Les septante semaines du prophète Daniel

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Esdras 1, 1-3

Et la première année de Cyrus,* roi de Perse, afin que fût accomplie la parole de l’Éternel [dite] par la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse; et il fit une proclamation dans tout son royaume, et la publia aussi par écrit, disant: 2 Ainsi dit Cyrus, roi de Perse: L’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda. 3 Qui d’entre vous, quel qu’il soit, est de son peuple, / que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem, qui est en Juda, et qu’il bâtisse la maison de l’Éternel, le Dieu d’Israël (lui est Dieu), à Jérusalem.
v. 1: date: A.C. 536.

 Néhémie 2, 1-5
1 Et il arriva au mois de Nisan, la vingtième année du roi Artaxerxès, comme le vin était devant lui, que je pris le vin et le donnai au roi; et je n’avais pas été triste en sa présence. 2 Et le roi me dit: Pourquoi as-tu mauvais visage, et pourtant tu n’es pas malade? Cela n’est rien que de la tristesse de cœur. 3 Alors j’eus extrêmement peur. Et je dis au roi: Que le roi vive à toujours! Pourquoi mon visage ne serait-il pas triste, quand la ville, le lieu* des sépulcres de mes pères, est dévastée, et que ses portes sont consumées par le feu? 4 Et le roi me dit: Que demandes-tu? 5 Et je priai le Dieu des cieux; et je dis au roi: Si le roi le trouve bon, et si ton serviteur est agréable devant toi, qu’il m’envoie en Juda, à la ville des sépulcres de mes pères, et je la bâtirai.
v. 3: litt.: la maison.

Daniel 9, 24-27
24 Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville, pour clore la transgression, et pour en finir avec les péchés, et pour faire propitiation pour l’iniquité, et pour introduire la justice des siècles, et pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le saint des saints. 25 Et sache, et comprends: Depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, [le] prince*, il y a sept semaines et soixante-deux semaines; la place et le fossé seront rebâtis, et [cela] en des temps de trouble. 26 Et après les soixante-deux semaines, [le] Messie sera retranché et n’aura rien; et le peuple du prince qui viendra, détruira la ville et le lieu saint, et la fin en sera avec débordement; et jusqu’à la fin [il y aura] guerre, un décret de désolations. 27 Et il confirmera une alliance avec la multitude [pour] une semaine; et au milieu de la semaine* il fera cesser le sacrifice et l’offrande; et à cause de la protection des abominations** [il y aura] un désolateur, et jusqu’à ce que la consomption et [ce qui est] décrété*** soient versés sur la désolée****.
v. 25: chef (Ésaïe 55:4). / v. 27*: litt.: à la demi-semaine. / v. 27**: idoles. / v. 27***: comparer Ésaïe 10:23. / v. 27****: quelques-uns: le désolateur.

Quelques notes

Sur le passage d’Esdras 1, 1-3
Dieu veille sur sa parole pour l’accomplir. Les 70 années de la captivité à Babylone, fixées par l’Éternel et communiquées par Jérémie, prennent fin en l’an 536 av J.-C. Le commencement, en l’an 606 av J.-C, eût lieu sous Nebucadnetsar, qui régnait d’abord conjointement avec Nabopolassar, lorsque les Juifs furent transportés à Babylone. L’an 606 av J.-C marquait le début du «temps des nations». Quant aux 70 ans de captivité, des hommes fidèles, qui sondaient les Écritures, comme Daniel, ont eu la possibilité d’en connaître la fin prochaine. Quelle joie pour les captifs fidèles de pouvoir rentrer dans leur pays, à Jérusalem (voir Ps. 137, 1,5,6). Pour nous chrétiens, nous sommes, comme les captifs autrefois, sur un sol étranger. Puissions-nous aspirer aux joies de la sainte Cité et être réveillés pour attendre le Seigneur Jésus, le roi des rois (cf v. 2).

Le retour de Babylone est lié aux 70 semaines de Daniel. Il s’agit d’un retour partiel (moins de 50000 âmes). Cette preuve de la miséricorde de Dieu envers un petit nombre de captifs n’a cependant pas modifié son décret antérieur: la nation comme telle ne fut pas restaurée, et les bénédictions dont elle avait été privée à cause de son infidélité ne lui furent jamais plus accordées. Bien que le temple fût reconstruit, l’arche de l’alliance n’y revint pas, la nuée de gloire n’y apparut plus et, dans les trois livres prophétiques écrits après le retour de Babylone, Dieu ne s’adresse plus à Israël comme à son peuple. Mais pourquoi ce retour? Certainement parce que Dieu voulait qu’il y eût un reste d’Israël en Palestine lors de la venue du Messie sur la terre: Christ est au centre des conseils de Dieu. Il est l’espérance d’Israël, ne l’oublions pas. Il est cité en Daniel 9, 25 et 26.

Sur le passage de Néhémie 2, 1-5
Plus de 80 ans se sont passées depuis l’édit de Cyrus, roi de Perse. Les fils de Juda, rentrés dans leur pays, étaient alors dans la misère et dans l’opprobre. Néhémie était alors échanson du roi Artaxerxès, roi de Babylone. Il occupait une position honorable et importante. Elle équivaut de nos jours à une place de ministre. Il a la confiance du roi. Toutefois, le cœur de Néhémie, comme celui de Moïse autrefois, est tourné vers son peuple. Dieu, qui dispose de tout, répond à la prière de Néhémie (Néh. 1, 11) et permet l’entretien avec Artaxerxès selon Néh. 2, 1-5. Lors de cet entretien, notons la courte prière de Néhémie au v. 4. Imitons cet exemple. Nous expérimenterons alors combien la bonne main de Dieu reposera sur ce que nous ferons. Néhémie, avant d’être serviteur du roi, est un serviteur de Dieu. Il ne recherche pas les délices du palais royal mais, comme Moïse autrefois, il préfère être dans l’affliction avec le peuple de Dieu (voir Héb. 11, 25).

En relation avec les 70 semaines de Daniel 9, une première phase de 7 semaines, soit 49 années, pendant lesquelles la ville de Jérusalem fut reconstruite, eût lieu sous Esdras et Néhémie qui donnent le récit de l’accomplissement de cette portion de la prophétie.

Sur le passage de Daniel 9, 24-27
Nous y avons le récit des 70 semaines. C’est l’ange Gabriel qui en fait part à Daniel. C’est ce même ange qui annoncera la naissance du Sauveur et de son précurseur (Luc 1, 19,26). Mais ici l’ange n’est pas chargé d’un heureux message, loin de là! Il éclaire l’intelligence de Daniel sur le rejet du Messie après 69 (7 + 62) semaines d’années / ces 483 ans (69 x 7) prennent effet au début de la reconstruction de Jérusalem, au temps de Néhémie. Le v. 26 mentionne la destruction de la ville et du temple par les Romains sous Titus. Comme évènement à venir, il y a enfin les Juifs qui, aveuglés par Satan, reçoivent «un désolateur» qui est l’Antichrist (v. 27) [1] alors qu’ils ont rejeté Christ. Le Seigneur Jésus Christ, dans l’évangile de Matthieu (ch. 24, 15 et suivants), confirme les prophéties de Daniel.

L’intelligence de cette prophétie, si connue, est bien nécessaire à ceux qui étudient la parole prophétique. Les 70 semaines, qui sont des semaines d’années embrassent un espace de 490 ans. «Comprends donc la Parole, et sois intelligent dans la vision:… Depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, le prince, il y a 7 semaines et 62 semaines; la place et le fossé seront rebâtis, et cela en des temps de trouble» (Daniel 9, 25.) Quand ce décret relatif à la reconstruction de Jérusalem fut-il donné? C’est ce que nous trouverons dans Néhémie 2. Depuis l’émission du décret d’Artaxerxès jusqu’à l’entrée solennelle du Messie à Jérusalem comme prince et roi de Juda (Matthieu 21, 5 à comparer avec Zacharie 9, 9), il y a en tout 483 ans. La période qui suit ne fait pas partie de ces semaines; c’est important de le remarquer; cette période se trouve entre la fin de la 69ème et le commencement de la 70ème. La mort du Messie, la destruction de Jérusalem, et toute une série de malheurs devaient avoir lieu pendant ce temps, sans être compris dans l’une ou l’autre de ces semaines (Daniel 9, 26). C’est une parenthèse très importante qui dure depuis bientôt 2000 ans. Pour éviter toutes confusions et difficultés dans cette étude, il faut comprendre cette parenthèse afin que la chose soit claire. Pendant cette période, le témoignage rendu au Fils de Dieu ressuscité est proclamé partout. Par le ministère de la Parole et le témoignage de l’Esprit, Dieu forme un peuple pour son Fils bien-aimé. L’épouse est appelée et conduite vers Christ à travers le désert, comme Rebecca le fut vers Isaac (Genèse 24). La domination et la seigneurie sur toutes les œuvres de Dieu ont été remises à christ comme homme, et aussi aux membres de son corps, héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ. Alors, quand cette œuvre glorieuse de rassemblement sera achevée, quand la famille sera réunie dans la maison du Père (Jean 14, 1-3), le cours des 70 semaines reprendra. Les 7 ans qui doivent compléter cette période (qui en compte 490) sont donc encore à venir. Le retour des Juifs dans leur pays, la reconstruction du temple, l’alliance entre la masse du peuple et le chef du quatrième empire, sont tout autant d’événements qui doivent nécessairement avoir lieu dans cette dernière période de sept ans (Daniel 9, 27). Le retour des Juifs est cependant déjà amorcé un peu avant le milieu du 20ème siècle après J.C.  Ainsi les 70 semaines, c’est-à-dire les 490 ans de la célèbre prophétie de Daniel, ne rentrent pas dans la période actuelle où Dieu manifeste au monde sa grâce et sa longue attente. Quant à la question de savoir combien de temps s’écoule entre l’enlèvement des saints et leur retour du ciel avec le Seigneur, relevons que:

la dernière semaine de Daniel (9, 27), ou les 7 ans ne faisant pas partie de la période de l’Église, commencera après le retour des Juifs dans leur pays. Le peuple juif, alors en état d’apostasie, s’alliera avec le chef de l’empire latin qui sera rétabli. Cette alliance impie se conclura pour une semaine ou 7 ans. (Daniel 9, 27.) Toutes ces scènes, qui sont juives, rappellent les circonstances des Juifs: et supposent que l’Église a été transportée dans le ciel. Les nombreux événements dont il est parlé dans les chap. 6 à 19 de l’Apocalypse, se rapportent à cette même période de temps dont parle Daniel. Il faut donc qu’il s’écoule un espace d’au moins 7 ans entre l’enlèvement de l’Église et sa venue du ciel avec le Seigneur.

Revenons sur la deuxième phase des 70 semaines. Cette deuxième phase compte 62 semaines d’années, c’est-à-dire 434 ans. Elle succède immédiatement à la première phase qui compte 7 semaines, c’est-à-dire 49 ans (voir commentaires sur le passage de Néhémie 2). À la fin de cette période, le Messie devait être retranché. Effectivement l’échéance de 69 semaines (434 + 49 = 483 ans) nous amène à la fin de la vie du Seigneur sur la terre. Au lieu de s’asseoir sur le trône de David, et de régner sur Israël et sur la terre entière, le Messie fut crucifié et ne reçut aucune des gloires auxquelles son titre lui donnait droit.

Entre la 69ème et la 70ème semaine s’insère une période, d’une durée indéterminée, qui correspond approximativement à l’histoire de l’Église sur la terre. Quant au peuple juif, il fut emmené en captivité par les Romains qui détruisirent Jérusalem en l’an 70 de notre ère. Comme l’annonce la deuxième partie du verset 26: «Et jusqu’à la fin il y aura guerre, un décret de désolations». Durant cette période, «le peuple de Daniel» et sa «sainte ville» sont entièrement laissés de côté, de sorte qu’on a pu dire que, pendant cet intervalle, l’horloge prophétique est arrêtée.

La troisième phase ne comporte donc plus qu’une semaine, soit 7 années. Cette période commencera après l’enlèvement de l’Église. Dieu reprendra alors ses relations avec Israël, qui traversera les terribles jugements de la grande tribulation.
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[1] Certains commentateurs identifient le «désolateur» de ce verset à l’Antichrist; d’autres, ce qui paraît plus vraisemblable, au «roi du nord» qui est, dans un sens aussi un «antichrist».

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