Église. Mais que fait-on de Christ et de sa Parole ?


Versets 18 à 23 : explication de la parabole du semeur. Jésus explique aux disciples les raisons pour lesquelles il n’y a pas eu de fruit porté dans les trois premiers cas mentionnés dans la parabole du semeur.

La semence jetée le long du chemin symbolise le cœur qui ne comprend pas la Parole. Il ne comprend pas du fait que son cœur est dur comme le chemin et tout le monde y passe. C’est le cœur de ceux qui sont occupés de tout, sans aucun besoin pour les choses de Dieu. La semence reste à la surface; l’ennemi ne tardera pas à la ravir. La semence jetée sur les endroits rocailleux typifie celui qui reçoit la Parole avec joie. Il l’écoute et elle lui plaît; c’est une personne qui dira quelque chose comme « Cet orateur a bien parlé. Je reviendrai l’écouter ». Mais cette personne va être mise à l’épreuve va venir. En effet, le monde s’opposera car il n’apprécie pas les effets de la Parole dans une âme, même si ces effets sont moindres ! Ainsi, ceux qui ont apprécié la Parole sont vite exposés aux moqueries, voire à d’autres tribulations comme la persécution, etc. Alors, devant de telles conséquences, ils se retireront et oublieront; tout est fini … comme le blé dans les rocailles qui a levé aussitôt et, lorsque le soleil le frappe, il sèche vite; il n’a pas de racine. La conscience n’a pas été exercée. Vient ensuite le cas de ceux qui sont semés dans les épines. Ces personnes entendent l’évangile et des effets extérieurs sont visibles. C’est comme une tige de blé dans un buisson; elle peut grandir, même porter même un épi mais il n’y a pas de fruit. Les soucis typifient les épines qui étouffent la Parole de la vie. La quatrième classe est celle de la graine semée sur la bonne terre. C’est le cas d’une personne qui comprend la Parole et dont le cœur a été préparé. La conscience a été labourée par la vérité; lorsque les épreuves sont venues, il y a eu du fruit produit qui découlait de la vie divine à la gloire de Dieu. Le fruit, sous diverses formes, manifeste la vie de Dieu dans le croyant.


Versets 24 à 58 : les six paraboles du royaume des cieux. Dans les v. 36 et suivants, le Seigneur entre dans la maison et parle à ses disciples seuls. Il développe les principes intérieurs du royaume dont il parle. Il communique les pensées de Dieu. Il communique aussi le but réel de ce que le Seigneur a fait ainsi que l’action de ceux qui entrent avec intelligence dans ses voies. Il y a donc, jusqu’ici, trois descriptions du royaume sur la terre pendant l’absence du roi avec un mélange, dans la parabole du froment et de l’ivraie, de bon et de mauvais. Il y a aussi, en rapport avec la grande puissance humaine et politique dans la parabole du grain de moutarde, la profession générale de doctrine dans la parabole du levain. Puis, après la citation du Ps. 78, 2,  Jésus explique la parabole de l’ivraie. Le Seigneur ajoute ce qui concerne la manifestation du résultat dans ce monde. Le Fils de l’homme apparaît ici pour ôter tout scandale de son royaume; les méchants sont donc jetés dans une fournaise de feu. C’est le jugement exécuté. Et après le jugement, les justes luisent dans le royaume comme le soleil, comme Jésus lui-même. Voilà l’explication divine de ce qui était un mystère auparavant : tout ce qui est révélé se trouve dans le monde, c’est-à-dire le royaume avant puis le royaume après le jugement. Le grain est caché mais rien n’est dit du grenier ni de l’état du grain quand il est là.

Le Seigneur donne des instructions à la multitude. Tout est présenté en paraboles à la multitude (cf v. 34) qui ne recevait pas Jésus. Sous le rapport de son rejet, Jésus évoque un aspect du royaume non révélé dans l’Ancien Testament.


Jésus, après la parabole du levain, ne demeure pas avec la foule au bord de la mer, mais il rentre dans la maison. Là, il est dans l’intimité avec eux, et révèle le vrai but du royaume des cieux


Encore, pour les six paraboles du royaume des cieux :


Versets 24 à 30 : la parabole de l’ivraie. C’est l’effet des semailles dans le monde jusqu’à la fin du siècle. La question de l’exécution du jugement ne se trouve pas ici mais dans l’explication des v. 36 à 43. Dans les paraboles, il y a des mystères; cela exige une révélation de manière à pouvoir les connaître. Dans les paraboles, il y a, à la fin et en général, le temps de la moisson. L’ivraie est premièrement visible sur le champ dans ce monde alors que le bon grain est caché dans le Seigneur. Avant d’expliquer la parabole de l’ivraie, le Seigneur donne deux autres similitudes du royaume; il s’agit en fait ici du royaume. Dans les paraboles deux à sept, ce sont des similitudes de ce royaume. Dans les v. 24 à 30 l’ivraie désigne le mal opéré au milieu des chrétiens par Satan par les mauvaises doctrines, etc. Lorsque l’ivraie sera liée, qui représente l’œuvre de l’ennemi, le jugement est proche. L’Église sera enlevée. Mais avant de parler du jugement, le Seigneur donne d’autres tableaux avec les formes que prendra le royaume pendant son absence.


Versets 31 + 32 : la parabole du grain de moutarde.

Verset  33          : la parabole du levain.

Dans ces deux paraboles, comme dans les suivantes, le caractère que prendra le royaume est là. « Il est semblable à » ; non pas « il est devenu » comme dans la parabole de l’ivraie et du bon grain. Le grand arbre et le levain montrent le résultat dans le monde. Le trésor et la perle montrent ce qui est acquis par Dieu.

Dans les paraboles du grain de moutarde et du levain, le caractère du royaume est celui relatif aux circonstances actuelles en rapport avec le rejet du roi. Les v. 31 et 32 contiennent la parabole du grain de moutarde. Le v. 33 contient la parabole du levain. Dans le grain de moutarde l’on reconnaît l’apparence publique du système chrétien tel qu’elle a été pendant des siècles. Ici point de jugement. Au v. 33, le levain est la similitude. Le levain représente un mal (sous forme de doctrine) qui s’insinue partout. Le levain forme la pâte entière selon sa propre nature. Le tout est levé : c’est la chrétienté. Mais toujours pas de jugement. C’est le royaume tel qu’il est quand le grain de moutarde ou le levain ont pleinement agi et produit leur effet.  C’est la profession générale du christianisme; cela dans une forme où aucune idée du bien n’est présentée. Le levain n’est pas, dans la Bible, une image du bien. Il n’est pas, non plus, dans le cas précis, présenté forcément dans un sens mauvais. Ici l’individu est mis de côté car ces paraboles ne représentent pas sa description. En effet, l’individu n’est pas le royaume des cieux.

Dans la parabole du levain, nous n’y avons pas la foi proprement dit, ni la vie. C’est une religion, c’est la chrétienté, c’est la profession des doctrines dans des cœurs qui ne supportent ni Dieu ni la vérité et qui se lient toujours à l’état de corruption de la doctrine elle-même.


Versets 36 à 43 : explication de la parabole de l’ivraie. Le travail de l’ennemi est mis en évidence. Il faut enlever les mauvais mais ce n’était pas permis au serviteur. Dans la parabole du filet (v. 47 et 48), il s’agissait de mettre les bons poissons (enfants) dans des vaisseaux; c’était l’œuvre intelligente des pêcheurs. Il ne faut pas oublier que les derniers temps étaient déjà venus du temps des apôtres.

Le chapitre 12 renseignait sur le jugement du peuple juif. Maintenant (ch. 13), le royaume est tel qu’il est pendant l’absence du roi. Plus loin (chapitre 16), il y aura « l’assemblée » bâtie par Christ puis le royaume en gloire (au ch. 17).

Dans la parabole de l’ivraie, il y a le jugement (au v. 42) pour ceux qui sont caractérisés par l’iniquité et les scandales. À l’opposé (v. 43), les justes auront part au royaume du Père. Le royaume des cieux est donc divisé en deux parties. Il y a d’une part le royaume du Fils de l’homme en rapport avec ce qui est soumis à Christ. Et d’autre part il y a le royaume du Père (de notre Père) en rapport avec la place, notre place (celle des justes) semblable à Jésus devant le Père. Dans l’explication de ce récit, les v. 40 à 43 montrent de nouveaux développements qui concernent le temps des jugements (à la consommation du siècle). C’est le Seigneur qui les donne. 


Verset  44          : la parabole du trésor caché.

Versets 45 + 46 : la parabole de la perle de grand prix.

Ces paraboles relatent les pensées de Dieu et le but du Seigneur dans le royaume. Comme dans les paraboles du grain de moutarde et du levain, il n’y est pas question  de jugement. Pour le trésor (v. 44), Jésus a tout quitté, jusqu’à donner sa vie, pour  avoir des hommes sauvés et parfaits dans le royaume des cieux. La parabole de la perle de grand prix présente une différence en ce que Christ a trouvé dans l’Église l’objet de ses recherches. Ainsi donc, comme ce marchand qui cherchait de belles perles, la perle de très-grand prix représente l’Église dans sa beauté morale; c’est différent d’un système ou de l’église « corps ». Christ a quitté sa gloire messianique et a donné sa vie. Si, en relation avec Israël, Sion est appelée « la perfection de beauté » (voir Ps. 50, 2), c’est terrestre. Pour l’Église, c’est céleste et réellement selon le cœur de Dieu.

Dans les trois dernières paraboles (du trésor, de la perle de très-grand prix et du filet), il y a, dans la seconde, le discernement qui caractérise l’action du marchand. Les paraboles du trésor et du filet montrent d’une part le champ qui est acheté et de l’autre le filet rempli. Dans un cas comme dans l’autre, le trésor et les bons poissons sont distingués de ce qui est pris extérieurement. Ils sont le but de l’action, soit du marchand, soit du pêcheur. 


Versets 47 + 48 : la parabole de la seine (du filet). L’attention la plus sérieuse est de mise. Il y a le filet de l’évangile qui est jeté dans la mer des peuples et qui rassemble des poissons de toutes espèces. Il y est question de l’effet de l’évangile. Cet effet s’applique particulièrement à nos jours aussi (2017). Le résultat consiste de tous ces poissons pris dans le filet. Il y a alors le tri entre les bons et les mauvais poissons. Dans les pêcheurs qui trient, n’avons-nous pas comme une image du christianisme qui a rassemblé une certaine masse de gens, qui tous, ont une place ensemble dans le filet de la chrétienté. Puis, à la fin des jours, les serviteurs de Christ, s’occupent de la masse et recueillent les bons dans des vaisseaux. Ces serviteurs de Christ ont l’intelligence pour distinguer les bons des mauvais. Lorsque le jugement public arrivera, ce sera l’inverse. Les anges, ministres de la providence du gouvernement de Dieu, prennent non les bons, mais les méchants sur la terre et les jettent dans le feu. Ils ne s’occupent que des mauvais. N’avons-nous pas ce principe de l’évangile qui rassemble beaucoup de personnes et le but du Seigneur est de mettre les siens ensemble, en des compagnies à part. Mais la parabole semble parler directement du résultat de l’opération de l’évangile, en rassemblant beaucoup de gens comme ayant part au nom chrétien. Donc, comme seconde opération, on fait le triage sur le rivage; les bons son mis à part. L’exécution du jugement est autre chose. 


Versets 49 à 52 : ce que Jésus fera ensuite. Ces paraboles (voir v. 51 et 52) contiennent des choses vieilles et des choses nouvelles. La doctrine du royaume, par exemple, était une doctrine bien connue. Que le royaume doive prendre les formes décrites par le Seigneur, qu’il doit embrasser tout le monde sans distinction, le peuple de Dieu tirant son existence non pas d’Abraham, mais de la Parole. Tout cela était bien nouveau. Tout était de Dieu. Le scribe avait bien connaissance du royaume, mais il ignorait entièrement le caractère qu’il prendrait comme royaume des cieux, planté par la Parole dans ce monde, ce dont tout dépend ici. Ces choses nouvelles et ces choses vieilles du v. 52 nous aident à saisir le but des paraboles. Le royaume des cieux annoncé par Daniel est par exemple une chose ancienne. Mais ce sont les choses nouvelles qui prédominent. Dans ces choses nouvelles, il y a le Seigneur qui adopte une nouvelle méthode d’enseignements, celle des paraboles. Le v. 10 a montré que cette innovation a frappé les disciples. La première parabole a indiqué une nouvelle méthode de travail divin. Puis le Seigneur a présenté des développements qui donnent une signification nouvelle à l’expression « royaume des cieux ».
Enfin des révélations nouvelles ont été annoncées au v. 35. Pour que les chrétiens ne se séparent pas, on prend souvent ce verset de la parabole de l’ivraie : « Laissez-le croître tous deux ensemble jusqu’à la moisson ». Mais c’est différent, car il s’agit d’ôter de la terre, d’arracher, d’exercer le jugement sur ceux qui n’ont pas la vie. C’est différent de la parole qui ordonne aux croyants de se séparer du mal. En séparant du mal, on ôte personne de la terre. Nous ne jugeons pas car c’est le temps de la grâce et non celui du jugement. Mais nous avons à discerner et à garder ce qui convient au Seigneur. La moisson dans la Parole est la figure du jugement qui sépare les méchants des justes. La vendange représente le jugement qui emporte tout ce qu’il trouve. 


Versets 53 à 58 : Jésus dans son pays. Le Seigneur reprend ses travaux au milieu des Juifs. Mais les Juifs ne voient pas au-delà des choses que leurs cœurs naturels pouvaient apercevoir. La bénédiction du Seigneur était arrêtée par leur incrédulité, il était rejeté par Israël comme prophète, aussi bien que comme roi. 


Encore :

Ainsi donc dans les six paraboles du royaume des cieux, quatre similitudes ne mentionnent pas le jugement mais l’apparence extérieure ou le but de Dieu dans le royaume ainsi que le résultat soit dans le monde, soit auprès de Dieu. Dans les paraboles de l’ivraie et du froment, puis dans celle de la seine ou du filet, il est question de jugement avec quelques différences. Dans la première, le jugement c’est la préparation de l’action de Dieu dans le monde; dans le cas du filet, il y a le résultat du travail de l’homme car le mélange est le résultat du travail de l’homme.

 

 

Chapitre 14                                                               Retour au début de l’évangile selon Matthieu

En ce temps-là, Hérode le tétrarque* ouït parler de la renommée de Jésus; 2 et il dit à ses serviteurs: C’est Jean le baptiseur; il est ressuscité des morts, et c’est pourquoi les miracles s’opèrent par lui. 3 Car Hérode, ayant fait prendre Jean, l’avait fait lier et mettre en prison, à cause d’Hérodias, la femme de Philippe son frère; 4 car Jean lui disait: Il ne t’est pas permis de l’avoir. 5 Et tout en ayant le désir de le faire mourir, il craignait la foule, parce qu’ils le tenaient pour prophète. Mais lorsqu’on célébrait l’anniversaire de la naissance d’Hérode, la fille d’Hérodias dansa devant tous, et plut à Hérode: 7 sur quoi il lui promit avec serment de lui donner tout ce qu’elle demanderait. Et elle, poussée par sa mère: Donne-moi ici, dit-elle, dans un plat, la tête de Jean le baptiseur. 9 Et le roi en fut affligé; mais, à cause des serments et de ceux qui étaient à table avec lui, il donna l’ordre qu’on la lui donnât. 10 Et il envoya décapiter Jean dans la prison. 11 Et sa tête fut apportée dans un plat et donnée à la jeune fille; et elle la porta à sa mère. 12 Et ses disciples vinrent et enlevèrent le corps et l’ensevelirent; et s’en allant, ils rapportèrent à Jésus [ce qui était arrivé].

13 Et Jésus, l’ayant entendu, se retira de là dans une nacelle en un lieu désert, à l’écart; et les foules, l’ayant appris, le  suivirent à pied, des [différentes] villes. 14 Et étant sorti, il vit une grande foule; et il fut ému de compassion envers eux, et il guérit leurs infirmes. 15 Et le soir étant venu, ses disciples vinrent à lui, disant: Le lieu est désert, et l’heure est déjà passée; renvoie les foules, afin qu’elles s’en aillent aux villages et qu’elles s’achètent des vivres. 16 Mais Jésus leur dit: Il n’est pas nécessaire qu’elles s’en aillent; vous, donnez-leur à manger. 17 Mais ils lui disent: Nous n’avons ici que cinq pains et deux poissons. 18 Et il dit: Apportez-les-moi ici. 19 Et ayant donné l’ordre aux foules de s’asseoir sur l’herbe, ayant pris les cinq pains et les deux poissons, il regarda vers le ciel et bénit; et ayant rompu les pains, il les donna aux disciples, et les disciples aux foules. 20 Et ils mangèrent tous et furent rassasiés. Et ils ramassèrent, des morceaux qui étaient de reste, douze paniers pleins. 21 Or ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille hommes, outre les femmes et les enfants.

22 Et aussitôt il contraignit les disciples de monter dans la nacelle et de le précéder à l’autre rive, jusqu’à ce qu’il eût renvoyé les foules. 23 Et quand il eut renvoyé les foules, il monta sur une montagne à l’écart pour prier; et le soir étant venu, il était là seul.

24 Or la nacelle était déjà au milieu de la mer, battue par les vagues, car le vent était contraire. 25 Et à la quatrième veille de la nuit*, il s’en alla vers eux, marchant sur la mer. 26 Et les disciples, le voyant marcher sur la mer, furent troublés, disant: C’est un fantôme. Et ils crièrent de peur. 27 Mais Jésus leur parla aussitôt, disant: Ayez bon courage; c’est moi, n’ayez point de peur. 28 Et Pierre, lui répondant, dit: Seigneur, si c’est toi, commande-moi d’aller à toi sur les eaux. 29 Et il dit: Viens. Et Pierre, étant descendu de la nacelle, marcha sur les eaux pour aller à Jésus. 30 Mais voyant que le vent était fort, il eut peur; et comme il commençait à enfoncer, il s’écria, disant: Seigneur, sauve-moi! 31 Et aussitôt Jésus, étendant la main, le prit et lui dit: Homme de petite foi, pourquoi as-tu douté? 32 Et quand ils furent montés dans la nacelle, le vent tomba. 33 Et ceux qui étaient dans la nacelle vinrent et lui rendirent hommage, disant: Véritablement tu es le Fils de Dieu!

34 Et ayant passé à l’autre rive, ils vinrent dans la contrée de Génésareth. 35 Et les hommes de ce lieu-là, l’ayant reconnu, envoyèrent dans tout le pays d’alentour; et on lui apporta tous ceux qui se portaient mal; 36 et ils le priaient de [les laisser] toucher seulement le bord de sa robe: et tous ceux qui le touchèrent furent complètement guéris.

— v. 1: Hérode Antipas, fils d’Hérode le grand (ch. 2). — v. 25: voir note à Luc 12:38.

 

 

 

 

 

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III = Ch. 13 à 20 : le service du roi en rejeté (2ème grande partie)

Chapitre 14 :

Versets 01 à 12 : mort de Jean le baptiseur

Versets 13 à 21 : multiplication des pains

Versets 22 – 23 : Jésus sur la montagne

Versets 24 à 33 : les disciples dans la tempête

Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v. 01 à 12

 Ch. 6 v. 14-16, 21-29

 Ch. 9 v. 07 à 09

 –

v. 13 à 21

 Ch. 6 v. 30 à 44

 Ch. 9 v. 10 à 14

 Ch. 6 v. 01 à 14

v. 22 à 36

 Ch. 6 v. 45 à 56

 –

 Ch. 6 v. 15 à 21

 

Versets 1 à 12 : mort de Jean le baptiseur. À ce stade de l’évangile, Jésus n’est pas vraiment connu à Nazareth. Toutefois, sa renommée parvient aux oreilles d’Hérode. Ce dernier admet qu’un mort peut être ressuscité, comme Paul le dit par ailleurs à un autre Hérode (voir v. 1, 2 et Act. 26, 8). Cela conduit Matthieu à rapporter l’histoire du martyr de Jean qui avait eu lieu peu auparavant. Jean, par son témoignage fidèle, avait suscité la colère d’Hérode et la vengeance d’Hérodias. Il fut mis à mort en raison d’un serment impie. Voilà ce que fait l’homme qui gouvernait une grande partie des Juifs. Il a transgressé la loi de Dieu pour assurer le crédit de sa propre parole. Mais c’est aussi, pour les Juifs, un châtiment. Les v. 3 et 4 font part du péché dans lequel Hérodias vivait. Jean l’avait fidèlement fait ressortir. Dans cette scène, les disciples ont discerné ce qu’il fallait faire du corps de Jean. Puis ils rapportèrent tout à Jésus. La lampe de Jean s’est éteinte. Ils se tournent alors vers la vraie lumière et trouvent la consolation. Jésus, lui, se retire alors en un lieu désert (v. 13). Marc indique que c’est le moment où les disciples sont revenus de leur mission. Si les chapitres 11 et 12 ont fait part du rejet formel de Jésus par son peuple, et si le chapitre 13 a montré de nouveaux développements, le chapitre 14 indique que ce rejet est total du fait que Jean, précurseur de Jésus, fut mis à mort.


Versets 13 à 21: multiplication des pains. Dans ce moment critique, une période de solitude et de tranquillité s’impose pour Jésus. Mais les foules sont là; Jésus, ému de compassion, répond à leurs besoins. L’indifférence de Nazareth et la méchanceté d’Hérode n’ont produit aucun changement en lui. Il faut la peine de méditer les compassions immuables du cœur de Christ ! Jésus est fatigué mais il ne renvoie pas les foules. Au contraire, il en prend soin par la multiplication des pains. Les disciples sont mis là à l’épreuve. Pensons au Ps. 132, 15 : Jésus n’est-il pas le dispensateur des dons du ciel ? Aussi est-ce vers le ciel qu’il regarde en bénissant. En relation avec la multiplication des pains, notons qu’il y a aussi un aspect prophétique avec le nombre (12) des corbeilles contenant les restes. 


Versets 22 et 23 : Jésus prie sur la montagne.

Versets 24 à 33  : les disciples dans la tempête.

Versets 34 à 36  : sur l’autre rive.

Encore deux grands fruits dans ce chapitre. D’une part, Jésus est parfaitement suffisant lorsqu’il est en présence des besoins des hommes; cela qu’il s’agisse de la misère de la foule ou de la faiblesse des disciples. D’autre part, Jésus n’est pas dépassé lorsqu’il se trouve confronté à la puissance de l’adversaire. Non seulement il marche sur la mer déchaînée (v. 24 à 33) mais il donne, à un faible disciple, le pouvoir d’en faire autant ! Jésus avait passé la nuit à prier sur la montagne (v. 23) tandis que les disciples luttaient contre les circonstances adverses. Jésus a le pouvoir de calmer la tempête, comme au ch. 8, 26. Il démontre aussi sa suprématie absolue du fait que la tempête n’est rien pour lui (cf v. 27 + Ps. 77, 19). La présence de Jésus réconforte les disciples bien que la tempête fait rage. Et quand il est dans la nacelle, le vent tombe (v. 32). Dans ce passage, Jésus apporte avec lui davantage que du réconfort; Pierre le découvre du fait puisqu’il peut se rendre conforme à Lui. N’avons-nous pas aussi, dans ce fait que Pierre va vers Jésus, une allégorie pour montrer que les disciples devaient quitter le bateau de la loi pour prendre un sentier de pure foi. De même, lorsque Paul fait ses adieux aux anciens d’Éphèse, il ne les recommande pas à un code de lois, mais à Dieu et à la parole de sa grâce. C’est ainsi qu’il faut sortir vers Lui, hors du camp (cf Héb. 13, 13). Voilà la position chrétienne : être hors du camp avec Dieu et avec la parole de sa grâce. Mais la foi de Pierre est très petite. Lorsqu’il détourne ses pensées du Maître, il a peur et enfonce. Mais il a foi et crie tout de suite à son Seigneur qui le secoure et ensemble ils vont dans la nacelle. L’évangile de Jean ajoute qu’ils regagnent la terre. Et dans cet épisode, plutôt que de nous attarder sur le manquement de Pierre, méditons la puissance de Christ et ce que Pierre a pu faire malgré sa petite foi. Personne d’autre n’a fait une chose semblable à Pierre. Sa défaillance momentanée a même servi à manifester que la puissance qui l’avait secouru était celle de son Seigneur. Alors, ceux qui étaient dans la nacelles rendent hommage au Fils de Dieu. Il y a un aperçu impressionnant de sa gloire, gloire qui brille de nouveau lorsqu’ils arrivent dans la contrée de Génésareth où les hommes de ce lieu-là honorent sa grâce aussi bien que sa puissance (v. 34 à 36). Tous ceux qui se portent mal accourent vers lui. Leur foi n’est pas déçue car tous ceux qui le touchent sont complètement guéris. La vraie guérison divine est une guérison à cent pour cent dans cent pour cent des cas. C’est un état de choses parfaitement merveilleux. 


Encore : les ch. 14 et 16 indiquent ce que Jésus était alors pour les Juifs et ce que le résidu deviendra en l’absence de Jésus. Leur renvoi, ou la mise de côté du peuple est décrite. Au ch. 15, on verra ce que Jésus était divinement pour Israël alors même que ce peuple était méchant et rejeté. Seulement Jésus était tel parce qu’il était Dieu et que ses conseils ne pouvaient changer. La grâce s’étend aux Gentils qui n’avaient aucun droit aux promesses. Dans ce déploiement des voies de Dieu, la grâce du Seigneur, une grâce divine, personnelle, se manifeste de la manière la plus touchante et la plus instructive. Des leçons pratiques sont aussi là, continuellement, pour nous.

 

Chapitre 15                                                 Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Alors les scribes et les pharisiens de Jérusalem viennent à Jésus, disant: Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens, car ils ne lavent pas leurs mains quand ils mangent du pain? 3 Mais lui, répondant, leur dit: Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu à cause de votre tradition? 4 car Dieu a commandé, disant: «Honore ton père et ta mère» [Exode 20:12]; et: «que celui qui médirade père ou de mère, meure de mort» [Exode 21:17]; 5 mais vous, vous dites: Quiconque dira à son père ou à sa mère: Tout ce dont tu pourrais tirer profit de ma part est un don*6 — et il n’honorera point son père ou sa mère. Et vous avez annulé le commandement de Dieu à cause de votre tradition. Hypocrites! Ésaïe a bien prophétisé de vous, disant: 8 «Ce peuple m’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de moi; mais ils m’honorent en vain, enseignant comme doctrines des commandements d’hommes» [Ésaïe 29:13]. 10 Et ayant appelé la foule, il leur dit: Écoutez et comprenez: 11 ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est là ce qui souille l’homme.

12 Alors ses disciples, s’approchant, lui dirent: Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole? 13 Mais lui, répondant, dit: Toute plante que mon Père céleste n’a pas plantée sera déracinée. 14 Laissez-les; ce sont des aveugles, conducteurs d’aveugles: et si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans une fosse. 15 Et Pierre, répondant, lui dit: Expose-nous cette parabole. 16 Et il dit: Et vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence? 17 N’entendez-vous pas encore que tout ce qui entre dans la bouche va dans le ventre, et passe ensuite dans le lieu secret? 18 Mais les choses qui sortent de la bouche viennent du cœur, et ces choses-là souillent l’homme. 19 Car du cœur viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les vols, les faux témoignages, les injures: 20 ce sont ces choses qui souillent l’homme; mais de manger avec des mains non lavées ne souille pas l’homme.

21 Et Jésus, partant de là, se retira dans les quartiersde Tyr et de Sidon. 22 Et voici, une femme cananéenne de ces contrées-là, sortant, s’écria, lui disant: Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi; ma fille est cruellement tourmentée d’un démon. 23 Et il ne lui répondit mot. Et ses disciples, s’approchant, le prièrent, disant: Renvoie-la, car elle crie après nous. 24 Mais lui, répondant, dit: Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. 25 Et elle vint et lui rendit hommage, disant:  Seigneur, assiste-moi. 26 Et lui, répondant, dit: Il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens*27 Et elle dit: Oui, Seigneur; car même les chiensmangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. 28 Alors Jésus, répondant, lui dit: Ô femme, ta foi est grande; qu’il te soit fait comme tu veux. Et dès cette heure-là sa fille fut guérie.

29 Et Jésus, étant parti de là, vint près de la mer de Galilée; et montant sur une montagne, il s’assit là. 30 Et de grandes foules vinrent à lui, ayant avec elles des boiteux, des aveugles, des muets, des estropiés, et beaucoup d’autres; et elles les jetèrent à ses pieds, et il les guérit; 31 de sorte que les foules s’étonnèrent en voyant les muets parler, les estropiés guérir, les boiteux marcher, et les aveugles voir; et elles glorifièrent le Dieu d’Israël. 32 Et Jésus, ayant appelé à lui ses disciples, dit: Je suis ému de compassion envers la foule, car voici trois jours déjà qu’ils demeurent auprès de moi, et ils n’ont rien à manger; et je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur qu’ils ne défaillent en chemin. 33 Et ses disciples lui disent: D’où aurions-nous dans le désert assez de pains pour rassasier une si grande foule? 34 Et Jésus leur dit: Combien avez-vous de pains? Et ils dirent: Sept, et quelques petits poissons. 35 Et il commanda aux foules de s’asseoir sur la terre. 36 Et ayant pris les sept pains et les poissons, il rendit grâces et les rompit et les donna à ses disciples, et les disciples à la foule. 37 Et ils mangèrent tous et furent rassasiés; et ils ramassèrent, des morceaux qui étaient de reste, sept corbeilles pleines. 38 Or ceux qui avaient mangé étaient quatre mille hommes, outre les femmes et les enfants. 39 Et ayant renvoyé les foules, il monta dans une nacelle et vint dans la contrée de Magadan.

—  v. 4: ou: injuriera, maudira. — v. 5: réservé comme offrande à Dieu. — v. 21: pas nécessairement: dans le territoire, mais dans le voisinage. — v. 26 et 27:  grec: petits chiens, plus méprisant que chiens. 

 

 

 

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III = Ch. 13 à 20 : le service du roi en rejeté
(2ème grande partie)

Chapitre 15 :
Versets 01 à 11  : la tradition
Versets 12 à 20 : la source de toutes souillures
Versets 21 à 28 : la femme cananéenne
Versets 29 à 39 : une seconde multiplication des pains

Dans Matthieu

 Voir Marc

v. 01 à 20

 Ch. 6 v. 01 à 23

v. 21 à 28

 Ch. 7 v. 24 à 30

v. 29 à 31

 Ch. 7 v. 31 à 37

v. 32 à 38

 Ch. 8 v. 01 à 09

v. 39 à 16 v. 4

 Ch. 8 v. 10 à 12


Versets 1 à 11 : la tradition. Il y a controverse avec le peuple; le fond du cœur de l’homme, aujourd’hui encore et sur le terrain moral, ne change pas. Dans ces versets, les ordonnances sont en contraste avec la moralité voulue de Dieu. Il s’agit d’une moralité immuable du fait qu’elle se rapporte aux relations dans lesquelles l’homme se trouve placé, soit avec Dieu, soit avec les hommes. Il y a ainsi l’enseignement de maintenir, dans notre marche, ce qui convient à de telles relations. Rien n’est plus détestable que la religion humaine et la tradition des hommes car Dieu en est exclu même si l’on abuse de son nom pour assujettir les consciences qui ne le connaissent pas véritablement. En ce qui concerne l’esprit pharisaïque, il existe aussi dans la période de l’église. Cet esprit s’attache toujours à des points secondaires touchant la tradition et l’usage commun sans tenir compte de la Parole de Dieu claire et précise. Remarquons combien l’accent est mis sur la différence entre le commandement de Dieu et « votre tradition » (v. 3). Le Talmud pour les Juifs est comme un écran qui aveugle l’esprit des Juifs quant à la force réelle de l’Ancien Testament. 

Pour nous, croyants de l’Église, faisons un usage correct des enseignements de nos devanciers afin d’être à la source, c’est-à-dire à l’Écriture elle-même. Si ce n’est pas le cas, il y a danger de transformer de solides enseignements en une pure tradition qui deviendrait alors comme une sorte d’écran de fumée qui cacherait la Parole de Dieu. En fait, le cœur de l’homme est la source de toute souillure. Par exemple, en ce début de chapitre, les pharisiens disent que si on donne au temple il n’est point besoin d’honorer son père et sa mère. Ils annulent le commandement de Dieu. C’est de l’hypocrisie et le Seigneur leur rappelle (voir v. 9 et Es. 29, 13). Les v. 8 et 9 relèvent en effet que Jésus leur expose, par leurs propres ordonnances, la profonde hypocrisie, l’égoïsme et l’avarice de ceux qui prétendaient conduire la nation. En fait, les Pharisiens fermaient le cœur  des hommes Juifs à la moralité et au culte de Jéhova. Ésaïe lui-même avait déjà prononcé leur jugement. Puis (v. 10 et 11) Jésus fait comprendre à la foule ce qu’est l’homme et ce qui le souille.


Versets 12 à 20 : 
la source de toutes souillures. Un thème de ce chapitre présente, en rapport avec l’homme  et Dieu, un contraste moral entre la doctrine de Christ et celle des Juifs. Le système juif est moralement rejeté de Dieu. Par système, il faut comprendre l’état moral des Juifs réduit en système par l’hypocrisie qui cherche à cacher l’iniquité et qui l’augmente en fait. Ils se servent même du nom de Dieu pour descendre, sous prétexte de piété, plus bas que les règles de la conscience naturelle. C’est ainsi que le système religieux, devient le grand instrument de la puissance de l’ennemi. Mais l’homme est jugé. Le Seigneur prononce le jugement sur le système d’hypocrisie et en montre le résultat puisque, v. 14, la rejection des Juifs est en vue. Mais l’enseignement de Jésus va plus loin. Il en ressort en effet que le cœur de l’homme est une source d’iniquité. Ainsi, pour avoir une vraie moralité, il faut être convaincu de péchés et les confesser. Sans cette conviction et cette confession, le cœur est toujours faux et se flatte vainement. Il faut donc que Jésus soit à la source de tout. Les disciples n’observent donc pas la tradition (v. 1 et 2). Ce sont les scribes et les pharisiens qui annulent le commandement de Dieu par leur tradition. Le cœur de l’homme est fondamentalement mauvais; c’est une vérité simple lorsqu’elle est connue mais difficile lorsqu’un jugement est porté sur l’homme qui ne la connaît pas. L’homme juge alors selon ses propres pensées; mais voilà, l’homme est placé sous sa propre responsabilité et sous son vrai jour devant Dieu. Jésus sonde le cœur dans ces versets mais il agit aussi en grâce. Il agit selon le cœur de Dieu et il le démontre avec la femme cananéenne (cf v. 21 et suivants).

V. 17 à 20 : ce qui souille l’homme, ce n’est pas ce qu’il a mangé, mais ce qui est sorti de sa bouche et de son cœur. C’est en contraste avec l’enseignement juif pharisaïque qui mettait les formes extérieures à la place de la pureté intérieure. Dans la description du cœur de l’homme, il n’y a donc aucun trait de lumière. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien d’aimable dans le cœur naturel puisque cela se trouve même dans les animaux. Mais moralement, ce qui sort du cœur ne produit rien de bon. 


Versets 21 à 28 : la femme cananéenne. Christ s’en va (v. 21). Il visite les endroits les plus éloignés des « privilèges juifs ». Il s’en va vers les villes de Tyr et de Sidon qui sont mises au même rang que Sodome et Gomorrhe (au ch. 11). Une femme de ces contrées, femme maudite (cf Deut. 7, 12), se présente … et le récit de ces versets démontre la foi de cette femme; tout cela donne lieu à un développement complet de la position du Seigneur et des conditions sous lesquelles l’on peut espérer avoir part à l’effet de sa bonté et à la révélation de Dieu lui-même. Mais cette femme est d’abord mise à l’épreuve car les promesses étaient pour les enfants du royaume. Mais dans cette dureté apparente (v. 24 à 26), le Seigneur avait amené la pauvre femme aux sentiments et à l’expression de la vraie place devant Dieu (v. 27). C’est alors que Jésus répond de tout cœur : « Ta foi est grande ! », (v. 28). Dieu ne peut se renier lui-même; Dieu est amour. Il sort de son alliance avec les Juifs pour agir dans sa souveraine bonté, selon sa nature même. Cette femme reçoit tout de la grâce, sentant elle-même qu’elle était indigne de tout. C’est ainsi, et seulement ainsi, que chaque âme obtient la bénédiction. Tout est grâce … être là, devant la source de toutes bénédictions, et sentir qu’on a aucun droit d’en jouir ! C’est une position terrible mais c’est là que tout est grâce et que Dieu peut agir selon la bonté et répondre à tous souhaits. Cela dénote le véritable état de l’homme et la parfaite grâce de Dieu.

Ce récit prend place à un moment où le Seigneur expose l’état moral des Juifs et la fausseté d’une piété pharisaïque et sacerdotale. Il fait voir le véritable état de l’homme, comme homme, et ce dont le cœur de l’homme était la source, et révèle ensuite le cœur de Dieu tel qu’il est manifesté en Jésus. Les voies de Jésus envers cette femme montrent la fidélité de Dieu à ses promesses. La bénédiction accordée fait ressortir la pleine grâce de Dieu en rapport avec la manifestation du véritable état de l’homme. Dans ce récit, n’avons-nous pas la clef de tout l’évangile, à savoir que Jésus était le Christ, le Fils de David, ministre de la circoncision. Mais derrière tout cela, pour ainsi dire, Dieu était là dans toute la plénitude de sa grâce, dépassant les étroites bornes d’Israël, ainsi que les promesses, pour être lui-même en grâce, cette grâce qui suffit à tout. Sur ce terrain là, et lorsque tel besoin apparaît, les barrières disparaissent. Le besoin et Dieu se rencontrent


Versets 29 à 39 : une seconde multiplication des pains. Après la rencontre avec la cananéenne, le Seigneur se retire de là (v. 29) pour se rendre en Galilée; il fait de nombreux miracles. En Galilée, Jésus était en relation avec le résidu méprisé des Juifs. Il s’agissait des « pauvres du troupeau » (Es. 8, 9). Là, les compassions de Jésus suivent ce résidu et s’exercent en sa faveur. Puis, par la 2ème multiplication des pains, il renouvelle les preuves de ses tendres compassions et de sa présence; il rassasie. Ici ce n’est pas par la puissance administrative, (douze paniers), qu’il pouvait confier à ses disciples, mais selon sa propre perfection, (sept paniers) et, en agissant lui-même, il prend soin du résidu de son peuple. Sept corbeilles pleines de restes sont ramassées (v. 37). Puis Jésus part, dans la contrée de Magadan (Magdala) sans qu’il soit arrivé d’autres circonstances. 


Encore :

Ce chapitre est remarquable : il y a ce qui est éternel dans la vérité qui concerne Dieu; il y a aussi ce que la révélation de Dieu dévoile dans l’homme. Tout cela fournit l’occasion, dans le chapitre suivant, de révéler l’assemblée qui n’est pas une dispensation, mais qui est fondée sur ce que Christ est, c’est à dire le Fils du Dieu vivant. Dans le chapitre 12, Christ était rejeté (les Juifs ne voulant pas de Lui); dans le chapitre 13, le royaume était substitué. Et dans le chapitre 15 l’homme est mis de côté. Dieu agit alors selon sa propre grâce au-dessus de toutes les dispensations. 

Alors paraissent l’assemblée (ch. 16) et le royaume en gloire (ch. 17). 


 

 

Chapitre 16                                                                Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et les pharisiens et les sadducéens, s’approchant, lui demandèrent, pour l’éprouver, de leur montrer un signe du ciel. 2 Mais lui, répondant, leur dit: Quand le soir est venu, vous dites: Il fera beau temps, car le ciel est rouge; 3 et le matin: Il y aura aujourd’hui de l’orage, car le ciel est rouge et sombre. Vous savez discerner l’apparence du ciel; et ne pouvez-vous pas discerner] les signes des temps? 4 Une génération méchante et adultère recherche un signe; et il ne lui sera pas donné de signe, si ce n’est le signe de Jonas*. Et les laissant, il s’en alla.

Et quand les disciples furent venus à l’autre rive, ils avaient oublié de prendre du pain. 6 Et Jésus leur dit: Voyez, et soyez en garde contre le levain des pharisiens et des sadducéens. 7 Et ils raisonnaient en eux-mêmes, disant: C’est parce que nous n’avons pas pris du pain. 8 Mais Jésus, le sachant, dit: Pourquoi raisonnez-vous en vous-mêmes, gens de petite foi, sur ce que vous n’avez pas pris du pain? N’entendez-vous pas encore, et ne vous souvient-il pas des cinq pains des cinq mille hommes, et combien de paniers vous en recueillîtes? 10 ni des sept pains des quatre mille hommes, et combien de corbeilles vous en recueillîtes? 11 Comment n’entendez-vous pas que ce n’était pas touchant du pain que je vous disais: Soyez en garde contre le levain des pharisiens et des sadducéens? 12 Alors ils comprirent que ce n’était pas contre le levain du pain qu’il leur avait dit d’être en garde, mais contre la doctrine des pharisiens et des sadducéens.

13 Or, lorsque Jésus fut venu aux quartiers de Césarée de Philippe, il interrogea ses disciples, disant: Qui disent les hommes que je suis, moi, le fils de l’homme? 14 Et ils dirent: Les uns [disent]: Jean le baptiseur; les autres: Élie; et d’autres: Jérémie ou l’un des prophètes. 15 Il leur dit: Et vous, qui dites-vous que je suis? 16 Et Simon Pierre, répondant, dit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. 17 Et Jésus, répondant, lui dit: Tu es bienheureux, Simon Barjonas*, car la chair et le sang ne t’ont pas révélé [cela], mais mon Père qui est dans les cieux. 18 Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre*; et sur ce roc je bâtirai mon assemblée, et [les] portes du hadès ne prévaudront pas contre elle. 19 Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. 20 Alors il enjoignit aux disciples de ne dire à personne qu’il fût le Christ.

21 Dès lors Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, et qu’il souffrît beaucoup de la part les anciens et des principaux sacrificateurs et des scribes, et qu’il fût mis à mort, et qu’il fût ressuscité le troisième jour. 22 Et Pierre, le prenant à part, se mit à le reprendre, disant: Seigneur, Dieu t’en préserve*, cela ne t’arrivera point! 23 Mais lui, se retournant, dit à Pierre: Va arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale; car tes pensées ne sont pas aux choses de Dieu, mais à celles des hommes. 24 Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il se renonce soi-même, et qu’il prenne sa croix, et me suive: 25 car quiconque voudra sauver sa vie* la perdra; et quiconque perdra sa vie* pour l’amour de moi, la trouvera. 26 Car que profitera-t-il à un homme s’il gagne le monde entier, et qu’il fasse la perte de son âme*; ou que donnera un homme en échange de son âme*27 Car le fils de l’homme viendra dans la gloire de son Père, avec ses anges, et alors il rendra à chacun selon sa conduite. 28 En vérité, je vous dis: Il y en a quelques-uns de ceux qui sont ici présents, qui ne goûteront point la mort jusqu’à ce qu’ils aient vu le fils de l’homme venant dans son royaume.


v. 4: voir 12:39, 40 et Jonas 2. — v. 17: ou: fils de Jonas. — v. 18: ou: une pierre. — v. 22: litt.: Seigneur, propice pour toi! — v. 25 et 26: le terme original signifie à la fois: vie et âme.

 

 

 

 

 

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III = Ch. 13 à 20 : le service du roi en rejeté (2ème grande partie)

Chapitre 16 : première mention de l’assemblée et des souffrances de Christ

Versets 01 à 04 : un signe.

Versets 05 à 12 : des disciples oublieux.

Versets 13 à 20 : confession de Pierre. L’assemblée. Le royaume.

Versets 21 à 28 : Jésus annonce sa mort.

Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

 

v. 05 à 12

 Ch. 8 v. 13 à 21

 –

 

v. 13 à 20

 Ch. 8 v. 27 à 30

 Ch. 9 v. 18 à 21

 

v. 21 à 28

 Ch. 8 v. 31 à ch. 9 v. 1

 Ch. 9 v. 22 à 27

 

 

 

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Chapitre 28                                                            Retour au début de l’évangile selon Matthieu

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