Évangile selon MATTHIEU. 40ème livre de la Bible et premier du Nouveau Testament

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Actuellement, seuls les chapitre 1 à 8 sont en ligne. Les autres sont prévus à raison de + ou – quatre chapitres par mois

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Généralités

 

Introduction

Dans l’Ancien Testament, Dieu reste toujours caché derrière le voile. Dans le Nouveau Testament, Dieu se manifeste. Dans les Évangiles, Il se révèle comme étant doux, débonnaire, humain, Dieu sur la terre. Les évangiles racontent la vie du Seigneur et le présentent à nos cœurs, soit par ses actes, soit par ses discours, et dans les divers caractères qui, sous tous les rapports, le rendent précieux aux âmes des rachetés. Les caractères du Seigneur forment ensemble la plénitude de sa gloire personnelle pour autant que nous soyons capables d’en saisir quelque chose.

Dans les évangiles il faut cependant excepter les relations de Christ avec l’Église. Il y a bien le fait qu’il bâtirait une église mais cela aura lieu après son ascension. Et chaque évangile présente un caractère particulier de Christ. Il y a aussi la différence qui existe entre les trois premiers évangiles et celui de Jean. Les trois premiers montrent Christ présenté à l’homme, afin que l’homme le reçoive, et son rejet par l’homme. Jean, au contraire, prend dans ce rejet, le point de départ de son évangile; il présente la nature divine manifestée dans une personne en présence de laquelle l’homme et le juif se sont trouvés. Mais ils ont rejeté Jésus Christ Fils de Dieu. 


Mais l’évangile de Matthieu présente, plus précisément, l’accomplissement de la promesse de la prophétie. C’est Emmanuel au milieu des Juifs et rejeté par eux qui heurtent contre la pierre d’achoppement. Christ sème dès lors la Parole, car il était inutile de chercher du fruit. Viennent ensuite l’Église et le royaume substitués à Israël qui aurait été béni selon les promesses, mais qui les a refusées en rejetant la personne de Jésus. Jésus est avec les pauvres du troupeau qui ont écouté la parole du Seigneur, dans ce lieu, où la lumière s’est levée sur le peuple assis dans les ténèbres. La mission de baptiser part aussi de là et s’applique aux nations.

Pour faire ressortir le caractère de Matthieu, rappelons brièvement le caractère des autres évangiles. On sent d’abord combien Jean est différent des autres appelés «synoptiques ». Dans Jean, les Juifs sont traités comme des réprouvés, alors que la grâce souveraine du Père attire et l’élection y est mise en relief. Les brebis entendent sa voie mais les Juifs ne l’entendent pas, parce qu’ils ne sont pas ses brebis. Dans Jean il n’y a pas de généalogie, car il est venu d’auprès du Père et dans le monde.


Dans Matthieu il y a une généalogie qui remonte à la souche de promesses en Abraham et en David. Ce n’est pas la généalogie humaine qui remonte jusqu’à Adam. Les évangiles synoptiques racontent ainsi la manière dont Christ a été présenté aux hommes pour être reçu, puis son rejet, puis sa résurrection.

Marc et Luc mentionnent aussi son ascension. 


Dans Luc la généalogie remonte à Adam. Et lui le second homme, le dernier Adam, monte dans le ciel depuis Béthanie en bénissant les siens.

En Marc nous trouvons le serviteur et prophète. Cet évangile commence par son ministère précédé de celui de Jean Baptiste. Nous y avons à la fin, comme en Matthieu, sa rencontre avec les disciples en Galilée, après sa résurrection. Mais depuis le v. 9 du dernier chapitre de Marc, il y a aussi un appendice qui se trouve en Luc et même en Jean, qui est rapidement raconté. C’est le côté céleste de ces derniers événements et une commission plus générale et plus universelle donnée aux croyants. Elle porte le salut ou la condamnation dans toute la création sous le ciel. Le mot «évangile » signifie : bonne nouvelle.


Matthieu place devant nous le Seigneur sous le caractère de Messie promis aux Juifs. Il est appelé au ch. 1, 1 : Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. 


Chaque récit dans les évangiles est donné en raison du caractère propre. En faisant un seul récit, d’un même épisode, on ne distinguerait plus rien. Il en est ainsi tout au long des quatre évangiles, quoique ce ne soit pas toujours facile à discerner. Sous la loi, Dieu ne sortait jamais et l’homme ne pouvait pas entrer. Dans le christianisme, Dieu est sorti et l’homme est entré. Ces choses appartiennent à l’essence de chacune de ces deux économies, et à cet égard, Tite 1, 2 ; 2 Tim. 1, 9-10 ; Prov. 8, 29-31 et Rom. 16, 25 et 26 sont à méditer. Ayons le désir que Dieu  soit non seulement glorifié par nous, mais en nous. C’est là notre privilège par la grâce qui est en Christ et par notre union avec lui, qui est la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu. Plus nous sommes de petits enfants obéissants et humbles, plus nous réalisons cette glorieuse position. Un jour nous connaîtrons comme nous avons été connus. Plus Christ est objectivement notre portion et notre occupation, plus nous lui ressemblerons subjectivement. 


Remarquons encore que dans bien des manuscrits et dans des éditions de bibles, l’ordre des livres est différent. Sachant que cet arrangement des livres ne se rattache pas à la révélation elle-même. Les termes de Christ, de Messie, ou de ce qu’il en est de la traduction de «oint», sont équivalents. Les évangiles développent ainsi les caractères de Christ non d’une manière dogmatique, à part Jean dans un certain point, mais il raconte l’histoire du Seigneur de manière à la représenter dans ses divers caractères d’une manière beaucoup plus vivantes que si cela nous avait été communiqué sous forme de doctrine. 

Chapitre 1                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham :

Abraham engendra Isaac ; et Isaac engendra Jacob ; et Jacob engendra
Juda et ses frères ;

et Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar ; et Pharès engendra Esrom ; et Esrom engendra Aram ; 4 et Aram engendra Aminadab ; et Aminadab engendra Naasson ; et Naasson engendra Salmon ; et Salmon engendra Booz, de Rachab ; et Booz engendra Obed, de Ruth ; et Obed engendra Jessé ; 6 et Jessé engendra David le roi ; et David le roi engendra Salomon, de celle [qui avait été femme] d’Urie ; 7 et Salomon engendra Roboam ; et Roboam engendra Abia ; et Abia engendra Asa ; 8 et Asa engendra Josaphat ; et Josaphat engendra Joram ; et Joram engendra Ozias ; 9 et Ozias engendra Joatham ; et Joatham engendra Achaz ; et Achaz engendra Ézéchias ; 10 et Ézéchias engendra Manassé ; et Manassé engendra Amon ; et Amon engendra Josias ; 11 et Josias engendra Jéchonias et ses frères, au temps de la transportation de Babylone ; 12 et après la transportation de Babylone, Jéchonias engendra Salathiel ; et Salathiel engendra Zorobabel ; 13 et Zorobabel engendra Abiud ; et Abiud engendra Éliakim ; et Éliakim engendra Azor ; 14 et Azor engendra Sadok ; et Sadok engendra Achim ; et Achim engendra Éliud ; 15 et Éliud engendra Éléazar ; et Éléazar engendra Matthan ; et Matthan engendra Jacob ; 16 et Jacob engendra Joseph, le mari de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ.

17 Toutes les générations, depuis Abraham jusqu’à David, sont donc quatorze générations ; et depuis David jusqu’à la transportation de Babylone, quatorze générations ; et depuis la transportation de Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

18 Or la naissance de Jésus Christ arriva ainsi : sa mère, Marie, étant fiancée à Joseph, avant qu’ils fussent ensemble, se trouva enceinte par l’Esprit Saint. 19 Mais Joseph, son mari, étant juste, et ne voulant pas faire d’elle un exemple, se proposa de la répudier secrètement. 20 Mais comme il méditait sur ces choses, voici, un ange du *Seigneurlui apparut en songe, disant : Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre auprès de toi Marie ta femme, car ce qui a été conçu en elle est de l’Esprit Saint ; 21 et elle enfantera un fils, et tu appelleras son nom Jésus*, car c’est lui qui sauvera son peuple de leurs péchés. 22 Or tout cela arriva, afin que fût accompli ce que le *Seigneur a dit par le prophète, disant : 23 «Voici, la vierge sera enceinte et enfantera un fils, et on appellera son nom Emmanuel» [Ésaïe 7:14], ce qui, interprété, est : Dieu avec nous. 24 Or Joseph, étant réveillé de son sommeil, fit comme l’ange du *Seigneur le lui avait ordonné, et prit sa femme auprès de lui ; 25 et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté son fils premier-né ; et il appela son nom Jésus.


v. 20 : *Seigneur, ici et dans la suite : le Seigneur Dieu ou l’Éternel de l’Ancien Testament. — v. 21 : Jésus : transcription de l’hébreu Jéshua ou Joshua = l’Éternel [est] sauveur.

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 1                Retour au début

I = Ch. 1, 1 à 4, 11 : l’introduction du roi

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 17 : la généalotie de Jésus Christ

Versets 18 à 25 : l’ange apparaît et parle à Joseph

 

Matt. 1,

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v.01 à 17

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 Ch. 3 v. 23 à 28

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v. 18 à 25

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Le livre d’Ésaïe est beaucoup cité dans Matthieu. Dans la seconde partie, qui commence au ch. 40, il y a, dans les ch. 40 à 48, le péché du peuple en rapport avec la controverse de l’Éternel avec les idoles. Les ch. 48 à 59 font part du rejet du Messie. Depuis le ch. 59 il s’agit de la restauration du peuple. Comme conséquence de son rejet par Israël, il y a premièrement le royaume révélé tel qu’il se trouve en Matthieu ch. 13; puis l’Église au ch. 16 et enfin le royaume de la gloire au ch. 17.


Versets 1 à 17
 : la généalogie de Jésus Christ. Dans cet évangile, le Seigneur Jésus est présenté comme étant l’objet des promesses et des prophéties faites au peuple de Jéhovah. De ce fait, les citations de l’Ancien Testament sont fréquentes dont, en particulier, celles d’Ésaïe qui a beaucoup mentionné le Christ. Cela est précieux car cet évangile a été écrit en vue des croyants d’entre les Juifs afin de fortifier leur foi en la personne de leur Messie, ce Messie que le peuple avait rejeté.

La généalogie est, comme indiquée au v. 1, celle de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. Jésus Christ est donc l’héritier des promesses faites à Abraham et l’héritier du trône de David. Cette généalogie part d’Abraham et traverse trois séries de quatorze générations chacune, pour arriver à Joseph, époux de Marie, mère de Jésus. Du côté juif, la généalogie de Jésus devait être paternelle et la liste présentée est, pour eux, officielle et seule valable. Jésus, était estimé fils de Joseph parmi les Juifs (Luc 3, 23). Et pour les trois séries de quatorze générations chacune, elles correspondent aux 3 grandes phases de l’histoire d’Israël depuis l’appel d’Abraham, c’est-à-dire : 1) d’Abraham à David (v. 2 à 6). 2) de David jusqu’à la transportation à Babylone (v. 7 à 11). 3) puis après la transportation de Babylone jusqu’à la naissance de Christ (v. 12 à 16).

Dans la généalogie, des rois sont omis. Parmi eux, Joakhaz et Jehoïakim. C’est que le but était d’avoir quatorze générations dans chaque période. Il fallait aussi que cette généalogie soit reconnue par les Juifs et les rois étaient connus de chacun.

 

La venue de Christ est une pure grâce. Le Seigneur vient de la part de Dieu et apporte la grâce et la vérité. Dans cette généalogie, glorieuse pour le juif orgueilleux, il y a, à côté de noms remarquables (comme Abraham, David, Ézéchias), il y a de tristes souvenirs comme Joram, Achaz, Manassé. Cette généalogie comprend aussi des noms qu’il serait facile d’omettre dans une généalogie officielle. Mais Dieu a des raisons de les citer. Il y a quatre femmes auxquelles se rattachent des souvenirs des faits humiliants dans l’histoire des ancêtres. Tamar (v. 3) rappelle l’immoralité de Juda; Rahab (v. 5) la prostituée; Ruth (v. 5) n’a rien de déshonorant mais c’est une Moabite. Il y a aussi le nom de la mère de Salomon (v. 6) qui rappelle le grave péché de David. Ces noms font honte au cœur naturel qui cherche des sujets de gloire dans l’homme. Mais les péchés que rappellent ces noms font ressortir l’immense grâce de Dieu qui s’est occupé de tels êtres en leur donnant un Sauveur. Dieu leur a donné l’honneur de figurer dans la généalogie du Messie, il est donc vrai que là où a abondé le mal, la grâce y a surabondé (selon Rom. 5, 20).

Versets 18 à 25 : la naissance de Jésus. L’ange du Seigneur et Joseph. Le récit en est très court dans Matthieu. Mais il est suffisant pour établir, dans les Écritures, que Jésus, méconnu et rejeté par son peuple, était bien le Messie promis. L’évangéliste mentionne que sa naissance a eu lieu conformément
à la prophétie en ce que la vierge concevra et enfantera un fils et appellera son nom Emmanuel (voir Es. 7, 14).  Comme son nom l’indique (Emmanuel), si Marie mettait au monde un fils étant bien le sien, il est d’origine divine : Emmanuel. Quant au nom de Jésus, il signifie Jéhovah Sauveur. Ce nom indique que Christ est bien l’Éternel, mais l’Éternel Sauveur, entrant par la naissance dans ce monde, comme un homme, afin de sauver les pécheurs du milieu de son peuple et du monde entier. Ainsi la personne de Jésus est merveilleuse et insondable. Il est homme tout en étant Dieu. Il fallait qu’il soit homme pour pouvoir mourir, mais il fallait qu’il soit Dieu afin de pouvoir triompher de la mort, ressusciter et entrer dans la gloire. Aussi l’union de la divinité et de l’humanité de Christ était un mystère insondable que Dieu seul connaît et qui fait le sujet de notre adoration et de nos louanges dès maintenant et pour l’éternité. Cette personne est si glorieuse qu’il dit lui-même que seul le Père le connaît et que seul le Fils connaît le Père et celui à qui il voudra le révéler (selon Matt. 11, 27).

Plusieurs titres sont donnés à Jésus : l’héritier de David (voir aussi Gal. 3, 16 et Jean 7, 42); le Sauveur de son peuple; et puis le titre d’Emmanuel. Selon v. 20 à 23, ces titres se lient à sa gloire au milieu d’Israël. Ces titres impriment aussi à cet évangile son caractère, c’est-à-dire la manière dont Christ y est présenté.

Encore : les faits rapportés relativement à la naissance de Jésus sont d’une grande importance aussi bien pour les Juifs que pour nous. En effet, Dieu a daigné lier sa propre gloire à nos intérêts, c’est-à-dire à l’homme. Remarquons aussi que c’est l’ange qui dit qu’il faut mettre le nom de Jésus. Ce nom est en rapport avec la délivrance d’Israël caractérisé par l’état où le péché l’avait plongé. C’était pour sauver son peuple. Et l’ange, chose remarquable, appelle Joseph fils de David. Joseph, homme juste, simple de cœur et obéissant, discerne sans difficulté la révélation du Seigneur et il y obéit. 

Remarquons que cet évangile ne mentionne pas la crèche et ni ce qui rappelle sa pauvreté. Au contraire Dieu veille à ce que son Fils soit honoré par quelques nobles visiteurs dont les mages venus de l’Orient. Quant aux principaux parmi les Juifs, aucun n’est moralement qualifié pour venir se prosterner devant le Messie d’Israël. L’histoire est sombre, le cruel Hérode règne à Jérusalem et c’est une violation de Deut. 17, 15, car Hérode c’est un Édomite. 

 

 

 

Chapitre 2                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Or, après que Jésus fut né à Bethléhem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici, des mages de l’orient arrivèrent à Jérusalem, 2 disant : Où est le roi des Juifs qui a été mis au monde ? car nous avons vu son étoile dans l’orient, et nous sommes venus lui rendre hommage*.

Mais le roi Hérode, l’ayant ouï dire, en fut troublé, et tout Jérusalem avec lui; 4 et ayant assemblé tous les principaux sacrificateurs et scribes du peuple, il s’enquit d’eux où le Christ devait naître. Et ils lui dirent : À Bethléhem de Judée ; car il est ainsi écrit par le prophète: 6 «Et toi, Bethléhem, terre de Juda, tu n’es nullement la plus petite parmi les gouverneurs de Juda, car de toi sortira un conducteur qui paîtra mon peuple Israël» [Michée 5:2].

Alors Hérode, ayant appelé secrètement les mages, s’informa exactement auprès d’eux du temps de l’étoile qui apparaissait; 8 et les ayant envoyés à Bethléhem, il dit : Allez et enquérez-vous exactement touchant le petit enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, en sorte que moi aussi j’aille lui rendre hommage. 9 Et eux, ayant ouï le roi, s’en allèrent ; et voici, l’étoile qu’ils avaient vue dans l’orient allait devant eux, jusqu’à ce qu’elle vint et se tint au-dessus du lieu où était le petit enfant. 10 Et quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une fort grande joie. 11 Et étant entrés dans la maison, ils virent le petit enfant avec Marie sa mère ; et, se prosternant, ils lui rendirent hommage* ; et ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent des dons, de l’or, et de l’encens, et de la myrrhe. 12 Et étant avertis divinement, en songe, de ne pas retourner vers Hérode, ils se retirèrent dans leur pays par un autre chemin.

13 Or, après qu’ils se furent retirés, voici, un ange du *Seigneur apparut en songe à Joseph, disant : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, et fuis en Égypte, et demeure là jusqu’à ce que je te le dise ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. 14 Et lui, s’étant levé, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte. 15 Et il fut là jusqu’à la mort d’Hérode, afin que fût accompli ce que le *Seigneur avait dit par le prophète, disant : «J’ai appelé mon fils hors d’Égypte» [Osée 11:1]. 16 Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient joués de lui, fut fort en colère ; et il envoya, et fit tuer tous les enfants* qui étaient dans Bethléhem et dans tout son territoire, depuis l’âge de deux ans et au-dessous, selon le temps dont il s’était enquis exactement auprès des mages. 17 Alors fut accompli ce qui a été dit par Jérémie le prophète, disant: 18 «Une voix a été ouïe à Rama, [des lamentations, et] des pleurs, et de grands gémissements, Rachel pleurant ses enfants ; et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont pas» [Jérémie 31:15].

19 Or, Hérode étant mort, voici, un ange du *Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte, 20 disant : Lève-toi et prends le petit enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël ; car ceux qui cherchaient la vie du petit enfant sont morts. 21 Et lui, s’étant levé, prit le petit enfant et sa mère, et s’en vint dans la terre d’Israël; 22 mais, ayant ouï dire qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode son père, il craignit d’y aller ; et ayant été averti divinement, en songe, il se retira dans les quartiers de la Galilée, 23 et alla et habita dans une ville appelée Nazareth ; en sorte que fût accompli ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazaréen*.

—  v. 2 : se dit à l’égard de Dieu et à l’égard des hommes. — v. 11 : rendre hommage, ailleurs adorer (Jean 4:20-24). — v. 16 : plutôt : enfants mâles. — v. 23 : pour ce nom, comparer aussi Ésaïe 11:1, où l’hébreu de branche est «nétser».

 

 

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 2               Retour au début

Ch. 1, 1 à 4, 11 : l’introduction du roi

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 12 : les mages

Versets 13 à 18 : Hérode et les enfants de Bethléhem

Versets 19 à 23 : le retour de l’Égypte

 

Les récits de Matthieu ch.2 ne se trouvent pas dans les autres évangiles


Versets 1 à 12
 : les mages. Ils comprirent, par une étoile, que le roi des Juifs était né. Les mages s’occupaient, entre autres sciences, d’astrologie et de magie. Ils étaient un honneur dans les cours royales. Mais ceux de ces versets sont sans doute pieux car ils savaient qu’un roi était promis aux Juifs (cf Nom. 24, 17 par exemple). Les mages se mettent alors en route afin de rendre hommage au roi des Juifs. Mais, arrivés à Jérusalem, ils ne remarquent pas une population heureuse. En fait, le peuple d’Israël n’attendait pas plus son roi que les chrétiens n’attendent aujourd’hui la venue de Jésus (cf 1 Thes. 1, 10). La venue des mages met Hérode et Jérusalem en émoi. Cet émoi, ce trouble, font comprendre dans quel triste état se trouve le peuple. Pourtant ce peuple qui avait été ramené de captivité, conservé sur la terre au travers de mille difficultés, gémit maintenant sous le joug des Romains avec Hérode, un roi exécrable. Et bien ce peuple, malgré les Écritures en leur possession, n’attend pas l’arrivée du Fils de David. Au contraire, sa naissance les trouble. La présence de Dieu gène les hommes plus que leurs maux et leurs peines. Il en va donc de même pour le temps de l’Église. Malgré toute la lumière à disposition … on n’attend pas le Seigneur. Pourtant la Parole est là pour montrer clairement qu’il va venir, mais on perd de vue cette vérité qui déplaît au cœur naturel. À Jérusalem, l’homme le plus troublé est le roi Hérode. Il l’est à tel point qu’il fait venir secrètement les mages (v. 7). Puis dans les v. 11 et 12, il ressort que Dieu qui veille sur son Fils. Il faut qu’il reçoive, à son entrée dans ce monde, les honneurs dus à un roi. Les chefs de son peuple n’étant pas en état de le faire, ce sont ces mages qui accomplissent ce service. Puis Dieu ne permet pas que les mages retournent vers Hérode.

En Luc, ce sont quelques bergers qui voient aussi le Seigneur. Dès le début de sa vie ici-bas, le précieux Sauveur a été  méconnu et méprisé. Mais alors comme aujourd’hui, Dieu a toujours appelé quelques-uns pour le discerner, le recevoir et l’honorer.

L’Hérode dont il est question, est Hérode le Grand, d’origine Iduméenne, c’est-à-dire issu d’Édom. Par ses nombreux mariages, il était allié à la célèbre famille des Macchabées, famille juive. C’est par cette finesse qu’il obtint des Romains le trône de Judée. Hérode est un tyran cruel et ambitieux; il faisait mourir tous ceux qui lui portaient ombrage, que ce soit parmi le peuple ou dans sa famille. Pour rendre son règne tolérable aux Juifs, qui le haïssaient, il fit restaurer splendidement le temple de Jérusalem, travaillant 46 ans à cette reconstruction (selon Jean 2, 20). Puis Hérode mourut l’année après le massacre des enfants de Bethléhem, après un règne de 34 ans. Son fils Archélaüs, qui lui succéda, fut aussi cruel que son père; mais son règne fut court. Puis l’Hérode dont il est question dans les évangiles, pendant le ministère du Seigneur, était un autre fils d’Hérode le Grand. Cet autre fils était tétrarque de la Galilée (selon Luc 3, 1) et il régna jusqu’à la mort du Seigneur. Hérode, nommé Hérode Agrippa I, dont il est question en Actes 12, était petit-fils d’Hérode le Grand et roi de Judée. Agrippa II, fils d’Agrippa I, était aussi un Hérode. 

Encore, à propos de l’étoile : remarquons qu’elle n’a pas conduit les mages de leur contrée jusqu’en Judée. Ce qui ressort, c’est que Dieu a voulu faire connaître le témoignage de la naissance du Sauveur à Hérode et aux chefs du peuple. Ici donc, les mages retrouvent l’étoile qu’ils avaient vue de leur pays et elle les conduit à la maison où était le petit enfant, suite à la parole qui disait que Jésus allait naître à Bethléhem. La visite des mages a lieu quelque temps après la naissance de Jésus; en effet, ils avaient d’abord vu, sans doute, l’étoile à l’époque de sa naissance. Puis Hérode, dans ses calculs, se dirige d’après le moment de l’apparition de l’étoile dont il s’était renseigné auprès des mages. Leur voyage a pris un certain temps puisque la naissance de Jésus est racontée au chapitre premier. C’est pourquoi le v. 1 du ch. devrait être traduit : « Or Jésus ayant été né » ; mais cela ne peut pas se dire en français. Remarquons aussi que les prophéties de l’Ancien Testament sont citées de trois manières à ne pas confondre, par : 1) Afin que fût accompli (Matt. 1, 22; 2, 15). 2) En sorte que fût accompli (Matt. 2, 23). 3) Alors fût accompli. (Matt. 2, 17).

Ces nuances répondent à la pensée du passage et se complètent l’une l’autre.


Versets 13 à 18 : Hérode et les enfants de Bethléhem. Dieu veille sur l’enfant divin qui est exposé à la haine de Satan et des hommes. Il parle en songe aux mages puis à Joseph. Au-dessus des hommes, il y a Dieu et Hérode l’ignore (voir Ps. 97, 7). La colère d’Hérode (v. 16), est facile à comprendre. Satan en est à la base. L’effort de Satan, démontré dans un tableau symbolique (voir Apoc. 12, 4), a pour but de  dévorer l’enfant mâle qui devait naître de la femme, la femme étant un symbole d’Israël. Ici, Hérode décide de faire tuer tous les petits enfants mâles depuis l’âge de deux ans et au-dessous. On en déduit qu’il s’est écoulé environ deux ans depuis que l’étoile était apparue aux mages d’Orient. À ce moment-là Jésus était dans sa 2ème année. En rapprochant les autres événements, on peut penser que les bergers n’étaient pas là en même temps que les mages puisque les bergers apparaissent à la naissance de Jésus. Les mages arrivèrent plus tard. Il y a donc un massacre (v. 16). Ce massacre est l’accomplissement d’une prophétie, celle de Jér. 31, 15. Il est triste de penser que l’un des premiers effets de la présence de Christ ici-bas fut le massacre de petits enfants. Cela indique, une fois de plus, ce qu’est le cœur de l’homme. Mais ces enfants auront part à la gloire de Christ. C’est beau. Et si la terre se vide, c’est pour remplir le ciel. 


Versets 19 à 23 : le retour de l’Égypte. Joseph, qui avait obéit pour s’en aller, obéit pour revenir. Joseph, en apprenant qu’Archélaüs règne en Judée, est craintif. Alors, par un autre songe, il se retire en Galilée et se fixe à Nazareth. C’est le lieu où Joseph habitait auparavant puisqu’il était allé, avec Marie, à Bethléhem en vue du recensement ordonné par Auguste. Christ allait s’appeler « Nazaréen » (v. 23 + cf És. 11, 1). Ce terme indique non seulement qu’il venait de cette ville, dont le nom signifie « séparé, consacré » mais désigne aussi le caractère de Jésus comme le vrai nazaréen, l’homme absolument séparé de toute influence de ce monde pour servir Dieu dans une parfaite consécration. Sa perfection, comme nazaréen, provenait de sa divinité et se réalisait dans sa parfaite humanité.

La bourgade de Nazareth et la Galilée étaient méprisées des Juifs. Pourtant les Galiléens étaient aussi des Juifs. Jésus vint ainsi dans l’humilité pour nous sauver. Il est l’homme de douleur (Es. 53, 3). Il doit fuir la persécution et rentrer dans son pays; il doit se retirer dans une contrée méprisée. Puis là, dans l’humilité, il passe trente années sur lesquelles nous n’avons pas de détails, sauf ce qui est dit en Luc 2, 41 à 52 et en Marc 6, 3. Nous y apprenons qu’il est charpentier.

Nazareth implique donc aussi la racine de David selon la note du v. 23  (Bible J.N. Darby) : « pour le nom de Nazareth, comparer aussi És. 11, 1, où l’hébreu de la branche est « nétser ». Ce que nous trouvons à Nazareth est comme une préface qui indique ce que sera le livre de la vie de Jésus. Le chapitre 3 commencera avec le témoignage précis de Jean-Baptiste qui va devant la face de l’Éternel. C’est le témoignage clair et précis de Mal. 3, 1.

 

 

 

Chapitre 3                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Or, en ces jours-là vient Jean le baptiseur, prêchant dans le désert de la Judée*, 2 et disant : Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché. 3 Car c’est ici celui dont il a été parlé par Ésaïe le prophète, disant : «Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du *Seigneur, faites droits ses sentiers» [Ésaïe 40:3]. 4 Or Jean lui-même avait son vêtement de poil de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins ; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.

5Alors Jérusalem, et toute la Judée, et tout le pays des environs du Jourdain, sortaient vers lui; 6 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, confessant leurs péchés.

Et voyant plusieurs des pharisiens et des sadducéens venir à son baptême, il leur dit : Race de vipères, qui vous a avertis de fuir la colère qui vient ? 8 Produisez donc du fruit qui convienne à la repentance 9 et ne pensez pas de dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ; car je vous dis que Dieu peut, de ces pierres, susciter des enfants à Abraham. 10 Et déjà la cognée est mise à la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. 11 Moi, je vous baptise d’eau pour la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses sandales : lui vous baptisera de l’Esprit Saint et de feu. 12 Il a son van dans sa main, et il nettoiera entièrement son aire et assemblera son froment dans le grenier ; mais il brûlera la balle au feu inextinguible*.

13 Alors Jésus vient de Galilée au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui; 14 mais Jean l’en empêchait fort, disant : Moi, j’ai besoin d’être baptisé par toi, et toi, tu viens à moi ! 15 Et Jésus, répondant, lui dit : Laisse faire maintenant, car ainsi il nous est convenable d’accomplir toute justice. Alors il le laissa faire. 16 Et Jésus, ayant été baptisé, monta aussitôt, s’éloignant de l’eau; et voici, les cieux lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe, et venir sur lui. 17 Et voici une voix qui venait des cieux, disant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir.
— v. 1 : voir Josué 15:61. — v. 12 : qui ne s’éteint pas.


 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 3               Retour au début

I =  Ch. 1, 1 à 4, 11 : l’introduction du roi
Ce chapitre présente :
Versets 01 à 12 : la prédication de Jean le baptiseur
Versets 13 à 17 : le baptême de Jésus

Matt. 3

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v. 01 à 12

 Ch. 1 v. 01 à 08

 Ch. 3 v. 01 à 18

 –

v. 13 à 17

 Ch. 1 v. 09 à 11

 Ch. 3 v. 21 à 23

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Versets 1 à 12 : la prédication de Jean le baptiseur. Sa mission d’annoncer et de préparer la venue du Seigneur; c’est un précurseur; c’est la voix de celui qui crie dans le désert, en disant: « Préparez le chemin du Seigneur, faites droit ses sentiers » (Es. 40, 3). Il s’agit d’une préparation morale pour la réception du roi … comme ce qui se passait autrefois lorsque les chemins étaient préparés. On enlevait alors tous les obstacles, on nivelait, on redressait, de manière à faciliter la marche du roi et de sa suite, car les routes n’étaient pas entretenues comme elles le sont aujourd’hui.

Matthieu ne mentionne, comme Luc, la naissance de Jean. Ici, comme en Marc, Jean apparaît soudain, prêchant dans le désert de la Judée. Mais pourquoi prêcher dans le désert ? … parce que le désert représente le cœur du peuple, le cœur naturel de tout homme devant Dieu. Jean portait le vêtement des prophètes (voir 2 Rois 1, 8). Il était entièrement séparé du monde et se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage (v. 4). Les sauterelles, grosses et abondantes en Orient, servent peut-être encore à l’alimentation des habitants de ces contrées. Ce qui est sûr, c’est que celui qui vit pour Dieu, séparé de ce monde, ne se nourrit pas de ce que le monde peut fournir. Celui qui reçoit le ministère de Jean se repent, et reçoit le baptême qu’il prêche, celui de la repentance. Il est alors rendu propre pour recevoir le Messie. Aujourd’hui (2017) le principe est le même en ce que tout pécheur qui confesse ses péchés et qui reconnaît le jugement qu’il a mérité, peut recevoir le ciel et dire avec le psalmiste : « Tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (Ps. 32, 5).

Puis (v. 7 et suivants), il y a la scène avec les pharisiens. Jean les taxe comme étant une « race de vipères ». En effet, pour recevoir le baptême, et avoir part au royaume des cieux, il faut être conscient et ne pas mépriser les droits de Dieu. Or, les pharisiens et les sadducéens méprisaient ces droits. C’est pourquoi Jean ajoute « Produisez donc du fruit qui convienne  à la repentance ». Autrement dit : reconnaissez avec droiture votre état de péché. Il faut des fruits qui prouvent la réalité de ce que l’on professe. Se vanter d’une position d’enfants d’Abraham ne suffit pas. C’est pourquoi Jean ajoute encore que le jugement ne s’exécutait pas encore. La hache n’était pas encore levée mais elle était déjà posée auprès de l’arbre, prête à frapper, si les fruits de la repentance ne se produisaient pas.

Alors (v. 11 et 12) Jean annonce l’arrivée de Jésus qui ne baptiserait pas d’eau mais de l’Esprit Saint et de feu. L’Esprit Saint sera la puissance de vie. Et le feu est le signe du jugement de Christ sur ceux qui ne le recevraient pas. Quant au van, il sert à séparer la balle du grain lorsque le blé est battu. L’aire était Israël et l’Éternel venait pour accomplir ce triage et exécuter plus tard le jugement. 


Versets 13 à 17 : le baptême de Jésus et le Saint Esprit descendant sur Jésus. Quelle scène merveilleuse que celle du baptême de Jésus ! … un jour, un homme arrive, le plus humble de tous. Il vient de Nazareth et demande, lui aussi, le baptême.  Jean le reconnaît (voir Jean 1, 29 à 31). Quel mystère ! Cet homme, au lieu de paraître dans l’éclat de sa gloire messianique, vient en grâce se joindre aux pécheurs repentants. Il prend place au milieu d’eux et les accompagne dès leurs premiers pas dans le chemin que Dieu leur ouvre. Jésus est là pour les sortir de leur triste condition et pour les conduire aux bénédictions qu’il apporte ! Les pécheurs repentants étaient les seuls sur la terre d’Israël en qui Jésus put prendre plaisir.

Puis (v. 16 et 17), le Saint Esprit descendant sur Christ. Dieu, de sa demeure céleste, contemple cette scène merveilleuse dans laquelle Jésus se confond avec les autres hommes, en refusant toute distinction. Alors Dieu lui-même, publiquement, proclame ce qui distingue son Fils. Et, lorsque Jésus fut baptisé, les cieux s’ouvrent et une voix se fait entendre dans ce moment sublime « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir ». Ces choses merveilleuses sont présentées comme le ciel qui s’ouvre avec la voix de Dieu qui proclame que Jésus est son Fils. En plus, la trinité qui se manifeste pour la première fois, en ce que le Père envoie le Saint Esprit sur le Fils. Le Seigneur est scellé du Saint Esprit en vertu de sa nature divine. Puis, dans la puissance de cet Esprit, cet homme divin accomplira son ministère de grâce au milieu des hommes. Quant au croyant il ne peut être scellé du Saint Esprit qu’une fois accomplie l’œuvre expiatoire de Christ. Et la forme sous laquelle le Saint Esprit descend sur Christ exprime, par cette colombe : humilité, grâce, douceur, c’est-à-dire ce qui a caractérisé Jésus dans son service d’amour ici-bas.

Encore : la position que le Fils prend montre que ce Fils, contre lequel les principaux consultent, est bien reconnu de l’Éternel (comme au Ps. 2, 1-4). Quant à la trinité, si le Saint Esprit se trouve partout dans l’Ancien Testament, la pleine révélation des trois personnes de l’unité de Dieu, base du christianisme, est réservée pour le moment où le Fils de Dieu prend sa place au milieu des pauvres de son troupeau. Quelle grâce que celle du christianisme ! Rappelons que l’expression « royaume des cieux » ne se trouve qu’en Matthieu. Ce royaume des cieux, c’est le royaume de Dieu, mais le royaume de Dieu prenant particulièrement le caractère de royaume céleste. Plus loin, ce royaume sera séparé en royaume de notre Père, puis en royaume du Fils de l’homme. Cette dispensation devait remplacer celle de Sinaï.


Dans la figure des arbres, les seuls hommes qui étaient réellement bons étaient ceux qui se confessaient mauvais. Remarquons que Jean Baptiste ne présente pas, ici, le Messie comme le Sauveur venu en grâce mais comme un chef venu du royaume et comme Jéhovah qui devait exécuter le jugement si le peuple ne se repentait pas. Ainsi, la loi et les prophètes ont été jusqu’à Jean. Une chose nouvelle, qui est le royaume des cieux, est alors annoncée. La fin de l’histoire du peuple de Dieu en jugement est aussi annoncée. La cognée est mise à la racine des arbres. Le van est dans la main de celui qui vient. Le froment est assemblé dans le grenier de Dieu. La balle est brûlée, expression qui signifie, comme indiqué plus haut, la fin de l’histoire du peuple de Dieu en jugement. C’est un terrain dans lequel l’homme est perdu et attend le
jugement. L’histoire de l’homme responsable est close. C’est pourquoi, ailleurs, il est dit : en la consommation des siècles (Héb. 9, 26). Jésus a été manifesté une fois par l’abolition du péché par son sacrifice. Ceux qui sont sauvés, dont font partie ceux qui appartiennent au résidu juif, auront part à l’éternité dans le ciel. Mais Christ étant rejeté, l’histoire de la responsabilité est finie et nous entrons en pure grâce comme des êtres qui étaient voués à la perdition.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Chapitre 4                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Alors Jésus fut emmené dans le désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. 2 Et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, après cela il eut faim. 3 Et le tentateur, s’approchant de lui, dit: Si tu es Fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains. 4 Mais lui, répondant, dit: Il est écrit: «L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu» [Deutéronome 8:3].

Alors le diable le transporte dans la ville sainte, et le place sur le faîte du temple*, 6 et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas, car il est écrit: «Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet, et ils te porteront sur [leurs] mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre» [Psaume 91:11-12]. 7 Jésus lui dit: Il est encore écrit: «Tu ne tenteras pas le *Seigneur ton Dieu» [Deutéronome 6:16].

Le diable le transporte encore sur une fort haute montagne, et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire, 9 et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si, te prosternant, tu me rends hommage*10 Alors Jésus lui dit: Va-t’en, Satan, car il est écrit: «Tu rendras hommage* au *Seigneur ton Dieu, et tu le serviras** lui seul» [Deutéronome 6:13].

11 Alors le diable le laisse: et voici, des anges s’approchèrent et le servirent*.

12 Or, ayant ouï dire que Jean avait été livré, il se retira en Galilée; 13 et ayant quitté Nazareth, il alla demeurer à Capernaüm, qui est au bord de la mer*, sur les confins de Zabulon et de Nephthali, 14 afin que fût accompli ce qui avait été dit par Ésaïe le prophète, disant:  15  «Terre de Zabulon, et terre de Nephthali, chemin de la mer au delà du Jourdain, Galilée des nations: 16 le peuple assis dans les ténèbres a vu une grande lumière; et sur ceux qui sont assis dans la région et dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée» [Ésaïe 9:1-2]. 17 Dès lors Jésus commença à prêcher et à dire: Repentez-vous, car le royaume des cieux s’est approché.

18 Et comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient un filet dans la mer, car ils étaient pêcheurs; 19 et il leur dit: Venez après moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. 20 Et eux aussitôt, ayant laissé leurs filets, le suivirent. 21 Et, passant de là plus avant, il vit deux autres frères, Jacques le [fils] de Zébédée, et Jean son frère, dansla nacelle avec Zébédée leur père, raccommodant leurs filets, et il les appela; 22 et eux aussitôt, ayant quitté la nacelle et leur père, le suivirent.

23 Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute sorte de maladies et toute sorte de langueurs parmi le peuple. 24 Et sa renommée se répandit dans toute la Syrie; et on lui amena tous ceux qui se portaient mal, qui étaient affligés de diverses maladies et de divers tourments, et des démoniaques, et des lunatiques, et des paralytiques, et il les guérit. 25 Et de grandes foules le suivirent de la Galilée, et de Décapolis, et de Jérusalem, et de Judée, et de par delà le Jourdain.

— v. 5: ici et ailleurs: le temple en général, l’ensemble des cours et bâtiments sacrés. — v. 9, 10*: adorer; voir note à 2:11. — v. 10**: servir, ici (et ailleurs) dans le sens de rendre culte. — v. 11: ici, servir, dans le sens propre. — v. 13: ici, la mer de Galilée ou lac de Tibériade ou de Génésareth. — v. 21: ou: en nacelle, à bord, ainsi souvent.

 

 

 

 

Commentaires sur le chapitre 4                Retour au début

I  Ch. 1, 01 à 04, 11 : l’introduction du roi

II Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Ce chapitre présente :
Versets 01 à 11 – la tentation (comprenant l’obéissance, la dépendance, la mondanité).
Versets 12 à 17 – le retour de Jésus en Galilée.
Versets 18 à 22 – l’appel des disciples
Versets 23 à 25 – l’activité de Jésus

 

Matt. 4

 Voir Marc

Voir Luc

Voir Jean

v. 01 à 11

 Ch. 1 v. 12 et 13

 Ch. 4 v. 01 à 13

 –

v. 12

 Ch. 1 v. 14

 Ch. 4 v. 14

 Ch. 4 v. 01 à 03

v. 13 à 16

 –

 Ch. 4 v. 31a

 –

v. 17

 Ch. 1 v. 14 et 15

 Ch. 4 v. 14 et 15

 Ch. 4 v. 43 et 45

v. 18 à 22

 Ch. 1 v. 16 à 20

 Ch. 5 v. 1 à 11

 –

v. 23 à 25

 Ch. 1 v. 35 à 39

 Ch. 4 v. 42 à 44

 –

Versets 1 à 11 : la tentation. À la fin du chapitre précédent, l’action de la Trinité (le Père, le Fils, le Saint Esprit) a été relevée, de même que la relation de Jésus avec Dieu. L’ennemi de nos âmes, le diable, ne supporte pas ces qualités d’action et de relation. Dans les tentations, le Seigneur est le Fils de Dieu mais aussi le Fils de l’homme et c’est comme tel qu’il veut obéir à Dieu. Pour nous-mêmes, les croyants qui sommes en relation avec les personnes divines, le combat avec l’ennemi de nos âmes est constant. Il faut que Jésus y entre et combatte pour nous. Et c’est ce que nous voyons dans les v. 1 à 11. Jésus fait notre place avec Dieu et il prend notre place vis-à-vis de l’ennemi pour lier l’homme fort qui nous tenait captif. Jésus prend donc notre position dans le combat. C’est solennel. Tout dépend de sa victoire. Si le second Adam avait failli comme le premier, tout serait fini, tout serait perdu. Mais cela n’était pas possible, ne se pouvait pas. Jésus, comme homme, a vaincu pour nous, a vaincu Satan. Satan voulait le faire sortir de sa d’homme en lui disant, dans ce qui constitue la première épreuve ou tentation : « Si tu es Fils de Dieu ». Et le Père venait de le reconnaître comme tel. En lui proposant de faire des pains avec des pierres, Satan veut le faire sortir de sa position d’homme. Mais le Fils de Dieu, restant dans sa position d’homme serviteur, répond que l’homme vivra de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Bel et parfait exemple ! Un seul texte des Écritures suffit pour réduire au silence le diable. Relevons encore que ce combat n’est pas livré en Éden, au milieu de jouissance qui témoigne de la beauté de Dieu, mais il s’est livré dans le désert, après quarante jours de jeûne ! Aujourd’hui (2017), Dieu nous accorde la grâce de nous servir de la Parole ! … la Parole entre nos mains pour obéir à Dieu dans ce monde, pour savoir se fier à Lui.

 

Dans la seconde épreuve que subit le Seigneur, pour nous, Satan dit à Jésus de se jeter en bas depuis le faîte du temple. Mais Dieu sera fidèle à la promesse du Ps. 91, 11 et 12 : « Car il commandera à ses anges à ton sujet, de te garder en toutes tes voies : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre une pierre. » obéir à Satan eût été sortir du chemin de l’obéissance. Dans ce chemin d’obéissance, il faut compter sur Dieu et ne pas, comme Satan, le tenter. En fait, l’expression « tenter Dieu » revient à ne pas se fier à Lui. À l’opposé, la perfection est de se confier en Lui et de lui obéir. C’est ce que fait Jésus, homme, parfait modèle. Il faut donc suivre un chemin d’obéissance et dépendre de Lui. Alors, au terme de ces deux premières épreuves, les deux éléments de la vie du nouvel homme, dans la vie de Christ en nous, sont là : l’obéissance et la dépendance. Christ en était la parfaite illustration. Lorsque Satan présente traîtreusement la Parole comme un piège, la Parole suffit comme réponse parfaite pour conduire les pas et les pensées de l’homme.
La  première tentation est en rapport avec une chose nécessaire au corps, alors que la deuxième est une tentation spirituelle. Et tenter Dieu dans ce sens, c’est faire quelque chose pour éprouver la vérité de ce qu’il a dit. Dans le Ps. 91, 11 et 12 cité, Satan omet une partie de ce psaume, à savoir « de te garder en toutes tes voies ». Ces voies étaient des voies d’obéissance. Hors de ces voies d’obéissance, nous ne pouvons plus compter sur la protection divine. 


Dans la troisième épreuve, Satan se découvre. Il n’agit plus par ruse mais offre le monde et sa gloire au Seigneur s’il lui rend hommage ! Tomber dans ce piège, c’est se trahir. Ce qu’il faut, c’est résister au diable et il s’enfuira. Le monde, c’est l’appât que Satan peu offrir pour qu’on le suive. Jésus répond encore par la Parole en disant : « Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu » (Deut. 6, 13). Cette parole suffit pour la défaite certaine de l’ennemi des âmes. Au v. 11, le diable quitte le Sauveur; si l’homme a dû combattre et vaincre par l’obéissance aussi simple, alors les anges de Dieu lui-même sont là pour le servir. En terminant cette section, remarquons une fois encore la manière dont le Seigneur a fait et pris notre place au côté de Dieu, cela en rapport avec Dieu, par son œuvre, mais aussi par le combat où il a lié l’homme fort. La troisième et dernière tentation est en rapport avec la gloire du monde. Pour recevoir la domination des mains de Dieu, Jésus préfère passer par la mort plutôt que de reconnaître Satan pour recevoir quelque chose de lui. Satan donne bien son pouvoir à l’homme (cf Dan. 11, 39) mais, à la fin, il sera détruit par le souffle de la bouche de son vainqueur à la croix (cf 2 Thes. 2, 8; Apoc. 13). Par son ministère, Christ a pillé les biens de Satan (voir Act. 10, 38). 


Versets 12 à 17 : le retour de Jésus en Galilée. Jésus va exercer son ministère au milieu du peuple tout en annonçant l’évangile du royaume. En Galilée, ayant quitté Nazareth, il demeure à Capernaüm. C’est un endroit qui est appelé « sa ville ». C’est là que la lumière, selon la prophétie, doit briller (voir És. 9, 1 et 2). Matthieu présente alors celui qui est le sujet de la prophétie. Il commence son témoignage avec les pauvres du troupeau. Capernaüm est l’endroit voulu de Dieu. Les actes de Jésus ont accompli cette prophétie. Jésus, tout comme Jean l’avait publié, annonçait un appel à la repentance. Le royaume s’est approché et sa puissance devait venir d’en-haut sur la terre. Aujourd’hui, le roi est assis dans le ciel sur le trône du Père et le royaume existe en mystère


Versets 18 à 22 : l’appel des disciples. Le tableau complet se trouve au chapitre 10. L’on peut relever, ici, la puissante attraction de l’appel du Seigneur. Il attache les âmes à Lui. Les disciples quittent tout et tout autre lien est rompu. L’appel va faire d’eux des pécheurs d’hommes. 


Versets 23 à 25 : l’activité de Jésus. Tout son ministère est résumé dans le seul v. 23 : « Et Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, et prêchant l’évangile du royaume, et guérissant toute sorte de maladies et toute sorte de langueurs parmi le peuple »Un résumé plus complet de ce ministère est complété, avec intention, par les v. 17 à 22. Quant aux v. 24 et 25, ils annoncent l’effet de ce ministère en Palestine et dans toutes les contrées avoisinantes. Il s’agissait d’un ministère accompagné d’une puissance propre à attirer l’attention. La puissance de Dieu manifestée en bonté sur la terre est là. Il faut aussi que les disciples, comme la multitude, comprennent quel était le vrai caractère de ce royaume qui allait être introduit. Il faut aussi savoir qui y aura part et, par conséquent, comment y entrer ! Le ministère de Jean le baptiseur, du reste, avait détaché un résidu de la masse pénitente du peuple.


Encore : dans l’évangile selon Matthieu, l’Esprit de Dieu mentionne le ministère de Jésus après la mort de Jean le baptiseur. Dès lors, Jésus est positionné au milieu d’Israël et est en même temps exposé à toutes les tentations de Satan. Puis sa position prophétique, annoncée par Ésaïe, ainsi que la proclamation du royaume sont présents et sont proches.

Au jour où Christ régnera, la bénédiction s’étendra dans toutes les limites et jusqu’aux extrémités de la terre. Certains pays mêmes, telle que l’Assyrie et l’Égypte seront particulièrement favorisés (voir Es. 19,  24 et 25). 

 

Chapitre 5                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Or, voyant les foules, il monta sur la montagne* ; et lorsqu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui ; et ayant ouvert la bouche, il les enseignait, disant : Bienheureux les pauvres en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux ; 4 bienheureux ceux qui mènent deuil, car c’est eux qui seront consolés ; 5 bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront de la terre* ; 6 bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c’est eux qui seront rassasiés ; 7 bienheureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite ; bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu ; 9 bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu ; 10 bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux. 11 Vous êtes bienheureux quand on vous injuriera, et qu’on vous persécutera, et qu’on dira, en mentant, toute espèce de mal contre vous, à cause de moi. 12 Réjouissez-vous et tressaillez de joie, car votre récompense est grande dans les cieux ; car on a persécuté ainsi les prophètes qui ont été avant vous.

13 Vous êtes le sel de la terre* ; mais si le sel a perdu sa saveur, avec quoi sera-t-il salé ? Il n’est plus bon à rien qu’à être jeté dehors et à être foulé aux pieds par les hommes.

14 Vous êtes la lumière du monde : une ville située sur une montagne ne peut être cachée. 15 Aussi n’allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. 16 Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, en sorte qu’ils voient vos bonnesœuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux.

17 Ne pensez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes : je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir ; 18 car, en vérité, je vous dis : Jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, un seul iota ou un seul trait de lettre ne passera point de la loi, que tout ne soit accompli. 19 Quiconque donc aura supprimél’un de ces plus petits commandements et aura enseigné ainsi les hommes, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; et quiconque l’aura pratiqué et enseigné, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. 20 Car je vous dis que, si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

21 Vous avez ouï qu’il a été dit aux anciens : «Tu ne tueras pas ; et quiconque tuera, sera passible du jugement». 22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère légèrement contre son frère sera passible du jugement ; et quiconque dira à son frère : «Raca*», sera passible [du jugement] du sanhédrin ; et quiconque dira «fou», sera passible de la géhenne** du feu. 23 Si donc tu offres ton don à l’autel, et que là il te souvienne que ton frère a quelque chose contre toi, 24 laisse là ton don devant l’autel, et va d’abord, réconcilie-toi avec ton frère ; et alors viens et offre ton don. 25 Mets-toi promptement d’accord avec ta partie adverse, pendant que tu es en chemin avec elle, de peur que ta partie adverse ne te livre au juge, et que le juge ne te livre au sergent, et que tu ne sois jeté en prison ; 26 en vérité, je te dis : Tu ne sortiras point de là, jusqu’à ce que tu aies payé le dernier quadrant*.

27 Vous avez ouï qu’il a été dit : «Tu ne commettras pas adultère». 28 Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter, a déjà commis adultère avec elle dans son cœur. 29 Mais si ton œil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un de tes membres périsse, et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne*. 30 Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu’un de tes membres périsse, et que tout ton corps ne soit pas jeté dans la géhenne*.
31 Il a été dit aussi : «Si quelqu’un répudie sa femme, qu’il lui donne une lettre de divorce*». 32 Mais moi, je vous dis que quiconque répudiera sa femme, si ce n’est pour cause de fornication, la fait commettre adultère ; et quiconque épousera une femme répudiée, commet adultère.

33 Vous avez encore ouï qu’il a été dit aux anciens : «Tu ne te parjureras pas, mais tu rendras justement au *Seigneur tes serments». 34 Mais moi, je vous dis de ne pas jurer du tout ; ni par le ciel, car il est le trône de Dieu ; 35 ni par la terre, car elle est le marchepied de ses pieds ; ni par Jérusalem, car elle est la ville du grand Roi. 36 Tu ne jureras pas non plus par ta tête, car tu ne peux faire blanc ou noir un* cheveu. 37 Mais que votre parole soit : Oui, oui ; non, non* ; car ce qui est de plus vient du mal**.

3Vous avez ouï qu’il a été dit : «Œil pour œil, et dent pour dent». 39 Mais moi, je vous dis : Ne résistez pas au mal ; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre ; 40 et à celui qui veut plaider contre toi et t’ôter ta tunique, laisse-lui encore le manteau ; 41 et si quelqu’un veut te contraindre de faire un mille, vas-en deux avec lui. 42 Donne à qui te demande, et ne te détourne pas de qui veut emprunter de toi.

43 Vous avez ouï qu’il a été dit : «Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi». 44 Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, [bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent], et priez pour ceux qui [vous font du tort et] vous persécutent, 45 en sorte que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes. 46 Car si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense avez-vous ? Les publicainsmême n’en font-ils pas autant ? 47 Et si vous saluez vos frères seulement, que faites-vous de plus [que les autres] ? Les nationsmême ne font-elles pas ainsi ? 48 Vous, soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait.


— v. 1 : la montagne en contraste avec la plaine. — v. 5 et 13 : ou : pays ; voir Psaume 37:11. Hériter du pays (ou posséder le pays), c’était, pour un Juif, hériter de la terre, et vice versa. — v. 13 : ou : pays. — v. 16 : plutôt : justes et droites— v. 19 : ou : violé. — v. 22* : stupide, — vaurien. — v. 22** : voir note à 11:23. — v. 26 : le quart d’un as ou sou romain. — v. 29, 30 : voir note à 11:23. — v. 31 : Deutéronome 24:1. — v. 36 : un seul. — v. 37* : c. à d. : franchement oui et franchement non. — v. 37** : ou : du méchant, ici et 6:13. — v. 46 :  publicains : voir note à 9:10. — v. 47 : les peuples non juifs.

 

 

 

 

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II à Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 12 : le caractère pour avoir part au royaume et la portion qu’ils auront

Versets 13 à 16 : leur position dans le monde

Versets 17 à 48 : les rapports des principes du royaume avec la loi


Pour ch. 5 à 8 v. 1 de Matthieu, voir Luc 6 v. 20 à 7 v. 1. Il n’y a pas de corres-pondance dans les évangiles de Marc et de Jean


Ce chapitre 5 s’intègre et 
forme un tout avec les ch. 6 et 7. Les chapitres se divisent ainsi :

6, 01 à 18 : l’esprit dans lequel les disciples de Jésus doivent faire les bonnes œuvres

6, 19 à 34 : la séparation d’avec l’esprit du monde

7, 01 à 06 : l’esprit des rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes

7, 07 à 12 : la confiance en Dieu

7, 13 à 23 : l’énergie qui doit les caractériser  pour entrer dans le royaume et le moyen pour eux de discerner

7, 13 à 23 : ceux qui chercheront à les tromper. Vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper

7, 24 à 29 : enfin l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur, la vraie sagesse à ceux qui l’écoutent. 

Dans le chapitre 5, le Seigneur rassemble tout d’abord ses disciples et proclame les grands principes, les principes essentiels qui devaient servir de base morale à son royaume et caractériser ceux qui devaient y avoir part. Ces principes sont énoncés dans les versets 1 à 16. Les caractères et la position des vrais enfants du royaume s’y trouvent. Ce qui suit, et jusqu’à la fin du ch. 7, consiste en avertissements contre les égarements du cœur de l’homme. Les anciens dictons et préceptes qui avaient cours parmi les Juifs sont mis en contraste avec les exigences de moralité du royaume des cieux. Cet ensemble n’envisage pas la rédemption, ni le pécheur, mais relève les caractères qui conviennent au royaume. Dans son enseignement, le Seigneur embrasse les promesses pour la terre (v. 5) et pour les cieux (v. 11 et 12). Ces passages ne montrent pas la large grâce annoncée aux pécheurs; ils montrent le chemin tracé pour les fidèles qui désirent avoir part au royaume qui était annoncé.

 

Le « sermon sur la montagne » est le nom donné aux paroles de Jésus reportées dans les chapitres 5, 6 et 7. Bien qu’ayant été prononcées en diverses occasions, ces paroles sont concentrées dans cet évangile. Ces chapitres 5, 6 et 7 relèvent de ce qui est dit au Ps. 40, 9, c’est-à-dire Jésus qui annonce la justice à la grande congrégation. Si tous les Juifs prétendaient avoir part au royaume, du fait qu’ils étaient enfants d’Abraham, Jésus leur enseigne ce qui doit caractériser ceux qui y auront effectivement part. 


Les caractères des « bienheureux », mentionnés au début du chapitre, doivent être les nôtres, croyants de l’Église, en attendant qu’ils soient ceux des futurs témoins de Christ au milieu du peuple terrestre d’Israël, dans l’attente de leur roi ; nous aussi, nous attendons le Seigneur. À propos d’Israël, les v. 25 et 26 indiquent que Dieu était leur partie adverse en raison des péchés du peuple. Israël est actuellement comme en prison. Il en ressortira que lorsqu’il aura reçu le double pour tous ses péchés et payé jusqu’au dernier quadrant. 


Encore quelques pensées dans l’ordre des versets :


Versets 1 à 12 :ce sont les « bienheureux ». Le royaume s’est approché. Il faut se repentir pour y entrer. Dès le début des discours de ces chapitres, nous voyons ce qui caractérise le royaume et ce qui caractérise ceux qui en feront partie. Les caractères de ceux qui sont appelés « bienheureux » sont là. Dans la Parole, et c’est remarquable, ceux qui sont désignés comme étant bienheureux ont besoin d’encouragement. Il faut de l’encouragement par fidélité aux principes divins. En effet, si l’on accepte les principes des hommes, et que tous disent du bien de nous, alors l’on s’expose au jugement de Dieu (voir Luc 6, 26).

Les pauvres en esprit (v. 3) sont ceux qui ne raisonnent pas et qui ne font pas valoir leur intelligence; ils ne discutent pas ce que Dieu dit. Ils croient comme de petits enfants et possèdent le royaume (voir ch. 11, 25; 18, 3; 19, 14). C’est l’opposé de ce qui caractérise les hommes d’aujourd’hui. Ceux qui mènent deuil (v. 4) constatent les ravages du péché ainsi que le rejet du roi et de son autorité. Quand le roi régnera, ils seront consolés. Les débonnaires (v. 5) sont ceux qui sont doux de caractère et qui n’insistent pas sur leurs droits dans ce monde. Quand le roi fera valoir ses droits, alors ils hériteront du pays. Ceux qui ont faim et soif de la justice ne la trouvent pas dans ce monde mais ils en seront rassasiés quand Christ régnera (v. 6). Quant aux miséricordieux (v. 7), qui agissent d’après les principes de la grâce, miséricorde leur sera faite à leur tour; ils seront délivrés de la condition difficile dans laquelle le roi trouvera le résidu confiant en lui, lorsqu’il apparaîtra. Le cœur pur (v. 8) est un cœur qui n’a que des motifs purs, réglés à la lumière de Dieu qui juge les pensées et les intentions du cœur. C’est un cœur qui ne désire obéir qu’à Dieu et de ne faire que ce qui lui plaît. Ceux qui procurent la paix (v. 9) sont bienheureux; ils sont bienheureux au milieu des troubles et de l’agitation causés par les conséquences du péché. Les persécutés ne sont pas oubliés (v. 10), ainsi que ceux qu’on injurie, qu’on persécute, au v. 11. À eux la récompense est grande dans les cieux et non seulement dans le royaume.

En terminant cette partie (v. 1 à 12), rappelons-nous que ces caractères doivent être les nôtres aujourd’hui en attendant qu’ils soient ceux des futurs témoins de Christ au milieu du peuple apostat, dans l’attente de leur roi. Jésus désire aussi voir en nous de tels caractères quand il viendra.


Versets 13 à 16 : « sel » et « lumière ». Ces versets ajoutent, aux caractères des bienheureux, deux autres traits représentés par le sel et la lumière. Le sel est l’emblème de ce qui conserve la pureté et ce qui empêche la corruption. Le croyant est appelé à maintenir ce caractère au milieu du monde. Il faut qu’il en reproduise les effets dans son entourage. Il s’agit donc de se séparer de la corruption et de ne pas se mêler au monde, faute de quoi le sel perd sa saveur. Quant à la lumière, il est nécessaire qu’elle soit mise en évidence car elle manifeste tout et brille dans la nuit. Le boisseau est un instrument de mesure qui pouvait, selon les besoins, être renversé pour en faire un pied de lampe. Mais ici, le boisseau représente les affaires de la vie qui empêchent si souvent notre lumière de luire. Puissions-nous être fidèles afin que les hommes voient briller la lumière en nous mais en l’attribuant à Dieu … comme au commencement de l’histoire de l’Église (voir Act. 2 ,47 et 5, 13). 


Versets 17 à 48 : cette portion présente la loi qui est maintenue et même dépassée dans le royaume. Il faut maintenir les exigences de la loi envers soi-même et appliquer les principes de la grâce aux autres. Jésus apporte la grâce mais ne diminue pas les exigences de la loi. Jésus a accompli la loi et les prophètes; cela ne consiste pas seulement d’accomplir certains actes mais il s’agit bien de l’état du cœur devant Dieu. Les paroles de Jésus, comme au v. 22, sont solennelles et font voir ce qu’est le mal aux yeux de Dieu. Le v. 24 établit le principe selon lequel on ne peut pas se présenter devant Dieu rendre culte si l’on est pas en règle avec son frère. Les v. 25 et 26 en font l’application à Israël qui, par ses péchés, avait Dieu comme partie adverse. Israël a rejeté Christ et le jugement l’a atteint. Israël est « comme en prison » et en sortira lorsqu’il
aura reçu le double pour ses péchés (voir Es. 40, 1 et 2). 


Puis il faut renoncer à tout ce qui peu être une occasion de chute (v. 27 à 30). Ce sujet reviendra au ch. 18,
8 à 10.

Il faut aussi que toute parole soit prononcée avec le sentiment de la présence de Dieu (v. 33 à 37). Il faut se sonder, sous son regard, pour dire franchement « oui » ou franchement « non ».

La fin du chapitre, depuis le v. 38, démontre que le disciple de Christ se caractérise par le principe de la grâce selon lequel Dieu agit en tant que Père. Le croyant ne doit considérer personne comme son ennemi. Il faut faire du bien à tousL’amour s’élève au-dessus de toute considération charnelle

 

 

 

Chapitre 6                                                             Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Prenez garde de ne pas faire votre aumônedevant les hommes, pour être vus par eux ; autrement vous n’avez pas de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. 2 Quand donc tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, pour être glorifiés par les hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! 3 Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite, 4 en sorte que ton aumône soit [faite] dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera.

Et quand tu pries, ne sois pas comme les hypocrites, car ils aiment à prier en se tenant debout dans les synagogues et aux coins des rues, en sorte qu’ils soient vus des hommes. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! 6 Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, et ayant fermé ta porte, prie ton Père qui [demeure] dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera. 7 Et quand vous priez, n’usez pas de vaines redites, comme ceux des nations, car ils s’imaginent qu’ils seront exaucés en parlant beaucoup. 8 Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux, que ton nom soit sanctifié ; 10 que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite, comme dans le ciel, aussi sur la terre. 11 Donne-nous aujourd’hui le pain qu’il nous faut ; 12 et remets-nous nos dettes, comme nous aussi nous remettons à nos débiteurs ; 13 et ne nous induis pas en tentation*, mais délivre-nous du mal**. 14 Car si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi à vous ; 15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, votre Père ne pardonnera pas non plus vos fautes.

16 Et quand vous jeûnez, ne prenez pas, comme les hypocrites, un air morne, car ils donnent à leur visage un air défait, en sorte qu’il paraisse aux hommes qu’ils jeûnent. En vérité, je vous dis : ils ont déjà leur récompense ! 17 Mais toi, quand tu jeûnes, oins ta tête et lave ton visage, 18  en sorte qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui [demeure] dans le secret ; et ton Père qui voit dans le secret, te récompensera.

19 Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille gâtent, et où les voleurs percent et dérobent ; 20 mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni la teigne ni la rouille ne gâtent, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent ; 21 car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur.

22 La lampe du corps, c’est l’œil ; si donc ton œil est simple, ton corps tout entier sera [plein de] lumière ; 23 mais si ton œil est méchant, ton corps tout entier sera ténébreux ; si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres !

24 Nul ne peut servir deux maîtres ; car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre : vous ne pouvez servir* Dieu et Mammon**25 C’est pourquoi je vous dis : Ne soyez pas en souci pour votre vie, de ce que vous mangerez et de ce que vous boirez, ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus : la vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ? 26 Regardez aux oiseaux du ciel : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni n’assemblent dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup mieux qu’eux ? 27 Et qui d’entre vous, par le souci qu’il se donne, peut ajouter une coudée à sa taille ? 28 Et pourquoi êtes-vous en souci du vêtement ? Étudiez les lis des champs, comment ils croissent : ils ne travaillent ni ne filent ; 29 cependant je vous dis que, même Salomon dans toute sa gloire, n’était pas vêtu comme l’un d’eux. 30 Et si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs qui est aujourd’hui, et qui demain est jetée dans le four, ne vous [vêtira-t-il] pas beaucoup plutôt, gens de petite foi ? 31 Ne soyez donc pas en souci, disant : Que mangerons-nous ? ou que boirons-nous ? ou de quoi serons-nous vêtus ? 32 car les nationsrecherchent toutes ces choses ; car votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses ; 33 mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa* justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. 34 Ne soyez donc pas en souci pour le lendemain, car le lendemain sera en souci de lui-même : à chaque jour suffit sa peine.

— v. 1 : d’autres lisent : justice. — v. 13* : c. à d. : ne nous fais pas entrer en tentation. — v. 13** : ou : du méchant, ici et 5:37. — v. 24* : servir, ici : être esclave, servir comme tel. — v. 24** : la Richesse personnifiée. — v. 32 : les peuples non juifs. — v. 33 : sa, se rapporte à Dieu.



 

 

 

 

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II Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée

Ce chapitre présente :

Versets 01 à 18 : la manière de pratiquer la piété

Versets 19 à 34 : le but de la vie 


Pour ch. 5 à 8 v. 1 de Matthieu, voir Luc 6 v. 20 à 7 v. 1. Il n’y a pas de correspondance dans les évangiles de Marc et de Jean


Ce chapitre 6 s’intègre et forme un tout avec les ch. 5 et 7. Les chapitres se divisent ainsi :

5, 01 à 12 : le caractère pour avoir part au royaume et la portion qu’ils auront

5, 13 à 16 : leur position dans le monde

5, 17 à 48 : les rapports des principes du royaume avec la loi

7, 01 à 06 : l’esprit des rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes

7, 07 à 12 : la confiance en Dieu

7, 13 à 23 : l’énergie qui doit les caractériser pour entrer dans le royaume +

7, 13 à 23 : le moyen pour eux de discerner ceux qui chercheront à les tromper +

7, 13 à 23 : la  vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper

7, 24 à 29 : enfin l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur, la vraie sagesse à ceux qui l’écoutent.

Dans le sermon sur la montagne (Matthieu ch. 56 et 7), un principe le caractérise encore : c’est l’introduction du « Père ». Jésus place ses disciples en rapport avec son Père comme étant leur Père. Il leur révèle le nom du Père afin qu’ils soient en relation avec lui et qu’ils agissent d’après ce qu’il est. Pourtant, dans cette partie, il n’est pas question de la rédemption mais bien du caractère et de la nature du royaume et de ceux qui pourraient y entrer. Dans cette partie de l’évangile, il s’agit aussi de la position du Sauveur qui est l’objet de l’enseignement de l’Esprit. Ici, les détails de sa vie ne sont pas en vue. Ce discours donne les principes du royaume tout en supposant le rejet du roi.


Versets 1 à 18 : le Seigneur indique quel mobile doit diriger le disciple dans la pratique de la piété envers Dieu et envers les hommes. Elle s’exprime par l’aumône et le pardon pour les hommes, puis par la prière et le jeûne vis-à-vis de Dieu. C’est Dieu qu’il faut avoir en vue dans la réalisation de ces choses et non les hommes; de fait, c’est à Dieu que le disciple (ou croyant) aura à faire pour tous ses actes. Il s’agit donc d’avoir l’approbation de Dieu qui, au temps voulu, nous récompensera selon ce que nous aurons fait pour lui. Au temps propre, le Père, qui voit dans le secret, donnera la louange. Il vaut mieux recevoir la louange de notre Père que celle des hommes. Quelle perte s’il faut recevoir la louange de la part des hommes, louange qui passe, et ne pas recevoir celle de Dieu qui demeure pour l’éternité. Agissons toujours en vue de Dieu et non pas en vue d’autrui. Il en va de même pour la prière. Prions pour présenter de véritables besoins et non pas comme l’accomplissement d’un acte méritoire.

Dans les v. 8 à 14, le Seigneur enseigne aux disciples une prière en rapport avec l’état dans lequel ils se trouvaient : ils attendaient l’établissement du royaume. Ils avaient demandé que tout, ici-bas, fut en harmonie avec le caractère du Père et de son royaume. Les prières des croyants, qui peuvent contenir des mêmes pensées, sont en rapport avec la révélation que Dieu a faite de ses pensées à l’égard de l’Église et de nos relations avec Lui. C’est pourquoi le croyant de l’Église ne peut  pas user systématiquement de cette formule de prière. Exposons ces choses selon Dieu comme en Jean 15, 7 et aussi comme en Luc 11,
5. Ces passages indiquent que l’on peut placer des besoins devant Dieu simplement tels qu’ils existent. 


Versets 19 à 34 : le but de la vie. Il faut que le croyant agisse en vue d’un avenir céleste. Il ne faut pas s’occuper des choses de la terre où tout est vanité mais il faut s’amasser des trésors dans le ciel. Là seront démontrés les résultats de notre fidélité à Christ lui-même, notre grand trésor. Que notre cœur puisse s’attacher à ce qu’il aime ! Que l’objet de notre cœur soit dans le ciel ! Comportons-nous comme des bourgeois du ciel (ch Phil. 3, 20). L’œil simple, v. 22 et 23, consiste à avoir devant soi que Christ et ce qu’il lui convient. L’œil méchant caractérise celui qui s’attache au monde et qui n’a pas la lumière nécessaire pour se conduire selon la pensée de Dieu. L’œil qui ne voit que Christ est plein de lumière. La lumière est révélée à chacun par Dieu mais si elle ne produit pas d’effet, alors les ténèbres seront grandes; lorsque la lumière se fera au jour du jugement, il sera trop tard. Avec l’œil simple, l’on ne servira qu’un maître. Si l’on veut en servir deux, on en négligera un. On le haïra même, on le méprisera (c’est la pensée des v. 24 à 34). Et, avec des cœurs mauvais comme celui de l’homme (cf Jér. 16, 9), il est facile de savoir quel maître sera le plus vite méprisé : Dieu ou Mammon (le monde). Se détourner de Dieu et des soucis de la vie présente revient à Le mépriser. Le danger est alors réel : être de plus en plus attachés aux choses de la terre et au monde ! C’est pourquoi le Seigneur nous exhorte à ne pas être en souci du lendemain. Dieu prend soin de tout, des oiseaux, des lis, alors il prendra aussi soin de nous (selon Rom. 8, 32). N’ajoutons pas la peine d’aujourd’hui à celle de demain, car le Seigneur vient, et il prépare aussi la nourriture aux petits du corbeau et donne à tous la nourriture en son temps.

 

 

 

 

Chapitre 7                                                              Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Ne jugez pas, afin que vous ne soyez pas jugés : 2 car, du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré. 3 Et pourquoi regardes-tu le fétu qui est dans l’œil de ton frère, et tu ne t’aperçois pas de la poutre qui est dans ton œil ? 4 Ou comment dis-tu à ton frère : Permets, j’ôterai le fétu de ton œil ; et voici, la poutre est dans ton œil ? 5 Hypocrite, ôte premièrement de ton œil la poutre, et alors tu verras clair pour ôter le fétu de l’œil de ton frère.

Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens, ni ne jetez vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent à leurs pieds, et que, se retournant, ils ne vous déchirent.

Demandez, et il vous sera donné ; cherchez, et vous trouverez ; heurtez, et il vous sera ouvert ; 8 car quiconque demande, reçoit ; et celui qui cherche, trouve ; et à celui qui heurte, il sera ouvert. Ou quel est l’homme d’entre vous, qui, si son fils lui demande un pain, lui donne une pierre, 10 et s’il demande un poisson, lui donne un serpent ? 11 Si donc vous, qui êtes méchants, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus votre Père qui est dans les cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent ! 12 Toutes les choses donc que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les-leur, vous aussi, de même ; car c’est là la loi et les prophètes.

13 Entrez par la porte étroite ; car large est la porte, et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui entrent par elle ; 14 car étroite est la porte, et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux sont ceux qui le trouvent.

15 Or soyez en garde contre les faux prophètes qui viennent à vous en habits de brebis, mais qui au dedans sont des loups ravisseurs. 16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? 17 Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits, mais l’arbre mauvais produit de mauvais fruits. 18 Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits. 19 Tout arbre qui ne produit pas de bon fruit est coupé et jeté au feu. 20 Ainsi vous les reconnaîtrez à leurs fruits.

21 Ce ne sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le royaume des cieux ; mais celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22 Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? 23 Et alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi, vous qui pratiquez l’iniquité*.

24 Quiconque donc entend ces miennes paroles et les met en pratique, je le comparerai à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ; 25 et la pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et ont donné contre cette maison ; et elle n’est pas tombée, car elle avait été fondée sur le roc. 26 Et quiconque entend ces miennes paroles, et ne les met pas en pratique, sera comparé à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable ; 27 et la pluie est tombée, et les torrents sont venus, et les vents ont soufflé et ont battu cette maison, et elle est tombée, et sa chute a été grande.

28 Et il arriva que, quand Jésus eut achevé ces discours, les foules s’étonnaient de sa doctrine ; 29 car il les enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes.


— v. 23 : iniquité : ici, marche sans loi, sans frein.

 

 

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II Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée
Ce  chapitre présente :
Versets 01 à 06 : l’esprit des rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes
Versets 07 à 12 : la confiance en Dieu
Versets 13 à 23 : l’énergie qui doit les caractériser pour entrer dans le royaume +
Versets 13 à 23 : le moyen pour eux de discerner ceux qui chercheront à les tromper +
Versets 13 à 23 : la vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper
Versets 24 à 29 : l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur et la vraie sagesse à ceux qui l’écoutent. 

Pour ch. 5 à 8 v. 1 de Matthieu, voir Luc 6 v. 20 à 7 v. 1. Il n’y a pas de correspondance dans les évangiles de Marc et de Jean


Ce
chapitre 7 s’intègre et forme un tout avec les ch. 5 et 6. Les chapitres se divisent ainsi :

5, 01 à 12 : le caractère pour avoir part au royaume et la portion qu’ils auront

5, 13 à 16 : leur position dans le monde

5, 17 à 48 : les rapports des principes du royaume avec la loi

6, 01 à 18 : la manière de pratiquer la piété

6,  19 à 34 : le but de la vie 


Versets 1 à 6  : rapports des disciples de Jésus avec les autres hommes. Si le chapitre 6 a enseignait sur l’exercice de la piété envers Dieu et envers les hommes, le septième, dans son début, montre la conduite à tenir vis-à-vis de nos frères et de nos semblables. Une mise en garde (v. 1 à 5), contre la propension du cœur naturel à juger les autres, est nécessaire. Souvenons-nous que, de la mesure dont nous mesurerons, il nous sera mesuré (cf ch. 6, 14 et 15). Soyons plutôt miséricordieux. Ces enseignements sont aussi de saison dans les familles; les enfants sont prompts à s’accuser, à se juger les uns les autres ! Enseignons leur à regarder d’abord à Dieu afin qu’ils apprennent à se juger eux-mêmes devant Lui.

Au ch. 5, 11-12, il y a la révélation de la partie céleste du royaume, car le Seigneur supposait l’opposition au témoignage des disciples ainsi que les combats. Ainsi la partie positive de l’enseignement du Seigneur, embrasse les paroles, les promesses, comme au v. 5, pour la terre et aussi pour les cieux (donc selon ch. 5, 11-12).

Puis, dans nos rapports avec les autres hommes, ayons du discernement au sujet des choses saintes afin de savoir quand les présenter aux hommes. C’est ce que le v. 6 enseigne. Il s’agit de saisir les occasions ! (comme en Col. 4, 5).


Versets 7 à 12 : la confiance en Dieu. Le Seigneur revient sur le sujet de la prière. S’il est vrai que notre Père sait ce dont nous avons besoin, il veut néanmoins que nous mettions de l’énergie et de la persévérance dans nos requêtes. Ces versets montrent la manière d’agir de notre Père. Puisse cette manière avoir son expression en nous afin que nous soyons aussi des modèles pour les autres.


Versets 13 à 23 : l’énergie nécessaire pour entrer dans le royaume. Le moyen pour eux de discerner ceux qui chercheront à les tromper et la vigilance nécessaire pour ne pas se laisser tromper. Le chemin étroit et le chemin large sont d’abord mentionnés (v. 13 et 14). Dans le chemin étroit, peu y entrent car il n’offre pas au cœur naturel l’aliment qu’il désire; en un mot, cet aliment est le péché. Le péché conduit à la mort et au jugement. Il est plus facile de se laisser aller au chemin large, c’est-à-dire au flux entraînant de ce monde et au penchant naturel de son propre cœur. Les cœurs naturels aiment ce qui est facile et ce qui donne du plaisir. Ce qui se trouve sur le chemin large attire donc la chair. Ce chemin est caractérisé par tout ce que le monde approuve et qui ne demande aucun effort. Une porte, pour entrer dans ce chemin, est aussi représentée par le luxe, les études, les lectures, le choix des camarades, les exercices corporels de tous genres, et d’autres choses qui agissent d’autant plus subtilement que plusieurs sont utiles et même nécessaires. Pour user ce choses utiles et même nécessaires d’une manière saine, il faut de la vigilance qui ne s’obtient qu’en écoutant la Parole de Dieu. Mais choisissons le chemin resserré et demeurons-y car il mène à la vie. Faisons le choix de Moïse, selon Héb. 11, 25 et 26:

« choisissant plutôt d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu, que de jouir pour un temps des délices du péché, estimant l’opprobre du Christ un plus grand trésor que les richesses de l’Égypte ; car il regardait à la rémunération. »

Puis, v. 15 à 23, de faux prophètes et de faux ouvriers sont là. Les choses mondaines ne sont pas seules à nuire aux croyants. En effet, tout en affectant un certain dédain des choses mondaines, il y a des personnes qui ont l’apparence des brebis et qui font partie du troupeau du bon berger. Mais, en réalité, il s’agit de loups ravissants, introduisant de faux enseignements, etc. Pour toutes ces personnes, le fruit démontrera la réalité de leur profession. Ces avertissements sont toujours à propos et seront particulièrement appréciés par le futur résidu juif dans les temps terribles d’épreuves qu’il traversera avant la venue glorieuse de Christ. C’est en vue de cette venue que le Seigneur a prononcé ces discours. Ces discours s’adressaient au résidu juif d’alors, et demeurent écrits pour le résidu à venir. De tels passages, comme aussi Matt. 24, 11 à 13, font comprendre combien il faudra lutter pour entrer par la porte étroite.


Versets 24 à 29 : l’obéissance pratique aux paroles du Seigneur et la vraie sagesse pour ceux qui l’écoutent. C’est la conclusion qui termine ces discours. Le Seigneur expose, d’une manière solennelle, la différence qu’il y a entre le fait d’écouter ces paroles et celui de les mettre en pratique. Il faut donc faire la volonté de Dieu. En cela, la preuve de la mise en pratique des paroles est faite. L’on est alors comme ce roc qui demeure éternellement. Il faut saisir que l’on est sauvé par la foi sans œuvre de loi ! Mais n’oublions pas que les œuvres qui découlent de la foi sont inséparables du salut.

Enfin (v. 28 et 29), l’effet de ces paroles divines, propres à introduire dans la vie éternelle, se font faites entendre aux oreilles de chacun, de la bouche même de l’Éternel, Dieu avec nous, venu en grâce pour sauver sa créature perdue. 


Dans tous ces passages, il n’est pas parlé de la rédemption ni du pécheur, mais du caractère nécessaire convenable pour entrer dans le royaume. L’état requis précède l’entrée l’établissement du royaume. Dieu voyait le cœur.


À la fin de ces discours, présentant les grands principes du royaume des cieux, le Seigneur descend de la montagne. Alors commence la présentation à Israël de l’Éternel venu en grâce au milieu de ce peuple. 

 

 

Chapitre 8                                                              Retour au début de l’évangile selon Matthieu

Et quand il fut descendu de la montagne, de grandes foules le suivirent. Et voici, un lépreux s’approchant, se prosterna devant lui, disant: Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. 3 Et [Jésus], étendant la main, le toucha, disant: Je veux, sois net. Et aussitôt il fut nettoyé de sa lèpre. 4 Et Jésus lui dit: Prends garde de ne le dire à personne; mais va, montre-toi au sacrificateur et offre le don que Moïse a ordonné, pour qu’il leur serve de témoignage*.

Et comme il entrait dans Capernaüm, un centurion vint à lui, le suppliant, et disant:  Seigneur, mon serviteur est couché à la maison, atteint de paralysie, horriblement tourmenté. Et Jésus lui dit: J’irai, moi, et je le guérirai. 8 Et le centurion répondit et dit: Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit; mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri; car moi aussi, je suis un homme placé sous l’autorité [d’autrui], ayant sous moi des soldats; et je dis à l’un: Va, et il va; et à un autre: Viens, et il vient; et à mon esclave: Fais cela, et il le fait. 10 Et Jésus, l’ayant entendu, s’en étonna, et dit à ceux qui [le] suivaient: En vérité, je vous dis: je n’ai pas trouvé, même en Israël, une si grande foi. 11 Et je vous dis que plusieurs viendront d’orient et d’occident, et s’assiéront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume des cieux; 12 mais les fils du royaume seront jetés dans les ténèbres de dehors: là seront les pleurs et les grincements de dents. 13 Et Jésus dit au centurion: Va, et qu’il te soit fait comme tu as cru; et à cette heure-là son serviteur fut guéri.

14 Et Jésus, étant venu dans la maison de Pierre, vit la belle-mère de Pierre couchée là et ayant la fièvre; 15 et il lui toucha la main, et la fièvre la quitta; et elle se leva et le servit.

16 Et le soir étant venu, on lui apporta beaucoup de démoniaques; et il chassa les esprits par [une] parole, et guérit tous ceux qui se portaient mal; 17 en sorte que fût accompli ce qui a été dit par Ésaïe le prophète, disant: «Lui-même a pris nos langueurs, et a porté nos maladies»*

18 Or Jésus, voyant de grandes foules autour de lui, commanda de passer à l’autre rive. 19 Et un scribe s’approchant, lui dit: Maître*, je te suivrai où que tu ailles. 20 Et Jésus lui dit: Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des demeures; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. 21 Et un autre de ses disciples lui dit: Seigneur, permets-moi de m’en aller premièrement et d’ensevelir mon père. 22 Mais Jésus lui dit: Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts.

23 Et quand il fut monté dans la nacelle, ses disciples le suivirent; 24 et voici, une grande tourmente s’éleva sur la mer, en sorte que la nacelle était couverte par les vagues; mais lui dormait. 25 Et les disciples s’approchèrent et le réveillèrent, disant: Seigneur, sauve-[nous]! nous périssons. 26 Et il leur dit: Pourquoi êtes-vous craintifs, gens de petite foi? Alors, s’étant levé, il reprit les vents et la mer, et il se fit un grand calme. 27 Et les gens s’en étonnèrent, disant: Quel est celui-ci, que les vents même et la mer lui obéissent!

28 Et quand il arriva à l’autre rive, dans le pays des Gergéséniens, deux démoniaques, sortant des sépulcres, vinrent à sa rencontre; [et ils étaient] très-violents, en sorte que personne ne pouvait passer par ce chemin-là. 29 Et voici, ils s’écrièrent, disant: Qu’y a-t-il entre nous et toi, Jésus*, Fils de Dieu? Es-tu venu ici avant le temps pour nous tourmenter? 30 Et il y avait, loin d’eux, un grand troupeau de pourceaux qui paissait. 31 Et les démons le priaient, disant: Si tu nous chasses, permets-nous de nous en aller* dans le troupeau des pourceaux. 32 Et il leur dit: Allez. Et eux, sortant, s’en allèrent dans le troupeau des pourceaux; et voici, tout le troupeau des pourceaux se rua du haut de la côte dans la mer; et ils moururent dans les eaux. 33 Et ceux qui les paissaient s’enfuirent; et, s’en étant allés dans la ville, ils racontèrent tout, et ce qui était arrivé aux démoniaques. 34 Et voici, toute la ville sortit au-devant de Jésus; et l’ayant vu, ils le prièrent de se retirer de leur territoire.


— v. 4: voir Lévitique 14. —v.17 : [Ésaïe 53:4].  — v. 19: maître qui enseigne, docteur, ici et souvent ailleurs. — v. 29: plusieurs omettent: Jésus. — v. 31: plusieurs: envoie-nous.

 

 

 

 

 

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II = Ch. 4, 12 à 12, 50 : le service du roi en Galilée
Ce chapitre 8 présente : la puissance de Jésus sur les maladies et sur Satan

Versets 01 à 15         Trois guérisons

Versets 16 à 27         À la suite de Jésus

Versets 28 à 34         Au pays des Gergéséniens


Dans Matthieu

 Voir Marc

Voir Luc

v. 02 à 04

 Ch. 1 v. 40 à 45

 Ch. 5 v. 12 à 16

v. 05 à 13


 Ch.  7 v. 02 à 10

v. 14 à 17

 Ch. 1 v. 21 à 34

 Ch. 4 v. 31 à 41

v. 18 à 22


 Ch. 9 v. 57 à 62

v. 23 à 27

 Ch. 4 v. 35 à 41

 Ch. 8 v. 22 à 25

v. 28 à ch. 9 v. 1

 Ch. 5 v. 01 à 21

 Ch. 8 v. 26 à 40

Les chapitres précédents ont présenté les principes du royaume de Christ avec une esquisse de son ministère. Le chapitre 8 mentionne la présentation sommaire d’Emmanuel, le chemin de Jésus sur la terre, la plénitude de la grâce. Mais l’homme qui ne veut pas de Dieu. Tout cela a lieu en Israël. Mais l’oeuvre s’étend au monde en grâce et en jugement. C’est un tableau remarquable de la présence d’Emmanuel et de son effet, à savoir : la grâce, la bonté en puissance sur la terre, la manière dont cela a été reçu et le résultat de sa manifestation pour le cœur de l’homme. Le chapitre 9 présentera plus précisément son ministère. 


Versets 1 à 15 : trois guérisons. La lèpre est une figure du péché sous son caractère de souillure, un mal sans autre moyen de guérison que la puissance de l’Éternel (cf Lév. 14). L’homme, souillé par le péché, est incapable d’accomplir la volonté de Dieu. Dans le début du chapitre, le Seigneur est présenté personnellement au peuple avec le qu’il est rejeté. Jésus est rejeté et Israël remplacé par l’Église. Le royaume, pour Israël, est différé. Jésus descend de la montagne et de grandes foules le suivent. C’est alors qu’un lépreux vint à sa rencontre (v. 2). L’Éternel seul peut guérir la lèpre. Le lépreux avait appris que Jésus possédait la puissance nécessaire pour guérir mais il n’était pas assuré de sa bonne volonté puisqu’il lui dit: « Si tu veux ». Mais l’amour et la puissance sont là. L’Éternel était là en grâce pour guérir. Jésus répond « Je veux » (v. 3). Seul Jésus pouvait dire: « Je veux ». Mais Jésus était aussi là pour s’approcher de l’homme, comme étant lui-même « homme ». Il met alors sa main sur le lépreux, il le touche – quel beau tableau ! Jésus, Fils de Dieu, est capable de tout ! Amour, bonne volonté, mais Jésus, homme, au milieu d’une race contaminée qu’il touche dans sa grâce … sans être rebuté par le mal, … sans être contaminé par la souillure bien qu’il la touchât pour la guérison du lépreux. Et si l’homme est guéri, c’est parce que l’Éternel était là, homme au milieu de son peuple. Voilà le grand fait par lequel cette partie de l’évangile commence. Un autre élément accompagne cette scène. C’est que Jésus reconnaît l’autorité du système au milieu duquel il se trouve du fait que le lépreux doit se montrer au sacrificateur. Mais ce lépreux étant guéri, reconnaissait la puissance divine de celui qui l’avait guéri.

Dans les v. 5 à 13 un deuxième fait, parallèle à celui-ci. Il s’agit d’un Gentil avec une foi non rétrécie par l’égoïsme orgueilleux des Israélites. Cet homme, dont la foi saisissait la puissance divine, demande à Jésus de guérir son serviteur. L’humilité de ce Gentil, qui ne s’estime pas digne que Jésus entre sous son toit, est remarquable. À ses yeux, un mot du Seigneur suffirait pour la guérison de son serviteur … tout comme ses soldats lui obéissent au moindre commandement. Jésus reconnaît sa foi : le mot est dit et le serviteur est guéri. Une autre vérité ressort de ce fait en ce que la foi des Gentils est reconnue. Quant aux les enfants du royaume qui ne veulent pas de Jésus, sont jetés dehors (v. 12). D’autres, comme ce centurion, sont accueillis. Pour être accueillis, il faut s’approcher de Dieu (voir ch. 11, 28). Jésus était le centre nécessaire de tout ce qui peut être reconnu. Quelle puissance ! Quelle bonté ! … mettant de côté tous les effets du péché et la domination de Satan dans ce monde.

Un troisième fait : la fièvre (v. 14 et 15) symbolise l’agitation qui caractérise l’homme sans Dieu. Le péché prive du repos et de la paix qui sont la part de celui qui a été amené à Dieu. Et il y a aussi l’activité fiévreuse qui nous entoure. Ne nous agitons pas dans ce monde afin d’y obtenir une propre satisfaction. En fait, il s’agit d’une distraction empêche de penser à Dieu. De cette manière l’homme est
incapable de servir Dieu. Il pense ne pas avoir assez de temps pour lui-même et ne peut pas en consacrer à Dieu. Jésus touche alors la main de la belle-mère de Pierre qui est guérie de sa fièvre. Puis elle se lève et sert le Seigneur.


Versets 16 à 27 : « à la suite de Jésus ». Mais malgré toute cette puissance, et cette bonté, et ses miracles, il n’en reste pas moins vrai que Jésus est le méprisé et le rejeté des hommes (selon v. 20 et 21). Jésus n’est pas de ce monde; le suivre c’est rompre entièrement avec le monde. Le Seigneur est venu en grâce dans ce monde car ce monde était sans Dieu; il faut que Dieu ait un droit absolu sur le cœur pour le séparer du monde, ce monde qui s’était arrangé sans lui. Pour attacher le cœur entièrement à celui qui était venu le chercher, c’est-à-dire à Jésus, ce dernier ne recherche pas l’admiration de la foule ! Il fait son œuvre et la multitude, curieuse, n’est rien pour lui.

Puis il passe à l’autre rive (v. 23 à 27). Alors, accompagner le Sauveur, être avec lui, … ce n’est pas la tranquillité mais bien l’exercice de la foi; en effet, une tempête s’élève et le bateau est couvert par les vagues. Le Seigneur dort et semble étranger au péril des siens. Les disciples pensent qu’ils seront engloutis; c’est un manque de foi (le monde dirait « un accident ») car ils pensent que les conseils de Dieu et le Seigneur lui-même allaient être engloutis avec eux ! Ils sont pourtant là, dans la même barque, avec le Seigneur ! … alors un seul mot de sa part calme les eaux et le vent. La compagnie du Seigneur, lorsqu’il est rejeté, nous conduit dans l’orage. Il semblait tout laisser aller sans y porter attention. Mais grâce à Dieu, aujourd’hui aussi (2017), nous sommes avec lui dans la même barque. Il exerce la foi et paraît être indifférent à l’égard des difficultés. Mais lui-même n’est pas inquiet; sa grâce et sa puissance se réveillent au temps opportun. C’est le caractère du chemin dans lequel le Seigneur a introduit les siens en quittant la foule de ce monde. Mais il y a plus. 


Versets 28 à 34 : « au pays des Gergéséniens ». Après les démoniaques du v. 16, deux autres sont là (v. 28, 33). Ils font penser à l’homme violent qui n’est plus maître de lui-même et dangereux pour ses semblables. C’est l’affreux caractère de l’homme tombé par le péché entre les mains de l’ennemi et qui a transformé ce monde en un sépulcre, le péché y étant entré, et par le péché la mort. Mais Jésus est venu avec puissance pour détruire l’oeuvre du diable. Sa présence manifeste la puissance de l’ennemi. Celle-ci se réveille et se montre. C’est même parce que Satan agit que le Seigneur permet la manifestation et la réalité de cette puissance. Ces êtres immondes deviennent les vases de l’énergie de l’ennemi  qui précipitent dans la destruction. Et là encore un mot du Seigneur délivre celui que le monde ne pouvait retenir. Mais le monde ne peut pas supporter Dieu si près de lui et là encore, sous l’influence tranquille de Satan, plus dangereuse que sa force, il se débarrasse du Seigneur (cf v. 34). Là, il n’est pas question de la puissance de Satan puisqu’un mot suffit pour l’anéantir ! Mais il y a son influence sur le cœur. Quel spectacle ! Ce qui manifeste Dieu, manifeste aussi Satan. Il y a la délivrance de ceux qui sont assujettis à sa puissance mais l’homme ne veut pas de Dieu. Tel est l’histoire du Sauveur de Dieu dans ce pauvre monde.

 

 

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