Épître aux Philippiens. 11ème livre du NT, 50ème de la Bible. Commentaires.

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L’épître aux Philippiens


 

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 AUTRES REMARQUES GÉNÉRALES 

Commentaires du ch. 1   

Ch. 1 v. 01 à 11 : introduction : salutations, remerciements et prière.
v. 12 à 26 : circonstances personnelles de Paul. Christ, le contenu de sa vie.
v. 27 à 30: appel à l’unité et à la fidélité. Christ, le modèle (jusqu’au ch. 2 v. 18.

Cette épître, écrite au début de l’ère des persécutions, démontre la possibilité de vivre la foi en Christ en toutes circonstances. C’est aussi l’épître de l’expérience chrétienne. Ce premier chapitre nous présente Christ comme étant la source de la vie du chrétien. Le terme «joie» et dérivés se retrouvent tout au long de l’épître. Dans chaque chapitre, l’accent est mis sur Christ, la force et la ressource du croyant qui a tout en Lui. Ce nom de Christ, ou christ, est mentionné 36 fois dans l’épître. Au v. 30, Paul se donne en exemple, à juste titre, en relation avec le combat à soutenir relativement aux souffrances pour Christ. Paul avait été jeté en prison et son témoignage avait été vu des Philippiens. En prison, Paul est un exemple et représente un encouragement pour les Philippiens. 


Commentaires du ch. 2

Ch. 2 v. 01 à 18 : appel à l’unité et à la fidélité. Christ, le modèle (depuis ch. 1 v. 27).
v. 19 à 30: Timothée et Épaphrodite


Le Seigneur seul est vraiment devant l’apôtre qui trouvait de l’encouragement chez les Philippiens. Cependant, il désire ces choses mentionnées dans le v. 2 et suivants dont le v. 3 souligne l’importance de marcher en nouveauté de vie. C’est nécessaire afin que l’Esprit ait sa libre action. Ce que l’Esprit nous enseigne, il faut aussi le communiquer aux autres (v. 4), et ne pas le garder jalousement. Puis l’apôtre, v. 5, se réfère au divin modèle. Il ne veut pas que nous nous arrêtions à lui mais au parfait modèle, Christ, Christ qui s’est abaissé degré après degré à l’inverse de l’homme qui cherche l’élévation. Il s’abaisse jusqu’à un état d’esclave qui fait la volonté de son maître.

Depuis le v. 9, l’élévation suit l’abaissement. C’est la récompense que Dieu donne à son Fils. Héb. 2, 8 à 10 montre que la gloire est liée à la mort. Toute la satisfaction divine ressort de cette élévation. Ce passage d’Hébreux ch. 2:

tu as assujetti toutes choses sous ses pieds» [Psaume 8:4-6]; car en lui assujettissant toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti; mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties; 9 mais nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur, en sorte que, par la grâce de Dieu, il goûtât la mort pour tout. 10 Car il convenait pour lui, à cause de qui sont toutes choses et par qui sont toutes choses, que, amenant plusieurs fils à la gloire, il consommât* le chef de leur salut par des souffrances. 11 Car, et celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un; c’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères…

 

Les détails du v. 11 se trouvent au chapitre 5 de l’Apocalypse. Il sera alors trop tard pour confesser Jésus comme Sauveur mais il le sera comme Seigneur. Luc 16, 23 à 27 donne cette pleine mesure:

23 Et, en hadès, levant ses yeux, comme il était dans les tourments, il voit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. 24 Et s’écriant, il dit: Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt, et qu’il rafraîchisse ma langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. 25 Mais Abraham dit: [Mon] enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement les maux; et maintenant lui est consolé ici, et toi tu es tourmenté. 26 Et outre tout cela, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui [veulent passer] de là ne traversent pas non plus vers nous. 27 Et il dit: Je te prie donc, père, de l’envoyer dans la maison de mon père.


Versets 12 à 18 : relevons que la crainte (v. 12) est la crainte de déplaire. Soyons aussi obéissants à la Parole comme Paul, même s’il est absent, le requiert de la part des Philippiens .


Puis, dès le verset 19, l’apôtre espère leur envoyer bientôt Timothée. Paul est toujours avide d’avoir des nouvelles des
croyants ainsi que des assemblées (cf 1 Cor. 16, 10). En l’occurrence, ici, avec l’état des affaires des Philippiens. Les
assemblées, dans ces temps de troubles, ne vivaient pas isolées. Au contraire, il y avait toujours correspondance entre elles. 2 Cor. 11, 28 indique aussi la sollicitude que Paul avait pour toutes les assemblées. Paul se réjouissait même dans le chemin de la tristesse (v. 27). Et à propos des v. 22 et 23, quel beau témoignage rendu par Paul à Timothée qui a suivi l’apôtre partout, même lorsque son « père spirituel» est en prison. Timothée est mentionné pour la première fois en Act. 16, 1 ce qui correspond à un parcours de 10 années depuis lors. Ce que Paul mentionne au v. 21 a lieu une trentaine d’années après la formation de l’Église. On y voit que les chrétiens recherchaient déjà leurs propres intérêts. Qu’en est-il après bientôt 2000 ans ? Dans ces conditions, Paul (v. 23) est exercé de tous côtés et manifeste une belle communion avec les Philippiens lui qui, v. 19, montre sa sollicitude pour l’assemblée à Philippes.


Versets 25 et suivants : un autre bien-aimé du Seigneur est là. C’est Épaphrodite, comparable à Épaphras des Colossiens. Ce compagnon d’armes nous rappelle qu’il avait des combats très intenses. Puis les v. 26 à 28 enchaînent pour indiquer l’importance de la communion des uns envers les autres. L’entretien de cet amour fraternel ressort des v. 29 et 30 et cela jusqu’à la mort.




Commentaires du ch. 3

Ch. 3 Avertissement et exemple. Gagner Christ.


Le but de ce chapitre est de «gagner Christ» (selon v. 8 et 14) et cela avec joie. Il y a aussi des contrastes comme, par exemple, ces tristesses du v. 18. Toutefois, en traversant ce désert (le monde), notre joie est toujours
dans le Seigneur (v. 1). La Bible, dans de nombreux passages, dirige notre responsabilité sur le fait de «prendre garde» (ici au v. 2). Ce «prends garde» est en rapport avec le premier verset car ces «prends garde» sont notre sûreté. En pensant à ces mauvais ouvriers du deuxième verset, lisons 2 Tim. 4, 14:
«Alexandre, l’ouvrier en cuivre, a montré envers moi beaucoup de méchanceté; le Seigneur lui rendra selon ses œuvres.».

Versets 4 à 19 : l’apôtre mentionne des choses qui se sont passées avant sa conversion. Ces choses sont considérées comme des ordures (v. 8). L’apôtre met toutes ces choses de côté (selon v. 7 à 9) afin qu’il n’y ait aucune entrave à sa marche et qu’il puisse gagner ce but, gagner Christ. En ouvrant la Parole, nous devrions toujours avoir comme premier but d’apprendre à le connaître, Lui, comme l’indique le v. 10. Il est notre justice (en 1 Cor. 1, 30). La résurrection est la preuve que la justice de Dieu a été satisfaite. La résurrection d’entre les morts (v. 11) est relative à la première résurrection. Christ en est les prémices (voir Marc 9, 9). Paul, au v. 12, malgré son statut et ses paroles précédentes, confirme qu’il ne se prend pas supérieur aux autres. Il se considère comme un autre croyant. Il cherche à saisir toujours plus Celui par qui il a été saisi. Paul rappelle aussi sa petitesse (v. 13). Ainsi, nous pouvons nous encourager à suivre ce modèle qui a le même but que nous. L’enseignement du v. 14 devrait être fixé dans l’esprit de chaque croyant. Ce verset contient la grâce, le but et le prix. Ce but est aussi mentionné en 1 Cor. 9, 24 et 25: «Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans la lice courent tous, mais un seul reçoit le prix? Courez de telle manière que vous le remportiez. Or quiconque combat dans l’arène vit de régime en toutes choses; eux donc, afin de recevoir une couronne corruptible; mais nous, [afin d’en recevoir] une incorruptible.».

Quant au v. 15, il faut comprendre que nous sommes parfaits aux yeux de Dieu. Ayant ce sentiment, il faut refléter cette position et chercher à se perfectionner encore (2 Cor. 13, 11). Il ressort du v. 16 que les enfants de
Dieu ont différents degrés de perfectionnement. Mais le but est le même.

Versets 17 à 21 : Paul exhorte les Philippiens à être des imitateurs selon le modèle qu’il présente ainsi que ceux qui lui sont associés. Ce v. 17 est en harmonie avec le le ch. 4, 9, c’est-à-dire: «ce que vous avez et appris, et reçu, et entendu, et vu en moi, – faites ces choses, et le Dieu de paix sera avec vous.». L’apôtre ne se glorifie pas. Lui-même a suivi son modèle, le Seigneur. Ici-bas, nous sommes des étrangers. Il faut se souvenir que notre patrie est dans les lieux célestes (v. 20). C’est là que sont nos vrais biens. Quelle grâce pour le chrétien d’avoir une telle espérance et bien plus encore puisqu’il aura un corps nouveau pour entrer, de fait, dans sa patrie céleste. Ce corps sera conforme à celui du Seigneur Jésus (v. 21). Dans la fin de ce chapitre troisième, les deux derniers versets nous rappellent ainsi notre part céleste alors que le v. 17 nous exhorte à être des imitateurs de l’apôtre (lui-même imitateur de Christ) par contraste avec ceux qui marchent mal (v. 18 et 19). Pour réaliser, par la foi, cette bourgeoisie qui  «est dans les cieux» il faut donc s’éloigner du mal et rechercher à imiter la foi de ceux qui nous ont devancé dans le chemin, en être des imitateurs.


Commentaires du ch. 4

Ch. 4 Obstacles au dévouement et leurs remèdes
01 à 09: appel à la bonne harmonie et à la dépendance
01 à 03: les disputes
04 à 07: les soucis
08 à 09: les pensées
10 à 23: joie et remerciements (Christ, la puissance de la vie)
10 à 14: les circonstances
v. 15 à 23 : remerciements et salutations

Christ, dans ce chapitre, est la ressource et la force du croyant. L’apôtre Paul y termine les exhortations (jusqu’au v. 9). Dans ces v. 1 à 9, l’apôtre fait un résumé de la ressource et de la force du croyant en commençant les trois premiers versets dans lesquels Paul mentionne son affection pour les Philippiens. La communion des frères n’est pas limitée par la distance. Ces frères n’avaient pas hésité à solliciter Épaphrodite afin qu’il fasse un long voyage pour voir l’apôtre. Ils étaient liés avec Paul, coparticipants pour l’évangélisation. Les termes du premier verset à l’égard des Philippiens sont touchants: «Ardemment désirés, ma joie et ma couronne». Nous sentons combien il faut être spirituel afin de pouvoir réaliser quelque chose de ces versets. Ne laissons pas notre christianisme s’entacher de péchés personnels (cf v. 2 et 3). Demandons à Dieu de nous révéler sa pensée par laquelle nous trouverons la source de profits. Le contraire ne peut créer que des dissensions. 

À partir du v. 4, il est aussi question de joie. Le secret de cette joie est de se tenir près du Seigneur comme Paul, selon 2 Tim. 4, 16-17 «Dans ma première défense, personne n’a été avec moi, mais tous m’ont abandonné: que cela ne leur soit pas imputé. Mais le Seigneur s’est tenu près de moi et m’a fortifié, afin que par moi la prédication fût pleinement accomplie et que toutes les nations l’entendissent; et j’ai été délivré de la gueule du lion». Le Seigneur est proche (v. 6). Proche dans l’intimité de la communion et proche quant à son retour. Ces exhortations des v. 4 à 9 sont très importantes pour nous. Elles couronnent aussi cette épître. En ayant de l’affection dans nos cœurs comme Paul, nous ne pouvons que nous réjouir dans le Seigneur. Souvenons-nous que c’est un prisonnier qui nous exhorte à nous réjouir. Paul avait déjà été en prison à Philippes et qui chantaient les louanges de Dieu sur le minuit. Au v. 5, cette douceur, liée avec le v. 4, doit être publiquement connue. La pleine mesure est donnée (note dans la version Darby): «le caractère d’un homme qui n’insiste pas sur ses droits». Appliquons-nous à imiter l’apôtre qui ne se vante pas. C’est un modèle. À ce sujet, les passages du ch. 3, 17 et de 1 Cor. 11, 1 en font écho. Puis, en relation avec le v. 6 «ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu* par des prières et des supplications avec des actions de grâces», pensons au Ps. 23 et 24, 9 … le roi de gloire entrera. Et bien, en connaissant les choses dont nous avons besoin, Dieu nous exhorte à les demander. C’est comme si on lui fait «se ressouvenir». Il ne faut pas garder le silence. Les actions de grâce (v. 6b) sont des «merci». Il est normal de remercier en demandant. En réalisant l’état d’âme des v. 5 et 6, le v. 7 prend aussi toute
sa valeur avec cette paix qui surpasse toute intelligence (cf aussi v. 9). Quant aux choses du v. 8 «Au reste, frères, toutes les choses qui sont vraies, toutes les choses qui sont vénérables, toutes les choses qui sont justes, toutes les choses qui sont pures, toutes les choses qui sont aimables, toutes les choses qui sont de bonne renommée, – s’il y a quelque vertu et quelque louange, – que ces choses occupent vos pensées» , … ces choses sont à mettre en rapport avec 2 Tim. 2, 22 (poursuivre la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur). Individuellement, ces choses doivent caractériser le croyant chaque jour.

Versets du v. 10 à 14 : les raisons de cette lettre sont mentionnées avec de précieux enseignements bien que la partie enseignante prenait fin au v. 9. Le motif de cette épître relève du fait que l’apôtre a reçu un don remis par Épaphrodite. Cette lettre est la réponse donnée aux Philippiens pour les en remercier. Pour Paul, ce don est une occasion de glorifier le Seigneur. L’Esprit de Dieu a poussé l’apôtre Paul à compléter ces remerciements d’enseignements pratiques comme nous l’avons vu. Dans cette épître, aucun reproche n’est adressé à l’assemblée. Au ch. 3, 18, ce sont des reproches dont l’assemblée n’est pas engagée. Au contraire, l’apôtre leur écrit afin que le Seigneur soit davantage glorifié. Dans le v. 10, ce «maintenant enfin» indique que Paul attendait ce don de la part des Philippiens. Il peut paraître frappant de le voir dépendre ainsi de l’assemblée mais la Parole nous exhorte aussi à pourvoir aux besoins de ceux qui enseignent par ceux qui sont enseignés. Et selon 3 Jean 8, c’est coopérer avec la vérité que de pourvoir aux besoins de celui «sorti pour le nom» (cf Héb. 13, 15-16). Si l’apôtre reçoit volontiers un don des Philippiens, alors dans la pauvreté, il refuse un don des Corinthiens, alors dans la richesse. Dans 2 Cor. ch. 8 et 9 + 12, 6, il ressort que les Corinthiens donnaient de telle manière qu’ils auraient pu se prévaloir que Paul faisait des voyages grâce à eux. L’apôtre discernait cette tendance d’où son refus. En 2 Cor. 8, 1-2, les Macédoniens ou Philippiens sont mentionnés comme étant dans un bon état spirituel. Au v. 11, il s’agit d’être contents en toutes choses et pour l’être, il faut être enseignés (v.12). Prenons leçon de ce modèle que nous avons en Paul qui peut toutes choses en celui qui le fortifie (v.13). Puis le v. 14 souligne combien Paul apprécie ce don qu’il accepte avant tout comme venant du Seigneur. 

Versets 15 et suivants : l’apôtre aime à rappeler tout ce que les Philippiens ont fait pour lui. Paul (v. 18) évoque pour la quatrième fois de cette abondance et du fait qu’il a amplement de tout. C’est dire toute sa reconnaissance au moment précis de ses besoins. Il est comblé. Ces dons sont un parfum d’agréable odeur pour Dieu, Dieu qui suppléera aux besoins des Philippiens (v. 19). Puis, v. 20, toute la gloire revient à Dieu. Les salutations des v. 21 à 23 sont peut-être plus courtes que dans les autres épîtres mais il veut que chacun soit salué.

Autres remarques générales

La ville de Philippes a été fondée par le Père d’Alexandre le Grand qui était Philippe de Macédoine. Puis cette ville, lorsque le Nouveau Testament a été écrit, était une colonie romaine. Cette ville a été visitée par l’apôtre Paul lors de son deuxième voyage qui a eu lieu vers les années 54 à 54 de notre ère (Act. 16, 12-40). C’est là que Lydie, marchande de pourpre, fut convertie, avec sa maison. Et lorsque Paul délivra une femme d’un esprit de prophétie démoniaque, la foule et les autorités furent hostiles. Paul et Silas furent jetés en prison. Mais le geôlier et toute sa maison vinrent aussi à la foil. Ainsi, par l’activité de l’apôtre Paul, fut formée, pour autant que nous le sachions, la première assemblée sur sol européen. Paul ne resta pas longtemps à Philippes mais le livre des Actes nous apprend que Luc, auteur de ce livre, y resta.

 

Lors de son troisième voyage, Paul visita cette contrée et il visita à nouveau Philippes (voir Act. 20, 1 et 2 Cor. 2, 13). Il alla ensuite en Grèce et, à son retour, il s’arrêta à nouveau à Philippes d’où il repartit avec Luc (Act. 20, 6).

 

Dès le début, on peut remarquer une belle affection entre les philippiens et Paul. Ces philippiens avaient pensé à Paul au commencement. Ce dernier peut leur en rendre témoignage au ch. 4, 15 et 16. Maintenant, il profite encore de leur libéralité et charge Épaphras de retourner à Philippes avec la lettre, cet Épaphras qui avait été fort malade (Phil. 2, 25-27; 4, 18).

Paul, auteur de l’épître, l’a écrite depuis sa captivité à Rome, tout comme celles aux Éphésiens, aux Colossiens et à Philémon. Ce malgré des nouveautés qui évoquent, par exemple, Éphèse ou Césarée. Mais l’auteur n’a jamais été contesté. L’épître aux Philippiens est la seule qui mentionne le prétoire (ch. 1, 13), c’est-à-dire la garde impériale ainsi que les croyants de la maison de César (ch. 4, 22). Il évoque aussi l’espoir de retrouver la liberté (ch. 1, 25-26; 2, 24). On pense sa rédaction vers la fin de 2 ans de prison à Rome, donc vers 63. Des érudits comme Polycarpe, Irénée, et Clément d’Alexandrie confirme que la lettre est paulienne.


Quant au sujet, au but et aux particularités :

Cette épître est un bel exposé de l’expérience chrétienne. Classée parmi les écrits les plus personnels, voire les plus chaleureux du Nouveau Testament, l’épître aux Philippiens ne comporte pas d’exposé doctrinal détaillé de la vérité chrétienne. De courts passages sont là pour mieux montrer la suite des pensées de l’apôtre et leur servir de base; ainsi en est-il de l’abaissement du Seigneur et de son élévation (ch. 2, 5-11) et de la transmutation des croyants à la venue du Seigneur (ch., 20-21). Cette épître, ou lettre, est pratique. Il en résulte, par conséquent, que la vie en tant que chrétien n’est pas une simple théorie. Au contraire ce que l’on peut appeler «la doctrine du Christ» peut et doit être mise en pratique, par la force du Seigneur, dans toues les circonstances de la vie. Jésus Christ occupent bien sûr la place centrale des 4 chapitres. Les noms du Seigneur Jésus Christ reviennent une cinquantaine de fois, c’est-à-dire plus que dans les autres épîtres.

 

Le mot péché ne se trouve pas dans cette lettre qui porte aussi nos regards en avant, vers l’avenir. Ainsi, Paul regarde vers le but qui est devant lui. Dans les types de l’Ancien Testament, cette épître fait penser au peuple d’Israël; Moïse dirigeait leurs yeux sur le pays de Canaan. Les Philippiens sont encore sur la terre, en image dans le désert et Paul regarde vers le but. Quant aux Colossiens, ils sont considérés comme ayant déjà passé le Jourdain et en passe de prendre possession du pays promis (Col. 3, 1-3). Ajoutons que l’épître aux Éphésiens va encore plus loin. Les croyants se trouvent dans la pleine possession et la pleine jouissance de toute la bénédiction spirituelle chrétienne (Eph. 1, 3; 2, 6).

Les surveillants (ou anciens à voir Act. 20, 17 et 28 ainsi que Tite 1, v. 5 et 7) et les serviteurs sont mentionnés dans la salutation. C’est la seule épître qui mentionne ce fait. C’est une particularité. Dans ce contexte et au cours des siècles, les hommes ont transformé les choses en fonctions ecclésiastiques hiérarchisées. Elles ont été confondues avec les dons d’évangélistes, pasteurs et docteurs que le Seigneur donne pourtant toujours sans limitation pour son corps tout entier. Cependant, cette hiérarchie ecclésiastique ne repose sur aucune base scripturaire dans le Nouveau Testament. Certes, le Seigneur donne donc toujours les dons nécessaires pour la formation et l’édification de son Assemblée mais personne n’a aujourd’hui l’autorité pour nommer des anciens ou surveillants. Ces charges sont assumées dans les assemblées locales par les croyants doués à cet effet.

 

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