La bête romaine (dans Daniel)

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Daniel 2, 32-34
32 La tête de cette statue était d’or pur; sa poitrine et ses bras, d’argent; son ventre et ses cuisses, d’airain; 33 ses jambes, de fer; ses pieds, en partie de fer et en partie d’argile. 34 Tu vis, jusqu’à ce qu’une pierre se détacha sans mains; et elle frappa la statue dans ses pieds de fer et d’argile, et les broya;

Daniel 2, 40-43
40 Et le quatrième royaume sera fort comme le fer. De même que le fer broie et écrase tout, et que le fer brise toutes ces choses, il broiera et brisera. 41 Et selon que tu as vu les pieds et les orteils en partie d’argile de potier et en partie de fer, le royaume sera divisé; et il y aura en lui de la dureté du fer, selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse; 42 et quant à ce que les orteils des pieds étaient en partie de fer et en partie d’argile, le royaume sera en partie fort et sera en partie fragile. 43 Et selon que tu as vu le fer mêlé avec de l’argile grasse, ils se mêleront à la semence des hommes, mais ils n’adhéreront pas l’un à l’autre, de même que le fer ne se mêle pas avec l’argile.

Daniel 7, 7-8
7 Après cela je vis dans les visions de la nuit, et voici une quatrième bête, effrayante et terrible et extraordinairement puissante, et elle avait de grandes dents de fer: elle dévorait et écrasait; et ce qui restait, elle le foulait avec ses pieds. Et elle était différente de toutes les bêtes qui étaient avant elle; et elle avait dix cornes. 8 Je considérais les cornes, et voici une autre corne, petite, monta au milieu d’elles, et trois des premières cornes furent arrachées devant elle. Et voici, [il y avait] à cette corne des yeux comme des yeux d’homme, et une bouche proférant de grandes choses.

Daniel 7, 19-26
19 Alors je désirai de savoir la vérité touchant la quatrième bête, qui était différente d’elles toutes, extraordinairement terrible: ses dents étaient de fer, et ses ongles, d’airain; elle dévorait, écrasait, et foulait avec ses pieds ce qui restait; … 20 et touchant les dix cornes qui étaient sur sa tête, et touchant l’autre qui montait, et devant laquelle trois étaient tombées, cette corne qui avait des yeux, et une bouche proférant de grandes choses, et dont l’aspect était plus grand que celui des autres*. 21 Je regardais*; et cette corne fit la guerre contre les saints, et prévalut contre eux, 22 jusqu’à ce que l’Ancien des jours vint, et que le jugement fut donné aux saints des [lieux] très-hauts, et que le temps arriva où les saints possédèrent le royaume.
23 Il dit ainsi: La quatrième bête sera un quatrième royaume sur la terre, qui sera différent de tous les royaumes, et dévorera toute la terre, et la foulera aux pieds et l’écrasera. 24 Et les dix cornes,… ce sont dix rois qui surgiront du royaume. Et un autre surgira après eux; et il sera différent des premiers; et il abattra trois rois. 25 Et il proférera des paroles contre le Très-haut, et il consumera* les saints des [lieux] très-hauts, et il pensera changer [les] saisons et [la] loi, et elles seront livrées en sa main jusqu’à un temps et [des] temps et une moitié de temps. 26 Et le jugement s’assiéra; et on lui ôtera la domination, pour la détruire et la faire périr jusqu’à la fin.
v. 20: litt.: ses compagnes. / v. 21: ou: voyais.

Daniel 9, 27
27 Et il confirmera une alliance avec la multitude [pour] une semaine; et au milieu de la semaine* il fera cesser le sacrifice et l’offrande; et à cause de la protection des abominations** [il y aura] un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et [ce qui est] décrété*** soient versés sur la désolée****.
27****: quelques-uns: le désolateur.

Quelques notes

À propos des versets de Daniel 2, 32 à 34 + 40 à 43
Si le chapitre premier du livre de Daniel sert d’introduction, la partie prophétique commence au chapitre deuxième qui contient déjà un déroulement qui va jusqu’à la fin. Dans les v. 32 à 34, il y a successivement l’ empire de Babylone d’une durée de 68 ans (606 à 538 avant J.-C.), puis l’empire médo-perse (207 ans de 538 à 331 avant J.-C.), puis celui de la Grèce (163 ans de 331 à 168 avant J.-C.), et enfin l’empire romain depuis l’an 168 avant J.-C jusqu’à la fin. Rome (les jambes et les pieds de la statue), quatrième empire, devait tout écraser par sa force; mais à la fin Rome serait divisé: c’est cet état mélangé de force et de faiblesse, état résultant de l’union de l’empire avec des éléments hétérogènes que sont les Barbares avec ce qui était proprement romain. À la fin, le Dieu des cieux établira le royaume du Christ, qui mettra de côté, par le jugement, toutes ces monarchies. C’est la pierre du v. 34.
Après la description du songe de Nebucadnetsar dans les v. 31 à 36, Daniel en donne l’interprétation dans les v. 37 à 46. Rome est reconnu dans les v. 40 à 43. À ce stade, remarquons que le royaume de Christ dont il est question dans ce chapitre (v. 44) n’est pas encore établi. Le temps des nations, typifié dans les parties de la statue, n’est pas encore terminé. Il le sera lors de l’avènement de Christ. Jérusalem, avant cet avènement, sera sous la sentence de ce passage biblique: «Et ils tomberont sous le tranchant de l’épée, et seront menés captifs parmi toutes les nations; et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis.» (Luc 21:24).
L’histoire de l’empire romain, depuis les invasions barbares au cours desquelles il prit fin dans sa première forme, est actuellement interrompue par ce qu’on a appelé «la parenthèse de l’Église». Mais selon la prophétie, l’empire romain doit bientôt se reconstituer pour un peu de temps. Il y aura en lui un élément de faiblesse figuré par les pieds et les orteils mélangés d’argile et de fer (les dix rois distincts de la bête romaine; Apoc. 17 v. 12) qui le rendra vulnérable (v. 41, 42).
Dans leur ensemble, ces empires, avec leurs différents caractères, cumulables avec des pics dans une direction ou l’autre selon les époques, sont décrits de manière détaillée dans la Parole de Dieu. Ils sont aussi vus sous la forme de bêtes comme les chapitres 7 et 8 de Daniel en font part. La bête romaine fait l’objet de la section suivante.

À propos des versets de Daniel 7, 7 à 8 + 19 à 26
Le chapitre 7 de Daniel introduit la seconde partie du livre; en résumé, dans les trois visions de ce chapitre (cf v. 2, 7 et 13), le fait général est qu’il y aura quatre Bêtes (donc des empires ou leurs chefs qui n’ont pas de relations avec Dieu). Les trois premières Bêtes ont agi méchamment contre Dieu et contre son peuple. Mais c’est sans commune mesure avec la quatrième car c’est sous sa domination qu’aura lieu la révolte ouverte contre Dieu, contre son autorité et sa gloire. De ce fait, le résultat sera la destruction totale de la Bête et de ses acolytes.
La quatrième Bête, mentionnée dans les versets ci-dessus, fait l’objet de la deuxième vision. Son histoire détaillée y est présentée. À partir du v. 19, il y a l’histoire de ce qui arrivera par un effet de la providence et par le jugement de Dieu. Mais il y a plus que cela car l’interprétation concerne aussi ce qui regarde le peuple de Dieu, les saints des lieux très-hauts (v. 18). D’autres prophéties semblables, ainsi que des paraboles, confirment que les choses vont au-delà de ce que les prophéties elles-mêmes contiennent. Ainsi la grande vérité ajoutée au v. 18 est que les saints des lieux très-hauts obtiendront le royaume aux siècles des siècles. Ils obtiendront ce royaume lorsque les bêtes seront jugées et mises de côté. La quatrième bête est affreuse, elle est effrayante et terrible. Le v. 19 fait ressortir que cette bête veut tout dominer; c’est le propre de cette bête qui domine encore, d’une certaine manière, le monde occidental. En effet, bien que la période de l’Église dure encore, cette période est néanmoins comprise dans le «temps des nations». Quant aux cornes du v. 20, trois de ces dix cornes (ou royaumes) tombent devant une autre (ou onzième) corne qui montait; petite au commencement, elle devint plus grande en apparence que ses compagnes et finit par dominer au milieu des cornes. Autrement dit, cette onzième corne prête son caractère à la bête. Elle a la domination sur la puissance de la bête en décidant de sa conduite; elle est aussi la cause de sa destruction. Si cette «petite» corne domine, sept autres subsistent puisque trois ont été abattues. Ainsi, dans cette petite corne il n’y a pas tout l’empire géographique de la quatrième bête. Elle est cependant moralement toute la bête. Cette petite corne, différente des autres, est hardie; elle frappe, persécute, change les temps. Elle représente aussi complètement la bête devant Dieu en rapport avec le jugement.
Quant à la puissance personnelle et matérielle, il y a donc sept cornes qui subsistent dans l’étendue de l’Empire romain; elles sont matériellement les instruments du mal moral de la petite corne. Dans le détail il y a ainsi une corne qui fait le mal et la grande masse de l’Empire divisée en sept parties. C’est comme s’il y avait un homme avec de grands desseins et sept autres qui leur donne appui et soutien. L’homme aux grands desseins représenterait les sept autres. Pour représenter la chose, l’histoire a fourni des exemples de ce qui arrivera avec un développement bien plus grand à la fin. Comme exemple: Napoléon qui avait avec lui l’Espagne, la Belgique, et d’autres puissances qui le suivaient mais qui n’étaient rien que des auxiliaires. C’est lui qui imprimait son caractère sur tout ce qui se faisait. Il en sera ainsi de cette petite corne: son caractère sera empreint sur tout ce qui se fait. Par rapport aux sept autres cornes, elle seule sera en vue dans la description de l’état moral des choses devant Dieu: leur autorité existera, en un certain sens, dans les limites de leurs royaumes, mais leur puissance sera donnée à celle qui s’élèvera contre Dieu et contre les saints. Cette corne donc ne sera pas un royaume ordinaire mais une puissance spéciale qui s’élèvera au milieu des autres. Ensuite elle fait trois choses: premièrement, elle profère des paroles contre Dieu qui est là-haut, qui domine sur les cieux et la terre. Secondement, elle consume les saints des lieux très-hauts, ceux qui reconnaissent Dieu dans les hauts lieux; aussi fait-elle la guerre aux Juifs fidèles, qui sont de retour dans leur pays. Troisièmement, non seulement elle détruit les saints, mais elle pense pouvoir changer les saisons (c’est-à-dire, certains jours fériés qui reviennent d’année en année, et qui constituent des époques parmi les Juifs; comme Pâque, Pentecôte, la fête des Tabernacles, etc.) et la Loi elle-même. Ils seront livrés entre ses mains, savoir les temps et la Loi, jusqu’à un certain temps: ce ne sera pas pour toujours. Cette quatrième bête est apostate. Elle abandonne Dieu dans sa puissance,  elle fait la guerre aux saints qui reconnaissent Dieu, et enfin, elle met de côté les ordonnances judaïques. C’est là le caractère final que porte cette Bête sous l’influence de la petite corne. Mais enfin, quelles que soient ses prétentions, le jugement viendra, et on lui ôtera la domination (v. 23-26).
Encore sur la «petite corne» … Qui est la petite corne de Daniel 7 … et celle de Daniel 8 ?
Les personnages importants, qui joueront un rôle dans les derniers jours de la chrétienté et de l’apostasie juive, sont souvent confondus. La prophétie recèle une grandeur et une perfection auxquelles on fait souvent peu attention. Perdre de vue ou confondre l’un des acteurs de la scène avec un autre conduit à l’erreur sur plusieurs points du fait que le plan prophétique a été exactement et divinement formé par le Saint Esprit de Dieu. Non seulement ce plan présente un tout harmonique, mais toutes ses parties, jusque dans les plus petits détails, sont en harmonie les unes avec les autres. Il est aussi nécessaire d’être humbles et de savoir dire «nous ignorons» et de s’attendre à Dieu pour recevoir lumière et direction. Pour être au clair au sujet des cornes des chapitres 7 et 8 de Daniel, il est impératif d’étudier la situation générale aussi bien que les détails de la fin du siècle ou temps des nations.
Le ch. 7 esquisse l’histoire et la succession des quatre empires, de la ruine de Juda, jusqu’au second avènement de Christ. L’histoire retient des volumes qui ont été écrits sur les anciens empires babylonien, perse et grec, tandis que l’Esprit de Dieu, dans ce chapitre, n’a consacré à chacun de ces empires qu’un seul verset (4, 5, 6); il a concentré les traits saillants nécessaires à notre compréhension. En somme, les historiens ne présentent rien de plus dans leurs ouvrages.
Mais la quatrième Bête, effroyable et de grande vigueur et extraordinairement forte, représentée historiquement en Judée par Pilate qui livra Jésus aux Juifs, est spécialement traitée dans Daniel ch. 7. L’empire est partagé en dix royaumes (v. 24); il ne possède donc pas encore l’unité. C’est la petite corne qui donne(ra) la solidité et l’unité à l’empire. S’élevant du milieu des autres cornes ou rois, elle prend peu à peu de l’importance et de la puissance, jusqu’à ce que toute la force de la Bête soit concentrée en elle, et qu’elle devienne la tête ou le chef de l’empire. La durée de l’empire, sa grandeur et son étendue, comme finalement son entière destruction, dépendent moralement du chef de cet empire, cruel persécuteur des saints, hardi blasphémateur de Dieu.
Ce partage en dix royaumes de l’empire latin est bien certainement encore à venir, car quand la hordes barbares l’envahirent, il fut réduit à néant. Le résultat en est l’Europe telle qu’elle est constituée actuellement. Mais oserait-on soutenir que le démembrement de ce puissant colosse de l’occident et la formation de tous ces fragments en royaumes indépendants, répondent à ce qui est dit dans ce passage important? Sûrement non. D’ailleurs, ce qui est plus important encore, c’est de savoir que selon la déclaration de la Parole, l’empire reprendra vie, et de plus, que Satan sera l’auteur de ce mouvement de résurrection. Charlemagne et Napoléon 1er ont essayé, mais en vain, de relever l’empire romain. Le temps de Dieu n’était pas encore venu. Ce n’est pas l’homme, c’est Satan qui le reconstituera. (Apoc. 17, 8). Après son partage en dix royaumes, cette petite corne s’élèvera du milieu d’eux et avec l’aide de Satan s’emparera du trône du monde. Elle sera le grand conducteur (ou meneur) politique, le chef gentil de l’Occident. Elle est un pouvoir différent de l’Antichrist d’un côté, et de la petite corne d’Orient (Daniel ch. 8) de l’autre.
Les scènes de Daniel se passent dans l’extrême orient. Le sens général du chapitre est clair. Le bélier aux deux cornes (ch. 8, 20) est la puissance Médo-Perse. Partant de l’orient, il pousse ses conquêtes vers l’occident, au nord et au midi, remportant des victoires, soumettant les royaumes et agissant orgueilleusement. L’attention se porte ensuite sur un bouc venant du couchant, ayant une corne de grande apparence entre les yeux (ch. 8, 6) Qui est cette puissance qui vient à la rencontre de la Perse, qui lui dispute l’empire du monde, et détruit le puissant tyran de l’orient? L’explication de Gabriel est courte et claire. Le bouc velu est le roi de Javan; et la grande corne qui était entre ses yeux c’est son premier roi (v. 21) que fût Alexandre le Grand. L’histoire est utile à sa place mais elle n’est pas nécessaire à l’intelligence de l’Écriture. Faire de l’histoire l’interprète de la parole de Dieu serait une injure faite à l’Esprit de Dieu qui est seul compétent pour sonder les choses profondes de Dieu. Le Saint Esprit est aussi la puissance par laquelle ces choses profondes nous sont communiquées (1 Cor. 2, 9-16.) Ill faut donc absolument mettre de côté l’histoire et son interprétation. Dans le cas contraire, il résulte un double mal de ce faux système d’interprétation appliqué aux écrits prophétiques. D’abord la prophétie cesse d’être telle, si elle doit se comprendre par l’histoire, car la prophétie accomplie devient simplement de l’histoire; et secondement la valeur pratique de la parole prophétique est perdue; elle cesserait d’être une lampe qui brille dans un lieu obscur (2 Pi. 1, 19-21). Répétons que l’histoire est utile mais la prophétie ne peut pas être comprise à la misérable lumière des écrits des hommes. En vérité, on peut ajouter qu’une grande partie de la Bible serait un livre scellé pour un grand nombre, s’il fallait l’interpréter à la lumière incertaine de l’histoire. Les prophéties de Daniel, les visions d’Ézéchiel, l’Apocalypse, ainsi que toute la Parole, se comprennent uniquement par le Saint Esprit. En Jean 14:26 «mais le Consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses et vous rappellera toutes les choses que je vous ai dites.».
Les conquêtes rapides d’Alexandre le Grand, animé du souvenir des insultes faites précédemment à sa nation, nous sont dépeintes en quelques traits énergiques par la plume divine, non pas après les événements, mais bien longtemps avant que les Mèdes, les Perses, les Grecs, fussent des puissances en tant que telles. Puis vient le développement à la fois si rapide et si étendu de l’Empire grec sous son fameux premier roi: «Et le bouc devint très grand, et lorsqu’il fut devenu fort, la grande corne fut brisée» (ch. 8, 8.) Alexandre, à l’apogée de sa gloire, ayant à ses pieds le monde qu’il avait conquis, voyait du Gange à la Méditerranée les rois et les princes reconnaître sa domination et recevoir leurs couronnes et leurs royaumes de sa main; son empire avait atteint, en douze ans, à un état de puissance et de grandeur jamais vu jusqu’alors. Lorsqu’il fut retranché des vivants, à l’âge de 32 ans, Alexandre possédait le niveau qualitatif pour fonder et soutenir un vaste empire. Ce niveau n’était pas l’apanage de ses généraux qui, après sa mort, se disputèrent le pouvoir. Deux des quatre royaumes qui se formèrent des débris de cet empire occupent une place importante dans l’avenir prophétique. Ce sont les royaumes dont les souverains sont appelés le roi du Nord et le roi du Midi (l’Égypte) (Daniel 11.) Mais ici, il est important de remarquer que Jérusalem comme ville, et la Judée comme pays, sont sur la terre les centres vers lesquels convergent toutes les dispensations de Dieu. Quelle que soit la situation de Jérusalem et d’Israël en 2011, Dieu réserve de meilleures choses pour son peuple encore dispersé en grande partie. «Des choses glorieuses sont dites de toi, cité de Dieu» (Psaume 87, 3.) Prenez Jérusalem pour centre et partant de là, vous pourrez déterminer avec précision le nord et le midi, l’orient et l’occident. En Dan. 8, 9 et 10, nous voyons cette fameuse petite corne venant du Nord, envahissant le pays de beauté (la Judée), détruisant les chefs civils et ecclésiastiques des Juifs, l’armée des cieux et des étoiles, et jetant la vérité par terre (v. 12.) Qui est ce terrible et cruel ennemi des Juifs? Ce portrait fût historiquement celui d’Antiochus Épiphanes, roi du Nord ou de la Syrie, dont la haine pour les Juifs ne connaissait pas de bornes. Ce qui est dit de lui dans les v. 9-10 et à la fin du v. 12, représente un simple fait historique.
Dans le v. 23, il est question d’un roi qui est l’antitype d’Antiochus. Le caractère et les actes de ce roi au visage audacieux sont dépeints dans les vers. 23-25; il est appelé l’Assyrien en Ésaïe 10; et en Ésaïe 28, il en est parlé comme d’une tempête qui détruit. C’est le roi du Nord, le grand ennemi politique des Juifs dans les derniers jours. Il y a d’autres détails sur ce roi dans Daniel ch. 11, comme aussi sur le roi du Midi. La Judée fut toujours en butte aux attaques de ces rois, à l’un ou à l’autre desquels elle appartient pour la plupart du temps. La réapparition de ces royaumes, leur aversion réciproque, leur haine cordiale pour l’Antichrist qui sera roi en Judée, sont décrits dans le chap. 11 de Daniel. Il faut se rappeler que la durée des quatre empires forme une partie importante de la prophétie. Daniel 7 et l’Apocalypse en général, s’occupent de cette partie du champ prophétique. Mais il y a une autre série de nations en dehors des puissances d’occident, dont le roi du nord ou la petite corne est le chef. Les puissances occidentales ont fait une alliance avec les Juifs comme nation. Les puissances du Nord-est, au contraire, cherchent à détruire complètement Israël comme peuple. La petite corne du chap. 7 est le grand chef auquel obéit l’Occident. La petite corne du chap. 8, celui que suit le Nord-est. Le chapitre 8 n’est pas en rapport avec le quatrième empire ou royaume.
Le quatrième royaume est figuré, dans la statue de Nebucadnetsar, par les jambes de fer et les pieds de fer et d’argile. Dans la vision que rapporte Daniel au chapitre 7 de son livre, ce quatrième royaume est représenté par une bête effrayante. Il s’agit bien de celui de Rome, bien que, à la différence des trois premiers, le livre de Daniel ne le nomme pas expressément. Cependant, nous savons que cet empire succéda de fait à l’Empire grec. D’autre part, les caractéristiques des jambes et des pieds de la statue, et surtout le comportement de la quatrième bête reflètent exactement les caractères moraux du pouvoir de Rome. On peut même dire que Rome a accompli jusqu’ici ce qui est dit de la quatrième bête avec une exactitude plus grande encore / s’il est possible / que les trois autres empires ne l’ont fait. Les «grandes dents de fer» dont cette bête était armée, de même que les «jambes de fer» de la statue symbolisent clairement le régime autoritaire que les Romains instituèrent dans tout leur empire.

Sur le passage de Daniel 9, 27
Ce passage relate l’alliance impie conclue pour 7 ans entre le peuple juif apostat et le chef de l’empire latin reconstitué qui est la bête romaine. Voici un exposé détaillé de ce verset (commentaires quelque peu adaptés sans en toucher le sens (WK)):
Au verset 27 arrive la scène finale: «Et il confirmera une alliance avec la multitude pour une semaine». Les versions ordinaires disent à tort l’alliance. L’article “la” ne se trouve pas dans l’original. C’est important car ce petit mot a induit en erreur plusieurs commentateurs. C’est “une” alliance qu’il faut lire; c’est simplement l’idée générale de confirmer une alliance. Avec les versions qui indiquent “l’alliance”, le lecteur est aussitôt porté à en conclure que l’expression “le prince” (v. 25) désigne le Messie qui allait confirmer l’alliance, c’est-à-dire son alliance. Mais voici comment le passage est conçu: “Il confirmera alliance (ou une alliance) avec la multitude pour une semaine”. Le Messie a sans doute apporté le sang de la nouvelle alliance; mais est-ce là le sens du passage? Il suppose que les désolations continuent durant toute cette période, après quoi vient la fin du siècle, qui comprend la septantième semaine, ou qui arrive pendant son déroulement. La mort de Christ a eu lieu depuis longtemps déjà ainsi que, environ quarante ans après, la destruction de Jérusalem par l’armée romaine sous le commandement de Titus. Puis Jérusalem a connu une longue période de désolations et de guerres. Et c’est seulement après tout cela qu’il est de nouveau parlé d’une alliance. Il convient donc d’examiner le passage afin de saisir qui sont les auteurs de cette alliance. Les versets 25 et 26 mentionnent deux personnes différentes. Au verset 25, il y a le Messie, le Prince; mais il est venu et a été retranché. Au verset 26, nous lisons: «Le peuple du prince qui viendra»; ce «prince qui viendra» est assurément ce futur chef romain auquel le verset 27 fait allusion. C’est lui qui confirmera alliance avec «la multitude», c’est-à-dire la masse ou la majorité. Le résidu ne participera en rien à cette alliance. Remarquez que la septantième semaine paraît ici pour la première fois: «Et il confirmera une alliance avec la multitude pour une semaine».
À ceux qui veulent soutenir que ces paroles désignent Christ, quel sens ont-elles ici? Une semaine ne peut signifier qu’une période de sept ans. La nouvelle alliance a-t-elle jamais été faite pour sept ans? Une telle pensée ne tient pas debout. N’est-il pas évident que l’idée d’entendre par là l’alliance apportée par Christ est franchement absurde? Par le moyen de l’œuvre de Christ, l’alliance est éternelle, tandis que celle dont il est question ici n’est que pour sept ans. Quand et comment Christ a-t-il fait une alliance pour sept ans? «Et il confirmera une alliance avec la multitude pour une semaine; et au milieu de la semaine il fera cesser le sacrifice et l’offrande». Il est connu que certains appliquent cela à la mort de Christ. Mais la mort de Christ est passée depuis longtemps, bien avant que la septantième semaine commence; après la mort de Christ à Golgotha, il y a toutes les désolations des Juifs, comme une inondation; et plus tard encore, un autre chef vient et confirme une alliance pour une semaine. C’est lui, et non pas Christ, qui fait alliance avec les Juifs pour sept années. Et au milieu de cette période, il met fin à leur culte. Ils auront rétabli le sacrifice et l’offrande à cette époque, et ce personnage les fait cesser.
Il n’est pas juste d’intercaler le retranchement du Messie, qui intervient à la fin de la soixante-neuvième, selon v. 26, entre les deux moitiés de la septantième semaine du v. 27. En effet, il y a des événements très graves qui remplissent non seulement l’intervalle allant jusqu’à la destruction de Jérusalem par les Romains, mais aussi celui comprenant les désastres ultérieurs sans qu’il soit mention de dates[1]. La dernière semaine, comme Hippolytus[2] l’a vu, est restreinte à la fin du siècle (ou période). Mettre la mort du Messie ou l’abolition de son sacrifice et de son offrande après son ministère de plus de trois ans cause la pire des confusions. Ce qui est en vue ici, c’est une description de la mise de côté du rituel juif au profit de l’idolâtrie et cela par le futur chef romain avec le soutien du roi (faux prophète) dans le pays d’Israël. Le tout s’achèvera judiciairement par l’apparition en gloire du Seigneur qui est le vrai roi.
Mais n’avons-nous pas d’autre lumière sur le sujet dont il est question ici? Ce passage est-il le seul à nous parler d’une telle alliance, et de la cessation soudaine des fêtes et des cérémonies juives, opérée par un prince étranger? Sur l’alliance, voici ce que relate Es. 28, 15 «Car vous avez dit: Nous avons fait une alliance avec la mort, et nous avons fait un pacte avec le shéol: si le fléau qui inonde passe, il n’arrivera pas jusqu’à nous». Et au verset 18: «Et votre alliance avec la mort sera abolie, et votre pacte avec le shéol ne subsistera pas. Lorsque le fléau qui inonde passera, vous serez foulés par lui». Il s’agit sans doute de l’alliance que signale Daniel. Une autre chose vient confirmer ce sens: ce prince romain ayant fait une alliance impie avec le peuple juif, et ayant ensuite interrompu les sacrifices et introduit l’idolâtrie (ce que l’Écriture appelle «l’abomination de la désolation»), non seulement il mettra fin au rituel juif, mais il se placera lui-même comme un objet d’adoration. Lorsque l’idolâtrie est ouvertement en rapport avec le sanctuaire, Dieu envoie sur son peuple un fléau terrible. Les Juifs avaient espéré y échapper en faisant une alliance avec ce prince: comme le dit Ésaïe, ils pensaient (naïvement) être ainsi délivrés du fléau qui inonde. Ce fléau qui inonde est probablement le roi du Nord qui devient le grand chef des puissances orientales du monde liguées contre les puissances occidentales. La masse des Juifs fera alliance avec l’empereur de l’Occident qui sera officiellement leur ami à cette époque. Mais à la moitié du terme fixé, ce même personnage introduira l’idolâtrie et la leur imposera de force. Alors viendra la catastrophe finale pour les Juifs.
L’impiété atteindra son comble lorsque les chefs du peuple feront alliance avec le chef des nations d’occident (Apoc. 13, 2 et Dan. 9, 27). Relisons Es. 28, 14-15 «C’est pourquoi, écoutez la parole de l’Éternel, hommes moqueurs, qui gouvernez ce peuple qui est à Jérusalem. Car vous avez dit: Nous avons fait une alliance avec la mort, et nous avons fait un pacte avec le shéol: si le fléau qui inonde[3] passe, il n’arrivera pas jusqu’à nous; car nous avons fait du mensonge notre abri, et nous nous sommes cachés sous la fausseté.».


[1] La shoah (l’holocauste) fait partie de ces désastres
[2] Grand théologien du 3ème siècle
[3] Le roi du Nord ou Assyrien (voir chapitre VII et VIII)

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