L’antichrist dans la Genèse, le Deutéronome, les Juges et les Psaumes

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Les passages cités de la Bible, qui traitent le sujet indiqué, précèdent les notes de Tharsei (équivalent de cinq pages A4)

Genèse 49, 16-17
16
Dan* jugera son peuple, comme une autre des tribus d’Israël. 17 Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse.

Deutéronome 33, 22
22
Et de Dan il dit: Dan est un jeune lion, il s’élance de Basan.

Juges 18, 30-31
30
Et les fils de Dan dressèrent pour eux l’image taillée; et Jonathan, fils de Guershom, fils de Moïse*, lui et ses fils, furent sacrificateurs pour la tribu des Danites, jusqu’au jour de la captivité du pays. 31 Et ils dressèrent pour eux l’image taillée de Michée, qu’il avait faite, pendant tout le temps* que la maison de Dieu fut à Silo.
v. 30: les copistes en ont fait: Manassé. / v. 31: litt.: tous les jours.

Psaume 5, 6 
6
Tu feras périr ceux qui profèrent le mensonge; l’homme de sang et de fourbe, l’Éternel l’a en abomination.

Psaume 10
1
Pourquoi, ô Éternel! te tiens-tu loin, te caches-tu aux temps de la détresse?
2
* Le méchant, dans son orgueil, poursuit ardemment l’affligé; ils seront pris dans les trames qu’ils ont ourdies.
3
Car le méchant se glorifie du désir de son âme; et il bénit l’avare, il méprise l’Éternel.
4
Le méchant, dans la fierté de sa face, [dit]: Il ne s’enquerra [de rien] *. / Il n’y a point de Dieu: [voilà] toutes ses pensées.
5
Ses voies réussissent en tout temps; tes jugements sont trop hauts pour être devant lui; il souffle contre tous ses adversaires.
6
Il dit en son cœur: Je ne serai pas ébranlé; de génération en génération [je ne tomberai] pas dans le malheur.
7
Sa bouche est pleine de malédiction, et de tromperies, et d’oppressions; il n’y a sous sa langue que trouble et que vanité*.
8
Il se tient aux embuscades des villages; dans des lieux cachés, il tue l’innocent; ses yeux épient le malheureux.
9
Il se tient aux embûches dans un lieu caché, comme un lion dans son fourré; il se tient aux embûches pour enlever l’affligé; il enlève l’affligé, quand il l’a attiré* dans son filet.
10
Il se tapit, il se baisse, afin que les malheureux tombent par sa force*.
11
Il dit en son cœur: *Dieu a oublié, il cache sa face, il ne verra pas, à jamais.
* 12 Lève-toi, Éternel! Ô *Dieu, élève ta main! n’oublie pas les affligés*.
13
Pourquoi le méchant méprise-t-il Dieu? Il dit en son cœur: Tu ne t’enquerras pas.
14
Tu l’as vu, car toi tu regardes la peine et le chagrin pour [les] rendre par ta main; le malheureux s’abandonne à toi, tu es le secours de l’orphelin.
15
Casse le bras du méchant, et recherche l’iniquité du méchant jusqu’à ce que tu n’en trouves plus.
* 16 L’Éternel est roi à toujours et à perpétuité; les nations ont péri de dessus sa terre.
17
Éternel! tu as exaucé le désir des débonnaires, tu as établi leur cœur; tu as prêté l’oreille,
18
Pour faire droit à l’orphelin et à l’opprimé, afin que l’homme qui est de la terre n’effraye plus.
v. 4: quelques-uns: … face, ne cherche pas [Dieu]. / v. 7: ailleurs aussi: iniquité. / v. 9: ou: l’entraînant. / v. 10: litt.: ses forts. v. 12: d’autres lisent: débonnaires.

Psaume 14, 1
1
L’insensé a dit en son cœur: Il n’y a point de Dieu.

Quelques notes

De très nombreux passages de la Bible sont en rapport avec l’antichrist. Ceux reproduits ci-dessus en sont un aperçu. Les chapitres V et VI compléteront le sujet de l’antichrist avec des portions des livres prophétiques de l’AT et d’autres portions du NT.  

À propos des versets de Genèse 49, 16 – 17
Au v. 16 «Dan jugera son peuple comme une autre des tribus d’Israël». Après des siècles de dispersion, Dan retrouvera leur terre. Ils habiteront Israël et seront comme une autre des tribus. Ils seront rétablis dans les privilèges nationaux. Mais que va-t-il se passer? Comment sera la fin? … par l’apparition d’une vipère, une vipère sur le sentier de leur prospérité, cette prospérité étant soulignée également à propos de Zabulon et d’Issacar (v. 13, 14). Cette vipère apparaitra sur le sentier où ce peuple manifeste tant de génie. Cette vipère qui va paraître est l’antichrist. La fin de leur histoire actuelle, c’est l’homme de péché (ou antichrist) (2 Thes. 2, 3), ce roi qui va surgir du milieu d’eux, et devant lequel tous vont s’incliner. Quand Dieu est venu en Christ, quand le Seigneur a revêtu notre humanité pour venir de la part de Dieu, ils ont dit «nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous» (Luc 19, 14). Mais quand un homme dira «moi je suis Dieu» (cf 2 Thes. 2, 4), quand un homme se déifiera au milieu d’eux (ils vont avoir cela), ils vont tous tomber sous sa coupe. Le Seigneur leur a dit: «Moi je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; si un autre vient en son propre nom, celui là vous le recevrez» (Jean 5, 43). En Ezé. 20, 32-33, ceux des dix tribus ne se soucient pas même de rentrer dans leur pays, car ils disent: «Nous serons comme les nations, comme les familles des pays». Mais Dieu les obligera à abandonner ces lieux pour rentrer dans leur pays. Dan représente l’état des fils d’Israël à la fin de l’état de dispersion représenté par Zabulon et Issacar. Rentré dans le pays, mais dans l’incrédulité, il jugera son peuple comme une autre tribu. C’est le temps de l’apostasie, le règne de l’Antichrist, «comme une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse». Il tombera au lieu de régner.

Sur le passage de Deutéronome 33, 22
Si Jacob a parlé de Dan comme étant un serpent qui mord, Moïse, à la fin de ses jours également, l’a comparé à un jeune lion qui s’élance, qui s’élance pour attaquer et pour dévorer. Le serpent et le lion sont souvent, dans la parole de Dieu, l’image de l’astuce et de la fureur de Satan, lesquelles atteindront leur apogée sous le règne de l’Antichrist. Le Seigneur Jésus Lui-même n’a-t-il pas parlé de la septuple puissance de l’esprit de méchanceté qui envahi la maison d’Israël aux derniers jours? (Matt. 12, 45).

À propos des versets de Juges 18, 30 – 31
Ce chapitre présente les rapports de l’une des tribus avec le système religieux de Juges 17, un système idolâtre. Dan avait démontré être la plus faible des tribus d’Israël. Repoussée dans la montagne par les Amoréens (Jug. 1, 34), et manquant de foi pour s’emparer de son héritage, les fils de Dan envoient cinq hommes (Jug. 18, 2) en reconnaissance pour chercher la part qui leur manquait encore. Laïs, ville tranquille et prospère, était située à l’extrémité nord de Canaan, éloignée des Sidoniens auxquels elle se rattachait. Cette ville (v. 7) offre à Dan une conquête sans gloire, mais lui présente en outre tout ce que le coeur naturel peut désirer. «C’est un lieu», disent les envoyés, «où rien ne manque de tout ce qui est sur la terre» (v. 10). À part la perversité, Laïs, comme Sodome avant sa destruction, ressemblait à un jardin de l’Éternel; conquête digne d’un Lot et non d’un Abraham, qui tente la tribu de Dan affaiblie et relâchée. Dan avait un combat à livrer, une victoire à gagner dans ses propres limites, sur l’Amoréen de la vallée; ce combat lui coûte trop cher; il lui préfère une conquête sans péril, remportée au bout de la terre, loin des yeux des témoins de l’Éternel, et de l’endroit où se trouve l’ennemi réel, laissé, sans mot dire, en possession du vrai héritage de Dan. Les fils de Dan vont leur chemin, frappent Laïs, s’emparent de la ville, et «l’appellent du nom de Dan, d’après le nom de Dan, leur père». (v. 29). Le nom de Dan a plus d’importance pour eux que le nom de l’Éternel. Tel est, en quelques mots, le sombre tableau de l’histoire religieuse d’Israël. Voilà un contexte favorable pour l’antichrist.

À propos des versets des Psaumes 5, 6; 10; 14, 1
Ce choix de versets, comme beaucoup d’autres dans les Psaumes, donne un aperçu de personnages tels que l’antichrist. Nos frères du passé ont relevé la grande importance morale à apprendre les vérités prophétiques par les Psaumes; elles ne sont pas traitées là comme pure doctrine mais sont éprouvées dans les divers exercices de l’âme. Ainsi Paul nous enseigne qu’un «aveuglement partiel est arrivé à Israël», ou que «les branches ont été coupées». C’est une vérité doctrinale qu’il nous faut comprendre et croire. La même vérité se trouve dans les Psaumes. Dans le Ps. 65, 3, les mots: «Les iniquités ont prévalu sur moi». Il ne s’agit pas ici d’une doctrine telle qu’elle peut être développée dans le style didactique des épîtres, mais de l’expression de ce qui brisait le cœur d’un pauvre Juif, lorsqu’il y pensait. De même «tout Israël sera sauvé» est un autre enseignement de l’apôtre Paul. Cet enseignement se retrouve dans le même verset du Psaume 65 sous cette forme: «Nos transgressions, toi tu les pardonneras». Ce n’est pas une simple déclaration mais comme une heureuse anticipation dans le cœur de ce même Israélite affligé. Ce des exemples qui démontrent le profit moral à apprendre quelque chose de la somme de la vérité par le moyen des Psaumes. Notre tendance est de saisir la vérité par l’intelligence. Mais dans les Psaumes la vérité est présentée en même temps que les exercices de l’âme. Les Psaumes sont, pour ainsi dire, le cœur du divin volume. Ils se trouvent placés au centre du corps, là où l’on sent battre les artères, l’endroit d’où le sang sort et où il retourne, autrement dit où les affections du nouvel homme ont leur siège et leur exercice. Il est bon de se trouver là quelquefois: on y apprend à se servir des autres portions de la Parole.  

Le Psaume 10 est à lire en relation avec le neuvième. Le cri du résidu s’y prolonge davantage; l’iniquité de l’ennemi est précisée avec plus de détails. La réponse au cri, puis l’établissement du royaume, sont magnifiquement anticipés à la fin du psaume.

L’orgueil athée, c’est-à-dire l’homme devenant son propre dieu qui ne reçoit aucune leçon de Dieu, ni en grâce, ni en jugement, et la persécution des justes, donnent un caractère marqué à cette dernière forme du mal. Puis sont révélés quelques traits du grand ennemi des derniers jours qui est l’antichrist, comme partout dans l’Écriture toutes les fois qu’il est question de lui, prophétiquement ou typiquement.

Dans la version grecque des Septante, les Psaumes 9 et 10 n’en forment qu’un. En conséquence, du Psaume 10 au psaume 147, le numéro de chaque psaume est décalé par rapport à quelques traductions. Au psaume 147, les numéros concordent à nouveau, parce que ce psaume en devient deux dans la version des Septante

Venons-en au Psaume 14. Il présente la méditation solitaire d’une âme en présence de l’impiété du monde. Le psalmiste prononce le verdict que Dieu rend quant à l’homme: ils se sont tous détournés, etc (v. 3-4), cela après s’être solennellement enquis de son état (comme autrefois à Babel et à Sodome, cf Gen. 11, 5; 18, 21). Ce Psaume annonce aussi la ruine des hommes, quand Dieu se manifestera au milieu de sa génération (v. 5 (dont le caractère est donc à l’opposé de celle dont il est question au Ps. 12, 7-8)). Et il termine en exprimant son désir de voir ce jour se lever (v. 7a).

Le roi «qui agira selon son bon plaisir» aux derniers jours, est certainement évoqué dans l’expression «insensé», ou athée, du début de ce psaume; en effet, la confédération dont il est le chef, ou plutôt l’allié car il s’agit de l’Antichrist (deuxième bête d’Apoc. 13), soutien satanique de l’Empire romain (première bête), doit être brisée quand le salut, vu ici par avance, viendra de Sion. Mais l’homme est toujours l’homme. «Ce qui est né de la chair est chair». De sorte que l’apôtre peut citer ce psaume en Rom. 3, dans sa description des hommes. Car tous sont par nature animés de l’esprit de «l’inique», ou de l’athée, étrangers à la vie de Dieu (cf Éph. 4, 17-19). Ainsi, bien que ce psaume 14 soit à la fois la méditation de Jésus et de son résidu fidèle considérant les incrédules des derniers jours, toute âme éclairée peut le faire sien (voir Ps. 53). Les expressions du v. 3, dans la version des Septante, sont citées par l’apôtre en Rom. 3, 11-18.

Autres notes de ce sujet en rapport avec l’avenir de la tribu de Dan, tirées de la brochure «Les tribus d’Israël»l:
Cette offense faite à Dieu paraît avoir marqué l’histoire de la tribu de Dan. Au désert, c’est le fils d’une Danite qui blasphème le Nom de Dieu. En Canaan, au temps des Juges, ce sont des hommes de Dan qui dressent une image taillée et se prosternent devant elle. Aux jours de la royauté, c’est une ville de cette tribu qui devient le centre d’un culte idolâtrique.

Jacob, sur son lit de mort, avait fait savoir à ses fils ce qui leur arriverait à la fin des jours. De Dan, il avait dit: «Dan sera un serpent sur le chemin, une vipère sur le sentier, qui mord les talons du cheval, et celui qui le monte tombe à la renverse» (Gen. 49, 17). Il vaut la peine de noter que le terme vipère, cité dans ce passage, ne se trouve nulle part ailleurs dans la parole de Dieu. C’est le céraste ou serpent à cornes, redoutable, dont la couleur est celle du sable et qui, brusquement, surgit d’une ornière du sentier. Un cheval mordu s’écroule rapidement et celui qui le monte tombe à la renverse. L’homme, touché par cette vipère, meurt en moins d’une demi-heure.

Par cette comparaison l’Esprit de Dieu dépeint d’une manière saisissante ce que sera dans l’histoire future du peuple d’Israël, la puissance de la ruse diabolique. Un homme surgira, l’Antichrist, n’ayant point égard au Dieu de ses pères et proférant contre Lui des choses impies (Dan. 11, 37). Il entraînera le peuple dans une révolte ouverte, l’apostasie, c’est-à-dire le rejet de toute vérité concernant le Dieu d’Abraham et Son Messie. Le peuple en effet «tombera à la renverse», à l’exception toutefois d’un petit nombre qui demeureront fidèles et qui, dans le feu de la persécution, s’écrieront: «J’ai attendu ton salut, ô Eternel!» (Gen. 49, 18).

Si Jacob a parlé de Dan comme étant un serpent qui mord, Moïse, à la fin de ses jours également, l’a comparé à un jeune lion qui s’élance pour attaquer et pour dévorer (Deut. 33, 22). Le serpent et le lion sont souvent, dans la parole de Dieu, l’image de l’astuce et de la fureur de Satan, lesquelles atteindront leur apogée sous le règne de l’Antichrist. Le Seigneur Jésus Lui-même n’a-t-il pas parlé de la septuple puissance de l’esprit de méchanceté qui envahît la maison d’Israël aux derniers jours? (Matt. 12, 45). Il a été donné à l’apôtre Jean d’entendre le nom des élus marqués du sceau de Dieu (Apoc. 7, 4). L’un après l’autre, les noms des tribus d’Israël ont été entendus. Un seul n’a pas retenti, celui de Dan. Omission solennelle, au sujet de laquelle un conducteur au début du siècle a écrit: «Dan est entièrement omis; il est jugé selon la prophétie de Jacob; l’Antichrist et son peuple, représenté par Dan ne peuvent être scellés» (HR).

La tribu de Dan aura néanmoins sa place, comme toutes les autres tribus, dans la terre d’Israël renouvelée sous le sceptre du Messie, le lion de Juda. Le lion de Dan, après avoir dominé un temps, aura disparu à jamais. Mais elle retrouvera la place qu’elle a toujours occupée, c’est-à-dire à l’extrémité nord du pays (Ezé. 48, 1).  «Dernière tribu, tout au nord, elle sera la plus éloignée possible du sanctuaire de Jéhovah» (cf 1 Cor. 3, 15).  

En conclusion, nous dirons qu’il ne fait pas de doute que l’idolâtrie a marqué l’histoire de la tribu de Dan. Cette idolâtrie sera consommée avec l’Antichrist, l’homme de péché, l’inique, le fils de perdition, lequel se présentera lui-même comme étant Dieu (2 Thes. 2, 4). On comprend dès lors que les lecteurs attentifs de la parole de Dieu, dans tous les temps, aient émis la pensée que cet homme surgirait de la tribu de Dan. Pour les Pères de l’Église déjà, cette supposition était devenue certitude.

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